Pleins feux sur le jihad mondial (9-15 août 2018)

Conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères (à gauche) et de son homologue turc (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 14 août 2018)

Conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères (à gauche) et de son homologue turc (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 14 août 2018)

Char de l'armée syrienne lors d'une activité contre l'Etat islamique (SANA, 8 août 2018).

Char de l'armée syrienne lors d'une activité contre l'Etat islamique (SANA, 8 août 2018).

Exécution des combattants de la mobilisation tribale par des membres de l'Etat islamique (www.k1falh.ga, site affilié à l'Etat islamique, 14 août 2018)

Exécution des combattants de la mobilisation tribale par des membres de l'Etat islamique (www.k1falh.ga, site affilié à l'Etat islamique, 14 août 2018)

Les troupes irakiennes lors d'activités de sécurité (Agence de presse irakienne, 10 août 2018)

Les troupes irakiennes lors d'activités de sécurité (Agence de presse irakienne, 10 août 2018)

Véhicule de patrouille endommagé lors de l'explosion de l'engin piégé (Al-Ghad Channel, 11 août 2018).

Véhicule de patrouille endommagé lors de l'explosion de l'engin piégé (Al-Ghad Channel, 11 août 2018).

Membre de l'Etat islamique et inscription :

Membre de l'Etat islamique et inscription : "Nous devons travailler main dans la main avec nos frères Moudjahidin."

Principaux événements
  • La campagne de l’armée syrienne pour reprendre l’enclave de l’Etat islamique au Nord-Est d’As-Suwayda est sur le point de se terminer. Les membres de l’Etat islamique ont été repoussés dans le quartier d’Al-Safa, leur principal bastion, et sont maintenant encerclés et coupés de fournitures. La reprise attendue de l’enclave marque la fin de la campagne de l’armée syrienne dans le Sud du pays et lui permettra de porter son attention sur la région d’Idlib, dernier avant-poste important des organisations rebelles en Syrie.
  • Cette semaine, l’armée syrienne a continué de renforcer ses troupes dans des zones clés autour d’Idlib. Au même moment, des tracts ont été lancés sur Idlib et dans les villes et villages de la région, appelant les habitants à se joindre aux accords de réconciliation locaux, dans le but de créer un fossé entre eux et les organisations rebelles. Le Siège de Libération d’Al-Sham, et peut-être d’autres organisations, a récemment lancé un nombre sans cesse croissant de drones sur la base aérienne russe de Hmeymim (à ce jour sans dommages ni pertes). Parallèlement, les pourparlers diplomatiques se poursuivent, principalement entre la Russie et la Turquie, deux acteurs clés de la région d’Idlib, en vue de parvenir à une formule convenue qui facilitera la prise de contrôle de l’armée syrienne.
  • En Jordanie, un engin piégé a explosé cette semaine contre une patrouille de sécurité au Sud-Est de la ville d’As-Salt. Un membre de la patrouille a été tué et six autres blessés. La cellule terroriste qui a mené l’attaque s’est réfugiée dans un bâtiment de la ville voisine d’As-Salt. Pendant les échanges de tirs entre les membres de l’cellule et les forces de sécurité jordaniennes, le bâtiment a explosé. Quatre autres membres des forces de sécurité jordanienne ont été tués et environ 20 membres et civils ont été blessés. Selon nous, le mode opératoire de l’attaque correspond à celui de l’Etat islamique, mais il n’a pas encore revendiqué la responsabilité, peut-être en raison de considérations liées à la sécurité d’autres terroristes recherchés par les forces de sécurité jordaniennes. Il s’agit de la première attaque terroriste en Jordanie depuis environ deux ans (l’attaque précédente avait été menée par l’Etat islamique dans la ville d’Al-Karak, dans le Sud de la Jordanie, le 18 décembre 2016).
  • En Afghanistan, les combats se poursuivent entre l’Etat islamique et les talibans. Récemment, l’Etat islamique semble être en détresse, manifestant par la reddition massive de ses membres dans le Nord du pays à l’armée afghane (plus de 150 terroristes se sont rendus). Compte tenu de ce qui précède, l’Etat islamique a appelé les musulmans du monde entier à se porter volontaires et à se rendre au Khorasan (Afghanistan/Pakistan) s’ils ne peuvent pas se rendre en Syrie et en Irak. Selon nous, cet appel est une indication de l’ensemble actuel des priorités de l’activité de l’organisation dans ses différentes provinces du monde : la Syrie et l’Irak continuent d’être au centre de l’activité, suivis par l’Afghanistan puis les autres provinces. Selon nous, cela nécessite une coopération internationale en matière de sécurité pour améliorer la supervision des jeunes musulmans qui se rendent en Afghanistan.
Implication russe en Syrie
Hausse de la fréquence des tirs de drones contre la base de Hmeymim
  • Le Centre russe pour la réconciliation entre les parties belligérantes en Syrie a rapporté qu’entre le 9 et le 13 août, onze UAV ont été lancés depuis des sites contrôlés par des « formations armées illégales » dans la région de l’Idlib et la partie Nord de la province de Lattaquié (où se trouve la base de Hmeymim). Il a été signalé que, dans tous les cas, les systèmes de défense aérienne russes ont localisé l’appareil à une distance considérable de la base et les ont détruits. Il n’y a eu aucune victime et aucun dégât n’a été causé à la suite de ces tentatives d’attaque (Site Internet du ministère russe de la Défense, du 9 au 13 août 2018).

Depuis le retrait de la plupart des forces russes de Syrie (novembre 2017), la base aérienne de Hmeymim, l’une des principales bases permanentes des forces russes en Syrie, constitue une cible majeure pour les attaques des organisations rebelles dans la région d’Idlib, principalement le Siège de Libération d’Al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra). Initialement, les attaques ont été menées en tirant des roquettes et des obus de mortier, puis par des drones lancés sur Hmeymim. Ces dernières semaines, la fréquence des attaques sur la base de Hmeymim a augmenté, apparemment en raison de l’imminente attaque syrienne dans la région d’Idlib. En Juillet, au moins 25 drones auraient tenté d’entrer dans l’espace aérien de la base russe (Agence de presse TASS, 9 août 2018). Certains des appareils transportaient des explosifs et d’autres étaient en mission de reconnaissance. Selon certaines informations, dans la plupart des attaques, les appareils ont été interceptés à une distance considérable de la base russe, sans faire de victimes ni de dégâts.

Le ministre russe des Affaires étrangères commente la situation à Idlib
  • Les 13 et 14 août 2018, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est rendu à Ankara et a rencontré son homologue turc. Lors d’une conférence de presse tenue par les deux ministres des Affaires étrangères, Lavrov a affirmé que la situation dans la zone de désescalade à Idlib est plus complexe que dans d’autres régions en raison de la domination du Siège de Libération d’Al-Sham, dont le nombre de membres dans la région est estimé à des dizaines de milliers. Il a souligné que le point essentiel était la difficulté persistante à séparer les organisations rebelles « modérées » du Siège de Libération des membres d’Al-Sham, qui ne sont pas disposés à négocier. Lavrov a noté que dans le passé, la situation dans la région d’Idlib s’était stabilisée après le déploiement d’avant-postes turcs dans la région, mais récemment, des « actions violentes » ont été perpétrées, principalement par le Siège de Libération d’Al-Sham. Ces actions comprennent des tirs sur les positions des forces syriennes et le tir quotidien de drones sur la base russe de Hmeymim. Selon Lavrov, le Siège de Libération d’Al-Sham devrait constituer une cible légitime pour toutes les forces qui luttent contre les organisations terroristes et les organisations extrémistes en Syrie (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 14 août 2018).
Principaux développements en Syrie
Attaque de l’armée syrienne contre l’enclave de l’Etat islamique à As-Suwayda

Le 5 août 2018, l’armée syrienne a lancé une attaque terrestre contre l’enclave de l’Etat islamique dans la zone désertique au Nord-Est d’As-Suwayda. L’attaque a eu lieu au Sud-Est, au Sud-Ouest et à l’Ouest de l’enclave. Après des combats qui ont duré environ une semaine, l’armée syrienne a repris la majeure partie du territoire de l’enclave. Maintenant, elle assiège la région d’Al-Safa, une région volcanique et montagneuse qui est considérée comme le principal bastion de l’Etat islamique dans la région (Suwaida24.com, 11 août 2018). L’attaque terrestre de l’armée syrienne est menée avec le soutien de frappes aériennes et de tirs d’artillerie. Selon des informations, de nombreux membres de l’Etat islamique sont maintenant assiégés dans la région d’Al-Safa, encerclés de toutes parts et coupés de tout matériel.

 

La zone Al-Safa, où les membres de l'Etat islamique sont assiégés (en noir). L'Etat islamique contrôle toujours cette zone (Muraselon, 12 août 2018)
La zone Al-Safa, où les membres de l’Etat islamique sont assiégés (en noir). 
L’Etat islamique contrôle toujours cette zone (Muraselon, 12 août 2018)

  • Pendant trois jours, les forces syriennes ont avancé sur une distance de 30 km dans le désert d’As-Suwayda, à l’Est. Les troupes syriennes ont fouillé les zones reprises. Parallèlement, les frappes aériennes et les tirs d’artillerie sur les cibles de l’Etat islamique se sont poursuivis (Observatoire syrien des droits de l’homme, 9 août 2018). Le 10 août 2018, il a été signalé que les forces syriennes avaient atteint la région d’As-Safa après de violents affrontements avec l’Etat islamique (Al-Masdar News, 10 août 2018). L’Etat islamique a attaqué avec de petites cellules les troupes de l’armée syrienne et ses alliés. Les cellules ont été partiellement touchées par l’armée alors qu’elles tentaient de se replier dans la zone d’Al-Safa (Suwayda24.com, 11 août 2018).
Colonne des forces armées syriennes se déplaçant dans le désert d'As-Suwayda (extrait d'une vidéo du bureau d'information de l'armée syrienne) (Compte Twitter du Bureau central d'information militaire du Hezbollah, 8 août 2018)   Char de l'armée syrienne lors d'une activité contre l'Etat islamique (SANA, 8 août 2018).
Droite : Char de l’armée syrienne lors d’une activité contre l’Etat islamique
(SANA, 8 août 2018). Gauche : Colonne des forces armées syriennes se déplaçant dans
le désert d’As-Suwayda (extrait d’une vidéo du bureau d’information de l’armée syrienne)
(Compte Twitter du Bureau central d’information militaire du Hezbollah, 8 août 2018)
  • Le 11 août 2018, l’armée syrienne et ses alliés ont commencé à assiéger la région d’Al-Safa. Le 12 août 2018, l’armée syrienne a annoncé qu’après de violents combats, au cours desquels de nombreux membres de l’Etat islamique avaient été tués, l’armée avait achevé sa prise de contrôle de la province d’As-Suwayda, à l’exception du quartier d’Al-Safa. D’autres membres de l’Etat islamique ont fui la région vers la Jordanie et la zone du terminal d’Al-Tanf (SANA, 12 août 2018; Sama TV, 12 août 2018; Observatoire syrien des droits de l’homme, 13 août 2018).
Position de l'Etat islamique à la périphérie d'Al-Safa, saisie par l'armée syrienne (Sama TV, 12 août 2018)   Forces blindées de l'armée syrienne à la périphérie de la région d'Al-Safa.
Droite : Forces blindées de l’armée syrienne à la périphérie de la région d’Al-Safa. Gauche : Position de l’Etat islamique à la périphérie d’Al-Safa, saisie par l’armée syrienne (Sama TV, 12 août 2018)
Poursuite des négociations pour la libération des Druzes enlevés par l’Etat islamique
  • Des négociations informelles se poursuivent entre l’Etat islamique et le régime syrien et des représentants de la province d’As-Suwayda, en vue de la libération de 30 druze enlevés par l’Etat islamique. Le régime syrien tente de les faire libérer en échange de membres de l’Etat islamique et de prisonniers affiliés à l’Etat islamique, détenus dans des prisons et des centres de détention syriens (Observatoire syrien des droits de l’homme, 9 août 2018). Une autre option proposée lors des négociations a été d’évacuer des membres de l’Etat islamique assiégés au Nord-Est d’As-Suwayda vers le désert de Homs en échange de la libération des otages (Observatoire syrien des droits de l’homme, 9 août 2018).
La région d’Idlib

Cette semaine, l’armée syrienne a continué de renforcer ses troupes dans la région de Hama et dans d’autres zones entourant la zone de contrôle des rebelles dans la province d’Idlib. La zone située au nord de Hama a été renforcée par les « forces du tigre » et par des unités syriennes supplémentaires (Al-Jazeera, 11 août 2018; Al-Arabiya Al-Hadath, 10 août 2018). Ceci est effectué dans le cadre de la préparation de l’armée syrienne avant la campagne de reprise de la région (Nabras Al-Ard, site Internet soutenant le régime syrien; Youtube, 5 août 2018). Parallèlement, les négociations diplomatiques entre la Russie et la Turquie se poursuivent dans le but de faciliter la reprise de la région d’Idlib par les forces syriennes et d’éviter des pertes inutiles (Al-Sharq Al-Awsat, 10 août 2018).

Les zones de contrôle dans la région d'Idlib (exact au 10 août 2018) : L'armée syrienne et ses alliés (en rouge); Le Siège de Libération d'Al-Sham et les forces rebelles (en vert) ; postes de supervision russes et turcs (indiqués par des drapeaux). La ville d'Idlib est marquée d'un cercle rouge (Institut syrien d'études stratégiques NORS, 10 août 2018)
Les zones de contrôle dans la région d’Idlib (exact au 10 août 2018) :
L’armée syrienne et ses alliés (en rouge); Le Siège de Libération d’Al-Sham
et les forces rebelles (en vert) ; postes de supervision russes et turcs
(indiqués par des drapeaux). La ville d’Idlib est marquée d’un cercle rouge
(Institut syrien d’études stratégiques NORS, 10 août 2018)

Distribution de tracts à Idlib appelant les résidents à adhérer aux accords de reddition
  • Le 9 août 2018, des avions de l’armée syrienne ont largué des tracts sur la ville d’Idlib et d’autres villes et villages de la région contrôlée par les rebelles. Les tracts appellent les habitants à adhérer au plus vite aux accords de réconciliation locaux (accords de capitulation) pour mettre fin au bain de sang et rétablir la sécurité et la stabilité par le régime syrien (Muraselon, 9 août 2018; Al-Arabiya Al-Hadath, 8 août 2018).
Des avions syriens larguent des tracts sur la ville d’Idlib. La brochure de gauche utilise des photographies pour comparer la situation des habitants avant le "début de la terreur" (le soulèvement contre le régime Assad) et la situation après la victoire du régime sur les organisations rebelles (Muraselon, 9 août 2018) La   Des avions syriens larguent des tracts sur la ville d’Idlib. La brochure de gauche utilise des photographies pour comparer la situation des habitants avant le "début de la terreur" (le soulèvement contre le régime Assad) et la situation après la victoire du régime sur les organisations rebelles (Muraselon, 9 août 2018) La
De gauche à droite : Des avions syriens larguent des tracts sur la ville d’Idlib. La brochure de gauche utilise des photographies pour comparer la situation des habitants avant le « début de la terreur » (le soulèvement contre le régime Assad) et la situation après la victoire du régime sur les organisations rebelles (Muraselon, 9 août 2018)
La Syrie orientale

Les forces des FDS se préparent à l’attaque contre Hajin, contrôlée par l’Etat islamique

  •  Le 10 août 2018, des renforts des forces des FDS sont arrivés de la région au Sud d’Al-Hasakah dans la zone de Hajin, à environ 25 km au Nord d’Abu Kamal (Euphrate Post, 10 août 2018). Les forces des FDS se préparent à attaquer la ville, achevant ainsi le nettoyage de la zone désertique située entre l’Euphrate et la frontière irako-syrienne.
Principaux développements en Irak
Activité de l’Etat islamique
  • Ci-après les principales activités menées par l’Etat islamique au cours de cette semaine :
    • Une fusillade a eu lieu dans un stade de football à environ 7 km au Nord de Shirqat (Al-Sumaria News, 10 août 2018). L’Etat islamique a revendiqué l’attaque. Selon l’annonce de l’Etat islamique, sept personnes ont été tuées et blessées lors de l’attaque (Amaq, 11 août 2018).
    • L’Etat islamique a revendiqué l’explosion d’un engin piégé contre un véhicule militaire de la Mobilisation tribale dans la région de Shirqat, à environ 90 km au Sud de Mossoul, blessant trois combattants de la mobilisation tribale (Amaq, 1er août 2018).
    • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de la destruction d’un véhicule de l’armée irakienne par un engin piégé dans la province d’Al-Anbar. Quatre soldats ont été tués dans l’attaque (Amaq, 12 août 2018).
    • L’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient tué un agent des services de renseignement au Nord de Bagdad au moyen d’un engin piégé posé près de son véhicule (Amaq, 12 août 2018).
    • L’Etat islamique a rapporté que ses membres avaient capturé plusieurs combattants de la mobilisation tribale près de la ville de Baiji (www.k1falh.ga, site affilié à l’Etat islamique, 13 août 2018).
    • L’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient arrêté plusieurs combattants de la mobilisation tribale à environ 90 km au Sud de Mossoul. L’Etat islamique a publié des photos montrant ses membres exécutant plusieurs détenus (www.k1falh.ga, site affilié à l’Etat islamique, 14 août 2018).
Activités des forces irakiennes
  • Ci-après les principales activités menées cette semaine par les forces de sécurité irakiennes:
    • Une force de la police fédérale irakienne a tué deux membres de l’Etat islamique au Sud-Ouest de Kirkuk. Un des terroristes tués portait une ceinture explosive. La force a découvert un réseau de tunnels dans la région, ainsi que quatre engins explosifs improvisés (Al-Sumaria News, 9 août 2018).
    • Une force de la police des frontières irakienne a tué cinq membres de l’Etat islamique et en a arrêté deux autres, contrecarrant une tentative d’infiltration au Nord du district d’Al-Qaim, en Irak, près de la frontière irakienne (près de la région d’Abu Kamal).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Mort de membres de l’Etat islamique dans la région d’Al-Arish
  • Selon les médias égyptiens, les services de renseignements obtenus par la sécurité nationale égyptienne ont indiqué la région d’Al-Malaha, à l’Ouest d’Al-Arish. Douze terroristes de la région ont été tués par les forces de sécurité égyptiennes dans un échange de tirs. Quatre fusils d’assaut, un fusil de chasse, des munitions et deux engins piégés prêts à l’emploi ont été trouvés en possession des terroristes tués (Al-Masry Al-Youm, 12 août 2018).
Activités du jihad dans d’autres pays
Explosion d’un engin piégé contre une patrouille des forces de sécurité jordaniennes dans la zone de la ville d’As-Salt (Nord-Ouest d’Amman)
  • Le 10 août 2018, un engin piégé a explosé contre une patrouille de sécurité dans la région de Fuheis (Sud-Est de la ville d’As-Salt). La patrouille comprenait six membres de la gendarmerie et des membres des services de sécurité jordaniens. Un membre de la patrouille de sécurité a été tué et six autres blessés (Agence de presse Petra, 11 août 2018). 
  • La cellule terroriste impliquée dans l’attaque s’est réfugiée dans la ville d’As-Salt (à environ 6 km au Nord-Ouest de Fuheis). Les membres de l’cellule se sont positionnés à l’intérieur du bâtiment, l’ont piégé et ont échangé des tirs avec les forces de sécurité jordaniennes. À la fin de l’incident, les terroristes ont fait sauter le bâtiment, provoquant son effondrement. Lors des échanges de tirs, quatre agents de sécurité ont été tués et 20 personnes blessées, dont la moitié environ étaient des civils. Trois terroristes ont été tués alors qu’ils pénétraient dans le bâtiment et cinq terroristes ont été arrêtés lorsqu’ils ont tenté de fuir le bâtiment après son effondrement.

Le bâtiment dans lequel se sont barricadés les terroristes dans la ville d'As-Salt
Le bâtiment dans lequel se sont barricadés les terroristes dans la ville d’As-Salt

Le bâtiment après son effondrement (Twitter, 11 août 2018)
Le bâtiment après son effondrement (Twitter, 11 août 2018)

  • Le ministre jordanien de l’Intérieur a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il y avait d’autres intentions d’attaquer des cibles de sécurité et des rassemblements publics. Il a déclaré que les terroristes qui ont perpétré l’attaque étaient des partisans de l’Etat islamique avec une idéologie takfirie (cf., jihad salafiste) (de la conférence de presse tenue à Amman le 13 août 2018). Selon un rapport sur la chaîne France 24, 17 membres de l’Etat islamique ont été arrêtés par les services de renseignement jordaniens le 8 août 2018. Ils avaient prévu d’attaquer des centres de sécurité, militaires, commerciaux et des médias en Novembre 2017 simultanément, afin de créer la panique et le chaos. Des armes et des équipements destinés à être utilisés dans les attaques planifiées ont été trouvés en possession des membres du réseau. Afin de financer les attaques, le réseau prévoyait de voler des banques et des voitures (France 24, 8 janvier 2018).

Selon des responsables jordaniens de la sécurité et des experts des organisations islamiques en Jordanie, l’Etat islamique était à l’origine de l’attaque. L’organisation, cependant, n’a pas encore revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon nous, le mode opératoire de l’attaque correspond à la conduite de l’Etat islamique. Il est possible que l’incapacité de l’Etat islamique à revendiquer la responsabilité de l’attaque découle de son refus de rendre les choses plus difficiles pour d’autres membres de l’Etat islamique en Jordanie, qui sont maintenant recherchés par les forces de sécurité jordaniennes. Si cette évaluation est correcte, l’organisation pourrait publier une réclamation de responsabilité à une date ultérieure.

  • Cet incident terroriste a eu lieu en Jordanie après près de deux ans de sécurité. Le 18 décembre 2016, les médias jordaniens ont rapporté que des terroristes avaient tué 10 personnes et blessé 21 autres dans la ville d’Al-Karak, dans le Sud du pays. Parmi les morts figuraient quatre membres des services de sécurité générale, trois de la gendarmerie, deux civils et un touriste canadien. Après des échanges de tirs avec les terroristes, les forces de sécurité jordaniennes ont tué quatre terroristes qui s’étaient barricadés au château d’Al-Karak. De grandes quantités d’armes ont été trouvées en leur possession, notamment des ceintures explosives et des fusils d’assaut Kalachnikov (Al-Ghad, 18-19 décembre 2016; Al-Sharq Al-Awsat, 20 décembre 2016). Le 20 décembre 2016, l‘Etat islamique a publié une déclaration revendiquant la responsabilité de l’attaque à Al-Karak.
Combats entre l’Etat islamique et les talibans près de la frontière afghano-pakistanaise
  • Le 11 août 2018, l’agence de presse Amaq a annoncé que les membres de l’organisation en Afghanistan avaient échangé des coups de feu avec des membres des talibans dans les provinces de Kunar et Nangarhar près de la frontière afghano-pakistanaise. Selon l’annonce de l’Etat islamique, 64 membres des talibans ont été tués et blessés (Agence de presse Amaq, 11 août 2018).
Activités de propagande
Vidéo publiée par la Province de Khorasan (Afghanistan/Pakistan) de l’Etat islamique appelant les musulmans du monde entier à rejoindre ses rangs

Le titre de la vidéo "Répondre à l'appel 2" de la Province du Khorasan de l'Etat islamique (Site Internet affilié à l'Etat islamique, Al-Ghurabaa, 12 août 2018)
Le titre de la vidéo « Répondre à l’appel 2 » de la Province du Khorasan de l’Etat islamique
(Site Internet affilié à l’Etat islamique, Al-Ghurabaa, 12 août 2018)

  • Le 12 août 2018, la Province du Khorasan (Afghanistan/Pakistan) de l’Etat islamique a diffusé une vidéo de 17 minutes intitulée « Répondre à l’appel 2 ». La vidéo appelle tous les musulmans à « répondre à l’appel d’Allah » et à rejoindre le jihad. Le film critique de nombreux musulmans préoccupés par le commerce et les affaires mondiales qui « laissent à leurs frères les combattants du jihad faire face seuls aux infidèles qui les attaquent de tous les coins du monde » (Site Internet Al-Ghurabaa, affilié à l’Etat islamique, 12 août 2018).

La vidéo montre un individu appelé Mansur al-Khorasani, amputé de la jambe, qui appelle tous les musulmans du monde à immigrer en Syrie et en Irak et à aider les combattants du jihad. Il ajoute que ceux qui ne peuvent pas se rendre en Syrie et en Irak devraient immigrer dans la province du Khorasan car la route y est ouverte. La vidéo montre d’autres membres de l’Etat islamique, y compris des aveugles et des boiteux, qui appellent également les musulmans à immigrer au Khorasan. Cette vidéo contient des photos des combats menés par des membres de l’Etat islamique contre des talibans dans le quartier de Jalalabad, dans le district de Nangarhar, dans l’Est de l’Afghanistan.

Il est possible que l’appel à venir en aide aux membres de l’Etat islamique en Afghanistan reflète le besoin urgent de renforcer la province du Khorasan de l’Etat islamique en raison des attaques terroristes intensives et des combats qu’ils mènent contre les talibans. Les priorités de l’Etat islamique et des différentes provinces reflétées dans la vidéo sont également remarquables : la priorité absolue est la Syrie et l’Irak (même après l’effondrement de l’Etat islamique) et la deuxième priorité est la province de Khorasan (Site Internet affilié à l’Etat islamique, Al-Ghurabaa, 12 août 2018).

 
Ci-dessous une sélection de photos de la vidéo
"Personne n'a d'excuse pour se cacher chez lui comme une fillette" (Site Internet Al-Ghurabaa, affilié à l'Etat islamique, 12 août 2018)   Appel à tous les musulmans à répondre à l'appel d'Allah et à rejoindre le jihad.
Droite : Appel à tous les musulmans à répondre à l’appel d’Allah et à rejoindre le jihad.
Gauche : « Personne n’a d’excuse pour se cacher chez lui comme une fillette »
(Site Internet Al-Ghurabaa, affilié à l’Etat islamique, 12 août 2018)
Mansur al-Khorasani, amputé d'une jambe, appelant les musulmans qui ne peuvent pas immigrer en Syrie ou en Irak à immigrer dans la province du Khorasan et aider les combattants du jihad (Site Internet Al-Ghurabaa affilié à l'Etat islamique, 12 août 2018) Droite   Mansur al-Khorasani, amputé d'une jambe, appelant les musulmans qui ne peuvent pas immigrer en Syrie ou en Irak à immigrer dans la province du Khorasan et aider les combattants du jihad (Site Internet Al-Ghurabaa affilié à l'Etat islamique, 12 août 2018) Droite
Droite : Mansur al-Khorasani, amputé d’une jambe, appelant les musulmans qui ne peuvent pas immigrer en Syrie ou en Irak à immigrer dans la province du Khorasan et aider les combattants du jihad (Site Internet Al-Ghurabaa affilié à l’Etat islamique, 12 août 2018)