Pleins feux sur le jihad mondial (7-13 juin 2018)

Réunion au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (Site internet du Kremlin, 10 juin 2018)

Réunion au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (Site internet du Kremlin, 10 juin 2018)

Colonne de véhicules blindés de l'armée syrienne et des forces qui l'aident à se déplacer dans l'enclave de l'Etat islamique.

Colonne de véhicules blindés de l'armée syrienne et des forces qui l'aident à se déplacer dans l'enclave de l'Etat islamique.

L'armée syrienne renforce ses troupes. Droite : Char de l'armée syrienne en route vers la région de Daraa. Gauche : Lance-roquettes (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 9 juin 2018)

L'armée syrienne renforce ses troupes. Droite : Char de l'armée syrienne en route vers la région de Daraa. Gauche : Lance-roquettes (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 9 juin 2018)

Le commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, rencontre des combattants de la brigade afghane Fatemiyoun qui a récemment pris part aux combats contre l'Etat islamique et a subi de lourdes pertes. La rencontre a eu lieu lors de la visite de Soleimani dans l'Est de la Syrie (Chaîne Telegram de la brigade Fatemiyoun, 10 juin 2018)

Le commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, rencontre des combattants de la brigade afghane Fatemiyoun qui a récemment pris part aux combats contre l'Etat islamique et a subi de lourdes pertes. La rencontre a eu lieu lors de la visite de Soleimani dans l'Est de la Syrie (Chaîne Telegram de la brigade Fatemiyoun, 10 juin 2018)

Armes saisies par l'Etat islamique lors d'une attaque contre un camp des forces de sécurité irakiennes (www.k1falh.ga, site Internet affilié à l'Etat islamique, 8 juin 2018)

La scène de l'attaque (Pakistan Today, 11 juin 2018)

La scène de l'attaque (Pakistan Today, 11 juin 2018)

Armes saisies par des membres de l'Etat islamique lors d'une attaque menée dans la ville de Jalalabad (Haqq, 10 juin 2018)

Armes saisies par des membres de l'Etat islamique lors d'une attaque menée dans la ville de Jalalabad (Haqq, 10 juin 2018)

Principaux événements
  • Cette semaine, l’armée syrienne a attaqué une enclave de l’Etat islamique à quelque 68 km au Nord-Est d’As-Suwayda. Selon une source militaire syrienne, les membres de l’Etat islamique qui ont fui les quartiers Sud de Damas ont trouvé refuge dans cette région. Les Syriens sont apparemment préoccupés par le fait que les membres de l’Etat islamique établissent une présence qui pourrait constituer une menace pour la région de Daraa, que le régime syrien s’apprête actuellement à reprendre.
  • Alors que des pressions sont exercées sur l’organisation dans le Sud et le Centre de la Syrie, dans l’Est de la Syrie, l’Etat islamique a pris l’initiative et a attaqué la ville d’Abu Kamal dans la vallée de l’Euphrate. L’armée syrienne et les forces chiites dirigées par l’Iran ont subi de lourdes pertes (plusieurs dizaines de combattants). Parmi les personnes tuées figuraient, entre autres, un commandant de la division syrienne, un officier et un combattant des Gardiens de la révolution iranienne, un haut responsable du Hezbollah, et des combattants de la brigade afghane Fatemiyoun, dirigée par l’Iran. À la suite de ces pertes, le commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, s’est rendu dans l’Est de la Syrie et a rencontré les combattants de la brigade afghane.
  • L’Etat islamique continue ses activités intensives de terrorisme et de guérilla en Afghanistan. Cette semaine, 12 personnes ont été tuées et des dizaines ont été blessées dans un attentat suicide contre le ministère de la Réhabilitation et du Développement rural à Kaboul. Récemment, de hauts responsables russes, dont le Président Vladimir Poutine, ont fait référence à la menace à la sécurité de la Russie et des pays d’Asie centrale suite à l’établissement de l’Etat islamique en Afghanistan et à la nécessité de coopérer pour faire face à cette menace.
Déclarations russes au sujet de la Syrie et de l’Etat islamique en Afghanistan
Déclarations de Poutine au sujet de la Syrie
  • Le Président russe Vladimir Poutine a récemment fait des déclarations sur la Syrie. Ci-après les principaux points qu’il a soulevés (en réponse à une question) :
    • « Quant à la présence de nos militaires [en Syrie], la question du contingent militaire n’est pas simple du tout. Il y a deux sites où il est déployé. L’un est dans le port de Tartous et l’autre [celui de l’aviation] à Hmeymim. » Poutine a ajouté: « Nous n’avons aucun plan pour retirer ces forces pour l’instant. Mais permettez-moi d’attirer votre attention sur le fait que je n’ai pas appelé « bases » ces sites de déploiement. Nous ne construisons pas d’installations à long terme là-bas. Le cas échéant, nous serons en mesure de retirer rapidement le personnel militaire sans frais matériels. »
    • Poutine a noté que les installations militaires russes sont situées en Syrie conformément au traité signé avec le gouvernement syrien et que leur déploiement est conforme au droit international. « Notre personnel militaire est là pour assurer les intérêts de la Russie dans cette région cruciale du monde. Et ils y resteront aussi longtemps que la Russie le jugera raisonnable, conformément à nos engagements internationaux » (Agence de presse TASS, 7 juin 2018).
Le Président russe appelle à la coopération contre la menace terroriste en Afghanistan
  • Les 9 et 10 juin 2018, un sommet des chefs des États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS[1]) s’est tenu à Qingdao, en Chine. Au cours de la réunion, les États membres ont signé un plan de coopération dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme pour 2019-2021. Le Président russe Vladimir Poutine, qui a pris part au sommet, a appelé à lutter de manière coordonnée contre la menace terroriste en Afghanistan, en limitant la production et le trafic de drogue et en fournissant de l’aide au pays (Site Internet du Kremlin, 10 juin 2018). Dernièrement, la Russie a fréquemment mis en garde contre l’enracinement généralisé des terroristes, en particulier des partisans de l’Etat islamique, en Afghanistan. Cela est particulièrement évident dans le Nord du pays, dans les provinces limitrophes du Tadjikistan et du Turkménistan. Selon Zamir Kabulov, directeur du Département Asie du ministère russe des Affaires étrangères, l’organisation a apparemment marqué les pays d’Asie centrale comme sa prochaine cible et s’efforce d’étendre son influence au-delà de l’Afghanistan (RIA, 23 décembre 2017). Ces développements constituent une menace pour les pays de l’OCS de la région, y compris la Russie.
Le ministère russe des Affaires étrangères met en garde contre l’enracinement de l’Etat islamique en Afghanistan
  • La situation en Afghanistan a été abordée lors de la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC[2]). Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré que les ministres ont souligné la nécessité de stabiliser la situation en Afghanistan et a ajouté que des membres de l’Etat islamique, y compris syriens et irakiens (avec des expériences de combat), s’étaient infiltrés en Afghanistan. Lavrov a déclaré que le fait que ces membres tentent de prendre pied dans les provinces du Nord du pays est particulièrement préoccupant, puisque ces provinces sont situées près de la zone sous la responsabilité de l’OTSC. Selon Lavrov, les pays de l’OTSC continueront de coordonner leurs activités sur cette question, notamment en aidant le Tadjikistan à renforcer ses frontières (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 11 juin 2018).
Syrie
Attaque de l’armée syrienne contre l’enclave de l’Etat islamique au Nord-Est d’As-Suwayda

Cette semaine, l’armée syrienne a lancé une attaque contre l’enclave de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa et les déserts qui l’entourent, à environ 68 km au Nord-Est d’As-Suwayda (Haqq, 8 juin 2018). Selon une source militaire syrienne, les membres de l’Etat islamique qui ont fui le camp de réfugiés de Yarmouk et le quartier Al-Hajar Al-Aswad, dans le Sud de Damas, ont trouvé refuge dans cette enclave (Al-Alam, 10 juin 2018).

Déploiement des forces au Nord-Est d'As-Suwayda (exact au 10 juin 2018) : L'armée syrienne et les forces qui la soutiennent (en rouge); l'Etat islamique (en marron-noir); les forces rebelles (en vert); les forces de la coalition internationale (en bleu); les zones d'affrontement entre l'Etat islamique et l'armée syrienne et ses alliés (bande orange autour de l'enclave de l'Etat islamique) (Institut syrien d'études stratégiques Nors, 10 juin 2018)
Déploiement des forces au Nord-Est d’As-Suwayda (exact au 10 juin 2018) : L’armée syrienne et les forces qui la soutiennent (en rouge); l’Etat islamique (en marron-noir); les forces rebelles (en vert); les forces de la coalition internationale (en bleu); les zones d’affrontement entre l’Etat islamique et l’armée syrienne et ses alliés (bande orange autour de l’enclave de l’Etat islamique) (Institut syrien d’études stratégiques Nors, 10 juin 2018)

  • L’agence de presse Amaq de l’Etat islamique a rendu compte des attaques et des batailles de l’armée syrienne autour de la zone de l’enclave au Nord-Est d’As-Suwayda. L’Etat islamique a affirmé que ses membres avaient tué au moins 12 soldats et officiers de la base et détruit des véhicules blindés (Haqq, 8 et 9 juin 2018). D’un autre côté, il a été signalé que l’armée syrienne avait réussi à s’emparer des zones et à reprendre les sites contrôlés par l’Etat islamique (Khartwa, Al-Nashra, 9 juin 2018).
L'armée syrienne tire des roquettes et des tirs d'artillerie sur des cibles de l'Etat islamique dans la zone enclavée (Bureau d'information militaire de l'armée syrienne, 9 juin 2018)    Colonne de véhicules blindés de l'armée syrienne et des forces qui l'aident à se déplacer dans l'enclave de l'Etat islamique.
Droite : Colonne de véhicules blindés de l’armée syrienne et des forces qui l’aident à se déplacer dans l’enclave de l’Etat islamique. Gauche : L’armée syrienne tire des roquettes et des tirs d’artillerie sur des cibles de l’Etat islamique dans la zone enclavée (Bureau d’information militaire de l’armée syrienne, 9 juin 2018)
Sud-Ouest de la Syrie
  • Cette semaine, la situation dans le Sud-Ouest de la Syrie n’a pas changé. L’armée syrienne a continué à renforcer ses troupes dans le cadre des préparatifs de la campagne de reprise du contrôle de la région des organisations rebelles. Dans le même temps, les négociations se poursuivent avec les représentants des rebelles, qui (pour le moment) refusent de parvenir à un accord d’évacuation (Al-Arabiya Al-Hadath, 11 juin 2018). Dans le bassin de Yarmouk, les affrontements locaux se sont poursuivis à une échelle moindre entre l’Armée Khaled bin Al-Walid, affiliée à l’Etat islamique, et les organisations rebelles.
Est de la Syrie

Pertes importantes pour l’armée syrienne et ses alliés à Abu Kamal

Pendant la première quinzaine de Juin 2018, sur plusieurs jours, l’Etat islamique a attaqué l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent dans la ville d’Abu Kamal. Les membres de l’Etat islamique sont arrivés dans la région depuis leurs bases dans le désert syrien. Dans ces attaques, l’armée syrienne et ses alliés chiites ont subi de lourdes pertes. Une vingtaine de membres de l’Etat islamique ont été tués, dont dix terroristes qui se sont fait exploser avec des voitures piégées et des ceintures explosives (Observatoire syrien des droits de l’homme, 9 juin 2018). Le commandant de la Force Qods, Qassem Soleimani, a rencontré les combattants de la brigade afghane Fatemiyoun qui participent aux batailles. En raison de sa visite dans la région, il a été incapable d’assister aux processions de la Journée Qods, qui ont eu lieu le vendredi 8 juin 2018, en Iran.

Batailles dans les banlieues Nord et Ouest d’Abu Kamal

  • Pendant la première moitié de Juin 2018, des combats ont eu lieu à Abu Kamal entre l’armée syrienne et les forces chiites qui la soutiennent d’un côté et l’Etat islamique de l’autre, qui a attaqué les positions de l’armée syrienne à la périphérie d’Abu Kamal. Les attentats perpétrés par l’organisation du 7 au 10 juin 2018 ont été particulièrement importants dans les parties Ouest et Nord-Ouest de la ville. Au cours de ces attaques, l’Etat islamique a repris des positions de l’armée syrienne. L’armée syrienne a envoyé des renforts, mais ils n’ont pas pu reprendre le contrôle des positions perdues (Observatoire syrien des droits de l’homme, 10 juin 2018). Les membres de l’Etat islamique qui ont attaqué à Abu Kamal sont arrivés de leurs bases dans le désert syrien, dans le Sud-Est de la Syrie (Institut syrien d’études stratégiques Nors).
  • Un total de 20 à 30 combattants de l’armée syrienne et de ses alliés ont été tués dans ces attaques, la plupart d’entre eux provenant de la brigade afghane Fatemiyoun dirigée par l’Iran. En outre, un officier et un combattant des Gardiens de la révolution iranienne ont également été tués (voir ci-dessous). Nasser Jamil Hadraj (Abu Hussein), un haut responsable du Hezbollah décrit comme le commandant du bataillon de roquettes du Hezbollah en Syrie (Enab Baladi, 9 juin 2018), a aussi été tué. Nasser Hadraj était originaire du village d’Al-Ghassaniyah, à environ 15 km au Sud de Sidon, dans le Sud du Liban (Zaman AlWasl, 9 juin 2018). Il aurait été proche du dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah (Khotwa, 9 juin 2018).
Mort d’un officier et d’un soldat des Gardiens de la révolution iranienne à Abu Kamal
Mohammad Mehdi Fereidouni (Twitter, 6 juin 2018). Les deux hommes ont été tués dans les combats contre l'Etat islamique, probablement le 6 juin 2018, à la périphérie d'Abu Kamal. Nasser Hadraj, commandant en chef du Hezbollah, a également été tué à Abu Kamal (Khotwa, Zaman Al-Wasl, 9 juin 2018)   L'officier iranien Khalil Takhti Nezhad.
Droite : L’officier iranien Khalil Takhti Nezhad. Gauche: Mohammad Mehdi Fereidouni (Twitter, 6 juin 2018). Les deux hommes ont été tués dans les combats contre l’Etat islamique, probablement le 6 juin 2018, à la périphérie d’Abu Kamal. Nasser Hadraj, commandant en chef du Hezbollah, a également été tué à Abu Kamal (Khotwa, Zaman Al-Wasl, 9 juin 2018)
Mort d’un commandant de division de l’armée syrienne et d’un haut responsable du Hamas à Abu Kamal
Ali Mohammad al-Hussein, commandant de la division des blindés de l'armée syrienne qui a été tué dans une attaque de l'Etat islamique dans la banlieue d'Abu Kamal (Khotwa, 9 juin 2018)   asser Jamil Hadraj, commandant du bataillon de roquettes du Hezbollah en Syrie, qui a été tué dans des affrontements avec l'Etat islamique près de la ville d'Abu Kamal. Il est vu dans une photo d'archives serrant la main du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (Twitter, 10 juin 2018).
Droite : Nasser Jamil Hadraj, commandant du bataillon de roquettes du Hezbollah en Syrie, qui a été tué dans des affrontements avec l’Etat islamique près de la ville d’Abu Kamal. Il est vu dans une photo d’archives serrant la main du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (Twitter, 10 juin 2018). Gauche : Ali Mohammad al-Hussein, commandant de la division des blindés de l’armée syrienne qui a été tué dans une attaque de l’Etat islamique dans la banlieue d’Abu Kamal (Khotwa, 9 juin 2018)

L’Etat islamique attaque le champ de pétrole d’Al-Tim, au Sud de Deir ez-Zor

  • Le 9 juin 2018, l’Etat islamique a attaqué des positions de l’armée syrienne et des milices iraniennes près du champ de pétrole d’Al-Tim, à environ 12 km au Sud de Deir ez-Zor. Les membres de l’Etat islamique auraient occupé plusieurs postes importants dans la région (Qasiyoun, 9 juin 2018). Aucune décès n’a été signalé. Le champ de pétrole d’Al-Tim comprend 24 puits de pétrole (Wikimapia). Dans le passé (Septembre 2015), ce champ produisait 800 barils par jour, mais sa production est passée à 200-300 barils par jour (Ayn al-Madinah, 28 septembre 2015, Spoutnik, 23 septembre 2017). La chute de l’État islamique a laissé derrière elle des ravages dans les installations pétrolières (Al-Mayadeen, 14 septembre 2017).
Le secteur d’Al-Hasakah
  • Les forces des FDS poursuivent leur campagne pour s’emparer de la zone rurale au Sud d’Al-Hasakah des mains de l’Etat islamique. Cette semaine, elles ont pris le contrôle de deux villages à l’Ouest d’Al-Dashisha, le principal bastion de l’Etat islamique dans la région.

Déploiement des forces au Sud d'Al-Hasakah (exact au 10 juin 2018) : l'armée irakienne et forces américaines et kurdes en territoire irakien (en rouge); l'Etat islamique (en gris); les forces des FDS et les forces américaines, françaises et italiennes qui les soutiennent (en jaune); les routes de l'attaque des forces des FDS (flèches jaunes); les routes de contre-attaque de l'Etat islamique (flèches noires) (Twitter, 10 juin 2018)
Déploiement des forces au Sud d’Al-Hasakah (exact au 10 juin 2018) : l’armée irakienne et forces américaines et kurdes en territoire irakien (en rouge); l’Etat islamique (en gris); les forces des FDS et les forces américaines, françaises et italiennes qui les soutiennent (en jaune); les routes de l’attaque des forces des FDS (flèches jaunes); les routes de contre-attaque de l’Etat islamique (flèches noires) (Twitter, 10 juin 2018)

Principaux développements en Irak
Activités de l’Etat islamique
  • Cette semaine, l’Etat islamique a poursuivi ses activités de terrorisme et de guérilla dans diverses provinces d’Irak. Ci-après les principaux incidents:
  • Le 8 juin 2018, l’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient attaqué un camp des forces de sécurité irakiennes au Nord-Est de Samarra. Les membres de l’Etat islamique ont saisi des armes légères et des uniformes de la police fédérale irakienne (www.k1falh.ga, site affilié à l’Etat islamique, 8 juin 2018).
  • Le 8 juin 2018, des membres de l’Etat islamique ont brûlé des champs de blé et d’orge dans le district de Hawija, à environ 55 km au Sud-Ouest de Kirkuk. L’Etat islamique menace les habitants de brûler leurs récoltes s’ils ne collaborent pas. Les résidents de la région ont refusé de collaborer avec l’Etat islamique et ont même signalé les mouvements de l’Etat islamique aux responsables de la sécurité (Al-Sumaria News, 8 juin 2018).
  • Le 9 juin 2018, un engin piégé de l’Etat islamique a explosé sur un marché ouvert à environ 13 km au Nord-Ouest de Baqubah, dans la province de Diyala. Un homme a été tué et 23 autres ont été blessés (Al-Sumaria News, 9 juin 2018, Haqq, 10 juin 2018).

La scène de l'explosion dans un marché ouvert au Nord-Ouest de Baqubah (Al-Sumaria News, 9 juin 2018)
La scène de l’explosion dans un marché ouvert au
Nord-Ouest de Baqubah (Al-Sumaria News, 9 juin 2018)

Activités de contreterrorisme des forces de sécurité irakiennes
  • Selon une source de renseignement irakienne, l’Etat islamique a l’intention d’envoyer des terroristes suicide et des voitures piégées dans des centres commerciaux et des lieux publics à la fin du jeûne du Ramadan ou de l’Aïd al-Fitr (Iraq News, 9 juin 2018). Les forces de sécurité irakiennes ont apparemment renforcé leurs mesures de sécurité en vue de ces renseignements.
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Etat des lieux de l’Opération Sinaï 2018
  • Quatre mois se sont écoulés depuis le lancement de l’Opération Sinaï 2018. Jamal Taha, chercheur en sécurité nationale, a présenté un bilan intérimaire des résultats de l’opération qui, selon lui, a apaisé la situation dans le Sinaï. Ci-après les principaux points (Al-Watan, 1er juin 2018) :
    • L’opération visait non seulement à éliminer les terroristes, mais aussi à détruire leur infrastructure. Dans le cadre de ces efforts, des salles d’opérations, des centres de communication, environ 5 000 dépôts, des laboratoires de fabrication d’engins piégés, des abris, des tunnels et des voies d’évacuation souterraines ont été détruits. En outre, environ 800 motocyclettes et 400 véhicules hors route munis d’armes ont également été détruits.
    • L’opération a révélé le lien étroit entre l’activité terroriste et les activités criminelles, principalement le trafic de drogue et la contrebande de personnes et de biens. Au cours de l’opération, de nombreux criminels et hommes recherchés recrutés par les organisations terroristes ont été arrêtés.
    • L’opération a révélé les liens organisationnels entre les organisations terroristes du Sinaï et Jaysh al-Islam (Armée de l’Islam) dans la bande de Gaza et certains dirigeants du Hamas. La rupture de ces liens était une condition essentielle pour assurer le succès de l’opération, en coupant le contact entre les terroristes du Sinaï et ceux de la bande de Gaza.
    • L’opération s’est déroulée dans le cadre d’un plan global de nettoyage qui a été mis en œuvre dans les différentes zones de la péninsule du Sinaï. Des routes et des sentiers ont été fouillés et des barrages routiers temporaires ont été mis en place pour empêcher de nouvelles infiltrations de terroristes.
    • L’armée de l’air égyptienne a soutenu la campagne contre les terroristes également à la frontière occidentale (avec la Libye). Des frappes aériennes à la frontière occidentale ont visé des véhicules hors route transportant des terroristes et des armes arrivant de Libye. En outre, la marine égyptienne a également participé à l’opération, empêchant l’infiltration des terroristes par la mer. Des unités antiterroristes et des forces spéciales ont également participé à l’opération. Elles ont été envoyées dans l’arrière-pays désertique du delta du Nil et dans la vallée occidentale du Nil.
    • Après le succès de l’opération, il s’est avéré que les jihadistes du Sinaï sont liés à des éléments étrangers qui les financent et leur fournissent des armes, des munitions et du matériel de pointe. L’opération exigeait que les forces de sécurité égyptiennes maintiennent une coopération à grande échelle avec les résidents locaux du Sinaï, ce qui prouve que le pourcentage de collaborateurs parmi les terroristes était faible.
Informations non confirmées sur la mort du dirigeant de l’Etat islamique dans le Sinaï
  • Des informations non confirmées publiées sur Telegram et le site officiel de l’Union des tribus du Sinaï ont fait état de la mort d’Abu Osama al-Masri, l’émir de la province du Sinaï (Egyptian_military @ Compte Twitter, un compte d’informations sur des sujets de sécurité en Egypte, 11 juin 2018). Ces rapports n’ont pas encore été corroborés.
Activités du jihad dans d’autres pays
Afghanistan

Attentat terroriste à Kaboul

  • Douze personnes ont été tuées et 31 autres blessées lorsqu’un terroriste s’est fait exploser le 11 juin 2018 à la porte d’entrée du ministère de la Réhabilitation et du Développement rural à Kaboul. La plupart des victimes sont des employés du ministère (Afghanistan Times, 11 juin 2018). La Province de Khorasan de l’Etat islamique a rapporté qu’un membre de l’organisation avait fait exploser son gilet piégé près de la porte d’entrée du ministère de la Réhabilitation et du Développement rural à Kaboul, où des fonctionnaires étaient rassemblés. Selon l’Etat islamique, plus de 90 personnes ont été tuées et blessées (Haqq, 12 juin 2018).

Autres attaques

  • L’Etat islamique a poursuivi ses activités intensives de terrorisme et de guérilla en Afghanistan, qui visaient principalement le gouvernement afghan. Ci-après plusieurs des attaques menées cette semaine :
    • L’agence de presse Amaq a rapporté que le 9 juin 2018, un engin piégé avait explosé dans la province de Nangarhar, dans l’Est de l’Afghanistan. Quatre combattants des forces des milices fidèles au régime afghan ont été tués et 27 ont été blessés (Haqq, 10 juin 2018).
    • L’agence de presse Amaq a rapporté qu’un officier et quatre policiers avaient été abattus par des membres de l’Etat islamique près d’un centre de vote à Jalalabad, dans la province de Nangarhar (Haqq, 10 juin 2018).
    • Le 7 juin 2018, des membres de l’Etat islamique ont attaqué un camp de milices fidèles au régime afghan dans la région de Jawzjan, dans le Nord de l’Afghanistan. Cinq combattants de la milice ont été tués et trois autres blessés (www.k1falh.ga, site affilié à l’Etat islamique, 9 juin 2018).
Activités de contreterrorisme
Libye

Frappe aérienne américaine

  • Le 6 juin 2018, l’US Africa Command a annoncé que quatre membres de l’Etat islamique avaient été tués dans un raid aérien près de la ville de Bani Walid (à environ 145 km au Sud-Est de Tripoli). Des sources locales dans la ville ont noté que l’un des morts était Abdel Ati al-Kiwi, un Libyen revenu de Syrie et installé à Syrte, contrôlé par l’Etat islamique de 2015 à 2016 (Reuters, 6 juin 2018).

Arrestation de membres de l’Etat islamique à Derna

  • Lors du nettoyage de la ville de Derna, au Nord-Est de la Libye, par les forces du général Haftar, 260 membres de l’Etat islamique ont été arrêtés, dont 19 égyptiens, 11 tunisiens, 7 soudanais, 4 syriens, 2 palestiniens, un algérien, un mauritanien et un turc. L’un d’entre eux, un membre de l’Etat islamique en Egypte, a été détenu dans la partie Ouest de la ville. L’individu, Yusuf Muhammad al-Tarabin, alias Abu Haitham al-Sinawi, est recherché par l’Egypte, soupçonné d’avoir participé à une attaque à environ 113 km à l’Ouest de Faiyum. Dans cette attaque, 16 policiers égyptiens ont été tués (20 octobre 2017). Il est également soupçonné d’avoir participé à l’attaque de l’église Saint-Marc d’Alexandrie, au cours de laquelle 16 personnes ont été tuées (Akhbar Libya, 10 juin 2018).
La guerre de propagande
Le chef d’Al-Qaïda appelle au jihad en Palestine et à la lutte contre les régimes arabes et islamiques

Le 6 juin 2018, la fondation médiatique Al-Sahab d’Al-Qaïda a diffusé une vidéo d’un nouveau discours du dirigeant d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Le titre du discours était : « De la Nakba et de la Naksa à la renaissance et à la gloire. » Dans son discours, il a condamné les régimes arabes et musulmans, appelé à la création d’un régime religieux (charia) dans le monde islamique et promu le jihad contre Israël.

Le chef d'Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, dans une vidéo du 6 juin 2018, intitulée: "De la Nakba et de la Naksa à la renaissance et à la gloire" (Al-Sahab, 6 juin 2018)
Le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, dans une vidéo du 6 juin 2018, intitulée:
« De la Nakba et de la Naksa à la renaissance et à la gloire » (Al-Sahab, 6 juin 2018)

  • Ci-après les principales questions abordées dans le discours d’Al-Zawahiri:
    • Israël ne peut être défait que par le jihad : Al-Zawahiri dit que « Soixante-dix ans se sont écoulés depuis la création de l’Etat d’Israël et près de 50 ans depuis la défaite de 1967 connue sous le nom de Naksa [littéralement: la maladie qui a éclaté à nouveau]. Il a ajouté que «ces deux blessures sont gravées dans la mémoire [collective] de notre nation musulmane ». Al-Zawahiri a posé une question rhétorique: « Comment peut-on surmonter cette défaite agonisante? » Et a répondu que le jihad est le moyen de le faire.
    • Les gouvernements arabes et musulmans sont subordonnés à l’Occident et, par conséquent, ils ne peuvent pas provoquer la libération de la Palestine. Al-Zawahiri a noté que tous les gouvernements arabes et musulmans ont échoué dans leur conduite concernant la question palestinienne et dans l’organisation du jihad pour libérer chaque parcelle occupée par les infidèles. Ces gouvernements qui combattent l’Islam et leurs dirigeants sont des agents des « plus grands criminels du monde » [cf., référence aux pays occidentaux, dirigés par les Etats-Unis]. Al-Zawahiri a souligné une fois de plus que les gouvernements arabes et musulmans ne peuvent pas libérer la Palestine.
    • Les combattants du jihad sont ceux qui libéreront la Palestine : Al-Zawahiri a déclaré « qu’avec l’aide d’Allah, elle [la Palestine] sera libérée par les combattants du jihad, qui ne reconnaissent pas la légitimité internationale arrogante, criminelle et despotique », ni la légitimité des « traîtres qui ont vendu la Palestine, les criminels laïcs ». Il a noté que « les combattants du jihad exécutent le jihad afin que la parole d’Allah règne sur tout et que la règle de la charia, qui nie le nationalisme et l’État laïc soient appliquées en Palestine et dans le reste des territoires de l’Islam. « 
    • Ceux qui libéreront la Palestine doivent s’appuyer sur les positions salafistes-jihadistes : Al-Zawahiri a noté que la Palestine sera libérée par une nation islamique qui s’est libérée des fausses visions des dignitaires religieux agissant au nom des divers régimes, tels que le régime saoudien. Il a appelé les combattants du jihad à suivre les traces d‘Omar Abd al-Rahman, qui a appelé la nation islamique à abattre des avions américains, à couler leurs navires et à nuire à leurs intérêts; les traces d’Abdullah Azzam, qui a appelé la nation islamique à mener le jihad; et les traces d’Oussama Ben Laden, « qui a causé le plus de dommages aux Américains dans leur histoire ».
    • La campagne est une campagne mondiale et non locale : Selon Al-Zawahiri, la campagne en Palestine, de même que les campagnes au Caire, à Riyad, Grozny, Kaboul et en Syrie, n’est pas une campagne locale. C’est la campagne de la nation islamique contre le « régime des plus grands criminels du monde », dirigé par le Président des États-Unis, soutenu par les plus grands criminels de Moscou, Pékin et New Delhi. Selon Al-Zawahiri, « C’est une longue et difficile campagne ». Al-Zawahiri a appelé à l’unité musulmane contre eux, afin de leur faire du mal à l’heure et au lieu de leur choix. Il a conclu en disant que « la Palestine est une question de tous les musulmans ».
    • Al-Zawahiri a appelé les musulmans de la bande de Gaza à transférer les combats vers le territoire ennemi [en Israël] : Selon lui, les « traîtres » [cf., référence à l’Autorité Palestinienne et au Hamas] donnent des informations sur les combattants du jihad aux renseignements militaires israéliens minute par minute, tandis que le « régime égyptien séculier militaire despotique » les étrangle [les combattants du jihad de Gaza et du Sinaï]. Il a noté que les combattants du jihad en Palestine ne doivent pas se contenter de la bande étroite qui leur a été imposée (cf., la bande de Gaza) et doivent transférer la campagne sur le territoire ennemi [Israël] et l’étendre.

[1] Une organisation internationale fondée en 2001 par les dirigeants de la Chine, de la Russie, du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan. L'OCS est conçue pour instaurer la confiance et renforcer la coopération politique, économique et de sécurité entre ses États membres.
[2] Une alliance politico-militaire établie en 994 par la Communauté des États indépendants. Les membres actuels de l'organisation sont l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Russie et le Tadjikistan.