Pleins feux sur le jihad mondial (29 novembre – 5 décembre 2018)

Un soldat de l'armée syrienne en position de tir dans la zone rurale située au nord de Hama (SANA, 1er décembre 2018)

Un soldat de l'armée syrienne en position de tir dans la zone rurale située au nord de Hama (SANA, 1er décembre 2018)

L'un des soldats de l'armée syrienne qui a été pris pour cible par les tireurs d'élite de l'organisation Gardiens de la Religion.

L'un des soldats de l'armée syrienne qui a été pris pour cible par les tireurs d'élite de l'organisation Gardiens de la Religion.

Un combattant des FDS aide un garçon à descendre d'un véhicule avec des civils sauvés de l'Etat islamique dans la région d'Abu Kamal (FDS Media Center, 1er décembre 2018)

Un combattant des FDS aide un garçon à descendre d'un véhicule avec des civils sauvés de l'Etat islamique dans la région d'Abu Kamal (FDS Media Center, 1er décembre 2018)

Des membres de l'Etat islamique se préparent à lancer un obus de mortier sur les positions des FDS au Nord-Est de la ville d'Al-Kashmah (Province Al-Sham-Al-Baraka de l'Etat islamique, 2 décembre 2018).

Des membres de l'Etat islamique se préparent à lancer un obus de mortier sur les positions des FDS au Nord-Est de la ville d'Al-Kashmah (Province Al-Sham-Al-Baraka de l'Etat islamique, 2 décembre 2018).

Un membre de l'Etat islamique tire avec un canon anti-aérien monté sur un VTT contre un drone de la coalition survolant la région (Province Al-Sham-Al-Baraka de l'Etat islamique, 1er décembre 2018)

Un membre de l'Etat islamique tire avec un canon anti-aérien monté sur un VTT contre un drone de la coalition survolant la région (Province Al-Sham-Al-Baraka de l'Etat islamique, 1er décembre 2018)

Renforts des FDS en route vers les lignes de contact avec l'Etat islamique (Syria TV, 1er décembre 2018)

Renforts des FDS en route vers les lignes de contact avec l'Etat islamique (Syria TV, 1er décembre 2018)

Principaux évènements
  • Dans la région d’Idlib, les affrontements se sont poursuivis, principalement entre l’armée syrienne et les organisations jihadistes. Les médias syriens ont rapporté que l’armée syrienne avait envoyé des renforts dans la région d’Idlib comme une étape préliminaire vers une offensive contre les rebelles. L’envoyé du Président russe en Syrie a déclaré que la Russie serait prête à prendre part aux combats contre le Siège de Libération d’Al-Sham, soulignant que les combats contre lui et contre l’Etat islamique se poursuivraient jusqu’à l’élimination de ces organisations.
  • Dans l’Est de la Syrie, les combats se sont poursuivis entre les FDS et l’Etat islamique. L’organisation a lancé des attaques contre les forces des FDS au Sud-Est d’Abu Kamal et contre le siège des forces de mobilisation populaire (les milices chiites irakiennes) dans l’Est d’Abu Kamal. Les forces des FDS continuent d’envoyer des renforts dans la région dans le cadre de leurs préparatifs en vue d’une offensive à grande échelle visant à éliminer la présence de l’Etat islamique dans la région. Selon les médias syriens, des avions de la Coalition internationale ont effectué des dizaines de frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique cette semaine, faisant des dizaines de morts. Un responsable de l’Etat islamique, Abu al-Umarayn, a été tué lors d’une frappe aérienne dans la zone désertique à l’Ouest de la vallée de l’Euphrate. Il avait participé à l’exécution de plusieurs prisonniers, dont Peter Kassig (un activiste humanitaire américain exécuté en 2014).
  • En Irak, le Service national de renseignement irakien (INIS) a capturé Jamal al-Mashhadani, haut responsable de l’Etat islamique, qui avait occupé plusieurs postes à responsabilités en Irak et en Syrie et était gouverneur, entre autres, de la Province de Bagdad-Nord et de la Province de Kirkouk. Il aurait participé à de nombreuses attaques terroristes et tiré des obus et des roquettes contenant des substances chimiques sur une ville située à une dizaine de kilomètres au Sud de Kirkouk. La capture d’Al-Mashhadani, le plus haut responsable tombé entre les mains du gouvernement irakien, pourrait apporter des informations importantes sur le comportement de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, sur les relations internes au sein de l’organisation et sur une foule d’autres sujets liés à l’Etat islamique. Tandis que l’organisation reste soumise à de fortes pressions dans ses “pays principaux” (la Syrie et l’Irak), une activité intense se poursuit dans ses provinces du monde entier. Un examen de l’activité des différentes provinces de l’Etat islamique au cours du mois dernier montre que les principales provinces en termes de volume d’activité ont été le Khorasan (Afghanistan/Pakistan) et la province de l’Afrique de l’Ouest au Nigéria (activité qui “déborde” également dans les pays voisins). Une attaque a été perpétrée contre deux véhicules transportant des chrétiens coptes en Égypte (alors que des attaques sporadiques se poursuivaient dans la province du Sinaï au Nord du Sinaï, malgré les fortes pressions exercées par les forces de sécurité égyptiennes). Le reste des provinces a poursuivi ses activités terroristes et de guérilla de routine à des niveaux d’intensité plus faibles.
Implication russe en Syrie
Envoyé spécial du Président russe en Syrie : La Russie est disposée à prendre part aux combats contre le Siège de Libération d’Al-Sham
  • S’exprimant lors d’une conférence de presse, l’envoyé spécial du Président russe Poutine en Syrie, Alexander Lavrentiev, a annoncé que la Russie prendre part aux combats contre le Siège de Libération d’Al-Sham (28 novembre 2018). Selon lui, plus de 15 000 membres (“militants”) appartiendraient à l’organisation dans la région d’Idlib. Il a exprimé l’espoir que les forces armées de l’opposition syrienne (cf., les organisations rebelles non-jihadistes) parviendront à faire face à cette problématique et à imposer l’ordre. “Si nécessaire”, a déclaré Lavrentiev, “nous sommes prêts à fournir toute l’assistance nécessaire, y compris aux forces gouvernementales syriennes”. “Il a souligné que les combats contre l’Etat islamique et le Siège de Libération d’Al-Sham se poursuivraient” jusqu’à ce qu’ils soient éliminés” (Agence de presse TASS, 28 novembre 2018).
Annonce de la conclusion du round de négociations à Astana : La Russie, la Turquie et l’Iran vont travailler à la mise en œuvre des accords sur Idlib
  • Le 29 novembre 2018, la 11ème série de pourparlers sur la Syrie à Astana s’est terminée. Dans leur déclaration finale, la Russie, la Turquie et l’Iran (les trois principaux pays) ont exprimé leur préoccupation face aux violations persistantes du cessez-le-feu dans la région d’Idlib. La déclaration finale a indiqué que ces trois pays intensifieraient leurs efforts pour superviser le cessez-le-feu, notamment en intensifiant les activités du Centre de coordination conjoint irano-russe-turc. Les trois pays ont également réitéré leur détermination à poursuivre leur coopération afin d‘”éliminer absolument” l’Etat islamique et le Siège de Libération d’Al-Sham (“le front Al-Nusra”). Ils ont également appelé toutes les forces de l’opposition armée (à savoir les autres organisations rebelles) à se désengager immédiatement de ces organisations (Texte de la déclaration commune publiée par le ministère des Affaires étrangères kazakh, 29 novembre 2018).
La région d’Idlib
L’armée syrienne renforce ses troupes dans la région d’Idlib en prévision d’une éventuelle attaque
  • Selon un article paru dans les médias syriens (un site Internet affilié à l’opposition syrienne), l’armée syrienne aurait renforcé ses troupes dans la région d’Idlib en prévision d’une éventuelle attaque. Cette semaine, l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent auraient envoyé des centaines de renforts et des dizaines de véhicules militaires dans la région d’Idlib et dans la zone démilitarisée, en prévision d’une éventuelle attaque contre les rebelles (Al-Darar Al-Shamiya, 2 décembre 2018). Des photos de ces renforts ont apparemment été téléchargées sur Youtube afin de transmettre un message de dissuasion aux organisations rebelles dans la région d’Idlib. En outre, il a été signalé que des milices chiites manipulées par l’Iran avaient été transférées de Deir ez-Zor et déployées dans la province méridionale d’Idlib (Khotwa, 2 décembre 2018).
Incidents dans la région d’Idlib
  • Voici les principaux événements survenus cette semaine dans la région d’Idlib, principalement entre l’armée syrienne et les organisations jihadistes :
  • L’armée syrienne a tiré de l’artillerie sur des villages au Nord-Ouest de Hama. Selon le régime syrien, les cibles étaient les artères de circulation des rebelles et des voies d’infiltration. Plusieurs membres des organisations rebelles ont été tués et blessés (SANA, 1er décembre 2018).

 Un soldat de l'armée syrienne en position de tir dans la zone rurale située au nord de Hama (SANA, 1er décembre 2018)
 Un soldat de l’armée syrienne en position de tir dans la zone rurale située au nord de Hama (SANA, 1er décembre 2018)

L’armée syrienne a tiré des pièces d’artillerie sur des villes et des villages de la zone rurale située au Sud d’Idlib. Une femme a été blessée et plusieurs maisons ont été endommagées (Al-Araby Al-Jadeed, 28 novembre 2018).

  • Le Siège de Libération d’Al-Sham a attaqué des positions de l’armée syrienne dans la province de Lattaquié. Quatre soldats syriens ont été tués. Les assaillants ont été tués par l’armée syrienne (TASS, 29 novembre 2018).
  • La salle des opérations contrôlée par l’organisation Gardiens de la Religion (affiliée à Al-Qaïda) a indiqué qu’elle avait tiré des obus de mortier et des mitrailleuses lourdes dans la partie Nord de la plaine d’Al-Ghab (à environ 11 km au Sud de Jisr Al-Shughur (Whaharid_almuminin@Telegramchannel, 1er décembre 2018).
  • Des tireurs d’élite de l’organisation des Gardiens de la Religion (associée à Al-Qaïda) ont tiré sur des soldats de l’armée syrienne et les forces qui la soutenaient dans les zones rurales d’Alep, de Lattaquié et de Hama (Salle des opérations des Gardiens de la Religion, 30 novembre 2018).
Position faite de pneus remplis de roquettes, occupée par un soldat de l'armée syrienne, prise pour cible par un tireur d'élite de l'organisation Gardiens de la Religion (Salle des opérations des Gardiens de la Religion, 30 novembre 2018)   L'un des soldats de l'armée syrienne qui a été pris pour cible par les tireurs d'élite de l'organisation Gardiens de la Religion.
Droite : L’un des soldats de l’armée syrienne qui a été pris pour cible par les tireurs d’élite de l’organisation Gardiens de la Religion. Gauche : Position faite de pneus remplis de roquettes, occupée par un soldat de l’armée syrienne, prise pour cible par un tireur d’élite de l’organisation Gardiens de la Religion (Salle des opérations des Gardiens de la Religion, 30 novembre 2018)
  •  Les médias affiliés au régime syrien ont rapporté que l’armée syrienne avait tiré de l’artillerie sur la zone rurale située au nord de Hama, en représailles d’une attaque rebelle.
Syrie orientale
  • Les combats contre l’enclave de l’Etat islamique le long de l’Euphrate se sont concentrés cette semaine sur la partie Sud de l’enclave, au Sud-Est d’Abu Kamal. Cette semaine encore, l’organisation a pris l’initiative. Les avions de la coalition ont intensifié leurs frappes aériennes, tuant des dizaines de membres de l’Etat islamique. Le porte-parole de la coalition a déclaré que l’une des personnes tuées était un haut responsable de l’Etat islamique impliqué dans l’exécution de prisonniers, dont l’activiste humanitaire américain Peter Kassig (qui a été exécuté par l’Etat islamique en 2014). Dans le même temps, les FDS ont continué à envoyer des renforts dans la région.
Attaques de l’Etat islamique contre les FDS
  • Le 30 novembre 2018, une force motorisée de l’Etat islamique, comprenant 15 véhicules, a attaqué des forces des FDS dans la région d’Al-Baghouz (Sud-Est d’Abu Kamal[1]). Des affrontements ont eu lieu entre les deux camps. Douze membres de l’Etat islamique ont ainsi été tués (Observatoire syrien des droits de l’homme, 30 novembre 2018).
  • Les forces des FDS ont signalé que le 1er décembre 2018, des membres de l’Etat islamique avaient attaqué des positions des SDF dans la région d’Abu Kamal. Selon le communiqué, les membres de l’Etat islamique ont utilisé des voitures piégées (FDS Media Center, 1er décembre 2018).
  • Les forces de sécurité ont annoncé avoir mené une campagne humanitaire dans la région d’Abu Kamal (centre des combats de cette semaine). Dans le cadre de cette campagne, elles ont ouvert un passage humanitaire utilisé par des dizaines de personnes, principalement des femmes et des enfants. Ces familles étaient auparavant contrôlées par l’Etat islamique, qui les avaient utilisées comme boucliers humains. Les combattants des FDS leur ont donné de la nourriture et des médicaments et les ont transférés vers des zones sûres (Centre des médias SDF, 1er décembre 2018).
Un combattant des FDS aide un garçon à descendre d'un véhicule avec des civils sauvés de l'Etat islamique dans la région d'Abu Kamal (FDS Media Center, 1er décembre 2018)    Missile antichar de l'Etat islamique frappant un char de l'armée syrienne dans le village d'Al-Asha'er, au Nord d'Abu Kamal (Shabakat Shumukh, 3 décembre 2018).
Droite : Missile antichar de l’Etat islamique frappant un char de l’armée syrienne dans le village d’Al-Asha’er, au Nord d’Abu Kamal (Shabakat Shumukh, 3 décembre 2018). Gauche : Un combattant des FDS aide un garçon à descendre d’un véhicule avec des civils sauvés de l’Etat islamique dans la région d’Abu Kamal (FDS Media Center, 1er décembre 2018)
Attaque de l’Etat islamique contre les milices chiites irakiennes
  • Le 29 novembre 2018, une force de l’Etat islamique a attaqué le siège des forces de mobilisation populaire (milices chiites irakiennes) à l’Est d’Abu Kamal (près de l’Euphrate). Pendant plus de deux heures, des affrontements ont eu lieu entre des membres de l’Etat islamique infiltrés de la rive Est de l’Euphrate et des membres des milices chiites qui contrôlaient le siège. Au cours des affrontements, les membres de l’Etat islamique ont tiré un missile antichar, à la suite duquel le siège a tiré. À la fin de l’attaque, les forces de l’Etat islamique se sont repliées et des renforts du Mouvement Nujaba (une milice chiite irakienne gérée par l’Iran) ont été envoyés sur le site (Al-Sharqiya 24, 30 novembre 2018).
Frappes aériennes de la coalition internationale

La zone désertique à l’Ouest de l’Euphrate

  • Le colonel Sean Ryan, porte-parole des forces de la coalition internationale, a annoncé qu’un avion de la coalition avait effectué une frappe aérienne provoquant le décès d’un membre de l’Etat islamique appelé Abu al-Umarayn. Plusieurs autres membres de l’organisation ont également été tués lors de la frappe aérienne. Selon l’annonce, la frappe aérienne a eu lieu dans le “désert syrien” à l’Ouest de la vallée de l’Euphrate. Abu al-Umarayn a été directement impliqué dans l’exécution d’un certain nombre de prisonniers détenus par l’Etat islamique, dont Peter Kassig en 2014. Kassig était un citoyen américain qui travaillait pour une organisation humanitaire (CNN, 2 décembre 2018; Army Times, 3 décembre 2018).

Enclaves de l’Etat islamique dans la vallée de l’Euphrate

  • Ci-après des informations sur des frappes aériennes de la coalition dans la vallée de l’Euphrate :
  • L’Observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé que, dans la nuit du 27 au 28 novembre, des avions de la Coalition ont effectué une frappe aérienne contre les maisons et le siège de l’Etat islamique dans la ville de Kashmah (environ 11 km au Sud de Hajin). Au moins cinq prisonniers détenus par l’Etat islamique ont été tués dans l’attaque, ainsi que trois membres de l’Etat islamique qui ont sécurisé la zone (Observatoire syrien des droits de l’homme, 29 novembre 2018). L’organisation a pour sa part annoncé que des avions de la Coalition avaient effectué une frappe aérienne contre une prison (contrôlée par l’Etat islamique) dans le village d’Al-Kashmah. En conséquence, des combattants des FDS incarcérés dans la prison ont été tués et blessés (Shumukh, 28 novembre 2018).
  • Le 30 novembre 2018, une frappe aérienne de la coalition a été menée contre des cibles de l’Etat islamique dans la ville de Hajin, fief de l’Etat islamique. Les cibles attaquées comprenaient des dépôts d’armes et de munitions de l’organisation. Sept membres de l’Etat islamique ont été tués dans l’attaque (Observatoire syrien des droits de l’homme, 30 novembre 2018). L’organisation a rapporté que ses membres avaient utilisé une mitrailleuse lourde montée sur une moto pour abattre un drone des FDS utilisé pour des missions de surveillance autour de la ville de Hajin (3 décembre 2018) (Amaq, 4 décembre 2018).
Un membre de l'Etat islamique tire avec un canon anti-aérien monté sur un VTT contre un drone de la coalition survolant la région (Province Al-Sham-Al-Baraka de l'Etat islamique, 1er décembre 2018)    Un membre de l'Etat islamique tire avec une mitrailleuse montée sur une moto contre un drone des FDS qui survolait la ville de Hajin (Amaq, 4 décembre 2018).
Droite : Un membre de l’Etat islamique tire avec une mitrailleuse montée sur une moto contre un drone des FDS qui survolait la ville de Hajin (Amaq, 4 décembre 2018). Gauche : Un membre de l’Etat islamique tire avec un canon anti-aérien monté sur un VTT contre un drone de la coalition survolant la région (Province Al-Sham-Al-Baraka de l’Etat islamique, 1er décembre 2018)
  •  Selon le centre des médias des FDS, le 1er décembre 2018, un total de 34 frappes aériennes ont été effectuées par des avions de la coalition contre des cibles de l’Etat islamique. Selon l’annonce, 33 membres de l’Etat islamique ont été tués. Les corps de quatre d’entre eux sont entre les mains des forces des FDS. En outre, deux postes où des membres de l’Etat islamique s’étaient barricadés ont été détruits (FDS Media Center, 1er décembre 2018).
Renforts des FDS le long des lignes de contact avec l’Etat islamique
  • Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, plus de 1 000 combattants ont été envoyés cette semaine pour renforcer les troupes des FDS le long des lignes de contact avec l’Etat islamique. En outre, plus de 1 700 combattants des FDS sont venus renforcer le champ de pétrole d’Al-Tanak (à environ 22 km au Nord de Hajin), où se trouve la base des FDS. Selon ces informations, plus de 2 700 combattants auraient renforcé la zone située au Nord d’Abu Kamal (Observatoire syrien des droits de l’homme, 29 novembre 2018). Selon une source de l’opposition syrienne, les FDS et les forces locales qui les soutiennent comptent plus de 15 000 combattants dans la région située au Nord d’Abu Kamal (Syria TV, 1er décembre 2018).[2]

 Renforts des FDS en route vers les lignes de contact avec l'Etat islamique (Syria TV, 1er décembre 2018)
 Renforts des FDS en route vers les lignes de contact avec l’Etat islamique (Syria TV, 1er décembre 2018)

  • Selon un autre rapport, dans la nuit du 4 décembre 2018, un convoi composé de 75 camions transportant du matériel militaire destiné aux FDS a été aperçu. Les camions sont arrivés de la région autonome du Kurdistan en Irak. L’arrivée du convoi ferait partie des préparatifs préalables à une offensive de grande envergure visant à mettre fin à la présence de l’Etat islamique sur la rive Est de l’Euphrate en prenant le contrôle de son enclave (Observatoire syrien des droits de l’homme, 4 décembre 2018).
Pertes des FDS et de l’Etat islamique
  • Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, depuis le début de l’offensive contre l’enclave de l’Etat islamique au Nord d’Abu Kamal, 807 membres de l’Etat et 469 combattants des FDS ont été tués (Observatoire syrien des droits de l’homme, 4 décembre 2018).
Principaux développements en Irak
Activité des forces de sécurité irakiennes
  • Le 29 novembre 2018, le Service national de renseignements irakien (INIS[3]) a annoncé l’arrestation de Jamal Khalil Taha al-Mashhadani à Bagdad, haut responsable de l’Etat islamique qui avait occupé plusieurs postes de haut rang en Syrie et en Irak et avait notamment occupé les postes de gouverneur de Bagdad Nord et de Kirkuk. Il a pris part à de nombreuses activités terroristes, ainsi qu’à des tirs d’obus et de roquettes contenant des substances chimiques sur la ville de Taza (Khurmatu), à environ 10 km au Sud de Kirkuk. Il a également participé aux batailles en Irak et en Syrie (Al-Sumaria News, 30 novembre 2018).

Jamal Khalil Taha al-Mashhadani, alias Abu Hamza al-Kurdi, responsable de l'Etat islamique arrêté à Bagdad par le Service national de renseignement irakien (Chaîne Youtube du NAS, 29 novembre 2018)
Jamal Khalil Taha al-Mashhadani, alias Abu Hamza al-Kurdi, responsable de l’Etat islamique arrêté à Bagdad par le Service national de renseignement irakien (Chaîne Youtube du NAS, 29 novembre 2018)

  • Selon nous, il s’agit de la réalisation la plus importante du gouvernement irakien et des forces de sécurité irakiennes, dans le cadre de l’activité visant à localiser les membres de l’Etat islamique et les commandants ayant occupé des postes de haut rang au sein de l’État islamique. La capture d’Al-Mashhadani devrait garantir une connaissance plus intime de la conduite militaire et financière de l’Etat islamique en Irak et en Syrie.
Activité de l’Etat islamique
  • L’examen de l’activité de l’Etat islamique au cours du mois passé en Irak montre que l’activité terroriste et la guérilla a continué de se concentrer sur la région située entre Bagdad et Kirkouk, une région avec une grande population sunnite musulmane. Les provinces où l’activité importante a eu lieu étaient Diyala, Salah al-Din, et Kirkouk. Les activités terroristes et la guerre de guérilla ont également eu lieu à plus petite échelle dans la province d’Al-Anbar et dans d’autres provinces.
  • Ci-après les plus importantes opérations de l’organisation de la semaine dernière (selon les rapports de l’Etat islamique) :
    • La Province d’Al-Anbar : Le 30 novembre 2018, l’Etat islamique a indiqué que ses membres avaient tué un officier de l’armée irakienne dans la province d’Al-Anbar. L’officier était également le sheikh de l’une des tribus coopérant avec le gouvernement irakien dans le cadre de la Mobilisation tribale. Les terroristes ont tué l’officier dans sa maison avec un fusil d’assaut M-16 équipé d’un silencieux. Sept autres personnes qui étaient là ont été tués avec lui (Province d’Irak-Al-Falloujah, 30 novembre-1er décembre 2018).
    • Province de Kirkouk : Des “frais de route” ont été prélevés contre les véhicules de la “Mobilisation” (soit la Mobilisation tribale ou populaire, le rapport de l’organisation ne précise pas qui) à environ 65 km au Sud de Kirkouk. Les passagers des véhicules ont été tués ou blessés et les véhicules ont été endommagés (Province d’Irak-Kirkouk, 30 novembre 2018).
    • Province de Salah al-Din : Le 30 novembre 2018, des membres de l’Etat islamique ont attaqué avec des armes légères et moyennes une position de la “Mobilisation » (soit la Mobilisation tribale ou populaire, le rapport de l’organisation ne précise pas qui) environ 63 km au Nord de Bagdad, tuant deux membres de la Mobilisation et en blessant un troisième (Province d’Irak-Nord de Bagdad, 1er décembre 2018).
    • Province de Diyala : Une frappe aérienne a été menée contre une planque souterraine de l’Etat islamique dans les montagnes de Hamrin, à environ 75 km au Nord-Est de Bakouba, tuant trois membres de l’organisation (Agence de presse irakienne, 1er décembre 2018).
    • Province de Salah Al-Din : Des membres de l’Etat islamique ont activé un engin explosif improvisé contre un véhicule de la Mobilisation populaire au Sud-Ouest de Baiji. L’organisation a rapporté que tous les passagers du véhicule ont été tués ou blessés (Province d’Irak-Salah Al-Din, 2 décembre 2018).
    • Province de Salah Al-Din : Des membres de l’Etat islamique ont activé un engin piégé contre un véhicule de la Mobilisation tribale dans la région de Tikrit. L’organisation a rapporté que tous les passagers ont été tués ou blessés (Province d’Irak-Salah Al-Din, 2 décembre 2018).
    • Province de Ninive : L’Etat islamique a annoncé que le 1er décembre 2018, ses membres avaient fait exploser un engin explosif improvisé contre un véhicule de l’armée irakienne dans la ville de Mossoul. Un soldat aurait été tué et un autre blessé (Province d’Irak-Ninive, 2 décembre 2018).
    • La ville de Mossoul : Une force de police irakienne a appréhendé un membre de l’appareil de sécurité de l’Etat islamique au Nord-Ouest de Mossoul. Après son admission, quatre autres membres de l’organisation ont été portés disparus. Ils faisaient partie de l’appareil de sécurité et de la police de la morale de l’Etat islamique lorsque l’organisation contrôlait Mossoul (Al-Sumaria News, 2 décembre 2018).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
  • Le 3 décembre 2018, un engin piégé a été utilisé contre une patrouille de l’armée égyptienne près du port de Rafah, tuant un soldat. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque (Province du Sinaï de l’Etat islamique et Amaq, 3 décembre 2018).
Activité jihadiste dans le reste du monde
Caractéristiques de l’activité de l’Etat islamique dans le monde (“résumé mensuel”[4])
  • Tandis que l’Etat islamique reste soumis à de fortes pressions dans ses “pays principaux” (la Syrie et l’Irak), une activité intense se poursuit dans ses provinces du monde entier, à différents niveaux d’intensité. Au cours du mois écoulé, l’activité de trois provinces a été particulièrement marquée : la province de Khorasan (Afghanistan/Pakistan), qui est la première province en termes d’attaques meurtrières (plusieurs attentats suicide) ; la province d’Afrique de l’Ouest au Nigéria, dont l’activité s’étend progressivement aux pays voisins. Une attaque en Égypte a visé les coptes chrétiens (tandis que des attaques sporadiques se poursuivent dans la province du Nord-Sinaï malgré les lourdes pressions exercées sur l’Etat islamique par les forces de sécurité égyptiennes). Les autres provinces de l’Etat islamique à travers le monde ont poursuivi leurs activités “de routine” offensives et défensives à un niveau d’intensité moindre.

Caractéristiques de l'activité de l'Etat islamique dans le monde

Détonation d’un engin piégé contre une milice soutenant l’armée afghane
  • Le 3 décembre 2018, des membres de l’Etat islamique ont activé un engin piégé contre une force d’une milice qui soutient l’armée afghane dans la région de Kunar, dans l’Est de l’Afghanistan. Quatre individus ont été tués et deux autres blessés (Province de Khorasan de l’Etat islamique, 3 décembre 2018)
Frappe de l’Etat islamique contre une patrouille de police dans l’Ouest de la Tunisie
  • Trois terroristes à moto auraient tiré avec des kalachnikovs sur une patrouille de police tunisienne dans la ville de Kasserine, dans l’Ouest de la Tunisie. (environ 217 km au Sud-Ouest de la capitale Tunis). Un civil a été blessé dans l’échange de coups de feu. Les assaillants ont fui les lieux (Masrawy, 29 novembre 2018). L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon l’organisation, des membres de l’Etat islamique auraient attaqué une patrouille de la police tunisienne dans le quartier d’Al-Manar de la ville de Kasserine (Amaq, 30 novembre 2018).
Activités de contre-terrorisme
Arrestation de membres de l’Etat islamique en Turquie
  • La police turque a annoncé avoir arrêté au moins trois ressortissants irakiens dans le Nord-Ouest du pays soupçonnées d’entretenir des liens avec l’Etat islamique. L’un des suspects était une membre central de la branche de l’Etat islamique dans la province d’Al-Anbar (dans l’Ouest de l’Irak). L’un des détenus aurait envoyé des activistes [d’Irak] en Turquie (Agence de presse Anatolie, 28 novembre 2018).
Arrestation de membres de l’Etat islamique en Tunisie
  • Les forces de sécurité tunisiennes ont arrêté 12 membres présumés de l’Etat islamique. Selon le ministère de l’Intérieur, ces détentions auraient eu lieu à la suite d’un attentat suicide commis par une femme à Tunis (le 29 octobre 2018), capitale de la capitale tunisienne, dans lequel 26 personnes ont été blessées (France 24, 30 novembre 2018) [5].
La guerre de propagande
Menaces de commettre des attentats au Canada à Noël
  • L’un des médias de l’Etat islamique [qui n’a pas été nommé] a publié une affiche menaçant de mener des attentats dans un quartier commerçant et de divertissement de Toronto à Noël. L’affiche montre une main tenant un couteau ensanglanté sur la place Yonge-Dundas, illuminée la nuit. Une légende apparaît dans un coin de l’affiche : “O cochons en croix, nous colorierons ton Noël de ton sang; bois donc ton toast et les cadeaux de tes enfants seront tes pièces de cadavre si Allah le veut” (PJ Media, 3 décembre 2018). L’affiche a été publiée sur P.J. Médias mais sans la légende menaçante. L’affiche complète n’a pas été trouvée dans d’autres sources.

L'affiche de l'Etat islamique menançant d'attaques à Toronto pendant les fêtes de Noël (P.J. Media, 3 décembre 2018)
L’affiche de l’Etat islamique menançant d’attaques à Toronto pendant les fêtes de Noël (P.J. Media, 3 décembre 2018)

[1] On ignore s'il s'agit d'Al-Baghouz Tahtani (à la frontière syro-irakienne) ou Al-Baghouz Fawqani (qui est plus proche d'Abu Kamal).
[2] Contrairement à quelques milliers de membres de l'Etat islamique dans l'enclave au Nord d'Albukamal. L'armée américaine a récemment annoncé qu'il restait environ 2 000 membres de l'Etat islamique dans la vallée centrale de l'Euphrate (Site Internet Operation Inherent Resolve, 4 décembre 2018).

[3] Iraqi National Intelligence Service (INIS).

[4] De fin Octobre à fin Novembre 2018.

[5] A ce sujet, voir notre article du 31 octobre 2018 intitulé " Pleins feux sur le jihad mondial (25-31 octobre 2018)", à l'adresse https://www.terrorism-info.org.il/fr/pleins-feux-sur-le-jihad-mondial-25-31-octobre-2018/