Pleins feux sur le jihad mondial (28 juin – 4 juillet 2018)

Opération de l'armée syrienne au Nord de Daraa (Bureau d'information militaire du Hezbollah, 29 juin 2018)

Opération de l'armée syrienne au Nord de Daraa (Bureau d'information militaire du Hezbollah, 29 juin 2018)

Opération de l'armée syrienne dans la région de Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 juin 2018).

Opération de l'armée syrienne dans la région de Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 juin 2018).

Les habitants de la ville d'Abta, au Nord de Daraa, saluent l'arrivée de l'armée syrienne et agitent une photo du Président syrien Bashar Assad (Agence de presse SANA, 29 juin 2018)

Les habitants de la ville d'Abta, au Nord de Daraa, saluent l'arrivée de l'armée syrienne et agitent une photo du Président syrien Bashar Assad (Agence de presse SANA, 29 juin 2018)

Membres des organisations rebelles à Bassorah Al-Sham remettant leurs armes à l'armée syrienne (Unité centrale d'information de l'armée syrienne, 2 juillet 2018)

Membres des organisations rebelles à Bassorah Al-Sham remettant leurs armes à l'armée syrienne (Unité centrale d'information de l'armée syrienne, 2 juillet 2018)

Le général de division Imad Adnan Ibrahim et le général de division Yusuf Mohammad Ali tués par des tirs d'artillerie des forces rebelles contre des positions de l'armée syrienne dans la province de Daraa (Twitter, 1er juillet 2018)

Le général de division Imad Adnan Ibrahim et le général de division Yusuf Mohammad Ali tués par des tirs d'artillerie des forces rebelles contre des positions de l'armée syrienne dans la province de Daraa (Twitter, 1er juillet 2018)

Exilés fuyant leurs villages dans la région de Daraa (Orient News, 30 juin 2018).

Exilés fuyant leurs villages dans la région de Daraa (Orient News, 30 juin 2018).

La scène de l'explosion d'une voiture piégée dans le Sud de Kirkuk (Al-Nujaba, 1er juillet 2018)

La scène de l'explosion d'une voiture piégée dans le Sud de Kirkuk (Al-Nujaba, 1er juillet 2018)

Véhicule tout-terrain de terroristes détruit par les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï.

Véhicule tout-terrain de terroristes détruit par les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï.

Scène de l'attentat suicide perpétré par l'Etat islamique dans le Centre de Jalalabad (Compte Twitter Khabarnama @ khabarnamaaf, site Internet afghan d'information, 2 juillet 2018)

Scène de l'attentat suicide perpétré par l'Etat islamique dans le Centre de Jalalabad (Compte Twitter Khabarnama @ khabarnamaaf, site Internet afghan d'information, 2 juillet 2018)

Principaux événements
  • La semaine écoulée a été marquée par les progrès de l’armée syrienne dans l’enclave orientale des organisations rebelles (à l’Est et au Nord-Est de Daraa) avec le soutien des forces russes et syriennes[1]. L’armée syrienne a indiqué qu’elle se trouvait maintenant à 7 km du poste frontière d’Al-Naseeb entre la Syrie et la Jordanie. Une grande zone de combat est la ville de Daraa, qui a une signification symbolique (c’est là qu’a débuté le soulèvement contre le régime d’Assad). La ville est entourée à l’Est, au Nord et à l’Ouest, et l’armée syrienne s’efforce également de bloquer la route au Sud menant à la frontière avec la Jordanie. L’armée syrienne est soutenue par des milices irakiennes chiites dirigées par l’Iran, mais leur poids dans l’ordre de bataille syrien semble insignifiant. Selon l’Institut de politique du Proche-Orient de Washington, le Hezbollah a envoyé son unité d’élite Radwan au front dans le Sud de la Syrie.
  • L’avancée de l’armée syrienne s’accompagne de négociations avec les organisations rebelles (dans lesquelles la Russie joue un rôle important) afin de parvenir à des accords de reddition locale. En outre, la Russie est également impliquée dans les négociations d’un accord de cession générale. Dans le cadre de ces accords, les rebelles sont tenus de remettre leurs armes et de se rendre à l’armée syrienne. À ce stade, des arrangements de cession ont été conclus dans plusieurs villages. Cependant, contrairement aux descriptions dans les médias affiliés au régime syrien, cette tendance n’est pas encore très répandue. Selon les médias syriens, une nouvelle série de pourparlers entre la Russie et les organisations rebelles a commencé (le 3 juillet 2018).
  • À la suite des combats, exode massif d’environ 270 000 personnes déplacées a été signalé (Site Internet de l’ONU, mis à jour au 2 juillet 2018). La plupart des résidents ont fui vers une zone proche de la frontière jordanienne, et un petit nombre (près de 90 000, selon les médias syriens) ont fui sur les hauteurs syriennes du Golan (principalement dans les régions de Rafid et de Quneitra, sur le plateau central du Golan syrien). Israël et la Jordanie fournissent de l’aide humanitaire aux personnes déplacées, mais tous deux ont annoncé qu’ils ne leur permettraient pas d’entrer sur leur territoire.
  • À ce stade, l’offensive de l’armée syrienne se concentre sur l’enclave orientale contrôlée par les organisations rebelles et la ville de Daraa, tandis qu‘aucune opération militaire significative n’a été menée jusqu’à présent sur le plateau du Golan syrien. On peut supposer que la question de la reprise du plateau syrien par le régime syrien et de sa stabilisation le long de la frontière avec Israël est en cours de discussion entre la Russie, les États-Unis et Israël et fait partie d’un certain nombre de questions liées à la campagne menée dans le Sud de la Syrie.
Implication russe en Syrie
Attaque de drones sur la base russe de Hmeymim
  • Le 30 juin, les systèmes de surveillance russes ont identifié une formation de drones au Nord-Est de la base aérienne de Hmeymim, l’une des principales bases permanentes des forces russes en Syrie. Selon le ministère russe de la Défense, les UAV étaient situés loin de la base et ont été détruits par les systèmes de défense aérienne russe. Le ministère russe de la Défense a déclaré qu’il n’y avait pas eu de blessés et que la base russe n’avait subi aucun dégât (Site Internet Zvezda TV, propriété du ministère russe de la Défense, 1er juillet 2018).
  • Depuis le retrait de la plupart des forces russes de Syrie (Décembre 2017), la base aérienne Hmeymim et le centre logistique de la marine russe à Tartous ont été la cible d’attaques des organisations rebelles dans la région d’Idlib (dont la plus importante est le Siège de Libération d’Al-Sham). C’est la sixième attaque visant la base Hmeymim au cours des six derniers mois. Les attaques ont d’abord été menées avec des roquettes et des obus de mortier et plus tard par des drones, certains équipés de technologie avancée. [2]
Syrie
La campagne au Sud de la Syrie

Nettoyage de l’enclave des rebelles au Nord-Est de Daraa

Après avoir divisé l’enclave rebelle au Nord-Est de Daraa dans la région du village de Busra al-Harir, l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent ont lancé une attaque coordonnée vers le Sud et le Nord (effort secondaire). Les forces attaquantes sont soutenues par les forces aériennes russes et syriennes. Selon nous, la principale cible opérationnelle des forces de l’armée syrienne qui avancent du Nord au Sud, le long de l’autoroute principale (M-5), est le terminal d’Al-Naseeb à la frontière syro-jordanienne. Selon l’unité d’information de l’armée syrienne, l’armée syrienne se trouve actuellement à environ 7 km du terminal d’Al-Naseeb (Central Military Information Network, 1er juillet 2018). Cependant, dans la partie Nord de l’enclave, des combats locaux sont toujours en cours entre l’armée syrienne et les organisations rebelles, et sa reprise n’est pas encore achevée.


Droite : L'enclave rebelle dans la région de Busra al-Harir, menant à de nouvelles attaques vers le Nord et le Sud (Agence de presse Khotwa, 27 juin 2018). Gauche : Attaques de l'armée syrienne dans la partie Sud de l'enclave rebelle orientale et attaques locales au Nord-Ouest de Daraa à l'Ouest (Agence de presse Khotwa, 30 juin 2018)
Droite : L’enclave rebelle dans la région de Busra al-Harir, menant à de nouvelles attaques vers le Nord et le Sud (Agence de presse Khotwa, 27 juin 2018). Gauche : Attaques de l’armée syrienne dans la partie Sud de l’enclave rebelle orientale et attaques locales au Nord-Ouest de Daraa à l’Ouest (Agence de presse Khotwa, 30 juin 2018)

Les combats à Daraa

La ville de Daraa, qui a une signification symbolique (c’est là que le soulèvement contre Assad a débuté en 2011), constitue une zone de combat clé. La ville est apparemment entourée de trois côtés (Est, Ouest et Nord). La partie Nord de la ville (le quartier Al-Sahari et la place Panorama) est entre les mains de l’armée syrienne. Les organisations rebelles dans la vieille ville et le quartier Nord cherchent à arrêter les tentatives de l’armée syrienne. Les forces syriennes s’emploient actuellement à bloquer la route entre Daraa et la frontière avec la Jordanie, entourant ainsi complètement la ville (Al-Jazeera, 26 juin 2018).

Accords locaux de reddition et négociations avec les Russes
  • L’avancée de l’armée syrienne s’accompagne d’une tentative de conclure des accords de reddition locale avec les organisations rebelles. Selon la chaîne libanaise Al-Mayadeen, affiliée au Hezbollah, de nombreux accords ont été conclus sous les auspices de la Russie (Al-Mayadeen, 1er juillet 2018). Selon les médias affiliés au régime syrien, de tels accords ont été conclus dans trois villes importantes : Abta (environ 17 km au Nord de Daraa), Da’el (environ 13 km au Nord de Daraa) et Tafas (environ 11 km au Nord de Daraa[3]). En outre, les rebelles se sont rendus dans le village de Busra al-Harir, au Centre de l’enclave orientale. En vertu de ces accords, les rebelles auraient remis leurs armes et se seraient rendus à l’armée syrienne (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 30 juin 2018).

Selon un rapport du 1er juillet 2018 de la chaîne libanaise Al-Mayadeen, affiliée au Hezbollah, de nombreux villages ont été restaurés sous le contrôle du régime syrien par des accords de réconciliation plutôt que par une activité militaire. La chaîne Al-Manar du Hezbollah a également signalé que plusieurs villes clés de la région de Daraa voulaient négocier afin d’éviter les combats (Al-Manar, 30 juin 2018). Ces descriptions sont apparemment exagérées et destinées à nuire au moral des organisations rebelles. Selon nous, cette tendance n’est pas encore très répandue et les organisations rebelles continuent de se battre malgré les réalisations de l’armée syrienne et la perte de territoire dans l’enclave orientale.

 
Les habitants de la ville d'Abta, au Nord de Daraa, saluent l'arrivée de l'armée syrienne et agitent une photo du Président syrien Bashar Assad (Agence de presse SANA, 29 juin 2018)   Les habitants de la ville d'Abta, au Nord de Daraa, saluent l'arrivée de l'armée syrienne et agitent une photo du Président syrien Bashar Assad (Agence de presse SANA, 29 juin 2018)
Les habitants de la ville d’Abta, au Nord de Daraa, saluent l’arrivée de l’armée syrienne et agitent une photo du Président syrien Bashar Assad (Agence de presse SANA, 29 juin 2018)
  •   Parallèlement aux arrangements locaux de reddition, des négociations sont en cours entre les représentants des villages et des villes de la région de Daraa et les représentants russes pour parvenir à un accord qui inclura toute la province de Daraa. Le 1er juillet 2018, des négociations ont eu lieu sur les arrangements dans les villages à l’Est de Daraa et dans la province de Daraa en général. À la demande des Russes, une accalmie de trois heures a été maintenue dans toute la province (Observatoire syrien des droits de l’homme, 1er juillet 2018). Ces négociations n’ont pas encore donné de résultats. Selon les médias syriens, une nouvelle série de pourparlers entre la Russie et les organisations rebelles a commencé. Selon le porte-parole de la centrale de guerre des organisations rebelles, les participants aux négociations représentent les provinces de Daraa et de Quneitra (Enab Baladi, 3 juillet 2018).
Des milices chiites irakiennes gérées par l’Iran et une force du Hezbollah participent à la campagne de reprise du Sud de la Syrie

Aperçu général

Des milices chiites irakiennes gérées par l’Iran participent à la campagne dans le Sud de la Syrie. Les milices chiites irakiennes sont impliquées dans la couverture médiatique des combats, peut-être comme un acte de défiance publique[4], sur fond de reportages médiatiques sur l’opposition d’Israël à la présence de l’Iran et des milices qu’elle gère. Selon nous, d’un point de vue militaire, le poids des milices chiites dans le vaste ordre de bataille déployé par le régime syrien est insignifiant. En outre, selon l’Institut de politique du Proche-Orient de Washington, le Hezbollah aurait envoyé son unité d’élite Radwan sur le front de la guerre dans le Sud de la Syrie.

Le Hezbollah envoie une unité d’élite dans le Sud de la Syrie
  • Selon un article publié le 29 juin 2018 par l‘Institut de politique du Proche-Orient de Washington, le Hezbollah aurait envoyé son unité d’élite Al-Radwan en Syrie. L’article note que lorsque cette unité est envoyée au combat, cela signifie généralement que des combats intensifs sont prévus et que les forces de l’unité seront fortement impliquées (comme c’était le cas dans les batailles sanglantes d’Al-Qusayr, d’Alep et de Deir ez-Zor). L’article ajoute que, selon des sources sur place, l’Iran déploie ses forces pro-milices chiites pour se battre dans le Sud de la Syrie depuis avril 2018, dans les régions d’As-Suwayda, Daraa et Quneitra. Selon l’article, les unités du Hezbollah sont intégrées aux forces de la 4e division et aux forces des gardes républicains de l’armée syrienne. De plus, les combattants de la brigade afghane Fatemiyoun sont intégrés aux forces de Suheil Hassan («le tigre») et portent même leurs uniformes (Institut de Washington de politique du Proche-Orient, Hanin Ghaddar et Philip Smyth, 29 juin 2018).
La Brigade Dhu al-Fiqar
  • L’une des milices participant aux combats est une milice chiite irakienne appelée la Brigade Dhu al-Fiqar[5]. Cette milice a pris part à la reprise du village de Busra al-Harir par les forces rebelles (ce qui a conduit à division de l’enclave rebelle au Nord-Est de Daraa). L’implication des membres de la Brigade Dhu al-Fiqar a été documentée dans des photos postées sur la page Facebook de la Brigade (26 juin 2018).
Armée syrienne et combattants de la Brigade Dhu al-Fiqar dans la zone de Busra Al-Harir (Page Facebook de la Brigade Dhu al-Fiqar, 26 juin 2018) La    Combattants de l'armée syrienne et de la Brigade Dhu al-Fiqar dans une photo de victoire à Busra al-Harir.
Droite : Combattants de l’armée syrienne et de la Brigade Dhu al-Fiqar dans une photo de victoire à Busra al-Harir. Gauche : Armée syrienne et combattants de la Brigade Dhu al-Fiqar dans la zone de Busra Al-Harir (Page Facebook de la Brigade Dhu al-Fiqar, 26 juin 2018)

La Brigade Dhu al-Fiqar est un cadre militaire irako-chiite géré par les Iraniens. Elle a été créée en Juin 2013 pour aider une autre brigade irako-chiite, la Brigade Abu al-Fadl al-Abbas, à protéger l’enceinte de la tombe sacrée d’Al-Set Zaynab, au Sud de Damas[6] (voir ci-dessous). La brigade est composée principalement d’Irakiens qui opéraient auparavant dans les milices irako-chiites gérées par l’Iran[7].

Membres de la Brigade Abu al-Fadl al-Abbas
  • Début Juin 2018, des membres de la Brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas ont été photographiés dans la région de Quneitra. Il s’agit d’une autre milice chiite irakienne gérée par les Iraniens. Les membres de la brigade sont représentés sur la photo portant des uniformes de l’armée syrienne, près de leur commandant, Maher Ajeeb (Institut syrien d’études stratégiques Nors, 6 juin 2018, Enab Baladi, 7 juin 2018). Les photos ont été prises alors que l’armée syrienne se préparait à prendre le contrôle du Sud.

Membres de la brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas dans la région de Quneitra, près de leur commandant, Maher Ajeeb (Institut syrien d'études stratégiques, 6 juin 2018)
Membres de la brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas dans la région
de Quneitra, près de leur commandant, Maher Ajeeb
(Institut syrien d’études stratégiques, 6 juin 2018)

La Brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas est un cadre militaire irakien chiite opérant en Syrie, avec des compétences militaires relativement élevées. Ses membres sont qualifiés dans les tactiques de guérilla qu’ils ont acquises dans les combats contre l’armée américaine et la coalition en Irak. La Brigade a été établie probablement fin 2012 /début 2013. Sa première mission était de protéger l’enceinte du tombeau Al-Set Zaynab contre les attaques des jihadistes, mais pendant la guerre civile, d’autres missions lui ont été confiées. La Brigade est subordonnée à l’armée syrienne et fait partie de la stratégie iranienne de gestion des milices chiites en Syrie.

L'insigne de la Brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas. Elle comprend le nom de la brigade, une main tenant un pistolet, et un verset du Coran : "En effet, ils étaient des jeunes qui croyaient en leur Seigneur, et Nous les augmentâmes en guidant" (Al-Kahf, 13). Une partie de ce verset apparaît également dans l'insigne d'Asaib Ahl Al-Haq, une autre milice chiite irakienne gérée par l'Iran.
L’insigne de la Brigade Abu Al-Fadl Al-Abbas. Elle comprend le nom de la brigade, une main tenant un pistolet, et un verset du Coran : « En effet, ils étaient des jeunes qui croyaient en leur Seigneur, et Nous les augmentâmes en guidant » (Al-Kahf, 13). Une partie de ce verset apparaît également dans l’insigne d’Asaib Ahl Al-Haq, une autre milice chiite irakienne gérée par l’Iran.

Pertes de l’armée syrienne et des organisations rebelles
  • Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 79 soldats de l’armée syrienne et des forces qui l’ont soutenu ont été tués lors des combats dans la région de Daraa. En outre, 57 membres des organisations rebelles et 99 civils ont également été tués (Observatoire syrien des droits de l’homme, 29 juin 2018). Parmi les victimes figurent deux officiers supérieurs de l’armée syrienne, qui ont été tués au début de la campagne dans la zone rurale de Daraa. Les officiers sont le général de division Imad Adnan Ibrahim et le général de division Yusuf Mohammad Ali (Enab Baladi, 1er juillet 2018). Les deux officiers auraient été tués par les tirs d’artillerie des forces rebelles contre des positions de l’armée syrienne dans la province de Daraa (Twitter, 1er juillet 2018).
Exode massif de résidents des zones de combat
  • Après l’attaque de l’armée syrienne à Deraa, il a été rapporté qu’un grand nombre de résidents ont fui vers la frontière avec la Jordanie, et certains d’entre eux près de la frontière avec Israël au centre des hauteurs du Golan.
  • Selon les données de l’ONU, au 2 juillet 2018, environ 270 000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne dans le Sud de la Syrie (Site Internet de l’ONU, 2 juillet 2018). Les médias syriens ont rapporté que près de 86000 personnes déplacées ont fui vers les hauteurs du Golan, dont 30 000 près de Quneitra sur les hauteurs du Golan (Eqtesad, site économie syrien, 6 juillet 2018).
Arrivée des réfugiés dans le secteur de l’Armée de Khaled bin al-Walid dans le bassin du Yarmouk
  •  Selon un rapport de l’Etat islamique basé sur des sources syriennes, un accord de cessez-le-feu a été conclu entre l’armée syrienne libre et l’Armée de Khaled bin Al-Walid, affiliée à l’Etat islamique. L’accord faciliterait le transfert des personnes déplacées vers le bassin de Yarmouk contrôlé par l’Armée de Khaled bin Al-Walid (Haqq, 27 juin 2018). En réalité, l’accord a permis à des dizaines, voire des centaines de personnes déplacées, et peut-être même à des membres des organisations rebelles, d’atteindre le bassin du Yarmouk (Enab Baladi, 30 juin 2018, Haqq, 1er juillet 2018, www .k1falh.ga, site Internet affilié à l’Etat islamique, 30 juin 2018). L’Etat islamique a utilisé leur arrivée sur son territoire à des fins de propagande.
Personnes déplacées arrivant dans la zone contrôlée par l'Armée de Khaled bin Al-Walid (www.k1falh.ga, site affilié à l'Etat islamique, 30 juin 2018)   Personnes déplacées arrivant dans la zone contrôlée par l'Armée de Khaled bin Al-Walid dans le bassin du Yarmouk, où les membres de l'organisation les arrêtent pour vérification.
Droite : Personnes déplacées arrivant dans la zone contrôlée par l’Armée de Khaled bin Al-Walid dans le bassin du Yarmouk, où les membres de l’organisation les arrêtent pour vérification. Gauche : Personnes déplacées arrivant dans la zone contrôlée par l’Armée de Khaled bin Al-Walid (www.k1falh.ga, site affilié à l’Etat islamique, 30 juin 2018)
Est de la Syrie

L’armée syrienne annonce la fin du nettoyage de la zone désertique entre Deir ez-Zor et Palmyre

  •  Le 27 juin 2018, l’armée syrienne a annoncé qu’elle avait fini de nettoyer l’enclave de l’Etat islamique dans la zone désertique entre Deir ez-Zor et Palmyre. Selon l’armée syrienne, la superficie de la zone épurée est d’environ 5 800 kilomètres carrés. Cependant, il reste encore des poches de résistance de l’Etat islamique dans la zone épurée (Institut syrien d’études stratégiques Nors, 3 juillet 2018).

La zone désertique entre Deir ez-Zor et Palmyre (marquée en gris), que l'armée syrienne prétend avoir nettoyé de la présence de l'Etat islamique (Nabras al-Ard, 26 juin 2018)
La zone désertique entre Deir ez-Zor et Palmyre (marquée en gris), que l’armée syrienne
prétend avoir nettoyé de la présence de l’Etat islamique (Nabras al-Ard, 26 juin 2018)

  • L’Etat islamique continue ses attaques de guérilla contre l’armée syrienne dans la région d’Abu Kamal. Selon les médias syriens, le 28 juin 2018, l’Etat islamique a attaqué des positions de l’armée syrienne près de la frontière avec l’Irak, dans la région d’Abu Kamal. Quatre membres de l’Etat islamique ont été tués et du matériel et des armes ont été saisis (Al-Masdar News, 29 juin 2018, site Internet du Ministère syrien de la Défense, 28 juin 2018). Le 30 juin 2018, l’Etat islamique a signalé que ses tireurs d’élite avaient tué un soldat syrien dans la région d’Al-Sakariyah, à environ 2 km au Nord d’Abu Kamal (Haqq, 1er juillet 2018).
L’Etat islamique annonce la mort de Hudhaifa al-Badri le fils du chef de l’organisation
  • L’Etat islamique a annoncé la mort de Hudhaifa al-Badri, le fils du chef de l’organisation, Abu Bakr al-Baghdadi. Selon l’annonce, il a été tué alors que les membres de l’Etat islamique ont attaqué les forces de l’armée syrienne et la Russie à la centrale électrique à l’Est de la province de Homs (Haqq, 4 juillet 2018).

Avis de décès de Hudhaifa al-Badri, fils du chef de l'Etat islamique (Haqq, 4 juillet 2018)
Avis de décès de Hudhaifa al-Badri, fils du chef de l’Etat islamique (Haqq, 4 juillet 2018)

Principaux développements en Irak
Activités de l’Etat islamique

Explosion d’une voiture piégée au Sud de Kirkuk

  • Le 1er juillet 2018, un terroriste suicide conduisant une voiture piégée a tenté de pénétrer dans l’enceinte du dépôt gouvernemental dans le Sud de la ville de Kirkuk. Le terroriste a fait sauter la voiture piégée. Un homme a été tué et 20 autres ont été blessés, la plupart d’entre eux étant des membres des forces de sécurité irakiennes (Agence de presse irakienne, Sky News, 1er juillet 2018). Jusqu’à présent, l’Etat islamique n’a pas émis de réclamation de responsabilité, mais il est raisonnable de supposer que l’organisation est derrière l’attaque. Dans l’enceinte du dépôt, il y avait des bulletins de vote qui étaient destinés à un recomptage en raison d’allégations d’élections législatives truquées (Sky News, 1er juillet 2018). Par conséquent, il semble que l’attaque visait à saper le système gouvernemental irakien suite aux tentatives (infructueuses) de l’Etat islamique de perturber les élections.

Meurtre de prisonniers par l’Etat islamique (Etat des lieux)

  • Contrairement au précédent rapport, il s’est avéré que les six hommes enlevés par l’Etat islamique sur la route Salah-Kirkuk ont ​​été exécutés et non relâchés[8]. Le 27 juin 2018, huit des personnes enlevées ont été retrouvées sur l’autoroute Diyala-Kirkuk (Al-Sumaria News, 27 juin 2018). Le rapport comprenait également une photo montrant des membres des forces de sécurité irakienne se tenant près des corps des personnes enlevées (BasNews, 27 juin 2018).

Membres des forces de sécurité irakienne près des corps des personnes enlevées qui avaient été exécutées par l'Etat islamique sur l'autoroute Diyala-Kirkuk (BasNews, 27 juin 2018)
Membres des forces de sécurité irakienne près des corps
des personnes enlevées qui avaient été exécutées par l’Etat
islamique sur l’autoroute Diyala-Kirkuk (BasNews, 27 juin 2018)

Activités des forces de sécurité irakienne et du régime irakien

Tentative déjouée de l’Etat islamique de détruire un projet aquifère et des pylônes à haute tension

  • Le 30 juin 2018, une source de sécurité à Kirkuk a rapporté que les forces de sécurité irakiennes avaient neutralisé des engins piégés déposés par l’Etat islamique pour détruire un projet d’eau et des poteaux à haute tension à environ 55 km au sud-ouest de Kirkuk. La source a noté qu’après les défaites de l’Etat islamique sur le champ de bataille, l’organisation attaque maintenant des projets d’eau et d’électricité (Al-Sumaria News, 30 juin 2018).

Exécution de membres de l’Etat islamique

  • Le 29 juin 2018, le ministère irakien de la Justice a annoncé que douze terroristes, dont le gouverneur de Mossoul, avaient été exécutés dans la prison d’Al-Nasseriyah, dans le Sud de l’Irak (Agence de presse irakienne, 29 juin 2018).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Activités des forces de sécurité égyptienne dans le cadre de l’Opération Sinaï 2018
  • Le 3 juillet 2018, le quartier général des forces armées égyptiennes a publié une vidéo incluant « l’annonce n ° 25 » sur la campagne contre l’Etat islamique. Selon l’annonce, les forces de sécurité égyptienne ont arrêté des terroristes et des personnes soupçonnées d’activités terroristes, ont heurté des véhicules (y compris un camion-citerne piégé) et détruit 285 dépôts et cachettes qui comprenaient des armes, des explosifs, des dispositifs d’activation d’engins piégés, des uniformes et du matériel salafiste-jihadiste. En outre, plusieurs tunnels ont été trouvés et détruits à Rafah (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 3 juillet 2018).
Camion-citerne en flammes (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 3 juillet 2018)   Véhicule tout-terrain de terroristes détruit par les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï.
Droite : Véhicule tout-terrain de terroristes détruit par les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï. Gauche : Camion-citerne en flammes (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 3 juillet 2018)
Tunnel trouvé et détruit par les forces de sécurité égyptienne à Rafah (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 3 juillet 2018)   Corps d'un "terroriste" tué dans le Sinaï.
Droite : Corps d’un « terroriste » tué dans le Sinaï. Gauche : Tunnel trouvé et détruit par les forces de sécurité égyptienne à Rafah (Page Facebook officielle du porte-parole des forces armées égyptiennes, 3 juillet 2018)
Le jihad dans d’autres pays
Attaque suicide de l’Etat islamique à Jalalabad en Afghanistan
  • Le 1er juillet 2018, un terroriste suicide s’est fait exploser à Jalalabad. Dix-sept hindous et sikhs et deux agents de sécurité ont été tués dans l’attaque (Khaama Press, 1er juillet 2018). L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon la revendication de responsabilité de l’Etat islamique, un terroriste suicide a pénétré dans une concentration de soldats afghans, hindis et sikhs, dans le Centre de Jalalabad, et a fait exploser sa veste explosive. En conséquence, selon l’organisation, plus de 40 personnes ont été tuées, y compris un candidat au parlement afghan (www.k1falh.ga, site Internet affilié à l’Etat islamique, 1er juillet 2018).
Activités de contre-terrorisme
L’Irak met en place une barrière le long de sa frontière avec la Syrie
  • Le 30 juin 2018, le siège de la police frontalière irakienne a annoncé qu’une barrière serait construite le long de la frontière irako-syrienne afin de mettre fin à l’infiltration de terroristes en territoire irakien. Une clôture en métal, une clôture en fil de fer barbelé et des tours de guet en béton seront construites le long de la frontière. La clôture sera l’objet de patrouilles et sera équipée de caméras thermosensibles (Agence de presse irakienne, 30 juin 2018).

[1] Selon un reportage du quotidien russe Kommersant, les Russes informent à l'avance "leurs partenaires" (une référence aux États-Unis et à Israël) des activités de soutien aérien qu'ils comptent mener (Kommersant, 25 juin 2018).
[2] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 10 janvier 2018 intitulé "A series of attacks against the Russian bases in Hmeymim and Tartus (Updated to January 10, 2018)", à l'adresse https://www.terrorism-info.org.il/en/series-attacks-russian-bases-hmeymim-tartus-updated-january-10-2018/

[3] Des combats sont toujours en cours près du village de Tafas (Al-Mayadeen, 2 juillet 2018). Par conséquent, le rapport syrien sur l'accord de cession qui a été conclu peut être inexact. Les organisations rebelles ont annoncé qu'elles avaient tué 45 soldats de l'armée syrienne et des milices qui la soutiennent dans la région de Tafas (Agence de presse Khotwa, 3 juillet 2018).

[4] Il n'y a aucune référence aux milices chiites dans les médias iraniens. Les reportages des médias iraniens sur l'offensive dans le Sud de la Syrie sont informatifs.

[5] Dhu al-Fiqar est le nom donné à une épée à deux tranchants qui, selon la tradition musulmane, a été donnée à l'Imam Ali bin Abi Taleb par le prophète Mahomet.

[6] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 12 mars 2014 intitulé "Shi’ite Foreign Fighters in Syria", à l'adresse https://www.terrorism-info.org.il/en/20631/

[7] Al-Set Zaynab était la fille bien-aimée de l'imam Ali bin Abi Talib, fondateur de l'islam chiite et petit-fils du prophète Mahomet. La tombe est un lieu de pèlerinage pour les chiites du monde entier.

[8] Voir notre article "Pleins feux sur le jihad -17- 21 juin 2018".