Pleins feux sur le jihad mondial (24-30 mai 2018)

Colonne de chars de l'armée syrienne se dirigeant vers Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018).

Colonne de chars de l'armée syrienne se dirigeant vers Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018).

Un homme exécuté par un membre de l'armée de Khaled bin Al-Walid pour avoir

Un homme exécuté par un membre de l'armée de Khaled bin Al-Walid pour avoir "abandonné l'islam" dans le village d'Al-Shajara (Haqq, 27 mai 2018)

Membres de la police islamique de l'armée de Khaled bin Al-Walid battant des vendeurs de cigarettes (Haqq, 22 mai 2018).

Membres de la police islamique de l'armée de Khaled bin Al-Walid battant des vendeurs de cigarettes (Haqq, 22 mai 2018).

Véhicule de l'Etat islamique, détruit par l'armée syrienne dans la zone rurale d'Al-Mayadeen (SANA, 23 mai 2018)

Véhicule de l'Etat islamique, détruit par l'armée syrienne dans la zone rurale d'Al-Mayadeen (SANA, 23 mai 2018)

Convoi de la police irakienne lors d'une opération de sécurité (Agence de presse irakienne, 26 mai 2018)

Convoi de la police irakienne lors d'une opération de sécurité (Agence de presse irakienne, 26 mai 2018)

Principaux événements
  • Après la reprise des quartiers Sud de Damas des mains de l’Etat islamique et le nettoyage de toute la région de Damas, la reprise du Sud-Ouest de la Syrie par les organisations rebelles (y compris l’Etat islamique et le Siège de Libération d’Al-Sham) est maintenant à l’ordre du jour. Dans le cadre de la campagne prévue, cette semaine, l’armée syrienne a envoyé des forces à grande échelle vers Daraa et les hauteurs syriennes du Golan. Les organisations rebelles, pour leur part, ont uni leurs forces pour former un cadre “L’Armée du secours” en prévision de l’attaque.
  • La campagne imminente dans le Sud-Ouest de la Syrie a suscité de nombreuses réactions au niveau politique, en raison de la proximité des zones de contrôle des forces rebelles à la frontière syrienne avec Israël et la Jordanie. Les Etats-Unis ont annoncé qu’ils étaient préoccupés par les préparatifs du régime syrien pour la reprise du Sud-Ouest de la Syrie et ont averti la Syrie de ne pas attaquer et rompre le fragile statu quo. Le ministre russe des Affaires étrangères a noté que l’accord initial visant à établir une zone de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie incluait le retrait de toutes les forces “non syriennes”, de sorte que du côté syrien de la frontière israélo-syrienne se trouvent uniquement les forces du régime syrien (l’Iran et le Hezbollah ne seraient pas autorisés à se déployer sur les hauteurs syriennes du Golan).
  • À la lumière de ce qui précède, des pourparlers sont apparemment en cours entre la Russie et les États-Unis et d’autres parties, dans le but de parvenir à un arrangement sur toutes les questions relatives à la situation dans le Sud-Ouest de la Syrie. L’agence de presse russe Sputnik a rapporté que dans un délai d’une semaine maximum, une réunion tripartite entre la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie pourrait avoir lieu pour discuter de toutes les questions liées à la zone de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie. L’agence de presse cite une “source informée” disant que pour garantir qu’aucun “militant” ou acteur iranien n’entrera dans cette zone, la police militaire russe et “l’opposition locale” y maintiendront une présence. L’opposition (cf., les organisations rebelles) remettra toutes ses armes lourdes à la Russie (Agence de presse russe Spoutnik, 29 mai 2018).
Les Etats-Unis et la Russie
Déclarations américaines et russes au sujet de l’activité du régime d’Assad au Sud de la Syrie

Etats-Unis

  • Le Département d’État américain s’est déclaré préoccupé par les informations sur les préparatifs du régime syrien pour la reprise du Sud-Ouest de la Syrie. Les Etats-Unis ont averti la Syrie de ne pas attaquer la région par crainte que la mesure ne nuise au statu quo sensible et ne viole l’accord de cessez-le-feu conclu il y a un an par les Etats-Unis, la Russie et la Jordanie.[1] Heather Nauert, porte-parole du Département d’Etat américain, a déclaré que les Etats-Unis étaient déterminés à maintenir la stabilité dans les zones de désescalade et le cessez-le-feu sous-jacent, notant que les Etats-Unis prendraient des mesures fermes et appropriées en réponse aux violations du régime d’Assad. Nauert a noté que la Russie avait promis au Conseil de sécurité de l’ONU de maintenir le cessez-le-feu dans les zones de désescalade établies. Elle a ajouté qu’en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie est obligée d’utiliser son avantage diplomatique et militaire sur le régime d’Assad pour arrêter les attaques et forcer le régime à s’abstenir de nouvelles attaques militaires (Site Internet du Département d’Etat américain, 25 mai 2018).

Russie

  • Se référant au Sud de la Syrie et à la frontière avec Israël, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que l’accord initial visant à établir une zone de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie incluait le retrait de toutes les forces non syriennes. Selon lui, ce retrait devrait aboutir à une situation dans laquelle [seules] les forces du régime syrien seraient du côté syrien de la frontière israélo-syrienne. Lavrov a ajouté que cette approche corrobore l’accord visant à établir la zone de désescalade (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 28 mai 018). Lavrov n’a pas mentionné explicitement l’Iran et le Hezbollah.
  • Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, interrogé par les médias russes sur la position de la Syrie sur les demandes russes de retirer toutes les forces étrangères syriennes (y compris l’Iran et le Hezbollah), a déclaré que l’Iran et le Hezbollah étaient venus en Syrie avec d’autres alliés de la Syrie, y compris la Russie, suite à la demande d’aide du régime syrien dans la guerre contre le terrorisme. Selon Mekdad, ces forces sont opposées au terrorisme, ne sont pas intéressées à violer la souveraineté de la Syrie et opèrent en coordination avec le régime du pays. Selon lui, lorsque la Russie a parlé du retrait des forces étrangères de la Syrie, cela ne signifiait pas les forces qui sont arrivées à la demande du régime syrien, puisque c’est uniquement l’affaire de la Syrie. Il a précisé que cela visait apparemment les forces qui se trouvent illégalement en Syrie, comme les États-Unis, la France et la Turquie. Ces forces, selon lui, sont considérées comme des envahisseurs qui soutiennent directement le terrorisme (RIA, 23 mai 2018).
Syrie
  • Après la reprise des quartiers Sud de Damas, le régime syrien a concentré son attention sur la campagne de reprise du Sud-Ouest de la Syrie. Dans les régions de Daraa et du Golan syrien, les forces rebelles, y compris le Siège de Libération d’Al-Sham, sont déployées, tandis que l’armée de Khaled bin al-Walid, proche de l’Etat islamique, est déployée dans le bassin de Yarmouk. Les préparatifs de reprise de ces régions suscitent de nombreuses réactions au niveau politique en raison de la proximité des zones de contrôle des rebelles à la frontière syrienne et israélienne et à la frontière entre la Syrie et la Jordanie et de l’impact de cette proximité sur les intérêts russes, américains, israéliens et jordaniens.
L’armée syrienne et les forces qui la soutiennent
  • Dans le cadre de la campagne prévue, l’armée syrienne a commencé à déployer des forces à grande échelle dans le Sud-Ouest de la Syrie. Parmi les forces déployées, se trouvent la Division 4, la Division blindée 5, la Division des forces spéciales 15 et les “forces du tigre” du colonel Suheil Hassan. Ces forces sont soutenues par les Gardiens de la révolution iraniens, la Brigade Quds palestinienne et d’autres milices (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018).
 Colonne des forces de l'armée syrienne en route vers Daraa (Twitter, 26 mai 2018)   onne de chars de l'armée syrienne se dirigeant vers Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018).
Droite : Colonne de chars de l’armée syrienne se dirigeant vers Daraa (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018). Gauche : Colonne des forces de l’armée syrienne en route vers Daraa (Twitter, 26 mai 2018)
  • Selon les médias syriens, pour la première phase de la campagne prévue dans les régions de Daraa et des hauteurs syriennes du Golan, l’armée syrienne s’est fixé trois objectifs principaux (Enab Baladi, 27 mai 2018, Al-Arabiya Al-Hadath, 28 mai 2018) :
    • Reprendre le terminal de Nusaib entre la Syrie et la Jordanie (environ 11 km au Sud-Est de Daraa). L’armée syrienne est située dans le village de Khirbat Ghazalah, à environ 20 km au Nord du terminal de Nusaib. La Division 4 est censée reprendre le terminal (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 28 mai 2018).
    • Reprendre Tell Al-Hara, sur le plateau du Golan syrien, à environ 12 km à l’Est de la frontière syrienne avec Israël. Selon des informations, une force de la Division 4 et une force de la Brigade Al-Quds sont récemment arrivées dans la province de Quneitra pour participer à la campagne (29 mai 2018).
    • Reprendre le village de Basr al-Harir, à environ 30 km au Nord-Est de Daraa, à l’Est de la route entre Daraa et Damas.
  • Ce rapport, s’il est confirmé, indique l’intention du régime syrien de couper les organisations rebelles de la région de Damas, de couper l’Armée syrienne libre de l’arrière-pays jordanien et d’isoler les rebelles à Al-Lejah. Ces objectifs seront atteints en reprenant les sites dominants et les zones essentielles dans les régions de Daraa et du plateau central du Golan syrien.

Les organisations rebelles

  • Dans le Sud de la Syrie (le “Front du Sud”), environ 35 000 membres des organisations rebelles sont déployés (Al-Araby Al-Jadeed, 29 mai 2018). Apparemment, les deux organisations clés sont l‘Armée syrienne libre et le Siège de Libération d’Al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra). Compte tenu des préparatifs effectués par l’armée syrienne avant le début de la campagne dans le Sud-Ouest de la Syrie, plusieurs organisations rebelles opérant dans les provinces de Daraa et de Quneitra ont décidé d’unir leurs forces sous le nom “d’Armée du Secours” (Qasiyoun, 27 mai 2018).

L’armée de Khaled bin al-Walid

  • On estime que dans la région, environ 1 200 membres de l’armée de Khaled bin Al-Walid, affiliée à l’EI, contrôlent le bassin de Yarmouk (Al-Watan News, 24 novembre 2018). Ces membres sont constamment en conflit avec les autres organisations rebelles, principalement l’Armée syrienne libre. Dans la zone du bassin de Yarmouk, l’Etat islamique a pris le contrôle de la population civile, à laquelle il impose la loi islamique (Sharia) selon sa propre interprétation stricte. L’organisation affirme que dans le bassin de Yarmouk, elle gère 34 écoles, avec 6 000 étudiants (Haqq, 23 mai 2018).

Fouilles des quartiers repris au Sud de Damas

  • Après avoir repris les quartiers Sud de Damas de l’Etat islamique et des autres organisations rebelles, des unités de l’armée syrienne ont commencé à les fouiller. Lors des perquisitions dans le camp de réfugiés de Yarmouk, un vaste réseau de tunnels a été découvert dans des bâtiments résidentiels et des écoles, où des membres de l’Etat islamique ont caché des armes et des munitions (SANA, 24 mai 2018). Dans le même temps, des démineurs de l’armée russe ont neutralisé des engins piégés improvisés dans le camp de réfugiés et un grand nombre de bâtiments piégés (TASS, 25 mai 2018).
Est de la Syrie

Poursuite de l’opération “Al-Jazeera Storm”

  •  Dans le cadre de l’opération Al-Jazeera Storm, les forces des FDS ont pris le contrôle d’une station de radio occupée par l’Etat islamique près du village de Hajin, à environ 26 km au Nord d’Abu Kamal, sur la rive Est de l’Euphrate. Dans une vidéo qu’ils ont publiée, les combattants des FDS sont vus dans l’enceinte de la station de radiodiffusion, qui comprend deux bâtiments et deux tours de transmission, dont l’une surplombe l’Euphrate (Twitter, 24 mai 2018).
  • Le 25 mai 2018, l’armée irakienne a rapporté que des avions de combat irakiens F-16 avaient effectué des frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique autour du village de Hajin (à environ 26 km au Nord d’Abu Kamal, en territoire syrien). Les cibles détruites étaient un quartier général et un dépôt de roquettes où plusieurs membres de l’Etat islamique étaient présents, et une position des membres de l’Etat islamique dans la région (Al-Sumaria, 25 mai 2018). Récemment, l’armée de l’air irakienne a mené plusieurs frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique en territoire syrien.

Le secteur de Deir ez-Zor

  • Le 27 mai 2018, le ministère russe de la Défense a signalé qu’un certain nombre de “terroristes” (cf., des membres de l’Etat islamique) avaient attaqué une batterie d’artillerie des forces syriennes dans la région de Deir ez-Zor. Des combats ont éclaté entre les forces syriennes et russes dans la région et les “terroristes”. Les forces syriennes et russes ont tué 43 terroristes et détruit six véhicules transportant des armes lourdes. Quatre soldats russes (dont deux conseillers militaires) ont été tués lors de l’attaque, et trois autres ont été blessés (site Internet Zvezda, propriété du ministère russe de la Défense, 27 mai 2018).
  • Selon des informations officieuses publiées dans les médias russes, les membres de l’Etat islamique (qui pourraient avoir été renforcés par des membres du camp de réfugiés de Yarmouk) étaient responsables de l’attaque. ראש הטופסSelon une autre version dans les médias russes, il est possible que les forces de l’Armée syrienne libre soient derrière l’attaque (dans le passé, l’Armée syrienne libre n’était pas active dans la région) (Komsomolskaya Pravda, 28 mai 2018). Selon des informations non officielles publiées dans les médias russes, 91 soldats russes ont été tués en Syrie depuis le début de la participation russe. La plupart d’entre eux (50 soldats) ont été tués dans les cinq mois qui se sont écoulés depuis l’annonce du retrait des forces russes de la Syrie (Kommersant, 27 mai 2018).

La zone désertique dans la région d’Al-Mayadeen

  • Dans les déserts à l’Ouest d’Abu Kamal et d’Al-Mayadeen, des affrontements locaux ont eu lieu entre l’Etat islamique et l’armée syrienne. Au total, 76 soldats de l’armée syrienne auraient été tués en cinq jours (Observatoire syrien des droits de l’homme, 27 mai 2018). Plusieurs soldats ont été capturés par l’Etat islamique. Pendant les affrontements, l’Etat islamique a utilisé des terroristes suicide équipés de ceintures explosives qui ont également fait exploser des voitures piégées. L’organisation a également subi des pertes lors des affrontements (Observatoire syrien des droits de l’homme, 26 mai 2018).
  • Des photos d’officiers de l’armée syrienne tués lors d’une attaque de l’Etat islamique contre une position dans le désert d’Al-Mayadeen sont apparues dans les médias sociaux (Twitter, 24 mai 2018). Un officier avec le grade de major général est apparu dans une vidéo publiée par des sources syriennes. L’officier a noté que dans l’une des attaques menées par l’Etat islamique contre une position de l’armée syrienne dans la zone rurale d’Al-Mayadeen, une dizaine de membres de l’Etat islamique ont été tués et de nombreux autres blessés. Un autre officier, avec le grade de général de brigade, a noté que parmi les membres de l’Etat islamique tués, il y avait des Arabes, des Tchétchènes et des ressortissants d’autres pays (SANA, 23 mai 2018).
Char de l'armée syrienne et position dans la zone rurale d'Al-Mayadeen (SANA, 23 mai 2018)   Trois officiers syriens, avec les rangs de lieutenant et de sous-lieutenant, tués dans une attaque de membres de l'Etat islamique contre leur position dans le désert d'Al-Mayadeen (Twitter, 24 mai 2018).
 Droite : Trois officiers syriens, avec les rangs de lieutenant et de sous-lieutenant, tués dans une attaque de membres de l’Etat islamique contre leur position dans le désert d’Al-Mayadeen (Twitter, 24 mai 2018). Gauche : Char de l’armée syrienne et position dans la zone rurale d’Al-Mayadeen (SANA, 23 mai 2018)

La frontière syro-irakienne

  • Selon des informations parues dans les médias arabes, des membres du Hezbollah et des forces des Gardiens de la révolution iranienne ont commencé à se déployer dans la zone frontalière entre la Syrie et l’Irak afin de repousser les attaques de l’Etat islamique contre les forces syriennes. Les forces déployées auraient demandé le soutien de la Mobilisation populaire (chiite). Dans le cadre de ces efforts, des points de contrôle conjoints syro-irakiens ont été installés à Abu Kamal (Al-Sharq Al-Awsat, 25 mai 2018).

Arrestation d’un responsable de l’Etat islamique dans la région d’Al-Raqqah

  • Les forces des FDS ont rapporté que des unités spéciales du renseignement militaire avaient arrêté plusieurs membres de l’Etat islamique, dont un commandant en chef et sa femme. Le commandant, un citoyen français, était sur le point de fuir la Syrie alors qu’il se rendait en Turquie, et de là vers l’Europe (SDF Press, 24 mai 2018). Le détenu est Adrien Lionel Kayali, alias
  •  Abu Oussama le Français. Il a été impliqué dans les attentats terroristes de Paris le 13 novembre 2015 et dans l’attentat à la bombe de Nice le 14 juillet 2016, et a été considéré comme l’un des membres les plus dangereux de l’Etat islamique. Il est né en France en 1983, s’est converti à l’islam en 2003 et a été influencé par l’idéologie jihadiste. En 2010, il a été détenu en France pour appartenance à une organisation terroriste, mais a été libéré. Il est entré en Syrie le 6 mars 2015, via la Turquie, et a rejoint l’Etat islamique (SDF Press, 24 mai 2018).
Adrien Lionel Kayali, ressortissant français de l'Etat islamique, arrêté par les forces des FDS en Syrie (SDF Press, 24 mai 2018)   Adrien Lionel Kayali, ressortissant français de l'Etat islamique, arrêté par les forces des FDS en Syrie (SDF Press, 24 mai 2018)
Adrien Lionel Kayali, ressortissant français de l’Etat islamique, arrêté par les forces des FDS en Syrie (SDF Press, 24 mai 2018)

Les forces des FDS effectuent une vérification par un dispositif de reconnaissance faciale, tentant de localiser des membres de l'Etat islamique qui fuient la Syrie vers la Turquie (Al-Masdar News, 22 mai 2018)
Les forces des FDS effectuent une vérification par un dispositif de reconnaissance faciale, tentant de localiser des membres de l’Etat islamique qui fuient la Syrie vers la Turquie (Al-Masdar News, 22 mai 2018)

Région d’Idlib

  • Le 27 mai 2018, il a été signalé qu’une voiture piégée avait explosé près d’un quartier général du Siège de Libération d’Al-Sham, dans la banlieue Ouest d’Idlib. Sept personnes ont été tuées et 30 autres blessées (Mourasiloun, 27 mai 2018).
  • Le 27 mai 2018, il a été rapporté que des avions de l’armée de l’air syrienne avaient largué des tracts sur la zone rurale au Nord d’Idlib, appelant les “militants” d’Idlib [des membres du Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations rebelles] à “déterminer leur propre destin” [cf., à se rendre]. Certains des tracts montrent des corps d’individus armés tués dans des affrontements avec l’armée syrienne (Mourasiloun, 27 mai 2018).

Tracts appelant des membres des forces armées d'Idlib à se rendre (Mourasiloun, 27 mai 2018)
Tracts appelant des membres des forces armées d’Idlib à se rendre (Mourasiloun, 27 mai 2018)

Principaux développements en Irak
Attentats de l’Etat islamique en Irak
  • Voici quelques-unes des attaques les plus importantes menées cette semaine par l’Etat islamique, y compris des attentats suicide :
  • Abu Omar al Ansari s’est fait exploser avec une ceinture explosive parmi un rassemblement de chiites et de membres des forces de sécurité dans la région d’Al-Shu’lah (Nord-Ouest de Bagdad). En conséquence, selon l’organisation, 15 personnes ont été tuées, y compris un officier du renseignement militaire. Au moins 19 autres personnes ont été blessées (Haqq, 24 mai 2018). Selon des sources irakiennes, un terroriste a tenté d’entrer dans un parc où il y avait des familles mais a été arrêté par la police. Selon les sources, deux personnes ont été tuées dans l’attaque, dont un officier des renseignements militaires, et 17 personnes ont été blessées (Al-Sumaria News, 24 mai 2018).
Le responsable des renseignements militaires dans la région d'Al-Ghazaliyah (Nord-Ouest de Bagdad), tué dans l'attentat-suicide (Haqq, 24 mai 2018)   Véhicule de sécurité sur les lieux de l'attentat-suicide dans la région d'Al-Shu'lah à Bagdad.
Droite : Véhicule de sécurité sur les lieux de l’attentat-suicide dans la région d’Al-Shu’lah à Bagdad. Gauche : Le responsable des renseignements militaires dans la région d’Al-Ghazaliyah (Nord-Ouest de Bagdad), tué dans l’attentat-suicide (Haqq, 24 mai 2018)
  • Selon l’agence de presse Amaq, les membres de l’Etat islamique ont tendu une embuscade à un véhicule militaire à environ 15 km au Sud-Est de Samarra. Un officier et deux agents de la Mobilisation populaire ont été tués dans l’attaque. Un autre agent a été blessé (Haqq, 26 mai 2018).
  • Selon une “source de sécurité” dans la province de Salah al-Din, deux hauts commandants de police ont été tués lors de l’explosion d’un engin explosif improvisé. L’explosion s’est produite lors d’une perquisition effectuée dans la région d’Al-Mutaybijah, à environ 66 km au Nord de Baqubah (Al-Sumaria, compte Twitter Islam Chali @IslamPeshmerga, 26 mai 2018).
Commandant de la police Samir Salih al-Hizaei (Compte Twitter Islam Chali @IslamPeshmerga, 26 mai 2018)   Mohammad Hamash al-Jabouri, commandant de la police du district d'Al-'Elem (Compte Twitter Islam Chali @IslamPeshmerga, 26 mai 2018)
Les deux commandants de police tués par l’Etat islamique. Droite : Mohammad Hamash al-Jabouri, commandant de la police du district d’Al-‘Elem (Compte Twitter Islam Chali @IslamPeshmerga, 26 mai 2018) Gauche: Commandant de la police Samir Salih al-Hizaei (Compte Twitter Islam Chali @IslamPeshmerga, 26 mai 2018)
  • Province de Kirkuk :
    • L’agence de presse Amaq de l’Etat islamique a annoncé le meurtre d’un policier et les blessures de deux autres dans une embuscade tendue par l’Etat islamique près du village d’Al-Safrah, à environ 55 km au Sud-Ouest de Kirkuk (Haqq, 26 mai 2018).
    • Huit membres de l’Etat islamique se sont fait exploser près du village d’Al-Ja’fariya, à 45 km au Sud-Ouest de Kirkuk, après avoir été encerclés par les forces de la Mobilisation populaire. En conséquence, quatre membres de la Mobilisation populaire ont été blessés (Al-Sumaria News, 24 mai 2018).
Atteintes aux infrastructures et aux champs de blé
  • Le 24 mai 2018, des membres de l’Etat islamique ont coupé le réseau électrique qui fournissait de l’électricité aux villes de Hawija, Tikrit et Baiji après que ses membres ont attaqué deux lignes principales. Une équipe d’ingénieurs de l’armée irakienne n’a été en mesure de réparer qu’une seule des lignes électriques fournissant de l’électricité à Tikrit (Al-Sumaria, 25 mai 2018, Kurdistan 24, 25 mai 2018). Selon Ahmad al-Zarkoushi, directeur du district d’Al-Saadiya (environ 60 km au Nord-Est de Baqubah), les membres de l’Etat islamique ont tenté de mettre le feu aux cultures de blé. Les forces de sécurité irakiennes et les forces de la Mobilisation populaire, ainsi que des civils et des pompiers, ont réussi à éteindre l’incendie en peu de temps (Al-Sumaria News, 26 mai 2018).
Activités antiterroristes des forces de sécurité irakiennes
  • Le 24 mai 2018, l’armée irakienne a annoncé que trois membres de l’Etat islamique avaient été tués dans des affrontements avec des renseignements militaires irakiens alors qu’ils étaient en route pour infiltrer l’un des villages du district de Jalawla, à environ 76 km au Nord-Est de Baqubah. Un quatrième terroriste s’est fait exploser. En conséquence, deux civils ont été tués (Twitter, 24 mai 2018)

Le corps d'un des membres de l'Etat islamique tué dans le district de Jalawla au nord-est de Baqubah (Twitter, 24 mai 2018)
Le corps d’un des membres de l’Etat islamique tué dans le district de Jalawla au nord-est de Baqubah (Twitter, 24 mai 2018)

  • Les forces de sécurité irakiennes ont mené d’importantes opérations de sécurité contre l’Etat islamique dans la zone d’Al-Mutaybijah, à quelque 66 km au Nord de Baqubah. L’opération s’est terminée deux jours plus tard, et tous les objectifs auraient été atteints. Selon les rapports, des cachettes et un atelier d’explosifs ont été détruits et des engins piégés ont été neutralisés (Agence de presse irakienne, 28 mai 2018).

Soldats de l'armée irakienne lors d'une opération de sécurité (Al-Sumaria News, 26 mai 2018)
Soldats de l’armée irakienne lors d’une opération de sécurité (Al-Sumaria News, 26 mai 2018)

L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Poursuite de l’Opération Sinaï 2018
  • Le 29 mai 2018, le porte-parole des forces armées égyptiennes a annoncé (“Avis n°23”) que huit “terroristes” avaient été tués dans des affrontements dans le Nord et le Centre du Sinaï. Des avions de l’armée de l’air égyptienne ont détruit deux véhicules contenant des armes et des munitions qui avaient tenté d’entrer illégalement en Égypte sur la frontière occidentale (avec la Libye). 64 personnes ont été arrêtées sur des accusations criminelles et sur des soupçons de terrorisme. Des munitions, des uniformes militaires, de l’argent liquide, des appareils de communication sans fil, un ordinateur portable, une caméra et des conteneurs contenant des explosifs ont été découverts dans le Centre du Sinaï. Au total, 20 véhicules de différents types et 79 motocyclettes sans plaque d’immatriculation ont été trouvés et détruits; 15 engins piégés ont été détectés et neutralisés; 80 cachettes contenant des engins piégés, des munitions et des fournitures ont été détruites. Dans une zone désertique au Sud de Matrouh, dans le Nord-Ouest de l’Egypte, les forces de patrouille frontalières égyptiennes ont découvert une cache de 544 pistolets, trois fusils d’assaut et fusils de sniper, trois fusils et munitions (Al-Masry al-Youm, 29 mai 2018).
Un journaliste égyptien : L’Opération Sinaï 2018 a franchi une étape décisive
  • Karam Gaber, journaliste égyptien, a écrit un article dans le quotidien Al-Akhbar (29 mai) affirmant que l‘Opération Sinaï 2018 a franchi une étape décisive. Selon lui, les terroristes ne peuvent plus mener des “attaques efficaces” mais seulement des explosions aléatoires, dans lesquelles quelques victimes sont tuées. Selon lui, le nettoyage du Sinaï se passe bien et donne de bons résultats sur le terrain. Il a également noté que le “plan de sécurité” mis en œuvre pendant l’opération comprenait la création d’une zone “stérile” sûre autour d’endroits stratégiques tels que l’aéroport d’Al-Arish. Les actions de l’armée sont menées lentement en raison du désir d’assurer la sécurité des civils parmi lesquels les terroristes se cachent. Il a souligné que la situation dans la péninsule du Sinaï ne serait calme que lorsqu’elle serait complètement épongée par la présence de terroristes.
Activités du jihad dans d’autres pays
Attaque à l’arme blanche et fusillade en Belgique
  • Le 29 mai 2018, vers 10h30 du matin, un homme a approché deux policières de la ville belge de Liège, les a poignardées, a saisi leurs armes de poing et leur a tiré dessus. Il a ensuite ouvert le feu et tué un homme de 22 ans qui était assis dans sa voiture en stationnement et s’est enfui vers l’école voisine. La force antiterroriste appelée sur les lieux a échangé des tirs avec l’attaquant. Il a été tué et plusieurs policiers ont été blessés. Le procureur fédéral belge a déclaré qu’il considérait l’incident comme une attaque terroriste (AP, 29 mai 2018, The Guardian, 29 mai 2018).
  • L’agresseur, Benjamin Herman, 31 ans, originaire de Belgique, a été filmé en train de crier “Allahu Akbar”. Il avait purgé une peine de prison pour vol, agression et drogue et avait été radicalisé pendant son incarcération (AP, 29 mai 2018; , 29 mai 2018). Jusqu’à présent, personne n’a revendiqué la responsabilité de l’attaque, mais il est possible que ce soit une attaque inspirée de l’Etat islamique.
Recrutement de combattants étrangers au Parti islamique du Turkistan
  • Selon des informations, le Parti islamique du Turkistan a récemment commencé à imiter l’Etat islamique et Al-Qaïda et à recruter des combattants étrangers dans ses rangs. Jusqu’à récemment, tous les membres de l’organisation étaient des Ouïghours. Il y a environ deux ans, un petit cadre de bataillon a été établi, appelé “Supporters of Turkistan”, comprenant des combattants de ce qui restait de l’armée Al-Aqsa, principalement des Syriens, et un petit nombre de ressortissants étrangers. Il apparaît maintenant que l’organisation est sur le point de suivre les traces de la mondialisation du jihad et d’étendre le recrutement à ses rangs. Le 21 mai 2018, la fondation des médias de l’organisation Sawt al-Islam a publié une vidéo intitulée “La migration vers Allah”, qui s’adresse aux activistes d’Occident. La vidéo montre des combattants canadiens et marocains et trois Français faisant l’éloge du jihad. Dans le passé, les vidéos produites par l’organisation ne s’adressaient qu’aux Ouïghours et aux Turcs. Selon Le Figaro, la vidéo est très similaire aux vidéos de propagande de l’Etat islamique appelant les Français à rejoindre ses rangs (Al-Akhbar, Liban, 23 mai 2018).
Activités de contreterrorisme
Détention et libération de membres de l’Etat islamique et de femmes qui avaient rejoint l’organisation avec leurs maris
  • Dix femmes égyptiennes ayant rejoint les rangs de l’Etat islamique en Irak et en Syrie avec leurs maris sont arrivées en Turquie et ont contacté l’ambassade d’Egypte à Ankara afin de retourner en Egypte. Les autorités égyptiennes les ont interrogées et libérées, leur permettant de rentrer chez elles. Les femmes font partie d’un groupe de citoyens égyptiens qui ont fui l’Etat islamique en Turquie (Al-Dustour, 21 mai 2018).
  • La police turque à Istanbul a arrêté 51 étrangers soupçonnés d’appartenir à l’Etat islamique. Les suspects auraient eu l’intention de se rendre dans les zones de combat en Syrie (Reuters, 25 mai 2018).

[1] Le 9 juillet 2017, un accord de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie (dans les régions de Daraa, As-Suwayda et Quneitra) est entré en vigueur. Les parties liées à l'accord étaient les États-Unis, la Russie et la Jordanie. Le 8 novembre 2017, un mémorandum de principes a été signé à Amman entre les États-Unis, la Russie et la Jordanie, établissant un mécanisme de mise en œuvre de l'accord de désescalade. Le mémorandum stipulait, entre autres, que pour renforcer le cessez-le-feu dans le Sud-Ouest de la Syrie, les forces étrangères devaient être réduites et finalement retirées de la région (Site Internet du Département d'Etat américain et site Internet du Kremlin, 11 octobre 2017).