Pleins feux sur le jihad mondial (24-30 août 2017)

Combattant de la police fédérale irakienne et soldats de l'armée irakienne célébrant la reprise de la ville (Compte Twitter, 28 août 2017)

Combattant de la police fédérale irakienne et soldats de l'armée irakienne célébrant la reprise de la ville (Compte Twitter, 28 août 2017)

Igor Korobov, chef du renseignement de l'armée russe et vice chef d'état-major au

Igor Korobov, chef du renseignement de l'armée russe et vice chef d'état-major au "Forum militaire et technique 2017"

La réunion de promotion de la réconciliation qui a eu lieu à Darra (Site Internet de l'Etoile rouge, 26 août 2017).

La réunion de promotion de la réconciliation qui a eu lieu à Darra (Site Internet de l'Etoile rouge, 26 août 2017).

Membres de l'Etat islamique brandissant le drapeau de l'organisation sur l'une des positions de l'armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017)

Membres de l'Etat islamique brandissant le drapeau de l'organisation sur l'une des positions de l'armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017)

Le Secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah annonce la

Le Secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah annonce la "deuxième libération" (Al Manar, 29 août 2017)

La mosquée chiite de l'Imam Zaman à Kaboul, visée par un attentat suicide (Afghanistan Times, 27 août 2017)

La mosquée chiite de l'Imam Zaman à Kaboul, visée par un attentat suicide (Afghanistan Times, 27 août 2017)

Le terroriste de l'Etat islamique Abu Al-Lieth de Cordoue appelle les musulmans à commettre le jihad là où qu'ils vivent.

Le terroriste de l'Etat islamique Abu Al-Lieth de Cordoue appelle les musulmans à commettre le jihad là où qu'ils vivent.

Principaux événements de la semaine
  • Cette semaine, l’État islamique a subi deux revers, qui s’ajoutent à une série d’échecs :
    • L’organisation a été forcée d’accepter un cessez-le-feu avec le Hezbollah, en vertu duquel elle a évacué ses membres des montagnes Qalamoun à l’Ouest (frontière syro-libanaise). Les membres ont été transférés vers l’Est, apparemment vers la ville d’Abu Kamal, qui est contrôlée par l’Etat islamique. Hassan Nasrallah a prononcé un discours de “victoire” dans lequel il a souligné que la sécurité du Liban n’est plus menacée et que c’est un “jour historique pour le Liban, pour la région, pour le Hezbollah et pour l’armée syrienne”.
    • La ville de Tal Afar, à l’Ouest de Mossoul, est tombée dans la semaine entre les mains des forces irakiennes et de la “Mobilisation populaire” (milices chiites commanditées par l’Iran) grâce à une planification rigoureuse, à la participation de forces nombreuses à la campagne et à la baisse de moral de l’Etat islamique. Les forces irakiennes sont en train de terminer les opérations de ratissage pour éradiquer l’organisation de la région de Tal Afar, afin de créer une continuité de contrôle le long de la frontière irako-syrienne.
  • Alors que l’Etat islamique fait face à des pressions croissantes en Syrie et en Irak, ses partisans à travers le monde poursuivent leurs efforts pour mener des attaques. Cette semaine, deux attaques à l’arme blanche ont été commises en Belgique, ainsi qu’un attentat suicide dans une mosquée chiite en Afghanistan, et une attaque à l’arme blanche au Daguestan. Les médias de l’organisation ont salué le succès de l’attaque de Barcelone et ont appelé à commettre d’autres attaques contre l’Espagne et à multiplier les attaques contre les pays européens.
L’implication de la Russie en Syrie
  • Le “Forum international militaire et technique 2017” a été organisé à Moscou du 22 au 27 août. De hauts responsables militaires ont fait référence au rôle de la Russie en Syrie :
    • Alexander Novikov, chef du Bureau pour le développement des drones de l’état-major russe, [1] a déclaré au forum que le réseau d’UAV créé comprend des avions à petite, moyenne et longue portée qui ont effectué 14 000 sorties au cours des combats (TASS, 25 août 2017).
    • Igor Korobov, chef du renseignement de l’armée russe et vice-chef de l’état-major a déclaré que les organisations terroristes luttant en Syrie utilisent des “essaims tactiques” qui effectuent des bombardements et des attaques surprise contre des unités de l’armée syrienne. Les attaques sont menées par de petits groupes bien formés. Il a ajouté que l’utilisation de ces tactiques de combat crée l’effet d’une attaque soutenue, appliquant une pression et démoralisant l’adversaire, bien que celui-ci soit plus important en nombre. Il a souligné que les organisations terroristes sont capables de faire évoluer leurs tactiques de combat, passant d’une technique de guérilla à des attaques frontales et vice versa (TASS, 25 août 2017).
    • Korobov a également déclaré que selon leurs estimations il n’y a pas plus de 9 000 membres de l’Etat islamique en Syrie. Ils sont désormais concentrés principalement dans le Centre de la Syrie et dans les régions de l’Est de l’Irak, principalement le long de l’Euphrate. Selon lui, la direction de l’Etat islamique considèrent la Syrie comme un tremplin pour sa diffusion dans l’ensemble du Moyen-Orient et d’autres régions du monde (Agence de presse Tass, site Internet du ministère russe de la Défense, 25 août 2017). Selon lui, environ 15 000 terroristes du Front Al-Nusra opèrent en Syrie. Par opposition à l’Etat islamique, le Front Al-Nusra cherche à modifier le régime en Syrie et à établir un régime islamique en Syrie (Site Internet du ministère russe de la Défense, 25 août 2017).
    • Sergei Sorovkin, commandant des forces russes en Syrie, a déclaré qu’au cours des trois derniers mois, les organisations terroristes ont perdu plus de 8 000 hommes et une grande quantité d’armes. Il a ajouté qu’en trois jours, l’armée de l’air russe a détruit 415 installations terroristes en Syrie et a réalisé plus de 160 sorties [2] (TASS, 25 août 2017).
    • Le chef de la direction opérationnelle de l’état-major russe Sergei Rudskoy a déclaré à la conférence que, depuis le début des activités de la Russie en Syrie, l’armée de l’air russe a réalisé plus de 28 000 sorties et environ 90 000 frappes aériennes. Rudskoy a souligné que la campagne militaire russe a porté un coup dur au dispositif logistique des organisations terroristes en Syrie. Les routes d’accès des combattants et les mouvements d’armes ont été bloqués et le soutien économique des organisations terroristes lié à la vente illicite de biens et des installations terroristes vitales ont été endommagés (TASS, 25 août 2017).
Réunions de promotion de la réconciliation dans les zones de désescalade
  • Le 26 août 2017, une réunion a eu lieu à Deraa, organisée par le Centre russe pour la réconciliation syrienne dans les zones de désescalade, en présence de représentants du régime syrien, des organisations rebelles, de responsables locaux (y compris des territoires occupés par les insurgés) et de gouverneurs des provinces de Deraa, Quneitra et Suwayda, concernées par les zones de désescalade. Diverses questions ont été soulevées au cours de l’entretien, telles que la promotion de la réconciliation nationale, l’aide humanitaire, la coopération souhaitée de la population, et la restauration du statu quo ante. Le gouverneur de la province de Deraa Khaled Al-Hanous et un représentant du Centre pour la réconciliation entre les belligérants ont déclaré que la réunion a été un succès. La réunion a également accueilli une conférence vidéo avec de hauts dirigeants des organisations rebelles dans le Sud de la Syrie (Russie 24, site Internet de l’Etoile rouge, Al Watan, 26 août 2017).

La réunion de promotion de la réconciliation qui a eu lieu à Darra (Site Internet de l'Etoile rouge, 26 août 2017).
La réunion de promotion de la réconciliation qui a eu lieu à Darra (Site Internet de l’Etoile rouge, 26 août 2017).

Principaux développements en Syrie
La campagne de reprise d’Al-Raqqah
  • De violents combats ont été signalés à Al-Raqqah, sans aucun changement significatif sur le terrain. Novruz Ahmed, une combattante kurde, a déclaré dans une interview (Reuters, 28 août 2017)
  • Il est impossible de prévoir la date exacte de fin des hostilités. Cependant, les Kurdes/FDS s’attendent à ce que les combats ne durent pas plus de deux mois. Elle croit qu’il y a environ 700 à 1 000 membres de l’Etat islamique à Al-Raqqah, principalement dans le centre-ville. Les FDS ont encerclé les membres de l’Etat islamique et ont pris le contrôle de 60 % de la ville.
  • Environ 15 000 combattants des FDS prennent part à la campagne de reprise d’Al-Raqqah. Le nombre de civils dans la ville est estimé à environ 5 000 – 10000, y compris les familles des membres de l’Etat islamique. Elle a précisé que l’organisation se battra jusqu’à la fin. De nombreux membres de l’Etat islamique restés à Al-Raqqah viennent de l‘étranger et sont exploités pour mener des attentats suicide. Les forces des FDS et leurs alliés ont mis en place un “conseil civil” pour gérer les affaires d’Al-Raqqah après la défaite de l’Etat islamique. Elle a ajouté que les FDS n’ont pas l’intention de rester dans Al-Raqqah après sa libération, à moins d’y être invitées.
  • Les FDS ne prévoient pas d’avancer vers la région de Deir Ez-zor puisque l’ensemble de leurs ressources est consacrée à la lutte pour Al-Raqqah. Elle a ajouté que les FDS ont été appelés à libérer Deir Ez-zor et que ces demandes sont toujours en cours d’examen.

Zone habitée réduite en ruines dans l'un des quartiers de la partie orientale d'Al-Raqqah (Compte Twitter)
Zone habitée réduite en ruines dans l’un des quartiers de la partie orientale d’Al-Raqqah (Compte Twitter)

Attaque de l’Etat islamique contre l’armée syrienne qui avance le long de l’Euphrate
  • L’Etat islamique a lancé une attaque cette semaine, destinée à ralentir la progression de la force syrienne vers Deir Ez-zor le long de l’Euphrate (le long de la route 4). Le 24 août 2017, l’organisation a annoncé avoir repris plus de sept villages de l’armée syrienne au Sud-Est d’Al-Raqqah. Parmi les villages repris se trouve le village de Ghanim al-A’li près de la route 4, qui conduit d’Al-Raqqah vers Deir Ez-zor (voir carte). Selon l’annonce, quelque 27 soldats syriens ont été tués dans l’attaque de l’Etat islamique. Les membres de l’Etat islamique sont arrivés dans la région dans des véhicules tout terrain, certains équipés de mitrailleuses. Une des photos montre également un char de l’Etat islamique (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017). Il a été signalé que les forces syriennes se replient vers la zone au Sud d’Al-Resafa (Khatwa, 24 août 2017).
  • Au cours des affrontements, un terroriste suicide de l’Etat islamique appelé Abu Raji Al-Julani a fait exploser une voiture piégée à un centre de rassemblement de l’armée syrienne à la périphérie du village de Ghanim al-A’li. En conséquence, 58 soldats syriens ont perdu la vie et plusieurs véhicules ont été détruits. Des membres de l’Etat islamique ont saisi des armes et munitions (Akhbar Al-Muslimeen, 24 août 2017). Dans l’une des photos, on aperçoit le terroriste suicide, un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années, s’appuyant sur des béquilles près d’un véhicule tout terrain revêtu de plaques d’acier, utilisé dans l’attaque (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017).
Membres de l'Etat islamique brandissant le drapeau de l'organisation sur l'une des positions de l'armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017)    Tirs de l'Etat islamique sur des forces de l'armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017).
Droite : Tirs de l’Etat islamique sur des forces de l’armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017). Gauche : Membres de l’Etat islamique brandissant le drapeau de l’organisation sur l’une des positions de l’armée syrienne (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017)
Attaque de l’Etat islamique sur des positions de l’armée syrienne et des milices chiites au barrage d’Al-Wa’er, à l’Ouest d’Abu Kamal
  • Le 23 août 2017, des combattants de l’Etat islamique ont attaqué des positions de l’armée syrienne et des milices chiites[3] à Wadi Al-Wa’er, à 106 km à l’Ouest de la ville d’Abu Kamal (qui est sous contrôle de l’Etat islamique). Une trentaine de combattants de l’Etat islamique ont pris part à l’attaque, arrivant dans les véhicules protégés par des plaques de métal (Akhbar Al-Muslimeen, 24 août 2017). Vingt soldats des forces syriennes ont été tués et des dizaines ont été blessés. En outre cinq véhicules militaires ont été détruits, ainsi qu’un lance-roquettes (Aamaq Qasioun, 23 août 2017).
L’accord de cessez-le-feu dans la lutte contre l’Etat islamique à l’Ouest de Qalamoun
  • L’armée libanaise, l’armée syrienne et le Hezbollah ont annoncé qu’un cessez-le-feu a été conclu avec l’Etat islamique et doit entrer en vigueur le 27 août 2017. Selon l’annonce, il s’agit d’un “accord global” censé mettre un terme à la campagne dans l’Ouest des montagnes de Qalamoun. L’accord découle des réalisations de l’armée libanaise, de l’armée syrienne et du Hezbollah, qui ont obligé l’Etat islamique à accepter d’évacuer ses combattants de la frontière syro-libanaise et à les transférer vers la ville d’Abu-Kamal dans l’Est de la Syrie.
  • Ci-après les principaux points de l’accord (Al Manar, Al Mayadeen, Al Nashra, centre d’information du Hezbollah) :
    • L’accord de cessez-le-feu entrera en vigueur à compter du 27 août à 7h heure locale.
    • Les membres de l’Etat islamique rendront leurs armes et seront transférés vers la ville de Deir ez-Zor. Un convoi est censé les transférer vers la ville d’Abu Kamal.
    • L’Etat islamique remettra au Hezbollah les corps de quatre combattants, qui ont été tués dans les batailles de Qalamoun et les corps de deux combattants tués dans les combats dans le désert de Syrie (dans la région de Palmyre). L’organisation informera l’armée libanaise du sort de neuf soldats libanais kidnappés en 2014. [4]
    • L’Etat islamique remettra au Hezbollah un soldat qui avait été fait prisonnier dans les batailles dans le désert de Syrie (région de Palmyre).
  • Le 27 août 2017, le processus de mise en œuvre de l’accord a débuté. Ci-après les principaux développements à ce jour :
    • Le 28 août 2017, l’évacuation des membres de l’Etat islamique et de leur famille de la zone à la frontière entre la Syrie et le Liban a commencé. Ils ont été transférés vers l’Est de la Syrie par des autobus suivis d’ambulances et accompagnés de soldats de l’armée syrienne. Des combattants du Hezbollah ont saisi les positions abandonnées par l’Etat islamique et ont organisé un “défilé de victoire” sur le mont Halima Qarah à l’Ouest de Qalamoun. Les combattants du Hezbollah ont été vus saluant et brandissant les drapeaux du Hezbollah, de la Syrie et du Liban (Reuters, 28 août 2017).
    • Le 27 août 2017, l’armée libanaise à Wadi Al-Dubb, à environ sept kilomètres au Sud d’Aarsal, a annoncé que les corps de huit soldats enlevés par l’Etat islamique ont été découverts. Les corps ont été transférés à un hôpital militaire pour des tests ADN (Site Internet de l’armée libanaise, 27 août 2017). Plus tôt, le 27 août 2017, le Hezbollah a annoncé avoir transmis aux autorités libanaises des informations sur l’emplacement des corps des membres des forces de sécurité libanaises (Compte Twitter, 27 août 2017).
Partie du convoi de transport des membres de l'Etat islamique et de leurs familles des monts de Qarah à l'Ouest de Qalamoun (Télévision syrienne, 28 juillet 2017)  Discours    Défilé du Hezbollah sur le Mont Halima Qarah à l'Ouest de Qalamoun. Les combattants du Hezbollah arborent les drapeaux du Hezbollah, de la Syrie et du Liban (Compte Twitter, 28 août 2017).
Droite : Défilé du Hezbollah sur le Mont Halima Qarah à l’Ouest de Qalamoun. Les combattants du Hezbollah arborent les drapeaux du Hezbollah, de la Syrie et du Liban (Compte Twitter, 28 août 2017).
Gauche : Partie du convoi de transport des membres de l’Etat islamique et de leurs familles des monts de Qarah à l’Ouest de Qalamoun (Télévision syrienne, 28 juillet 2017)
Discours de “victoire” de Hassan Nasrallah
  • Le 28 août 2017, Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a prononcé un “discours de victoire” suite aux accomplissements dans les montagnes de Qalamoun. Dans son discours, il a fait référence aux dirigeants libanais et aux partis qui avaient critiqué l’implication du Hezbollah dans les combats. Nasrallah a souligné une partie des clauses de l’accord avec l’Etat islamique, précisant que la principale réalisation a été le retrait des terroristes hors des montagnes de Qalamoun. Il a déclaré que 670 personnes avaient été évacuées de la zone, dont 331 civils, 26 blessés et 308 membres armés de l’Etat islamique.
  • Hassan Nasrallah a qualifié le retrait des membres de l’Etat islamique de la frontière libano-syrienne de “deuxième libération” (la “première libération” étant le retrait d’Israël de la zone de sécurité le 25 mai 2000). Selon lui, la “deuxième libération”, qui a débuté le 28 août 2017, est un “jour historique pour le Liban, la région, le Hezbollah, l’armée libanaise et l’armée syrienne“. Nasrallah a appelé le peuple libanais et les hommes du Hezbollah à célébrer cette journée. Il a précisé que les membres de l’Etat islamique avaient occupé une large bande le long de la frontière montagneuse et faisaient peser une menace à la sécurité du Liban puisqu’ils avaient prévu de lancer des attaques sur son sol. Selon lui, il n’y a désormais “plus de membres de l’Etat islamique ni du Front Al-Nusra au sein du territoire libanais” (Al Manar, 28 août 2017).
Le bassin du Yarmouk (Sud du plateau du Golan)
  • Plusieurs factions de l’Armée syrienne libre ont annoncé le 28 août 2017 le lancement d’une nouvelle campagne contre l’Armée de Khalid Bin Walid (affiliée à l’Etat islamique) dans le bassin du Yarmouk. Dans les affrontements entre les deux parties, sept combattants de l’Armée syrienne libre ont été tués (Dimashq al-Aan, Réseau Al-cham, 28 août 2017).
  • Le 28 août 2017, l’Armée Khalid Bin Walid a annoncé que ses forces avaient été attaquées par des organisations rebelles. Selon le groupe, les forces rebelles ont tenté d’avancer vers ses positions dans les villes de Jillen et Adawan (voir carte). Dans une autre annonce, l’agence de presse Aamaq de l’Etat islamique a annoncé que les forces rebelles ont subi 19 morts dans les affrontements et que deux de leurs chars ont été touchés (Twitter, 28 août 2017).
Principaux développements en Irak
Annonce irakienne au sujet de la fin de la reprise de Tel- Afar
  • Le 27 août 2017 le général Abdel Amir Yarallah, chef de la campagne de Tal Afar, a annoncé la libération complète de la ville et de son district. Dans son annonce, Yarallah a noté que seuls les villages dans le sous-district de Tal Afar, Al-A’yadiya, à 90 km au Nord de Tal Afar, n’ont pas encore été libérés (Al-Sumaria, 27 août 2017). Les membres de l’Etat islamique, des Irakiens et des ressortissants étrangers sont rassemblés dans la région d’Al-Aiacha. Les forces irakiennes et les milices chiites sont impliquées dans des affrontements avec eux. La ville de Tal Afar a été libérée du contrôle de l’Etat islamique en l’espace d’une semaine, apparemment grâce à une planification soignée et à la participation des forces importantes dans l’attaque, disproportionnée par rapport à la taille de la ville. Il est également possible qu’une série de pertes territoriales de l’Etat islamique et l’usure de ses forces aient démoralisé les membres de l’organisation, qui contrairement à Mossoul et Al-Raqqah, n’ont fait preuve d’aucune résistance contre les assaillants.
  • Les médias irakiens couvrant la bataille de Tal Afar a souligné le rôle des milices chiites dans les combats (“Al Hashd Al-Shaabi”, la Mobilisation populaire) exploités par l’Iran. Le 27 août 2017, Faleh Al-Fayyad, chef de la “Mobilisation populaire”, a annoncé que l’Etat islamique a été défait à Tal Afar et que la Mobilisation populaire a joué un rôle majeur dans cette campagne (Site Internet de la Mobilisation populaire, al-Hashed, 20 août 2017). Selon le site de la “Mobilisation populaire”, 16 divisions de l’organisation ont pris part à la bataille de Tal Afar.
  • Le 29 août 2017, le commandement général des peshmergas (les forces du Kurdistan) a annoncé que ses combattants avaient tué 130 membres de l’Etat islamique dans la zone au Nord de Tal Afar. Ces membres avaient fui le district de Tal Afar après la chute de la ville et tentaient de rejoindre la Syrie. Les affrontements entre les peshmergas et l’Etat islamique ont duré trois jours (Al Sumaria, 29 août 2017).

Attaques en Irak

  • Les attaques contre des cibles affiliées au régime Irakien se poursuivent :
    • Le 28 août 2017, la police irakienne a informé qu’un homme a été tué et cinq blessés dans l’explosion d’un engin piégé à Al-Yousufiyah, à environ 18 km au Sud de Bagdad (Al Sumaria, 28 août 2017).
    • Le 28 août 2017, il a été signalé qu’un responsable irakien du ministère de la Justice a été assassiné dans une attaque armée dans l’Ouest de Bagdad (Al-Sumaria, 28 août 2017).
    • Le 28 août 2017, le ministre irakien de l’Intérieur a déclaré que quatre personnes ont été tuées et huit ont été blessées. Parmi les morts figuraient deux gardes de sécurité irakiens. L’attaque a été réalisée à l’aide d’une voiture piégée qui a explosé dans le marché d’Alwah Jamilah, un quartier chiite au Nord-Est de Bagdad (Al Sumaria, 28 août 2017).
Réhabilitation de Mossoul
  • L’unité d’ingénierie de l’armée irakienne a poursuivi ses travaux d’érection d’un pont flottant sur le Tigre afin de relier l’Est de Mossoul avec son côté ouest. Le pont permettra aux véhicules civils et militaires de traverser le fleuve à proximité du pont d’Al-Hariya, qui a été détruit par l’Etat islamique (Site Internet du ministère irakien de la Défense, 27 août 2017).
  • Le gouvernement Irakien est sur le point de commencer le lancement d’un plan de réinstallation de 690 000 habitants de Mossoul qui ont fui la ville à cause des combats (Al-Aan, 27 août 2017). Selon Lize Grande, coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour l’Irak, l’une des principales stations de pompage d’eau à Mossoul a commencé à re-fonctionner après des travaux de reconstruction qui ont duré deux mois et demi. La station, qui a été endommagée au cours des combats, fournit de l’eau propre pour environ un tiers des résidents de la ville (Rudaw, 22 août 2017).
 Pompes et tuyaux de la station de pompage (Site Internet Rudaw, 22 août 2017)   Eau potable coulant de la nouvelle station de pompage.
Droite : Eau potable coulant de la nouvelle station de pompage. Gauche : Pompes et tuyaux de la station de pompage (Site Internet Rudaw, 22 août 2017)
L’Etat islamique revendique la responsabilité d’attaques dans d’autres pays
Attaque à l’arme blanche en Belgique
  • Le 25 août 2017 un homme armé d’un couteau a crié Allahu Akbar en attaquant une patrouille composée de trois soldats belges. [5] L’attaque s’est produite sur le Boulevard Emile Jacqmain, dans le Centre de Bruxelles. L’agresseur a été tué par l’un des soldats. Deux des soldats ont été légèrement blessés. Son nom est encore inconnu. Il est d’origine somalienne. Il est arrivé en Belgique en 2004 et a obtenu la nationalité belge en 2015. En Février 2017, il a été déclaré coupable relativement à une accusation de voies de fait.
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. L’organisation a annoncé le 26 août 2017 que “l’auteur de l’attaque à l’arme blanche de Bruxelles est un soldat de l’État islamique. Il a effectué l’attaque en réponse aux appels à attaquer les pays de la coalition internationale” (Compte Twitter, 26 août 2017). Le libellé de cette annonce est typique des revendications des attaques inspirées par l’Etat islamique.[6]
Attaque suicide dans une mosquée chiite en Afghanistan
  • Le 25 août 2017, l’Etat islamique a annoncé que plus de soixante personnes ont été tuées[7] et quarante blessées dans une attaque suicide doublée d’une fusillade. L’attaque a été effectuée par deux terroristes dans la mosquée de l’Imam Zaman à Kaboul en Afghanistan. Les assaillants, Abu Zeid Al-Horasani et Abu Allah Jund l’Ouzbek, ont ouvert le feu sur les fidèles et ont fait exploser leurs ceintures piégées (Akhbar Al-Muslimeen, 25 août 2017).
Attaque à l’arme blanche au Daghestan
  • Un policier de la police du Daghestan a été tué et un autre blessé le 28 août 2017 lors d’une attaque à l’arme blanche menée par deux terroristes dans la ville de Kaspiysk, à 12 km au Sud-Est de Makhatchkala, la capitale du pays. Les deux terroristes ont été tués par un troisième policier (eNCA, 28 août 2017).
  • Le 28 août 2017, l’Etat islamique a publié des communiqués (similaires) en arabe et en russe déclarant: “Une source sécuritaire a informé l’agence Aamaq : les auteurs de l’attaque à l’arme blanche (dans le texte original : l’attaque avec des couteaux) contre des policiers de la police de Daghestan dans le secteur de Kaspiysk sont des soldats de l’Etat islamique” (Compte Twitter, 28 août 2017).
La guerre de propagande
  • Les média de l’Etat islamique ont fait l’éloge de l’attaque à la voiture bélier de Barcelone et ont menacé l’Espagne et les pays européens en général :
    • L’hebdomadaire Al-Naba’ de l’organisation a menacé les pays européens, affirmant que les pays d’Europe paieront un lourd tribut pour leur guerre contre les musulmans. L’Espagne a connu cela dans le passé, mais il semble qu’elle n’a pas appris sa leçon. Les soldats de l’Etat islamique ont frappé le secteur du tourisme en Espagne, ce qui constitue une partie importante de son économie. Les pays européens paient un gros prix pour les attaques contre eux : alerte militaire, resserrement de la sécurité, baisse du tourisme et des revenus commerciaux, état de peur et d’intimidation. Les attaques contre l’Espagne et le reste des pays infidèles continueront aussi longtemps qu’ils sont en guerre avec l’Etat islamique. L’espoir est que les soldats de l’Etat islamique intensifieront leurs attaques dans un proche avenir. Les gouvernements chrétiens (“les Croisés”) devraient se préparer à plus de pertes financières et pour plus de dépenses et pertes de vies (Al-Naba’, numéro 94, 24 août 2017).
    • Akhbar Al-Muslimeen (28 août 2017), un site Internet associé à l’Etat islamique, a publié un clip provenant du bureau d’information de l’organisation dans la province d’Al-Khayr (Deir ez-Zor). Le clip était intitulé: “La première pluie, le raid sur Barcelone”. L’ancien porte-parole de l’Etat islamique Abu Mohammad Al-Adnani y appelle à des attaques contre l’Occident, en donnant la priorité aux civils, car “dans les terres infidèles”, personne n’est innocent et personne n’est immunisée. Deux Espagnols apparaissaient dans le clip:
      • Abu Al-Lieth de Cordoue appelle en espagnol les musulmans à commettre le jihad là où qu’ils vivent, s’ils ne peuvent pas migrer vers les Etats de l’Islam. À la fin du clip, il se tourne vers l’Espagne (“les croisés espagnols”) et dit : “Nous allons venger la mort de nos martyrs et les crimes que vous commettez contre les musulmans dans l’État islamique” (Akhbar Al-Muslimeen, 28 août 2017).
      • Abu Salman l’andalou, qui parlent espagnol avec un lourd accent arabe, affirme : “Nous prions Allah pour recevoir nos frères qui ont mené le raid sur Barcelone. Notre guerre contre vous continue, ô croisés, jusqu’au jour du jugement”. Plus loin dans le clip il dit : “Cessez votre lutte et abandonnez la coalition internationale, sinon nous ne vous permettront pas, si Dieu le veut, de rêver de paix et de sécurité”.

[1] Head of the Russian General Staff's Office for UAV development.
[2] L'organe central du ministère russe de la Défense, Krasnaïa Zvezda, a signalé la semaine dernière que l'armée de l'air russe a détruit plus de 1 000 installations de l'Etat islamique. Les avions russes ont effectué plus de 360 sorties de combat au-dessus de la Syrie. Des Uav ont effectué plus de 140 vols de reconnaissance, au cours desquels ils ont marqué plus de 190 infrastructures terroristes (TASS, 25 août 2017).
[3] Les combattants chiites qui ont lutté avec l'armée syrienne appartiennent à la Division de l'Alfatmioun. Il s'agit d'une division composée de recrues afghanes exploitées par les gardiens de la Révolution iranienne. L'armée syrienne a salué la contribution de la force dans les combats en Syrie et a fait mention de l'importante contribution des UAV armés des gardiens de la Révolution à guidage de précision qui tirent des missiles antichars (Syria-Victory, 26 août 2017).
[4] En 2014, l'Etat islamique et le Front Al-Nusra ont enlevé trente soldats libanais à la suite de violents combats autour de la ville d'Aarsal. Seize soldats kidnappés ont été libérés en 2015, quatre ont été exécutés par le Front Al-Nusra, un cinquième est mort de ses blessures. Il reste neuf prisonniers détenus par l'Etat islamique (France 24, 27 août 2017).
[5] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 15 août 2017 intitulé "Analysis of ISIS’s Claims of Responsibility for Terrorist Attacks Carried Out Abroad", à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/en/analysis-isiss-claims-responsibility-terrorist-attacks-carried-abroad/
[6] Selon une version, il s'agit d'une machette ou d'un couteau utilisé dans l'abattage halal (islamique).
[7] Selon le ministère de la Santé publique de Kaboul, 28 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées. Selon la Commission indépendante des droits de l'homme, 40 personnes ont été tuées et 90 blessées (Afghanistan Times, 27 août 2017).