Pleins feux sur le jihad mondial (21-27 juin 2018)

Des renforts rebelles se déplaçant vers les zones de confrontation avec l'armée syrienne dans la région de Basr al-Harir (Compte Twitter Opérations du Sud, 25 juin 2018)

Des renforts rebelles se déplaçant vers les zones de confrontation avec l'armée syrienne dans la région de Basr al-Harir (Compte Twitter Opérations du Sud, 25 juin 2018)

Des combattants (apparemment appartenant à la Brigade Al-Quds palestinienne) fouillent une tranchée et une grotte précédemment utilisées par l'Etat islamique (SANA, 20 juin 2018)

Des combattants (apparemment appartenant à la Brigade Al-Quds palestinienne) fouillent une tranchée et une grotte précédemment utilisées par l'Etat islamique (SANA, 20 juin 2018)

Un canon antiaérien monté sur un véhicule de l'armée syrienne dans la zone de la station T-2 (SANA, 20 juin 2018).

Un canon antiaérien monté sur un véhicule de l'armée syrienne dans la zone de la station T-2 (SANA, 20 juin 2018).

Abu Ali al-Muhandis, chef adjoint de la Direction de la Mobilisation populaire irakienne, commente la frappe aérienne à la frontière entre l'Irak et la Syrie (Chaîne de télévision irakienne Al-Ayyam, 24 juin 2018)

Abu Ali al-Muhandis, chef adjoint de la Direction de la Mobilisation populaire irakienne, commente la frappe aérienne à la frontière entre l'Irak et la Syrie (Chaîne de télévision irakienne Al-Ayyam, 24 juin 2018)

Commandants des FDS avec des commandants irakiens dans la zone du terminal de Tell Safouk. Les parties discutent d'une nouvelle attaque visant à nettoyer la zone frontalière entre la Syrie et l'Irak de la présence des membres de l'Etat islamique (Chaîne Youtube du YPG Press Office, 22 juin 2018)

Commandants des FDS avec des commandants irakiens dans la zone du terminal de Tell Safouk. Les parties discutent d'une nouvelle attaque visant à nettoyer la zone frontalière entre la Syrie et l'Irak de la présence des membres de l'Etat islamique (Chaîne Youtube du YPG Press Office, 22 juin 2018)

Collaborateur présumé de l'armée égyptienne en train de creuser sa propre tombe avant d'être décapité par des membres de l'Etat islamique (Haqq, 21 juin 2018)

Collaborateur présumé de l'armée égyptienne en train de creuser sa propre tombe avant d'être décapité par des membres de l'Etat islamique (Haqq, 21 juin 2018)

Des civils dans la ville de Derna célèbrent la reprise de la ville par l'armée, arborant des photos du général Haftar (Al-Unwan, Libye, 25 juin 2018)

Des civils dans la ville de Derna célèbrent la reprise de la ville par l'armée, arborant des photos du général Haftar (Al-Unwan, Libye, 25 juin 2018)

Principaux événements
  • Les combats dans le Sud de la Syrie ont débuté : Après plusieurs semaines de préparatifs, l’armée syrienne a lancé une attaque contre les organisations rebelles dans le Sud de la Syrie. L’attaque est concentrée sur une enclave contrôlée par les rebelles au Nord-Est de Daraa, qui s’étend de la frontière syro-jordanienne à une distance d’environ 70 km vers le Nord. L’objectif de l’attaque, selon nous, est de diviser l’enclave en prenant le contrôle du village de Basr al-Harir (situé à environ 40 km de la frontière syro-jordanienne). L’armée syrienne a affirmé avoir pris le contrôle du village, tandis que les organisations rebelles ont déclaré que les combats dans la région étaient toujours en cours. Les batailles font fuir les habitants de leurs maisons, certains en direction de la Jordanie et d’autres ailleurs (Quneitra).
  • Dans le même temps, l’armée syrienne continue à prendre le contrôle des zones désertiques et à les nettoyer de la présence de l’Etat islamique. Cette semaine, l’armée syrienne a continué à se battre contre l’enclave de l’organisation au Nord-Est d’As-Suwayda ; l’armée syrienne a nettoyé de vastes zones entre Abu Kamal et la station T-2 ; l’armée syrienne a également pris le contrôle d’une vaste zone le long de la frontière syro-irakienne au Nord-Est du terminal d’Al-Tanf (près de la frontière syro-jordanienne). La reprise de cette zone est susceptible d’engendrer des frictions entre l’armée syrienne et les organisations rebelles soutenues par les Etats-Unis contrôlant l’enclave d’Al-Tanf.
Implication russe en Syrie
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères : les organisations terroristes contrôlent plus de 40% de la zone de désescalade dans le Sud de la Syrie
  • Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergei Vershinin a déclaré que les organisations terroristes contrôlent plus de 40% de la zone de désescalade dans le Sud de la Syrie. Le Front Al-Nusra (cf., le Siège de Libération d’Al-Sham) et l’Etat islamique contrôlent 40% de la zone de désescalade dans le Sud-Ouest de la Syrie. Il a ajouté que des négociations étaient en cours avec les « groupes rebelles modérés » dans la zone de désescalade (apparemment une référence à l’Armée syrienne libre). Il a souligné que dans le même temps, la lutte contre les terroristes en Syrie devrait continuer jusqu’à ce qu’ils soient complètement anéantis (Agence de presse TASS, 25 juin 2018).
Syrie
  •  Après plusieurs semaines de préparatifs, l’armée syrienne a lancé une attaque contre les organisations rebelles dans la zone située à l’Est de Daraa. Dans cette zone, les organisations rebelles contrôlent une enclave de la frontière syro-jordanienne vers l’Est, jusqu’à une distance d’environ 70 km de la frontière (voir la carte). Selon nous, l’armée syrienne cherche à diviser l’enclave autour du village de Basr al-Harir (de 7 km de large). L’armée syrienne affirme que ses troupes ont pris le contrôle du village de Basr al-Harir et de ses environs, et ont même publié des photos de la région. D’un autre côté, les organisations rebelles, qui ont envoyé des renforts dans la région, affirment que, autour de Basr al-Harir, les combats sont toujours en cours.

Déploiement des forces dans la région de Daraa, selon un site affilié aux organisations rebelles (exact à la date du 26 juin 2018). Les zones contrôlées par les organisations rebelles sont en vert ; les zones contrôlées par l'armée syrienne en rouge ; la région de Basr al-Harir en bleu clair ; et la zone contrôlée par l'Etat islamique en noir (Qasiyoun, 26 juin 2018)
Déploiement des forces dans la région de Daraa, selon un site affilié aux organisations rebelles (exact à la date du 26 juin 2018). Les zones contrôlées par les organisations rebelles sont en vert ; les zones contrôlées par l’armée syrienne en rouge ; la région de Basr al-Harir en bleu clair ; et la zone contrôlée par l’Etat islamique en noir (Qasiyoun, 26 juin 2018) 
 

  •  L’attaque contre le village de Basr al-Harir a été précédée par des bombardements d’artillerie et des frappes aériennes. Le 26 juin 2018, l’armée syrienne a annoncé avoir pris le contrôle du village. En outre, il a été signalé que le village de Milhat Al-Atash, à environ 2,5 km au Sud-Ouest de Basr al-Harir, avait été occupé (SANA, 26 juin 2018). Selon une source militaire syrienne, de nombreux membres du Siège de Libération d’Al-Sham ont été tués et de grandes quantités d’armes ont été saisies (SANA, 26 juin 2018). D’un autre côté, selon les organisations rebelles, les combats se poursuivent dans la région de Basr al-Harir (Qasiyoun, 26 juin 2018).
Les organisations rebelles
  • Les organisations rebelles, principalement l’Armée syrienne libre, ont créé le 24 juin 2018 une salle d’opérations centrale appelée « Salle d’opérations centrale dans le Sud ». Cette salle d’opérations concentre le contrôle des salles d’opérations des diverses organisations du Sud de la Syrie. L’unification des salles d’opérations vise à maintenir une meilleure coordination entre les différentes organisations afin de mieux faire face à l’offensive de l’armée syrienne (Tajammu ‘Ahrar Hawran, 24 juin 2018).
  • Le 25 juin 2018, la salle des opérations du Centre a annoncé que des renforts de l’armée syrienne libre étaient arrivés dans la région de Basr al-Harir, où des combats ont lieu pour freiner l’avancée de l’armée syrienne. Les photos qui ont été publiées montrent des convois de chars, d’APC et de pièces d’artillerie se déplaçant vers le champ de bataille. La salle des opérations du Sud a publié une brochure selon laquelle les forces syriennes  auraient subi des pertes dans la région de Basr al-Harir.
Des renforts rebelles se déplaçant vers les zones de confrontation avec l'armée syrienne dans la région de Basr al-Harir (Compte Twitter Opérations du Sud, 25 juin 2018)   Des renforts rebelles se déplaçant vers les zones de confrontation avec l'armée syrienne dans la région de Basr al-Harir (Compte Twitter Opérations du Sud, 25 juin 2018)
Des renforts rebelles se déplaçant vers les zones de confrontation avec l’armée syrienne dans la région de Basr al-Harir (Compte Twitter Opérations du Sud, 25 juin 2018)
Les habitants fuient les zones de combat
  • Après les combats dans la région de Daraa, environ 20 000 résidents auraient fui leurs maisons (Observatoire syrien des droits de l’homme, 25 juin 2018). Certains résidents ont fui vers la frontière jordanienne (Chaîne Al-Arabiya Al-Hadath, Observatoire syrien des droits de l’homme, 21 juin 2018). Il a également été signalé que 800 familles avaient fui vers des camps de réfugiés dans la région de Quneitra, où elles souffriraient d’un manque de tentes et de matériel de base (Smart News Agency, 21 juin 2018).
Daraa
  • La salle d’opérations du Sud a annoncé le 27 juin 2018 que les organisations rebelles avaient repoussé une attaque par une force du Hezbollah autour de la ville de Daraa. Selon l’annonce, les organisations ont coupé la route à travers laquelle les équipements et les combattants ont été transférés (Twitter, 27 juin 2018).
Nettoyage de l’enclave de l’Etat islamique au Nord-Est d’As-Suwayda (zone d’Al-Safa)
  • Cette semaine, l’armée syrienne a continué de se battre contre l’enclave de l’Etat islamique au Nord-Est d’As-Suwayda. L’Etat islamique a affirmé que le 20 juin 2018, un officier de l’armée syrienne et une vingtaine de soldats avaient été tués dans une embuscade de l’Etat islamique près de Tell Ghanem, au Nord-Est d’As-Suwayda (Amaq, 21 juin 2018). L’Etat islamique a également annoncé que des chars syriens ont été détruits dans des embuscades (Amaq, 21 juin 2018). Le 24 juin 2018, l’Etat islamique a rapporté que ses membres avaient tué au moins neuf soldats syriens lors d’une attaque dans la zone d’Al-Safa (Haqq, 24 juin 2018).
La force de l'armée syrienne avance dans la zone désertique d'Al-Safa  Tir d'artillerie de l'armée syrienne dans la zone désertique d'Al-Safa (Bureau d'information militaire de l'armée syrienne, 20 juin 2018).
Droite : Tir d’artillerie de l’armée syrienne dans la zone désertique d’Al-Safa (Bureau d’information militaire de l’armée syrienne, 20 juin 2018). Gauche : La force de l’armée syrienne avance dans la zone désertique d’Al-Safa
Syrie orientale

Nettoyage de la zone désertique entre Abu Kamal et la station T-2

  •  Les médias syriens ont rapporté que l’armée syrienne avait nettoyé la semaine dernière une zone désertique de 1 800 kilomètres carrés, dans la zone comprise entre la ville d’Abu Kamal et la station T- 2. Dans cette activité, de nombreux membres de l’Etat islamique auraient été tués et de grandes quantités d’équipements auraient été détruites (SANA, 20 juin 2018 et Syrian TV, 25 juin 2018).
L’Etat islamique subit de lourdes pertes dans un raid aérien au Nord d’Abu Kamal
  • Le 23 juin 2018, des avions irakiens ont attaqué un complexe de trois bâtiments reliés entre eux par un tunnel, dans la zone du village de Hajin ( environ 25 km au Nord d’Abu Kamal). La frappe aérienne a eu lieu alors que les commandants de l’Etat islamique étaient réunis. Les médias irakiens et libanais ont rapporté que 45 membres de l’Etat islamique ont été tués, dont de hauts responsables de l’Etat islamique, un vice-ministre de la Guerre, un haut responsable de l’information, un commandant de l’Etat islamique et un ancien commandant d’Al-Qaïda. (Al-Sumaria News, Al-Manar, 23 juin 2018).
Mort d’un officier iranien dans les combats à Abu Kamal
  •   Les médias iraniens ont rapporté que Shahrakh Dai Poor, un officier supérieur des Gardiens de la révolution iranienne, aurait été tué dans les combats contre l’Etat islamique dans la région d’Abu Kamal. Il aurait entraîné les forces du Hezbollah à utiliser des missiles antichars à Abu Kamal (Compte Twitter Zeina Karam, 22 juin 2018).
Le général de brigade Shahrakh Dai Poor, commandant des Gardiens de la révolution iranienne tué dans la région d'Abu Kamal (Compte Twitter Bani_Omaia @, 22 juin 2018)    Shahrakh Dai Poor, commandant des Gardiens de la révolution iranienne, tué dans la région d'Abu Kamal (Compte Twitter SufianSamarrai, 23 juin 2018).
Droite : Shahrakh Dai Poor, commandant des Gardiens de la révolution iranienne, tué dans la région d’Abu Kamal (Compte Twitter SufianSamarrai, 23 juin 2018). Gauche : Le général de brigade Shahrakh Dai Poor, commandant des Gardiens de la révolution iranienne tué dans la région d’Abu Kamal (Compte Twitter Bani_Omaia @, 22 juin 2018)
  • Il s’agit du quatrième officier iranien récemment tué dans les combats avec l’Etat islamique dans la région d’Abu Kamal. Dans les attaques de l’organisation dans la région d’Abu Kamal début Juin 2018, deux membres des Gardiens de la révolution iranienne ont été tués, dont un officier. Les nombreuses pertes parmi les officiers iraniens les milices chiites servant dans la région d’Abu Kamal et témoignent des difficultés auxquelles l’Iran et ses alliés sont confrontés dans leur activité pour assurer leur contrôle de cet important domaine.
Frappe aérienne dans la région d’Abu Kamal (Etat des lieux)[1]
  • Le 18 juin 2018, une frappe aérienne a été menée près d’Abu Kamal contre des milices chiites irakiennes appartenant à la Mobilisation populaire, dirigées par l’Iran. Abu Ali al-Muhandis, chef adjoint de la Direction de la Mobilisation populaire, a commenté l’attaque aérienne dans une interview télévisée (Chaîne de télévision irakienne Al-Ayyam, 24 juin 2018).
  • Ci-après les principaux points :
    • La frappe aérienne contre les 45e et 46e brigades de la Mobilisation populaire qui étaient en « mission de défense » près d’Abu Kamal a été « définitivement » menée par lUS Air Force. Selon Al-Muhandis, la frappe aérienne a été effectuée par un missile dont les débris sont entre les mains de la Mobilisation populaire.
    • L’activité des forces attaquées a été coordonnée avec l’armée irakienne. La réponse du quartier général des opérations interarmées irakiennes selon laquelle les forces attaquées ne lui étaient pas liées et est un incident survenu en dehors de l’Irak était « hâtive et embarrassante ».
    • Les forces américaines profitent du sol irakien pour subvenir à leurs propres besoins. Al-Muhandis s’est adressé directement aux Américains, soulignant que les unités de la Mobilisation populaire sont subordonnées au gouvernement irakien et au Premier ministre irakien. Il a dit que la Mobilisation populaire ne laisserait pas cette frappe aérienne menée contre elle rester impunie.
    • Le gouvernement irakien et le Parlement doivent prendre position face à l’attaque. Le traitement par les forces irakiennes de la Mobilisation populaire est inacceptable.
Nettoyage de la frontière syro-irakienne et syro-jordanienne de la présence de membres de l’Etat islamique

Reprise de la zone au Nord-Est du terminal d’Al-Tanf

  • L’armée syrienne a indiqué que cette semaine ses forces avaient pris environ 2 500 kilomètres carrés de l’Etat islamique, au Nord-Est du terminal d’Al-Tanf. Au cours des combats, de nombreux membres de l’Etat islamique ont été tués et des armes saisies (Bureau d’information militaire de l’armée syrienne, 20 juin 2018, Muraselon, 21 juin 2018). La reprise de la zone pourrait entraîner des frictions entre l’armée syrienne et les organisations rebelles soutenues par les Etats-Unis qui contrôlent l’enclave d’Al-Tanf (voir carte).

Les zones de contrôle le long de la frontière syro-irakienne : l'armée syrienne et les forces qui la soutiennent (orange) ; zone occupée par l'Etat islamique (orange, délimitée par une ligne pointillée) ; forces de la coalition internationale dans la zone frontalière d'Al-Tanf (violet) (Muraselon, 21 juin 2018)
Les zones de contrôle le long de la frontière syro-irakienne : l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent (orange) ; zone occupée par l’Etat islamique (orange, délimitée par une ligne pointillée) ; forces de la coalition internationale dans la zone frontalière d’Al-Tanf (violet) (Muraselon, 21 juin 2018)

Nettoyage de la frontière syro-irakienne

  • Le 22 juin 2018, les forces kurdes des FDS ont pris le contrôle du terminal de Tell Safouk entre la Syrie et l’Irak (à environ 55 km au Sud-Est d’Al-Al-Hasakah). Près de la frontière, elles ont rejoint les troupes irakiennes de l’autre côté de la frontière, apparemment des milices chiites de la Mobilisation populaire. Les forces kurdes des FDS et les milices chiites (gérées par l’Iran) continuent de coopérer pour nettoyer la zone frontalière des deux côtés des membres de l’Etat islamique.
Commandants des FDS avec des commandants irakiens dans la zone du terminal de Tell Safouk. Les parties discutent d'une nouvelle attaque visant à nettoyer la zone frontalière entre la Syrie et l'Irak de la présence des membres de l'Etat islamique (Chaîne Youtube du YPG Press Office, 22 juin 2018)   Combattants des FDS et une force irakienne dans la zone du terminal de Tell Safouk, avec le drapeau irakien à l'arrière-plan.
Droite : Combattants des FDS et une force irakienne dans la zone du terminal de Tell Safouk, avec le drapeau irakien à l’arrière-plan. Gauche : Commandants des FDS avec des commandants irakiens dans la zone du terminal de Tell Safouk. Les parties discutent d’une nouvelle attaque visant à nettoyer la zone frontalière entre la Syrie et l’Irak de la présence des membres de l’Etat islamique (Chaîne Youtube du YPG Press Office, 22 juin 2018)
Activités de l’Etat islamique
Sauvetage de prisonniers capturés par l’Etat islamique
  • Le 23 juin 2018, l’agence de presse Amaq de l’Etat islamique a publié une vidéo montrant six policiers irakiens et des membres de la Mobilisation populaire qui ont été faits prisonniers sur l’autoroute Bagdad-Kirkuk. L’Etat islamique a présenté un ultimatum au gouvernement irakien, demandant la libération de toutes les prisonnières sunnites dans les trois jours, sinon les captifs seraient exécutés (www.k1falh.ga, site Internet affilié à l’Etat islamique, 23 juin 2018). Le 25 juin 2018, une source de sécurité irakienne a annoncé qu’une force d’une unité antiterroriste avait sauvé les six otages. Les six ont été sauvés après des échanges de tirs de plusieurs heures (Al-Arabiya, 26 juin 2018).
Deux membres de l'Etat islamique à côté du drapeau de l'organisation. L'homme de droite (dont le visage est flou) présente un ultimatum au gouvernement irakien (www.k1falh.ga, 23 juin 2018)   Policiers irakiens et membres de la Mobilisation populaire capturés par des membres de l'Etat islamique sur l'autoroute Bagdad-Kirkuk.
Droite : Policiers irakiens et membres de la Mobilisation populaire capturés par des membres de l’Etat islamique sur l’autoroute Bagdad-Kirkuk. Gauche : Deux membres de l’Etat islamique à côté du drapeau de l’organisation. L’homme de droite (dont le visage est flou) présente un ultimatum au gouvernement irakien (www.k1falh.ga, 23 juin 2018)

Prisonniers capturés et exécutés par l’Etat islamique

  • Au moins cinq membres de la Mobilisation tribale ont été capturés et exécutés par des membres de l’Etat islamique au Sud-Ouest de Baiji (22 juin 2018). L’Etat islamique a publié plusieurs photos de leur exécution (www.k1falh.ga, 22 juin 2018).
Cinq membres de la Mobilisation tribale avant leur exécution (www.k1falh.ga, 22 juin 2018)   Membres de la Mobilisation tribale capturés par l'Etat islamique.
 Droite : Membres de la Mobilisation tribale capturés par l’Etat islamique. À gauche : Cinq membres de la Mobilisation tribale avant leur exécution (www.k1falh.ga, 22 juin 2018)

Autres attaques de l’Etat islamique

  • Dans le même temps, les médias de l’Etat islamique ont signalé des attaques supplémentaires contre les forces de sécurité irakiennes et la Mobilisation populaire dans les provinces de Ninive, Diyala et Kirkuk. Certaines des attaques étaient des assassinats ciblés. Ci-après les principaux incidents :
    • La liquidation d’un officier de renseignement militaire irakien à environ 90 km à l’Ouest de Mossoul (21 juin 2018).
    • La liquidation d’un membre de la Mobilisation populaire à Mossoul (21 juin 2018).
    • Une attaque par des membres de l’Etat islamique dans laquelle au moins huit soldats de l’armée irakienne ont été blessés, à 57 km au Nord de Baqubah (22 juin 2018).
    • La liquidation d’un agent de la police fédérale irakienne à environ 40 km au Sud-Ouest de Kirkuk (20 juin 2018).
Activité des forces de sécurité irakienne
  • Ci-après les principales activités menées par les forces de sécurité irakiennes contre l’Etat islamique cette semaine :
  • Le 22 juin 2018, les forces de sécurité irakiennes ont arrêté 12 membres de l’Etat islamique dans la région de Hatra (un site archéologique situé à 110 km au Sud-Ouest de Mossoul). En outre, deux tunnels ont été détruits, ainsi que 23 engins piégés (Iraqi News, 22 juin 2018).
  • Le 21 juin 2018, l’armée irakienne a localisé un dépôt d’armes de l’Etat islamique à environ 36 km au Sud de Mossoul. Le dépôt d’armes contenait des roquettes et des obus de mortier, qui ont été détruits par l’armée irakienne (Twitter, 21 juin 2018).
Infographie de l’Etat islamique résumant l’activité à Kirkuk
  •  L’Etat islamique a récemment publié une infographie résumant les attaques menées par ses membres à Kirkuk entre le 21 mai et le 21 juin 2018. Les attaques comprenaient des embuscades, des affrontements, des tirs de mortier et la pose d’engins piégés. Dans le cadre de l’activité de l’Etat islamique, 38 champs ont été incendiés, 20 maisons ont été détruites et un camp a été attaqué. L’Etat islamique affirme que 58 personnes ont été tuées dans les attaques, 93 blessées et 17 faites prisonniers (Beit al-Massader, 22 juin 2018).

Infographie résumant l'activité de l'Etat islamique à Kirkuk entre le 21 mai et le 21 juin 2018 (Beit al-Massader, 22 juin 2018)
Infographie résumant l’activité de l’Etat islamique à Kirkuk entre le 21 mai et le 21 juin 2018
(Beit al-Massader, 22 juin 2018)

L’Egypte et la péninsule du Sinaï
  • Après une période de discrédit à la suite de la campagne menée par les forces de sécurité égyptiennes, l’Etat islamique a récemment intensifié son activité dans la péninsule du Sinaï. Cette semaine, les membres de l’Etat islamique ont attaqué un poste de contrôle de l’armée égyptienne, fait exploser des engins explosifs improvisés près d’une concentration de soldats et procédé à une exécution publique largement rapportée d’individus soupçonnés de collaborer avec l’armée égyptienne.
Attaque contre un poste de contrôle de l’armée égyptienne dans la région de Rafah
  • Le 25 juin 2018, la Province du Sinaï a annoncé que ses membres avaient attaqué un point de contrôle de l’armée égyptienne près de Rafah (www.k1falh.ga, 25 juin 2018). Selon des témoins oculaires, des hommes armés, apparemment des membres de la Province du Sinaï, ont attaqué le poste de contrôle dans plusieurs directions. L’armée égyptienne a subi des pertes, de même que la force attaquante (Al-Araby Al-Jadeed, 25 juin 2018).
Explosion d’engins piégés parmi des soldats égyptiens au Sud de Cheikh Zuweid
  • Selon des informations provenant de sources égyptiennes, un certain nombre d’engins explosifs improvisés ont explosé au milieu d’une concentration de soldats égyptiens au Sud de Sheikh Zuweid. Plusieurs soldats de l’armée égyptienne ont été tués et blessés (Al-Araby Al-Jadeed, 25 juin 2018). Jusqu’à présent, aucune revendication de responsabilité de l’incident n’a été publiée par la Province du Sinaï de l’Etat islamique.
Exécution de collaborateurs présumés avec l’armée égyptienne
  •  Le 21 juin 2018, l’Etat islamique a publié des photos montrant l’exécution de deux hommes soupçonnés de collaborer avec l’armée égyptienne dans le Sinaï. Les photos montrent les deux hommes creusant leurs propres tombes puis décapités par des membres de l’Etat islamique (Haqq, 21 juin 2018).
Activités de contreterrorisme
Afghanistan
  •  Le 21 juin 2018, l’armée afghane a mené d’importantes activités de sécurité au sol contre l’Etat islamique dans la province de Nangarhar. L’activité était accompagnée de frappes aériennes, apparemment menées par les forces de la coalition internationale dirigées par les États-Unis. Selon le ministère afghan de la Défense, au moins 23 membres de l’Etat islamique ont été tués dans plusieurs districts de la province de Nangarhar.
Libye
  • Selon les médias libyens, l’armée libyenne fidèle au général Haftar a pris le contrôle de vastes zones de la ville de Derna, dans l’Est de la Libye. Selon une annonce parue dans les médias libyens du 25 juin 2018, l’armée libyenne est sur le point d’achever sa reprise de la ville, qui a été contrôlée ces dernières années par des membres jihadistes salafistes affiliés à Al-Qaïda (Site Internet Al-Unwan, Libye, 25 juin 2018).
  • L’armée libyenne a annoncé qu’elle avait capturé une voiture de l’Etat islamique tentant de fuir Derna. Dans la voiture, il y avait des tampons en caoutchouc des provinces de l’Etat islamique en Libye (Barqa, Syrte et Tripoli), des listes de cibles à éliminer et d’autres documents. La voiture contenait également des engins piégés, des dispositifs de détonation à distance et des silencieux (Akhbar Al-Aan, 21 juin 2018, Bureau d’information militaire de l’armée libyenne, 20 juin 2018).
Des civils dans la ville de Derna célèbrent la reprise de la ville par l'armée, arborant des photos du général Haftar (Al-Unwan, Libye, 25 juin 2018)   Un soldat de l'armée libyenne arborant des tampons en caoutchouc de l'Etat islamique et des armes saisies dans la voiture (Bureau d'information militaire de l'armée libyenne, 20 juin 2018).
Droite : Un soldat de l’armée libyenne arborant des tampons en caoutchouc de l’Etat islamique et des armes saisies dans la voiture (Bureau d’information militaire de l’armée libyenne, 20 juin 2018). Gauche : Des civils dans la ville de Derna célèbrent la reprise de la ville par l’armée, arborant des photos du général Haftar (Al-Unwan, Libye, 25 juin 2018)
Données sur les attentats terroristes publiées par l’UE
  • Le 20 juin 2018, Europol a signalé qu’en 2017, 68 civils avaient été tués et 844 blessés dans des attentats terroristes dans l’Union européenne. Au cours de l’année, 975 personnes ont été détenues dans toute l’Union européenne parce qu’elles étaient soupçonnées d’activités terroristes. Il a été noté que bien que le nombre de victimes ait diminué au cours de cette année, le nombre d’attaques inspirées par le jihad a considérablement augmenté, passant de 13 en 2016 à 33 en 2017 (Europol, 20 juin 2018).
La guerre de propagande
Poursuite des menaces de l’Etat islamique contre le Mondial
  • Après les menaces précédentes de l’Etat islamique, une affiche en anglais a été publiée cette semaine : « Russie 2018 – Nous ne vous laisserons pas atteindre vos stades » (Telegram, 21 juin 2018).

Affiche qui précise : "Russie 2018 - Nous ne vous laisserons pas atteindre vos stades" (Telegram, 21 juin 2018)
Affiche qui précise : « Russie 2018 – Nous ne vous laisserons pas atteindre vos stades » (Telegram, 21 juin 2018)

[1] Suite de notre bulletin "Pleins feux sur le jihad" du 14-20 juin 2018.