Pleins feux sur le jihad mondial (21-27 février 2019)

Soldat de l'armée syrienne à proximité d'un char en préparation de la campagne d'Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 21 février 2019).

Soldat de l'armée syrienne à proximité d'un char en préparation de la campagne d'Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 21 février 2019).

Certains des 350 membres de l'Etat islamique qui se sont rendus aux forces des FDS à Al-Baghouz Fawqani (Twitter, 26 février 2019)

Certains des 350 membres de l'Etat islamique qui se sont rendus aux forces des FDS à Al-Baghouz Fawqani (Twitter, 26 février 2019)

Certains des 350 membres de l'Etat islamique qui se sont rendus aux forces des FDS à Al-Baghouz Fawqani (Twitter, 26 février 2019)

Certains des 350 membres de l'Etat islamique qui se sont rendus aux forces des FDS à Al-Baghouz Fawqani (Twitter, 26 février 2019)

Évacuation des membres de la famille de l'Etat islamique qui avaient fui la

Évacuation des membres de la famille de l'Etat islamique qui avaient fui la "poche" à Al-Baghouz Fawqani (Compte Twitter MossadNews, 20 février 2019)

Des enfants yézidis libérés de la

Des enfants yézidis libérés de la "poche" de l'Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Rudaw, 23 février 2019)

Scène de l'attaque au Nord d'Al-Mayadeen (Enab Baladi, 21 février 2019)

Scène de l'attaque au Nord d'Al-Mayadeen (Enab Baladi, 21 février 2019)

Des membres de la mobilisation populaire lors d'une opération qui a détruit des cachettes de l'Etat islamique dans l'ouest de la province de Diyala (al-hashed.net, 23 février 2019)

Des membres de la mobilisation populaire lors d'une opération qui a détruit des cachettes de l'Etat islamique dans l'ouest de la province de Diyala (al-hashed.net, 23 février 2019)

Principaux événements
  • Les forces kurdes des FDS se préparent à l’attaque décisive contre ce qui reste de l’Etat islamique (plusieurs centaines de membres) qui tiennent le village d’Al-Baghouz Fawqani. Ces derniers jours, des signes de dégradation du moral des membres restants ont été observés. Il semble que l’un des facteurs ayant retardé le début de l’attaque est la présence de centaines de civils dans le village, dont la plupart sont des proches des membres de l’Etat islamique (femmes et enfants). Ces membres de la famille et les membres de l’organisation qui parviennent à s’enfuir du village sont soumis à une brève procédure de sélection, à la fin de laquelle ils sont envoyés en prison (les hommes, dont la plupart sont des combattants étrangers) et dans des camps de transit au cœur de la ville, au cœur de la zone de contrôle kurde (femmes et enfants). En outre, près de 400 membres nés en Irak ont ​​été remis au régime irakien. Ils ont été envoyés dans un centre de détention en Irak (en outre, 13 membres de l’Etat islamique en provenance de France ont été remis aux Irakiens). Un autre facteur retardant l’attaque des FDS est la présence d’un réseau de tunnels et de bunkers dans le village d’Al-Baghouz qui, selon le porte-parole des FDS, est “un grave problème militaire”.
  • Dans la région d’Idlib, des incidents de haute intensité se sont poursuivis entre l’armée syrienne et les organisations jihadistes. Ce sont principalement des échanges de tirs d’artillerie, dans la plupart des cas initiés par l’armée syrienne. Dans le même temps, des avions syriens ont attaqué des cibles dans la zone rurale située au Nord d’Idlib, ce qui est rare ces derniers mois. Un site Internet affilié au régime syrien a indiqué qu’il s’agissait d’un tir d’artillerie préliminaire en préparation de la “campagne d’Idlib”. D’autre part, les organisations jihadistes ont continué à attaquer l’armée syrienne, bien que, selon nous, l’intensité soit inférieure à celle de l’armée syrienne.
  • En dépit de la déclaration du Président Trump selon laquelle les États-Unis retireront leurs 2 000 soldats de la Syrie, selon les médias américains, 400 militaires resteront en Syrie et opéreront à trois endroits : le Nord-Est de la Syrie (la zone de contrôle des FDS) , la base d’Al-Tanf (près de la zone des trois frontières entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie) et la région de Manbij (que la Turquie s’efforce de l’inclure dans sa zone de sécurité). Cependant, les États-Unis sont toujours confrontés à des problèmes politiques non résolus, principalement un accord avec la Turquie sur la zone de sécurité (qui a rencontré des difficultés en raison du manque d’accord sur les Kurdes). Dans ce contexte, des discussions sont en cours entre les hauts responsables américains et turcs afin de tenter de promouvoir des solutions à ces problèmes.
L’implication américaine en Syrie
Les Etats-Unis ont l’intention de laisser 400 militaires en Syrie
  • Selon la déclaration du Président Trump (Compte Twitter du Président Trump, 19 décembre 2018) selon laquelle les États-Unis retireraient leurs troupes de Syrie après la victoire contre l’Etat islamique, 2 000 militaires américains devaient initialement quitter la Syrie. Cependant, des responsables américains ont récemment annoncé que 400 militaires resteraient en Syrie pendant un certain temps et opéreraient dans trois endroits : Nord-Est de la Syrie (zone de contrôle kurde), ville de Manbij (où ils effectueraient des patrouilles conjointes avec leurs homologues turcs) et à la base Al-Tanf (afin de mettre un terme à l’influence iranienne) (The Wall Street Journal, 23 février 2019 et autres médias américain).
  • Dans le contexte d’une ferme opposition turque, aucun accord n’a encore été conclu avec la Turquie concernant la nature de l’activité américaine dans les zones contrôlées par les Kurdes. En conséquence, des entretiens ont lieu entre de hauts responsables militaires américains et de hauts responsables turcs, avec la participation du secrétaire américain à la Défense et du ministre turc de la Défense (Reuters, 23 février 2019). Un autre problème qui se pose est celui de la future coopération en Syrie entre les Américains et leurs alliés européens, partenaires de la campagne contre l’Etat islamique. Les Américains espèrent que le personnel militaire restant en Syrie, de l’ordre de 800 à 1 500 soldats, fera partie de la force des alliés européens des États-Unis (Reuters, 22 février 2019). Toutefois, selon un article paru dans le Washington Post (20 février 2019), les alliés des États-Unis (apparemment la France et la Grande-Bretagne) ne laisseront pas leurs forces en Syrie si les États-Unis retirent leurs forces. En tout état de cause, le Président français Emmanuel Macron s’est félicité de la décision américaine de laisser le personnel militaire en Syrie et a indiqué que la France continuerait à opérer dans le cadre des forces de la coalition (Reuters, 25 février 2019).
  • Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a commenté le rapport (initial) selon lequel, après le retrait américain de la Syrie, les États-Unis avaient l’intention de laisser une force d’environ 200 soldats en Syrie. Selon lui, Moscou suit de près et analyse la position de Washington sur le possible retrait des forces américaines en Syrie et estime que la situation n’est pas claire pour le moment (Agence de presse TASS, 22 février 2019).
Région d’Idlib
Poursuite des incidents entre l’armée syrienne et les organisations jihadistes

Carte des attaques (mise à jour au 23 février 2019) : l'enclave des rebelles à Idlib est marquée en vert ; la zone contrôlée par l'armée syrienne et les forces qui la soutiennent sont marquées en rouge. Les zones qui ont été attaquées sont marquées d'un cercle rouge (Khotwa, 23 février 2019)
Carte des attaques (mise à jour au 23 février 2019) : l’enclave des rebelles à Idlib est marquée en vert ; la zone contrôlée par l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent sont marquées en rouge. Les zones qui ont été attaquées sont marquées d’un cercle rouge (Khotwa, 23 février 2019)

  • Cette semaine également, des incidents se sont poursuivis dans la région d’Idlib entre l’armée syrienne et les organisations rebelles jihadistes. L’armée syrienne a tiré sur des postes de commandement des “bataillons de la gloire” à 27 km au Nord-Ouest de Hama. Plusieurs postes de commandement et positions ont été détruits. Un site Internet affilié à l’armée syrienne a rapporté que les tirs faisaient partie du commandement donné aux commandants du secteur de l’armée syrienne d’utiliser des tirs d’artillerie préliminaires dans la région avant la campagne d’Idlib tant attendue par tous les Syriens (Butulat Al-Jaysh Al-Suri). 21 février 2019). L’agence de presse syrienne a rapporté que le 22 février 2019, l’armée syrienne avait détruit des lance-roquettes appartenant aux organisations rebelles au Sud d’Idlib (SANA, 24 février 2019). En outre, l’armée syrienne a ouvert le feu sur des itinéraires empruntés par le Siège de Libération d’Al-Sham au Nord de Hama. De nombreux membres ont été blessés ou tués (SANA, 23 février 2019).
  • Des avions de combat syriens ont effectué des frappes aériennes contre des cibles dans la zone rurale située au Sud d’Idlib (un événement rare ces derniers mois). Au même moment, l’armée syrienne a tiré sur les zones attaquées depuis les airs. Des tirs d’artillerie ont également été tirés (le 24 février 2019) à l’Ouest de Jisr Al-Shughur, dans la zone rurale située au Nord de Hama, dans la plaine d’Al-Ghab et dans la ville de Khan Shaykhun (Observatoire syrien des droits de l’homme; Khotwa, 24 février 2019).
 Des armes à feu de l'armée syrienne attaquent des cibles d'organisations rebelles dans la zone rurale au Nord de Hama (SANA, 24 février 2019)   Soldat de l'armée syrienne à proximité d'un char en préparation de la campagne d'Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 21 février 2019).     
Droite : Soldat de l’armée syrienne à proximité d’un char en préparation de la campagne d’Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 21 février 2019). Gauche : Des armes à feu de l’armée syrienne attaquent des cibles d’organisations rebelles dans la zone rurale au Nord de Hama (SANA, 24 février 2019)
  • De son côté, la salle des opérations “Réveillez les croyants” (composée principalement de l’organisation des Gardiens de la religion affiliée à Al-Qaida) a annoncé qu’elle avait attaqué des cibles de l’armée syrienne (Telegram, 20-21 février 2019). Le 24 février 2019, des groupes d’organisations rebelles ont tenté de s’infiltrer dans les positions de l’armée syrienne dans la zone rurale située au Nord de Hama. L’armée syrienne a tiré sur eux et tué de nombreux membres (SANA, 14 février 2019). Le 25 février 2019, l’unité antichar du Siège de Libération d’Al-Sham a tiré un missile antichar sur une force de l’armée syrienne au Sud-Est d’Idlib (Ibaa, 25 février 2019). Les 25 et 26 février 2019, la salle des opérations “Réveillez les croyants” a annoncé que ses membres avaient tiré des obus de mortier sur les positions de l’armée syrienne à l’est d’Idlib. Selon cette annonce, le 26 février 2019, un total de 14 soldats syriens ont été tués ou blessés (Telegram, 26 février 2019).
Renforts de l’armée turque dans la zone rurale située au Sud d’Idlib
  • Selon un rapport d’un site d’informations syrien affilié aux organisations rebelles, dans la soirée du 25 février 2019, des forces turques, notamment des APC et des chars, sont entrées en Syrie et ont avancé vers les postes d’observation la zone rurale au Sud d’Idlib. Le 26 février 2019, le centre d’information d’Idlib a annoncé l’intention de l’armée turque de créer six nouveaux postes d’observation dans la zone rurale située au Sud-Est d’Idlib (Al-Durar Al-Shamiya, 26 février 2019).
Syrie orientale
Préparation en vue d’une bataille décisive à Al-Baghouz Fawqani (exact au 27 février 2019)
  • Les forces des FDS continuent de se préparer à l’attaque décisive contre les membres de l’Etat islamique qui tiennent le village d’Al-Baghouz Fawqani. Il restait environ un millier de membres de l’Etat islamique dans le village, avec des centaines de civils, principalement des membres des familles de l’organisation (femmes et enfants). Les forces des FDS, soutenues par les Américains, accueillent les membres de l’Etat islamique et les civils fuyant le village. Ils sont soumis à un processus de sélection et à un bref interrogatoire et sont envoyés dans des prisons (membres de l’Etat islamique) et des camps de transit (femmes et enfants) au cœur de la zone de contrôle kurde. En outre, plusieurs centaines de membres de l’Etat islamique nés en Irak ont ​​été remis au régime irakien.
  • Ci-après un aperçu de la «poche» de l’Etat islamique dans le village d’Al-Baghouz Fawqani, basé sur nos informations, y compris des entretiens avec un officier supérieur des FDS et des représentants du gouvernement kurde (Kurdistan 24, 23 février 2019) :
    • Forces de l’Etat islamique : Il On estime que le nombre de membres de l’Etat islamique encerclés à Al-Baghouz Fawqani est d’environ un millier. La plupart d’entre eux sont des combattants étrangers : Russes, Européens, Américains, Turcs, de nombreux Irakiens, Sénégalais et Asiatiques.
    • La situation des civils : Environ 5 000 civils ont réussi à fuir la “poche” grâce à un couloir ouvert par les forces des FDS. La plupart des civils ont fui le village ces derniers jours[1]. Cependant, il y a toujours des civils pris au piège dans la “poche”, principalement des membres de la famille des membres de l’Etat islamique (femmes et enfants). Par conséquent, les membres leur fournissent de la nourriture et de l’eau, en dépit de la pénurie due au siège imposé par les FDS. Cela représente une reddition de masse sans précédent, une indication du moral bas dans la “poche” restante.
    • Manipulation des membres et des civils qui ont réussi à s’enfuir : Les hommes qui ont réussi à s’enfuir subissent un interrogatoire préalable (avec la participation de soldats américains), principalement afin de déterminer s’ils sont des combattants étrangers. Ensuite, ils sont envoyés dans des prisons. Les femmes sont interrogées par les FDS, puis envoyées dans des camps de transit derrière les lignes. Apparemment, le camp principal vers lequel les femmes sont envoyées est le camp Al-Hol, situé au cœur de la zone de contrôle kurde (à environ 40 km au Sud-Est d’Al-Hasakah).
    • Otages détenus par L’Etat islamique : L’organisation retient les otages du village de Kobaneh (près de la frontière turque) et de la ville d’Al-Raqqah (ancienne “capitale” de l’Etat islamique en Syrie). En outre, l’Etat islamique détient des prisonniers des FDS, des représentants du gouvernement kurde, des représentants de médias étrangers et des yézidis qui ont été enlevés. On ignore où ils se trouvent. Les combattants des FDS espèrent libérer les otages qui sont restés en vie, en fonction des renseignements à recevoir. Selon les médias britanniques, dans le village d’Al-Baghouz Fawqani, une unité d’élite des SAS aurait retrouvé les têtes coupées de 50 femmes yézidies brutalement assassinées par l’Etat islamique (Mail Online, 23 février 2019).
    • La possibilité de fuir en Irak : Les FDS ignorent si les membres de l’Etat islamique et leurs commandants ont réussi à s’échapper d’Al-Baghouz. Il est possible d’arriver en Irak en utilisant des tunnels creusés dans le village, y compris des tunnels transfrontaliers. Cependant, les membres de l’Etat islamique sont confrontés à des difficultés pour traverser la frontière, l’armée irakienne la surveillant du côté irakien et les FDS du côté syrien. En outre, il semble que les membres de l’Etat islamique tentent de traverser l’Euphrate par bateau et de s’échapper vers l’Ouest, en direction de la région de Palmyre. Toutefois, selon nous, les évasions à l’Ouest sont rares en raison des difficultés rencontrées (l’armée de l’air britannique a signalé qu’un avion de combat avait tiré un missile sur un bateau de membres de l’Etat islamique qui tentaient de traverser l’Euphrate).
Sélection et évacuation de membres de la famille de l'Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Canal Al-Aan, 24 février 2019)   Sélection et évacuation de membres de la famille de l'Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Canal Al-Aan, 24 février 2019)
Sélection et évacuation de membres de la famille de l’Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Canal Al-Aan, 24 février 2019)
  • Selon des porte-parole kurdes, la présence de civils dans le village d’Al-Baghouz Fawqani retarde actuellement l’avancée des forces du SDF. Un autre élément retardant le début de la bataille décisive est la présence de tunnels et de bunkers souterrains dans le village, y compris ceux qui n’ont pas encore été découverts. Selon Mustafa Bali, responsable du centre de presse des FDS, leur présence “crée un problème militaire” (Reuters, 24 février 2019).
Des enfants yézidis libérés de la "poche" de l'Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Rudaw, 23 février 2019)   Des centaines de civils, principalement des membres de la famille de l'Etat islamique, ont été transportés dans le camp de personnes déplacées d'Al-Hol, au cœur de la zone de contrôle kurde (Kurdistan 24, 23 février 2019).
Droite : Des centaines de civils, principalement des membres de la famille de l’Etat islamique, ont été transportés dans le camp de personnes déplacées d’Al-Hol, au cœur de la zone de contrôle kurde (Kurdistan 24, 23 février 2019). Gauche : Des enfants yézidis libérés de la “poche” de l’Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani (Rudaw, 23 février 2019)
Remise au régime irakien de membres de l’Etat islamique d’origine irakienne
  • Les 22 et 24 février 2019, au total, 382 membres de l’Etat islamique d’origine irakienne ont été livrés au régime irakien. Les forces de sécurité irakiennes ont transféré les membres vers un centre de détention (Iraqi News Agency, 24 février 2019). Il a été rapporté que parmi les membres de l’Etat islamique remis à l’armée irakienne, il y avait 13 Français (Iraqi News Agency, 25 février 2019). Au total, les forces des FDS ont capturé plus de 500 membres de l’Etat islamique nés en Irak qui se trouvaient en Syrie (Agence de presse irakienne, 25 février 2019).
  • Le Président irakien Barham Saleh a déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le Président français Emmanuel Macron à Paris que 13 membres français de l’Etat islamique, qui avaient été livrés à l’Irak par les forces des FDS, seraient jugés conformément à la loi irakienne et pourraient être exécutés (Baghdad Post 25 février 2019).
Mort d’un membre important de l’Etat islamique
  • Le 24 février 2019, un membre important de l’Etat islamique, Ahmad al-Obeidi, surnommé Abu Dajaneh al-Zirr, a été tué par balle. Il a été tué alors qu’il tentait de s’échapper de la “poche” de l’Etat islamique à Al-Baghouz Fawqani. Apparemment, des combattants arabes des FDS l’ont tué pour se venger d’avoir participé à la planification du massacre à Al-Shueitat. Selon les informations reçues, il était le membre le plus recherché par les tribus de la région[2]. Abu Dajaneh al-Zirr était un personnage des médias puis un commandant de l’armée syrienne libre. Il a ensuite maintenu le contact avec le Front Al-Nusra et a par la suite promis allégeance à l’Etat islamique (Compte Twitter DeirEzzoreNow, 24 février 2019).
  • La Fondation des médias Al-Muhajirin, affiliée à l’Etat islamique, a publié un avis de décès, le qualifiant de “chevalier, héros du combat, courageux et noble”. Cet avis indique qu’il a été tué lors d’une attaque de la Coalition internationale dans la région d’Al-Baghouz (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 25 février 2019).
Avis de la Al-Muhajirin Media Foundation sur le décès d'Abou Dajaneh al-Zirr, haut responsable de l'Etat islamique (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 25 février 2019)   Abu Dajjaneh al-Zirr (Deir ez-Zor 24, 24 février 2019
Droite : Abu Dajjaneh al-Zirr (Deir ez-Zor 24, 24 février 2019). Gauche : Avis de la Al-Muhajirin Media Foundation sur le décès d’Abou Dajaneh al-Zirr, haut responsable de l’Etat islamique (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 25 février 2019)
Difficultés dans le fonctionnement du système de médias de l’Etat islamique dans la région d’Al-Baghouz Fawqani
  • Sur la base de la surveillance des médias affiliés à l’Etat islamique, l’organisation rencontre apparemment des difficultés pour transférer des documents médiatiques de la zone de combat dans le village d’Al-Baghouz Fawqani. Selon nous, cela est dû à la pression militaire exercée sur les membres de l’organisation dans le village, les obligeant à se cacher et à lutter pour leur survie. Un examen des médias de l’Etat islamique révèle que, contrairement à l’absence de reportages d’Al-Baghouz Fawqani, les informations faisant état d’attaques menées par ce groupe dans d’autres zones contrôlées par les FDS se poursuivent (voir ci-dessous). De plus, les rapports de routine des provinces de l’Etat islamique en Irak, au Yémen, en Afrique de l’Ouest et ailleurs se poursuivent.
  •  Une exception au silence médiatique de l’Etat islamique dans la zone de combat d’Al-Baghouz Fawqani a été une vidéo distribuée par un groupe affilié à l’Etat islamique dans le but de renforcer le moral de ceux qui soutiennent les combats “jusqu’au bout”. La vidéo, qui a été filmée Al-Baghouz Fawqani, montre un dignitaire religieux et un poète de l’Etat islamique louant l’unité et le jihad. Il affirme qu'”Al-Baghouz est devenu le symbole de ceux qui font preuve de patience”, c’est-à-dire un appel lancé aux membres et à leurs partisans pour qu’ils ne se rendent pas et pour continuer la campagne à long terme (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 26 février 2019).

Dignitaire religieux et poète de l'Etat islamique apparaissant dans la vidéo (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 26 février 2019)
Dignitaire religieux et poète de l’Etat islamique apparaissant dans la vidéo (Compte Twitter Rosanna@RosannaMrtnz, 26 février 2019)

Poursuite des affrontements entre l’Etat islamique et l’armée syrienne dans la zone désertique à l’Est de Palmyre
  • Selon un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), le 23 février 2019, des embuscades ont été organisées au Nord-Est de Palmyre (dans la zone située entre la ville et Al-Sukhnah). Six soldats de l’armée syrienne ont été tués, dont deux officiers. Selon le SOHR, trois soldats auraient été faits prisonniers par l’Etat islamique (SOHR, 24 février 2019).
Nord-Est de la Syrie
Poursuite des activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique dans la veille d’Al-Mayadeen, dans la vallée de l’Euphrate
  • Cette semaine également, les activités de guérilla et de terrorisme de l’État islamique se sont poursuivies à proximité de la ville d’Al-Mayadeen, dans la vallée de l’Euphrate (Sud-Est de Deir ez-Zor) :
    • Selon un rapport de la SOHR, une voiture piégée aurait explosé près d’un convoi d’employés d’une raffinerie de pétrole à proximité du village d’Al-Shahil (à environ 9 km au Nord d’Al-Mayadeen, près de là où un véhicule des FDS a été attaqué la semaine dernière). L’attaque a tué au moins 10 employés de raffinerie de pétrole et des gardes de sécurité (SOHR, 21 février 2019).
    • L’Etat islamique a annoncé que le 21 février 2019, ses membres avaient fait exploser une voiture piégée alors que des véhicules des FDS étaient passés dans le village d’Al-Shahil. Selon l’organisation, 15 combattants des FDS auraient été tués. L’annonce de l’Etat islamique se termine par la menace que les attaques des “soldats du califat” ne cesseront pas et que la campagne sera encore difficile jusqu’à ce que “les armées de la croix” soient vaincues (Shabakat Shumukh, 21 février 2019).

Scène de l'attaque au Nord d'Al-Mayadeen (Enab Baladi, 21 février 2019)
 Scène de l’attaque au Nord d’Al-Mayadeen (Enab Baladi, 21 février 2019)

Attaques perpétrées par des groupes de l’Etat islamique dans d’autres secteurs d’activités des FDS
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’explosion d’un engin piégé contre un véhicule transportant du personnel des FDS dans le centre d’Al-Raqqah (qui est devenu le centre d’attaques de l’Etat islamique). Quatre combattants ont été tués ou blessés lors de l’attaque et le véhicule a été endommagé (Shabakat Shumukh, 22 février 2019).
  • L’organisation a revendiqué la responsabilité d’avoir fait exploser un engin piégé contre un véhicule des FDS au Sud d’Al-Shadadi, au cœur de la zone de contrôle kurde. Tous les passagers auraient été tués ou blessés (Telegram, 25 février 2019).
Principaux développements en Irak
Activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique
  • Ci-après, les principales activités de l’Etat islamique au cours de la semaine écoulée (principalement selon les rapports de l’Etat islamique):
    • Province d’Al-Anbar : Le 19 février 2019, douze personnes cueillant des champignons ont été enlevées. Deux jours plus tard, les forces de sécurité irakiennes ont retrouvé les corps de six d’entre elles (Erem News, 21 février 2019). Cinq des personnes enlevées ont été libérées (Al-Sumaria Knows, 23 février 2019).
    • Province d’Al-Anbar : L’Etat islamique a organisé une embuscade pour les membres de la mobilisation (tribale) près de la ville de Haditha. Cinq membres de la mobilisation (tribale) ont été tués dans un échange de tirs (Shabakat Shumukh, 22 février 2019).
    • Province de Ninive : Un engin piégé a explosé contre le véhicule d’un membre des forces de sécurité irakiennes au centre de Mossoul. Il a été blessé et son véhicule a été détruit (Shabakat Shumukh, 23 février 2019).
    • Province de Salah al-Din : Le commandant de la police provinciale a annoncé que le 25 février 2019, les forces de sécurité irakiennes avaient déjoué l’attaque par des “terroristes” (implicitement l’Etat islamique) contre la raffinerie de pétrole Salah al-Din (environ 40 km au Nord de Tikrit). Selon le rapport, plus de 15 “terroristes”, dont des terroristes suicide, ont attaqué le complexe de la raffinerie pendant trois heures, sans pouvoir y pénétrer. Trois “terroristes” auraient été tués et un autre aurait été capturé. Les membres restants ont fui dans les montagnes du Makhoul, au Nord de la raffinerie (Agence de presse irakienne, 25 février 2019)
Activités antiterroristes des forces de sécurité irakiennes
  • Les principales activités antiterroristes menées par les forces de sécurité irakiennes :
    • Province d’Al-Anbar : Une force de mobilisation tribale a mené une série d’attaques contre l’Etat islamique dans le désert de la province d’Al-Anbar. Cinq membres de l’Etat islamique ont été tués dans les attaques, leurs armes ont été saisies et leurs véhicules incendiés. Les membres de l’Etat islamique qui ont été attaqués auraient menacé des personnes qui cueillaient des champignons (Sawt al-Irak, 21 février 2019).
    • Province de Diyala : Une force de mobilisation populaire a détruit des cachettes de l’Etat islamique à environ 24 km au Nord-Est de Baqubah. L’armée irakienne et la mobilisation populaire, avec l’appui aérien irakien, ont attaqué des membres de l’Etat islamique pendant plusieurs jours (al-hashed.net, 23 février 2019).
    •  Province d’Al-Anbar : Des services de renseignement irakiens ont découvert une cache de 265 engins piégés situés à quelque 45 km à l’Ouest de Bagdad. La force a découvert trois tunnels qui servaient de cachettes aux membres de l’Etat islamique. Les équipes d’ingénierie de combat ont fait exploser les engins piégés et les tunnels (Iraqi News Agency, 24 février 2019).
    •  Province de Ninive : Des services de renseignement irakiens ont arrêté un responsable de l’Etat islamique à environ 100 km au Nord-Ouest de Mossoul (près de la frontière irako-syrienne). Ce haut responsable, considéré comme extrêmement dangereux, s’était déjà enfui en Syrie lors d’une opération des forces de sécurité irakiennes (Iraqi News Agency, 24 février 2019).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Attaque contre une poste de l’armée égyptienne à Rafah
  • Dans la soirée du 25 février 2019, des membres de la province du Sinaï de l’Etat islamique ont attaqué un poste de contrôle de l’armée égyptienne dans la partie Nord de la ville de Rafah. En réponse, l’armée égyptienne a tiré des pièces d’artillerie sur des maisons abandonnées à Rafah. Aucune victime n’a été signalée (Al-Araby Al-Jadeed, 25 février 2019).

[1] Selon un rapport de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (26 février 2019), environ 3 600 membres de la famille de membres et civils de l'Etat islamique et environ 200 membres de ce groupe ont fui Al-Baghouz Fawqani.
[2] Al-Shueitat : Tribu arabe sunnite de la région de Deir ez-Zor, qui compte entre 70 000 et 90 000 personnes. En Août 2014, des membres de l'Etat islamique ont massacré 700 membres de la tribu. Suite à ce massacre, la tribu s'est battue contre l'organisation (Wikipedia).