Pleins feux sur le jihad mondial (20-26 décembre 2018)

Kino Gabriel, porte-parole des forces des FDS (SDF Press, 24 décembre 2018)

Kino Gabriel, porte-parole des forces des FDS (SDF Press, 24 décembre 2018)

Tir d'artillerie de l'armée syrienne sur une zone contrôlée par les rebelles dans la province d'Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 23 décembre 2018)

Tir d'artillerie de l'armée syrienne sur une zone contrôlée par les rebelles dans la province d'Idlib (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 23 décembre 2018)

Combattants des FDS dans la ville de Hajin.

Combattants des FDS dans la ville de Hajin.

Exécution d'un agent de renseignement dans le désert de la province de Salah al-Din (Al-Ghurabaa, 25 décembre 2018)

Exécution d'un agent de renseignement dans le désert de la province de Salah al-Din (Al-Ghurabaa, 25 décembre 2018)

Le corps de l'un des membres de l'Etat islamique qui a pris part à l'attaque terroriste au siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018).

Le corps de l'un des membres de l'Etat islamique qui a pris part à l'attaque terroriste au siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018).

Principaux évènements
  • L’événement le plus important de la semaine a été l’annonce par les États-Unis de leur intention de retirer leurs forces de Syrie. Le retrait sera lent, coordonné et prendra plusieurs mois. Selon de «hauts responsables américains», dans le cadre de la décision de se retirer de la Syrie, les frappes aériennes cesseront également. Le Président Trump a déclaré que les États-Unis avaient vaincu l’État islamique en Syrie et que, par conséquent, rien ne justifiait la poursuite des activités militaires des forces américaines.
  • L’analyse de la situation de l’Etat islamique en Syrie, en Irak et dans les différentes provinces de l’étranger montre que l’organisation n’a pas été vaincue, même si elle s’est affaiblie après l’effondrement du califat islamique. Après l’effondrement du califat, l’organisation a de nouveau changé de méthode et s’adapte aux réalités changeantes. En 2018, un processus a été amorcé selon lequel l’Etat islamique est devenu une organisation internationale terroriste et de guérilla basée en Syrie et en Irak, qui fonctionne de manière décentralisée et ne doit plus défendre un contrôle territorial (voir le document du Centre Meir (en anglais) : « The impact of the withdrawal of the American troops from Syria on the campaign against ISIS »).
  • Une semaine après l’annonce du Président Trump, la situation sur le terrain dans la vallée de l’Euphrate est la suivante :
    • L’organisation, encouragée par l’annonce américaine, a mené un certain nombre de contre-attaques dans la ville importante de Hajin (reprise par les FDS avant l’annonce de Trump). Les forces des FDS ont annoncé qu’elles avaient repoussé les attaques de l’Etat islamique et que leurs forces contrôlaient la majeure partie de la ville.
    • Selon les déclarations des FDS, elles bénéficient de frappes aériennes de la Coalition, qui l’aident à repousser les contre-attaques de l’Etat islamique.
    • L’armée syrienne et les forces qui la soutiennent ont envoyé des renforts dans la vallée de l’Euphrate après l’annonce américaine. Les renforts seraient concentrés dans les villes d’Abu Kamal et d’Al-Mayadeen, à l’Ouest de l’Euphrate.
    • Un porte-parole de l’une des milices chiites irakiennes affiliées à l’Iran (les « bataillons du Hezbollah ») a offert aux forces kurdes l’assistance de son organisation et de l’armée syrienne pour la défense de la frontière syro-irakienne (signe de l’ambition iranienne de renforcer son influence dans la région d’Abu Kamal).
    • Dans le même temps, l’Etat islamique a intensifié ses attaques de guérilla et de terrorisme dans l’ensemble de l’Irak (pose d’engins piégés sur des routes, attentats suicide, véhicules piégés, attaques contre des positions des forces de sécurité irakiennes, tir de tireurs d’élite, etc.).
  • Parallèlement, l’activité intensive des provinces de l’Etat islamique à l’étranger s’est poursuivie. Le principal événement de cette semaine a été un attentat suicide commis par trois terroristes au siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli. Selon les dires de l’Etat islamique, des dizaines de personnes ont été tuées et blessées lors de l’attaque et le bâtiment a été incendié. Une autre attaque a été l’assassinat brutal de deux touristes scandinaves au Maroc, commis par un groupe de jeunes qui avaient juré allégeance à l’Etat islamique. En outre, l’organisation mène une campagne de propagande appelant à des attaques dans les pays occidentaux dans le contexte de la saison de Noël (des attaques meurtrières dans des lieux très fréquentés, des attaques à la bombe et des attaques à l’arme blanche ont été expressément mentionnées).
Annonce du Président Trump sur le retrait des forces américaines de la Syrie
  • Le 19 décembre 2018, le Président américain Donald Trump a annoncé sur son compte Twitter officiel que les États-Unis avaient vaincu l’État islamique en Syrie. Selon lui, l’Etat islamique a été battu et les États-Unis ont gagné (« Nous avons gagné »). Par conséquent, a noté Trump, il n’y a aucune raison de laisser le personnel militaire américain en Syrie. Les porte-parole du département d’État et du département de la Défense ont déclaré que les États-Unis avaient entamé le processus de renvoi de militaires américains de la Syrie, mais ont souligné qu’ils continueraient de travailler avec ses partenaires où que se trouve l’Etat islamique (Reuters, 19 décembre 2018). .L’administration américaine s’est largement opposée à l’annonce faite par le Président américain, qui a conduit à la démission du secrétaire américain à la Défense, James Mattis (20 décembre 2018) et de l’Envoyé spécial américain pour la Coalition internationale, Brett McGurk (le 21 décembre 2018).

Premier tweet du président Trump sur le retrait des forces américaines de la Syrie (Compte Twitter officiel du Président Trump, 19 décembre 2018)

Premier tweet du président Trump sur le retrait des forces américaines de la Syrie
(Compte Twitter officiel du Président Trump, 19 décembre 2018)

  • « De hauts responsables américains » ont indiqué que le retrait des quelque 2 000 soldats américains en Syrie prendrait entre 60 et 100 jours. Le Président américain a tweeté qu’il s’agirait d’un retrait lent et hautement coordonné des troupes américaines de la région (Compte Twitter officiel du Président Trump, 23 décembre 2018). « De hauts responsables américains » ont déclaré que dans le cadre de la décision des États-Unis de se retirer de la Syrie, les frappes aériennes contre l’Etat islamique cesseraient également (Reuters, 20 décembre 2018). D’un autre côté, un haut responsable du Pentagone a déclaré que l’administration Trump n’avait pas encore décidé si les États-Unis poursuivraient la campagne aérienne contre l’Etat islamique après le départ du personnel militaire américain en Syrie (The Washington Post, 21 décembre 2018). Le Président américain a tweeté sur son compte Twitter que l’Iran, la Russie et d’autres pays étaient les ennemis locaux de l’Etat islamique et que les États-Unis, de leur côté, avaient cessé leurs activités contre l’Etat islamique en Syrie (Compte Twitter officiel du Président Trump, 20 décembre 2018).
  • De hauts responsables américains et turcs ont affirmé que le 14 décembre 2018, le Président Trump avait eu une conversation avec le Président turc Erdoğan. Au cours de leur conversation, Erdoğan a affirmé que la Turquie pouvait gérer ce qui restait à faire dans la campagne contre l’Etat islamique et a demandé à Trump pour quelle raison les Américains sont présents en Syrie (AP, 21 décembre 2018; Hürriyet Daily News, 21 décembre 2018). À la suite de l’annonce du Président Trump, le Président turc Erdoğan a déclaré que l’opération turque (contre les Kurdes) dans la partie orientale de l’Euphrate serait suspendue pour le moment (Daily Sabah, Turquie, 21 décembre 2018). Erdoğan a également déclaré que la Turquie prendrait le contrôle de l’Etat islamique en Syrie (Reuters, 21 décembre 2018).
  • Dans la campagne terrestre contre l’Etat islamique sur la scène syrienne, les Américains ont joué un rôle secondaire. L’armée syrienne (dans le Centre et le Sud de la Syrie) et les FDS kurdes (dans l’Est de la Syrie) ont été les principales victimes des combats. Selon nous, la principale contribution des Américains à la campagne syrienne a été le soutien aérien intensif qu’ils ont fourni aux forces kurdes combattant l’Etat islamique sur la rive est de l’Euphrate. Outre le soutien aérien, quelque 2 000 conseillers américains ont été déployés dans la région kurde, contribuant à renforcer les capacités militaires (déjà élevées) des forces kurdes. Cela s’ajoute au soutien politique américain, qui a aidé les Kurdes à résister aux fortes pressions exercées par la Turquie sur eux. Selon nous, d’un point de vue militaire, la campagne des FDS contre l’Etat islamique à l’Est de l’Euphrate devrait péricliter si le soutien aérien cessait effectivement. En outre, les Kurdes subiront un dur coup au moral et au niveau politique, car ils seront exposés à une pression croissante de la part de la Turquie (et seront donc obligés de rechercher un nouveau soutien stratégique sous la forme du régime syrien et Russie).
Premières réactions kurdes à l’annonce américaine
  • Le porte-parole des FDS, Mustafa Bali, a annoncé que les Kurdes seraient contraints de retirer leurs combattants de la campagne contre l’Etat islamique afin de défendre leurs frontières (la frontière syro-turque) s’ils étaient attaqués par les Turcs. Îlham Ehmed, ancien coprésident du Conseil démocratique syrien (branche politique des FDS) a également annoncé que les forces kurdes risqueraient de se retirer du front de Deir ez-Zor et de prendre position le long de la frontière avec la Turquie, pour limiter toute attaque (Reuters, 21 décembre 2018).
  • Un autre porte-parole des FDS, Kino Gabriel, a annoncé que l’Etat islamique avait intensifié ses attaques ces derniers jours, à la suite de la décision américaine de renvoyer des troupes américaines de Syrie (pour plus de détails sur les attaques intensifiées de l’Etat islamique dans la ville de Hajin, voir ci-dessous). Il a ajouté que la décision américaine compromettrait la stabilité et la sécurité dans le Nord et l’Est de la Syrie. Le porte-parole a appelé la communauté internationale et la coalition internationale à assumer leurs responsabilités envers les Kurdes (SDF Press, 24 décembre 2018).
La région d’Idlib
Poursuite des incidents dans la région d’Idlib
  • Cette semaine également, les incidents dans la région d’Idlib se sont poursuivis, principalement entre l’armée syrienne et les organisations jihadistes :
  • Des escadrons du Siège de Libération d’Al-Sham ont tenté de s’infiltrer dans les positions de l’armée syrienne et de les attaquer à environ 25 km au Nord de Hama. L’armée syrienne a tiré sur les escouades (SANA, 23 décembre 2018).
  •  Dans la nuit du 22 au 23 décembre, l’armée syrienne a tiré des pièces d’artillerie au Nord de la plaine d’Al-Ghab sur des postes de commandement du Parti islamique du Turkestan (une organisation jihadiste composée de membres de la minorité musulmane en Chine). De nombreux membres de l’organisation ont été soit tués soit blessés, et des fortifications et des installations de lancement ont été détruites (SANA, 23 décembre 2018).
  • Le 19 décembre 2018, une force des Brigades de la Gloire (affiliées à Al-Qaeda) a lancé une attaque soudaine contre un poste de contrôle de l’armée syrienne au Nord de Hama. Des dizaines de soldats auraient été tués ou blessés (Zaman Al-Wasl, 19 décembre 2018).
Nord de la Syrie
  • Le 23 décembre 2018, un engin piégé a été activé contre une patrouille des FDS dans le Sud de Manbij, sur la route menant à Alep. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité, alléguant que trois des passagers avaient été tués ou blessés dans l’explosion (Al-Sham – Province d’Alep; Amaq, 24 décembre 2018). Il convient de rappeler que le Président turc a récemment menacé de lancer une campagne militaire à Manbij, le principal bastion des forces kurdes (avec une présence américaine) à l’Ouest de l’Euphrate.
Syrie orientale
Campagne sur la ville de Hajin (exacte au 25 décembre 2018)
  • Le 14 décembre 2018, cinq jours avant l’annonce du Président Trump, les forces des FDS ont envahi la majeure partie du territoire de Hajin. À la suite de l’annonce du Président Trump, l’État islamique a intensifié ses contre-attaques contre les forces des FDS. Selon le bureau d’information des FDS, leurs forces ont réussi à repousser ces contre-attaques. Selon la déclaration des FDS, leurs forces contrôlent toujours la plus grande partie du territoire de Hajin (environ 90%). Les attaques de l’Etat islamique ont été repoussées avec un soutien aérien intensif de la coalition (SDF Press, 20-22 décembre 2018).
  • Les 20 et 22 décembre 2018, à la suite de l’annonce du Président Trump, l’État islamique a mené de nouvelles contre-attaques contre Hajin. Lors de ces contre-attaques, les membres de l’organisation ont utilisé des motos et des véhicules à l’épreuve des balles, ainsi que des dizaines de terroristes suicide. Selon les rapports des FDS, ces attaques auraient été repoussées grâce au soutien aérien de la coalition. Selon ces rapports, l’Etat islamique aurait perdu des dizaines de morts (SDF Press, 20-22 décembre 2018). Les frappes aériennes de la coalition contre des cibles de l’Etat islamique ont également été poursuivies le lendemain (Observatoire syrien des droits de l’homme, 25 décembre 2018).
Nuages ​​de fumée après les frappes aériennes de la coalition dans la ville de Hajin (SDF Press, 20 décembre 2018)   Véhicules de l'Etat islamique dans la zone dégagée lors de l’attaque des FDS (Province d'Al-Sham-Baraka de l’Etat islamique, 21 décembre 2018).
Droite : Véhicules de l’Etat islamique dans la zone dégagée lors de l’attaque des FDS (Province d’Al-Sham-Baraka de l’Etat islamique, 21 décembre 2018). Gauche : Nuages ​​de fumée après les frappes aériennes de la coalition dans la ville de Hajin (SDF Press, 20 décembre 2018)
  • Le 24 décembre 2018, une force de l’Etat islamique a lancé une contre-attaque à grande échelle contre la ville de Hajin et ses environs, en utilisant diverses armes. Selon un communiqué des FDS, l’attaque a été repoussée et des dizaines de membres de l’Etat islamique ont été tués ou blessés. Un centre de communication utilisé par l’organisation a été détruit, ainsi qu’un atelier de fabrication d’engins piégés et de voitures piégées. Les FDS ont repoussé l’attaque avec un appui aérien de la coalition (Bureau d’information des FDS, 24 décembre 2018).
Fuite de civils des enclaves de l’Etat islamique
  • Le 23 décembre 2018, dans la soirée, plus d’un millier de civils, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont quitté l’enclave de l’Etat islamique sur la rive Est de l’Euphrate vers les zones contrôlées par les forces des FDS. Les réfugiés ont été transférés dans le champ pétrolifère Al-Omar, à environ 48 km au Sud-Est de Deir ez-Zor, en vue de leur envoi dans des camps de réfugiés à l’Est de l’Euphrate. Ainsi, le 23 décembre 2018, le nombre de réfugiés de l’enclave de l’Etat islamique s’est élevé à 5 000 personnes, dont beaucoup sont des citoyens irakiens. Depuis le 30 novembre 2018, au moins 7 400 civils, dont des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont quitté l’enclave de l’Etat islamique (Observatoire syrien des droits de l’homme, 24 décembre 2018).
  • La raison spécifique du départ du 23 décembre 2018 n’est pas encore claire pour nous. La fuite massive de civils découle probablement des préoccupations et des craintes grandissantes suscitées par l’État islamique. Les civils qui ont réussi à s’enfuir ont déclaré que l’Etat islamique prévoyait d’exécuter toute personne arrêtée à cet endroit lors d’un départ en provenance de la région, en raison d’un «départ vers les pays infidèles». Le 19 décembre 2018, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a signalé que l’organisation prévoyait d’exécuter trois de ses membres en raison de «passages clandestins de civils» hors de l’enclave (Observatoire syrien des droits de l’homme, 24 décembre 2018).
Envoi de renforts dans la vallée de l’Euphrate
  • Les médias syriens et russes ont annoncé qu’après l’annonce du Président Trump, l’armée syrienne et les Gardiens de la Révolution iranienne avaient envoyé des renforts dans la vallée de l’Euphrate, en préparation d’un mouvement militaire dans la région. Selon divers rapports, des renforts appartenant aux forces du «Tigre», placés sous le commandement de Suheil Hassan, seraient arrivés dans la région. Le personnel de sécurité des Gardiens de la Révolution iranienne et du Hezbollah, ainsi qu’une force militaire russe, sont également arrivés dans la région. Les renforts ont été dirigés vers les villes d’Abu Kamal et d’Al-Mayadeen, situées au Sud et au Nord de l’enclave de l’Etat islamique dans la vallée de l’Euphrate (Observatoire syrien des droits de l’homme; Deirz-Zor 24; Enab Baladi; Khotwa; Sputnik, 22-24 décembre). 2018).
Rapport non confirmé sur des discussions des FDS au sujet de la libération de milliers de détenus de l’Etat islamique
  • L’Observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté (20 novembre 2018) que les dirigeants politiques et militaires des FSD sur la rive Est de l’Euphrate avaient discuté de la libération de milliers de membres de l’Etat islamique et des membres de leur famille détenus dans des prisons et des camps de détention des forces kurdes. Selon des «sources fiables», la discussion en question concernerait environ 1 100 combattants de 31 pays et environ 2 080 femmes et enfants de 44 pays. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé qu’il avait été décidé de les relâcher car tous les pays d’origine, à l’exception d’un seul, avaient refusé de les reprendre. Ils seront donc bientôt libérés sur le sol syrien.
Réactions des Bataillons du Hezbollah à l’annonce de Trump
  • Après l’annonce du Président Trump, Ja’far al-Husseini, le porte-parole militaire des Bataillons du Hezbollah, une milice irako-chiite affiliée à l’Iran, a annoncé que les bataillons étaient prêts à se battre aux côtés de l’armée syrienne pour défendre les civils syro-kurdes le long de la frontière entre la Syrie et l’Irak. Il a ajouté: «Nous entretenons depuis longtemps un contact intense avec les postes de commandement kurdes dans le Nord de la Syrie. Nous sommes conscients du tableau complet de ce qui se passe dans le Nord de la Syrie, y compris des mouvements des [forces] américaines» (Al-Mayadeen, Liban, 22 décembre 2018).
  • Les Bataillons du Hezbollah font partie des milices irako-chiites affiliées à l’Iran. Ils sont déployés dans la région d’Abu Kamal afin de créer une zone de contrôle des forces pro-iraniennes près du passage frontalier entre la Syrie et l’Irak[1]. Ceci est destiné, entre autres, à sécuriser la route logistique terrestre entre l’Irak et la Syrie. Selon nous, l’annonce du porte-parole des Bataillons du Hezbollah est une indication de l’intention de l’Iran d’étendre et d’accroître son influence sur la région d’Abu Kamal par l’intermédiaire des milices chiites affiliées à l’Iran, à l’époque du départ du personnel militaire américain et de l’affaiblissement prévu des FDS.
Principaux développements en Irak
  • Au cours de la semaine au cours de laquelle le Président Trump a annoncé le retrait des troupes américaines de Syrie, l’Etat islamique a intensifié ses attaques de guérilla en Irak. Son activité consistait à planter des engins piégés sur les routes (le modus operandi le plus répandu), à lancer des attentats-suicide, à faire exploser des voitures piégées, à attaquer des avant-postes des forces de sécurité irakiennes, à tirer des roquettes, à lancer des tireurs isolés et à exécuter un «agent de renseignement irakien».
Attentat suicide de l’Etat islamique
  • Le 25 décembre 2018, la province irakienne de Salah al-Din a publié la vidéo d’un attentat suicide contre un poste de commandement et une position de la mobilisation populaire et des forces de sécurité irakiennes au Sud-Ouest de Tikrit. Un terroriste conduisant une voiture piégée s’est fait exploser près d’une position des forces de sécurité irakiennes. Un autre terroriste, portant une ceinture d’explosif, a également pris part à l’attaque. L’Etat islamique affirme que 17 membres des forces de sécurité ont été tués au cours de l’attaque et 12 autres ont été blessés (Al-Ghurabaa, 25 décembre 2018).
Les deux terroristes avant de partir pour l'attentat suicide (Al-Ghurabaa, 25 décembre 2018) La   Le terroriste suicide en route pour mener l'attaque.
 Droite : Le terroriste suicide en route pour mener l’attaque. Gauche : Les deux terroristes avant de partir pour l’attentat suicide (Al-Ghurabaa, 25 décembre 2018)
  • La vidéo montre également une attaque de nuit de membres de l’Etat islamique contre une position de l’armée irakienne dans la région de Samarra. Les agents étaient équipés de moyens de vision nocturne. Des tirs de tireurs isolés, l’assassinat d’un soldat irakien et l’exécution d’un agent de renseignement irakien ont également été documentés. Il semble que tout ce qui précède ait eu lieu la semaine dernière, bien qu’aucune date ne soit indiquée sur la vidéo.
  • Ci-après les activités supplémentaires menées par l’Etat islamique au cours de la semaine écoulée (sur la base de la revendication de responsabilité de l’Etat islamique):
    • Province de Kirkuk : Le 19 décembre 2018, l’Etat islamique a attaqué une position de la police irakienne dans le champ pétrolifère d’Alas, dans la région de Kirkouk. Deux policiers ont été tués. Les membres de l’Etat islamique ont pris la fuite après avoir incendié et saisi des armes (Irak – Province de Kirkouk, 20 décembre 2018).
    • Province de Salah al-Din : Le 20 décembre 2018, l’Etat islamique a revendiqué le tir de deux roquettes sur l’armée irakienne et des cibles de la mobilisation populaire dans la ville de Tikrit (Province Irak – Salah al-Din, le 20 décembre 2018). Aucune victime n’a été signalée.
    • Province de Bagdad : Le 20 décembre 2018, l’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient fait sauter une maison avec un engin piégé au Sud de la ville de Falloujah. Selon l’Etat islamique, l’homme qui vivait dans la maison avait collaboré avec l’armée irakienne (Irak – Province de Falloujah, 20 décembre 2018).
    • Province d’Al-Anbar : Le 20 décembre 2018, l’Etat islamique a annoncé qu’il avait frappé huit soldats irakiens, dont certains ont été blessés et d’autres tués, avec un engin piégé activé sur leur camion, à l’Ouest de Haditha (Amaq, 20 décembre 2018 ).
    • Province de Diyala : L’Etat islamique a annoncé que le 22 décembre 2018, ses membres avaient tué deux membres des forces de sécurité irakiennes dans la région de Khanaqin, dans la province de Diyala. Le même jour, l’Etat islamique a annoncé qu’un combattant des Peshmergas avait été tué et que d’autres avaient été blessés dans l’explosion d’un engin piégé dans la région (Amaq, 23 décembre 2018).
    • Province d’Al-Anbar : L’Etat islamique a revendiqué quatre blessés et la destruction de leur véhicule à l’aide d’un engin piégé à l’entrée de la ville d’Al-Qaim, à la frontière entre l’Irak et la Syrie. Plusieurs soldats ont été tués et d’autres blessés (Amaq, 23 décembre 2018).
    • Province de Ninive : L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité du meurtre de deux soldats irakiens et de la destruction de leur moto avec un engin piégé à Mossoul (Amaq, 23 décembre 2018).
    • Province de Ninive : L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’explosion d’une voiture piégée parmi une concentration de chiites dans la ville de Tal Afar (à environ 65 km à l’Ouest de Mossoul). Selon l’organisation, trois chiites auraient été tués et deux autres blessés (Shabakat Shumukh, 25 décembre 2018).
    • Province de Diyala : L’Etat islamique a activé un engin piégé contre l’armée irakienne dans la zone rurale au Sud de Baqubah. Selon l’Etat islamique, deux soldats irakiens auraient été tués et trois autres blessés (Shabakat Shumukh, 25 décembre 2018).
Activités des forces de sécurité irakiennes
  • Ci-après, les principales activités menées par les forces de sécurité irakiennes au cours de la semaine écoulée (selon les médias irakiens). Ces activités concernaient principalement la région de Mossoul :
    • Après avoir attaqué une force irakienne, quatre membres de l’Etat islamique ont été tués dans un raid aérien de la coalition à environ 20 km à l’ouest de Mossoul (Iraqi News, 22 décembre 2018).
    • Sur la base des renseignements reçus, la direction du renseignement de la province de Ninive a dévoilé une cellule terroriste composée de cinq membres dans la ville de Mossoul (Al-Sumaria, 22 décembre 2018).
    • Les forces de sécurité irakiennes ont localisé deux engins piégés et dix mines dans divers quartiers de la ville de Mossoul (Al-Sumaria, 21 décembre 2018).
    • Les forces de sécurité irakiennes dans la région de Mossoul ont arrêté une femme, membre de l’Etat islamique qualifiée d’extrêmement dangereuse par les services de renseignements militaires irakiens. La terroriste était membre de la famille des membres de l’Etat islamique et occupait un poste de sécurité dans l’Etat islamique. Son nom n’a pas été révélé (Al-Sumaria, 20 décembre 2018).
    • Le ministère irakien de l’Intérieur a annoncé la fermeture de 88 comptes de médias sociaux affiliés à des «éléments terroristes», principalement à l’Etat islamique (24 décembre 2018). Apparemment, les comptes ont été fermés après que le ministère a pris contact avec la direction des médias sociaux concernés, la plupart d’entre eux aux États-Unis.
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Attaques terroristes contre les forces de sécurité égyptiennes
  • La Province du Sinaï de l’Etat islamique a annoncé qu’elle avait mené plusieurs attaques terroristes contre les forces de sécurité égyptiennes dans le Nord du Sinaï :
    • Le 22 décembre 2018 : La province du Sinaï a revendiqué la mort de deux officiers et d’un soldat égyptiens par un tireur d’élite dans un camp militaire de Rafah (Amaq, 22 décembre 2018).
    • Le 21 décembre 2018 : Un policier égyptien a été tué par un tireur isolé à un poste de contrôle à Rafah (compte Twitter @ omar_hatem1).
    • Le 19 décembre 2018 : La province du Sinaï a fait exploser un engin piégé contre un bulldozer de l’armée égyptienne (Province du Sinaï de l’Etat islamique, 20 décembre 2018).
Attaques déjouées par les forces de sécurité égyptiennes
  • Le ministère de l’Intérieur égyptien a annoncé que le 23 décembre 2018, il avait tué 14 «terroristes» qui projetaient de mener des attaques terroristes contre des objectifs de sécurité égyptiens dans la ville d’Al-Arish. Les terroristes ont été tués lors des échanges de tirs avec des membres de l’appareil de sécurité nationale, qui relève du ministère de l’Intérieur. Une des photos publiées par le ministère montre une ceinture d’explosifs trouvée avec les terroristes (Page Facebook du ministère égyptien de l’Intérieur, 23 décembre 2018).

Une ceinture d'explosifs trouvée avec les «terroristes» (Page Facebook du ministère égyptien de l'Intérieur, 23 décembre 2018)
Une ceinture d’explosifs trouvée avec les «terroristes» (Page Facebook du ministère égyptien de l’Intérieur, 23 décembre 2018)

Activités du jihad dans d’autres pays
Meurtre de deux touristes jihadistes au Maroc
  • Le 17 décembre 2018, les corps de deux touristes danoises et norvégiennes (l’une âgée de 24 ans et l’autre de 28 ans) ont été retrouvés dans les montagnes de l’Atlas au Maroc. Les deux femmes se dirigeaient vers le plus haut sommet d’Afrique du Nord, site de voyage très prisé. Le corps de l’un d’entre eux a été retrouvé à l’intérieur de la tente où elle séjournait et l’autre à l’extérieur (Reuters, 21 décembre 2018). Les assassins les ont apparemment violées puis leur ont tranché la gorge avec un couteau.
  • Les autorités marocaines ont annoncé que quatre suspects soupçonnés d’avoir commis ces meurtres avaient prêté allégeance à l’Etat islamique. Une vidéo de la cérémonie d’allégeance avait été postée sur les médias sociaux avant les meurtres. Le 21 décembre 2018, le Bureau central d’investigation du Maroc a annoncé que neuf personnes supplémentaires avaient été arrêtées au Maroc parce qu’elles étaient soupçonnées d’être liées aux meurtriers (Reuters, 21 décembre 2018).
Maren Ueland de Norvège (Page Facebook Maren Ueland, 19 décembre 2018)    Louisa Vesterager Jespersen du Danemark (Page Facebook à la mémoire de Louisa Vesterager Jespersen, 20 décembre 2018).
Droite : Louisa Vesterager Jespersen du Danemark (Page Facebook à la mémoire de Louisa Vesterager Jespersen, 20 décembre 2018). Gauche : Maren Ueland de Norvège (Page Facebook Maren Ueland, 19 décembre 2018)

 Trois membres de l'Etat islamique soupçonnés d'avoir assassiné les deux touristes scandinaves au Maroc (Compte Twitter Hamdi el @ hamdilf, 20 décembre 2018)
 Trois membres de l’Etat islamique soupçonnés d’avoir assassiné les deux touristes scandinaves au Maroc (Compte Twitter Hamdi el @ hamdilf, 20 décembre 2018)

Attentat suicide au siège du ministère libyen des Affaires étrangères
  • Le 25 décembre 2018, trois terroristes ont attaqué le siège du ministère libyen des Affaires étrangères libyen à Tripoli. Les bureaux de l’immeuble ont été incendiés. L’attaque a commencé par l’explosion d’une voiture piégée près du ministère des Affaires étrangères. Un terroriste est ensuite entré dans le bâtiment et s’est fait exploser au deuxième étage. Un autre terroriste a été tué dans l’immeuble après l’explosion d’un sac qu’il portait. Les forces de sécurité libyennes auraient tué un troisième homme à l’extérieur du bâtiment. Le membre n’était pas armé mais portait un gilet de protection. Selon un rapport du ministère libyen de la Santé, au moins trois personnes auraient été tuées dans l’attaque, dont un directeur du ministère des Affaires étrangères et dix autres blessées (Akhbar Libya; France 24, 25 décembre 2018).
Au moins deux voitures en feu sur le lieu de l'attaque combinée au siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018)   Fumée sortant du siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018).
Droite : Fumée sortant du siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018). Droite : Au moins deux voitures en feu sur le lieu de l’attaque combinée au siège du ministère des Affaires étrangères libyen à Tripoli (Akhbar Libya, 25 décembre 2018)
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon la réclamation de la responsabilité, l’attaque aurait été perpétrée par trois terroristes portant des ceintures explosives et armés de mitraillettes. Les trois terroristes ont pénétré par effraction au siège du ministère des Affaires étrangères libyen au centre de Tripoli, tuant et blessant 31 membres des forces de sécurité et des responsables du ministère des Affaires étrangères. Les assaillants ont pris le contrôle du siège pendant plusieurs heures, puis l’ont incendié. La revendication de responsabilité se termine par la menace que la campagne, qui a débuté dans la ville de Syrte, n’est pas terminée mais va s’étender (Libye – Province de Tripoli de l’Etat islamique, 25 décembre 2018).
Assassinat à Kaboul
  • Le 24 décembre 2018, une voiture piégée a explosé près d’un complexe à Kaboul où se trouvent des agences gouvernementales d’assistance sociale. Selon le porte-parole du vice-ministre afghan de l’Intérieur, des échanges de tirs prolongés ont eu lieu entre trois « terroristes » et les forces de sécurité afghanes. Selon le porte-parole du ministère afghan de la Santé publique, au moins 43 personnes ont été tuées et 25 blessées (Khaama Press, 24 décembre 2018). La réclamation de l’Etat islamique concernant la responsabilité de l’attaque n’a pas encore été trouvée. Sur la base du modus operandi, on peut supposer que l’attaque a été perpétrée par l’Etat islamique ou par les talibans.
La guerre de propagande
  • Au cours de la semaine écoulée, la diffusion de matériel de propagande (affiches, vidéos) par l’Etat islamique et ses éléments constitutifs, menaçant de mener des attaques contre les pays occidentaux et leurs dirigeants ont ajouté le Président russe Poutine et le Premier ministre israélien Netanyahu). Les affiches et la vidéo encouragent les attaques terroristes inspirées de l’Etat islamique et appellent à des attaques sur le président Trump et d’autres dirigeants (Poutine, Macron, Netanyahou et le pape).
  • L’une des affiches menace de mener des attaques en Occident à l’aide de drones. Les inscriptions et les sous-titres dans les affiches et dans la vidéo sont en anglais (la vidéo publiée par l’Etat islamique est en espagnol et comprend des sous-titres en anglais et en arabe, ainsi que des messages en français). Une vidéo publiée par l’Etat islamique sur son site Internet appelle à des attaques sur fond de photos d’une fête de Noël. L’auteur (ou les auteurs) des attaques est appelé à se mêler aux fêtards, à s’habiller de manière appropriée pour dissimuler son identité ainsi que les explosifs en sa possession, puis à les faire détoner. La vidéo appelle explicitement à des attaques par pilonnage et à l’arc. Cette campagne semble organisée. Il convient de noter que cette campagne est susceptible de renforcer la motivation des partisans de l’Etat islamique dans le monde, notamment dans les pays occidentaux, à mener des attaques. Cela est susceptible d’entraîner des attaques, qui seront menées pendant la saison des vacances, notamment des attaques mortelles telles que des coups de pilon, des coups de couteau et des coups de feu.[2]
Affiche diffusée sur Telegram par des partisans de l'Etat islamique et libellée comme suit : «Juste la terreur - Vos vacances approchent, ainsi que les [dates] de vos funérailles» (Fondation Al-Abd al-Faqir, 24 décembre 2018).   Poster : «Vos vacances approchent, ainsi que les [dates] de vos funérailles» (Fondation des médias Al-Abd al-Faqir, 24 décembre 2018).
Droite : Poster : «Vos vacances approchent, ainsi que les [dates] de vos funérailles» (Fondation des médias Al-Abd al-Faqir, 24 décembre 2018). Gauche : Affiche diffusée sur Telegram par des partisans de l’Etat islamique et libellée comme suit : «Juste la terreur – Vos vacances approchent, ainsi que les [dates] de vos funérailles» (Fondation Al-Abd al-Faqir, 24 décembre 2018).
Affiche en espagnol appelant les «soldats d'Allah» à «se préparer», avec les célébrations de Noël à l'arrière-plan (Muntasir Media Foundation de ISIS, 24 décembre 2018).   Affiche encourageant les attaques pendant les fêtes chrétiennes (Fondation Maharrir al-Ansar, affiliée à l'Etat islamique, 24 décembre 2018). Au sommet, on peut lire Al Andaluzia Publicaciones, c’est-à-dire les publications andalouses. Ceux qui se cachent derrière ce nom sont apparemment des partisans espagnols de l'Etat islamique qui traduisent du matériel en espagnol et le distribuent.
Droite: Affiche encourageant les attaques pendant les fêtes chrétiennes (Fondation Maharrir al-Ansar, affiliée à l’Etat islamique, 24 décembre 2018). Au sommet, on peut lire Al Andaluzia Publicaciones, c’est-à-dire les publications andalouses. Ceux qui se cachent derrière ce nom sont apparemment des partisans espagnols de l’Etat islamique qui traduisent du matériel en espagnol et le distribuent. Gauche : Affiche en espagnol appelant les «soldats d’Allah» à «se préparer», avec les célébrations de Noël à l’arrière-plan (Muntasir Media Foundation de ISIS, 24 décembre 2018).

Affiche en langue espagnole encourageant les attaques de Noël (Télégramme, 24 et 20 décembre 2018).
Affiche en langue espagnole encourageant les attaques de Noël
(Télégramme, 24 et 20 décembre 2018).

[1] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 15 juillet 2018 intitulé : “Increasing the Iranian control of the Albukamal border crossing area – part of Iran’s strategy of establishing an overland supply route connecting Iran with Iraq, Syria and Lebanon (in collaboration with ImageSat International – ISI).”
[2] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 24 décembre 2018 intitulé "ISIS and ISIS Supporters’ Campaign Threatens Christmas Terrorist Attacks.”