Pleins feux sur le jihad mondial (19-25 juillet 2018)

Réunion de la délégation israélienne et de la délégation russe à Jérusalem. La photo montre (de gauche à droite) le chef d'état-major russe Gerasimov, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov, le Premier ministre israélien Netanyahu, le ministre israélien de la Défense Lieberman et le chef d'état-major israélien Eizenkot (Compte Twitter du Premier ministre israélien, 23 juillet 2018)

Réunion de la délégation israélienne et de la délégation russe à Jérusalem. La photo montre (de gauche à droite) le chef d'état-major russe Gerasimov, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov, le Premier ministre israélien Netanyahu, le ministre israélien de la Défense Lieberman et le chef d'état-major israélien Eizenkot (Compte Twitter du Premier ministre israélien, 23 juillet 2018)

Les frappes aériennes de l'armée syrienne et les tirs d'artillerie contre Tell Jamou', au Nord-Est de l'enclave de l'Etat islamique (Khotwa, 23 juillet 2018)

Les frappes aériennes de l'armée syrienne et les tirs d'artillerie contre Tell Jamou', au Nord-Est de l'enclave de l'Etat islamique (Khotwa, 23 juillet 2018)

Ruines dans le village de Tasil à la suite de frappes aériennes prétendument menées par des avions russes (Chaîne Youtube Tasil Al-Ikhbariya, 19 juillet 2018)

Ruines dans le village de Tasil à la suite de frappes aériennes prétendument menées par des avions russes (Chaîne Youtube Tasil Al-Ikhbariya, 19 juillet 2018)

Membre du Siège de Libération d'Al-Sham dans le village d'Al-Fu'ah après son évacuation.

Membre du Siège de Libération d'Al-Sham dans le village d'Al-Fu'ah après son évacuation.

Armes trouvées par les membres du Siège de Libération d'Al-Sham dans les villages d'Al-Fu'ah et de Kafraya. Une des caisses sur la gauche porte une inscription en farsi, précisant : Fusées de 107mm (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 20 juillet 2018)

Armes trouvées par les membres du Siège de Libération d'Al-Sham dans les villages d'Al-Fu'ah et de Kafraya. Une des caisses sur la gauche porte une inscription en farsi, précisant : Fusées de 107mm (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 20 juillet 2018)

Membres des milices chiites avec leurs armes personnelles, près des bus sur le point de les évacuer d'Al-Fu'ah et Kafraya. Sur le terrain, des armes sont collectées lors d'une perquisition menée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham, les menant à l'encontre de l'accord conclu (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 19 juillet 2018)

Membres des milices chiites avec leurs armes personnelles, près des bus sur le point de les évacuer d'Al-Fu'ah et Kafraya. Sur le terrain, des armes sont collectées lors d'une perquisition menée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham, les menant à l'encontre de l'accord conclu (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 19 juillet 2018)

Principaux événements
  • L’armée syrienne achève sa reprise des hauteurs syriennes du Golan tout en établissant sa présence le long de la frontière avec Israël. La seule zone de résistance restante est le bassin du Yarmouk contrôlé par l’Etat islamique, qui a été attaqué par l’armée syrienne, avec des tirs d’artillerie et des frappes aériennes (un avion syrien a été abattu par l’armée de l’air israélienne après avoir pénétré par erreur dans l’espace aérien israélien).
  • La plupart des zones contrôlée par les organisations rebelles sont tombées entre les mains de l’armée syrienne et les forces qui l’appuient, sans combats significatifs mais plutôt par le biais d’accords de cession (accords de réconciliation) impliquant les Russes. La zone la plus importante où un accord de cession a été conclu était la zone de Quneitra. L’accord conclu comprenait un cessez-le-feu, le retour de l’armée syrienne à toutes les positions qui étaient sous son contrôle avant la guerre civile et l’évacuation des activistes rebelles qui ne voulaient pas adhérer à l’accord dans la région d’Idlib dans le Nord de la Syrie. En conséquence, les soldats syriens sont entrés dans les villes et villages de la région sans combat, y compris le village d’Al-Rafid, près de la frontière avec Israël.
  • Par conséquent, la reprise du Sud de la Syrie touche à sa fin et le régime syrien (et les Russes) se tournent vers d’autres zones contrôlées par les groupes rebelles. Les trois zones les plus importantes sont la région d’Idlib, où le Siège de Libération d’Al-Sham est dominant; la zone le long de la frontière avec la Turquie, contrôlée par des organisations rebelles turques; et la région d’Al-Tanf, où les organisations rebelles opèrent sous la protection des États-Unis. Alors que la question de la région d’Al-Tanf et de la zone frontalière syro-turque pourrait être résolue par des pourparlers diplomatiques, la région d’Idlib dans le Nord de la Syrie devrait être le théâtre d’une “bataille finale” entre le régime syrien et les rebelles.
Implication russe en Syrie
Entretiens sécuritaires entre Israël et la Russie
  • Le 23 juillet 2018, une délégation russe conduite par le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le chef d’état-major russe Valery Gerasimov est arrivée à Jérusalem. La délégation a rencontré de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre, le ministre de la Défense et le chef d’état-major. La réunion s’est tenue à la demande du Président russe Vladimir Poutine. Entre autres, les questions liées à l’Iran et à la Syrie ont été abordées lors de la réunion. L’accent a été mis sur la fin de la campagne syrienne sur la base de la mise en œuvre de l’accord de désengagement des forces de 1974 (Site du ministère israélien des Affaires étrangères, site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 23 juillet 2018).
  • A la fin de la réunion, aucune annonce officielle sur le contenu des discussions n’a été publiée. Selon les médias occidentaux et israéliens, la Russie a proposé que les forces iraniennes se retirent à une centaine de kilomètres de la frontière syro-israélienne. D’un autre côté, selon les médias, la partie israélienne a exigé un retrait total des forces iraniennes de la Syrie. Selon une “source politique” israélienne, le retrait des forces iraniennes devrait également inclure des éléments supplémentaires : le retrait des armes à longue portée et d’autres armes d’importance stratégique, telles que les systèmes de défense aérienne; l’arrêt de la fabrication d’armes de précision et la fermeture des points de passage entre la Syrie et le Liban et entre l’Irak et la Syrie, à travers lesquels des armes sont introduites clandestinement (Reuters, 23 juillet 2018, Ynet, 24 juillet 2018, RIA, 24 juillet 2018).
Déclaration de l’ambassadeur de Russie en Syrie concernant la région d’Idlib
  • Dans une interview accordée aux médias russes, l’ambassadeur de Russie en Syrie, Alexander Kinshak, a fait référence à la zone de désescalade à Idlib. Selon Kinshak, la situation dans la zone est très complexe et contient la plus forte concentration de terroristes. L’ambassadeur a souligné que des UAV avaient été lancés depuis la zone d’Idlib en direction de Hmeymim (principale base permanente russe en Syrie), ce qui représente une véritable menace pour les forces russes[1]. L’ambassadeur russe a noté que les discussions sur Idlib n’étaient pas simples, chacun des pays impliqués dans la réconciliation en Syrie (Russie, Turquie et Iran) ayant ses propres intérêts nationaux. Il a précisé que les pays (impliqués) faisaient des efforts pour trouver un dénominateur commun sur la question d’Idlib et a exprimé sa confiance qu’ils parviendraient également à coopérer dans cette région (Agence de presse TASS, 19 juillet 2018).
Syrie

Zones de contrôle en Syrie après la reprise par l'armée syrienne de la plus grande partie du Sud du pays (exact au 24 juillet 2018). Les zones de contrôle de l'Etat islamique (en noir) se trouvent dans le bassin du Yarmouk, dans la région d'Al-Safa au Nord-Est de Suwayda, dans la zone désertique entre Abu Kamal et Palmyre et le long de la frontière syrienne. Les zones de contrôle des organisations rebelles (en vert) se trouvent dans la zone d'Idlib, le long de la frontière syro-turque, et dans la zone de Tanf (Khotwa, juillet 2018)
Zones de contrôle en Syrie après la reprise par l’armée syrienne de la plus grande partie du Sud du pays (exact au 24 juillet 2018). Les zones de contrôle de l’Etat islamique (en noir) se trouvent dans le bassin du Yarmouk, dans la région d’Al-Safa au Nord-Est de Suwayda, dans la zone désertique entre Abu Kamal et Palmyre et le long de la frontière syrienne. Les zones de contrôle des organisations rebelles (en vert) se trouvent dans la zone d’Idlib, le long de la frontière syro-turque, et dans la zone de Tanf (Khotwa, juillet 2018)

La campagne dans le Sud de la Syrie

Aperçu général

L’armée syrienne achève rapidement la reprise des hauteurs syriennes du Golan et la campagne de libération du Sud de la Syrie touche à sa fin. Les forces rebelles, y compris le Siège de Libération d’Al-Sham, ont cessé de se conduire en tant que force militaire organisée. La plupart des villes sous le contrôle des rebelles se sont rendues sans combats significatifs, par des accords de cession négociés par médiation russe. Des accords de cession notables ont été conclus dans les villes de Nawa et de Quneitra, rejointes par d’autres villages. Les membres qui n’ont pas accepté ces accords ont été évacués vers la région d’Idlib. L’armée syrienne achève actuellement son déploiement dans des zones précédemment occupées par les organisations rebelles, y compris des villages proches de la frontière avec Israël. La seule poche de résistance dans la région syrienne du Golan reste le bassin du Yarmouk contrôlé par l’Etat islamique, actuellement attaqué par l’armée syrienne, qui utilise des tirs d’artillerie et des frappes aériennes.

Reprise des hauteurs du Golan

  • L’armée syrienne a pris le contrôle de la ville de Nawa grâce à un accord de reddition qui a été conclu après des frappes aériennes et des attaques d’artillerie massives, qui ont fait de nombreuses victimes. Les négociations pour conclure un accord de cession ont été menées avec des représentants syriens et russes. Dans le cadre de l’accord, des armes lourdes et de taille moyenne ont dû être rendues, et le statut personnel des membres des forces rebelles a été réglementé (y compris l’option offerte à des soldats et officiers de retourner dans l’armée syrienne). Selon l’accord, les membres refusant l’accord pourront être évacués vers Idlib (Khotwa, 18 juillet 2018). En parallèle à l’accord de Nawa, des accords de cession locaux ont également été signés avec d’autres villages au Nord de Nawa, y compris Inkhil et Jassem. Ainsi, l’armée syrienne a pris le contrôle d’une vaste zone précédemment détenue par les rebelles.

Le 20 juillet 2018, un accord de cession a été signé dans la région de Quneitra, par médiation russe. L’accord a transféré de vastes étendues à l’armée syrienne et a mis fin à la présence militaire organisée des organisations rebelles dans les hauteurs syriennes du Golan et dans le Sud de la Syrie en général (à l’exception du bassin du Yarmouk occupé par l’Etat islamique ). L’accord comprend un cessez-le-feu dans la région de Quneitra et le retour de l’armée syrienne à toutes les positions qui étaient sous son contrôle avant la guerre civile. L’accord stipule que ceux qui refusent d’y adhérer, principalement des membres du Siège de Libération d’Al-Sham et d’Ahrar Al-Sham, seront évacués vers le Nord de la Syrie (Muraselon, 20-21 juillet 2018). 

  • Suite à l’accord, et dans le cadre des préparatifs de leur évacuation vers le Nord de la Syrie, les membres du Siège de Libération d’Al-Sham ont détruit leurs quartiers généraux et incendié des dépôts, véhicules et documents à Quneitra et dans les villages voisins (Bureau d’information des forces armées du Hezbollah, 21 juillet 2018). Les membres qui n’ont pas accepté les termes de l’accord de cession ont été transférés de Quneitra et de ses environs au village d’Umm Batinah, à environ 7 km à l’Est de la ville. De là, ils ont été évacués vers le Nord (Bureau central d’information militaire du Hezbollah, agence de presse Khotwa, 21 juillet 2018).
  • L’évacuation des rebelles vers le Nord a été réalisée en plusieurs phases. La première phase a été réalisée le 20 juillet 2018 : les militants et leurs familles ont été évacués de Umm Batinah vers le Nord, vers la province d’Idlib (Al-Jazeera, 20 juillet 2018). La deuxième phase a été réalisée le 21 juillet 2018 (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d’Al-Sham, 21 juillet 2018). Sana, l’agence de presse officielle syrienne, a rapporté que près de 250 membres des forces rebelles et leurs familles ont été évacués au Nord de la Syrie dans le cadre de la deuxième phase (SANA, 21 juillet 2018). Les médias syriens ont rapporté que l’un des convois avait été retardé pendant plusieurs heures par des milices pro-iraniennes chiites, dont Asaib Ahl Al-Haqq (Al-Durar Al-Shamiya, Suria.net, 22 juillet 2018).
 La deuxième phase : Des bus partent, évacuant des membres du Siège de Libération d'Al-Sham à Idlib (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 21 juillet 2018)   Des bus évacuent des rebelles de la région de Quneitra qui n'ont pas accepté l'accord de cession. Des soldats de l'armée syrienne se tiennent sur le quai (Bureau central d'information militaire du Hezbollah, 21 juillet 2018).
Droite : Des bus évacuent des rebelles de la région de Quneitra qui n’ont pas accepté l’accord de cession. Des soldats de l’armée syrienne se tiennent sur le quai (Bureau central d’information militaire du Hezbollah, 21 juillet 2018). Gauche : La deuxième phase : Des bus partent, évacuant des membres du Siège de Libération d’Al-Sham à Idlib (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d’Al-Sham, 21 juillet 2018)

Après l’évacuation des organisations rebelles de Quneitra et de ses environs, l’armée syrienne a commencé à entrer dans les villages près de la frontière avec Israël. Le 23 juillet 2018, l’armée syrienne aurait pénétré dans la matinée dans le village d’Al-Rafid, à environ 20 km au Sud de Quneitra, après que le village a rejoint l’accord de cession (Muraselon, 23 juillet 2018).

L’armée syrienne attaque l’enclave de l’Etat islamique dans le bassin du Yarmouk

Le 19 juillet 2018, l’armée syrienne a lancé une attaque contre l’enclave de l’Etat islamique dans le bassin du Yarmouk. L’attaque s’est déroulée au Nord et au Sud-Est de l’enclave. Dans le même temps, l’enclave est soumise à des tirs d’artillerie massifs et à des frappes aériennes. Dans l’une de ces frappes aériennes, l’armée de l’air israélienne a intercepté un avion de combat syrien entré dans l’espace aérien israélien par erreur. Les membres de l’Etat islamique, pour leur part, s’efforcent de freiner l’attaque, mais l’équilibre des forces militaires n’est clairement pas en leur faveur.

La ligne de contact entre l'armée syrienne et l'Etat islamique dans le bassin du Yarmouk (Muraselon, 23 juillet 2018)
La ligne de contact entre l’armée syrienne et l’Etat islamique dans le bassin
du Yarmouk (Muraselon, 23 juillet 2018)

  • Le 19 juillet 2018, l’armée syrienne a attaqué les villages de Jilen et Tell Ashtara (Ghurabaa, site affilié à l’Etat islamique, 19 juillet 2018). L’Etat islamique a affirmé que plus de 24 soldats syriens avaient été tués dans les combats à Jilen. L’armée syrienne a également attaqué le village de Tasil, au Nord-Est de l’enclave. Dans le même temps, l’armée syrienne a tiré des tirs d’artillerie sur des cibles dans l’enclave, y compris les villages de Jilen, Tasil et Sahm AlJawlan, dans la zone de contrôle de l’Etat islamique. Les villages ont subi de lourds dégâts (Observatoire syrien des droits de l’homme, 20 juillet 2018). Pendant l’attaque, l’armée de l’air syrienne a mené des frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique (les médias affiliés aux organisations rebelles ont affirmé que des avions russes étaient également impliqués dans les attaques).
  • Le 24 juillet 2018, l’armée de l’air israélienne a abattu un avion de chasse syrien qui avait pénétré de 2 km dans l’espace aérien israélien. L’avion s’est abattu dans l’enclave contrôlée par l’Etat islamique. Selon les médias affiliés au régime syrien, il s’agissait d’un avion de combat syrien qui a attaqué des cibles de l’Etat islamique dans le village de Saida, dans la partie Nord-Ouest de l’enclave (SANA, 24 juillet 2018).
 Tir d'artillerie de l'Etat islamique contre l'armée syrienne et les forces qui la soutiennent dans le bassin du Yarmouk (Extrait d'une vidéo de l'Agence de presse Amaq, Twitter, 24 juillet 2018)   Avion de chasse en feu, peut-être l'avion de combat syrien qui a été abattu par Israël (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d'Al-Sham, 24 juillet 2018).
Droite : Avion de chasse en feu, peut-être l’avion de combat syrien qui a été abattu par Israël (Ibaa, agence de presse affiliée au Siège de Libération d’Al-Sham, 24 juillet 2018). Gauche : Tir d’artillerie de l’Etat islamique contre l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent dans le bassin du Yarmouk (Extrait d’une vidéo de l’Agence de presse Amaq, Twitter, 24 juillet 2018)
  • Le 24 juillet 2018, il a été rapporté que depuis le début de l’attaque dans le bassin du Yarmouk, le 19 juillet 2018, au moins 43 soldats de l’armée syrienne et des membres des milices qui la soutiennent ont été tués. En outre, au moins 61 membres de l’armée de Khaled bin Al-Walid, affiliée à l’Etat islamique, ont été tués. Depuis le début de la campagne, il y a eu plus de 2 085 sorties d’avions russes et syriens. Jusqu’à présent, les tirs d’artillerie comprenaient des centaines de roquettes, d’obus de chars et d’obus de mortier (Observatoire syrien des droits de l’homme, 24 juillet 2018).
Evacuation des habitants d’Al-Fu’ah et de Kafray dans la région d’Idlib

Un accord récemment conclu a été mis en œuvre cette semaine pour évacuer les habitants d’Al-Fu’ah et de Kafraya, deux villages chiites au Nord et au Nord-Est d’Idlib, qui ont été assiégés par les organisations rebelles pendant plus de trois ans. Les parties impliquées par l’accord sont le régime syrien et le Siège de Libération d’Al-Sham, mais il semble que l’Iran (auquel les villages étaient affiliés), la Russie et la Turquie étaient également impliqués. L’accord stipule que les résidents, environ 70 00 personnes, seront évacués vers Alep ou vers toute autre destination de leur choix. En retour, 1 500 détenus du régime syrien et du Hezbollah seront libérés. Parmi ceux qui ont été libérés figurent également des membres du Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations rebelles. L’accord stipule également le retour des personnes enlevées détenues par les organisations rebelles du village d’Ashtabraq (à environ 32 km au Sud-Ouest d’Alep). Ils ont été enlevés par le Front Al-Nusra et d’autres organisations le 26 avril 2015, après un massacre des habitants du village (SANA, 19 juillet 2018).

  • Le 19 juillet 2018, les habitants d’Al-Fu’ah et de Kafraya ont été évacués avec environ 120 bus et des douzaines d’ambulances du Croissant-Rouge syrien. La plupart des évacués ont été transférés, en plusieurs phases, vers des centres de résidence temporaire à Alep et certains d’entre eux vers Lattaquié (SANA, 19 et 21 juillet 2018). Après l’évacuation des habitants, le Siège de Libération d’Al-Sham, l’organisation rebelle dominante dans la région d’Idlib, a pris le contrôle des deux villages.
  • Les membres libérés d’Al-Fu’ah et de Kafraya comprenaient cinq combattants et un commandant supérieur du Hezbollah. Les six hommes ont été transférés à Damas et de là au Liban. Une cérémonie de bienvenue a été organisée en leur honneur dans la banlieue Sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Hassan Nasrallah les a appelés et les a félicités pour leur persévérance (Al-Akhbar, 19 juillet 2018).
Est de la Syrie

Activités de l’Etat islamique dans la région d’Abu Kamal

  • Cette semaine également, l’Etat islamique a continué à mener des opérations de guérilla contre l’armée syrienne dans la région d’Abu Kamal. Le 16 juillet 2018, l’Etat islamique a tiré des obus de mortier sur des postes de l’armée syrienne à l’Ouest d’Abu Kamal (Site Internet affilié à l’Etat islamique, www.k1falh.ga, 16 juillet 2018). L’Etat islamique a également autorisé des civils vivant dans trois villages sous son contrôle à quitter leurs maisons. Les villageois en question sont des habitants de Hajin (environ 25 km au Nord d’Abu Kamal), Al-Shafah (environ 10 km au Nord d’Abu Kamal) et Al-Sousa (environ 7 km au Nord-Est d’Abu Kamal) (Khotwa, 21 juillet 2018).
Un membre de l'Etat islamique tire un mortier sur des positions de l'armée syrienne dans le village d'Al-Khairat, à l'Ouest d'Abu Kamal. Le mortier a été enveloppé dans une couverture à des fins de camouflage (Site Internet affilié à l'Etat islamique www.k1falh.ga, 16 juillet 2018)    Les villages de Hajin (1), Al-Sha'fah (2) et Sousa (3), dont les résidents ont été évacués avec la permission de l'Etat islamique (Google Maps).
Droite : Les villages de Hajin (1), Al-Sha’fah (2) et Sousa (3), dont les résidents ont été évacués avec la permission de l’Etat islamique (Google Maps). Gauche : Un membre de l’Etat islamique tire un mortier sur des positions de l’armée syrienne dans le village d’Al-Khairat, à l’Ouest d’Abu Kamal. Le mortier a été enveloppé dans une couverture à des fins de camouflage (Site Internet affilié à l’Etat islamique www.k1falh.ga, 16 juillet 2018)
Principaux développements en Irak
Activités de l’Etat islamique
  • Le 19 juillet 2018, six terroristes suicide de l’Etat islamique ont attaqué les forces de la police pétrolière et de la mobilisation populaire à la station de pompage K2. L’attaque a eu lieu à six kilomètres à l’Ouest de Baiji. À la suite des explosions, plusieurs membres de la police pétrolière ont été blessés mais aucun décès n’a été signalé (Agence de presse irakienne, 19 juillet 2018).
  • De plus, les opérations de guérilla de l’Etat islamique contre les forces de sécurité irakiennes se sont poursuivies, mais à une intensité relativement faible cette semaine. Parmi les incidents remarquables figurent l’assassinat d’un agent de mobilisation populaire par des tirs de snipers au nord-est de Baqubah (20 juillet 2018); l’explosion d’un engin explosif improvisé contre des véhicules de la mobilisation populaire dans la province de Salah al-Din (21 juillet 2018); l’assassinat de membres de la police fédérale à 77 km au Nord de Bagdad (22 juillet 2018); et l’explosion d’engins piégés contre des véhicules de la police fédérale à l’Ouest de Kirkouk (22 juillet 2018).
Activités des forces de sécurité irakienne
  • Selon les médias irakiens, 15 membres de l’Etat islamique ont été tués dans un raid aérien contre une concentration de membres de l’Etat islamique à 90 km au Nord-Est de Baqubah (Al-Sumaria News, 22 juillet 2018). En outre, l’opération Seconde vengeance des chahids s’est poursuivie dans la région de Samarra, à environ 100 km au Nord de Bagdad. Pendant l’opération, des engins piégés ont été détruits et neutralisés, des cachettes des membres de l’Etat islamique ont été détruites et un tunnel qui avait été utilisé par l’Etat islamique a également été détruit (Compte Twitter affilié à l’armée irakienne, 20 juillet 2018).
  • Selon un rapport du 23 juillet 2018, un total de 23 membres de l’Etat islamique ont été arrêtés par la police irakienne dans le quartier d’Al-Quds, dans la partie Est de la ville de Mossoul. Les détenus comprennent le responsable de la collecte des fonds de charité de l’Etat islamique dans les zones au Sud de Mossoul, un agent immobilier de l’Etat islamique et un agent de la police islamique à l’époque où Mossoul était sous le contrôle de l’organisation (Agence de presse irakienne, 23 juillet 2018).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
L’Etat islamique poursuit des activités de terrorisme et de guérilla contre les forces de sécurité au Nord du Sinaï
  • Le 21 juillet 2018, l’agence de presse Amaq a annoncé qu’un soldat de l’armée égyptienne avait été tué et qu’un véhicule avait été touché par deux engins piégés à un passage frontalier (Site Internet affilié à I’Etat islamique www.k1falh.ga, 21 juillet 2018). Le 21 juillet 2018, l’agence de presse Amaq a rapporté qu’un officier de l’armée égyptienne et un soldat avaient été tués par un tireur embusqué de l’Etat islamique dans la région d’Al-Ghaza au Sud-Ouest de Sheikh Zuweid (Site Internet affilié à l’Etat islamique www.k1falh.ga, 21 juillet 2018). L’Etat islamique a récemment intensifié ses attaques contre les forces de sécurité égyptiennes dans le Nord de la péninsule du Sinaï, malgré les nombreuses activités de sécurité des forces de sécurité égyptiennes.
Activités du jihad dans d’autres pays

Attentat suicide de l’Etat islamique dans un aéroport de Kaboul

  • Le 22 juillet 2018, un terroriste de l’Etat islamique a perpétré un attentat suicide près de la porte d’entrée de l’aéroport de Kaboul. L’attaque a eu lieu quelques minutes après que le convoi du vice-président afghan ait quitté l’aéroport[2]. L’attaque a fait au moins 14 morts et 60 blessés (Afghanistan Times, 23 juillet 2018).
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon la réclamation de responsabilité, l’attaque a été menée par un terroriste nommé Akrama al-Khorasani, qui s’est fait exploser avec une veste explosive. Selon la réclamation de responsabilité, l’attaque était dirigée contre les invités lors d’une réception organisée en l’honneur du vice-président de l’Afghanistan. Selon l’organisation, l’attaque a tué et blessé au moins 115 membres des forces de sécurité afghanes et des partisans du vice-président (Site Internet affilié à l’Etat islamique www.k1falh.ga, 22 juillet 2018). 

[1] Depuis le retrait de la plupart des forces russes de Syrie (Décembre 2017), la base aérienne de Hmeymim et le centre logistique de la marine russe à Tartous ont été la cible d'attaques des organisations rebelles (dans la région d'Idlib). Au cours des sept derniers mois, il y a eu huit attaques contre la base russe de Hmeymim. Les deux attaques les plus récentes ont été menées les 21 et 22 juillet 2018. Lors de ces attaques, les systèmes de défense aérienne russes ont intercepté des UAV approchant de la base. Dans l'une des attaques (21 juillet), les drones auraient été lancés depuis la province de Lattaquié (RT, 22 juillet 2018).
[2] Le vice-président afghan, le général Abd al-Rasheed Dostum, est revenu de son exil en Turquie après 14 mois d'emprisonnement après que son rival politique Ahmad Ischi l'ait accusé d'actes de viol et de torture. Il était apparemment la cible de l'attaque (Afghanistan Times, 23 juillet 2018).