Pleins feux sur le jihad mondial (18-24 octobre 2018)

Ceintures explosives, équipement pour la fabrication d’engins piégés et armes trouvées par le Siège de Libération d’Al-Sham

Ceintures explosives, équipement pour la fabrication d’engins piégés et armes trouvées par le Siège de Libération d’Al-Sham

Samer Ahmad al-Amin, agent de sécurité de l'Etat islamique, propriétaire du camion piégé (Agence de presse Ibaa, 20 octobre 2018)

Samer Ahmad al-Amin, agent de sécurité de l'Etat islamique, propriétaire du camion piégé (Agence de presse Ibaa, 20 octobre 2018)

Rasmiya Abu Amar (centre), druze enlevée. Derrière elle se trouvent Abir Shalgheen et certains de ses enfants. Les femmes enlevées ont été transportées par un véhicule qui les a fait sortir de la zone contrôlée par l'Etat islamique à Al-Safa (Compte Twitter Suwayda 24, 19 octobre 2018)

Rasmiya Abu Amar (centre), druze enlevée. Derrière elle se trouvent Abir Shalgheen et certains de ses enfants. Les femmes enlevées ont été transportées par un véhicule qui les a fait sortir de la zone contrôlée par l'Etat islamique à Al-Safa (Compte Twitter Suwayda 24, 19 octobre 2018)

Quatorze personnes enlevées sont toujours aux mains de l'Etat islamique (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 18 octobre 2018)

Quatorze personnes enlevées sont toujours aux mains de l'Etat islamique (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, 18 octobre 2018)

Voiture piégée dont le conducteur a été tué par un tireur d'élite des FDS au Sud d'Al-Susah (SDF Media Center, 22 octobre 2018)

Voiture piégée dont le conducteur a été tué par un tireur d'élite des FDS au Sud d'Al-Susah (SDF Media Center, 22 octobre 2018)

Principaux évènements
  • Dans l’enclave d’Idlib, la mise en place de la zone démilitarisée n’a toujours pas progressé, même après l’extension de la mise en œuvre de l’accord de Sotchi. Le Siège de Libération d’Al-Sham, qui est la force dominante dans la région d’Idlib, refuse de retirer ses armes lourdes de la zone démilitarisée et l’a annoncé publiquement. La situation sur le terrain est généralement calme. Les parties rivales profitent de ce répit pour se préparer à la possibilité que la campagne syrienne pour la reprise d’Idlib commence.
  • Dans l’Est de la Syrie, les forces des FDS kurdes continuent d’attaquer l’enclave de l’Etat islamique au nord d’Abu Kamal, avec l’appui aérien de la coalition. Les forces des FDS rencontrent des difficultés et mènent des batailles acharnées contre l’Etat islamique, centrées sur la ville de Hajin (fief de l’Isis) et le village de Sousa (Nord-Est d’Abu Kamal). Dans la région d’As-Suwayda, dans le sud de la Syrie, l’Etat islamique continue de se battre sans relâche contre l’armée syrienne. Un cessez-le-feu a été conclu afin de permettre la conclusion d’un accord dans le cadre duquel six personnes enlevées par des Druzes (deux femmes et leurs quatre enfants) ont été libérées en échange des épouses de membres de l’Etat islamique arrêtées par le régime syrien. Il a été rapporté que dans des phases additionnelles de la transaction, l’organisation recevrait 27 millions de dollars (et cela pourrait augmenter son “appétit” pour utiliser les enlèvements comme source de revenus pour compenser les sources de revenus perdues).
Mise en œuvre de l’accord de Sotchi

La création de la zone démilitarisée, décidée lors du sommet de Sotchi entre les présidents russe et turc, ne progresse pas. À la fin du délai fixé pour l’établissement de la zone (le 15 octobre 2018), la Russie a annoncé qu’elle avait accordé une prolongation pour la mise en œuvre de l’accord. Même pendant l’extension, le Siège de Libération d’Al-Sham n’a pas sorti ses armes de la zone démilitarisée[1]. Le régime syrien, pour sa part, continue de menacer de réclamer très rapidement sa souveraineté sur la région d’Idlib.

Incidents locaux entre l’armée syrienne et les organisations rebelles
  • Dans la région d’Idlib, le calme règne généralement, à l’exception de quelques incidents entre l’armée syrienne et les organisations rebelles. Selon un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’armée syrienne aurait ouvert le feu sur la banlieue du village d’Al-Arba’een (à environ 63 km au Sud d’Idlib) dans la zone démilitarisée. D’autre part, les organisations rebelles ont tiré neuf roquettes dans plusieurs quartiers du Nord-Ouest 0d’Alep contrôlés par l’armée syrienne (Observatoire syrien des droits de l’homme, 23 octobre 2018).
Préparatifs en vue de l’ouverture de terminaux dans la région d’Idlib
  • Les médias russes ont annoncé que des préparatifs étaient en cours pour l’ouverture de points de passage humanitaires dans la région d’Idlib. Ces points de passage permettront aux résidents de quitter les enclaves d’Idlib lorsque les combats contre les organisations rebelles reprendront (Spoutnik, 20 octobre 2018).
  • Une source de l’armée syrienne a déclaré que la Syrie travaillait en coordination avec la Russie pour ouvrir le point de passage humanitaire Abu al-Dhuhur (à 41 km au Sud-Est d’Idlib) d’ici quelques jours. Ce passage permettra aux civils qui souhaitent quitter les zones contrôlées par les forces rebelles dans la région d’Idlib de s’installer dans des zones contrôlées par l’armée syrienne. Les préparatifs logistiques et techniques nécessaires à la sécurisation du terminal sont presque terminés. Une source militaire russe en Syrie a estimé que les terminaux dans les zones rurales du Nord de Hama ouvriraient prochainement. Il a été signalé que les Russes ont consulté les Syriens au sujet de la possible réouverture du terminal de Mourik (25 km au Nord de Hama) et du terminal de Qalaat al-Madhiq (44 km au Nord-Ouest de Hama) (Sputnik, 20 octobre 2018).

Les terminaux qui pourraient être ouverts dans la région d’Idlib: Abu al-Dhuhur [1]; Mourik [2]; Qalaat al-Madhiq [3] (Google Maps)
Les terminaux qui pourraient être ouverts dans la région d’Idlib: Abu al-Dhuhur [1]; Mourik [2]; Qalaat al-Madhiq [3] (Google Maps)

Selon nous, les préparatifs en vue de l’ouverture des points de passage humanitaires peuvent être considérés comme faisant partie des préparatifs du régime syrien en vue d’une éventuelle reprise des combats. Le fait d’encourager les habitants à quitter les zones contrôlées par les rebelles a pour but d’éviter de lourdes pertes et une fuite massive, une fois que la campagne pour la reprise d’Idlib sera renouvelée (ce qui pourrait entraîner une pression internationale sur le régime syrien). Il est raisonnable de supposer que les organisations rebelles, qui s’emploient à renforcer leur emprise sur la population et l’utilisent au besoin en tant que bouclier humain, essaieront d’empêcher les mouvements massifs de résidents vers des zones contrôlées par l’armée syrienne par le biais des terminaux humanitaire.

Le régime syrien menace du retour d’Idlib sous souveraineté syrienne
  • Lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies à New York, l’ambassadeur de Syrie aux Nations Unies a déclaré que la Syrie se félicitait de l’accord de Sotchi sur Idlib en raison de ce qu’il a appelé “son engagement à prévenir les effusions de sang”. Il a toutefois répété que “la ville d’Idlib, comme toutes les régions de la Syrie, sera bientôt sous souveraineté syrienne” (Télévision syrienne, 18 octobre 2018).
Le Siège de Libération d’Al-Sham continue d’opérer contre l’Etat islamique
  • Les membres du Siège de Libération d’Al-Sham ont continué à attaquer des cachettes de l’Etat islamique dans la région d’Idlib. Lors de l’un des raids, dans le village de Msaibeen, au Sud d’Idlib, de grandes quantités d’armes ont été découvertes, notamment des ceintures d’explosifs et un camion piégé (Agence de presse Ibaa, affiliée au Siège de Libération d’Al-Sham, 19 octobre). 2018). Après la saisie des armes, des agents de sécurité de l’organisation ont arrêté Samer Ahmad al-Amin, un membre de l’Etat islamique à qui appartenait le camion piégé. Plusieurs ceintures d’explosifs ont également été trouvées en sa possession (Agence de presse Ibaa, 20 octobre 2018).
Samer Ahmad al-Amin, agent de sécurité de l'Etat islamique, propriétaire du camion piégé (Agence de presse Ibaa, 20 octobre 2018)   Quatre barils d'explosifs se trouvant sur le camion piégé (Agence de presse Ibaa, 19 octobre 2018).
Droite : Quatre barils d’explosifs se trouvant sur le camion piégé (Agence de presse Ibaa, 19 octobre 2018). Gauche : Samer Ahmad al-Amin, agent de sécurité de l’Etat islamique, propriétaire du camion piégé (Agence de presse Ibaa, 20 octobre 2018)
Poursuite des manifestations contre le régime syrien
  • Le 19 octobre 2018, une manifestation a eu lieu dans la ville de Marea, à environ 26 km au Nord d’Alep, dans la zone contrôlée par les organisations rebelles. Les manifestants sont apparus dans une vidéo portant des drapeaux de l’Armée syrienne libre, avec une chanson en fond sonore. Les paroles de la chanson étaient : “Va-t’en, O Bashar”. La vidéo montre également un garçon portant une pancarte avec les mots: “Le peuple syrien […] est celui qui décidera qui ira et qui restera”, et “Les casques blancs ne sont pas des terroristes” (Page Facebook Furat Post, 19 octobre 2018).
Un garçon portant une pancarte avec le texte arabe : "Le peuple syrien […] est celui qui décidera qui ira et qui restera" (Page Facebook de Furat Post, 19 octobre 2018)    Des manifestants portant des drapeaux de l'Armée syrienne libre dans la ville de Marea, au Nord d'Alep.
Droite : Des manifestants portant des drapeaux de l’Armée syrienne libre dans la ville de Marea, au Nord d’Alep. Gauche : Un garçon portant une pancarte avec le texte arabe : “Le peuple syrien […] est celui qui décidera qui ira et qui restera” (Page Facebook de Furat Post, 19 octobre 2018)
Un officier des Gardiens de la Révolution iranienne capturé par le Siège de Libération d’Al-Sham lance un appel à sa libération
  •  Le 20 octobre 2018, le Siège de Libération d’Al-Sham a publié une vidéo montrant un officier des Gardiens de la Révolution iranienne détenu par l’organisation. Le prisonnier a été identifié comme étant le colonel Abu al-Hassan Suleiman Biyati. Biyati, qui a parlé en farsi, a déclaré qu’il avait servi au sein des Gardiens de la révolution iraniens pendant 29 ans. Il note qu’il a été blessé et demande que des efforts soient déployés pour le relâcher. Il a ajouté: “J’appelle tous les hauts responsables iraniens, en particulier Qassem Soleimani [commandant de la Force Qods], à faire des efforts pour me libérer” (Siège de Libération d’Al-Sham, 20 octobre 2018). Des articles sur les médias sociaux ont indiqué que Biyati avait été fait prisonnier en 2016 au Sud d’Alep (Twitter, 20 octobre 2018). Les médias iraniens ont cité le reportage, mais des sources iraniennes se sont abstenus de le vérifier.

Le colonel Abu al-Hassan Soleiman Biyati, officier des Gardiens de la Révolution iranienne, aux mains du Siège de Libération d'Al-Sham (Siège de Libération d'Al-Sham, 20 octobre 2018)
Le colonel Abu al-Hassan Soleiman Biyati, officier des Gardiens de la Révolution iranienne, aux mains du Siège de Libération d’Al-Sham (Siège de Libération d’Al-Sham, 20 octobre 2018)

Sud de la Syrie
La campagne dans la région d’Al-Safa
  •  Dans la région d’Al-Safa, de violents combats se sont poursuivis entre l’armée syrienne et les membres de l’Etat islamique. Le 16 octobre 2018, l’agence de presse Amaq de l’Etat islamique a rapporté que des membres de l’Etat islamique avaient tué et blessé 46 soldats syriens dans la région d’Al-Safa. Un jour plus tard, Amaq a annoncé l’assassinat de quatre autres soldats (Enab Baladi, 17 octobre 2018).
  • Le 18 octobre 2018, un cessez-le-feu entre l’armée syrienne et l’Etat islamique est entré en vigueur. Il a duré au moins jusqu’au 22 octobre 2018 (Enab Baladi, 21 octobre 2018; Al-Araby Al-Jadeed, 23 octobre 2018). Les parties étaient intéressées par le cessez-le-feu afin de permettre la mise en œuvre de l’accord de libération des druzes enlevés, conclu le 20 octobre 2018 (voir ci-dessous). L’armée syrienne aurait envoyé des renforts dans la région d’Al-Safa pour augmenter la pression sur l’organisation et accélérer la libération des femmes druzes enlevées à As-Suwayda (Observatoire syrien des droits de l’homme, 20 octobre 2018).
Deux commandants du Hezbollah tués par l’Etat islamique
  • Selon une source affiliée à l’Etat islamique, deux commandants du Hezbollah, Mohammad Zaydan et Mohammad Saeed, ont été tués lors de la détonation d’un engin piégé de l’Etat islamique. L’engin a été activé contre un véhicule dans lequel ils se trouvaient dans une zone désertique autour d’As-Suwayda. La photo publiée montre les deux hommes et le véhicule qui a été touché (Agence de presse Mu’ta, 22 octobre 2018).

Deux commandants du Hezbollah tués par un engin piégé de l'Etat islamique dans la région d'As-Suwayda (Agence de presse Mu'ta, 22 octobre 2018)
Deux commandants du Hezbollah tués par un engin piégé de l’Etat islamique dans la région d’As-Suwayda (Agence de presse Mu’ta, 22 octobre 2018)

Libération de détenus kurdes enlevées par l’Etat islamique
  • À l’issue des négociations entre l’Etat islamique et le régime syrien et les dignitaires locaux druzes, un accord a été conclu pour libérer certaines des femmes druzes enlevées par l’Etat islamique dans la région d’As-Suwayda. Le 20 octobre 2018, l’organisation a libéré deux femmes et quatre enfants. En retour, le régime syrien a libéré 17 femmes, épouses de membres de l’Etat islamique et huit de leurs enfants (Suwayda 24, 20 octobre 2018).
  • Selon Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, il s’agissait de la première phase d’un accord global conclu entre les parties. Dans le cadre de cet accord, le régime syrien doit libérer plus de 60 femmes (apparemment des épouses d’activistes de l’Etat islamique) et payer 27 millions de dollars à l’Etat islamique (Al-Nashra, 20 octobre 2018; Observatoire syrien des droits de l’homme, 22 octobre 2018). Selon les médias arabes, l’accord global sera réalisé en trois phases (Al-Araby Al-Jadeed, 23 octobre 2018). L’Etat islamique a publié des photos de 14 personnes enlevées et détenues (probablement pour indiquer qu’il est intéressé par la promotion de phases ultérieures)

L’accord d’échange de prisonniers a été rendu possible grâce aux pressions récemment exercées sur le régime syrien par les habitants druzes de la région d’As-Suwayda, qui ont organisé des manifestations de protestation. La libération des femmes enlevées aidera le régime syrien à atténuer les pressions de la population druze et à promouvoir les efforts du régime pour contrôler la région. Selon l’Etat islamique, le fait de recevoir d’importantes sommes d’argent pour libérer les otages pourrait l’inciter à enlever davantage de civils comme source alternative de revenus, compensant ainsi les revenus perdus à la suite de l’effondrement de l’État islamique.

Syrie orientale

Cette semaine, l’offensive des FDS contre l’enclave de l’Etat islamique au Nord d’Abu Kamal s’est poursuivie. De violents combats ont lieu dans la ville de Hajin, fief de l’Etat islamique dans l’enclave. De violents affrontements ont également eu lieu dans le village d’Al-Susah, au Nord-Est d’Abu Kamal, attaqué par les FDS. L’Etat islamique a continué de mener des contre-attaques tandis que les frappes aériennes de la coalition ont tué des dizaines de membres de l’organisation. Des informations (non vérifiées) publiées sur Telegram précisent que l’Etat islamique aurait réussi à envoyer à Hajin des renforts de Deir ez-Zor (Twitter, 19 octobre 2018).

  • Selon un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 63 civils et membres de l’Etat islamique ont été tués lors de frappes aériennes de la coalition contre des cibles à Al-Susah les 18 et 19 octobre 2018. Un raid aérien contre la mosquée et une maison à proximité ont tué 11 membres de l’Etat islamique et 18 civils. Le 19 octobre 2018, des frappes aériennes ont ciblé un institut d’étude du Coran et des maisons voisines. Onze membres supplémentaires de l’Etat islamique ont été tués (Observatoire syrien des droits de l’homme, 21 octobre 2018).

 Zones d'affrontements dans la partie Nord de l'enclave de l'Etat islamique (région de Hajin) et dans sa partie Sud (Al-Susah et Al-Baghouz). Sur le terrain, il n’y a pas eu de changement dans la zone de contrôle de l'Etat islamique par rapport à la semaine dernière (Twitter, 16 octobre 2018).
 Zones d’affrontements dans la partie Nord de l’enclave de l’Etat islamique (région de Hajin) et dans sa partie Sud (Al-Susah et Al-Baghouz). Sur le terrain, il n’y a pas eu de changement dans la zone de contrôle de l’Etat islamique par rapport à la semaine dernière (Twitter, 16 octobre 2018).

Affrontements autour du village d’Al-Susah
  • Dans le village d’Al-Susah, situé à environ sept kilomètres au Nord-Est d’Abu Kamal, de violents affrontements ont opposé les forces des FDS et des membres de l’Etat islamique. Un terroriste conduisant une voiture blindée piégée (fabriquée par l’organisation) a été tué par balle au Sud d’Al-Susah par des tireurs d’élite des FDS (SDF Media Center, 20 octobre 2018).
  • Les combattants des FDS dans la région d’Al-Susah ont reçu un appui aérien de la Coalition internationale. Une des frappes aériennes de la coalition (le 18 octobre 2018) a visé une mosquée du village d’Al-Susah, qui servait de quartier général à l’Etat islamique. Selon la coalition, 12 membres de l’Etat islamique ont été tués dans le raid aérien. Il a également été signalé que 22 membres supplémentaires de l’Etat islamique avaient été tués à la suite de la frappe aérienne sur la mosquée et plusieurs maisons près de l’Euphrate (Reuters, 21 octobre 2018).
  • תחתית הטופס
Pertes civiles
  • Selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, environ 10 000 civils sont bloqués dans la région de Hajin en raison des combats. En outre, environ 7 000 civils, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, ont quitté la région et se trouvent maintenant au Nord de Hajin, dans une zone contrôlée par les FDS (Site Internet de l’ONU; Rudaw, 11 octobre 2018). Des négociations auraient été engagées entre l’Etat islamique et les forces de sécurité israéliennes pour libérer les prisonniers et remettre les corps de combattants des FDS en échange de l’introduction de vivres dans l’enclave contrôlée par l’Etat islamique et de l’ouverture d’un couloir sécurisé permettant aux civils de quitter l’enclave (Page Facebook Furat Post, 21 octobre 2018).
Victimes
  • Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins 419 membres de l’organisation et 232 combattants des FDS ont été tués au cours des six semaines qui ont suivi l’attaque de l’enclave de l’Etat islamique au Nord d’Abu Kamal (Observatoire syrien des droits de l’homme, 22 octobre 2018 ).
Principaux développements en Irak
Activités des forces de sécurité irakiennes
  • Les forces de sécurité irakiennes ont poursuivi leurs activités antiterroristes contre l’Etat islamique dans les différentes provinces :
  • Région de Kirkuk : Une force de la police fédérale irakienne a tué trois membres de l’Etat islamique au Sud-Ouest de Kirkuk. La force a trouvé des armes, notamment deux ceintures d’explosifs (Al-Sumaria News, 20 octobre 2018). La police irakienne a également trouvé un commandant de l’Etat islamique qui se cachait dans un tunnel situé près de son domicile, dans la région d’Al-Hawijah (Akhbar Al-Iraq; Al-Sumaria News, 21 octobre 2018).
  •  La province d’Al-Anbar : Une force de renseignement de l’armée irakienne a arrêté une équipe de l’Etat islamique à environ 30 km à l’Ouest de Bagdad (Al-Sumaria News, 20 octobre 2018). En outre, un tunnel de l’Etat islamique a été détruit et quatre membres de l’Etat islamique ont été tués dans la région de Hit, dans la province d’Al-Anbar (Agence de presse irakienne, 21 octobre 2018).
  • Province de Salah Al-Din : Une patrouille de l’armée irakienne a découvert une cache souterraine de l’Etat islamique au Nord de Bagdad. Elle contenait des téléphones cellulaires destinés à la détonation à distance d’engins piégés. Ainsi, les soldats auraient contrecarré l’intention de l’Etat islamique de lancer des attaques terroristes contre les pèlerins, dans le cadre des événements marquant le 40e jour de la mort de l’imam Hussein dans la ville de Karbala (Al-Sumaria News, 19 octobre 2018). En outre, un engin piégé a été activé contre une patrouille motorisée de l’armée irakienne à l’Est de Tikrit. Un soldat irakien a été tué (Chaîne Al-Rafidayn, 18 octobre 2018).
Activités de l’Etat islamique
  • Selon une source de la sécurité irakienne, des membres de l’Etat islamique auraient attaqué un quartier général de la force opérationnelle spéciale de l’appareil de lutte contre le terrorisme irakien à l’Ouest de la région de Ramadi. Lors d’affrontements entre des membres de l’Etat islamique et les agents de sécurité sur place, les deux camps ont subi des pertes (Al-Sumaria News, 19 octobre 2018). La police de la province de Ninive a rapporté que des membres de l’Etat islamique avaient attaqué un point de contrôle dans la région de Makhmur, à environ 67 km au Sud de Mossoul. Quatre policiers (dont un officier) ont été tués. Les assaillants ont pris la fuite (Akhbar Al-Aan, 22 octobre 2018).
Attaques déjouées à l’extérieur de l’Irak
  • Abu Ali al-Basri, responsable de l’appareil de renseignement et de lutte contre le terrorisme au ministère de l’Intérieur irakien, a annoncé que des membres s’étaient infiltrés dans les rangs de l’Etat islamique et avaient fourni à l’Irak, à la Syrie, à l’Iran et à la Russie des renseignements sur l’organisation. Il a ajouté que, sur la base de ces informations, des avions russes avaient mené des frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique en Syrie. Ces frappes aériennes ont déjoué des dizaines de projets de l’Etat islamique visant à s’infiltrer en Irak, en Iran, en Turquie et dans plusieurs autres pays européens et à mener des attaques terroristes sur leur territoire. Abu Ali al-Basri a ajouté que l’Etat islamique tentait de renforcer sa présence en Turquie, en France, en Asie de l’Est et en Afrique du Nord en recrutant les membres de l’organisation ayant fui la Syrie et l’Irak, et en les utilisant pour commettre des attentats terroristes (Iraqi News Agence, 21 octobre 2018).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
  •  La Province du Sinaï en Égypte a revendiqué la destruction d’un char de l’armée égyptienne en faisant exploser un engin piégé près de l’entrée Ouest d’Al-Arish (Amaq, 22 octobre 2018). En outre, la Province du Sinaï a annoncé que l’organisation avait détruit un véhicule blindé de l’armée égyptienne en faisant exploser un engin piégé au Sud d’Al-Arish (Amaq, 22 octobre 2018).
Activités du jihad dans d’autres pays
La Province indienne de l’Etat islamique s’élargit
  • L’Institut pakistanais pour les études de conflit et de sécurité (PICSS[2]) a récemment publié une étude intitulée “Perspectives de l’expansion de Daesh en Asie du Sud”. Selon la même étude, la province indienne de l’organisation créée en 2016, a récemment attiré de jeunes éduqués et fait la promotion de son idéologie auprès d’eux. Un grand nombre de ces recrues seraient des ingénieurs, des médecins et des titulaires d’un MBA en Inde, au Bangladesh et au Pakistan (Pakistan Today, 20 octobre 2018).
  • Selon l’étude, les citoyens indiens rejoignent principalement la province de Khorasan de l’organisation (qui opère en Afghanistan, au Pakistan et en Iran). Au cours des trois dernières années, au moins 54 citoyens indiens qui ont rejoint l’organisation étaient originaires du Kerala, dans le Sud de l’Inde. L’activité militaire à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan aurait permis le passage de membres de l’Etat islamique venus de Syrie ou d’Irak, qui sont désormais présents en Afghanistan le long de cette frontière commune (Pakistan, 20 octobre 2018).

[1] Le Représentant spécial américain pour la Syrie, James Jeffrey, a déclaré que "le retrait des armes lourdes [de la zone censée être démilitarisée] est complet à tous points de vue." Selon lui, les Turcs et, dans une large mesure, les Russes sont en bonne voie à ce sujet (Site Internet du Département d’État américain, 17 octobre 2018). Selon nous, cette déclaration est trop optimiste, du moins en ce qui concerne l’organisation jihadiste, le Siège de Libération d’Al-Sham, qui s’est abstenu de retirer ses armes lourdes de la zone démilitarisée et l’a annoncé publiquement.
[2] Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS)