Pleins feux sur le jihad mondial (15-21 novembre 2018)

Membre de la salle d'opérations «Éveillez les croyants» tirant sur des positions de l'armée syrienne dans la zone rurale au Sud d'Alep (Chaîne Youtube «Éveillez les croyants», 19 novembre 2018)

Membre de la salle d'opérations «Éveillez les croyants» tirant sur des positions de l'armée syrienne dans la zone rurale au Sud d'Alep (Chaîne Youtube «Éveillez les croyants», 19 novembre 2018)

Le commandant des Gardiens de la révolution iranienne Mohammad Ali Jaafari (Muraselon, 16 novembre 2018)

Le commandant des Gardiens de la révolution iranienne Mohammad Ali Jaafari (Muraselon, 16 novembre 2018)

Le 19 novembre 2018, le porte-parole de l'état-major de l'armée syrienne annonce l'éradication du terrorisme dans le Sud de la Syrie après la reprise de la région d'Al-Safa, précédemment contrôlée par l'Etat islamique (SANA, 20 novembre 2018)

Le 19 novembre 2018, le porte-parole de l'état-major de l'armée syrienne annonce l'éradication du terrorisme dans le Sud de la Syrie après la reprise de la région d'Al-Safa, précédemment contrôlée par l'Etat islamique (SANA, 20 novembre 2018)

Membres de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)

Membres de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)

Membres de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)

Membres de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)

Exécution d'un membre du gouvernement irakien par un membre de l'Etat islamique à Rutba (Province Irak – Al-Anbar, 19 novembre 2018)

Exécution d'un membre du gouvernement irakien par un membre de l'Etat islamique à Rutba (Province Irak – Al-Anbar, 19 novembre 2018)

Principaux évènements
  • Le nombre d’incidents survenus entre l’armée syrienne et les organisations rebelles, en particulier le Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations jihadistes, continue d’augmenter dans la région d’Idlib, y compris dans la zone démilitarisée. Les incidents se caractérisent par des échanges de tirs d’artillerie et des attaques terrestres sporadiques. Selon un rapport russe, plus de 530 violations du cessez-le-feu ont été signalées depuis l’annonce de la création de la zone démilitarisée (l’accord de Sotchi).
  • Dans le Sud de la Syrie, l’armée syrienne a annoncé qu’elle avait réussi à prendre le contrôle de l’enclave de l’Etat islamique à Al-Safa (Nord-Est d’As-Suwayda), complétant ainsi l’éradication du terrorisme dans le Sud de la Syrie. Ainsi, le régime syrien a enregistré un exploit important qui l’aidera à renforcer son contrôle sur le Sud de la Syrie et à transférer les efforts de l’armée syrienne dans d’autres régions (Idlib, dernier bastion des organisations rebelles et fief de l’Etat islamique dans la vallée de l’Euphrate). De son côté, l’Etat islamique s’est empressé de diffuser une vidéo faisant l’éloge de la fermeté de ses combattants et accusant les organisations rebelles de la chute de l’enclave parce qu’elles préféraient ne pas se battre et être évacuées vers Idlib.
  • Dans l’Est de la Syrie, un certain nombre de frappes aériennes de la coalition ont été menées cette semaine contre des cibles de l’Etat islamique dans la région de Hajin (fief de l’organisation au Nord d’Abu Kamal). Selon l’Etat islamique et l’Observatoire syrien des droits de l’homme, des dizaines de civils, femmes et enfants ont été tués lors de ces frappes aériennes. La Coalition a démenti ces informations, affirmant que les cibles étaient des cibles légitimes de l’Etat islamique qui avaient été attaquées pour soutenir les forces terrestres et qu’elle n’avait aucune preuve de la présence de civils sur place.
  • Alors que l’Etat islamique est soumis à des pressions en Syrie, des membres de ses différentes provinces ont continué de mener des attaques terroristes dans le monde entier. Parmi les attentats remarquables perpétrés cette semaine, un attentat suicide à Kaboul visant des religieux musulmans (plus de 50 morts et 83 blessés); une attaque massive de la province d’Afrique de l’Ouest de l’organisation, dirigée contre un camp de l’armée nigériane au Sud de la zone frontalière entre le Nigéria, le Tchad et le Niger (plus de 40 soldats morts, selon l’annonce de l’Etat islamique); et une embuscade de l’organisation Abu Sayyaf (affiliée à l’Etat islamique) contre une force de l’armée philippine opérant dans le Sud du pays (cinq morts, 23 blessés).
Mise en œuvre de l’accord de Sotchi à Idlib
Intensification des incidents dans la région d’Idlib
  • Les incidents se sont récemment intensifiés dans la région d’Idlib entre l’armée syrienne et les organisations rebelles, principalement le Siège de Libération d’Al-Sham et les organisations jihadistes qui lui sont affiliées. Les incidents comprennent principalement des tirs d’artillerie et parfois des attaques au sol. Selon une interview de Khaled al-Halabi, chef du centre de défense civile dans la zone rurale située au Sud d’Idlib, des tirs d’artillerie ont été lancés sur les zones rurales par des forces soutenant l’armée syrienne. Al-Halabi a déclaré que plusieurs personnes avaient été tuées ou blessées et que certains des résidents ont quitté leurs maisons à la suite de l’escalade (Orient News, 17 novembre 2018). Par ailleurs, les médias russes ont rapporté que les organisations rebelles avaient bombardé les quartiers d’Alep et de Hama, ainsi que des villes et des villages de la province de Lattaquié.
 Tirs d'artillerie des forces soutenant l'armée syrienne frappant la zone rurale d'Idlib (Orient News, 17 novembre 2018)   Tir d'artillerie de l'armée syrienne dans l'un des villages au Sud-Est d'Idlib (Twitter, 17 novembre 2018).
Droite : Tir d’artillerie de l’armée syrienne dans l’un des villages au Sud-Est d’Idlib (Twitter, 17 novembre 2018). Gauche : Tirs d’artillerie des forces soutenant l’armée syrienne frappant la zone rurale d’Idlib (Orient News, 17 novembre 2018)
  • Ci-après quelques-uns des incidents importants survenus cette semaine :
    • Une force de l’armée syrienne a tiré des tirs d’artillerie sur une organisation rebelle, apparemment membre du Siège de Libération d’Al-Sham. Selon le régime syrien, les tirs d’artillerie aurait été signalés dans la région d’Al-Lataminah (site de confrontation situé à environ 66 km au Sud d’Idlib, dans la partie sud de la zone démilitarisée). Selon l’agence de presse syrienne, les tirs d’artillerie auraient visé des groupes qui auraient tenté de toucher des zones de rassemblement de l’armée syrienne. Ils auraient été forcés de se retirer après avoir subi des pertes (SANA, 5 novembre 2018).
    • Le 16 novembre 2018, une force d’organisations jihadistes, composée principalement de l’organisation des Gardiens de la religion (branche d’Al-Qaïda en Syrie), a attaqué des positions de l’armée syrienne dans le Nord de la plaine d’Al-Ghab (à environ 38 km au Sud-Ouest d’Idlib). Neuf soldats de l’armée syrienne ont été tués ainsi que cinq membres de la force attaquante (Observatoire syrien des droits de l’homme, 16 novembre 2018).
    • Le Siège de Libération d’Al-Sham a annoncé que les 16 et 18 novembre 2018, l’armée syrienne avait tiré des tirs d’artillerie sur plusieurs villages et villes de la région d’Idlib contrôlés par le Siège de Libération d’Al-Sham (Ibaa, 18 novembre 2018). En outre, le 17 novembre 2018, les forces soutenant l’armée syrienne ont tiré plus de 100 obus et roquettes sur la zone rurale située à environ 35 km au Sud d’Idlib (Orient News, 17 novembre 2018). La salle des opérations des organisations jihadistes, composées en majorité de l’Organisation des Gardiens de la religion (branche d’Al-Qaïda en Syrie), a annoncé que ses membres avaient bombardé des cibles de l’armée syrienne (à environ 35 km à l’Est d’Idlib). L’attaque aurait impliqué des tirs de mortier et des bombardements de chars (Khotwa, 20 novembre 2018). La salle des opérations a également fait état de tirs de mitrailleuses sur des positions de l’armée syrienne dans la zone rurale au Sud d’Alep (Chaîne Youtube «Awaken the Believers», 19 novembre 2018).
Rapports russes sur les organisations rebelles dans la région d’Idlib
  • Selon le porte-parole du Centre de réconciliation russe, dans les 24 heures qui ont suivi, les forces rebelles dans la zone démilitarisée ont bombardé la ville d’Alep à quatre reprises, blessant deux soldats syriens et un civil (TASS, 15 novembre 2018). Selon un rapport du 17 novembre 2018, au cours des dernières 24 heures, les forces rebelles ont bombardé les quartiers d’Alep (à deux reprises) et de Hama (à trois reprises). Les villes et villages de la province de Lattaquié ont également été bombardés. Au moins 18 soldats ont été tués et deux blessés (TASS, 17 novembre 2018).
  • Le lieutenant-général Vladimir Savchenko, chef du Centre de réconciliation russe, a indiqué que depuis qu’il avait été décidé d’établir la zone démilitarisée à Idlib, le Centre de réconciliation avait recensé plus de 530 violations du cessez-le-feu. Il a ajouté qu’en raison des violations, 25 soldats syriens ont été tués et 67 personnes ont été blessées, dont cinq civils (TASS, 16 novembre 2018).
Envoi d’unités iraniennes de maintien de la paix dans la région d’Idlib
  • Le commandant des Gardiens de la révolution iranienne, Mohammad Ali Jaafari, a déclaré lors d’une conférence de presse que, dans la perspective des négociations de paix entre l’Iran, la Russie et la Turquie, le gouvernement syrien avait demandé à l’Iran d’organiser des unités de maintien de la paix dans la région d’Idlib et au Nord-Ouest d’Alep. Il a ajouté que pour le moment, il n’y avait pas d’affrontement en Syrie et qu’il avait été décidé de déployer des forces limitées pour maintenir la paix dans cette région (ISNA, 15 novembre 2018). Mohammad Jaafari n’a pas précisé la portée ou la nature de ces forces.
Sud de la Syrie
L’armée syrienne a achevé la reprise de l’enclave de l’Etat islamique à Al-Safa
  • Le 17 novembre 2018, l’armée syrienne s’est emparée de plusieurs collines dominant la région d’Al-Safa. Ses forces ont avancé vers le dernier poste avancé de l’Etat islamique depuis plusieurs directions, sous le couvert de tirs d’artillerie. Le 19 novembre 2018, l’état-major syrien a annoncé que l’enclave de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa avait été entièrement reprise. Ainsi, selon l’annonce, l’armée syrienne a achevé l’éradication du terrorisme toute la Syrie méridionale (SANA, 20 novembre 2018). La reprise de l’enclave de l’Etat islamique au Nord-Est d’As-Suwayda constitue une réalisation majeure pour le régime syrien, lui permettant d’approfondir son contrôle sur le Sud de la Syrie et de transférer des troupes de l’armée vers d’autres sites de confrontation : la région d’Idlib (le dernier fief des organisations rebelles, avec notamment le Siège de Libération d’Al-Sham) et la vallée de l’Euphrate au Nord d’Abu Kamal (contrôlée par l’Etat islamique).
Les membres des forces qui soutiennent l'armée syrienne après la prise du contrôle de la région d'Al-Safa par l'Etat islamique (Compte Twitter Wissam @ Wissamsy997, 17 novembre 2018)   Des soldats de l'armée syrienne après avoir pris le contrôle d'une colline dominante dans la région d'Al-Safa (Twitter, 17 novembre 2018).
 Droite : Des soldats de l’armée syrienne après avoir pris le contrôle d’une colline dominante dans la région d’Al-Safa (Twitter, 17 novembre 2018). Gauche : Les membres des forces qui soutiennent l’armée syrienne après la prise du contrôle de la région d’Al-Safa par l’Etat islamique (Compte Twitter Wissam @ Wissamsy997, 17 novembre 2018)
Réaction initiale de l’Etat islamique après la chute d’Al-Safa
  • À la suite de la chute de l’enclave de l’Etat islamique à Al-Safa, la province de Damas a diffusé une vidéo (25 minutes) qui rend hommage à la détermination de l’Etat islamique à Al-Safa et explique les causes de la chute de l’enclave. L’organisation blâme les groupes rebelles, qui ont abandonné les combats et se sont retirés dans la région d’Idlib, tandis que l’Etat islamique a continué à se battre courageusement et à tenir longtemps (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018).
  • Ci-après les sujets principaux abordés par l’Etat islamique dans la vidéo :
    • Alors que les organisations rebelles ont abandonné les combats et ont accepté d’être évacuées vers la région d’Idlib, les membres de l’Etat islamique ont continué à se battre. Après avoir combattu dans le camp de réfugiés de Yarmouk, ils ont organisé leurs forces dans la région d’Al-Safa et ont continué à se battre contre le régime syrien à partir de là.
    • La région d’Al-Safa est devenue le bastion de l’Etat islamique, une base pour les attaques contre l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent, telles que l’attaque contre la base de l’armée syrienne dans la ville d’As-Suwayda.
    • En dépit des difficultés et de la faim, les membres de l’Etat islamique ont réussi à se maintenir longtemps (la vidéo inclut une documentation sur les combats des membres de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa).
    • Deux membres de l’Etat islamique apparaissent sur la vidéo, appelant les musulmans à se joindre au jihad contre les “infidèles”. Des extraits d’une cassette audio du leader de l’Etat islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, sont également inclus.
Membres de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)    Des membres de l'Etat islamique appelant les musulmans à rejoindre le jihad, affirmant que la victoire est imminente.
Droite : Des membres de l’Etat islamique appelant les musulmans à rejoindre le jihad, affirmant que la victoire est imminente. Gauche : Membres de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa (Shabakat Shumukh, 20 novembre 2018)
Est de la Syrie
Frappes aériennes de la coalition dans la région de Hajin
  • Le 17 novembre 2018, le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que 29 civils, dont la plupart étaient des femmes et des enfants, membres de la famille des membres de l’Etat islamique, ont été tués lors des frappes aériennes de la Coalition. Sept autres ont également été tués dans les frappes aériennes, mais il n’y avait aucun moyen de vérifier s’il s’agissait de civils ou de membres de l’Etat islamique. Les frappes aériennes ont eu lieu dans le village d’Abu al-Hassan, à environ 6 km au Sud-Est de Hajin (France 24, 17 novembre 2018). L’Etat islamique affirme quant à lui qu’environ 40 habitants du village d’Al-Buqan, au Sud-Ouest de Hajin, principalement des femmes, ont été tués dans un raid aérien de la Coalition (Ghurabaa, 17 novembre 2018).
  • La Coalition a démenti les allégations de meurtres de civils lors des frappes aériennes près de Hajin, les qualifiant de “fausses”. L’annonce indiquait que dans la nuit du 16 au 27 novembre au matin, 19 frappes aériennes avaient eu lieu contre des cibles de l’Etat islamique, en soutien aux forces terrestres opérant dans la vallée centrale de l’Euphrate. Selon l’annonce, les cibles étaient des cibles légitimes de l’Etat islamique et rien n’indique que des civils étaient présents sur les lieux. En outre, il a également été signalé qu’il y avait au moins dix autres frappes aériennes dans la même région, qui n’étaient pas effectuées par la Coalition, n’étaient pas coordonnées avec elle et n’étaient pas autorisées par celle-ci. Cette annonce appelle toutes les parties présentes dans la vallée de l’Euphrate à cesser leurs frappes aériennes non coordonnées (Site Internet Operation Inherent Resolve, 17 novembre 2018).
Explosion d’une moto piégée
  • Le 16 novembre 2018, une moto piégée a été déclenchée à distance contre un véhicule des FDS, blessant plusieurs combattants. L’incident s’est produit à la périphérie de la ville d’Al-Basira, à environ 14 km au Nord d’Al-Mayadeen (Observatoire syrien des droits de l’homme, 18 novembre 2018). Jusqu’à présent, l’Etat islamique n’a pas revendiqué l’attaque, mais il serait raisonnable de supposer que l’attaque a été perpétrée par l’organisation.
Renforts des FDS
  • L’Observatoire syrien des droits de l’homme a signalé qu’environ 1 700 combattants du SDF étaient arrivés dans la zone de l’enclave de l’Etat islamique (au Nord d’Abu Kamal)ראש הטופס
  • Il s’agit de combattants kurdes postés dans les régions d’Ayn al-Arab (Kobani), de Manbij et d’autres sites. Les renforts ont été envoyés dans le cadre des préparatifs d’une vaste opération terrestre visant à mettre fin à la présence de l’Etat islamique dans cette région (Observatoire syrien des droits de l’homme, 17 novembre 2018).
Principaux développements en Irak
Activités des forces de sécurité irakiennes

Activités militaires près de la frontière irako-syrienne

  • Cette semaine encore, une intense activité militaire s’est poursuivie près de la frontière irakienne avec la Syrie, à la suite de l’établissement de la présence de l’Etat islamique à la frontière. L’armée irakienne et les forces de Mobilisation populaire près de la frontière auraient été renforcées (Middle East Online, 14 novembre 2018 ; Site Internet de la Mobilisation populaire, 17 novembre 2018). La Mobilisation populaire a tiré sur une concentration de membres de l’Etat islamique dans la région d’Al-Baghouz Fawqani, à environ 1 km à l’Est d’Abu Kamal (Site Internet de la Mobilisation populaire, 17 novembre 2017).
Activités des forces de sécurité irakiennes contre l’Etat islamique
  • Les principales activités menées par les forces de sécurité irakiennes contre l’Etat islamique sont les suivantes:
    • Province d’Al-Anbar : L’Etat islamique a annoncé l’exécution d’un membres du gouvernement irakien dans la ville de Rutba, dans l’Ouest du pays (Province Irak – Al-Anbar, 19 novembre 2018).
    •  Province de Salah al-Din : Des avions de combat irakiens ont effectué une frappe aérienne à environ 70 km au Sud de Mossoul. Au total, 10 membres de l’Etat islamique ont été tués et les cachettes et les tranchées ont été détruites (Iraqi News Agency, 18 novembre 2018).
    • Province de Ninive : Une force de police de la province de Ninive a arrêté six membres de l’Etat islamique à l’Est de Mossoul. Les détenus opéraient dans le cadre du bureau militaire de l’organisation (Al-Sumaria News, 17 novembre 2018).
    • Province d’Al-Anbar : Les forces de sécurité irakiennes ont localisé une demie-tonne d’explosifs plastiques et 100 anciens engins piégés de l’Etat islamique. Les engins ont été neutralisés (Iraqi News Agency, 17 novembre 2018).
Activités de terrorisme et de guérilla
  • L’activité notable de l’Etat islamique a été l’explosion d’une voiture piégée, le 18 novembre 2018, près d’un restaurant dans le centre de Tikrīt. Selon les médias irakiens, cinq civils ont été tués et 16 blessés (Al-Sumaria News, 18 novembre 2018). L’organisation a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon la revendication de responsabilité, une cellule de l’Etat islamique aurait fait exploser une voiture piégée dans le centre de Tikrīt contre le convoi de l’assistant du commandant de la 51e brigade de la Mobilisation populaire (milices chiites). Dans le convoi, 30 personnes ont été tuées et blessées, dont des gardes de sécurité du commandant de la brigade (Province Irak – Salah al-Din, 19 novembre 2018).
Des voitures en feu sur le lieu de l’explosion d’une voiture piégée dans le centre de Tikrīt (Compte Twitter de Mohammed Abed Suleman, 18 novembre 2018)   Des voitures en feu sur le lieu de l’explosion d’une voiture piégée dans le centre de Tikrīt (Compte Twitter de Mohammed Abed Suleman, 18 novembre 2018)
Des voitures en feu sur le lieu de l’explosion d’une voiture piégée dans le centre de Tikrīt (Compte Twitter de Mohammed Abed Suleman, 18 novembre 2018)
  • De plus, l’organisation a poursuivi ses opérations de guérilla de routine dans les différentes provinces. Ses principales activités (selon les déclarations de l’Etat islamique) sont les suivantes :
    • Province de Kirkouk : Des tirs de mitraillettes ont été tirés sur un complexe de la police irakienne à environ 50 km au Sud-Ouest de Kirkouk. Un policier a été tué et deux autres blessés (Irak – Province de Kirkouk, 16 novembre 2018).
    • Province de Kirkouk : Un engin piégé a explosé contre un véhicule appartenant à la mobilisation tribale à environ 53 km à l’Ouest de Kirkouk. Tous les passagers ont été tués ou blessés (Irak – Province de Dijla, 16 novembre 2018).
    • Province de Kirkouk : Un véhicule de la police fédérale irakienne a été détruit par un engin piégé à environ 58 km au Sud-Ouest de Kirkouk. Tous les passagers ont été tués ou blessés (Irak – Province de Kirkouk, 16 novembre 2018).
    • Province de Salah al-Din : Des véhicules de la mobilisation tribale ont été détruits dans une explosion d’engins piégés dans la zone industrielle du Sud-Ouest de Baiji. Tous les passagers ont été tués ou blessés (Irak – Province de Salah al-Din, 16 novembre 2018).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Attaques de l’Etat islamique dans le Nord et le Centre du Sinaï
  • La semaine dernière, l’Etat islamique a revendiqué la responsabilité d’attaques terroristes dans le Nord et le Centre du Sinaï, principalement des engins explosifs improvisés. Ci-dessous des informations détaillées sur certaines des attaques :
    • Détonation d’un engin piégé contre une patrouille à pied de l’armée égyptienne au nord de Sheikh Zuweid. Selon l’Etat islamique, plusieurs soldats ont été tués et blessés (Amaq, 18 novembre 2018).
    • Explosion d’un bulldozer de l’armée égyptienne à Rafah avec un engin piégé (Province du Sinaï de l’Etat islamique, 17 novembre 2018).
    • Explosion d’un bulldozer de l’armée égyptienne et d’un camion avec deux engins piégés à l’Est de l’aéroport d’Al-Arish (Province du Sinaï de l’Etat islamique, 17 novembre 2018).
    • Destruction d’un véhicule transportant des soldats en faisant exploser un engin piégé près de Jabal al-Halal, dans le centre du Sinaï (Compte Twitter citant un rapport de l’agence de presse Amaq, 15 novembre 2018).
Les forces de sécurité égyptiennes neutralisent les engins piégés dans le Sinaï (Compte Twitter @ mahmouedgamal44, 17 novembre 2018)   Les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï recherchent des mines et des engins piégés.
Droite : Les forces de sécurité égyptiennes dans le Sinaï recherchent des mines et des engins piégés. Gauche : Les forces de sécurité égyptiennes neutralisent les engins piégés dans le Sinaï (Compte Twitter @ mahmouedgamal44, 17 novembre 2018)
L’Etat islamique appelle à la désertion des forces de sécurité égyptiennes
  • Une vidéo de l’Etat islamique publiée le 16 novembre et durant environ 40 minutes fait référence à quatre officiers qui ont déserté de l’armée égyptienne et ont été tués par les forces de sécurité égyptiennes[1].La vidéo appelle les membres des forces de sécurité égyptiennes à déserter et à rejoindre la province du Sinaï de l’Etat islamique pour mener le jihad contre les infidèles.
  • La vidéo présente l’armée égyptienne comme une «armée d’infidèles» qui commet des injustices contre les musulmans et coordonne ses mouvements dans le Sinaï avec Israël. Dans la vidéo, l’organisation admet pour la première fois la mort d’Abu Osama al-Masri, ancien commandant de la province du Sinaï[2]. La vidéo présente des attaques militaires contre les forces de sécurité égyptiennes, mais il s’agit d’opérations menées il y a plus d’un an (Ghurabaa; Al-Arabi Al-Masri; Al-Arabi Al-Jadeed, 16 novembre 2018).
Un officier égyptien du nom de Hanafi Jamal Mahmoud Sultan, officier des opérations des forces de sécurité égyptiennes qui a déserté pour rejoindre l'État islamique. Selon la vidéo, le déserteur avait une vaste expérience militaire, avait grandement contribué à la province du Sinaï de l'Etat islamique et a ensuite été tué (Ghurabaa, 16 novembre 2018)    Lieutenant qui a déserté l'armée égyptienne et rejoint la province du Sinaï de l'Etat islamique, salue le jihad et critique le régime égyptien «infidèle» (Ghurabaa, 16 novembre 2018).
Droite : Lieutenant qui a déserté l’armée égyptienne et rejoint la province du Sinaï de l’Etat islamique, salue le jihad et critique le régime égyptien «infidèle» (Ghurabaa, 16 novembre 2018). Gauche : Un officier égyptien du nom de Hanafi Jamal Mahmoud Sultan, officier des opérations des forces de sécurité égyptiennes qui a déserté pour rejoindre l’État islamique. Selon la vidéo, le déserteur avait une vaste expérience militaire, avait grandement contribué à la province du Sinaï de l’Etat islamique et a ensuite été tué (Ghurabaa, 16 novembre 2018) 
Activités du jihad dans d’autres pays
Attentat suicide à Kaboul
  • Le 20 novembre 2018, l’Etat islamique a lancé un attentat suicide contre des centaines de religieux musulmans. Les religieux étaient rassemblés dans une salle de réception du Nord de Kaboul pour célébrer l’anniversaire du prophète Mahomet en lisant le Coran et en effectuant des cérémonies. Plus de 50 personnes ont été tuées et 83 blessées (Afghanistan Times, 20 novembre 2018).
Attaque à l’arme blanche en Belgique
  • Le 20 novembre 2018, une attaque à l’arme blanche a été perpétrée dans le centre de Bruxelles, la capitale de la Belgique. Le terroriste a poignardé un policier près du commissariat central de la ville et un autre policier a blessé le terroriste. Selon des rapports de témoins oculaires, le terroriste aurait crié «Allah Akbar» lors de l’attaque et était clairement, dès son apparition, musulman. À ce jour, aucune organisation terroriste n’a revendiqué l’attaque. À ce stade, il est difficile de savoir s’il s’agit d’un incident terroriste et une enquête est en cours (Reuters; CNN, 20 novembre 2018).
Attentat suicide en Tchétchénie
  • Le 17 novembre 2018, un attentat suicide à la bombe a été commis près d’un poste de contrôle de la police à Grozny, la capitale de la Tchétchénie. Une femme approchant du poste de contrôle au centre de la ville a suscité la suspicion des policiers. On lui a demandé de s’arrêter et de présenter sa carte d’identité. Elle a commencé à courir vers le point de contrôle. Les policiers, qui ont compris qu’elle portait une ceinture d’explosifs, ont tiré en l’air, puis la femme a fait exploser sa ceinture d’explosifs près du poste de contrôle. Hormis la terroriste, il n’y a pas eu de victime. L’identité de la femme n’a pas été publiée, mais selon les médias locaux, elle aurait pu être une résidente du Daghestan connue des services de sécurité (Russia Today, 17 novembre 2018). Jusqu’à présent, aucune réclamation de responsabilité n’a été publiée.
Embuscade de l’Etat islamique contre une patrouille de l’armée philippine
  • Le 16 novembre 2018, des membres de l’organisation Abu Sayyaf, affiliée à l’Etat islamique, ont tendu une embuscade à une force armée philippine sur l’île de Jolo, au Sud des Philippines. Cela a eu lieu alors qu’une force de l’armée philippine procédait à une recherche d’otages détenus par l’organisation Abu Sayyaf. Cinq soldats philippins ont été tués et 23 autres ont été blessés dans l’échange de coups de feu entre les deux camps (Manila Standard, 17 novembre 2018).
  • Le 18 novembre 2018, l’agence de presse Amaq de l’Etat islamique a publié une vidéo de l’embuscade. La vidéo montre au moins six membres de l’organisation utilisant des armes légères. L’un des membres semble être un Arabe, les autres ayant des traits asiatiques (Shumukh, 19 novembre 2018). À la fin de la vidéo, des membres de l’Etat islamique sont visibles à côté du drapeau de l’organisation, ainsi que des armes et du matériel saisis. Un des agents a déclaré en arabe: “O fidèles de la Croix [un terme péjoratif pour les chrétiens], vous pouvez attendre, mais il y a ceux qui vous attendent, et ce qui s’en vient sera encore plus choquant et amer” (Shumukh, 19 novembre 2018).
Membres de l'Etat islamique à côté du drapeau de l'organisation, ainsi que des armes et du matériel saisis (Agence Amaq news, 19 novembre 2018)    L'île de Jolo au Sud des Philippines (Google Maps).
Droite : L’île de Jolo au Sud des Philippines (Google Maps). Gauche : Membres de l’Etat islamique à côté du drapeau de l’organisation, ainsi que des armes et du matériel saisis (Agence Amaq news, 19 novembre 2018)

 Quatre membres de l'Etat islamique qui ont pris part à une embuscade contre l'armée philippine sur l'île de Jolo (Agence de presse Amaq, 19 novembre 2018)
 Quatre membres de l’Etat islamique qui ont pris part à une embuscade contre l’armée philippine sur l’île de Jolo (Agence de presse Amaq, 19 novembre 2018)

[1] Ces quatre officiers sont les principaux accusés accusés d'appartenance à l'escouade terroriste qui prévoyait d'assassiner le Président égyptien Abd al Fatah al Sisi. L’affaire a été découverte en janvier 2018.
[2] Abu Osama al-Masri est un Égyptien né dans le nord du Sinaï qui a grandi dans la région égyptienne du delta du Nil. Son nom est apparemment Mohammad Ahmad Ali. Il est né dans les années 1980 (il existe différentes versions de sa date de naissance). Il a été commandant de la province du Sinaï de l’Etat islamique. En 2014, il s'est rendu en Syrie avec environ 20 de ses partisans. Dans le passé, sa mort a été rapportée à plusieurs reprises, mais c'est la première fois que l'Etat islamique a admis publiquement qu'il avait été tué (Wikipedia; Mada, Égypte, 15 novembre 2018: Al-Kawthar, 21 juillet 2018).