Pleins feux sur le jihad mondial (14-20 mars 2019)

Des tirs d'artillerie de l'armée syrienne contre les organisations rebelles dans la région méridionale d'Idlib (SANA, 16 mars 2019).

Des tirs d'artillerie de l'armée syrienne contre les organisations rebelles dans la région méridionale d'Idlib (SANA, 16 mars 2019).

Certains prisonniers, qui ont de nouveau été arrêtés par le Siège de Libération d'Al-Sham, sont emmenés dans des véhicules (Shabakat Abba, 16 mars 2019)

Certains prisonniers, qui ont de nouveau été arrêtés par le Siège de Libération d'Al-Sham, sont emmenés dans des véhicules (Shabakat Abba, 16 mars 2019)

Certains prisonniers, qui ont de nouveau été arrêtés par le Siège de Libération d'Al-Sham, sont emmenés dans des véhicules (Shabakat Abba, 16 mars 2019)

Certains prisonniers, qui ont de nouveau été arrêtés par le Siège de Libération d'Al-Sham, sont emmenés dans des véhicules (Shabakat Abba, 16 mars 2019)

Membres de l'Etat islamique pendant les combats contre les forces des FDS dans le village d'Al-Baghouz (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019)

Membres de l'Etat islamique pendant les combats contre les forces des FDS dans le village d'Al-Baghouz (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019)

L'Etat islamique opère dans la poche à Al-Baghouz contre les

L'Etat islamique opère dans la poche à Al-Baghouz contre les "Croisés" (cf, Les chrétiens membres de la Coalition internationale).

Membres de l'Etat islamique dans une zone boisée (Shabakat Shumukh, 17 mars 2019). Selon nous, ces photos ont été prises dans le Nord-Est de la Tunisie, près de la frontière algérienne.

Membres de l'Etat islamique dans une zone boisée (Shabakat Shumukh, 17 mars 2019). Selon nous, ces photos ont été prises dans le Nord-Est de la Tunisie, près de la frontière algérienne.

Des membres de l'Etat islamique patrouillent dans une région montagneuse, apparemment dans un désert.

Des membres de l'Etat islamique patrouillent dans une région montagneuse, apparemment dans un désert.

 Principaux événements
  • La bataille pour la reprise de l’avant-poste de l’Etat islamique à Al-Baghouz s’achève. Selon le porte-parole des forces des FDS, le village et la concentration de membres de l’Etat islamique à l’extérieur (camp d’Al-Baghouz) auraient été repris par les FDS. Selon lui, des membres de l’Etat islamique ont été repoussés dans une bande étroite le long de l’Euphrate. Dans le camp d’Al-Baghouz, les FDS ont capturé des centaines de membres de l’Etat islamique malades et blessés, qui ont été transférés dans des hôpitaux militaires.
  • Ci-après les principaux événements survenus dans les différentes arènes syriennes :
    • Dans le Haut Euphrate (région d’Al-Mayadeen), cette semaine, l’Etat islamique s’est livré à une activité intense contre les forces des FDS et les civils qui collaboraient avec elles. Selon nous, les attaques menées par l’organisation dans cette région sont destinées à détourner l’attention de la bataille qui se déroule dans le village d’Al-Baghouz. De plus, cette activité indique que même après la chute prévue de la “poche” à Al-Baghouz, l’organisation disposera toujours de capacités opérationnelles dans la vallée de l’Euphrate.
    • Dans la région d’Idlib, des échanges de tirs d’artillerie se poursuivent entre l’armée syrienne et les organisations rebelles jihadistes. Cette semaine, des avions de combat russes ont effectué des frappes aériennes à Idlib, dont l’une a causé des dégâts à la prison centrale. Plusieurs dizaines de prisonniers (principalement des membres de l’Etat islamique) se sont échappés, mais la plupart d’entre eux ont été capturés par le Siège de Libération des membres d’Al-Sham.
    • Dans la ville de Manbij et ses environs, les forces des FDS et le conseil militaire local soutenu par les FDS ont lancé une opération visant à révéler les éléments de l’Etat islamique et pro-turcs. On peut supposer que cette initiative est susceptible de renforcer la tension avec la Turquie, qui cherche à prendre le contrôle de Manbij et de ses environs.
  • À la lumière des pressions exercées sur l’Etat islamique en Syrie, les provinces irakiennes et iraniennes ont procédé à des activités intensives cette semaine :
    • En Irak, les membres de l’Etat islamique poursuivent leurs activités de guérilla contre les forces de sécurité irakiennes. Le modus operandi remarquable de cette semaine consistait à attacher des bombes aux véhicules des forces de sécurité irakiennes.
    • À Kaboul et à Jalalabad, en Afghanistan, plusieurs attaques ont été menées contre les forces de sécurité afghanes, principalement au moyen de détonations d’engins piégés.
    • En Tunisie, l’Etat islamique a rendu compte de l’activité militaire, notamment des patrouilles, de la préparation d’engins piégés et de l’exécution d’un responsable de la sécurité tunisien. Ces opérations peuvent avoir été effectuées par une nouvelle province établie en Tunisie (bien qu’aucune annonce officielle n’ait été faite à ce jour).
    • Dans le Sud des Philippines (l’île de Mindanao), l’Etat islamique continue de mener des combats acharnés contre l’armée philippine.
  • Après les massacres dans deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le porte-parole de l’Etat islamique et ses sites Internet ont lancé des appels à la vengeance. Selon nous, au-delà du sens de la vengeance, l’organisation cherche à tirer parti de l’attaque terroriste contre les fidèles pour se présenter comme le protecteur des musulmans, précisément au moment où elle est attaquée en Syrie.
Implication américaine en Syrie
L’armée américaine prévoit de laisser environ 1000 militaires en Syrie
  • Des responsables de l’administration américaine ont déclaré que l’armée américaine prévoyait de laisser environ 1 000 soldats en Syrie, leur permettant de poursuivre leur coopération avec les forces kurdes, mais cela pourrait constituer un défi pour la Turquie, qui menace d’attaquer les forces kurdes. A mené des négociations avec la Turquie, les alliés européens et les Kurdes sous le parrainage américain. Cependant, les négociations n’ont pas abouti à un accord qui permettrait la création d’une zone de sécurité dans le nord-est de la Syrie, ce qui explique en grande partie le retard du retrait de toutes les forces américaines de la Syrie (Wall Street Journal, 18 mars 2019).
  • Le fait de laisser des soldats américains en Syrie, à une plus grande échelle que prévu initialement, vise deux objectifs : continuer à aider les forces kurdes (FDS) à se battre contre l’Etat islamique (qui pourrait se poursuivre après la chute d’Al-Ba’ath) et préserver les capacités et l’influence militaires américaines dans la région de Tandouf (près de la frontière entre la Syrie, l’Irak et la Jordanie), en partie pour empêcher l’utilisation par l’Iran de l’importante route terrestre menant de l’Irak à Damas.
La région d’Idlib
Poursuite des échanges de tirs entre l’armée syrienne et les organisations rebelles jihadistes
  • Cette semaine également, des incidents ont continué entre l’armée syrienne et les organisations rebelles jihadistes. En voici les principales :
    • L’armée syrienne a continué de tirer avec de l’artillerie sur les cibles des organisations rebelles dans le Sud d’Idlib. Le 16 mars 2019, des unités de l’armée syrienne ont échangé des coups de feu avec des escadrons terroristes qui ont tenté d’infiltrer deux villages situés à environ 50 km au Nord-Ouest de Hama. Selon l’armée syrienne, de nombreux terroristes ont été tués ou blessés (SANA, 16 mars 2019). L’armée syrienne a également ouvert le feu sur des positions du Siège de Libération d’Al-Sham et d’organisations proches à environ 40 km au Nord-Ouest de Hama (SANA, 17 mars 2019).
    •  L’organisation jihadiste Ansar Al-Tawhid (“Partisans de l’unicité d’Allah”)[1] a annoncé que ses membres avaient tiré l’artillerie sur les forces de l’armée syrienne à 4,5 km au Nord de la base aérienne militaire d’Abu ad-Duhur (Telegram, 18 mars 2019). La salle des opérations “Réveillez les croyants” (affiliée à Al-Qaeda) a signalé des tirs de mitrailleuses sur des positions de l’armée syrienne à 14 km au Sud-Ouest de Jisr Al-Shughur (Telegram, 19 mars 2019).
Des avions de combat russes visent la prison principale d’Idlib
  • Cette semaine (les 13 et 16 mars 2019), des avions de combat russes ont lancé plusieurs raids aériens contre des cibles. L’une de ces frappes aériennes aurait tué 26 personnes, dont 17 civils, huit enfants et neuf prisonniers incarcérés dans la principale prison du Siège de Libération d’Al-Sham. À la suite de la frappe aérienne, des dizaines de prisonniers ont réussi à s’échapper, y compris de nombreux membres de l’Etat islamique. Selon le porte-parole du Siège de Libération d’Al-Sham, la plupart des prisonniers qui ont réussi à s’échapper (plus de trente) ont été capturés (Ibaa, 16 mars 2019; Observatoire syrien des droits de l’homme, 17 mars 2019).
Membres de l'Etat islamique qui se sont échappés de la prison principale d'Idlib après la frappe aérienne russe (Telegram, 14 mars 2019)    Des avions de combat russes effectuant des frappes aériennes à Idlib (Ibaa, 16 mars 2019).
Droite : Des avions de combat russes effectuant des frappes aériennes à Idlib (Ibaa, 16 mars 2019). Gauche : Membres de l’Etat islamique qui se sont échappés de la prison principale d’Idlib après la frappe aérienne russe (Telegram, 14 mars 2019)
Syrie orientale
Poursuite des combats dans le village d’Al-Baghouz (exact au 20 mars 2019)
  • La bataille décisive dans le village d’Al-Baghouz Fawqani, qui a débuté le 1er mars 2019, se poursuit, avec une couverture aérienne de la Coalition. Environ 500 membres de l’Etat islamique seraient toujours dans le village (Page Facebook de Furat Post, 16 mars 2019). Le porte-parole des FDS, Mostafa Bali, a annoncé que le village d’Al-Baghouz et la majeure partie de la zone adjacente, qui était sous le contrôle de l’Etat islamique (“camp d’Al-Baghouz”), avaient été repris par les FDS. Selon lui, les membres de l’Etat islamique ont été repoussés dans une bande étroite le long de l’Euphrate (Compte Twitter de Mostafa Bali, 19 mars 2019).
  • Le 13 mars 2019, des membres de l’Etat islamique ont attaqué la zone prise par les FDS dans le village d’Al-Baghouz. Les Kurdes ont rapporté que l’attaque avait échoué. Au total, 38 membres de l’Etat islamique ont été tués, dont huit terroristes suicide. Les forces des FDS ont été tuées à quatre reprises (Compte Twitter de Mostafa Bali, 13 mars 2019). Après avoir repoussé l’attaque, les membres des FDS ont repris leur avance et ont repris plusieurs bâtiments dans le village, avec l’aide des frappes aériennes de la Coalition et des tirs d’artillerie massifs (14-16 mars 2019). Les combattants de l’Etat islamique se sont retirés de plusieurs sites du village vers l’Euphrate (Page Facebook de Furat Post, 16 mars 2019). Le 18 mars 2019, les combats acharnés se sont poursuivis. Les forces des FDS ont réussi à pénétrer dans la partie Nord de la poche d’Al-Baghouz (ANHA, 18 mars 2019).
Membres de l'Etat islamique pendant les combats contre les forces des FDS dans le village d'Al-Baghouz (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019)   Membres de l'Etat islamique pendant les combats contre les forces des FDS dans le village d'Al-Baghouz (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019)
Membres de l’Etat islamique pendant les combats contre les forces des FDS dans le village d’Al-Baghouz (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019)
Des membres de l'Etat islamique tirent sur les forces des FDS à Al-Baghouz (Telegram, vidéo publiée par l'Agence de presse Amaq, le 18 mars 2019)    L'Etat islamique opère dans la poche à Al-Baghouz contre les "Croisés" (cf, Les chrétiens membres de la Coalition internationale).
Droite : L’Etat islamique opère dans la poche à Al-Baghouz contre les “Croisés” (cf, Les chrétiens membres de la Coalition internationale). Gauche : Des membres de l’Etat islamique tirent sur les forces des FDS à Al-Baghouz (Telegram, vidéo publiée par l’Agence de presse Amaq, le 18 mars 2019)
  • Selon les informations rapportées par le porte-parole des FDS, Mostafa Bali, le village d’Al-Baghouz et la concentration de membres de l’Etat islamique à l’extérieur de celui-ci (le “camp d’Al-Baghouz”) ont été repris. Dans le “camp d’Al-Baghouz”, des centaines de membres de l’Etat islamique malades et blessés ont été capturés et transférés pour traitement dans des hôpitaux militaires (Compte Twitter de Mostafa Bali, 19 mars 2019).

Le "Camp d’Al-Baghouz" avec la concentration d’activistes de l’EI repris par les forces des FDS et l’étroite bande le long de l’Euphrate où ils ont été repoussés (Compte Twitter de Mostafa Bali, 19 mars 2019)
Le “Camp d’Al-Baghouz” avec la concentration d’activistes de l’EI repris par les forces des FDS et l’étroite bande le long de l’Euphrate où ils ont été repoussés
(Compte Twitter de Mostafa Bali, 19 mars 2019)

Les membres de l’Etat islamique continuent de tenter de s’enfuir ou de se rendre
  • Le porte-parole des FDS, Mostafa Bali, a déclaré qu‘un autre groupe de membres de l’Etat islamique se serait rendu aux forces (Compte Twitter de Mostafa Bali, 15 mars 2019). Mostafa Bali a déclaré que des membres de l’Etat islamique avaient perpétré trois attentats suicides simultanés contre des familles de l’Etat islamique et des membres qui s’étaient rendus aux forces des FDS. Les attaques ont eu lieu dans le passage menant d’Al-Baghouz à la zone sous contrôle des FDS, afin de les empêcher de se rendre. À la suite de l’attaque, six membres de l’Etat islamique qui tentaient de s’échapper de la “poche” ont été tués et plusieurs autres ont été blessés (Compte Twitter de Mostafa Bali, 15 mars 2019).

Des membres de l'Etat islamique qui s'étaient rendus aux forces des FDS près du village d'Al-Baghouz (Page Facebook du Furat Post, 16 mars 2019)
 Des membres de l’Etat islamique qui s’étaient rendus aux forces des FDS près du village d’Al-Baghouz (Page Facebook du Furat Post, 16 mars 2019)

Nord-Est de la Syrie
Poursuite des attaques terroristes dans la région d’Al-Mayadeen
  • L’Etat islamique a mené une intense activité cette semaine contre les forces des FDS et les civils qui collaboraient avec elles dans la région de la ville d’Al-Mayadeen (sur les rives de l’Euphrate, au Sud-Est de Deir ez-Zor). Selon nous, cette activité avait pour but de détourner l’attention de la bataille dans le village d’Al-Baghouz et d’alléger la pression exercée sur les membres de l’Etat islamique assiégés dans le village.
  • Les principales attaques perpétrées dans les régions d’Al-Mayadeen et Deir ez-Zor sont les suivantes :
    • Deux membres du conseil local de villages situés au Sud-Est d’Al-Mayadeen, opérant sous la protection des FDS, ont été abattus (Shabakat Shumukh; compte Twitter Deir ez-Zor 24, 14 et 15 mars 2019).
    • Une embuscade a visé l’un des combattants des FDS à environ 14 km au Sud-Ouest d’Al-Mayadeen. Ce dernier a été tué (Shabakat Shumukh, 14 mars 1919).
    • Un membre du régime syrien a été tué par balle dans un village situé à environ 5 km à l’Est d’Al-Mayadeen (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019).
    • Une embuscade a visé des combattants des FDS dans un village au Nord d’Al-Mayadeen. Deux combattants des FDS ont été tués et trois autres ont été blessés (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019).
    • Un combattant des FDS a été assassiné à 27 km au Sud-Est d’Al-Mayadeen (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019).
    • Une embuscade a visé des combattants des FDS au Nord-Est de Deir ez-Zor. Trois combattants, dont un commandant, ont été tués (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019).
    • Une moto piégée a explosé près d’un poste de contrôle des FDS à Al-Basira, à 14 km au Nord d’Al-Mayadeen (Shabakat Shumukh, 18 mars 2019).
    • Le réseau de presse AMN a annoncé qu’au cours de la semaine écoulée, un soldat russe avait été tué dans une embuscade tendue par l’Etat islamique aux forces syriennes dans l’Est de Deir ez-Zor (AMN, 16 mars 2019).
Nord de la Syrie
Activité antiterroriste kurde dans la région de Manbij
  • Les forces du FDS auraient récemment lancé une activité antiterroriste dans le but de découvrir des réseaux de l’Etat islamique et des éléments affiliés à la Turquie. On peut supposer que cette initiative pourrait intensifier les tensions avec la Turquie, qui cherche à prendre le contrôle de la ville de Manbij et de ses environs.
  • Le 16 mars 2019, les forces des FDS et le conseil militaire de Manbij, soutenus par elles, ont lancé une campagne visant à localiser les escadrons de l’Etat islamique et des éléments liés à la Turquie dans la ville de Manbij et sa zone rurale (Site Internet kurde de ronahi.tv, 16 mars , 2019; Observatoire syrien des droits de l’homme, 17 mars 2019). Le 18 mars 2019, des points de contrôle auraient été installés à Manbij et dans ses environs (Facebook, 18 mars 2019).

Les forces du conseil militaire de Manbij renforcent leurs troupes à Manbij (Site Internet kurde ronahi.tv, 18 mars 2019)
Les forces du conseil militaire de Manbij renforcent leurs troupes à Manbij (Site Internet kurde ronahi.tv, 18 mars 2019)

Principaux développements en Irak
Activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique
  • L’utilisation de bombes que des membres de l’Etat islamique ont attaché à des véhicules des forces de sécurité irakiennes a joué un rôle de premier plan dans ces activités.
  • Voici les points saillants de l’activité de l’organisation au cours de la semaine écoulée (selon les rapports du groupe) :
    • Province de Diyala : Le 13 mars 2019, des tireurs isolés ont tiré sur des membres de la police irakienne (engagés dans la protection des installations pétrolières) à 39 km à l’Est de Baqubah. Un policier a été tué et un autre blessé (Shabakat Shumukh, 14 mars 2019). Dans la même zone, des membres de l’Etat islamique ont fait exploser un engin piégé contre un véhicule de la Mobilisation populaire / tribale. Quatre des passagers ont été tués ou blessés (Shabakat Shumukh, 14 mars 2019).
    • Province de Ninive :
    • Le 13 mars 2019, des membres de l’Etat islamique ont attaché une bombe à un véhicule de l’armée irakienne dans la partie Ouest de la ville de Mossoul. Trois soldats ont été tués (Shabakat Shumukh, 14 mars 2019).
    • Le 13 mars 2019, des membres de l’Etat islamique ont attaché une bombe à un véhicule de l’un des membres de la Mobilisation tribale dans le quartier d’Al-Intisar, dans le Sud-Est de Mossoul (la rive Est). Le membre de la Mobilisation tribale a été tué (Shabakat Shumukh, 14 mars 2019).
    • Le 14 mars 2019, des membres de l’Etat islamique ont attaché une bombe à un véhicule dans le village de Rabia, près de la frontière irako-syrienne (à environ 50 km au Nord-Ouest de Tal Afar). Un commandant de la mobilisation populaire / tribale a été blessé (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019).
    • Province de Salah al-Din : Le 14 mars 2019, des membres de l’Etat islamique ont incendié les maisons de deux membres de Mobilisation tribale à 6 km à l’Ouest de Samarra (Shabakat Shumukh, 16 mars 2019). En pénétrant dans un appartement près du lac Tharthar, des membres de l’Etat islamique ont abattu quatre membres des services de renseignements irakiens (à environ 50 km à l’Ouest de Samarra) (Shabakat Shumukh, 15 mars 2019).
Un membre de l'Etat islamique incendie le domicile d'un membre de la Mobilisation tribale dans un village à l'Ouest de Samarra (Shabakat Shumukh, 18 mars 2019)    Équipement de quatre membres des services de renseignements irakiens qui ont été abattus par des membres de l'Etat islamique (Shabakat Shumukh, 15 mars 2019).
Droite : Équipement de quatre membres des services de renseignements irakiens qui ont été abattus par des membres de l’Etat islamique (Shabakat Shumukh, 15 mars 2019). Gauche : Un membre de l’Etat islamique incendie le domicile d’un membre de la Mobilisation tribale dans un village à l’Ouest de Samarra (Shabakat Shumukh, 18 mars 2019)
Activités antiterroristes des forces de sécurité irakiennes
  • Les principales activités antiterroristes menées par les forces de sécurité irakiennes sont les suivantes :
  • La 2ème brigade de Mobilisation populaire et les forces de sécurité irakiennes ont localisé une cache d’armes contenant des roquettes et des obus de mortier dans le désert de Najaf (138 km au Sud de Bagdad) (al-hashed.net, 13 mars 2019).
Armes saisies dans le désert de Najaf (al-hashed.net, 13 mars 2019)    Le personnel de la Mobilisation populaire et les forces de sécurité irakiennes à proximité d'une cachette d'armes.
Droite : Le personnel de la Mobilisation populaire et les forces de sécurité irakiennes à proximité d’une cachette d’armes. Gauche : Armes saisies dans le désert de Najaf
(al-hashed.net, 13 mars 2019)
  • La Direction des renseignements militaires irakiens a annoncé que 10 cachettes de l’Etat islamique avaient été détruites à environ 40 km au Sud-Ouest de Kirkouk (Al-Sumaria, 14 mars 2019).
  • Le commandement des opérations à Bagdad a annoncé que les forces de l’armée irakienne avaient tué Sabah Nouri, un haut responsable de l’Etat islamique qui avait exercé les fonctions de commandant administratif et militaire de la province du Nord de Bagdad. Il a été tué au Nord de Bagdad (Agence de presse irakienne, 15 mars 2019).
  • Le porte-parole de la police de la province de Diyala-Nord a rapporté qu’une force de sécurité avait fait irruption dans une cachette dans l’Est de la province et avait tué quatre terroristes (des membres de l’Etat islamique) qui prévoyaient attaquer le siège de la province (Iraqi News Agence, 17 mars 2019).

Le corps de l'un des membres de l'Etat islamique qui a été tué dans la province de Diyala lors d'une opération antiterroriste des forces de sécurité irakiennes (Iraqi News Agency, 17 mars 2019)
Le corps de l’un des membres de l’Etat islamique qui a été tué dans la province de Diyala lors d’une opération antiterroriste des forces de sécurité irakiennes
(Iraqi News Agency, 17 mars 2019)

  • Le commandement des opérations Al-Anbar de l’armée irakienne a annoncé la détonation contrôlée d’environ 140 engins piégés et de cinq ceintures d’explosifs de l’Etat islamique au Sud de Falloujah (Agence de presse irakienne, 18 mars 2019).
Activités du jihad dans d’autres pays
Etablissement de l’Etat islamique en Tunisie
  • Des médias affiliés à l’Etat islamique ont récemment publié des rapports sur l’activité militaire de l’organisation dans le Nord-Est de la Tunisie, près de la frontière algérienne. Cette activité comprenait des patrouilles, la préparation d’engins piégés et l’exécution d’un responsable de la sécurité tunisien. Le mot «Tunisie» figurait dans les photos distribuées dans un format caractéristique des autres provinces de l’organisation. Il est donc possible que l’Etat islamique établisse une nouvelle province en Tunisie ou prépare le terrain pour les médias en vue de la création d’une nouvelle province, même si celle-ci n’a pas encore été officiellement annoncée[2].
  • Le 17 mars 2019, un site Internet affilié à l’Etat islamique a publié des photos de membres de l’Etat islamique en Tunisie au cours d’une opération militaire. Les membres sont vus en train de patrouiller et de préparer un engin piégé (Shabakat Shumukh, 17 septembre 2018). Il a également été fait état de l’exécution d’un membre de l’appareil de sécurité tunisien (Al-Furat Media; Shabakat Shumukh, 16 mars 2019). Le format des photos et l’inscription du nom de la province sont caractéristiques des autres provinces de l’organisation. Les photos distribuées portaient l’inscription Tunis (c’est-à-dire la Tunisie) à droite, bien que le mot “Province” (wilaya) ne soit pas apparu.
  • Au cours de l’année écoulée, l’Etat islamique a mené un certain nombre d’attaques terroristes en Tunisie, mais à ce jour, il n’a pas démontré de capacités militaires particulièrement élevées. Les dernières publications pourraient refléter les efforts déployés par l’Etat islamique pour s’établir en Tunisie, probablement en raison du retour de nombreux membres de la Syrie dans leur pays d’origine. Il est également possible que le moment choisi pour ces publications soit lié à l’intérêt manifesté par l’organisation de démontrer que, malgré la forte pression qui y est exercée en Syrie, son activité dans le monde entier se poursuit et est même en augmentation. En tout état de cause, l’installation de l’Etat islamique en Tunisie est une autre expression de la transformation de l’Afrique en un centre d’activité central pour l’organisation, dont les provinces créent une instabilité politique et sécuritaire en Afrique du Nord et dans les pays d’Afrique subsaharienne.
Des membres de l'Etat islamique qui préparent des engins piégés (Shabakat Shumukh, 17 mars 2019)    Des membres de l'Etat islamique préparent des éclats d'obus contre les engins piégés en coupant une barre de fer en petits morceaux.
Droite : Des membres de l’Etat islamique préparent des éclats d’obus contre les engins piégés en coupant une barre de fer en petits morceaux. Gauche : Des membres de l’Etat islamique qui préparent des engins piégés (Shabakat Shumukh, 17 mars 2019)
Activités militaires de la province du Khorasan
  • La semaine dernière, la province du Khorasan a annoncé une série d’opérations qu’elle avait menées :
    • Mort d’un “agent des États-Unis” avec un engin piégé dans la province de Kunar (Shabakat Shumukh, 13 mars 2019).
    • Blessure de quatre soldats afghans avec deux engins piégés dans la ville de Jalalabad (Shabakat Shumukh, 13 mars 2019).
    • Morts et blessures de 11 soldats afghans en faisant exploser trois engins piégés dans la ville de Jalalabad (Shabakat Shumukh, 15 mars 2019).
    • Assassinat d’un homme de sécurité afghan à Kaboul, la capitale, avec des tirs d’armes automatiques (Shabakat Shumukh, 17 mars 2019).
Déclaration russe sur la consolidation de l’Etat islamique dans le Nord de l’Afghanistan
  • Sergei Smirnov, président de la structure antiterroriste régionale (RATS) du Conseil de coopération de Shanghai (SCO[3]) et premier directeur adjoint du Service de sécurité fédéral russe (FSB), a déclaré dans un entretien avec les médias que l’Etat islamique devenait plus fort dans le Nord de l’Afghanistan. Selon lui, l’organisation représente une menace importante pour les États membres de l’OCS. Après la réunion du Conseil RATS à Tachkent, Smirnov a déclaré : “Les organisations terroristes ont intensifié leurs activités subversives et terroristes et renforcent leurs bases dans le Nord de l’Afghanistan. Compte tenu des pertes subies en Syrie et en Irak, l’Etat islamique doit rechercher les moyens de renforcer les forteresses du califat. Le fait que l’Etat islamique se renforce dans le nord de l’Afghanistan pourrait indiquer une menace réelle pour la sécurité régionale dans un avenir proche. “
Violents combats dans le Sud des Philippines
  • Les violents combats se poursuivent entre des membres de l’Etat islamique et l’armée philippine sur l’île de Mindanao, dans le Sud du pays. Environ 20 membres de l’Etat islamique auraient été tués dans des attaques au sol et des frappes aériennes menées par l’armée des Philippines. Parmi les victimes figurent Muhammad Ali Bin Abd al-Rahman, alias Mu’awiya, un jihadiste appartenant à l’organisation indonésienne Jama’a Islamiya, qui a été l’instructeur de l’organisation Abu Sayyaf pour la préparation des engins piégés (Manila Times, 14 mars 2019). La province de l’Asie de l’Est de l’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient mis fin à une attaque de l’armée philippine sur l’île de Mindanao. Selon la déclaration, 16 soldats de l’armée philippine auraient été tués et 32 ​​autres blessés (Shabakat Shumukh, 15 mars 2019).
La guerre de propagande
L’Etat islamique menace la Nouvelle-Zélande après les attentats ayant visé deux mosquées de Christchurch
  • Le 15 mars 2019, des massacres ont été perpétrés dans deux mosquées de la ville de Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Au moins 50 fidèles ont été tués et environ 50 autres blessés, certains gravement. L’attaque a été perpétrée par un citoyen australien de 28 ans, nationaliste radical et suprématiste blanc, hostile aux immigrés et haïssant les musulmans.
  • L’Etat islamique a rapidement posté une affiche sur les sites Internet lui étant associés, menaçant de mener une attaque de grande ampleur en guise de vengeance. Au-delà du sentiment de vengeance, l’Etat islamique cherche à tirer parti de l’attaque terroriste pour se présenter comme le protecteur des musulmans et encourager ses partisans à lancer des attaques par vengeance contre des cibles affiliées à la Nouvelle-Zélande (ou même à celles affiliées aux pays occidentaux en général).
Photo d'une vidéo filmée par l'auteur lors de l'attaque de la mosquée (Telegram, 15 mars 2019)   Affiche d’un partisan de l’Etat islamique montrant des armes à côté du drapeau de l’organisation. Le texte sur l'arme précise : "Le destin va bientôt se retourner contre vous. Il n'y a d'immunité pour personne, et la réponse est proche" et "Patience, Nouvelle-Zélande, les jours diminuent [avant la vengeance], les blessures exigent un traitement égal" (Shabakat Shumukh; Akhbar al-Muslimeen, 16 mars 2019).
Droite : Affiche d’un partisan de l’Etat islamique montrant des armes à côté du drapeau de l’organisation. Le texte sur l’arme précise : “Le destin va bientôt se retourner contre vous. Il n’y a d’immunité pour personne, et la réponse est proche” et “Patience, Nouvelle-Zélande, les jours diminuent [avant la vengeance], les blessures exigent un traitement égal” (Shabakat Shumukh; Akhbar al-Muslimeen, 16 mars 2019). Gauche : Photo d’une vidéo filmée par l’auteur lors de l’attaque de la mosquée (Telegram, 15 mars 2019)
  • Le porte-parole de l’Etat islamique, Abu Hassan al-Muhajer, a publié une cassette audio contenant une série de messages destinés aux membres et aux sympathisants de l’Etat islamique. Entre autres choses, il a mentionné le massacre en Nouvelle-Zélande. Al-Muhajer a déclaré que les dirigeants occidentaux versaient des “larmes de crocodile” aux fidèles musulmans qui ont été tués. Selon lui, il s’agissait d’une attaque en série de catastrophes que les infidèles avaient menées contre les musulmans et qu’elles mèneraient à l’avenir. Il a appelé les membres de l’Etat islamique à venger le sang des fidèles en Nouvelle-Zélande (Shabakat Shumukh, 18 mars 2019).

[1] Ansar Al-Tawhid est une organisation rebelle jihadiste créée en Mars 2018. Elle se compose de groupes ayant appartenu à l'organisation jihadiste Jund Al-Aqsa («Armée d'Al-Aqsa») et en a fait sécession fin 2016 (Réseau Shabakat Sham affiliés aux organisations rebelles, 9 mars 2018).
[2] Voir le détail des activités de l'Etat islamique en Tunisie dans un document distinct.

[3] L’Organisation de coopération de Shanghai (SEO) est une organisation internationale conçue pour renforcer la confiance et accroître la coopération politique, économique et en matière de sécurité entre ses États membres. L'organisation a été fondée en 2001 par la Chine, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Les activités de l’organisation sont axées sur la coopération en matière de sécurité, la coopération économique et la coopération culturelle.