Pleins feux sur le jihad mondial (10-16 août 2017)

Des membres de l'Etat islamique préparent une attaque contre les forces des FDS à Al-Raqqah (Akhbar Al-Muslimeen, 10 août 2017)

Des membres de l'Etat islamique préparent une attaque contre les forces des FDS à Al-Raqqah (Akhbar Al-Muslimeen, 10 août 2017)

Membres de l'Etat islamique luttant contre les forces des FDS à Al-Raqqah (Akhbar Al-Muslimeen, 10 août 2017)

Membres de l'Etat islamique luttant contre les forces des FDS à Al-Raqqah (Akhbar Al-Muslimeen, 10 août 2017)

Soldats syriens avant le départ pour l'opération de débarquement (Page Facebook @sy.syrianarmy, 13 août 2017).

Soldats syriens avant le départ pour l'opération de débarquement (Page Facebook @sy.syrianarmy, 13 août 2017).

Pancarte de l'Etat islamique qui précise

Pancarte de l'Etat islamique qui précise "État islamique, Province de Homs, ville d'Al-Sukhnah."

: Soldats de l'armée syrienne arborant le drapeau syrien à Al-Sukhnah (Al-Hadath, 12 août 2017).

: Soldats de l'armée syrienne arborant le drapeau syrien à Al-Sukhnah (Al-Hadath, 12 août 2017).

Transfert de carburant et de générateurs au département de médecine légale à Mossoul par un organisme d'aide (Centre d'information de Ninive, 12 août 2017)

Transfert de carburant et de générateurs au département de médecine légale à Mossoul par un organisme d'aide (Centre d'information de Ninive, 12 août 2017)

Ahmad al Hallaq, de la bande de Gaza, tué au combat dans la péninsule du Sinaï (Haqq, 11 août 2017)

Ahmad al Hallaq, de la bande de Gaza, tué au combat dans la péninsule du Sinaï (Haqq, 11 août 2017)

Principaux événements de la semaine
  • Ci-après les principaux développements en Syrie et en Irak :
  • En Syrie – Les combats à Al-Raqqah sont encore embourbés, et les forces des FDS sont confrontées à une vive résistance. Les forces syriennes ratissent la zone située au Nord d’Al-Sukhnah, en vue de leur avancée vers Deir ez-Zor. Cette semaine, des hélicoptères syriens et russes ont conduit une force armée syrienne à Al-Kadir, au Nord d’Al-Sukhnah. En même temps, une force syrienne a avancé vers Al-Sukhnah (dont la reprise a été complétée) vers le site d’atterrissage, selon nous, afin de rejoindre la force de débarquement.
  • En IrakLa campagne de reprise de Tal Afar des mains de l’Etat islamique a commencé, avec la participation de l’armée irakienne et des milices chiites affiliées à l’Iran (“la résistance populaire”). La campagne a débuté par un bombardement de l’armée de l’air, en étape préliminaire à une attaque au sol. La reprise de l’enclave de l’Etat islamique dans la région de Tal Afar, qui est située sur la route menant de Mossoul à la frontière irako-syrienne, facilitera le ratissage de la frontière par les forces irakiennes et les milices chiites.
  • Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a publié un article dans son magazine Inspire appelant ses membres à effectuer des attaques terroristes aux États-Unis et en Europe de leur propre initiative (“jihad isolé”). Une section spéciale a été consacrée à l’attaque de trains qui, selon l’article, est un moyen simple mais très efficace.
La Russie et les Etats-Unis
Les accords de désescalade en Syrie
  • Un calme relatif a régné cette semaine dans les trois régions qui ont été déclarées zones de désescalade (à l’exception de quelques violations, principalement par les forces du régime syrien). En ce qui concerne l’inclusion de la région d’Idlib dans les accords de désescalade, il y a encore des difficultés dues au fait que le Siège de Libération d’Al-Sham, qui n’est pas inclus dans les accords, a repris de grandes parties de la région. Dans ce contexte, le commentateur politique russe Gevorg Mirzayan a affirmé que la mise en place d’une quatrième zone de désescalade à Idlib est apparemment compromise. Selon lui, le plan initial était que les accords soient mis en œuvre par l’organisation Ahrar al-Sham, qui fonctionne sous la protection de la Turquie. Toutefois, l’organisation a été défaite par le Siège de Libération d’Al-Sham, qui s’est renforcé, et de nombreuses organisations opérant dans la région ont rejoint ses rangs (RIA Novosti, 7 août 2017).
  • Le ministre russe de la Défense Sergueï Shoygu a déclaré que la création de zones d’escalade est une expression sur le terrain de la séparation entre la guerre contre le terrorisme et la guerre civile, dans laquelle l’opposition se bat contre le régime syrien. Selon le ministre, lorsque l’établissement des zones de désescalade a été décidé, il ne concernait que des forces de l’opposition (et non des groupes modérés) sans la présence d’organisations terroristes. Selon lui, l’annonce de ces zones a permis de libérer des forces importantes en faveur de la guerre contre le terrorisme. Sergey Shoygu a ajouté que si des terroristes sont découverts dans les zones, les forces de l’opposition sont supposées les combattre (Russie-24, 13 août 2017).
Principaux développements en Syrie
La campagne de reprise d’Al-Raqqah
  • Après plus de deux mois de combats, la coalition internationale a annoncé que les forces des FDS ont repris plus de la moitié du territoire de la ville. Un commandant des FDS a estimé que la campagne devrait durer encore quatre mois (suriya.net, 10 août 2017). Cette semaine, les combats se sont poursuivis dans le secteur de la vieille ville, essentiellement autour de la grande mosquée située dans le Sud-Ouest d’Al-Raqqah. En outre, les FDS ont repris les quartiers d’Al-Mahdi et d’Al-Rafiqah, dans l’Est et le Sud-Est d’Al-Raqqah (Réseau Al-Sham, 13 août 2017). Les forces des FDS sont appuyées par des frappes aériennes de la coalition. Les deux parties auraient subi de lourdes pertes (Réseau Al-Sham, 13 août 2017).
  • L’Etat islamique continue d’attaquer les forces des FDS, principalement par des voitures piégées. Le 11 août 2017, l’Etat islamique a signalé que neuf combattants des FDS ont été tués et 12 blessés près de la grande mosquée dans la vieille ville à la suite de l’explosion d’une voiture piégée. La voiture était conduite par un terroriste suicide appelé Abu Talha al-Maqdisi (Haqq, 11 août 2017).
Ratissage de la zone au Nord d’Al-Sukhnah
Débarquement d’une force syrienne par hélicoptère dans une zone contrôlée par l’Etat islamique au Nord d’Al-Sukhnah
  • Des soldats de l’armée syrienne ont atterri dans une zone contrôlée par l’Etat islamique. L’atterrissage a été réalisé au Sud du village d’Al-Kadir, à environ 42 km au Nord d’Al-Sukhnah. Le débarquement de la force est une nouvelle étape dans le ratissage du secteur Al-Sukhnah-Al-Raqqah en étape préalable avant d’avancer vers l’Est, vers Deir ez-Zor. Le ministre russe de la Défense Sergei Shoygu a noté que Deir ez-Zor, qui est assiégée par les terroristes, est un point clé de la Syrie et sa libération sera un facteur crucial dans la lutte contre l’Etat islamique (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 13 août 2017).
  • Selon un rapport de la télévision syrienne, les forces ont été débarquées par quatre hélicoptères de l’armée de l’air syrienne et trois hélicoptères de l’armée de l’air russe. Avant l’atterrissage, l’artillerie syrienne a effectué des bombardements préparatoires. L’armée de l’air syrienne a également effectué des bombardements préalables et a attaqué des cibles affiliées à l’Etat islamique (Télévision syrienne, 12 août 2017).
  • Après l’atterrissage, les forces du régime syrien ont repris les villages de Khirbet Mikman, Al-Kadir et Bir Al-Rahum (Akhbar Al-Muslimeen, 11 août 2017). Plus de 25 membres de l’Etat islamique auraient été tués et d’autres blessés (Observatoire syrien des droits de l’homme, 13 août 2017).
Achèvement de la reprise d’Al-Sukhnah et nettoyage de la zone d’Al-Sukhnah
  • L’armée syrienne a annoncé le 12 août 2017 avoir le plein contrôle de la ville d’Al-Sukhnah, au Nord-Est de Palmyre, environ une semaine après que ses forces ont pénétré dans la ville (5 août 2017). L’armée syrienne a également terminé le déminage de la ville (Observatoire syrien des droits de l’homme, 12 août 2017). Au cours des combats dans Al-Sukhnah, de nombreux membres de l’Etat islamique auraient été tués et une grande quantité d’armes et d’équipement détruite. Plusieurs centaines de membres de l’Etat islamique ont fui la ville vers la zone d’Abu Kamal, au Sud-Est de Deir Ez-zor (Al-Hadath, 12 août 2017).
  • Après la reprise d’Al-Sukhnah, les forces syriennes ont continué le ratissage de la zone située au Nord et au Sud de la ville. Les forces syriennes ont avancé vers une zone détenue par l’Etat islamique à environ 35 km au Nord d’Al-Sukhnah, probablement pour rejoindre la force syrienne débarquée dans la zone d’Al-Kadir. Les forces syriennes ont repris plusieurs villages de la région et un champ de gaz à proximité. L’Etat islamique a tenté de lancer une contre-attaque au Nord d’Al-Sukhnah. Il a également attaqué un avant-poste de l’armée syrienne au Sud-Est d’Al-Sukhnah (Syria-victory, 10 août 2017).
Préparatifs de l’armée libanaise et du Hezbollah en vue du nettoyage de Baalbek et d’Al-Qaa
  • L’armée libanaise et le Hezbollah continuent leurs préparatifs pour lancer leur campagne commune dans la région de Ras Baalbek et d’Al-Qaa dans le Nord de la vallée de la Bekaa. Des unités de l’armée libanaise auraient commencé leur déploiement dans les secteurs dominants la région (Liban 24, 14 août 2017). L’armée libanaise a tiré des tirs d’artillerie sur des cibles de l’Etat islamique à Ras Baalbek. L’agence de presse iranienne a félicité l’armée libanaise pour les attaques contre les avant-postes des “terroristes de l’État islamique” à Ras Baalbek. L’agence de presse a affirmé qu’il s’agissait d’une étape en vue de l’avancée de l’attaque planifiée du Hezbollah et de l’armée libanaise contre les territoires occupés par l’Etat islamique dans la région au cours des trois dernières années (IRNA, 10 août 2017).
Principaux développements en Irak
La situation à Mossoul
  • La situation humanitaire à Mossoul continue d’être grave. L’alimentation en électricité et en eau est interrompue, et certaines maisons sont complètement sans eau et électricité. Les hôpitaux utilisent des générateurs fournis par les organisations d’aide humanitaire (Centre d’information de Ninive, 12 août 2017).
  • Des membres de l’Etat islamique tentent toujours d’effectuer des attaques sporadiques contre les forces de sécurité à Mossoul. Le 12 août 2017, un membre de l’Etat islamique a attaqué un avant-poste de la police dans le quartier de Yarmouk dans l’Ouest de Mossoul avec un fusil Kalachnikov et des grenades. Il a été tué par les policiers. Il s’est ensuite avéré qu’il portait une ceinture d’explosifs qui n’a pas été activée (Al-Sumaria, 12 août 2017).
Début de la campagne de reprise de Tal Afar
  • Mohammad al-Khudari, le porte-parole du ministère irakien de l’Intérieur, a annoncé que dans la nuit du 14 au 15 août 2017, la campagne pour la libération de Tal Afar avait commencé (Al-Sumaria, 15 août 2017). Il s’agit d’une enclave détenue par l’Etat islamique, à environ 70 km à l’ouest de Mossoul. Selon l’envoyé spécial américain auprès de la coalition, il y a environ 1 000 membres de l’Etat islamique dans la région de Tal Afar. L’enclave empêche le mouvement entre Mossoul et la frontière syro-irakienne. Sa reprise devrait permettre le nettoyage de la zone frontalière par les milices chiites (la Mobilisation populaire) et l’armée irakienne.
  • Le porte-parole du ministère irakien de l’Intérieur a ajouté que la campagne de Tal Afar a débuté par une frappe de l’armée de l’air irakienne contre des cibles de l’Etat islamique. La frappe est une étape préliminaire en vue de l’attaque terrestre qui doit avoir lieu par la suite (Al-Sumaria, 15 août 2017). En même temps, il a été signalé que six fortes explosions ont été entendues à Tal Afar. L’une d’entre elles a été réalisée dans un atelier d’explosifs de l’Etat islamique (Al-Sumaria, 15 août 2017). Des unités des milices chiites affiliées à l’Iran prennent également part à l’attaque de Tal Afar.
  • La ville de Tal Afar, au Nord de l’Irak dans la province de Ninive, est située à environ 48 km à l’Ouest de Mossoul. Sa population est surtout sunnite, d’origine turkmène (personnes qui parlent turc, à la culture turque, considérées par la Turquie comme ses protégés). En 2003, la population de la ville comptait plus de 200 000 habitants. Cependant, des affrontements interethniques et des incidents violents ont diminué le nombre d’habitants à 80 000 (2007). En Juin 2014, la ville a été occupée par l’Etat islamique. A la suite de l’occupation, un grand nombre de ses habitants, surtout des Turkmènes, ont fui la ville. Aujourd’hui, on ne sait pas combien d’habitants il y a dans la ville, mais leur nombre ne dépasse pas 50 000 (Wikipédia).
Frontière syro-irakienne
  • Le bataillon Sayyid Al-Shuhada (le surnom d’Hussein bin Ali, “le maître des martyrs”), qui appartient aux chiites de la Mobilisation populaire, a annoncé que quatre de ses combattants ont été tués et 30 blessés dans un bombardement de la coalition internationale. Il a été signalé que l’attaque visait un convoi de ce bataillon qui tentait de franchir la frontière entre l’Irak et la Syrie. Le commandant du bataillon a appelé le gouvernement irakien à ouvrir une enquête (Al-Arabiya Al-Hadath ; Al-Mayadeen, 8 août 2017). Selon Abu al-Walaa al-Walai, le commandant du bataillon, après la frappe aérienne de la coalition, l’Etat islamique a attaqué des membres de l’organisation (Al-Alam, 8 août 2017).
  • L’Etat islamique n’a pas tardé à annoncer que ses membres avaient attaqué les forces de la milice. L’organisation a même publié une vidéo de l’attaque. La vidéo se termine par l’exécution d’un prisonnier iranien (Haqq, 1er août 2017). Des sources de la coalition internationale contre l’Etat islamique ont nié les rapports au sujet d’une attaque contre les forces de Mobilisation populaire à la frontière syro-irakienne (Site Internet d’Al-Hadath Al-Arabiya en anglais, 9 août 2017).
  • La chaîne iranienne Al-Alam a indiqué que l’Etat islamique avait exécuté Mohsen al-Hajji, commandant de l’IRGC qui a été capturé le 8 août 2017, dans la zone d’Al-Tanf près de la frontière syro-irakienne (suriya.net, 9 août 2017). À la suite de l’exécution du prisonnier, le commandant de la force Qods a souligné que la nation iranienne se vengera de sa mort (Tasnim, 10 août 2017).
Combats dans d’autres régions d’Irak
  • Les combats se poursuivent dans différentes régions d’Irak :
  • Hawija : Le 12 août 2017, il y a eu une explosion à un avant-poste de l’Etat islamique à Hawija, qui est contrôlé par l’Etat islamique (la ville est située à environ 55 km au Sud-Ouest de Kirkouk). Quatorze membres des lionceaux du califat ont été tués (Al-Sumaria, 12 août 2017).
  • La province de Salah Al-Din : Une source locale a rapporté qu’un commandant local de l’Etat islamique avait été tué dans une frappe contre une auberge de l’Etat islamique dans l’Est de la province de Salah Al-Din (aucun emplacement spécifique n’a été mentionné) (Al-Sumaria, 12 août 2017). Des avions de la coalition ont attaqué un rassemblement de membres de l’Etat islamique dans le secteur de Tuz Khurmatu, dans la partie orientale de la province. Des dizaines de membres de l’Etat islamique qui séjournaient sur place ont été tués et blessés (Al-Sumaria, 13 août 2017).
  • Karbala : Une voiture piégée a explosé à un barrage militaire à l’Ouest de la ville de Kerbala, à proximité d’une usine de ciment. Après l’explosion, il y a eu des échanges de tirs entre les forces de sécurité et les membres de l’Etat islamique. Un membre de l’Etat islamique a activé une ceinture d’explosifs au cours de l’attaque. L’organisation a revendiqué la responsabilité de l’attaque et a noté qu’environ cinquante membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués ou blessés (Haqq, 12 août 2017).
  • Bagdad : L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’explosion d’une voiture piégée rue Filastin, dans le centre de Bagdad, qui abrite une population chiite. Selon l’organisation, un total de 27 chiites ont été touchés, certains d’entre eux ont été tués et blessés (Haqq, 13 août 2017). D’autre part, le ministère irakien de l’Intérieur a annoncé que les forces de sécurité irakiennes ont arrêté deux terroristes suicide dans le centre de Bagdad et neutralisé une voiture piégée (Al-Sumaria, 13 août 2017).
Pertes américaines dans les combats au Nord de l’Irak
  • Les forces de la coalition internationale ont signalé que deux Américains ont été tués et cinq autres blessés dans des combats dans le Nord de l’Irak. Des rapports préliminaires indiquent que leur mort n’a pas été causée par le contact direct avec l’ennemi. Le porte-parole du Pentagone Rob Manning a déclaré que les soldats qui avaient été touchés faisaient partie d’une unité d’artillerie qui menait une mission contre un site de mortiers de l’Etat islamique. Il a dit qu’ils ont été tués dans un accident et qu’il n’y a pas de signes indiquant que l’Etat islamique avait quelque chose à voir avec l’incident. Il a ajouté que l’affaire faisait l’objet d’une enquête (Site Internet du ministère américain de la Défense, 13-14 août 2017).
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’incident. Dans le communiqué publié, l’organisation annonce avoir tué et blessé dix soldats américains par des tirs de roquettes Grad près du village d’Al-Buwayr à l’Est de Tal Afar (SITE, 13 août 2017).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
  • La Province du Sinaï de l’Etat islamique a annoncé qu’Ahmad al Hallaq, alias Abu Asid al-Maqdisi, résident du camp de réfugiés d’Al-Shati dans la bande de Gaza, a été tué au combat dans la péninsule du Sinaï (Haqq, 11 août 2017).
Autres pays
Israël
  • En juillet 2017, les services de sécurité générale ont arrêté deux frères du village d’Umm al-Fahm partisans de l’Etat islamique. Une mitraillette de type Carlo a été trouvée sur le toit de la maison de Mahmoud Jabarin, 25 ans, et de Naim Jabarin 20 ans. Des photos et des documents trouvés en leur possession renforcent les soupçons de leur soutien à l’idéologie de l’Etat islamique. Mahmoud Jabarin avait l’intention de quitter Israël et de rejoindre les rangs de l’Etat islamique en Syrie. À cette fin, il était en contact avec un membre de l’Etat islamique en Syrie, un ancien résident d’Umm al-Fahm qui a rejoint les combats en 2014. Son frère Naim avait prêté allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi.
La conduite de l’Etat islamique
Recrutement obligatoire à Deir Ez-zor
  • Un entretien avec le chef du bureau de recrutement de bénévoles de l’Etat islamique a été publié dans Al-Nabā’. Selon lui, les chiites et les alaouites concentrent leurs forces en vue d’une attaque dans la province d’Al-Khayr (Deir ez-Zor) et ont donc besoin de bénévoles. Abu Bakr al-Baghdadi a déjà appelé à plusieurs reprises les résidents de la province à s’engager, et beaucoup l’ont fait. Cependant, selon l’annonce, des combattants supplémentaires sont nécessaires, et le recrutement obligatoire a été décidé. Selon lui, il vaut mieux que les résidents combattent plutôt que de tomber entre les mains des alaouites, qui profanent leur honneur, volent leurs biens et les forcent à servir dans leur armée.
  • L’ordre de recrutement obligatoire s’applique aux résidents âgés de 20 à 30 ans et est sujet à changement en fonction de la situation sur le terrain. Après l’enrôlement, les recrues devront participer à un cours en droit islamique et à un entraînement militaire. La durée du service est de quatre mois, y compris le temps du cours. Après quatre mois, les participants seront en mesure de prendre la décision de continuer ou non. L’enrôlement est obligatoire, et toute personne qui refuse ou ne reçoit pas d’exemption de service sera pénalisée (Al-Nabā’, numéro 93, 10 août 2017).
  • Le recrutement obligatoire par l’Etat islamique des habitants de Deir Ez-zor s’inscrit dans le cadre de ses préparatifs pour la bataille imminente pour la ville (et la région). Au cours des derniers mois, les forces syriennes ont nettoyé la zone à l’Est de Deir Ez-zor et leurs forces sont à proximité de la ville. Du point de vue de l’Etat islamique, Deir ez-Zor, une ville clé dans la vallée de l’Euphrate, est d’une importance majeure et les forces syriennes devraient rencontrer une forte résistance.
Des membres du Daghestan rejoignent les rangs de l’Etat islamique
  • D’après le bureau du commissaire aux droits de l’enfant dans la république du Daghestan, il y a eu 213 cas signalés de parents qui ont quitté le pays avec leurs enfants afin de rejoindre les rangs de l’Etat islamique. Selon le commissaire, ce nombre pourrait être beaucoup plus élevé, parce que les parents de ceux qui s’enrôlent dans l’Etat islamique ont souvent peur de contacter les autorités par crainte d’être accusés de collaborer avec des organisations terroristes (Spoutnik, 11 août 2017).
Activités de prévention
Turquie
  • Au cours de la semaine, les forces de sécurité turques ont effectué plusieurs activités préventives contre des membres du jihad dans tout le pays [1]:
  • Selon une source de la police turque, douze membres présumés du Fateh al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra) ont été arrêtés dans un raid de la police dans la ville de Diyarbakir, dans le Sud-Est du pays (Anatolia, 9 août 2017).
  • Les forces de sécurité turques ont arrêté un membre russe de l’Etat islamique appelé Renat Bakiev, qui avait prévu d’utiliser un drone pour abattre un avion américain à la base de l’armée de l’air d’Incirlik dans le Sud de la Turquie. Selon des rapports, Bakiev a avoué qu’il était membre de l’Etat islamique et a dit qu’en plus de cette attaque, il avait prévu une autre attaque contre des citoyens américains (Reuters, 10 août 2017).
  • Dans une opération de sécurité à l’échelle du pays, 22 membres présumés de l’Etat islamique ont été arrêtés (Reuters, 11 août 2017). Dans les raids, qui ont été menés dans les provinces de Malatya, Gaziantep et Sanliurfa (dans l’Est et le Sud-Est de la Turquie), trois hommes soupçonnés d’appartenir à l’Etat islamique et de planifier des attentats terroristes ont été arrêtés. Les suspects utilisaient des forums d’applications de jeu pour communiquer avec les membres de l’Etat islamique (The Washington Post, 12 août 2017).
  • La police turque a arrêté un homme soupçonné d’appartenir à l’Etat islamique qui avait procédé à des observations à Istanbul en préparation d’attaques terroristes (Hürriyet, 13 août 2017).
Russie
  • Trois membres de l’Etat islamique ont été arrêtés dans une opération spéciale dans laquelle le Service fédéral russe de sécurité (FSB) a attaqué un laboratoire d’explosifs. Selon le FSB, les suspects avaient l’intention de mener des attaques suicide dans les endroits bondés de Moscou. Les membres de l’escouade incluaient deux terroristes suicide, un expert en explosifs et membre de l’Etat islamique envoyé de Syrie. Trois des détenus sont des résidents de l’Asie centrale, et l’un d’eux est un citoyen russe. Selon le FSB, les membres de la cellule prévoyaient de mener des attaques dans des endroits bondés, sur des lignes de transport et dans des zones commerciales de Moscou (RT, Spoutnik, 14 août 2017).
La guerre de propagande
Al-Qaïda dans la péninsule arabe appelle ses membres à commettre des attaques terroristes aux Etats-Unis et en Europe
  • Le 17ème numéro du magazine Inspire a été publié par l’organisme Media Al-Malahem d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) en anglais et en arabe. L’article stipule que le numéro est consacré aux attaques contre des trains aux États-Unis et en Europe, moyen simple mais très efficace. Selon l’article, l’idée a été discutée en détail pendant plus d’un an par une équipe spéciale qui décrit une méthode simple mais qui pourrait embarrasser l’Occident au niveau sécuritaire, militaire et économique.
  • Selon l’article, les membres peuvent choisir l’une des trois méthodes d’attaque :
  • Cibler directement le train, de l’intérieur ou de l’extérieur
  • Cibler les rails
  • Cibler les gares, qui sont toujours bondées, causant ainsi un grand nombre de victimes
  • L’article se concentre sur le deuxième type d’attaque et fournit aux lecteurs des instructions détaillées pour fabriquer un engin pouvant faire dérailler le train. Selon l’article, cette méthode présente plusieurs avantages, y compris sa facilité de montage et la facilité de cacher la preuve après l’exécution de l’attaque. L’article souligne également que ce type d’attaque n’exige pas que l’auteur se sacrifie lui-même et par conséquent, elle peut être répétée plus d’une fois (The Long War Journal, 13 août 2017).
  • Ce numéro de la revue Inspire comprend également un entretien avec Abdelmalek Droukdel (Abu Mus’ab Abdul-Wadoud), le chef d’Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Selon lui, tout comme les États-Unis luttent contre le terrorisme dans le monde entier, les membres de l’Etat islamique doivent lutter contre les États-Unis dans le monde entier en portant atteinte à leurs intérêts vitaux. Il souligne que la meilleure chose à faire est de nuire aux Etats Unis à l’intérieur de leurs frontières. Selon lui, la méthode du guerrier solitaire du “jihad” a prouvé son efficacité et son pouvoir de dissuasion. Il détaille les avantages de la méthode et demande à tous les musulmans d’encourager et de diffuser ce type de jihad partout (Il mentionne également la bande de Gaza et Jérusalem). Selon lui, s’attaquer à des membres de la coalition internationale, comme les États-Unis et la France est la première priorité. S’adressant à la France, il affirme qu’elle doit commencer à se préparer à payer ce qu’elle doit aux musulmans, en espèces et en nature.

[1] Des responsables turcs ont signalé qu'au cours des dernières années, les forces de sécurité ont arrêté plus de 5 000 membres présumés de l'Etat islamique, ont expulsé près de 3 290 extrémistes étrangers de 95 pays et ont refusé l'entrée à au moins 38 269 personnes (Reuters, 10 août 2017).