Plein feux sur le jihad mondial (30 août – 5 septembre 2018)

Canons anti-aériens de l'armée syrienne tirant sur la région d'Al-Safa (Bureau d'information militaire de l'armée syrienne, 30 août 2018)

Canons anti-aériens de l'armée syrienne tirant sur la région d'Al-Safa (Bureau d'information militaire de l'armée syrienne, 30 août 2018)

Canons de l'armée syrienne montés sur des camions attaquant la région d'Al-Safa.

Canons de l'armée syrienne montés sur des camions attaquant la région d'Al-Safa.

Funérailles de Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar dans son village, dans la vallée de la Bekaa

Funérailles de Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar dans son village, dans la vallée de la Bekaa

Ahmad al-Qa’qa ’, responsable de la campagne intitulée

Ahmad al-Qa’qa ’, responsable de la campagne intitulée "Ensemble aux fronts", prêchant dans une mosquée du village de Sarmada, au Nord d’Idlib

Force de police irakienne lors d'une activité de sécurité (Agence de presse irakienne, 31 août 2018)

Force de police irakienne lors d'une activité de sécurité (Agence de presse irakienne, 31 août 2018)

Principaux évènements [1]
  • Dans la région d’Idlib, les préparatifs de la campagne imminente se poursuivent. Le Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations rebelles continuent de renforcer les lignes de front face à l’armée syrienne, en mettant l’accent sur la zone du Sud et du Sud-Ouest d’Idlib. L’armée syrienne s’emploie à perturber les préparatifs des rebelles et tire des pièces d’artillerie sur les postes rebelles et les forces rebelles en mouvement. En outre, l’armée de l’air russe aurait effectué des frappes aériennes à Idlib et dans la région située au Sud. Cependant, l’offensive terrestre de l’armée syrienne n’a pas encore commencé.
  • La Russie et la Turquie sont en contact avec les organisations rebelles et les centres de pouvoir locaux. L’objectif est d’empêcher les frictions et de préparer le terrain pour des arrangements de réconciliation (cf., des arrangements de cession) dans la région de l’Idlib, semblables à ceux obtenus dans le Sud de la Syrie. Dans le même temps, la Russie et le régime syrien mènent des activités de propagande intensives visant à dénigrer le Siège de Libération d’Al-Sham et à créer une légitimité internationale pour l’attaque dans la région d’Idlib. Par ailleurs, le Président américain Donald Trump a mis en garde le régime syrien, la Russie et l’Iran contre une attaque imprudente pouvant mener à une catastrophe humanitaire (des centaines de milliers de morts). L’ambassadeur américain aux Nations Unies a déclaré que le Conseil de sécurité se réunirait le 7 septembre 2018 pour discuter de la situation dans la province d’Idlib.
  • Dans l’Est de la Syrie, l’Etat islamique a mené une série d’attaques contre des bases de l’armée syrienne dans la vallée de l’Euphrate, dans la région située entre Al-Mayadeen et Abu Kamal. En outre, l’Etat islamique a attaqué le gisement pétrolier d’Al-Taym, au Sud de Deir ez-Zor. Selon nous, ces attaques, menées depuis des bases de l’Etat islamique dans le désert à l’Est de la vallée de l’Euphrate, indiquent une augmentation du niveau de compétence, d’audace et de confiance en soi de l’organisation en Syrie orientale.
Implication russe et américaine en Syrie
Contacts russes avec les organisations rebelles
  • Le ministre russe de la Défense, Sergey Shoygu, a déclaré que l’armée russe menait des négociations complexes à tous les niveaux avec les organisations rebelles appartenant à « l’opposition modérée ». La réconciliation a eu lieu avec des cheikhs qui dirigent des tribus dans la région d’Idlib. Selon lui, le but des négociations est de parvenir à des accords de réconciliation dans la région d’Idlib, similaires à ceux obtenus à Daraa et dans la région orientale de Ghouta[2] (Site Internet du ministère russe de la Défense, 28 août 2018). Ces pourparlers se déroulent à la suite de contacts diplomatiques entre la Russie et la Turquie, qui ont débattu de l’idée de séparer le Siège de Libération d’Al-Sham, désigné comme organisation terroriste[3], et les groupes rebelles « modérés », avec lesquels une tentative devrait être faite de parvenir à des accords comme ceux réalisés dans le Sud de la Syrie.
Campagne de propagande russe en prévision de l’attaque dans la région d’Idlib
  • Des porte-parole russes et syriens ont intensifié la campagne de propagande contre le Siège de Libération d’Al-Sham, destinée à préparer l’offensive à Idlib. Par exemple :
    • Des porte-parole russes (et syriens) ont réitéré l’allégation selon laquelle le Siège de Libération d’Al-Sham avait l’intention de lancer une attaque chimique à Idlib et d’accuser ensuite le régime syrien d’utiliser des armes chimiques. Dans ce contexte, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a indiqué que l’utilisation des armes chimiques découle du désir des États-Unis d’empêcher le retrait du Front Al-Nusra (Siège de Libération d’Al-Sham) de la région d’Idlib (Agence de presse Tass, Spoutnik, 28, 29 août 2018). La porte-parole du Département d’État américain Heather Nauert a affirmé que les rapports sur une fausse attaque chimique étaient falsifiés (Site Internet du Département d’État des États-Unis, 30 août 2018).
    • Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a indiqué que le Front Al-Nusra (cf., le Siège de Libération d’Al-Sham) a été désigné organisation terroriste par les États-Unis et les Nations Unies. Il a ajouté qu’il espérait que les partenaires de la Russie respecteraient leurs obligations envers la guerre contre le terrorisme (Site Internet de l’agence de presse Tass; Reuters, 29 août 2018). Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré : « Idlib est un foyer de terrorisme » qui menace la stabilité dans la région. Selon lui, les drones lancés par des terroristes (de la région d’Idlib) constituent un danger pour les bases russes en Syrie (Spoutnik, 4 septembre 2018). Le porte-parole du Kremlin a également noté que la campagne d’Idlib serait un sujet clé lors de la réunion des dirigeants russe, iranien et turc, qui devrait avoir lieu à Téhéran le 7 septembre 2018 (Reuters, 4 septembre 2018).
La campagne américaine
  • Compte tenu des préparatifs sur le terrain et de la campagne de propagande qui les accompagne, le Président américain Donald Trump a mis en garde la Russie, le régime syrien et l’Iran contre une attaque inconsidérée contre la province d’Idlib, qui pourrait entraîner une catastrophe humanitaire. Ci-après le tweet du Président Trump :

(Compte Twitter du président Trump, 3 septembre 2018)

(Compte Twitter du président Trump, 3 septembre 2018)

  • L’ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, a annoncé que le Conseil de sécurité se réunirait le 7 septembre 2018 pour discuter de la situation à Idlib. Elle a mis en garde le régime d’Assad contre l’emploi d’armes chimiques, notant que « si des armes chimiques sont utilisées, nous savons exactement qui les utilisera » (Reuters, 5 septembre 2018).
Principaux développements en Syrie
La campagne contre l’Etat islamique à As-Suwayda

Cette semaine, l’armée syrienne et les forces qui la soutiennent ont divisé la zone d’Al-Safa, la dernière place forte de l’enclave de l’Etat islamique, en deux parties (Muraselon, 30 août 2018). Au même moment, l’armée syrienne a tiré des pièces d’artillerie et effectué des frappes aériennes contre les sièges, les fortifications et les voies de circulation dans la région d’Al-Safa (SANA, 1er septembre 2018). L’armée syrienne a pris le contrôle du siège de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa et a trouvé une cache de munitions et d’armes à proximité (Télévision syrienne, 2 septembre 2018). Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), au moins 193 membres de l’Etat islamique ont été tués dans la région depuis le début des combats. Selon le SOHR, 75 soldats de l’armée syrienne et membres des forces qui la soutiennent, notamment des membres du Hezbollah au Liban, ont été tués dans la région (Observatoire syrien des droits de l’homme, 2 septembre 2018).

L'enclave de l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa (en noir), qui a été divisée en deux parties. La zone récemment reprise par l'armée syrienne est marquée d'une ligne pointillée blanche (Muraselon, 30 août 2018)
L’enclave de l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa (en noir),
qui a été divisée en deux parties. La zone récemment reprise par l’armée
syrienne est marquée d’une ligne pointillée blanche (Muraselon, 30 août 2018)

Tirs de roquettes sur la zone d'Al-Safa (Bureau d'information militaire de l'armée syrienne, 30 août 2018)  Mort   Canons de l'armée syrienne montés sur des camions attaquant la région d'Al-Safa.
Droite : Canons de l’armée syrienne montés sur des camions attaquant la région d’Al-Safa. Gauche : Tirs de roquettes sur la zone d’Al-Safa (Bureau d’information militaire de l’armée syrienne, 30 août 2018) 
Mort de membres du Hezbollah dans des affrontements à Al-Safa
  • Le 31 août 2018, il a été signalé que quatre membres du Hezbollah, dont un commandant, Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar, avaient été tués dans la région d’Al-Safa dans des affrontements avec l’Etat islamique (www.imlebanon.org, 1er septembre 2018 ; page Facebook Al-Badiyah 24, 31 août 2018).
Funérailles de Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar dans son village, dans la vallée de la Bekaa au Liban (www.imlebanon.org, 1er septembre 2018)   Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar, un commandant du Hezbollah tué dans les affrontements avec l'Etat islamique dans la région d'Al-Safa.
Droite : Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar, un commandant du Hezbollah tué dans les
affrontements avec l’Etat islamique dans la région d’Al-Safa. Gauche : Funérailles de
Hajj Tareq Ibrahim al-Haidar dans son village, dans la vallée de la Bekaa au
Liban (www.imlebanon.org, 1er septembre 2018)
Zone d’Idlib

Renforcement de la ligne de front du Siège de Libération d’Al-Sham et des organisations rebelles sous son égide

  • Le Siège de Libération d’Al-Sham et les organisations rebelles qui y sont affiliées ont continué à renforcer les zones de friction avec l’armée syrienne au Nord de Hama et à l’Ouest d’Idlib. Cette semaine, ces zones ont été renforcées par des membres du Parti islamique du Turkestan[4]. Ces forces auraient achevé les travaux de fortification et leurs plans de combat (Al-Durar Al-Shamiya, 30 août 2018).

Tirs d’artillerie de l’armée syrienne sur les organisations rebelles

  • Afin de perturber les mouvements des organisations rebelles, l’armée syrienne a tiré des pièces d’artillerie sur leurs zones de transit au Nord de Hama et sur les forces rebelles en mouvement. En outre, l’artillerie a été tirée sur des villages au Sud de Jisr al-Shughur, un bastion important des organisations rebelles (Khotwa, 2 septembre 2018). Dans le cadre de cette activité, l’armée syrienne a tiré de l’artillerie sur les positions, les armes et les voies de circulation du Parti islamique du Turkestan, au Sud de Jisr al-Shughur. Plusieurs membres du Parti islamique du Turkestan ont été tués et plusieurs postes ont été détruits (SANA, 2 septembre 2018 ; télévision syrienne, 9 septembre 2018).
Frappes aériennes russes
  • Selon les médias syriens, des avions de combat russes ont effectué environ 30 frappes aériennes dans la région d’Idlib. Les frappes aériennes auraient été concentrées dans les zones des villes d’Idlib et de Jisr al-Shughur et à Al-Ghab, au Sud de Jisr al-Shughur. Sept personnes ont été tuées et des biens et des infrastructures ont été endommagés (Observatoire syrien des droits de l’homme, Khotwa, Al-Hadath, Enab Baladi, 4 septembre 2018). Le Siège de Libération d’Al-Sham a rendu compte des frappes aériennes menées par des avions de chasse russes dans la zone rurale de Jisr al-Shughur (Ibaa, 4 septembre 2018).

Raid aérien mené par des avions de chasse russes dans la zone rurale de Jisr al-Shughur (Ibaa, 4 septembre 2018)
Raid aérien mené par des avions de chasse russes dans la zone
rurale de Jisr al-Shughur (Ibaa, 4 septembre 2018)

Campagne de propagande du Siège de Libération d’Al-Sham
  • En réponse à la campagne de propagande menée à son encontre, le Siège de Libération d’Al-Sham a lancé une campagne de propagande visant à accroître le soutien de la population locale dans la région d’Idlib. Dans le cadre de cette campagne, de hauts responsables de la machine de propagande de l’organisation ont rencontré les dirigeants locaux dans le village de Sarmada (Nord d’Idlib). La réunion avait pour but de remonter le moral des habitants et des membres du Siège de Libération d’Al-Sham et des autres organisations rebelles et d’empêcher la reddition et la remise des armes dans le cadre des accords de réconciliation. L’imam Abu al-Fadl, qui était responsable de la réunion à Sarmada, a déclaré que les participants à la réunion avaient entrepris de stopper l’avancée de l’armée syrienne (Ibaa, 4 septembre 2018).
Ahmad al-Qaqa’ lors d’une rencontre avec les dirigeants locaux et les imams des mosquées du village de Sarmada (Ibaa, 4 septembre 2018)   Ahmad al-Qa’qa ’, responsable de la campagne intitulée "Ensemble aux fronts", prêchant dans une mosquée du village de Sarmada, au Nord d’Idlib.
Droite : Ahmad al-Qa’qa ’, responsable de la campagne intitulée « Ensemble aux fronts », prêchant dans une mosquée du village de Sarmada, au Nord d’Idlib. Gauche : Ahmad al-Qaqa’ lors d’une rencontre avec les dirigeants locaux et les imams des mosquées du village de Sarmada (Ibaa, 4 septembre 2018)
Syrie orientale

Attaque à grande échelle de l’Etat islamique contre l’armée syrienne dans la vallée de l’Euphrate

  • Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2018, des membres de l’Etat islamique ont mené une attaque de grande envergure contre l’armée syrienne dans la vallée de l’Euphrate, dans la région entre Al-Mayadeen et Abu Kamal. Au même moment, l’Etat islamique a attaqué le gisement pétrolier d’Al-Taym au Sud de Deir ez-Zor. Lors des affrontements qui ont eu lieu dans la vallée de l’Euphrate, l’armée syrienne a utilisé des avions de combat qui ont mené des frappes aériennes contre les forces de l’Etat islamique. Les deux parties ont subi des dizaines de victimes (Observatoire syrien des droits de l’homme, 2 septembre 2018). Selon nous, l’attaque indique une amélioration de la capacité militaire des membres de l’Etat islamique, qui opèrent depuis le désert à l’Ouest de la vallée de l’Euphrate, et une augmentation de leur audace et de leur confiance en soi.

Les directions d'attaque de l'Etat islamique contre les bases de l'armée syrienne et le gisement pétrolier d'Al-Taym (Twitter, 1er septembre 2018)
Les directions d’attaque de l’Etat islamique contre les bases de l’armée syrienne
et le gisement pétrolier d’Al-Taym (Twitter, 1er septembre 2018)


L’armée syrienne et les forces des FDS prévoient d’attaquer l’Etat islamique
  • Au vu de l’audace accrue des membres de l’Etat islamique dans l’Est de la Syrie, l’armée syrienne et les forces des FDS (chacune séparément) se préparent à attaquer les bastions de l’Etat islamique :
    • Les milices dirigées par l’Iran se seraient préparées à une attaque contre l’Etat islamique dans les déserts de Deir ez-Zor et de Homs. Dans le cadre des préparatifs de l’attaque, des renforts de l’armée syrienne et des forces qui la soutiennent sont arrivés à Al-Mayadeen et Abu Kamal (page Facebook Al-Badiyah 24, 1er septembre 2018).
    • Les forces des FDS auraient concentré leurs troupes avant une attaque contre l’enclave de l’Etat islamique entre Hajin et Al-Sha’fah, dans la vallée de l’Euphrate. L’attaque sera menée avec le soutien de la Coalition internationale (Page Facebook Al-Badiyah 24, 1er septembre 2018). Les avions de la Coalition auraient largué des tracts dans la ville de Hajin, appelant les membres de l’Etat islamique à se rendre, et les résidents locaux à rester à l’écart des avant-postes de l’organisation (Khotwa, 4 septembre 2018).

L’enclave de l’Etat islamique entre Hajin (1) et Al-Sha’fah (2) (Google Maps)
L’enclave de l’Etat islamique entre Hajin (1) et Al-Sha’fah (2) (Google Maps)


Menaces de l’Etat islamique de tuer toute personne liée à la production de pétrole
  • L’Etat islamique continue de menacer les personnes impliquées dans la production de pétrole dans la région de Deir ez-Zor. Les membres de l’Etat islamique ont distribué des tracts au Sud-Est de Deir ez-Zor, menaçant de tuer toute personne liée aux forces des FDS et à l’armée syrienne qui se livraient à la production de pétrole. Les membres de l’Etat islamique ont également tiré sur des personnes faisant du commerce de produits pétroliers avec les forces des FDS (Observatoire syrien des droits de l’homme, 31 août 2018). Au même moment, des membres de l’Etat islamique ont attaqué le gisement pétrolier d’Al-Taym, au Sud de Deir ez-Zor.
Mort d’un officier syrien dans l’explosion d’un engin piégé
  • Un officier de l’armée syrienne a été tué dans l’explosion d’un engin piégé posé par l’Etat islamique dans la ville d’Abu Kamal. L’officier tué est le colonel Hassan Mohammad Yusuf, de la 11ème division (division blindée) (Compte Twitter Deir ez-Zor 24, 31 août 2018).

Le colonel Hassan Mohammad Yusuf, tué lors de l'explosion d'un engin piégé à la périphérie d'Abu Kamal (Compte Twitter Deir ez-Zor 24, 31 août 2018)
Le colonel Hassan Mohammad Yusuf, tué lors de l’explosion d’un engin
piégé à la périphérie d’Abu Kamal (Compte Twitter Deir ez-Zor 24, 31 août 2018)

Principaux développements en Irak
Activités de l’Etat islamique
  • Ci-après les principales attaques de l’Etat islamique :
    • Détonation de deux engins piégés contre deux installations de la police irakienne à environ 43 km au Sud-Ouest de Kirkuk. Selon l’Etat islamique, les deux installations ont été complètement détruites. En outre, un véhicule de police irakien a été détruit (Buraq News, 2 septembre 2018).
    • Détonation d’un engin piégé contre un véhicule de l’armée irakienne à l’Ouest d’Al-Rutba. Trois des passagers, dont un officier, ont été tués (Buraq News, 2 septembre 2018).
Menaces de l’Etat islamique contre les sunnites en Irak
  • La province de Salah al-Din de l’Etat islamique en Irak a publié une vidéo intitulée « You Had Better Stop ». La vidéo montre un membre de l’Etat islamique faisant référence aux attaques menées par l’Etat islamique contre les sunnites en Irak, y compris la tribu Shammar (la plus grande tribu de l’Ouest de l’Irak). Selon le commentateur, la raison de ces attaques est la collaboration avec l’armée irakienne, la police et les forces de mobilisation tribale dans la lutte contre l’organisation. L’orateur a menacé les sunnites en Irak de ne pas coopérer avec le « régime chiite infidèle ». La vidéo comprend des sections d’archives montrant l’exécution de membres des tribus Shammar, membres de la mobilisation tribale, capturés par l’Etat islamique (archive.org, 31 août 2018).

Affiche de la vidéo "You Had Better Stop", diffusée par la province de Salah al-Din de l'Etat islamique (archive.org, 31 août 2018)
Affiche de la vidéo « You Had Better Stop », diffusée par la province de
Salah al-Din de l’Etat islamique (archive.org, 31 août 2018)

Activités des forces de sécurité irakiennes
  • Ci-après les principales activités menées par les forces de sécurité irakiennes contre l’Etat islamique :
    • Assassinat ciblé d’un commandant de l’Etat islamique : Des avions irakiens ont attaqué un véhicule dans lequel circulait un commandant de l’Etat islamique dans la province d’Al-Anbar. Le commandant et l’une de ses escortes ont été tués (Agence de presse irakienne, 1er septembre 2018).
    • Détention de commandants : la police irakienne a arrêté deux commandants de l’Etat islamique dans la province de Kirkuk. Leur interrogatoire a mené la police à des cachettes de l’Etat islamique, où une grande quantité d’engins piégés et de munitions a été retrouvée (Al-Sumaria News, 30 août 2018).
    • Détention de membres : La police de la province de Ninive a arrêté quatre membres de l’Etat islamique. L’un d’entre eux avait travaillé dans un atelier de fabrication de voitures piégées sur la rive Ouest de la ville de Mossoul (Agence de presse irakienne, 30 août 2018).
    • Localisation d’engins piégés : La police irakienne a localisé 28 engins piégés dans la province de Kirkuk (Agence de presse irakienne, 31 août 2018). Dans le cadre d’une autre opération, les forces de sécurité irakiennes ont localisé 450 engins piégés cachés à 49 km au Nord-Ouest de Ramadi (Agence de presse irakienne, 31 août 2018).
Conférence des chefs d’état-major adjoints d’Irak, de Syrie, d’Iran et de Russie
  • Le 1er septembre 2018, une réunion s’est tenue dans le bureau du ministre irakien de la Défense, à laquelle ont participé les chefs d’état-major adjoint de Russie, d’Iran et de Syrie La réunion a eu lieu en marge de la conférence quadripartite sur la sécurité, organisée pour renforcer la coordination entre les pays en conflit contre l’Etat islamique (Page Facebook du ministère irakien de la Défense, 1er septembre 2018 ; Enab Baladi, 1er septembre 2018). Les pays participants auraient mis en place une salle d’opération conjointe contre l’Etat islamique, qui opère toujours dans la région désertique de la frontière irakienne (Al-Nahar, 1er septembre 2018).

Le ministre irakien de la Défense, Erfan Mahmoud al-Hiyali (au centre, en costume), lors de sa rencontre avec les chefs d'état-major adjoint de la Russie, de l'Iran et de la Syrie (Page Facebook du ministère irakien de la Défense, 1er septembre 2018)
Le ministre irakien de la Défense, Erfan Mahmoud al-Hiyali (au centre, en costume),
lors de sa rencontre avec les chefs d’état-major adjoint de la Russie, de l’Iran et de la
Syrie (Page Facebook du ministère irakien de la Défense, 1er septembre 2018)

L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Opération Sinaï 2018
  • Les forces de sécurité égyptiennes ont publié une déclaration sur les résultats des activités de sécurité récemment menées dans le cadre de l’opération Sinaï 2018. Selon le communiqué, des activistes jihadistes ont récemment été éliminés au Sinaï; des dizaines d’engins piégés ont été neutralisés; Diverses armes et ceintures explosives ont été saisies, des véhicules ont été détruits et des cachettes, de l’argent et des uniformes ont été découverts.
Activités de contreterrorisme
Deux commandants de l’Etat islamique en Afghanistan se rendent aux forces de sécurité afghanes
  • Deux commandants de la province du Khorasan de l’Etat islamique se sont récemment rendus avec leurs familles aux forces de sécurité afghanes dans le district de Nangarhar. L’un des deux, Naqibullah, a pris contact avec les services de renseignements afghans, ce qui a conduit à la capture des deux commandants. Les deux sont originaires d’une région tribale du Nord du Pakistan, près de la frontière avec l’Afghanistan. Ils habitent dans le district de Nangarhar depuis 2014 (www.khaama.com, 2 septembre 2018).

 Deux commandants de l'Etat islamique qui se sont rendus aux services de renseignement afghans dans le district de Nangarhar (www.khaama.com, 2 septembre 2018)
 Deux commandants de l’Etat islamique qui se sont rendus aux
services de renseignement afghans dans le district de Nangarhar
(www.khaama.com, 2 septembre 2018)

  •  Naqibullah a déclaré aux responsables de la sécurité afghane qu’il avait rejoint l’Etat islamique en 2014 avec un groupe de talibans pakistanais dirigé par Hafiz Said, le premier dirigeant de la province de Khorasan. Naqibullah a reconnu que les deux hommes avaient été impliqués dans des meurtres de civils et dans des attaques contre des entités gouvernementales. Il a déclaré que l’Etat islamique avait payé leurs salaires et fourni des armes, des munitions et le matériel nécessaire (apparemment une référence à des explosifs), qui avaient été envoyés du Pakistan. Selon lui, il y a des agents du Tadjikistan, d’Ouzbékistan, d’Azerbaïdjan, de Tchétchénie, du Pakistan, d’Arabie saoudite, du Turkménistan et d’autres pays dans la province du Khorasan (www.khaama.com, 2 septembre 2018).
Liens entre l’Etat islamique en Afghanistan et des réseaux de l’organisations en Grande-Bretagne et d’autres pays d’Occident
  • Le gouvernement britannique a révélé que des membres de l’Etat islamique en Afghanistan sont en contact avec des réseaux locaux en Grande-Bretagne et dans d’autres pays d’Europe occidentale. En conséquence, des attaques peuvent être menées (Sky News, 3 septembre 2018). Le secrétaire britannique à la Défense Gavin Williamson a déclaré lors d’une visite aux forces britanniques en Afghanistan qu’il s’agissait d’une véritable menace et que la Grande-Bretagne devait agir pour empêcher des attaques similaires à l’attentat suicide de Manchester[5] (Sky News, 3 septembre 2018).

[1] En raison des fêtes de Rosh Hashanah, le prochain bulletin de Pleins feux sur le jihad mondial sera publié le 16 septembre 2018. Nous souhaitons à tous nos lecteurs en Israël et à l'étranger un joyeux Nouvel An juif.
[2] L’ambassadeur de Russie en Syrie, Alexander Kinshak, a déclaré dans le passé (19 juillet 2018) que la possibilité d'une réconciliation dans la région d'Idlib était à l'étude, de manière similaire à la réconciliation dans la zone de désescalade dans le Sud de la Syrie. Selon lui, la campagne contre le terrorisme dans le Sud de la Syrie a atteint ses objectifs principalement par le biais de négociations. Il a noté que les habitants de la région étaient intéressés par la réconciliation et avaient donc fait pression sur les "militants". Selon l'ambassadeur Kinshak, un processus similaire pourrait avoir lieu à Idlib, mais il sera complexe et prolongé (Agence de presse Tass, 19 juillet 2018).

[3] Le bureau présidentiel en Turquie a récemment publié une déclaration officielle désignant le Siège de Libération d’Al-Sham comme organisation terroriste. La décision a été prise par le Président Erdoğan (Reuters, 31 août 2018).

[4] Le Parti islamique du Turkestan est une organisation rebelle salafiste-jihadiste composée de membres musulmans de la minorité ouïgoure de la province du Xinjiang (Turkestan), dans l'Ouest de la Chine. Ces membres sont arrivés en Syrie au début de 2012 et ont opéré dans le cadre du Front Al-Nusra (actuellement, le Siège de Libération d'Al-Sham). Il a été signalé que la plupart d'entre eux étaient situés dans la région de Jisr al-Shughur, au Sud-Ouest d'Idlib. Selon un rapport paru dans le journal Asharq al-Awsat (30 août 2018), ils comptent environ 1 500 combattants. Dans le passé (2015), on estimait à environ 3 500 le nombre de combattants.

[5] Dans la nuit du 22 mai 2017, après une performance d'un chanteur pop américain, un terroriste de l'Etat islamique a mené une attaque meurtrière contre le public. Au total, 22 personnes ont été tuées dans l’attaque, dont beaucoup d’adolescents et 59 personnes ont été blessées. L'explosion a été effectuée par une personne qui a fait exploser un engin piégé sur les lieux de l'attaque. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque.