Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (24-29 octobre 2018)

Emeutiers à l'Est de Jabaliya.

Emeutiers à l'Est de Jabaliya.

Les restes de la roquette dans la cour d'école du Néguev occidental (Western Negev Security, 28 octobre 2018)

Les restes de la roquette dans la cour d'école du Néguev occidental (Western Negev Security, 28 octobre 2018)

Muntaser al-Baz (Compte Twitter Palestine Online, 25 octobre 2018)

Muntaser al-Baz (Compte Twitter Palestine Online, 25 octobre 2018)

Ahmed Bahar, vice-président du Conseil législatif palestinien au sein de la faction du Hamas, tient une conférence de presse dans la bande de Gaza avec les autres organisations palestiniennes, déclarant son objection à la conférence du Comité central à Ramallah (AlarabyTV, 28 octobre 2018).

Ahmed Bahar, vice-président du Conseil législatif palestinien au sein de la faction du Hamas, tient une conférence de presse dans la bande de Gaza avec les autres organisations palestiniennes, déclarant son objection à la conférence du Comité central à Ramallah (AlarabyTV, 28 octobre 2018).

Mahmoud Abbas prononce un discours lors de l'ouverture de la 30e conférence du conseil exécutif de l'OLP (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 28 octobre 2018)

Mahmoud Abbas prononce un discours lors de l'ouverture de la 30e conférence du conseil exécutif de l'OLP (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 28 octobre 2018)

Conférence de presse à laquelle les manuels israéliens [à Jérusalem-Est] ont été montrés (Page Facebook du ministère de l'Éducation palestinienne, 25 octobre 2018).

Conférence de presse à laquelle les manuels israéliens [à Jérusalem-Est] ont été montrés (Page Facebook du ministère de l'Éducation palestinienne, 25 octobre 2018).

  • Les émeutes de la “marche du retour” du 26 octobre 2018 ont été particulièrement violentes, avec un nombre exceptionnel de grenades et d’engins piégés lancés sur des soldats de Tsahal. En outre, les émeutiers ont tenté à deux reprises de franchir la clôture. Sept Palestiniens ont été tués lors des événements.
  • Le Jihad Islamique Palestinien (JIP), sous prétexte de protéger les manifestants, a lancé une quarantaine de roquettes et d’obus de mortier. Certaines des roquettes ont été interceptées et d’autres sont tombées dans des zones inhabitées. Le JIP a publié une déclaration de cessez-le-feu unilatérale (selon les médias arabes, le Hamas aurait refusé de faire une annonce conjointe depuis la salle des opérations des organisations terroristes). Les mesures prises par le JIP n’étaient pas coordonnées avec le Hamas, mais visaient à le défier et à illustrer la grande importance du JIP sous la direction de Ziyad al-Nakhalah, élu récemment.
  • Le 28 octobre 2018, l’armée de l’air israélienne a attaqué trois Gazaouites qui se sont approchés de la barrière de sécurité. Un porte-parole du ministère palestinien de la Santé a déclaré qu’il s’agissait de trois adolescents âgés de 13 et 14 ans. Une enquête initiale menée par Tsahal a révélé que des soldats dans un poste d’observation avaient vu trois personnes ramper vers la barrière sous le couvert de l’obscurité avec un objet suspect. Les trois hommes ont placé l’objet sur le sol et ont ensuite été attaqués depuis les airs (Ynet, 29 octobre 2018). Le Hamas (et d’autres) envoie habituellement les enfants et les adolescents à la barrière de sécurité dans le cadre de missions dangereuses pendant les “marches du retour”.
Les événements de la “marche du retour”[1]
  • La 31ème marche (depuis le 30 mars 2018) a eu lieu le vendredi 26 octobre 2018. Environ 16 000 habitants de Gaza (environ 10 000 la semaine dernière) se sont rassemblés sur un certain nombre de sites le long de la barrière frontalière. Comme tous les vendredis, ils ont brûlé des pneus et lancé des pierres. Les émeutes de la semaine dernière ont été particulièrement violentes, avec un nombre exceptionnel de grenades et d’engins piégés lancés sur les forces de Tsahal. Deux tentatives ont également été faites de franchir la barrière de sécurité (Porte-parole de Tsahal, 26 octobre 2018).
Sabotage de la barrière de sécurité à l'Est de Jabaliya (Compte Twitter Palinfo, 26 octobre 2018)    Emeutiers à l'Est de Jabaliya.
Droite : Emeutiers à l’Est de Jabaliya. Gauche : Sabotage de la barrière de sécurité à l’Est de Jabaliya (Compte Twitter Palinfo, 26 octobre 2018)
  • Au cours des événements, l’armée de l’air a attaqué trois positions du Hamas dans le Nord de la bande de Gaza (Porte-parole de Tsahal, 26 octobre 2018). Selon les médias palestiniens, un hélicoptère israélien aurait attaqué un poste d’observation de la “résistance” dans la région d’al-Bureij, dans le Centre de la bande de Gaza, et un poste de la force de retenue du Hamas dans l’Est de la ville de Gaza (Shabakat Quds, 26 octobre 2018).
  • Ashraf al-Qidra, porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza, a déclaré que quatre Gazaouites avaient été tués et 232 blessés. Les 27 et 28 octobre 2018, Ashraf al-Qidra a signalé que deux autres Gazaouites avaient été tués au cours de la marche (Page Facebook d’Ashraf al-Qidra, 27 et 28 octobre 2018). Un autre émeutier est décédé plus tard de ses blessures.
Tirs de roquettes et d’obus de mortier
  • Après la “marche du retour”, vers 22h30, un énorme barrage d’obus de roquettes et de mortier a visé Israël depuis la bande de Gaza. Il s’agissait de la salve la plus importante depuis Août 2018. Au cours de la nuit du 26 octobre 2018 et jusqu’au lendemain, une quarantaine de roquettes et d’obus de mortier ont été tirés en territoire israélien. La ville de Sderot et d’autres localités du Néguev occidental et du Sud d’Ashqelon ont été attaquées. Le système de défense aérienne Dôme de Fer a intercepté environ 15 roquettes, toutes attaquant directement des zones peuplées. Les autres sont tombés à découvert (Porte-parole de Tsahal, 28 octobre 2018). Deux des roquettes sont tombées dans la bande de Gaza. À la suite de l’attaque, sept civils ont été traités pour choc. Deux autres ont été légèrement blessés alors qu’ils couraient se mettre à l’abri. Des dégâts matériels ont également été signalés. Le 28 octobre 2018, une roquette a été découverte dans la cour d’un lycée du Néguev occidental (Ynet, 28 octobre 2018).
  • La branche militaire du JIP a revendiqué les tirs de roquettes, qui font partie de ce qu’elle a appelé la “vengeance d’octobre” (Site Internet des Brigades de Jérusalem, 27 octobre 2018). Les roquettes ont été tirées sans coordination préalable avec le Hamas. Des sources ont révélé au journal al-Sharq al-Awsat, basé à Londres, que le JIP avait annoncé que sa revendication de responsabilité émanait de la salle des opérations conjointes des organisations palestiniennes dans la bande de Gaza, sans coordination avec le Hamas. Salah al-Bardawil, membre du bureau politique du Hamas, a critiqué le JIP, déclarant qu’il était interdit d’opérer dans les opérations tant que des contacts étaient en cours (à propos d’un cessez-le-feu) avec l’ennemi (al-Sharq al-Awsat, 28 octobre 2018). 
Tirs de roquettes et d’obus de mortier des dernières séries d’escalade[2]

Tirs de roquettes et d'obus de mortier des dernières séries d'escalade

Tirs de roquettes et d’obus de mortier de l’année écoulée

Tirs de roquettes et d'obus de mortier de l'année écoulée

Répartition annuelle des tirs

Répartition annuelle des tirs

Autres incidents

Activité de Tsahal à proximité de la barrière de sécurité

  • Le 28 octobre 2018, l’armée de l’air israélienne a attaqué trois Gazaouites à l’Est de Khan Yunis (Sud de la bande de Gaza). Ils s’étaient approchés de la barrière de sécurité et avaient tenté de la saboter avec un engin piégé (Porte-parole de Tsahal, 28 octobre 2018). Le porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza a indiqué que ces trois personnes étaient des adolescents âgés de 13 et 14 ans de Wadi Salqa, à l’Est de Khan Yunis (Page Facebook d’Ashraf al-Qidra, 28 octobre 2018). Selon les résultats d’une première enquête, un soldat installé dans un poste d’observation de l’armée israélienne aurait vu trois personnes ramper vers la clôture sous le couvert de l’obscurité avec un objet suspect. Ils ont placé l’objet sur le sol près de la clôture et ont été attaqués depuis les airs (Ynet, 28 octobre 2018). Les décès des trois ont provoqué des réactions enragées :
    • Le JIP a publié une annonce dans laquelle il était souligné que la “résistance” réagirait au “crime” d’une manière compatible avec son ampleur et la grande colère qu’il avait engendrée. La version israélienne de l’événement, selon l’annonce, était un mensonge, et les enfants n’avaient aucun lien avec une activité militaire d’aucune sorte (Site Internet des Brigades de Jérusalem, 29 octobre 2018).
    •  Sami Abu Zuhri, porte-parole du Hamas, a tweeté que l’assassinat des trois enfants faisait partie du terrorisme israélien et constituait “un message à tous ceux qui acceptent les sionistes assassins, leur disant de ne pas se salir les mains avec ceux qui assassinent des enfants” (Palinfo, 29 octobre 2018).
    •  Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) a déclaré dans un communiqué que l’assassinat des enfants, malgré tous les moyens technologiques à la disposition d’Israël, prouvait que le “massacre” avait été perpétré de sang-froid et qu’il s’agit d’une tentative israélienne d’imposer une nouvelle équation pour briser la volonté des Palestiniens et éliminer les “marches du retour”. Selon le communiqué, “tôt ou tard, l’occupation paiera le prix de ses crimes contre notre peuple” (Site Internet du FPLP, 29 octobre 2018).
    •  L’ancien dirigeant du Fatah, Muhammad Dahlan, a écrit sur sa page Facebook qu’il condamnait le meurtre des trois enfants. Dans le même temps, il a critiqué les forces nationales et islamiques dans la bande de Gaza qui, selon lui, auraient dû veiller à ce que les enfants ne soient pas autorisés à s’approcher des zones dangereuses proches de la barrière (Page Facebook de Muhammad Dahlan, 29 octobre 2018).
Critique de Muhammad Dahlan sur les forces nationales et islamiques dans la bande de Gaza pour ne pas s'être acquittées de leur responsabilité de tenir les enfants à l'écart de la barrière (Page Facebook de Muhammad Dahlan, 29 octobre 2018)   Avis de décès des trois enfants (il est difficile de savoir qui l'a publié) (Compte Twitter Palinfo, 29 octobre 2018).
Droite : Avis de décès des trois enfants (il est difficile de savoir qui l’a publié) (Compte Twitter Palinfo, 29 octobre 2018). Gauche : Critique de Muhammad Dahlan sur les forces nationales et islamiques dans la bande de Gaza pour ne pas s’être acquittées de leur responsabilité de tenir les enfants à l’écart de la barrière (Page Facebook de Muhammad Dahlan, 29 octobre 2018)

Mort d’un membre de 17 ans de l’unité de harcèlement nocturne

  • Cette semaine, des membres du “groupe de harcèlement nocturne” ont poursuivi leurs activités le long de la barrière de sécurité afin de contrarier les soldats de Tsahal. Le 25 octobre 2018, des dizaines de membres ont commencé leurs activités dans l’Est de la bande de Gaza, notamment en brûlant des pneus, faisant entendre des chansons avec des haut-parleurs, activant des sirènes et en visant les soldats près de la barrière pour les harceler (Filastin al-Yawm, 25 octobre 2018).
  • Le porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza a annoncé la mort de Muntaser Muhammad Isma’il al-Baz, 17 ans, blessé à l’Est de al-Bureij le soir du 23 octobre 2018 (Page Facebook d’Ashraf al-Qidra, 23 octobre 2018). Selon d’autres informations, il aurait été blessé lors des émeutes près de la barrière de sécurité à l’Est de Deir al-Balah (al-Mushraq News et al-Quds, 23 octobre 2018). Son frère, Iyad Muhammad al-Baz, membre de la police militaire de la bande de Gaza, a écrit sur sa page Facebook que Muntaser était un agent du Hamas et un membre du “groupe de harcèlement nocturne” et du “groupe révolutionnaire”. Il a été blessé à trois reprises au cours des “marches du retour” (Page Facebook d’Iyad al-Baz, 23 et 24 octobre 2018). Des personnalités du Hamas dirigées par Ismaïl Haniyeh ont effectué des appels de condoléances.

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Muntaser al-Baz (Compte Twitter Palestine Online, 25 octobre 2018)

Tentative d’enlèvement d’un soldat de Tsahal déjouée

  • Selon les médias israéliens, Tsahal a ouvert une enquête suite à la pénétration en territoire israélien lors de la “marche du retour” du 12 octobre 2018. Selon les conclusions de l’événement, l‘incident a été désigné comme le plus grave depuis le début des “marches du retour”. Un soldat des forces de défense israéliennes a presque été enlevé : un groupe d’environ 25 habitants de Gaza, sous le couvert de fumée de pneus en feu et de machines à fumée improvisées, s’est introduit en territoire israélien après avoir fait exploser un engin piégé pour percer un trou dans la barrière de sécurité. L’incident a eu lieu à quelques dizaines de mètres d’un poste de Tsahal occupé par des tireurs d’élite. Trois des Gazaouites ont couru vers le poste et deux d’entre eux ont essayé de monter. Les soldats de Tsahal ont tiré et les ont tués. Le troisième est resté dans la région. Lorsqu’un soldat s’est approché de lui, il a dégainé un couteau, s’est précipité sur le soldat et a tenté de prendre son arme. Le soldat s’est battu avec lui et l’a abattu (Article de Nir Dvori, Channel 12, Keshet, 26 octobre 2018).
Autres incidents sur le terrain
  • En Judée-Samarie, des Palestiniens ont continué à jeter des pierres sur des véhicules israéliens. Les forces de sécurité israéliennes ont mené des activités de lutte contre le terrorisme, détenu des Palestiniens soupçonnés d’activités terroristes et saisi des armes de qualité militaire et des armes improvisées. Les événements les plus importants ont été les suivants :
    • Le  28 octobre 2018 – Une bombe artisanale a été lancée sur les forces de défense israéliennes en direction du village d’Azoun (entre Naplouse et Qalqilya). Aucune victime ni dommage n’a été signalé (Porte-parole de Tsahal, 28 octobre 2018).
    • Le 26 octobre 2018 – Des centaines de Palestiniens ont lancé des pierres et tiré des feux d’artifice sur les policiers des frontières et les forces de Tsahal dans la région de Khirbat Nil’in en Samarie. Les forces ont réagi avec des mesures anti-émeute et en tirant des coups de feu. Au cours de l’émeute, un Palestinien a été tué par balle. Trois gardes-frontières ont été légèrement blessés (Page Facebook Red Alert, 26 octobre 2018).
    • Le 26 octobre 2018 – La recherche du terroriste qui a mené la fusillade dans la zone industrielle de Barkan se poursuit. Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté et interrogé un certain nombre de suspects (Page Facebook Red Alert, 26 octobre 2018).
Principales attaques de l’année écoulée en Judée-Samarie [3]

Principales attaques de l'année écoulée en Judée-Samarie

Approvisionnement en électricité
  • Le 23 octobre 2018, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a ordonné le renouvellement des livraisons de carburant du Qatar vers la bande de Gaza. La décision de renouveler les livraisons a été prise avec une recommandation des agences de sécurité israéliennes. Le ministre de la Défense a déclaré que la poursuite de la livraison de carburant en provenance du Qatar serait examinée en fonction des événements sur le terrain (Haaretz, 23 octobre 2018).
  • En conséquence, l’autorité de l’énergie de la bande de Gaza a annoncé l’exploitation d’une deuxième turbine. Le 28 octobre 2018, elle a annoncé l’exploitation d’une troisième turbine. L’autorité a déclaré que l’usine fournirait désormais de l’électricité par cycles de huit heures avec et huit heures sans (Site Internet de l’Autorité de l’énergie de la bande de Gaza, 25 et 28 octobre; Ma’an, 28 octobre 2018).
Entretien avec Ziyad al-Nakhalah
  • Lors d’un entretien après le tir de roquettes avec Ziyad al-Nakhalah, secrétaire général du JIP nouvellement élu[4], il a clairement tenté d’apaiser le Hamas. Il a ajouté que les tirs de roquettes ne constituaient pas une tentative d’envoi de message ni une colère contre l’Égypte ou le Hamas. Cela faisait plutôt partie de la lutte en cours contre Israël, qui, a-t-il dit, revêtait parfois des formes différentes. Il a ajouté que le JIP, à l’instar des autres organisations de “résistance”, était déterminé à réagir aux “crimes de l’occupation”, à ses attaques répétées contre les “marches du retour” et au meurtre de “manifestants sans défense de sang-froid”. Interrogé pour savoir si des roquettes seraient lancées si Israël nuisait à nouveau aux manifestants à la frontière, il a espéré qu’Israël [l’occupation] ne leur ferait pas de mal, mais que si cela se produisait, les forces de la “résistance” dirigées par le Hamas répondraient.
  • Al-Nakhalah a nié que les roquettes aient été lancées parce que l’Égypte avait ignoré le JIP, comme l’ont rapporté les médias. Il a ajouté que l’objectif de ces informations était de nuire à la légitimité de la “résistance” et à son choix. Il a ajouté que c’est le Hamas qui porte la responsabilité de la bande de Gaza et il est naturel que le Hamas dirige les négociations sur la bande de Gaza. Il a souligné que le JIP avait de bonnes relations avec l’Égypte et qu’il n’était pas en concurrence avec le Hamas pour avoir négocié cette accalmie. Il a démenti les allégations selon lesquelles les roquettes auraient été lancées sur ordre de l’Iran et de la Syrie, affirmant qu’Israël avait toujours essayé de détruire la légitimité de la “résistance” par de fausses déclarations. Il a ajouté que le peuple palestinien avait commencé à “résister” bien avant que l’Iran ne lui apporte son soutien (Al-Quds, 29 octobre 2018).
Réunion du conseil central de l’OLP
  • Le Conseil central de l’OLP a tenu une conférence à Ramallah. Selon Muhammad Sabih, président du conseil, l’objectif de la conférence était de confirmer le programme de travail élaboré en consultation avec les dirigeants du Conseil national palestinien et les membres du Comité exécutif de l’OLP (Télévision palestinienne, 27 octobre 2018). Tandis que la conférence du Conseil central se réunissait à Ramallah, les organisations palestiniennes de la bande de Gaza, dirigées par le Hamas et le JIP, ont tenu leur propre conférence politique “populaire”. Lors de la conférence, ils ont exprimé leur vive opposition à la conférence du Conseil central à Ramallah et au projet de dispersion du Conseil législatif palestinien, affirmant qu’il était illégal (AlarabyTV, 28 octobre 2018).
  • Le Président de l’AP, Mahmoud Abbas, a prononcé un discours à la fin du premier jour de la conférence. Il a dit que c’était maintenant l’ère la plus difficile pour le peuple palestinien, qui devait prendre ses décisions les plus difficiles et les plus importantes. Ses points principaux étaient les suivants :
    • Le boycott du conseil : Mahmoud Abbas a consacré une partie substantielle de son discours aux organisations qui avaient boycotté la conférence. Il a sévèrement critiqué le fait qu’elles devaient venir exprimer leurs opinions sur les questions clés. Il leur a demandé de céder leurs sièges au Conseil central et au Conseil national palestinien à ceux qui, selon Mahmoud Abbas, pourraient et voudraient assumer leurs responsabilités.
    • Le processus de paix : Abbas a appelé les Palestiniens à refuser l’idée d’une capitale à Jérusalem ou de Jérusalem comme capitale de deux États. Il a déclaré que la capitale de la Palestine devait être reconnue comme l’ensemble du territoire de Jérusalem-Est occupé en 1967. Il a ajouté que les dirigeants palestiniens s’opposaient à un État [séparé] dans la bande de Gaza ou à un État palestinien aux frontières temporaires.
    • États-Unis : Mahmoud Abbas a affirmé qu’il avait déclaré depuis le podium de l’Assemblée générale des Nations Unies qu’il s’opposait à “l’accord du siècle” [plan de paix du Président américain]. Il a ajouté que les Américains avaient déjà “englouti Jérusalem” lorsqu’ils avaient transféré leur ambassade dans la ville. Ils avaient également éliminé la question des réfugiés palestiniens après avoir cessé de financer l’UNRWA et affirmé “dans un acte d’arrogance sans précédent” qu’il n’y avait que 40 000 réfugiés. Il a dit qu’aujourd’hui il y avait plus de six millions de réfugiés. Il a maudit le Président américain en disant “que ta maison soit détruite”, une malédiction arabe
    •  Soutien financier aux familles des chahids et des prisonniers : Mahmoud Abbas a déclaré que des dizaines de milliers de chahids avaient été tués au nom de la cause palestinienne et qu’il y avait des prisonniers et des blessés et des milliers de Palestiniens estropiés partout. Il a souligné que, malgré la pression exercée sur l’Autorité Palestinienne, les salaires des familles des chahids et des prisonniers constituaient une ligne rouge et sanctifiée. “Même s’il ne nous reste qu’un centime, ce sera pour les familles des chahids et non pour les vivants.”

Mahmoud Abbas prononce un discours lors de l'ouverture de la 30e conférence du conseil exécutif de l'OLP (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 28 octobre 2018)
Mahmoud Abbas prononce un discours lors de l’ouverture de la 30e conférence du conseil exécutif de l’OLP (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 28 octobre 2018)

L’AP et le Hamas condamne le meurtre de 11 Juins à Pittsburgh
  • À la suite de l’assassinat des fidèles de la synagogue de Pittsburgh, le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité Palestinienne a publié une annonce dénonçant l’attaque terroriste qui avait causé la mort de citoyens américains et blessé des policiers. L’annonce a en outre condamné la perpétration de telles attaques contre des lieux de culte (Wafa, 28 octobre 2018).
  • Selon le haut responsable du Hamas, Bassem Na’im, le Hamas a appris avec “une grande tristesse” l’attaque terroriste “lâche” perpétrée contre l’institution juive de Pittsburgh, qui a coûté la vie à 11 personnes et en a blessé beaucoup d’autres”. Il a ajouté que les Palestiniens, victimes de l’occupation israélienne, comprenaient parfaitement le sens du terrorisme et ses conséquences. Il a envoyé son soutien aux familles et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés, soulignant que le terrorisme n’avait ni religion ni nationalité (Al-Quds, 28 octobre 2018).
Appel aux Palestiniens de ne pas voter aux élections locales à Jérusalem
  • Saeb Erekat, secrétaire du Comité exécutif de l’OLP, a appelé les Palestiniens à ne pas voter aux élections municipales du 30 octobre 2018 à Jérusalem. Il a ajouté que Jérusalem-Est était la capitale de l’État de Palestine et que la décision de l’annexer était “oppressive et invalide”. Il a ajouté que les élections locales ne concernaient pas les services, mais étaient de nature politique. Par conséquent, voter était une erreur et chaque Palestinien devrait refuser (Agence France Presse, 28 octobre 2018).
Poursuite de la lutte contre le programme scolaire à Jérusalem Est
  • Sabri Sidam, ministre de l’Education de l’Autorité Palestinienne, et Adnan al-Husseini, ministre des Affaires de Jérusalem, ont poursuivi leur lutte contre le programme d’études israélien à Jérusalem-Est. Ils ont tenu une conférence de presse au ministère de l’Education de Ramallah, où ils ont déclaré le lancement d’une campagne nationale. contre la [prétendue] politique d’Israël contre l’éducation palestinienne à Jérusalem. Le titre de la conférence de presse était “Les preuves de la déformation israélienne du programme scolaire palestinien, de la guerre contre l’éducation palestinienne à Jérusalem et de l’incitation au programme national [palestinien]”.
  • Selon Sabri Sidam, la question des dommages causés par l’éducation à Jérusalem par Israël sera à l’ordre du jour du Conseil central. En outre, des mesures seront prises pour inclure les dommages et les tentatives visant à “israéliser” l’éducation à Jérusalem dans le dossier palestinien qui sera présenté à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Il a appelé tous les Palestiniens, en particulier ceux vivant à Jérusalem, à boycotter le programme israélien, y compris dans les écoles gérées par la municipalité. Cela est conforme à la fatwa publiée sur le sujet et aux positions des sources de l’autorité chrétienne, ainsi qu’aux déclarations faites par les comités de parents d’élèves s’opposant à l'”israélisation” de l’éducation.
  • Sabri Sidam a également affirmé qu’Israël avait récemment imprimé des copies contrefaites de manuels palestiniens et les avait distribuées aux écoles supervisées par la municipalité de Jérusalem afin de vider le programme de cours du contenu palestinien. Le mufti de Jérusalem a répété qu’il était interdit d’étudier le programme israélien dans les écoles de Jérusalem. Lors de la conférence de presse, des exemplaires de manuels palestiniens “déformés” par Israël ont été exposés (Site Internet du ministère palestinien de l’Éducation, 25 octobre 2018).
 Message de la page Facebook de Sabri Sidam, dans laquelle il exprime son soutien total aux comités de parents de Jérusalem-Est contre les manuels distribués par Israël aux écoles au lieu des manuels de l'Autorité Palestinienne (Page Facebook de Sabri Sidam, 26 octobre 2018)   Conférence de presse à laquelle les manuels israéliens [à Jérusalem-Est] ont été montrés (Page Facebook du ministère de l'Éducation palestinienne, 25 octobre 2018).
Droite : Conférence de presse à laquelle les manuels israéliens [à Jérusalem-Est] ont été montrés (Page Facebook du ministère de l’Éducation palestinienne, 25 octobre 2018). Gauche : Message de la page Facebook de Sabri Sidam, dans laquelle il exprime son soutien total aux comités de parents de Jérusalem-Est contre les manuels distribués par Israël aux écoles au lieu des manuels de l’Autorité Palestinienne (Page Facebook de Sabri Sidam, 26 octobre 2018)

[1] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 28 octobre 2018 intitule "Summary of the Events on the Gaza Strip Border."
[2] Les statistiques ne comprennent pas les tirs de roquettes dans la bande de Gaza .

[3] Les principales attaques comprennent des fusillades, des attaques à l'arme blanche, des attaques à la voiture bélier et des poses d'engins piégés. Les tirs de pierres et de cocktails Molotov ne sont pas compris.

[4] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 28 octobre 2018 intitulé "Profile of Ziyad al-Nakhalah, newly-elected head of the PIJ".