Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (22-28 août 2018)

Un Gazaouite accroche un drapeau palestinien à la barrière de sécurité à l'Est de la ville de Gaza.

Un Gazaouite accroche un drapeau palestinien à la barrière de sécurité à l'Est de la ville de Gaza.

Les émeutiers sabotent la barrière de sécurité (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême de la marche du retour, 24 août 2018)

Les émeutiers sabotent la barrière de sécurité (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême de la marche du retour, 24 août 2018)

Fathi Hamad (au Centre, en blanc) à la

Fathi Hamad (au Centre, en blanc) à la "marche du retour" à l'Est des camps de réfugiés dans le Centre de la bande de Gaza.

Rawhi Mushtaha et Khalil al Haya, hauts responsables du Hamas, visitent un

Rawhi Mushtaha et Khalil al Haya, hauts responsables du Hamas, visitent un "camp du retour" dans l'Est de la bande de Gaza (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême de la marche du retour, 24 et 25 août 2018)

Le membre d'une unité de ballons incendiaires de la bande de Gaza lance des ballons incendiaires dans les localités israéliennes près de la bande de Gaza (Page Facebook des Fils d’al-Zouari dans la bande de Gaza, 25 août 2018)

Le membre d'une unité de ballons incendiaires de la bande de Gaza lance des ballons incendiaires dans les localités israéliennes près de la bande de Gaza (Page Facebook des Fils d’al-Zouari dans la bande de Gaza, 25 août 2018)

Le terminal d'Erez (Autorité des terminaux du ministère israélien de la Défense)

Le terminal d'Erez (Autorité des terminaux du ministère israélien de la Défense)

Saeb Erekat lors d'une interview avec la chaîne de télévision libanaise al-Mayadeen (Chaîne Youtube d'al-Mayadeen, 25 août 2018)

Saeb Erekat lors d'une interview avec la chaîne de télévision libanaise al-Mayadeen (Chaîne Youtube d'al-Mayadeen, 25 août 2018)

  • Les « marches du retour » ont eu lieu à la frontière entre Israël et la bande de Gaza vendredi dernier avec un nombre relativement restreint de participants (environ 5 000, la moitié par rapport aux semaines précédentes). Le niveau et l’intensité de la violence étaient relativement faibles et l’ampleur du terrorisme incendiaire s’est réduite. Par conséquent, le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, a décidé de rouvrir le terminal d’Erez (Nord de la bande de Gaza).
  • Une délégation du Fatah est arrivée au Caire et a eu une brève série d’entretiens avec les Egyptiens. Les entretiens ont de nouveau illustré le rôle négatif joué par l’Autorité Palestinienne (AP), qui lie l’arrangement avec Israël à la réconciliation palestinienne interne. L’AP a également menacé d’imposer des sanctions supplémentaires au Hamas s’il parvient à un accord avec Israël sans la participation de l’AP. Un porte-parole du Hamas a déclaré que les négociations en Egypte étaient ajournées de quelques jours. Selon les Egyptiens, le report a pour but de donner à la direction du Fatah le temps de consulter Mahmoud Abbas au sujet des propositions qui ont été faites.
  • En Judée-Samarie, les Palestiniens ont manifesté alors que les Juifs priaient à la Tombe de Joseph. Les événements comprenaient une tentative d’attaque à la voiture bélier et des tirs de cocktails Molotov sur les forces israéliennes assurant la sécurité des fidèles. En outre, une bombe a été lancée sur un poste de Tsahal près d’Al-Bireh (Nord-Est de Ramallah). Aucune victime n’a été signalée. Les médias palestiniens ont rapporté que les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne avaient empêché l’explosion d’un engin piégé sur une route empruntée par les forces de sécurité israéliennes.
« La marche du retour »
  • Le vendredi 24 août 2018, la 22ème « marche du retour » a eu lieu à la frontière israélo-Gaza. Son thème était « la loyauté envers les équipes médicales et les médias ». La participation était relativement faible, avec environ 5 000 habitants de Gaza, soit environ la moitié par rapport aux semaines précédentes. Ils se sont rassemblés près de la frontière sur cinq sites, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov et ont saboté la barrière de sécurité.

Tentatives de sabotage de la barrière de sécurité dans l'Est de la bande de Gaza lors d'une "marche du retour" (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême de la marche du retour, 25 août 2018)
Tentatives de sabotage de la barrière de sécurité dans l’Est de la bande de Gaza lors d’une « marche du retour » 
(Page Facebook de l’Autorité nationale suprême de la marche du retour, 25 août 2018)

  • Des personnalités du Hamas ont assisté aux événements, parmi lesquels Khalil al-Haya, Rawhi Mushtaha et Fathi Hamad. Fathi Hamad a prononcé un discours dans lequel il a déclaré que les « marches du retour » avaient atteint un certain nombre d’objectifs, notamment l’unification des Palestiniens et le rétablissement de la cause palestinienne dans les programmes arabe, islamique et international (Télévision Al-Aqsa, 25 août 2018). Ahmed Bahar, vice-président du Conseil législatif, s’est adressé à Israël et a déclaré que le sang des membres des équipes médicales et des correspondants tués lors des « marches du retour » n’avait pas été versé en vain. Il a promis que les Palestiniens continueraient à documenter la « vérité » pour exposer « la tromperie d’Israël » au monde (al-Aqsa, 24 août 2018). Isma’il Radwan s’est adressé aux participants du camp à l’Est de la ville de Gaza et a appelé la population à participer à la « marche du retour » de vendredi prochain (Télévision al-Aqsa, 24 août 2018).
  • Ashraf al-Qidra, porte-parole du ministère de la Santé du Hamas dans la bande de Gaza, a indiqué que 189 Gazaouis avaient été blessés lors de la « marche du retour », dont 116 ont été traités sur place (Page Facebook d’Ashraf al-Qidra, 24 août 2003). 2018). L’un des blessés serait le fils de Fathi Hamad, haut responsable du Hamas. Il a été blessé lors des émeutes à l’Est du camp de réfugiés de Jabaliya (Compte Twitter Paldf, 24 août 2018). Le comité juridique palestinien de l’Autorité nationale suprême de la marche du retour a appelé la communauté internationale à soutenir les manifestants et à leur fournir une protection contre les « attaques » d’Israël pendant les « marches du retour » (Safa, 26 août 2018).
  • Le comité d’organisation a déclaré que les « marches du retour » se poursuivraient jusqu’à ce que leurs objectifs soient atteints. Le comité a appelé les Palestiniens à participer aux événements du vendredi 31 août 2018, sous le thème « Nos marches continuent » (Télévision Al-Aqsa, 24 août 2018).
Tirs de roquettes et d’obus de mortier
  • La semaine dernière, aucune roquette n’a été identifiée en territoire israélien.
Tirs de roquettes et d’obus de mortier des dernières séries d’escalade[1]

Tirs de roquettes et d'obus de mortier des dernières séries d'escalade
Les nombres des mois de Mai-Juin-Juillet 2018 montrent le nombre minimal de roquettes et d’obus de mortier. Nous ne pouvons pas faire la distinction entre les roquettes et les obus de mortier.

Tirs de roquettes et d’obus de mortier de l’année écoulée

Tirs de roquettes et d'obus de mortier de l'année écoulée

Répartition annuelle des tirs

Répartition annuelle des tirs

Le terrorisme incendiaire
  • Il y a eu une diminution significative du nombre d’attaques incendiaires et du nombre d’incendies causés par des cerfs-volants et des ballons incendiaires en provenance de la bande de Gaza. Au cours de l’Aïd al-Adha (la fête du sacrifice), l’unité des ballons des Fils d’Al-Zouari a poursuivi son activité et a publié des photos et des vidéos documentant le lancer de douzaines de ballons incendiaires en territoire israélien (Page Facebook des Fils d’Al-Zouari dans la bande de Gaza, 21 août 2018).
Autres incidents
  • Le général Kamil Abu Rokon, coordonnateur israélien des activités du gouvernement dans les territoires, a révélé sur sa page Facebook que Hani al-Majdalawi, qui avait tiré sur les forces de Tsahal le 20 août 2018, [2]travaillait pour Médecins sans frontières. Le frère d’Al-Majdalawi a écrit sur sa page Facebook que Hani ne dépendait d’aucune organisation et qu’il avait été employé par Médecins sans frontières. Il a également écrit que Hani al-Majdalawi avait acheté l’arme qu’il avait utilisée avec son propre argent (Page Facebook en hébreu du coordonnateur israélien des activités du gouvernement dans les territoires, 23 août 2018). Israël a demandé à Médecins sans frontières des éclaircissements et a été informé que l’affaire était en cours d’examen.
Les pourparlers
  • Après la fin de l’Aïd al-Adha, les Palestiniens ont renouvelé les pourparlers menés par l’Egypte au Caire pour un arrangement et une réconciliation palestinienne interne. À la différence des rencontres précédentes, une délégation du Fatah dirigée par Azzam al-Ahmed est arrivée et a organisé une courte série d’entretiens avec les Égyptiens. Au cours des pourparlers, les représentants de l’Autorité Palestinienne et du Hamas ont soulevé des intérêts divergents concernant l’arrangement. Les hauts responsables de l’AP associent l’arrangement à la réconciliation palestinienne interne et menacent d’imposer des sanctions supplémentaires au Hamas s’il parvient à un accord avec Israël sans la participation de l’AP.
  • Saeb Erekat, secrétaire du comité exécutif de l’OLP, a déclaré dans une interview que la signature par le Hamas d’un accord avec Israël était une ligne rouge, qu’il s’agisse d’une accalmie ou de projets humanitaires. Il a déclaré qu’un accord devait être conclu d’une manière similaire aux accords de l’Opération Barrière de Protection en 2014, convenus dans le cadre d’une initiative égyptienne et avec la participation de représentants du Fatah, du Hamas et des autres organisations. Il a menacé que, si le Hamas signait un accord avec Israël, l’Autorité Palestinienne abdiquerait ses responsabilités pour la bande de Gaza. Cependant, a-t-il dit, la main de Mahmoud Abbas est tendue vers la réconciliation (al-Mayadeen, 25 août 2018).
  • Selon des « sources fiables », Mahmoud Abbas a chargé le gouvernement de consensus national palestinien de formuler un plan pour arrêter le financement de la bande de Gaza. En attendant, Azzam al-Ahmed, membre du Comité central du Fatah, a déclaré aux services de renseignement égyptiens que Mahmoud Abbas prévoyait d’imposer de nouvelles sanctions si un accord avec Israël était conclu sans la participation de l’AP. Ces « sources fiables » ont déclaré qu’en plus d’arrêter le paiement des salaires et le financement des ministères dans la bande de Gaza, l’Autorité monétaire suspendrait ses activités. Le résultat sera la fermeture des portes des banques de la bande de Gaza et l’arrêt du commerce. L’Autorité Palestinienne envisage également d’arrêter le soutien social qu’elle accorde à plus de 80 000 familles, de geler l’aide médicale aux malades, de couper l’approvisionnement en électricité et de cesser de payer l’eau fournie par Israël dans la bande de Gaza (al-Akhbar , 27 août 2018).
  • Le 26 août 2018, le porte-parole du Hamas, Husam Badran, a tweeté que les négociations en Egypte sur un accord et une réconciliation avaient été reportées de quelques jours (Compte Twitter de Husam Badran, 26 août 2018). Selon les Egyptiens, les pourparlers ont été reportés pour donner aux personnalités du Fatah le temps de consulter Mahmoud Abbas sur les questions qui leur avaient été présentées (Filastin al-Yawm, 27 août 2018).
Caricature montrant la fragilité de tout arrangement, le cas échéant (al-Arabi al-Jadeed, Londres, 22 août 2018)    Caricature critiquant à la fois le Hamas et l'Autorité Palestinienne, chacun travaillant séparément pour parvenir à un accord avec Israël. En arabe on peut lire : "Il est plus facile de parvenir à un accord avec Israël!" (Page Facebook d'Isma'il al-Bazam, 25 août 2018).
Droite : Caricature critiquant à la fois le Hamas et l’Autorité Palestinienne, chacun travaillant séparément pour parvenir à un accord avec Israël. En arabe on peut lire : « Il est plus facile de parvenir à un accord avec Israël! » (Page Facebook d’Isma’il al-Bazam, 25 août 2018). Gauche : Caricature montrant la fragilité de tout arrangement, le cas échéant (al-Arabi al-Jadeed, Londres, 22 août 2018)
Incidents sur le terrain
  • Les forces de sécurité israéliennes ont mené des activités antiterroristes dans toute la Judée-Samarie, arrêtant des Palestiniens soupçonnés d’activités terroristes et saisissant des armes improvisées. Ci-après les principaux événements :
  • Dans le cadre d’une activité des forces de sécurité israéliennes à Hébron, des dépliants et d’autres matériels incitant à des activités terroristes ont été saisis dans une imprimerie. Dans une activité similaire des forces de sécurité israéliennes à Naplouse, du matériel utilisé pour préparer des moyens d’incitation du Hamas a été saisi. Plusieurs Palestiniens ont été arrêtés à Naplouse, dont le propriétaire de l’imprimerie, soupçonnés d’avoir tenté de rétablir un réseau du Hamas à Naplouse (Porte-parole de Tsahal, 26 août 2018). 
  • Une bombe a été lancée sur un poste de Tsahal près d’Al-Bireh (Nord-Est de Ramallah). Aucune victime ou dommage n’a été signalé (Page Facebook Red Alert, 26 août 2018).
  • Les forces de sécurité israéliennes assurant l’entrée des fidèles à la tombe de Joseph (à Naplouse) ont remarqué qu’un véhicule palestinien accélérait dans leur direction. Ils ont ouvert le feu sur le véhicule. Au cours des prières, il y a eu des émeutes au cours desquelles un cocktail Molotov a été lancé sur la force qui sécurisait le chemin emprunté par les fidèles (Page Facebook Red Alert, 27 août 2018).
Principales attaques de l’année écoulée en Judée-Samarie [3]

Principales attaques de l'année écoulée en Judée-Samarie

Attaque déjouée par l’Autorité Palestinienne
  • Les médias israéliens ont rapporté que les forces de sécurité de l’AP ont trouvé un engin piégé constitué de deux ballons à gaz attachés à des explosifs et à une grande quantité de clous. L’engin a été trouvé sur une route empruntée par les forces de sécurité israéliennes, qui relie les villages de Bayt Liqya et Bayt ‘Anan (Sud de la route 443, reliant Modi’in à Jérusalem). Le dispositif a été désamorcé par les forces de sécurité palestiniennes. Sa découverte a apparemment empêché une attaque qui aurait pu entraîner un grand nombre de victimes (Ynet, 23 août 2018).
La situation aux terminaux

Le terminal d’Erez

  • Compte tenu du calme relatif dans la bande de Gaza ces derniers jours et de la diminution du nombre d’événements violents, Avigdor Lieberman, ministre israélien de la Défense , a décidé de rouvrir le terminal d’Erez dans le Nord de la bande de Gaza le 27 août 2018. Le terminal, principalement utilisé par les piétons, avait été fermé la semaine dernière à cause des violences exercées par les Palestiniens.
Le terminal de Rafah
  •   La direction du terminal de Rafah a annoncé que l’Égypte ouvrirait le terminal dans une direction les 26 et 27 août 2018 pour permettre aux pèlerins du retourner dans la bande de Gaza (Al-Quds, 24 août 2018). Le Président égyptien a demandé au Premier ministre égyptien et au gouverneur du Nord du Sinaï de faciliter le passage des Palestiniens à travers le terminal de Rafah (Site Internet Fateh Voice, 27 août 2018).
Les voyageurs quittent la bande de Gaza via le terminal de Rafah (Compte Twitter Shehab, 26 août 2018)   Les voyageurs quittent la bande de Gaza via le terminal de Rafah (Compte Twitter Shehab, 26 août 2018)
Les voyageurs quittent la bande de Gaza via le terminal de Rafah
(Compte Twitter Shehab, 26 août 2018)
Fourniture de services vitaux
  • Selon Muhammad Thabet, porte-parole de la compagnie d’électricité de Gaza, au cours de l’Aïd al-Adha, la fourniture d’électricité aux foyers s’est nettement améliorée (Filastin al-Yawm, 20 août 2018).
  • Rosemary DiCarlo, sous-secrétaire générale des Nations Unies pour les affaires politiques, a déclaré au Conseil de sécurité que le budget de l’ONU pour le carburant utilisé par les usines de dessalement et les autres installations vitales de la bande de Gaza était épuisé. Elle a demandé un montant de 4,5 millions de dollars pour assurer le fonctionnement continu des services essentiels jusqu’à la fin de l’année civile en cours. Elle a également exprimé son inquiétude à propos du manque de médicaments de base dans la bande de Gaza après que 40% du stock de médicaments ait été utilisé (Daily Sabah, 23 août 2018).
  • Farid Abu Athra, chef du programme d’éducation de l’UNRWA à Gaza, a annoncé que, conformément à la décision de Pierre Krähenbühl, Commissaire général de l’UNRWA, les écoles de l’agence ouvriraient dans les délais, malgré le déficit de 270 millions de dollars de l’agence. Il a déclaré que, durant la prochaine année scolaire, 281 000 enfants de Gaza seraient scolarisés dans les écoles de l’UNRWA. Il a ajouté que jusqu’à présent, 90% des manuels avaient été distribués (Ma’an, 28 août 2018).
  • Le gouvernement japonais a annoncé que vers la fin de la semaine, il transférerait 5,4 millions de dollars à l’UNRWA. L’argent servira à nourrir les réfugiés dans la bande de Gaza (Ma’an, 28 août 2018).
Réactions palestiniennes aux mesures du Président Trump
  • Lors d’un rassemblement électoral en Virginie du Nord, Donald Trump a fait référence à la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël et au déplacement de leur ambassade (Fox News, 21 août 2018). John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du Président, a fait une déclaration similaire lors de sa visite en Israël (Reuters, 22 août 2018).
  • Les hauts responsables palestiniens ont dénoncé les remarques de Trump et de Bolton, en particulier en ce qui concerne la question de Jérusalem. De hauts responsables du Hamas ont appelé l’Autorité palestinienne à révoquer sa reconnaissance d’Israël et à cesser sa coordination en matière de sécurité (Palinfo, 22 août 2018).
  • Ci-après les principales déclarations palestiniennes :
    • Saeb Erekat, secrétaire du comité exécutif de l’OLP, a affirmé que Jérusalem n’avait pas de prix et qu’un État palestinien était inutile sans Jérusalem, le mont du Temple, l’église du Sépulcre, la vieille ville et ses murs comme capitale palestinienne. Il a dit que Trump, Bolton et Netanyahu devaient comprendre que sans un retour aux frontières de 1967 et la reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, il n’y aurait pas de paix (Ma’an 22 août 2018).
    • Le porte-parole du Fatah, Usama al-Qawasmeh, a déclaré que le Président des Etats-Unis avait commis une terrible erreur en pensant que les dirigeants palestiniens, Mahmoud Abbas en tête, accepteraient des solutions partielles. Il a déclaré que les Palestiniens n’accepteraient aucune solution qui n’inclurait pas la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem pour capitale (Dunia al-Watan, 22 août 2018).
    • Ahmed al-Tamimi, membre du comité exécutif de l’OLP, a déclaré que les déclarations de Trump montrent qu’il poursuit la politique pro-israélienne des Etats-Unis et que les Etats-Unis pensent pouvoir mettre en œuvre le « deal du siècle » (Wafa, 22 août 2018).
    • Nabil Shaath, conseiller de Mahmoud Abbas pour les relations étrangères et internationales, a déclaré que les Palestiniens ne renonceraient pas à Jérusalem, aux droits des réfugiés ou au paiement des salaires des prisonniers. Il a ajouté que l’exercice de ce genre de pression ne ferait pas accepter aux Palestiniens un programme américano-israélien conjoint (Télévision palestinienne, 25 août 2018).
  • Quelques jours après la déclaration de Trump concernant Jérusalem, le Département d’Etat américain a déclaré qu’après un examen de la situation, les Etats-Unis avaient décidé de « réorienter » une aide de 200 millions de dollars du soutien civil (ESF) aux projets en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les fonds, selon le rapport, seront dépensés conformément aux intérêts nationaux américains (Reuters, 24 août 2018). Cela s’ajoute aux mesures prises par les États-Unis au début de l’année pour réduire de 50% leur financement à l’UNRWA. L’annonce a été accueillie avec colère par l’AP. De hauts responsables palestiniens l’ont qualifié d’extorsion, qui montre que les Etats-Unis ont renoncé à leur rôle dans la solution à deux Etats. Husam Zomlot, le représentant de l’OLP aux États-Unis, a soulevé une objection à l’utilisation abusive par les États-Unis de l’aide humanitaire et étrangère destinée à l’Autorité Palestinienne en tant qu’arme de l’extorsion politique. Il a déclaré que les Etats-Unis étaient obligés de mettre en œuvre la solution à deux Etats avec Jérusalem-Est comme capitale palestinienne (Wafa, 25 août 2018).
  • Ci-après les commentaires supplémentaires :
    • Le Conseil national palestinien (CNP) a déclaré que la réduction budgétaire était la continuation de la guerre des sanctions financières menée par l’administration Trump contre le peuple palestinien et ses dirigeants pour leur faire accepter « l’accord du siècle ». Selon l’annonce du CNP, le peuple palestinien et ses dirigeants adhèrent fermement à leurs principes, dont le principal est le « droit au retour » et la création d’un Etat palestinien indépendant sur les « terres occupées, « avec Jérusalem comme capitale (Ma’an, 25 août 2018).
    • Selon Saeb Erekat, cette décision a révélé la véritable signification de l’aide américaine, qui consiste à intervenir dans les affaires intérieures d’autres pays et à influencer leur liberté de choix (Wafa, 25 août 2018). Le 25 août 2018, dans une interview à al-Mayadeen, il a affirmé que la décision américaine de couper son aide étrangère était une tentative de chantage des Palestiniens et que les États-Unis et Israël essayaient d’exploiter la situation dans la bande de Gaza.
    • Yusuf al Mahmoud, porte-parole du gouvernement de l’AP, a déclaré que l’administration américaine n’avait pas respecté ses engagements financiers envers les Palestiniens depuis plus d’un an et que l’annonce de réduction de l’aide étrangère n’était pas nouvelle. Il a ajouté que l’annonce avait été faite dans le cadre de la politique américaine de « vol » et de la pression exercée par le Président sur la direction palestinienne pour l’obliger à accepter « l’accord du siècle » (Wafa, 25 août 2018).
L’arène internationale
  • Riyad Mansour, observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies, a envoyé trois communiqués, l’un au secrétaire général de l’ONU, un au président actuel du Conseil de sécurité et un au président de l’Assemblée générale. Ils ont décrit les récents événements survenus en « Palestine » et à Jérusalem-Est et les événements survenus dans la bande de Gaza. Il a ajouté que les communiqués comprenaient également les noms et le nombre de personnes tuées et le nombre de blessés depuis le début des « marches du retour ». Il a déclaré qu’Israël devait être amené à respecter le droit international et les résolutions de l’ONU et à mettre un terme à ses « crimes ». Il a exigé que l’ONU et le Conseil de sécurité assument la responsabilité de la situation des Palestiniens et mettent fin à « l’occupation » d’Israël (Wafa, 25 août 2018).
Participation de représentants palestiniens à des forums internationaux
  • Omar Hijazi, assistant du ministre palestinien des Relations multilatérales, a participé pour la première fois en tant que représentant de « Palestine » à la Conférence des Nations Unies sur le commerce des armes. L’événement a eu lieu à Tokyo. La « Palestine » est membre de la Conférence depuis mars 2018 (Wafa, 21 août 2018).

[1]  Les statistiques ne comprennent pas les tirs de roquettes dans la bande de Gaza .
[2] Le 20 août 2018, un Palestinien armé s'est approché de la barrière de sécurité à la frontière dans le Nord de la bande de Gaza et a ouvert le feu sur une force de Tsahal située à environ 20-30 mètres. La force a riposté, tuant le terroriste.

[3] Les principales attaques comprennent des fusillades, des attaques à l'arme blanche, des attaques à la voiture bélier et des poses d'engins piégés. Les tirs de pierres et de cocktails Molotov ne sont pas compris.