Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (19-26 septembre 2017)

Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Le terroriste Nimr Jamal (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).

Le terroriste Nimr Jamal (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).

L'arme utilisée dans l'attaque (Police israélienne, 26 septembre 2017)

L'arme utilisée dans l'attaque (Police israélienne, 26 septembre 2017)

Des membres du Hamas dans la bande de Gaza distribuent des confiseries et des pâtisseries pour célébrer l'attaque d'Har Adar (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Des membres du Hamas dans la bande de Gaza distribuent des confiseries et des pâtisseries pour célébrer l'attaque d'Har Adar (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)

Hani Shalouf (Site Internet Izz al-Din al-Qassam, 20 septembre 2017)

Hani Shalouf (Site Internet Izz al-Din al-Qassam, 20 septembre 2017)

Ismaïl Haniyeh, Yahya al-Sinwar et Khalil al-Haya, dans une conférence de presse au terminal de Rafah après leur retour dans la bande de Gaza (Site Internet du Hamas, 19 septembre 2017)

Ismaïl Haniyeh, Yahya al-Sinwar et Khalil al-Haya, dans une conférence de presse au terminal de Rafah après leur retour dans la bande de Gaza (Site Internet du Hamas, 19 septembre 2017)

Husam Zomlot à une réunion de l'ADC à Washington (Page Facebook de Husam Zomlot, 24 septembre 2017)

Husam Zomlot à une réunion de l'ADC à Washington (Page Facebook de Husam Zomlot, 24 septembre 2017)

  • La semaine a été marquée par une fusillade près de Har Hadar, dans laquelle trois Israéliens ont été tués et un autre gravement blessé. L’auteur de l’attaque est un Palestinien de Bayt Surik, à l’Est d’Har Hadar, père de quatre enfants et titulaire d’un permis de travail légal en Judée-Samarie. Le terroriste était sans antécédent sécuritaire mais était connu pour ses états de de violence familiale.
  • Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne (AP) n’ont pas condamné l’attaque jusqu’à présent. Le Fatah a publié sur sa page officielle Facebook des commentaires faisant l’éloge du terroriste. Le Hamas s’est félicité de l’attaque et ses adeptes ont distribué des confiseries et des pâtisseries aux passants dans la bande de Gaza.
  • Une délégation de hauts responsables du Hamas dirigée par Musa Abu Marzouq s’est rendue à Moscou et a rencontré des responsables russes. Après la visite, il a été signalé qu’un représentant du Hamas permanent sera nommé à Moscou, mais son nom n’a pas encore été officiellement rendu public.
  • Suite à l’annonce du Hamas au sujet du démantèlement de son comité administratif, le gouvernement de consensus national palestinien a annoncé qu’il tiendrait sa prochaine réunion dans la bande de Gaza. Les ministres du gouvernement de consensus national devraient partir pour la bande de Gaza le 2 octobre 2017 pour commencer la procédure de transfert d’autorité.
  • Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Mahmoud Abbas a noté, entre autres, que la lutte des Palestiniens contre Israël est politique, et que les Palestiniens ne sont pas pour le terrorisme ni la guerre de religion. Cependant, l’attaque terroriste d’Har Adar et l’absence de condamnation de la part de l’AP illustrent une fois encore que la “lutte politique” est accompagnée par la violence et le terrorisme (la “résistance populaire”), qui sont soutenus par l’AP.
Fusillade à Har Hadar
  • Le 26 septembre 2017, un Palestinien a ouvert le feu près d’Har Adar, au Nord-Ouest de Jérusalem. Trois Israéliens ont été tués et un autre a été gravement blessé. Ci-après les premiers détails de l’incident :
    • Dans la matinée, au moment de l’entrée des ouvriers de Judée-Samarie par le barrage à l’entrée arrière de la localité d’Har Adar, un des Palestiniens a provoqué les soupçons des gardes-frontières et des agents de sécurité positionnés sur place, qui lui ont ordonné de s’arrêter. À ce moment, le Palestinien a ouvert sa chemise, a sorti une arme et a tiré sur les policiers et les gardes de sécurité à bout portant. Ils ont immédiatement riposté, tuant le terroriste. Trois Israéliens ont été tués : un garde-frontière et deux gardes de sécurité. Un autre gardien de sécurité a été grièvement blessé.
 Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)  Photos de la scène de l'attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)
Photos de la scène de l’attaque (Compte Twitter Palinfo, 26 septembre 2017)
  • Le Palestinien auteur de l’attaque était Nimr Mahmoud Ahmed Jamal, 37 ans, de Bayt Surik, un village à l’Est de Har Adar, père de quatre enfants et titulaire d’un permis de travail légal dans les localités israéliennes près de la frontière. Il avait travaillé à Har Adar pendant une longue période. Il n’avait aucun antécédent sécuritaire. L’arme qu’il a utilisée était un pistolet standard volé en 2003. Il avait des antécédents de violence familiale (il y a quelques semaines, son épouse s’est enfuie vers la Jordanie et l’a laissé avec leurs quatre enfants). Les forces de sécurité israéliennes ont imposé un bouclage de la zone autour de Bayt Surik.
 L'arme utilisée dans l'attaque (Police israélienne, 26 septembre 2017)   Le terroriste Nimr Jamal (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).
Droite : Le terroriste Nimr Jamal (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).
Gauche : L’arme utilisée dans l’attaque (Police israélienne, 26 septembre 2017)
  • Quelques heures avant l’attaque, Nimr Jamal a envoyé un message à sa belle-mère et un selfie Il lui a demandé de publier de publier le texte suivant sur sa page Facebook : “Quand vous vous réveillez demain matin, partagez ce message sur ma page [Facebook], et que votre conscience soit tranquille. Je témoigne devant Allah que mon épouse, Umm Bahaa’, était véritablement une bonne épouse et une mère compatissante, et c’est moi qui me suis comporté envers elle d’une façon horrible, avec ma stupide jalousie et mes actions horribles. Je déclare que ce dont vous serez témoin demain [cf., la fusillade] n’a rien à voir avec ma femme. Je vous demande de me pardonner” (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).

Le message envoyé par le terroriste à sa belle-mère (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017)
Le message envoyé par le terroriste à sa belle-mère (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017)

  • Ci-après les principales réactions :
    • L’agence de presse Wafa, qui est directement sous le contrôle du bureau de Mahmoud Abbas, a fait état de l’attaque de manière informative en citant le porte-parole de la police israélienne. La mort d’un jeune Palestinien a été signalée, ainsi que celle de trois Israéliens, dans une fusillade à Jérusalem (Wafa, 26 septembre 2017). A ce jour, l’attaque n’a pas été condamnée.
    • Le Fatah a publié sur sa page Facebook officielle une photo du terroriste Nimr Jamal. Des internautes ont salué le terroriste, écrivant : “Gloire aux chahids”, “Que Dieu ait pitié de lui et qu’il repose au paradis” (Page officielle Facebook du Fatah, 26 septembre 2017).
    • Munir al-Jaghoub, chef de l’information du Fatah, a déclaré qu’Israël est seul responsable des réponses palestiniennes face à ses activités et à son usage de la force contre le peuple palestinien (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).
    • Le Hamas a salué l’attaque. Dans toute la bande de Gaza, des membres du Hamas ont distribué des confiseries et des pâtisseries aux passants. Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré que l’attaque avait été menée en réponse aux “crimes d’Israël contre le peuple palestinien et les violations en cours à la mosquée al-Aqsa.” Il a affirmé que l’attaque a montré que “l’Intifada de Jérusalem” continue (Site Internet du Hamas, 26 septembre 2017).
    • Khaled al-Batash, haut responsable du Jihad Islamique Palestinien dans la bande de Gaza, a qualifié l’attaque “d’héroïque” et de réponse palestinienne au plan du Président Trump d’anéantir la cause palestinienne (Page Facebook Qudsn, 26 septembre 2017).
 Manifestations, affrontements et émeutes
  • Les émeutes et les affrontements se sont poursuivis tout au long de la semaine en Judée-Samarie. Les tirs de pierres et de cocktails Molotov se sont également poursuivis. Les forces de sécurité israéliennes ont continué leurs activités antiterroristes en Judée-Samarie, arrêtant plusieurs dizaines de Palestiniens soupçonnés d’activité terroriste et saisissant des armes et des objets utilisés dans les émeutes. Ci-après les principaux événements :
    • Le 25 septembre 2017 – Des pierres ont été lancées sur un véhicule israélien sur la route reliant le Gush Etzion à Hébron, près de Bayt Ummar. Il n’y a pas eu de victimes. Le véhicule a été endommagé (Page Facebook Red Alert, 25 septembre 2017).
    • Le 23 septembre 2017 – Des pierres ont été lancées sur des véhicules israéliens sur la route 443 (reliant Jérusalem à Tel-Aviv) près de la station d’essence. Un père et son fils ont été blessés par des éclats de verre et la mère a été choquée (Page Facebook Red Alert, 23 septembre 2017).
    • Le 19 septembre 2017 – Trois cocktails Molotov ont été lancés sur des véhicules sur la route reliant le Gush Etzion à Jérusalem près du village d’al-Khader. Il n’y a pas eu de victimes (Page Facebook Red Alert, 19 septembre 2017).
Principaux attentats de l’année écoulée[1]

Principaux attentats de l'année écoulée

Arrestation de terroristes à Silwan (Jérusalem Est)
  • Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté un groupe de terroristes dont les membres étaient des citoyens israéliens vivant dans le quartier de Silwan à Jérusalem Est, baptisé “les fantômes de Silwan.” Huit membres ont été arrêtés. Le chef de l’équipe était Muhammad Farukh, 39 ans, un citoyen israélien qui recevait ses ordres et des fonds de membres au Liban et dans la bande de Gaza.
  • L’interrogatoire de l’équipe a révélé que ses membres avaient l’intention de mener des fusillades contre des cibles israéliennes à Silwan (véhicules israéliens ou maisons dans le quartier où vivent des Juifs). À cette fin, ils avaient prévu d’acquérir des armes. Ils ont également lancé des cocktails Molotov, des feux d’artifice et des pierres sur les forces israéliennes de sécurité et des véhicules de sécurité. Le 6 août 2017, avant de lancer des cocktails Molotov, ils ont versé de l’essence sur un véhicule de sécurité pour y mettre le feu. Les membres de l’équipe ont été inculpés (Service de sécurité générale, 19 septembre 2017).

Tirs de roquettes en Israël

  • Au cours de la semaine, aucune roquette n’a été tirée en territoire israélien.
Répartition mensuelle des tirs de roquettes

Répartition mensuelle des tirs de roquettes

Répartition annuelle des tirs de roquettes

Répartition annuelle des tirs de roquettes

La situation humanitaire dans la bande de Gaza

L’approvisionnement en électricité

  • Mohammed Thabet, directeur des relations publiques et de l’information de la compagnie électrique de la bande de Gaza, a déclaré que la fourniture d’électricité pour les habitants de la bande de Gaza était revenue à des cycles de quatre heures avec et 12 heures sans, en raison du fait que la centrale fournit actuellement 45 mégawatts au lieu des 67 anciennement produits. Il a ajouté que toutes les lignes d’alimentation de l’Égypte fonctionnaient, après avoir été inopérantes en raison de travaux de maintenance (Dunia al-Watan, 23 septembre 2017).

La reconstruction des maisons

  • Mofeed al-Hasayneh, ministre du Logement et des Travaux publics de l’AP, a déclaré que sur les 11 000 maisons détruites pendant l’Opération Bordure Protectrice, 80 % avaient été entièrement reconstruites. Il a ajouté que la bande de Gaza avait maintenant besoin de 150 millions de dollars pour la reconstruction complète et le retour des résidents chez eux (Ma’an, 20 septembre 2017).

L’UNRWA

  • Suite à la demande déposée auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies, un rapport a été publié et présenté aux pays membres sur les façons de financer l’UNRWA pour assurer la poursuite ininterrompue de ses opérations. Le rapport fait état de nouvelles sources de financement, comme la Banque mondiale et la Banque islamique de développement. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres a déclaré que l’UNRWA doit poursuivre son soutien humanitaire aux réfugiés palestiniens et qu’il doit y avoir une action immédiate parce que l’UNRWA pourrait perdre tous ses fonds d’ici quelques semaines (Site Internet de l’ONU, 23 septembre 2017). L’Autriche a transféré 1,5 million d’euros à l’UNRWA pour appuyer un programme médical dans les territoires. L’Autriche est l’un des plus importants donateurs de l’UNRWA et, depuis 2007, a donné plus de 21 millions d’euros à l’agence (alresalah.net, 22 septembre 2017).

Visite du coordinateur spécial des Nations unies à Gaza

  • Nikolay Mladenov, coordinateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, est arrivé dans la bande de Gaza, accompagné d’une délégation d’aides. Il a été reçu par Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas. Yahya al-Sinwar, chef du bureau politique du Hamas dans la bande de Gaza, Khalil al-Haya, Nizar Awadallah et Salah al-Bardawil, hauts responsables du mouvement étaient présents à la réunion. Lors de la réunion, Haniyeh a fait état des discussions qui ont eu lieu au Caire, de la question de la réconciliation palestinienne interne et de la situation humanitaire dans la bande de Gaza (Site Internet du Hamas, 25 septembre 2017).
  • Mladenov a organisé une conférence de presse dans laquelle il a salué la décision du Hamas de dissoudre son comité administratif, disant qu’aucun autre accord n’aurait été atteint sans l’Égypte. Il a exprimé l’espoir que le gouvernement palestinien se rende dans la bande de Gaza et en prenne la responsabilité. Il a également déclaré qu’une telle mesure contribuerait à lever le siège de la bande de Gaza (Ma’an, 25 septembre 2017).
Mladenov rencontre les responsables du Hamas (Site Internet du Hamas, 25 septembre 2017)    Conférence de presse de Nikolay Mladenov à Gaza (Ma'an, 25 septembre 2017).
Droite : Conférence de presse de Nikolay Mladenov à Gaza (Ma’an, 25 septembre 2017).
Gauche : Mladenov rencontre les responsables du Hamas (Site Internet du Hamas, 25 septembre 2017)
Visite d’une délégation du Hamas en Russie
  • Une délégation de hauts cadres “externes” du Hamas, dirigée par Moussa Abu Marzouq, membre du bureau politique du Hamas, et Saleh al-Arouri, a rencontré des représentants russes en Russie le 19 septembre 2017. Selon Moussa Abu Marzouq, la délégation a rencontré Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères et d’autres hauts responsables du ministère des Affaires étrangères. La délégation du Hamas a demandé aux Russes de contribuer à mettre un terme au “siège” de la bande de Gaza et à œuvrer dans l’arène internationale pour empêcher les États-Unis de faire pression sur le Hamas ou imposer des sanctions. Selon Moussa Abu Marzouq, le ministre russe des Affaires étrangères a souligné que la Russie ne considère pas le Hamas comme une organisation terroriste, mais plutôt comme une importante faction palestinienne qui a gagné des élections justes. Moussa Abu Marzouq a dit que la Russie aspire à jouer un rôle actif dans les futurs dialogues (al-Hayat, 22 septembre 2017).
Photo publiée par Husam Badran sur son compte Twitter le montrant lui et Saleh al-Arouri avec les lumières de Moscou dans l'arrière-plan (Compte Twitter de Husam Badran, 21 septembre 2017)   Moussa Abu Marzouq, chef adjoint du bureau politique du Hamas, avec Mikhail Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères (Site Internet du Hamas, 21 septembre 2017). Gauche
Droite : Moussa Abu Marzouq, chef adjoint du bureau politique du Hamas, avec Mikhail Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères (Site Internet du Hamas, 21 septembre 2017). Gauche : Photo publiée par Husam Badran sur son compte Twitter le montrant lui et Saleh al-Arouri avec les lumières de Moscou dans l’arrière-plan (Compte Twitter de Husam Badran, 21 septembre 2017)
  • Après la visite de la délégation du Hamas, il a été signalé qu’un représentant du Hamas permanent en Russie a été nommé. Le Hamas n’a pas révélé son nom. Le Hamas possède des représentants dans un certain nombre de pays, dont le Liban, l’Iran et le Yémen, et un bureau a été ouvert récemment en Algérie. Il a également été convenu que, pour le moment, le responsable du Hamas Rawhi Mushtaha restera au Caire pour suivre la question de la participation des deux côtés (al-Quds al-Arabi, 23 septembre 2017).
Mort d’un membre de la branche armée du Hamas
  • La branche armée du Hamas a annoncé la mort de Hani Faraj Shalouf, 24 ans, du quartier d’Al-Shabura à Rafah. Selon un porte-parole du ministère de la Santé dans la bande de Gaza, Shalouf était membre de l’unité d’ingénierie et a participé à la construction de tunnels depuis 2011. Il a été électrocuté dans un tunnel à Rafah (Site Internet Izz al-Din al-Qassam, 19 et 20 septembre 2017 ; Filastin al-a’an, 19 septembre 2017).
Retour d’Egypte d’une délégation du Hamas
  • Une délégation du Hamas dirigée par Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, est retournée à la bande de Gaza après une visite de dix jours en Egypte (al-Quds, 19 septembre 2017). À son retour, Haniyeh a organisé une conférence de presse au terminal de Rafah dans laquelle il a déclaré que la visite de la délégation du Hamas en Égypte a été un succès et a obtenu d’importants résultats. Il a affirmé qu’en plus de la réconciliation nationale, la visite avait traité de cinq questions importantes, notamment la situation politique et la cause palestinienne. La délégation a également examiné les relations bilatérales du Hamas avec l’Egypte.
  • Haniyeh a affirmé que la visite en Egypte a permis de définir des “éléments stratégiques” dans les relations entre le Hamas et l’Egypte. Elle a également été l’occasion d’aborder la question de la sécurité et la situation le long de la frontière et au terminal de Rafah. La délégation du Hamas a souligné que le Hamas s’inquiète de la sécurité nationale égyptienne et de sa stabilité. La question du “siège” a également été abordée, de même que les crises [économiques] dans la bande de Gaza. Haniyeh a exprimé l’espoir que la visite porte ses fruits, mais n’a pas parlé des étapes ni des promesses égyptiennes (Site Internet du Hamas, 19 septembre 2017).
Dissolution du comité administratif du Hamas et préparatifs en vue du transfert des institutions gouvernementales au gouvernement de consensus
  • Avec le retour de la délégation du Hamas d’Égypte, Ismaïl Haniyeh a déclaré que le Hamas avait décidé de dissoudre son comité administratif. Il a précisé que le Hamas a fait un pas de géant et qu’il n’avait pas posé d’obstacles à la réconciliation. Il a affirmé que le comité avait déjà cessé de fonctionner. Il a invité une délégation du gouvernement de consensus national palestinien aux pourparlers de Gaza et du Caire pour organiser le transfert d’autorité et a appelé le gouvernement palestinien à organiser une réunion de toutes les organisations palestiniennes (Site Internet du Hamas, 19 septembre 2017).
  • Le 25 septembre 2017, Yusuf al-Mahmoudi, porte-parole du gouvernement de consensus national, a déclaré que le Premier ministre Rami Hamdallah, après avoir délibéré avec Mahmoud Abbas, avait décidé de tenir la prochaine réunion du gouvernement dans la bande de Gaza (Wafa, 25 septembre 2017). Hussein al-Cheikh, ministre des Affaires civiles, a déclaré que tous les hauts fonctionnaires et les responsables de la sécurité du gouvernement de consensus national arriveraient le 2 octobre 2017 dans la bande de Gaza pour débuter le processus de transfert d’autorité. Il a déclaré que le gouvernement de consensus national était prêt à accepter la responsabilité des terminaux et des sièges du gouvernement dès son arrivée (Ma’an, 25 septembre 2017). Deux représentants de l’Égypte sont également attendus dans la bande de Gaza pour surveiller la mise en œuvre de l’accord (Télévision palestinienne, 25 septembre 2017).
  • Le porte-parole du Hamas Abd al-Latif al-Qanu a salué le Premier ministre Rami Hamdallah pour sa décision de tenir la réunion hebdomadaire du gouvernement dans la bande de Gaza, et a souhaité au gouvernement de réussir dans son rôle. Il a ajouté que l’Autorité Palestinienne devait révoquer les mesures prises contre la bande de Gaza (Shehab, 25 septembre 2017). Le haut responsable du Hamas Khalil al-Haya a déclaré que le Hamas œuvrerait à satisfaire toutes les conditions nécessaires pour assurer le succès du gouvernement de consensus lorsqu’il arrivera dans la bande de Gaza. Il a également été rapporté qu’après que les membres du comité administratif ont quitté leurs bureaux, le Hamas a fait des préparatifs pour le transfert des institutions gouvernementales dans la bande de Gaza pour le gouvernement de consensus national. Le Hamas a également demandé aux hauts fonctionnaires du bureau de coopérer pleinement avec les ministres du gouvernement de consensus de l’Autorité Palestinienne et de faire tout le nécessaire pour effectuer le transfert (Al-Quds Al-Arabi, 21 septembre 2017).
  • Selon Nabil Shaath, conseiller de Mahmoud Abbas pour les affaires étrangères et les relations internationales, il y a encore des questions qui doivent être résolues, telles que le contrôle de sécurité dans la bande de Gaza et la question des fonctionnaires. Cependant, il a dit qu’il s’agit d’un processus de dialogue destiné à garantir une confiance totale entre les deux parties. Nabil Shaath a souligné que Mahmoud Abbas annulerait les mesures prises contre la bande de Gaza si le Hamas s’engageait à mettre en œuvre l’accord et à transférer le contrôle de la bande de Gaza à Mahmoud Abbas et le gouvernement de consensus national. Mahmoud Abbas supprimera alors les mesures qu’il avait instituées et la confiance mutuelle régnera (al-Quds al-Arabi, 21 septembre 2017).
Discours de Mahmoud Abbas à l’Assemblée générale de l’ONU
  • Le discours de Mahmoud Abbas a porté sur un appel au monde à soutenir la réussite de la paix et de la solution à deux états, dans les frontières de 1967. Il a vivement attaqué Israël pour la “poursuite de l’occupation” et son refus de reconnaître un État palestinien. Il a dit qu’il avait demandé à la Cour Pénale Internationale de La Haye (CPI) d’ouvrir une enquête sur de hauts responsables israéliens et a ajouté que l’AP continuera à signer des accords et à rejoindre des organisations internationales.
  • Ci-après les principaux points du discours de Mahmoud Abbas (Wafa, 20 septembre 2017):
    • Le processus politique : Mahmoud Abbas a présenté les principes qui devraient selon lui garantir la réussite du processus de paix et la solution à deux Etats, et a appelé l’ONU et ses États membres à les promouvoir. Il a demandé à fixer un calendrier pour mettre fin à l’occupation israélienne, pour la mise en œuvre de l’initiative arabe de paix et l’arrêt du projet des implantations dans les territoires palestiniens. Il a appelé la communauté internationale à ne pas appuyer le “régime colonial d’implantation” et exigé la protection et le soutien financier pour le peuple palestinien.
    • Israël : Mahmoud Abbas a accusé Israël de refuser de reconnaître un État palestinien dans les frontières de 1967 et de prôner une politique de procrastination, de subterfuge et de prétextes pour se soustraire à sa responsabilité de mettre fin à l’occupation. Il a affirmé que tout ceci été fait à l’opposé de la reconnaissance du peuple palestinien dans un Etat dans les frontières de 1967 et contrairement aux principes des Accords d’Oslo. Il a qualifié la poursuite de l’occupation d’Israël de “honteuse.” Il a affirmé que l’annexion de Jérusalem-Est et des hauteurs du Golan est illégale. Il a dit que l’Autorité Palestinienne avait demandé à la CPI d’ouvrir des enquêtes sur des hauts responsables israéliens liés aux implantations et sur le tort causé au peuple palestinien. Il a dit que l’AP va continuer à signer des accords et à rejoindre des organisations internationales pour établir son statut à l’ONU.
    • Le terrorisme: Mahmoud Abbas a affirmé qu’il rejette toutes les formes de terrorisme, ajoutant que la fin de l’occupation est une étape nécessaire dans la lutte contre le terrorisme. Il a affirmé que la politique israélienne à Jérusalem revient à “jouer avec le feu” et à attiser la ferveur religieuse qui pourrait se développer en un violent conflit religieux. Il a déclaré que la lutte des Palestiniens est politique, et que le peuple palestinien dénonce le terrorisme ou la guerre de religion.
    • La reconnaissance historique : Mahmoud Abbas a exigé la reconnaissance et la réparation de la Grande-Bretagne face à “l’injustice historique” de la Déclaration Balfour. Il a appelé la communauté internationale à punir Israël pour la violation de la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations Unies (le “droit au retour” des réfugiés palestiniens) et la résolution 2334 (l’illégalité des implantations). Il a également demandé qu’Israël soit puni pour avoir violé le Plan de Partition de l’ONU qui prévoit la reconnaissance d’Israël dans les frontières de 1967.
  • Avant son discours, Mahmoud Abbas a rencontré Donald Trump. Dans une déclaration conjointe prononcée avant la réunion, Trump a déclaré croire aux chances de résoudre le conflit israélo-palestinien. Il a dit qu’il consacrera tous ses efforts pour parvenir à un accord politique entre Israël et l’Autorité Palestinienne (Site Internet de la Maison Blanche, 20 septembre 2017).
Réactions au discours
  • Le discours d’Abbas a été salué par les responsables palestiniens :
  • Hanan Ashrawi, parlant au nom du comité exécutif de l’OLP, a déclaré que le discours a livré un message clair qui renforce les principes de base du peuple palestinien et ses droits juridiques et nationaux. Elle a indiqué que le discours a fidèlement représenté les questions d’une manière qui engage la communauté internationale à obéir à ses lois et au respect de ses décisions, et à assumer la responsabilité politique et humanitaire en faveur du peuple palestinien (Dunia al-Watan, 21 septembre 2017).
  • Selon Riyad al-Maliki, le ministre des affaires étrangères du gouvernement de consensus national, un consensus international existe maintenant sur la solution de deux États, après que l’Autorité palestinienne a oeuvré des années pour y parvenir. Il a ajouté que l’alternative à la solution à deux Etat est la solution à un Etat (Ma’an, 22 septembre 2017).
Caricature publiée dans le quotidien palestinien Al-Qods, publié à Jérusalem-est, illustrant les difficultés de l'AP dans la promotion de mesures dans le cadre de l'ONU (al-Quds, 21 septembre 2017)   Mahmoud Abbas lors de la session de l'Assemblée générale des Nations Unies à New York (Wafa, 21 septembre 2017).
Droite : Mahmoud Abbas lors de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York (Wafa, 21 septembre 2017). Gauche : Caricature publiée dans le quotidien palestinien Al-Qods, publié à Jérusalem-est, illustrant les difficultés de l’AP dans la promotion de mesures dans le cadre de l’ONU (al-Quds, 21 septembre 2017)
  • Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a critiqué la partie du discours portant sur un processus politique sur la base de ce qu’il appelle “l’approche de négociations et d’arrangements” avec l’occupation. Il a dit que, malheureusement, Mahmoud Abbas n’avait pas fait de distinction entre la [soi-disant] “résistance légitime” du peuple palestinien et l’occupation israélienne, qui constitue la forme la plus extrême du terrorisme (Site Internet du Hamas, 21 septembre 2017).
Déclarations d’un représentant de l’OLP à Washington
  • Husam Zomlot, le représentant de l’OLP à Washington, a prononcé un discours lors d’une réunion de l’American-Arab Anti-Discrimination Committee (ADC). Il a dit qu’une campagne politique est actuellement menée au Congrès, qui a préparé 25 projets de loi au cas où les Palestiniens s’adressent aux agences des Nations Unies. Il a indiqué que la plus récente proposition de loi réduit une partie du budget pour les Palestiniens pour faire pression sur l’Autorité Palestinienne à mettre fin à son soutien des familles de prisonniers et des chahids. Selon Zomlot, le Congrès a demandé aux Palestiniens de cesser de soutenir les familles des chahids. Il a souligné que l’engagement de la direction palestinienne aux familles de prisonniers et des chahids est supérieur à toute autre considération, et que l’AP ne leur couperait pas les fonds (Ma’an, 26 septembre 2017).
Efforts de l’AP sur la scène internationale

Interpol

  • En dépit de la lutte diplomatique d’Israël pour empêcher l’AP de se joindre à Interpol, basée sur le fait qu’elle ne répond pas aux critères d’un état, le comité exécutif d’Interpol a décidé de transférer la demande de l’AP à l’Assemblée générale, qui se réunira le 27 septembre 2017, à Beijing (Ma’an, 26 septembre 2017).
  • Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement consensus national a fermement condamné les actions du gouvernement israélien à l’encontre de l’AP dans ses efforts pour rejoindre Interpol. Selon le ministère des Affaires étrangères, la politique d’Israël va à l’encontre des efforts déployés par les Américains pour renouveler les négociations entre Israël et les Palestiniens. Par conséquent, l’AP continuera ses efforts pour atteindre la pleine adhésion à l’ONU et les agences internationales pour garantir à la fin de l’occupation (Wafa, 24 septembre 2017).

La campagne juridique

  • Le Centre palestinien pour les droits de l’homme (PCHR), le centre al-Mayadeen, l’organisation al-Haq et le Conseil des organisations de défense des droits de l’homme palestiniens ont déposé plainte auprès de Fatou Bensouda, procureur en chef de la CPI. Selon la demande, Israël est coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Judée-Samarie et à Jérusalem.
  • L’organisation palestinienne al-Haq a déclaré dans une déclaration officielle sur son site internet que son directeur Shawan Jabarin[2] avait déposé un rapport de 700 pages, le quatrième du genre, à la CPI. Selon la déclaration, le rapport “documente” les “crimes” commis par Israël en Judée-Samarie et à Jérusalem Est et est censé être remis au procureur en chef Fatou Bensouda (al-Haq, 20 septembre 2017). Selon Jabarin, l’objectif est de lancer une enquête sur tous les “crimes” commis contre les Palestiniens par Israël (télévision Al-aqsa, 20 septembre 2017). Dans l’intervalle, quatre ONG palestiniennes dans la bande de Gaza ont organisé une conférence de presse (le Centre palestinien, le centre al-Mayadeene, al-Dameer et al-Haq) en présence de Raji al-Surani, directeur du Centre palestinien de la bande de Gaza, qui a condamné les actions d’Israël contre la population palestinienne en Judée-Samarie et à Jérusalem (al-Haq, 21 septembre 2017).

Nada Kiswanson, procureur de La Haye qui a reçu le rapport palestinien (frontlinedefenders, 25 septembre 2017)
Nada Kiswanson, procureur de La Haye qui a reçu le rapport palestinien (frontlinedefenders, 25 septembre 2017)

Saeb Erekat annonce sa maladie
  • Saeb Erekat, le secrétaire du comité exécutif de l’OLP, a révélé dans une interview qu’il souffrait d’une fibrose pulmonaire, une maladie incurable qui mène à la perte progressive de la fonction pulmonaire. Il a dit qu’il était tombé malade il y a cinq ans mais que son état s’était aggravé au cours des derniers mois. Il a dit qu’il est actuellement en attente d’une transplantation pulmonaire aux Etats-Unis (Télévision palestinienne, 21 septembre 2017). Des internautes ont publié des vœux de rétablissement complet sur sa page Facebook officielle (Page Facebook de Saeb Erekat, 24 septembre 2017).
Caricature symbolisant Saeb Erekat et sa maladie. En arabe on peut lire : "Je respire la patrie" (Page Facebook de Saeb Erekat, 24 septembre 2017)   Saeb Erekat dans un fauteuil roulant poussé par Husam Zomlot, le représentant de l'AP aux Etats-Unis, lors d'une conférence des représentants arabes et palestiniens en Amérique.
Droite : Saeb Erekat dans un fauteuil roulant poussé par Husam Zomlot, le représentant de l’AP aux Etats-Unis, lors d’une conférence des représentants arabes et palestiniens en Amérique. Gauche : Caricature symbolisant Saeb Erekat et sa maladie. En arabe on peut lire : “Je respire la patrie” (Page Facebook de Saeb Erekat, 24 septembre 2017)

[1] Les principales attaques consistent en des fusillades, des attaques à l'arme blanche, à la voiture bélier et la pose d'engins piégés et ne comprennent pas les tirs de pierres et de cocktails Molotov.
[2] Dans le passé, Shawan Jabarin était membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), une organisation terroriste créée par George Habash. Le FPLP a été impliqué dans le terrorisme international, y compris dans l'enlèvement de civils et des attentats terroristes meurtriers.