Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (19-25 décembre 2018)

Manifestants de la

Manifestants de la "marche du retour" à l'Est de Rafah.

Fathi Hamad prononce un discours à l'Est de Jabaliya.

Fathi Hamad prononce un discours à l'Est de Jabaliya.

La mini-flottille hebdomadaire et la manifestation qui l'accompagne dans le Nord de la bande de Gaza (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême, 24 décembre 2018)

La mini-flottille hebdomadaire et la manifestation qui l'accompagne dans le Nord de la bande de Gaza (Page Facebook de l'Autorité nationale suprême, 24 décembre 2018)

la délégation palestinienne rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères, Zarif (troisième en partant de la droite) (Page Facebook de la faction du Hamas

la délégation palestinienne rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères, Zarif (troisième en partant de la droite) (Page Facebook de la faction du Hamas "Change and Reform", 23 décembre 2018)

Mahmoud Abbas lors de la réunion des dirigeants palestiniens à la Muqata'a à Ramallah (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 22 décembre 2018)

Mahmoud Abbas lors de la réunion des dirigeants palestiniens à la Muqata'a à Ramallah (Page Facebook de Mahmoud Abbas, 22 décembre 2018)

Riyad al-Maliki et Sergey Lavrov (à droite) (Page Facebook du ministère des Affaires étrangères palestinien, 21 décembre 2018)

Riyad al-Maliki et Sergey Lavrov (à droite) (Page Facebook du ministère des Affaires étrangères palestinien, 21 décembre 2018)

  • Le niveau de violence de la « marche du retour » du vendredi 21 décembre 2018 était plus élevé que les semaines précédentes. Les émeutiers ont jeté des pierres, brûlé des pneus, lancé des grenades et des engins piégés contre des soldats de Tsahal et ont tenté à plusieurs reprises de franchir la barrière de sécurité.
  • Dans ces violences, quatre Palestiniens ont été tués. À la suite des événements, le Hamas et les autres organisations terroristes de la bande de Gaza ont expressément averti Israël. La salle des opérations conjointes des organisations terroristes a déclaré que les événements de la marche du 28 décembre 2018 seraient un « test critique » pour Israël. Si des Palestiniens sont blessés au cours de la marche, ont-ils affirmé, la réponse sera forte. Ainsi, malgré la diminution de la violence au cours des dernières semaines, le potentiel d’escalade existe toujours.
  • Après l’escalade du terrorisme en Judée-Samarie au cours de la semaine écoulée (quatre fusillades, attaques à l’arme blanche et attaques à la voiture bélier), la quantité et la « qualité » des attaques ont diminué. Selon nous, une partie de la raison découle de l’intense activité antiterroriste des forces de sécurité israéliennes.
  • Lors d’une réunion des dirigeants palestiniens, Mahmoud Abbas a annoncé que la Cour constitutionnelle de l’Autorité Palestinienne avait décidé de dissoudre le Conseil législatif palestinien et d’organiser des élections dans un délai de six mois. Il s’agit d’une atteinte au Hamas, dans la mesure où le président du Conseil, membre du Hamas, remplacerait Mahmoud Abbas en cas de décès ou d’absence de ce dernier. Cependant, le Conseil ne fonctionne pas et la décision de l’AP de le dissoudre n’est pas considérée comme légale (la loi fondamentale de l’AP n’autorise pas Mahmoud Abbas à dissoudre le Conseil).
La marche du retour du 21 décembre 2018
  • Le thème de la « marche du retour » du vendredi 21 décembre 2018 (la 39ème « marche du retour ») était « Loyauté envers les héros de la résistance en Cisjordanie ». Environ 8 000 Palestiniens ont participé à la réunion sur les cinq sites traditionnels situés le long de la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Le niveau de violence était plus élevé qu’au cours des semaines précédentes : les émeutiers ont lancé des pierres, brûlé des pneus et lancé des grenades et des engins piégés contre les forces de Tsahal. En outre, plusieurs tentatives ont été faites de franchir la barrière de sécurité.
  • Comme chaque semaine, de hautes personnalités du Hamas étaient présentes, parmi lesquelles Fathi Hamad, membre du bureau politique du Hamas, Ahmed Bahar, vice-président du Conseil législatif, Khalil al-Haya, membre du bureau politique du Hamas, et autres. Les orateurs ont continué à insister sur le fait que les marches se poursuivraient jusqu’à ce qu’elles aient « atteint leurs objectifs ».
Ahmed Bahar prononce un discours à al-Bureij (Page Facebook du CLP dans la bande de Gaza, 21 décembre 2018)     Fathi Hamad prononce un discours à l'Est de Jabaliya.
Droite : Fathi Hamad prononce un discours à l’Est de Jabaliya. Gauche : Ahmed Bahar prononce un discours à al-Bureij (Page Facebook du CLP dans la bande de Gaza, 21 décembre 2018)
  • En raison de la violence accrue, le nombre de décès parmi les émeutiers était plus élevé que les semaines précédentes. Le porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza a indiqué qu’au cours de la « marche du retour », trois manifestants avaient été tués et 40 blessés (Compte Twitter d’Ashraf al-Qidra, 21 décembre 2018). Le 22 décembre 2018, la mort d’un quatrième manifestant a été rapportée (Compte Twitter d’Ashraf al-Qidra, 22 décembre 2018). Deux des personnes tuées étaient des membres du Fatah.
  • Après la mort de quatre Palestiniens, les branches armées des organisations terroristes dans la bande de Gaza ont averti Israël. La salle des opérations conjointes des branches armées, dirigée par le Hamas, s’est réunie pour discuter de la question. Ses participants ont annoncé que le vendredi 28 décembre 2018, constituerait « un test critique pour la conduite de l’occupation et ses intentions ». Selon la déclaration, la salle des opérations conjointes a préparé des réponses dont la nature, le calendrier et la forme seront déterminés par l’évolution de la situation sur le terrain. Selon l’annonce, si de nombreux Palestiniens sont blessés lors des manifestations, ils réagiront fermement contre Israël (Site Internet de la branche armée du Hamas, 23 décembre 2018).
  • Les hauts responsables du Hamas ont également évoqué le niveau élevé de violence de vendredi dernier et les morts qui en ont résulté :
    • Isma’il Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, a prononcé un discours lors de l’enterrement de l’un des Palestiniens tués. Il a affirmé que le Hamas avait fait appel à des médiateurs pour faire face aux « mesures d’agression » d’Israël (Palinfo, 22 décembre 2018).
    • Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum a condamné les activités israéliennes contre « des manifestants pacifiques ». Il a affirmé qu’Israël avait violé leurs droits humains et le droit international. Il a également affirmé que les activités d’Israël étaient la preuve qu’il ne tenait pas compte de la compréhension de l’accalmie et de la levée du « siège ». Il a appelé les médiateurs et la communauté internationale à demander à Israël de mettre fin à ses « crimes » contre le peuple palestinien (Site Internet du Hamas, 21 décembre 2018).
    • Issam Hamad, responsable du comité des relations internationales de l’Autorité nationale suprême, a déclaré que l’assassinat de manifestants non violents était une violation flagrante des accords conclus avec l’Egypte pour apaiser la situation dans la bande de Gaza. Il a affirmé que l’Autorité nationale suprême s’était engagée à l’accalmie et avait préservé le caractère non violent des marches, mais Israël (« l’occupation ») avait augmenté le nombre de morts et causé beaucoup de tort aux manifestants non violents. Il a averti que le retard persistant d’Israël dans la levée du « siège » entraînerait une explosion dans la bande de Gaza (Al-Andalou News, 22 décembre 2018).

La conférence de presse (Compte Twitter de Hassan Aslih, 22 décembre 2018)
La conférence de presse (Compte Twitter de Hassan Aslih, 22 décembre 2018)

  • Le Jihad islamique palestinien (JIP) a affirmé que la mort de manifestants non violents constituait une grave escalade, car la plupart des Palestiniens blessés se trouvaient à une grande distance de la barrière de sécurité. Cela a montré, a déclaré le JIP, « l’intention agressive de l’occupation ». Selon l’annonce du JIP, le « terrorisme sioniste » ne fait qu’inciter les Palestiniens et la « résistance » [organisations terroristes] à renforcer leur position et à poursuivre leur « résistance » (Site Internet officiel du JIP, 21 décembre 2018).
La mini-flottille de protestation
  • Dans l’après-midi du 24 décembre 2018, les Palestiniens ont organisé la 21ème mini-flottille. Elle consistait en 25 petits bateaux et son slogan était « Notre sang – la carte de la libération » (Safa, 24 décembre 2018). Au même moment, une manifestation a eu lieu sur le rivage au Nord de la bande de Gaza, près de la frontière israélienne. Deux manifestations non planifiées ont eu lieu dans la partie Est de la ville de Gaza. Ashraf al-Qidra, porte-parole du ministère de la Santé de la bande de Gaza, a déclaré que 14 Palestiniens avaient été blessés lors d’activités dans le Nord de la bande de Gaza (Page Facebook d’Achraf al-Qidra, 24 décembre 2018).
  • Avant la mini-flottille, l’Autorité nationale suprême, qui souhaite contrôler les événements, a appelé les Palestiniens à ne pas organiser d’activités dans le « camp du retour » situé à l’Est de la ville de Gaza. L’Autorité a souligné que toutes les activités se dérouleraient à la frontière Nord-Ouest, près de la mer (Filastin al-Yawm, 23 décembre 2018). En dépit de l’appel, des dizaines de Palestiniens se sont rassemblés à l’Est de la ville de Gaza et ont brûlé des pneus (Shehab, 24 décembre 2018). Au cours des événements, des porte-parole de l’Autorité nationale suprême ont averti Israël que, s’il continuait à commettre ses « crimes », toutes les options de la « résistance » seraient ouvertes (al-Aqsa, 24 décembre 2018).
Des Palestiniens brûlent des pneus dans l'Est de la bande de Gaza (Page Facebook du groupe de brûlage de pneus de la région d'al-Zeitoun, 24 décembre 2018)    Des Palestiniens brûlent des pneus dans l'Est de la bande de Gaza (Page Facebook du groupe de brûlage de pneus de la région d'al-Zeitoun, 24 décembre 2018)
Des Palestiniens brûlent des pneus dans l’Est de la bande de Gaza (Page Facebook du groupe de brûlage de pneus de la région d’al-Zeitoun, 24 décembre 2018)
  • Au cours de la semaine, aucun tir de roquette ni d’obus de mortier n’a été signalé.
Tirs de roquettes et d’obus de mortier des dernières séries d’escalade[1]

Tirs de roquettes et d'obus de mortier des dernières séries d'escalade

Tirs de roquettes et d’obus de mortier de l’année écoulée

Tirs de roquettes et d'obus de mortier de l'année écoulée

Répartition annuelle des tirs

Répartition annuelle des tirs

Attaques
  • Le 20 décembre 2018, des coups de feu ont été tirés à sur le carrefour d’Ofra (Nord-Est de Ramallah) depuis le village d’Ayn Yabrud. Les forces de sécurité israéliennes ont fouillé la zone et ont trouvé des douilles d’obus près de l’arrêt de bus. Le niveau d’alerte régional a été augmenté. Une force de Tsahal a tiré sur un véhicule venant de Givat Asaf et qui n’a pas obéi aux appels d’arrêt. Les coups de feu ont tué un Palestinien de Jérusalem-Est et blessé un passager. Selon l’enquête initiale, le chauffeur n’avait pas l’intention de percuter des soldats de Tsahal. Aucune arme n’a été trouvée dans le véhicule. La police militaire a ouvert une enquête sur l’événement.
Autres incidents
  • Les forces de sécurité israéliennes ont poursuivi leurs activités de lutte contre le terrorisme. Les Palestiniens de Judée-Samarie ont continué à jeter des pierres sur des véhicules israéliens. Les événements les plus importants ont été les suivants :
    • Le 23 décembre 2018, des pierres ont été lancées sur un véhicule dans la région de Deir Nidham (Nord-Ouest de Ramallah). Aucune victime n’a été signalée. Le véhicule a été endommagé (Rescue Without Borders en Judée-Samarie, 23 décembre 2018).
    • Le 21 décembre 2018, un Palestinien suspect a été arrêté pour avoir jeté des pierres sur des voitures sur la route près du village d’Imreiha (Ouest de Jénine). Un couteau a été trouvé en sa possession et il a été emmené pour interrogatoire (Porte-parole de Tsahal, 21 décembre 2018).
    • Le 21 décembre 2018, à la suite des tirs aux carrefour d’Ofra et de Givat Asaf, au cours desquels deux soldats de Tsahal ont été tués et neuf civils blessés, les forces de sécurité israéliennes ont opéré dans les environs du village de Qobar (région d’Al-Bireh), d’où sont partis les terroristes. Les forces de sécurité israéliennes ont mené une enquête technique sur les maisons des terroristes qui seront détruites (Porte-parole de Tsahal, 21 décembre 2018).
Principales attaques de l’année écoulée en Judée-Samarie [2]

Principales attaques de l'année écoulée en Judée-Samarie

Aide financière à la bande de Gaza
  • L’UNRWA a annoncé que la Chine lui avait donné 2 350 000 dollars en 2018 (Wafa, 21 décembre 2018).
  • Yusuf Ibrahim, vice-ministre des Affaires sociales dans la bande de Gaza, a déclaré que le 24 décembre 2018, l’aide économique fournie par le Qatar serait livrée à 5 000 blessés et aux familles des Palestiniens tués lors des « marches du retour ». En outre, 100 dollars seront versés à 50 000 familles pauvres de Gaza. Il a ajouté que la date de distribution des fonds serait rendue publique « après que toutes les mesures nécessaires auront été prises » (Filastin al-Yawm, 23 décembre 2018).
Al-Aqsa cesse de diffuser ses programmes
  • Al-Aqsa TV, détenue et exploitée par le Hamas, a annoncé l’arrêt des émissions le 20 décembre 2018 en raison de difficultés financières (Emad, 19 décembre 2018). Néanmoins, les programmes ont été diffusés comme d’habitude après qu’Ismaïl Haniyeh, chef du bureau politique du Hamas, a annoncé qu’il avait décidé de poursuivre ses activités (Shehab, 20 décembre 2018). La chaîne a annoncé qu’elle poursuivrait ses émissions une fois que les donateurs auraient résolu certains de ses problèmes financiers. Le bâtiment de la télévision al-Aqsa a été détruit lors d’une attaque de l’armée de l’air israélienne au cours de la dernière vague d’escalade dans la bande de Gaza (11-13 novembre 2018).
Iran-Hamas
  • Les hauts responsables iraniens ont rencontré une délégation de membres de la faction du Hamas au CLP. La délégation, actuellement en visite en Iran, était dirigée par Mahmoud al-Zahar. La délégation a rencontré Ali Larijani, le président du Majlis iranien (parlement). Larijani a déclaré que le monde entier devait prêter attention aux « crimes » israéliens en général et à la bande de Gaza en particulier. La délégation a également rencontré Ali Akbar Velayati, conseiller du dirigeant suprême iranien pour les affaires internationales, qui a déclaré qu’une ferme « résistance » était le seul moyen d’éviter les « complots » d’Israël. Lors d’une réunion avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, Zarif a exprimé sa préoccupation devant le démantèlement du CLP (voir ci-dessous), affirmant qu’il était contraire aux principes de la démocratie et jouait entre les mains d’Israël.
 la délégation palestinienne rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères, Zarif (troisième en partant de la droite) (Page Facebook de la faction du Hamas "Change and Reform", 23 décembre 2018)   La délégation du Hamas rencontre Ali Larijani (IRNA en arabe, 22 décembre 2018).
Droite : La délégation du Hamas rencontre Ali Larijani (IRNA en arabe, 22 décembre 2018). Gauche : la délégation palestinienne rencontre le ministre iranien des Affaires étrangères, Zarif (troisième en partant de la droite) (Page Facebook de la faction du Hamas « Change and Reform », 23 décembre 2018)
Nasrallah rencontre Ziyad al-Nakhalah, secrétaire du JIP
  • Le 20 décembre 2018, le dirigeant du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a rencontré Ziyad al-Nakhalah, secrétaire général, et d’autres personnalités du JIP. Nasrallah a félicité les nouveaux dirigeants de l’organisation. Les deux parties ont noté les « liens de fraternité dans le jihad » des « mouvements de résistance » [cf., des organisations terroristes] au Liban et en Palestine, en particulier entre le JIP et le Hezbollah. Ils ont discuté des défis et des opportunités d’un programme de « résistance » et de « l’axe de la résistance » (Site Internet du Hezbollah sur les relations publiques, 20 décembre 2018).
Abbas annonce la dissolution du CLP
  • Lors d’une réunion des dirigeants palestiniens, Mahmoud Abbas a annoncé que la Cour constitutionnelle de l’AP avait décidé de dissoudre le CLP et d’organiser les élections d’un nouveau Conseil dans les six mois. Selon Mahmoud Abbas, cette étape est la première dans la mise en œuvre des décisions prises par le CLP et le Conseil central de l’OLP (Télévision palestinienne, 22 décembre 2018).
  • Le geste de Mahmoud Abbas porte un coup dur au Hamas, car Aziz Dweik, membre du Hamas et président du CLP, remplacerait temporairement Mahmoud Abbas en cas de décès ou d’absence de ce dernier (en attendant la tenue d’élections générales au poste de Président de l’AP). Toutefois, cette décision n’est que symbolique, car le Conseil ne fonctionne plus depuis la prise de contrôle par le Hamas de la bande de Gaza en Juin 2007. De plus, la décision n’est pas légale car la loi fondamentale de l’Autorité Palestinienne interdit à Mahmoud Abbas de dissoudre le CLP.
  • En réponse à la proposition de Mahmoud Abbas, Saeb Erekat, secrétaire du Comité exécutif de l’OLP, a déclaré que la décision de dissoudre le CLP était conforme aux décisions du Conseil central et du Comité exécutif de transformer l’Autorité Palestinienne en État. Il a ajouté que durant la phase de transition, Mahmoud Abbas deviendrait le Président de l’État de Palestine et que le Comité exécutif deviendrait le gouvernement et organiserait des élections à l’Assemblée constituante de cet État (Télévision palestinienne, 24 décembre 2018).
  • L’annonce de Mahmoud Abbas a été vivement critiquée par le Hamas. Yahya Musa, membre du CLP, a déclaré que les décisions de Mahmoud Abbas ne valaient rien car le Conseil était souverain. Il a déclaré que le Conseil continuerait à opérer dans la bande de Gaza, mais que, du fait de la décision de Mahmoud Abbas, il cesserait ses opérations en Cisjordanie (Compte Twitter Shabakat Quds, 22 décembre 2018).
  • Husam Badran, membre du bureau politique du Hamas, a déclaré que le Hamas formulerait une position officielle finale concernant la décision de Mahmoud Abbas. Selon les lois du système politique palestinien, aucun individu n’a le pouvoir de dissoudre le CLP, et cela ne peut se faire que par vote (Télévision al-Aqsa, 22 décembre 2018).
  • Musheir al-Masri, porte-parole de la faction du Hamas au CLP, a déclaré que le mandat de Mahmoud Abbas [en tant que Président de l’Autorité Palestinienne] était arrivé à son terme (al-Mayadeen, 22 décembre 2018).
  • Le 24 décembre 2018, Mahmoud Abbas a rencontré dans son bureau à Ramallah le Dr. Hana Nasser, président du comité des élections centrales palestiniennes. Ils ont discuté de la décision de la Cour constitutionnelle de l’AP d’organiser des élections pour le CLP. Nasser a déclaré que le comité central des élections était prêt à organiser des élections à tout moment, conformément à l’édit présidentiel de Mahmoud Abbas (Page Facebook du comité central des élections palestiniennes, 24 décembre 2018).

Abbas rencontre dans son bureau à Ramallah le président du comité des élections centrales palestiniennes (Page Facebook du comité des élections centrales palestiniennes, 24 décembre 2018)
Abbas rencontre dans son bureau à Ramallah le président du comité des élections centrales palestiniennes (Page Facebook du comité des élections centrales palestiniennes, 24 décembre 2018)

Discours de Mahmoud Abbas lors d’une rencontre des dirigeants palestiniens
  • Mahmoud Abbas a prononcé un discours lors d’une récente réunion des dirigeants palestiniens, où il a présenté les activités du Conseil central de l’OLP. En plus de la dissolution du PLC, il a mentionné deux autres domaines d’activité (Télévision palestinienne, 22 décembre 2018):
    • Activité concernant les États-Unis : Mahmoud Abbas a déclaré qu’ils refusaient d’avoir un dialogue ou des négociations avec l’administration américaine. Cela, a-t-il dit, est dû au fait que l’administration avait abandonné ses engagements. Par conséquent, l’AP va déployer des efforts politiques intenses pour rejoindre de nombreuses organisations, alliances et conventions internationales, y compris celles auxquelles les États-Unis avaient demandé à l’Autorité Palestinienne de ne pas adhérer. Mahmoud Abbas a déclaré que bien que la demande de l’AP de devenir un État membre à part entière a été reçue par un veto, en 2019, l’AP renouvellerait sa demande tous les mois. Il a dit être fier d’avoir saboté avec succès l’adoption de la proposition américaine de résolution qualifiant le Hamas d’organisation terroriste. Il s’est vanté que cet objectif avait été atteint grâce à « l’astuce juridique » qui consistait à exiger un vote des deux tiers au lieu d’une majorité simple.
    • Activité concernant Israël : Mahmoud Abbas a condamné la livraison de fonds par Israël au Hamas. Il a affirmé que le Premier ministre israélien avait personnellement remis l’argent destiné à préserver le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza et à saper la stabilité de la Cisjordanie, sabotant ainsi la réconciliation palestinienne interne. Mahmoud Abbas a affirmé qu’il réévaluerait tous les accords signés entre l’OLP et Israël, dont le premier serait le protocole de Paris[3].
    • Les déclarations de Mahmoud Abbas, en particulier celles concernant la dissolution du CLP, ont reçu l’appui du Fatah. et les dirigeants de l’Autorité Palestinienne et la condamnation des dirigeants du Hamas. Le porte-parole du Fatah, Azzam al-Ahmed, a déclaré que le Fatah soutenait la décision de Mahmoud Abbas de faire appel chaque mois au Conseil de sécurité des Nations Unies pour lui demander de devenir membre à part entière. En ce qui concerne le protocole de Paris, un porte-parole du Fatah a déclaré qu’il s’était entretenu de cette question avec le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman, et l’a prié de dire à l’État d’Israël qu’ils étaient intéressés à retourner à la table des négociations pour en discuter. Il a ajouté que Lieberman avait refusé, affirmant qu’il renverrait l’affaire au gouvernement, mais il a démissionné la semaine suivante (Télévision palestinienne, 22 décembre 2018). Abbas Zaki, membre du Comité central du Fatah, a déclaré que la dissolution du CLP était une occasion de sortir des accords d’Oslo (al-Mayadeen, 23 décembre 2018).
Riyad al-Maliki rencontre son homologue russe
  • Riyad al-Maliki, ministre des Affaires étrangères de l’AP, a rencontré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Riyad al-Maliki a souligné la coordination en cours entre la Russie et l’Autorité Palestinienne afin de renforcer leurs relations et d’accroître l’activité politique régionale et internationale. Ils ont déclaré que la coopération économique s’était également développée. Ils ont déclaré avoir également discuté du processus de paix avec Israël et du rôle de la Russie dans celui-ci (Al Jazeera, 21 décembre 2018).
Relations AP-Iran
  • Abbas Zaki, membre du Comité central du Fatah, a été interviewé par la télévision al-Mayadeen. Il a affirmé que les Palestiniens ont remercié l’Iran pour son soutien au peuple palestinien et a souligné qu’il soutenait la cause palestinienne et non une faction spécifique (Télévision al-Mayadeen, 23 décembre 2018). L’Autorité Palestinienne n’a pas tardé à émettre un démenti. Une « source officielle » a déclaré que les déclarations de Zaki étaient incorrectes et n’exprimaient pas la position des dirigeants palestiniens, mais uniquement sa propre opinion (Wafa, 24 décembre 2018).
Sondage d’opinion palestinien
  • Le 18 décembre 2018, le Centre palestinien de recherche en politiques et enquêtes a publié une première analyse d’un sondage d’opinion réalisé entre le 12 et le 16 décembre 2018. Il a été mené auprès de 1270 Palestiniens vivant en Judée-Samarie et à Gaza. Les résultats ont montré une augmentation de la popularité du Hamas en Cisjordanie et dans la bande de Gaza et que le soutien au Fatah restait relativement inchangé. Par exemple, si des élections avaient lieu aujourd’hui, 29% voteraient pour le Hamas (contre 21% il y a trois mois) et pour le Fatah, 39% (contre 38% il y a trois mois). La demande de démission d’Abbas est de 55% en Cisjordanie et de 77% dans la bande de Gaza (http://www.pcpsr.org/fr/node/738, 18 décembre 2018).
Activités de Tsahal
  • L’opération Northern Shield continue de localiser les tunnels du Hezbollah. Le 21 décembre 2018, les forces de Tsahal ont annoncé le début de la deuxième étape de l’opération, qui comprend la neutralisation et la destruction des tunnels qui ont été exposés jusqu’à présent. L’activité vise à rendre les tunnels inutilisables et à empêcher le Hezbollah de les utiliser. Leur neutralisation est effectuée par diverses méthodes, en fonction de la nature des tunnels. Le 21 décembre 2018, le tunnel terroriste creusé dans le village de Ramyeh qui traversait la frontière israélienne dans le secteur central du Sud du Liban a été détruit à l’explosif (Porte-parole de Tsahal, 21 décembre 2018).
Les forces de Tsahal soulèvent la barrière de sécurité près du village d'Adaysia (en face de l'extrême Nord d'Israël) (Compte Twitter d'Ali Shoeib, 23 décembre 2018)    Activité des forces de Tsahal près de Kafr Kila (Site Internet de Bint Jbeil, 25 décembre 2018).
Activité des forces de Tsahal près de Kafr Kila (Site Internet de Bint Jbeil, 25 décembre 2018). Gauche : Les forces de Tsahal soulèvent la barrière de sécurité près du village d’Adaysia (en face de l’extrême Nord d’Israël) (Compte Twitter d’Ali Shoeib, 23 décembre 2018)
Réunion du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet des activités de Tsahal
  • Le 19 décembre 2018, le Conseil de sécurité des Nations Unies s’est réuni pour discuter de l’opération Northern Shield. La réunion s’est terminée sans proposition de résolution ni déclaration commune des membres du Conseil de sécurité. Au cours de la réunion, un certain nombre de pays (les États-Unis en tête) ont pris parti pour Israël et ont également souligné la nécessité d’améliorer l’efficacité de la FINUL. D’autres pays ont qualifié la construction de tunnels de violation de la résolution 1701, mais ont affirmé qu’Israël l’avait constamment violée. La nécessité de poursuivre les activités de la FINUL a également été soulignée, ainsi que la nécessité d’une enquête approfondie sur les activités de la FINUL et de l’armée libanaise du côté Nord de la frontière.
  • Jean-Pierre Lacroix, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a informé le Conseil de sécurité des développements récents de l’opération Northern Shield, affirmant que l’ONU avait confirmé l’existence de quatre tunnels, ajoutant qu’au moins deux de ces tunnels traversaient la frontière et constituent une violation de la résolution 1701. La FINUL a demandé aux autorités libanaises de coopérer avec la Mission pour identifier et désactiver les tunnels franchissant la Ligne bleue depuis le Liban (Site Internet de l’ONU, 19 décembre 2018).
Hezbollah
  • Les médias libanais et le Hezbollah continuent à faire profil bas pour traiter des activités de Tsahal, à l’exception des rapports informatifs. Na’im Qassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah, lors d’un service commémoratif commémorant le troisième anniversaire de la mort de Samir Kuntar 4, a déclaré qu’Israël avait violé l’espace aérien du Liban 150 fois au cours du mois dernier. Il a demandé où étaient passés le Conseil de sécurité et les États-Unis et où était la justice dont tout le monde parlait. Il a dit qu’Israël pouvait faire ce qu’il voulait parce que les Etats-Unis et les autres puissances étaient de son côté, mais la « résistance » ne le permettrait pas. Il a ajouté que la seule solution contre Israël était la « résistance » [cf.; le terrorisme] (al-Nashra, 20 décembre 2018).

[1] Les statistiques ne comprennent pas les tirs de roquettes dans la bande de Gaza .
[2] Les principales attaques comprennent des fusillades, des attaques à l'arme blanche, des attaques à la voiture bélier et des poses d'engins piégés. Les tirs de pierres et de cocktails Molotov ne sont pas compris.

[3] Le protocole de Paris est un accord traitant des relations économiques entre Israël et l'Autorité Palestinienne. Il a été signé en mai 1994 et fait partie des accords d'Oslo. L’Autorité Palestinienne a récemment menacé de revenir sur cet accord.