Pleins feux sur le jihad mondial (30 mars – 5 avril 2017)*

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Véhicule des SDF en feu à l'Ouest de la zone d'Al-Karamah au Sud-Est d'Al-Raqqah, après avoir été frappé par un missile antichar de l'Etat islamique (Haqq, 1er avril 2017).

Véhicule des SDF en feu à l'Ouest de la zone d'Al-Karamah au Sud-Est d'Al-Raqqah, après avoir été frappé par un missile antichar de l'Etat islamique (Haqq, 1er avril 2017).

Le commandant de la force Qods Qassem Soleimani visite la région de Hama  (Al-Hadath News, 2 avril 2017)

Le commandant de la force Qods Qassem Soleimani visite la région de Hama (Al-Hadath News, 2 avril 2017)

En haut : Membres de l'Etat islamique luttant contre les forces de sécurité irakiennes dans l'Ouest de Mossoul (Haqq, 2 avril 2017). En bas : Deux attaques suicide contre les forces de sécurité irakiennes dans la partie Ouest de la ville (Aamaq, 30 mars 2017)

En haut : Membres de l'Etat islamique luttant contre les forces de sécurité irakiennes dans l'Ouest de Mossoul (Haqq, 2 avril 2017). En bas : Deux attaques suicide contre les forces de sécurité irakiennes dans la partie Ouest de la ville (Aamaq, 30 mars 2017)

Salameh Abu Adhan al-Tarabin al-Ansari, l'un des fondateurs de la Province du Sinaï de l'Etat islamique tué dans un bombardement (Haqq, 1er avril 2017)

Salameh Abu Adhan al-Tarabin al-Ansari, l'un des fondateurs de la Province du Sinaï de l'Etat islamique tué dans un bombardement (Haqq, 1er avril 2017)

Distribution de tracts au nom de la Province du Sinaï de l'Etat islamique menaçant les habitants de ne pas collaborer avec le gouvernement égyptien (Haqq, 1er avril 2017)

Distribution de tracts au nom de la Province du Sinaï de l'Etat islamique menaçant les habitants de ne pas collaborer avec le gouvernement égyptien (Haqq, 1er avril 2017)

Le membre de l'Etat islamique, Abu Faruq le Perse décrit la persécution des sunnites par la dynastie safavide, qui a adopté la chia au 16ème siècle.

Le membre de l'Etat islamique, Abu Faruq le Perse décrit la persécution des sunnites par la dynastie safavide, qui a adopté la chia au 16ème siècle.


Principaux incidents de la semaine

  • La pression sur l'Etat islamique en Irak et en Syrie est en augmentation :
  • Suite à la reprise du barrage de Tabqa et de l'aérodrome au Sud, les forces des FDS opérant avec le soutien américain avancent vers la ville de Tabqa, contrôlée par l'Etat islamique (environ 60 000 résidents). La ville a été presque complètement assiégée. Sa chute symboliserait la perte d'un autre territoire vital pour l'organisation, et l'intensification de la pression sur l'Etat islamique dans son fief d'Al-Raqqah.
  • Après plusieurs jours de combats, les forces syriennes ont repris la ville de Deir Hafer, située sur la route d'Al-Bab, du lac Assad et du barrage de l'Euphrate. À ce stade, il n'est pas encore clair si l'armée syrienne va essayer de profiter de son succès et de continuer à progresser vers l'Est, compte tenu de la pression exercée par les organisations rebelles sur le régime syrien dans les régions de Damas et Hama.
  • La lutte dans l'Ouest de Mossoul est toujours concentrée sur la vieille ville, sans changement significatif sur le terrain. L'Etat islamique mène un combat acharné et ses membres, qui sont qualifiés dans les combats dans les zones bâties, compliquent l'offensive des forces irakiennes. En tout cas, le discours politique irakien exprime l'optimisme. Le ministre irakien de l'Intérieur a déclaré que la libération de Mossoul serait accomplie d'ici quelques semaines.
  • Cette semaine, la Turquie a annoncé la conclusion de l'Opération Bouclier de l'Euphrate.Au cours de l'opération, la Turquie a réussi à créer une zone de sécurité dans la région à l'Ouest de l'Euphrate, qui était contrôlée par l'Etat islamique, et à créer une zone tampon entre la zone de contrôle kurde à l'Est de l'Euphrate etl'enclave kurde dans la région de l'Ouest (Ifrin). Lesuccès de la Turquie est éclipsé par son incapacité à reprendre la ville de Manbij et ses environs, quirestent une sorte d'enclave à prédominance kurde dans la zone de sécuritéturque

 

Les pays de la coalition

La Turquie annonce la conclusion de l'Opération Bouclier de l'Euphrate
  • Ala fin d'une réunion présidée par le Président turc, Tayyip Erdogan, leConseil de sécurité nationale turc a annoncé la conclusion de l'Opération Bouclier de l'Euphrate en Syrie du Nord (qui a commencé en Août 2016). Lesobjectifs de l'opération, conformément à l'annonce, étaient d'assurer lasécurité nationale de la Turquie, de garantir le retour dans leurs foyers des réfugiés syriens, et d'éliminer la menace de l'Etat islamique à la frontière turco-syrienne (Agence de presse Anatolia, 29 mars 2017).Le ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlua annoncé que malgré lesuccès de l'opération, les forces de l'armée turque ne prévoient pas de se retirer prochainement des territoires conquis. Il a affirmé qu'avantle retrait des troupes, les zones urbaines de la région devaient être remises en étatet les forces de sécurité locales devaient être formées et équipées (Anatolia, Hürriyet, 1er avril 2017). Le ministre turc de la Défense Fikri Işık a souligné que lesforces turques n'étaient pas sur le point de se retirer puisque les menaces contre la Turquie n'ont pascessé. Il a ajouté que la Turquie n'hésiterait pas à lancer une autre opération si ellese sentait menacée(Dimashq al-Aan, 31 mars 2017).
  • Du point de vue de la Turquie, l'Opération Bouclier de l'Euphrate s'est achevée avec succès.Les forces rebelles (l'Armée syrienne libre), soutenues par l'armée turque, ont reprisla plupart de la zone qui avait été sous le contrôle de l'Etat islamique à l'Ouest de l'Euphrate, créant une zone de sécurité d'influence turque. Une autre réalisation, du point de vue dela Turquie, est la création d'une zone tampon entre lazone de contrôle kurde à l'Est de l'Euphrate et l'enclave kurde dans larégion de l'Ouest(Ifrin). Toutefois, ces réalisations sontéclipséespar deux échecs : en raison de l'intervention de la coalition, la Turquie et sespartisans n'ont pas réussi à prendre le contrôle de la ville de Manbij et sesenvirons(qui restent une sorte d'enclave kurde dans lazone de sécurité turque à l'Ouest de l'Euphrate) ; et les forces des FDS, dominées par lesforces kurdes, avec le soutien des Etats-Unis, mènent la campagne de reprise d'Al-Raqqah,tandis que la Turquie reste (du moins pour le moment) hors-jeu. Ces deux questions devraient être soulevées dans les discussions entre la Turquie et les États-Unis.
Rencontre du secrétaire d'Etat américain avec des responsables du gouvernement turc

nLe lendemain de l'annonce concernant la conclusion de l'OpérationBouclier de l'Euphrate, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson s'est rendu en Turquie et a rencontré dehauts fonctionnaires du gouvernement. Lors des réunions, les deux parties ont discuté de la coordination dansla poursuite de la campagne contre l'Etat islamique en Iraket en Syrie. Lors d'une conférence de presseorganisée par Tillerson après sa rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, il a déclaré que lesdeux pays ont examiné un certain nombre d'options et de solutions de rechange afin de continuerla lutte contre l'Etat islamique et de reprendre Al-Raqqah. Cependant, Tillerson a admis que lesEtats-Unis sont confrontés à des choix difficiles au sujet de leurs partenaires dans la lutte contre l'Etat islamique(cbsnews.com, 30 mars 2017).

Principaux développements en Syrie

Avancée de l'armée syrienne vers la Vallée de l'Euphrate
  • Après plusieurs semaines de combats, le 29 mars 2017, les forces syriennes ont reprisla ville de Deir Hafer, sur la route menant d'Al-Bab au lac Assad et à laVallée de l'Euphrate. Elles ont également repris plusieurs villes et villages dans larégion de Deir Hafer. Les membres de l'Etat islamique ont commencé à se retirer de la zone (Al-Durar Al-Shamiya,24 mars 2017). Dans la campagne de reprise de Deir Hafer, des centaines demembres de l'organisation auraient été tués ou blessés, et des dizaines de véhicules blindésdétruits. Selon des rapports, la ville abritait des sièges de l'organisation, ainsi quedes ateliers et les hôpitaux militaires (All4Syria, 29 mars 2017). À ce stade, il estdifficile de savoir si et dans quelle mesure l'avancée syrienne va continuer vers l'Est en direction de la Vallée de l'Euphrate, compte tenu de la pression exercée sur lerégime syrien à Damas et Hama (voir ci-dessous).
La campagne de reprise d'Al-Raqqah
Encerclement de la ville d'Al-Tabqa
  • Suite à la reprise du barrage de Tabqa et de l'aérodrome au Sud, les FDS, avec le soutien des Etats-Unis, ont avancé vers la ville d'Al-Tabqa. La ville, quiest détenue par l'Etat islamique, possède 60 000 habitants. Le 31 mars 2017, les FDS et les forces spéciales américaines ont fait route vers Al-Tabqa à partir de l'aérodrome militaire au Sud de laville. En même temps, les forces ont aussi avancé vers le barrage de Tabqa au Nord-Est de laville. Le 3 avril 2017, elles ont atteint l'entrée orientale d'Al-Tabqa etl'ont entouré presque complètement. Les batailles sont toujours en cours dans la région (ARA News,3 avril 2017).
  • Des avions de la coalition internationale contre l'Etat islamique ont distribué des tractsappelant les habitants d'Al-Raqqah à évacuer et les membres de l'Etat islamique à se rendre.Selon plusieurs sources, un "passage sûr" a été ouvert pour les habitantsà travers le barrage de l'Euphrate pour leur permettre de fuir Al-Raqqah vers les zones détenues par lesFDS (Al-Hadath Al-Arabiya, 31 mars 2017). En même temps, des rapports font état du fait que l'Etat islamique évacue ses membres de la ville. Selon un site Internet affiliéaux opposants de l'Etat islamique, les membres de l'organisation auraient évacué leurs familles en profitant du flux de réfugiés en provenance de la ville. Le nombre de membres de l'organisation ayant quitté la ville est estimé à plusieurs centaines. Ils auraient ététransférés vers la ville d'Al-Mayadeen,dans la Vallée de l'Euphrate, au Sud-Est deDeir Ez-zor (Raqqa-sl.com, 3 avril 2017).
Remise en service de l'aérodrome militaire au Sud d'Al-Tabqa
  • Suite à la reprise de l'aérodrome militaire (26 mars 2017), des ingénieurs et deséquipes techniques américaines ont commencé le travail de remise en service de l'aérodrome.Selonun commandant des FDS, les forces de la coalition internationale devraient utiliser l'aérodromependant l'opération pour libérer la ville (Sputnik, 29 mars 2017). Des responsables kurdes ont fait observer qu'après la remise en service de l'aérodrome, il serait en mesure d'être utilisécomme base pour l'envoi de fournitures, d'armes et de forces dans la campagne pour lareprise d'Al-Raqqah (Voice of America, 2 avril 2017).
  • Les membres de l'Etat islamique continuent de mener la guérilla contre les forces de l'aérodrome, même après sa reprise. Le 31 mars 2017, l'Etat islamique a annoncé quetrente membres des FDS ont été tués et des véhicules militaires ont été détruits lors d'une attaquecontre les avant-postes des FDS près de l'aérodrome militaire d'Al-Tabqa (Haqq, 1er avril 2017).Les forces des FDS ont signalé avoir intercepté près de l'aérodrome un drone de l'Etat islamique équipéde bombes (Khotwa, 3 avril 2017).
 La région de Damas
  • Cette semaine encore, les combats se sont poursuivis dans les quartiers Est deDamas.L'élan des organisations rebelles se calme, et les forces syriennesont réussi à reprendre plusieurs sites occupés par les organisations rebelles audébut de l'attaque. Bien que l'armée syrienne a déclaré avoir reprisle contrôle du quartier de Jobar, les organisations rebelles aurait réussi àrepousser une attaque des forces du régime syrien dans le quartier de la zone industrielle (Réseau Al- Sham, 2017). Il a également été signalé que des avions de chasse syriens appuyés par desavions russes auraient effectué des frappes aériennes intenses contre des cibles dans lequartier de Jobar (Comités locaux de coordination, 3 avril 2017).Les combats dans les quartiers Est de Damas sont toujours en cours.
Région de Hama
  • Un compte Twitter a publié une photo du commandant de la force Qods iranienne QassemSoleimani visitant la région de Hama. Soleimani aurait rencontré le commandant destroupes syriennes dans la zone (Al-Hadath News, 2 avril 2017). Sa visite a étéapparemment organisée en raison de l'implication de l'Iran et du Hezbollah dans l'effort syrien visant à arrêter l'attaque des rebelles au Nord de Hama (à la fin Mars, les médias iraniens ont signalé la mort de deuxcommandants des IRGC au combat dans la région de Hama).
  • Dans la zone au Nord de Hama, l'élan de l'attaque des organisations rebellesa également diminué. Les forces syriennes auraient repris plusieurs villes et villages des mains des organisations rebelles. Selon l'observatoire syrien des  droits de l'homme, lesforces syriennes, soutenues par l'Iran et le Hezbollah, ont réussi à reprendre 75 % duterritoire occupé par les organisations rebelles au Nord de Hama (Al-Arabiya, 1er avril2017).

Principaux développements en Irak

La campagne de reprise de Mossoul
  • Les combats dans l'Ouest de Mossoul continuent, principalement dans la vieille ville, sanschangement significatif de la situation sur le terrain depuis la semaine dernière. L'armée irakienne continue àlutter dans les rues près de la mosquée d'Al-Nuri, qui est un site d'importance symbolique pourl'Etat islamique. Le ministre irakien de l'Intérieur a déclaré que Mossoul serait libérée de l'Etat islamique d'iciquelques semaines. Selon lui, l'organisation détient actuellement environ 25%-30% duterritoire de l'Ouest de Mossoul(Spoutnik, 1er avril 2017).
  • L'Etat islamique continue de recourir aux voitures piégées. Une vidéo diffusée le29 mars 2017 montre deux attaques suicide effectuées l'une après l'autre dansle quartier d'Al-Yarmouk à l'Ouest de Mossoul. Selon l'organisation, elles ont été réaliséespar deux de ses membres (Aamaq, 29 mars 2017). Une autre vidéo, diffusée par l'Etat islamique le 30 mars 2017, montre un autre attentat suicide dans la partie Ouest dela ville (Aamaq, 30 mars 2017).
Mort de responsables de l'Etat islamique
  • Cette semaine, il a été signalé que plusieurs membres de l'Etat islamique ont été tués :
  • Le commandant de l'armée de l'air irakiennea annoncé qu'Ayad Al-Jumaili,décrit comme le "ministre de la guerre" de l'Etat islamique et un des adjoints du chef de l'organisation, avaient ététués dans une frappe aérienne des forces irakiennes dans la zone d'Al-Qaim (près de la frontière entre l'Iraket la Syrie).
  • L'armée américainea signalé que le 25 mars 2017, Ibrahim al-Ansari, responsable du programme de propagande de l'Etat islamique, avait été tué dans la zone d'Al-Qaim.Quatre de ses adjoints ont été tués avec lui. Selon les responsables américains,Al-Ansari a joué un rôle majeur dans le recrutement de membres et la planification d'attaques terroristes contre les États-Unis et la Turquie (Départementde la Défense, 30 mars 2017).
  • Le commandant de la Police fédérale d'Iraka déclaré que ses forces avaient tuéle "ministre de la Santé" de l'Etat islamique Saad Abu Shoeib. Il a été abattu par les forces de police qui ont ciblé son véhicule près de l'hôpital de la vieille ville de Mossoul (Spoutnik, 29 mars 2017).

La péninsule du Sinaï

  • Début Avril 2017, les forces de sécurité égyptiennes ont mené uneopération de sécurité "généralisée" dans le quartier d'Al-Samran à Al-Arish dans l'objectif d'arrêter des individus recherchés et des terroristes (Al-Watan, 2 avril 2017). Selon nous, l'opération avait pour but de rétablir la sécurité et de renforcerl'autorité de l'Égypte à Al-Arish, qui a récemment été la cible principale de l'activité terroriste de la Province du Sinaï de l'Etat islamique.
  • Les forces de sécurité égyptiennes ont indiqué que 18 membres de l'Etat islamique ont été tués dans desfrappes aériennes. L'un des morts étaitSalameh al-Ansari, l'un des fondateurs de laProvince du Sinaï de l'Etat islamique, qui été chargé de la formation de membres et de leur équipementen armes (Page Facebook officielle des forces armées égyptiennes, 2 avril 2017). La Province du Sinaï a annoncé la mort de Salameh Abu Adhan al-Tarabin al-Ansari, haut responsable de l'organisation et de l'un de ses fondateurs, dans une frappe aérienne (Al-Araby Al-Jadeed, 1er avril 2017).
  • Les membres de la Province du Sinaï de l'Etat islamique ont arrêté un bus transportant des enseignantestravaillant à Rafah, leur ont ordonné de mettre le voile et les ont menacées (Sola, 28 mars 2017). La Province du Sinaï de l'Etat islamique a distribué des tracts menaçant les habitants de ne pas collaborer avec le gouvernement. Les membres de l'organisationont égalementtué plusieurs habitants accusés d'espionnage.

Autres pays

Les Philippines
  • Le31 mars 2017, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'explosion d'un engin piégécontre un véhicule de l'armée philippine, tuant 6 soldats et en blessant d'autres. L'attaque terroriste a eu lieu à Mamasapano, une région autonome musulmane deMindanao, dans le Sud des Philippines (Haqq, 1er avril 2017).
Activités de contre-terrorisme
Turquie
  • Au cours d'une opération, les forces de sécurité turques ont arrêté SafwanQahwati, citoyen syrien soupçonné d'être un membre de l'Etat islamique chargé de recruter descombattants étrangers en provenance de pays européens et de les former. Safemme a été arrêtée avec lui. Selon des rapports, le 15 mars 2017, les deuxsont entrés illégalement à partir de la Syrie dans la province de Hatay, dans le Sud de la Turquie. Ils se sont rendusà Istanbul afin d'atteindre l'Europe à partir de là. Les autorités turques ont découvert unlien entre Qahwati et deux membres influents de l'organisation : MohammadLaban, un citoyen danois qui a été arrêté à Téhéran le 10 février 2017 ; et uncitoyen suédois nommé Mohammad Tawfiq Saleh (Anatolie, 29 mars 2017).

Activités de propagande

Menaces de l'Etat islamique envers l'Iran
  • Le 27 mars 2017, la Province de Diyala de l'Etat islamique en Irak a publié une vidéo de 35 minutescontenant des menaces contre l'Iran. La vidéo, en perse avec sous-titres arabes, montreun membre de l'Etat islamique persanophone appelé Abu Faruq le Perse, qui note quela dynastie safavide, qui a adopté la Chia au 16ème siècle, a empiété surles territoires d'Irak, d'Azerbaïdjan et du Khorasan (aujourd'hui le Pakistan et l'Afghanistan) etcontraint un grand nombre de sunnites à devenir chiites. Un autre intervenant dans la vidéo,présenté comme Abu Mujahed le Baloutche, qui parle également farsi, note que l'Iran "infidèle" sert de centre pour concocter contre les musulmans sunnites dans le monde.Un autre locuteur appelle (en arabe) les sunnites d'Iran à lancer le jihadcontre le régime iranien(Haqq, 27 mars 2017).
  • Mohsen Rezaee, secrétaire du Conseil de discernement, a fait référence,dans sa page Instagram à la menace de l'Etat islamique envers l'Iran. Rezaee a menacé que si l'organisationeffectue toute démarche, même la plus insignifiante, ou des actes contre les intérêts iraniens, l'Iranpourrait riposter avec force. Il a souligné que la leçon que l'organisation en tirerait serait encore plus grande que la défaite de Mossoul et d'Alep (Far,2 avril 2017).
Résultats de l'étude d'un centre de recherche britannique : diminution de la portée des activités de propagande de l'Etat islamique et évolution de son contenu
  • Charlie Winter, chercheur au centre de recherche britannique ICSR,a réalisé une étude approfondie sur la propagande publiée dans les médias de l'Etat islamique. L'étude a couvert les publications de propagande en Février 2017(30 janvier – 28 février) en comparaison avec la période allant du 17 juillet au 15 août2015 (quand l'organisation était à son apogée). L'étude témoigne d'une récente diminution significative (environ 36%) du champ d'activité de propagande de l'Etat islamique et des changements dans le contenu de la propagande.
  • Ci-après quelques points saillants de l'étude :
  • La grande majorité du matériel de propagande de l'Etat islamique a été produite en Irak et en Syrie. La portée du matériel de propagande produit dans d'autresprovinces de l'organisation est limitée.
  • L'accent de la propagande a été mis sur les publications traitant de la lutte: l'Etat islamique acomplètement modifié le thème de sa propagande. Récemment,les principaux thèmes de propagande portent sur les combats(80%  en Février 2017), qui surpassent les descriptions de la vie dans le Califat,qui représentaient une part importante des publications de l'organisation dans le passé(53%).
  • Modification du contenu de la propagande au sujet de la campagne deMossoul : Pendant les premiers mois des combats à Mossoul, l'Etat islamique a publié des vidéosmontrant la vie quotidienne dans la ville, qui, comme l'organisation l'affirmait, n'était pasaffectée par les combats. Récemment, la diffusion de ces vidéosa diminué.En ce moment, l'Etat islamique diffuse principalement des vidéos qui mettent l'accent sur ladestruction de la ville et les souffrances de ses habitants.
  • Selon nous, ces changements dans la portée et le contenu de lapropagande de l'Etat islamique résultent de la forte pression à laquelle fait face l'organisation en Irak et en Syrie.La mort de hauts responsables du système de propagande de l'Etat islamique, la perte deterritoires vitaux, ainsi que la diminution des recettes de l'organisation, ont affecté ses capacités au niveau de la propagande. Lavision utopique de la vie idyllique dans le Califat islamique a été remplacée par unepropagande axée sur l'aspect militaire, en vue de décourager les ennemis de l'organisation et de relever le moral des membresdans les différentes zones de combat, d'abord et avant tout à Mossoul. Nous estimons que lesvidéos montrant les destructions et la souffrance des habitants ont pour but de renforcerle soutien de la population sunnite de l'organisation, d'instiller la haine parmi la population localecontre les Etats-Unis et la coalition internationale, et en même temps de faire naîtreune critique interne dans les pays de l'Occident avec l'espoir que cela aura une incidence sur les frappes aériennescontre l'organisation.

[*]En raison des fêtes de Pessah, le bulletin "Pleins feux sur le jihad mondial" n'apparaîtra pas la semaine prochaine. Nous souhaitons de bonnes fêtes à noslecteurs.