Pleins feux sur le jihad mondial (15-21 septembre 2016)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Camions du convoi d'aide le lendemain de l'attaque (Observatoire syrien des droits de l'homme, 20 septembre 2016)

Camions du convoi d'aide le lendemain de l'attaque (Observatoire syrien des droits de l'homme, 20 septembre 2016)

Zone industrielle d'Alep vue de l'une des positions de l'Etat islamique.

Zone industrielle d'Alep vue de l'une des positions de l'Etat islamique.

Position de combat de l'Etat islamique, constituée d'une mitrailleuse lourde, sur une colline surplombant la zone industrielle d'Alep - Shaykh Najjar (Haq, 16 septembre 2016)

Position de combat de l'Etat islamique, constituée d'une mitrailleuse lourde, sur une colline surplombant la zone industrielle d'Alep - Shaykh Najjar (Haq, 16 septembre 2016)

Revendication de responsabilité de l'Etat islamique de l'attaque à l'arme blanche dans le Minnesota (Haq, 18 septembre 2016)

Revendication de responsabilité de l'Etat islamique de l'attaque à l'arme blanche dans le Minnesota (Haq, 18 septembre 2016)


 Principaux événements de la semaine

  • L'accord américano-russe sur la cessation des hostilités s'est effondré, après avoir pataugé pendant une semaine. Pendant les sept jours qu'a duré le cessez-le-feu (12-19 septembre 2016), les hostilités ont persisté et les tentatives de transférer l'aide humanitaire dans les secteurs assiégés, notamment l'Est d'Alep, ont échoué. Le "Centre de mise en œuvre conjointe" (JIC), qui a été mentionné dans le communiqué Kerry-Lavrov, n'a pas vu le jour en raison de l'effondrement du cessez-le-feu, de l'absence de transfert d'aide humanitaire, des conflits et de la profonde suspicion mutuelle russo-américaine.
  • Par ailleurs, deux incidents graves ont réactivé les tensions entre la Russie et les États-Unis : l'attaque aérienne contre une force de l'armée syrienne à Deir ez-Zor, réalisée involontairement par des avions américains et de la coalition, et l'assaut aérien contre un convoi d'aide humanitaire du Croissant-Rouge et des Nations Unies en route vers Alep (La zone où le convoi a été attaqué est régulièrement visée par des avions russes et syriens. Les Etats-Unis ont accusé la Russie de l'assaut. Les Russes, de leur côté, ont nié toute participation de leur propre chef ou des Syriens).
  • Le 19 septembre 2016, l'armée syrienne a officiellement déclaré la fin de la trêve, qui devait durer sept jours selon l'accord américano-russe. L'armée syrienne a affirmé que les rebelles avaient violé la trêve à 300 reprises, en profitant pour se préparer en vue d'une activité militaire généralisée, en particulier à Alep, Hama, et Al-Quneitra (Al-Hadath, 19 septembre 2016).Les États-Unis, d'autre part, se déclarent prêt à étendre le cessez-le-feu malgré les violations et en dépit de la déclaration du régime syrien selon laquelle il a pris fin. Le Département d'Etat a affirmé que les États-Unis sont prêts à travailler avec la Russie afin de renforcer les termes de l'accord de cessez-le-feu et d'élargir les livraisons d'aide humanitaire (AP, 19 septembre 2016). 

 

L'accord américano-russe de cessation des violences en Syrie : Etat des lieux (exact au 21 septembre 2016 au matin)

Caractéristiques de la situation sur le terrain durant les sept jours du cessez-le-feu
  • La semaine dernière, au cours de laquelle l'arrangement pour la cessation des hostilités a été mis en œuvre, plusieurs dizaines de violations ont été signalées sur une base quotidienne. Les combats se sont poursuivis dans les différents points chauds à travers la Syrie, mais à une intensité réduite (les combats ont repris dans toute leur intensité après les sept jours de trêve). Le régime syrien, les organisations rebelles, les États-Unis et la Russie s'accusent des violations du cessez-le-feu. Toutefois, une analyse de la situation sur le terrain indique que toutes les parties ont commis des violations, y compris l'armée syrienne et les organisations rebelles. Ainsi, selon nous, il est impossible de pointer du doigt un côté ou l'autre, ni de créditer un côté de faire un véritable effort pour donner une chance à l'arrangement.
  • Les violations du cessez-le-feu ont été caractérisées par des échanges de tirs d'armes légères, des tirs d'artillerie et des attaques aériennes, sans tentatives de faire de nouvelles avancées territoriales (à l'exception de l'Armée syrienne libre, soutenue par l'armée turque dans la région au Nord d'Alep). Les affrontements se sont concentrés principalement àAlep et dans la zone rurale au Sud de la ville. Des avions russes et syriens ont également effectué des frappes aériennes dans la région d'Alep. D'autres foyers d'affrontements armés ont été signalés dans les régions de Damas, Hama, Daraa, et dans une moindre mesure à Lattaquié et Homs. Les combats ont également continué au Nord du plateau du Golan, près de la frontière avec Israël.
La livraison d'aide humanitaire à Alep (exact au 19 septembre)
  • L'entrée des convois d'aide humanitaire dans Alep était censée être l'une des principales caractéristiques de la cessation des hostilités. En pratique, elle n'a pas vu le jour, en raison des différences marquées entre le régime syrien et les organisations rebelles quant à la façon de mettre en œuvre l'arrangement, qui exigeait la démilitarisation de la Route de Castello, la route d'approvisionnement au Nord d'Alep. John Kerry, le secrétaire d'État américain a accusé le régime syrien (avant l'attaque contre le convoi d'aide humanitaire) d'empêcher le passage de l'aide et a appelé la Russie à faire pression sur le Président syrien Bachar al-Assad.
  • Le 19 septembre 2016, un convoi d'aide humanitaire du Croissant-Rouge et des Nations Unies a été attaqué par voie aérienne alors qu'il faisait route vers l'Est d'Alep. L'attaque a eu lieu à l'Est d'Alep, dans un endroit nommé Urum al-Kubra. Un entrepôt appartenant au Croissant-Rouge syrien a également été attaqué. La Croix-Rouge internationale a rapporté qu'une vingtaine de civils ont été tués et 31 camions ont été touchés. Les camions étaient destinés à l'Est d'Alep, où environ 250.000 civils sont à court de nourriture, de médicaments et d'eau (CNN, 20-21 septembre 2016).
  • La zone où le convoi a été attaqué est sous le contrôle des organisations rebelles et est régulièrement soumise à des attaques aériennes russes et syriennes. Selon nous, l'attaque a été réalisée par des avions russes ou syriens. L'attaque contre le convoi a conduit à des échanges d'accusations entre les États-Unis et la Syrie. La Maison Blanche a accusé la Russie en disant qu'elle était responsable, que ce soit des avions russes ou le régime syrien (bien que des responsables des Etats-Unis aient déclaré à CNN que les États-Unis avaient atteint la conclusion préliminaire que des avions de combat russes ont attaqué le convoi) (CNN, 21 septembre 2016). D'un autre côté,Igor Konashenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, a répondu "qu'aucune frappe aérienne n'a été effectuée contre un convoi d'aide humanitaire dans la banlieue Sud-Ouest d'Alep par l'aviation russe ou syrienne" et a ajouté l'itinéraire du convoi n'était connu que des groupes armés contrôlant la région (Spoutnik, 20 septembre 2016).
Accusations russo-américaines autour de la frappe de Deir ez-Zor
  • Le 17 septembre 2016, l'aviation américaine a accidentellement frappé un site de l'armée syrienne près de l'aéroport militaire de Deir ez-Zor. Le raid aérien visait l'Etat islamique mais a frappé une force armée syrienne, entraînant la mort de dizaines de soldats de l'armée syrienne (voir ci-dessous). Le commandement central des États-Unis a déclaré qu'il n'avait pas l'intention de frapper les forces syriennes et a souligné que la question faisait l'objet d'une enquête. Les États-Unis ont exprimé leurs regrets au gouvernement syrien et à la Russie pour la perte accidentelle des soldats syriens, qualifiée d'involontaire (New York Times, 17 septembre 2016).
  • La frappe aérienne de Deir ez-Zor a provoqué de vives tensions diplomatiques entre les États-Unis et la Russie, les deux parties échangeant des allégations sur le responsable du viol du cessez-le-feu. Ci-après les principales déclarations russes :
  • Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, dans une interview à la télévision russe, a exigé des explications complètes et détaillées sur la frappe américaine contre l'armée syrienne. Elle a affirmé que cette action prouve que les États-Unis protègent l'Etat islamique. Zakharova a ajouté que, si tel était le cas, cela expliquerait pourquoi les États-Unis ne voulaient pas révéler l'arrangement avec la Russie sur la cessation des hostilités (Télévision russe, chaîne 24, 18 septembre 2016).
  • Après une session d'urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies le 17 septembre 2016, convoquée par la Russie, au cours de laquelle la frappe aérienne de Deir ez-Zor a été l'objet des débats,Vitaly Churkin, l'ambassadeur russe à l'ONU, a déclaré qu'il semble que les États-Unis perdent le contrôle de la situation en Syrie. Il a dit que le choix américain de frapper l'Etat islamique à ce moment précis (cinq jours après le début du cessez-le-feu), empêche les Russes de croire que la frappe des États-Unis visait l'Etat islamique (Spoutnik, 18 septembre 2016).
  • Samantha Power, l'Ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies, a déclaré en réponse aux accusations portées contre les États-Unis au sujet de l'attaque des forces syriennes : "Imaginez combien de fois ce Conseil se réunirait si nous devions nous rassembler chaque fois que le régime syrien ou la Russie frappe un hôpital." Selon ses termes, la Russie doit arrêter de traiter des questions non pertinentes et se concentrer sur des questions importantes, et réalisables (Wall Street Journal, Reuters, 19 septembre 2016).
  • John Kerry, secrétaire d'État américain, a déclaré dans une interview télévisée que "les Russes devraient être plus sérieux" pour inciter le régime Assad à respecter les termes du cessez-le-feu. Selon lui, le cessez-le-feu est fragile et des frappes contre les groupes d'opposition ont été signalées à Alep. Il a ajouté que la Russie est hypocrite au sujet de la frappe, après qu'elle a bombardé des écoles, des civils et des hôpitaux en Syrie. Cela étant dit, Kerry a ajouté qu'il reste optimiste et a appelé à une poursuite des travaux nécessaires pour faire fonctionner le processus (BBC, 19 septembre 2016).

Principaux développements en Syrie

La région d'Alep
  • Des violations de la trêve convenue entre les Etats-Unis et la Russie ont notamment été signalées au Centre de la ville d'Alep et dans sa région rurale. Les échanges de tirs dans ces régions ont eu lieu entre les organisations rebelles et les forces syriennes. Des frappes aériennes américaines et russes ont également été signalées (y compris dans plusieurs banlieues de l'Est d'Alep).
  • L'Etat islamique prend part aux combats dans et autour d'Alep quoiqu'il ne soit pas l'une des forces dominantes dans la région. Le 19 septembre 2016, l'Etat islamique a publié des photos montrant la routine quotidienne de ses membres, qui sont positionnés en face de la "zone industrielle" (Nord-Est de la ville). Les membres de l'Etat islamique y sont vus observant les forces du gouvernement syrien, creusant des tranchées, s'entraînant au maniement des armes, à la prière et la lecture du Coran (Haq, 16 septembre 2016). Certaines des usines dans la "zone industrielle" ont repris leur activité après la conquête des forces du gouvernement syrien.
La région au Nord d'Alep
  • Après avoir perdu la plupart de ses bastions urbains dans la région Ouest de l'Euphrate, l'Etat islamique conserve son contrôle des localités d'al-Bab et de Dabiq, au Nord-Ouest d'al-Bab, ainsi que de la zone rurale autour de la ville d'al-Rai. La semaine dernière, ces zones ont été la cible d'une campagne militaire de l'armée turque et des organisations rebelles qui lui sont affiliées, en dépit du cessez-le-feu.
  • Le 17 septembre 2016, l'Armée syrienne libre, assistée par l'artillerie et l'armée de l'air de l'armée turque, a lancé une campagne pour capturer la ville d'al-Bab. L'Armée syrienne libre a pris le contrôle de plusieurs villages à l'Ouest d'Al-Rai. D'al-Rai, la force a fait route vers le Sud et serait maintenant à 10 km de la ville d'al-Bab (Cumhuriet.com.tr, 20 septembre 2016). Cette opération est qualifiée par les Turcs detroisième étape de l'opération Bouclier de l'Euphrate. Les médias turcs ont rapporté que cette initiative a été précédée par une coordination militaire entre les ministres de la Défense et les chefs d'état-major des deux armées, américaine et turque.
La région de Deir ez-Zor
  • Le 17 Septembre 2016,des appareils de la coalition internationale ont attaqué par erreur des forces syriennes. Les rapports indiquent que la force qui a été attaquée appartenait à un bataillon d'artillerie de l'armée syrienne, qui était déployé près de la base aérienne militaire de Deir ez-Zor. Des dizaines de soldats syriens ont été tués dans l'attaque (entre soixante et quatre-vingt-dix morts).
  • A Jabal Turdah, un terrain près duquel la force syrienne a été involontairement agressée, des batailles ont opposé des membres de l'Etat islamique à l'armée syrienne et ses milices alliées. Les rapports ont indiqué que suite à l'assaut aérien, des membres de l'Etat islamique ont pris le contrôle de positions de l'armée syrienne à Jabal Turdah, qui ont plus tard été reprises par l'armée syrienne (Elnashra, Almayadeen, 17 septembre 2016). Des avions de combat russes ont bombardé des positions syriennes précédemment prises à Jabal Turdah dans un effort de les aider à retrouver le contrôle.
Le Nord du Golan
  • Des échanges de tirs entre les organisations rebelles et les forces syriennes ont continué dans le Nord du Golan, même pendant la cessation des hostilités déclarée par les Etats-Unis et la Russie. Le Front Fateh al-Sham (la branche d'Al-Qaïda en Syrie) figure parmi les organisations rebelles qui prennent une part importante dans la campagne. Les organisations rebelles affirment que dans le cadre de la campagne du Sud de Qadsiya, leurs forces ont avancé vers la ville de Beit Jinn (Est de Hader). Ils ont assuré les résidents de la ville druze de Hader qu'ils ne seraient pas lésés s'ils s'abstenaient de soutenir les forces du régime syrien (Asharq al-Awsat, 16 septembre 2016).
Poursuite des éliminations de responsables de l'Etat islamique
  • Le ministère américain de la Défense a notifié le 16 septembre 2016 que le membre de l'Etat islamique Wael Adel Hassan Salman Al-Fayad, alias Abu Mohammad Furqan, présenté comme le "ministre de l'Information" de l'organisation, a été tué dans un raid aérien. Fayad a été tué le 7 septembre 2016 dans un raid aérien de la coalition contre son domicile à Raqqa, le bastion de l'Etat islamique en Syrie (ABC News, The Telegraph, 16 septembre 2016). Sa mort est un nouveau coup porté à l'Etat islamique et son infrastructure de propagande, après la mort de son porte-parole (et le "numéro 2" de l'organisation), Abu Mohammad al-Adnani.

Principaux développements en Irak

Poursuite des actes de terrorisme et de guérilla de l'Etat islamique
  • La semaine a été relativement calme dans la capitale Bagdad et a été marquée par la détonation d'un engin explosif improvisé dans le Sud de la ville contre une patrouille de l'armée irakienne, la mort d'un terroriste suicide équipé d'une ceinture d'explosifs au Sud-Ouest de la ville avant qu'il ne se fasse sauter et la découverte d'une cachette d'armes et d'explosifs au Nord de la ville (Alsumaria, 18 septembre 2016).
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité d'autres attaques à travers l'Irak. Ci-après un aperçu de quelques-uns des rapports de l'organisation :
  • Le 18 septembre 2016,l'Etat islamique a publié des photos d'une attaque effectuée par ses membres contre un camp de l'armée irakienne au Sud d'Al-Shirqat (Sud d'al-Qayyarah). Trois soldats irakiens ont été tués dans l'attaque. 
  • Le 18 septembre 2016,l'Etat islamique a rapporté la mort de six soldats de l'armée irakienne dans une embuscade au Nord de Rutba.
  • Le 18 septembre 2016, un membre de l'Etat islamique s'est fait exploser avec une ceinture piégée à un poste peshmerga au Sud d'Irbil.
  • Le 17 septembre 2016, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de la mort d'un Peshmerga par des tirs isolés au Nord-ouest de Mossoul.
  • Le 16 septembre 2016,l'Etat islamique a attaqué une force de l'armée irakienne dans la région d'Al-Shirqat. L'assaut comprenait un attentat suicide et des tirs d'armes légères.
  • Le 16 septembre 2016,des membres de l'Etat islamique ont attaqué des soldats de l'armée irakienne au Sud d'al-Qayyarah, récemment libérée de la présence de l'organisation.
  • Le 14 septembre 2016, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité d'une attaque à la voiture piégée contre les milices chiites au Nord de Bakouba.

Le jihad mondial dans d'autres pays

Libye
  • Après environ deux semaines de calme relatif, les combats ont repris le 18 septembre 2016 à Syrte, et sont actuellement concentrés dans deux quartiers dans lesquels des membres de l'Etat islamique se sont barricadés (le "Quartier 3" et le  "Quartier de la marine"). Les forces du gouvernement de consensus national ont pris le contrôle de forteresses et d'installations de l'Etat islamique, y compris d'un atelier de fabrication de voitures piégées.
Etats-Unis
  • Le 17 septembre 2016, neuf personnes ont été blessées dans une attaque à l'arme blanche dans un centre commercial à Minneapolis, Minnesota. L'assaillant, qui portait un uniforme de sécurité, a été tué par un officier de police qui n'était pas en service, qui a ouvert le feu sur lui. Neuf personnes ont été blessées dans l'attaque. L'assaillant était Dahir A'dan, 22 ans, étudiant d'origine somalienne, qui travaillait comme garde de sécurité privé (Reuters, 19 septembre 2016).
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque dans le Minnesota. Dans son message, l'organisation a utilisé la rhétorique des "attaques inspirées par l'Etat islamique". Le message dit que "le responsable de l'attaque dans le Minnesota est un soldat de l'Etat islamique, qui a répondu aux appels à cibler des citoyens des pays membres de la coalition des croisés" (Haq, 18 septembre 2016).
Kenya
  • Le 13 septembre 2016, trois femmes sont entrées dans un poste de police à Mombasa, Kenya, afin de "signaler un vol". Une fois à l'intérieur, elles ont crié "Allahu Akbar", ont poignardé deux policiers et ont lancé une bombe incendiaire. Les trois ont été tuées par des policiers. La police a déclaré qu'une lettre d'allégeance à l'Etat islamique a été retrouvée dans la maison où logeaient les trois femmes. Selon la police, deux des femmes étaient des kenyanes. L'une était vêtue d'une ceinture piégée, qui n'a pas réussi à se déclencher.
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Dans son message, l'organisation a indiqué que l'attaque a été menée par des femmes partisanes de l'organisation, "qui ont entendu les appels à cibler les pays croisés" (Aamaq, 13 septembre 2016).Il s'agit de la première attaque sur le sol kenyan, revendiquée par l'organisation. Selon la police locale, une tentative d'attaque de partisans de l'Etat islamique a été contrecarrée au Kenya en Mai 2016. Les services de renseignement kenyans estiment qu'une centaine de femmes et d'hommes ont rejoint l'Etat islamique en Libye et en Syrie. En même temps, les experts affirment qu'il n'y a pas présence organisée de l'organisation au Kenya (Reuters, Gulf News Kenya, 15 septembre 2016).
Allemagne
  • Dans le cadre de l'activité anti-terrorisme dans les foyers de réfugiés syriens dans l'état du Nord du Schleswig-Holstein, trois Syriens âgés de 17-26 ans ont été arrêtés. Selon des sources policières, les trois sont arrivés en Allemagne à la mi-Novembre 2015 dans l'intention de réaliser une mission ordonnée par l'Etat islamique. Ils devaient mettre en place des "cellules dormantes" et se préparer à recevoir de futures instructions. Les trois hommes étaient sous surveillance policière depuis plusieurs mois.
  • L'un des trois (17 ans) a rejoint l'Etat islamique à Raqqa en Septembre 2015 et a été formé au maniement des armes et des explosifs. En Octobre 2015, il a été mis en contact avec deux autres suspects musulmans, qui avaient été en contact avec un membre de l'Etat islamique responsable des opérations et des attaques à l'étranger. Les trois sont arrivés en Allemagne via la Turquie et la Grèce à la mi-Novembre 2015. Ils avaient reçu un passeport et une importante somme en dollars, ainsi que des téléphones portables des applications de communication spéciales (The Star, 13 septembre 2016).
  • Selon le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, les trois sont arrivés via le même réseau et avec les mêmes documents que ceux utilisés par deux des terroristes qui ont effectué les attentats de Paris en Novembre 2015. L'arrestation des trois soulève à nouveau la question de l'utilisation par l'Etat islamique du flux des réfugiés arrivant dans les pays européens, de l'envoi d'agents pour mettre en place des cellules de l'organisme et mener des attaques (comme les attentats de Paris et Bruxelles). La police allemande a déclaré avoir reçu plus de 400 informations sur des réfugiés qui sont arrivés avec un historique terroriste et environ 60 enquêtes ont été ouvertes à ce sujet.