Pleins feux sur le jihad mondial (28 juillet – 3 août 2016)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Le leader du Front Al-Nusra Abu Mohammad al Julani flanqué de deux membres de l'organisation dans une interview à Al-Jazeera dans laquelle il annonce que l'organisation a été rebaptisée le Front Fateh al-Sham (Télévision Al-Jazeera, 28 juillet 2016). Le logo de l'organisation apparaît en haut, avec le nom du Front Fateh al-Sham. Dans cette interview à Al-Jazeera, Al-Julani apparaît pour la première fois démasqué.

Le leader du Front Al-Nusra Abu Mohammad al Julani flanqué de deux membres de l'organisation dans une interview à Al-Jazeera dans laquelle il annonce que l'organisation a été rebaptisée le Front Fateh al-Sham (Télévision Al-Jazeera, 28 juillet 2016). Le logo de l'organisation apparaît en haut, avec le nom du Front Fateh al-Sham. Dans cette interview à Al-Jazeera, Al-Julani apparaît pour la première fois démasqué.

Char de Jaysh al-Fatah, un cadre général dans lequel le Front Al-Nusra joue un rôle majeur, lors de l'offensive dans le Sud-Ouest d'Alep

Char de Jaysh al-Fatah, un cadre général dans lequel le Front Al-Nusra joue un rôle majeur, lors de l'offensive dans le Sud-Ouest d'Alep

Un des commandants de Jaysh al-Fatah à proximité d'un camion appartenant à une batterie d'artillerie lourde (Youtube, 31 juillet 2016)

Un des commandants de Jaysh al-Fatah à proximité d'un camion appartenant à une batterie d'artillerie lourde (Youtube, 31 juillet 2016)

Destructions causées à Qamishli par un camion piégé activé par un terroriste suicide de l'Etat islamique (SANA, 27 juillet 2016)

Destructions causées à Qamishli par un camion piégé activé par un terroriste suicide de l'Etat islamique (SANA, 27 juillet 2016)

Le terroriste suicide Abu Mus'ab al-Iraqi, qui a fait exploser une ceinture piégée à un point de contrôle de la police irakienne dans le quartier d'Al-Shaala au Nord-Ouest de Bagdad (Haqq, 28 juillet 2016)

Le terroriste suicide Abu Mus'ab al-Iraqi, qui a fait exploser une ceinture piégée à un point de contrôle de la police irakienne dans le quartier d'Al-Shaala au Nord-Ouest de Bagdad (Haqq, 28 juillet 2016)

Cachette de munitions découverte dans le quartier Al-Dular dans le centre de Syrte.

Cachette de munitions découverte dans le quartier Al-Dular dans le centre de Syrte.

Atelier de fabrication de mines et d'engins explosifs improvisés dans le quartier d'Al-Sawawa dans l'Est de Syrte (Page Facebook du centre d'information de la campagne sur Syrte, 30 juillet 2016)

Atelier de fabrication de mines et d'engins explosifs improvisés dans le quartier d'Al-Sawawa dans l'Est de Syrte (Page Facebook du centre d'information de la campagne sur Syrte, 30 juillet 2016)

Explosion de l'engin piégé attaché à la voiture du policer (Haqq, 31 juillet 2016)

Explosion de l'engin piégé attaché à la voiture du policer (Haqq, 31 juillet 2016)

Abdel Malik Petitjean dans une vidéo filmée avant l'attaque, appelant les musulmans à attaquer des cibles en France et dans les pays de la coalition (Aamaq, 28 juillet 2016).

Abdel Malik Petitjean dans une vidéo filmée avant l'attaque, appelant les musulmans à attaquer des cibles en France et dans les pays de la coalition (Aamaq, 28 juillet 2016).

Abu Omar [à droite] et Abu Jalil al-Hanafi [gauche] prêtant allégeance au chef de l'Etat islamique (Blog de l'Etat islamique qui a depuis été retiré, 28 juillet 2016 ; Al-Arabiya en anglais, 27 juillet 2016)

Abu Omar [à droite] et Abu Jalil al-Hanafi [gauche] prêtant allégeance au chef de l'Etat islamique (Blog de l'Etat islamique qui a depuis été retiré, 28 juillet 2016 ; Al-Arabiya en anglais, 27 juillet 2016)

Membre de l'Etat islamique appelant à une

Membre de l'Etat islamique appelant à une "opération de jihad" en Russie et menaçant le Président Poutine (Youtube, 31 juillet 2016)


Principaux événements de la semaine

  • La semaine a été marquée par la campagne de la ville d'Alep, qui est entourée par l'armée syrienne et ses alliés. Les organisations rebelles ont annoncé une campagne dont l'objectif est de lever le siège de la ville. Selon le chef de la direction des opérations de l'état-major de l'armée russe, l'armée syrienne, avec le soutien aérien de la Russie a repoussé une attaque massive dirigée par le Front Fateh al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra) au Nord d'Alep. Les combats au Nord d'Alep et dans les zones rurales du Sud continuent.
  • Le 28 juillet 2016, Abu Muhammad al-Julani, leader du Front Al-Nusra (la branche d'Al-Qaïda en Syrie), a annoncé la mise en place d'un nouveau cadre appelé le Front Fateh al-Sham. Le but de ce changement de nom est de brouiller l'identification du Front Al-Nusra avec Al-Qaïda, facilitant ainsi sa coopération avec d'autres organisations rebelles et compliquant la coopération contre le groupe entre la Russie et les Etats-Unis (sur la base d'un accord en cours d'élaboration entre les deux pays). Selon nous, les liens entre le nouveau groupe et Al-Qaïda devraient se poursuivre. La direction d'Al-Qaïda a publié une déclaration de soutien à l'action d'Al-Julani. Les premières réponses des États-Unis et de la Russie indiquent clairement qu'ils ne sont pas influencés par la nouvelle image qu'Al-Julani cherche à donner à son organisation et ne croient pas qu'il a vraiment rompu avec Al-Qaïda.
  • L'Etat islamique a continué à mener des actes de terrorisme et de guérilla en Syrie et en Irak : dans la ville kurde de Qamishli, dans l'Est de la Syrie, un terroriste suicide a fait exploser un camion piégé (14 morts). Plusieurs attentats suicide ont été effectués dans la ville de Bagdad et dans la province sunnite d'Al-Anbar. Dans le champ de pétrole de Bai Hassan, au Nord-Ouest de Kirkuk, deux attaques terroristes de l'Etat islamique incluant des terroristes suicide ont été déjouées. 

 

La conduite du Front al-Nusra

Abu Mohammad al-Julani annonce la modification du nom du Front al-Nusra et la mise en place d'un nouveau cadre
  • Abu Mohammad al-Julani, le chef du Front al-Nusra (la branche d'Al-Qaïda en Syrie), a annoncé le changement du nom de l'organisation et la mise en place d'un nouveau cadre. Le nouveau cadre sera appelé le Front Fateh al-Sham [1] et devrait se battre aux côtés d'autres organisations rebelles contre le régime d'Assad et les forces qui le soutiennent. Dans l'annonce, Al-Julani a clairement indiqué que la mesure avait été prise "sous la direction et sur les instructions du leadership béni [les dirigeants d'Al-Qaïda], et dans un engagement de servir les habitants d'Al-Sham et leur jihad" (Al-Jazeera, 28 juillet 2016).
  • Dans son annonce, Al-Julani énonce deux raisons fondamentales au changement du nom du Front Al-Nusra et à l'établissement d'un nouveau cadre : le désir de ne pas donner à la communauté internationale dirigée par les Etats-Unis et la Russie un prétexte pour attaquer les organisations rebelles en Syrie au motif que les attaques sont dirigées contre le Front Al-Nusra, qui est subordonné à Al-Qaïda (le Front Al-Nusra est la branche d'Al-Qaïda en Syrie). La deuxième raison est le désir de promouvoir l'unité parmi les organisations rebelles en Syrie ("les factions guerrières du jihad") et de créer un corps unifié qui libérera le sol syrien du joug du régime syrien et de ses alliés. Al-Julani ne précise pas explicitement qu'il a rompu avec Al-Qaïda, mais affirme que le nouveau cadre n'est affilié à aucune entité étrangère (cf., n'est pas affilié à Al-Qaïda).
  • Après l'annonce d'Al-Julani, le Front Fateh al-Sham a publié une annonce en anglais. L'annonce souligne que le Front Al-Nusra n'a jamais prôné une politique de ségrégation [contrairement à l'Etat islamique], mais a toujours combattu aux côtés d'autres organisations [rebelles] et a intensifié sa coopération avec elles dans toutes les zones de combat. Selon l'annonce, l'union des forces entre les diverses organisations est une priorité absolue (Compte Twitter affilié au Front Fateh al-Sham, 29 juillet 2016). Le 31 juillet 2016, le Front Fateh al-Sham a publié sa charte, qui met l'accent sur la vision du monde salafiste jihadiste et son désir de mettre en œuvre la charia (droit musulman). L'annonce souligne son opposition à la division (référence subtile à l'Etat islamique) et le désir d'unité parmi les musulmans, notamment parmi les combattants du jihad, en vertu des éléments bons, sains et stables de la charia" (Compte Twitter du Front Fateh al-Sham, 31 juillet 2016).
  • Le dirigeant d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et son adjoint Ahmed Hassan Abu Khayr ont publié une cassette audio, apparemment peu de temps avant l'annonce d'Al-Julani sur Al-Jazeera, donnant leur feu vert à l'initiative du Front Al-Nusra. Selon Al-Zawahiri, Al-Qaïda est prêt à sacrifier ses liens organisationnels avec le Front Al-Nusra pour le bien de l'unité des organisations dans la lutte contre le régime syrien et ses alliés : "La fraternité entre nous au sujet de l'islam est plus forte que tout changement de liens organisationnels éphémères. Votre unité et votre association [à savoir, le Front Al-Nusra et ses alliés] dépassent l'appartenance à une organisation [Al-Qaïda] et les connexions du parti. Nous sacrifions les liens organisationnels et le parti si cela va à l'encontre de votre unité et de votre association […]" (Youtube, 28 juillet 2016).
  • La modification du nom du Front Al-Nusra et la tentative de brouiller ses liens avec Al-Qaïda ont été bien accueillies par les dirigeants d'Al-Qaïda et, selon nous, ont été réalisées avec son approbation. Cette mesure correspond à la ligne de conduite du Front Al-Nusra, qui a adopté une politique pragmatique de coopération avec d'autres organisations rebelles (par opposition à la ligne séparatiste rigide et intransigeante de l'Etat islamique). Le timing de la mesure est probablement lié aux rapports sur l'accord à venir entre les Etats-Unis et la Russie au sujet des combats conjoints contre l'Etat islamique et le Front Al-Nusra, et au désir de "détourner le feu" du Front Al-Nusra en brouillant son image terroriste. De plus, Al-Julani semble croire que le fait de flouer l'image terroriste aidera le nouveau cadre à élargir sa coopération avec les organisations rebelles, renforçant ainsi les capacités de son organisation et de ses alliés dans la campagne contre l'armée syrienne.
Premières réactions
  • Sur la base des premières réactions des différents centres de pouvoir opérant en Syrie, il est clair qu'ils n'ont pas acheté la nouvelle image que le Front Al-Nusra cherche à afficher et ne croient pas qu'il a vraiment rompu avec Al-Qaïda :
  • Le porte-parole du Département d'État américain John Kirbya déclaré que la nouvelle organisation ne diffère pas de la précédente : "Nous ne voyons certainement aucune raison de penser que leurs actions ou leurs objectifs sont différents, et ils sont encore considérés comme une organisation terroriste étrangère" (Département d'Etat américain, 28 juillet 2016).
  • Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, les tentatives du Front al-Nusra de changer son image en changeant son nom sont inutiles. En effet, selon le communiqué, l'organisation a été et reste une organisation terroriste illégale et la guerre contre elle continuera (Agence de presse TASS, 29 juillet 2016).
  • Selon Bahram Qassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, le changement du nom du Front Al-Nusra est un "jeu de mots" et les activités terroristes de l'organisation vont continuer (Fars, 28 juillet 2016).

La campagne internationale contre l'Etat islamique

  • Au cours de la semaine, la coalition américaine a poursuivi ses frappes aériennes intensives contre des cibles de l'Etat islamique en Syrie et en Irak. En Syrie, la plupart des frappes aériennes ont été concentrées dans et autour de la ville de Manbij, où les Forces démocratiques syriennes (FDS) se battent contre l'Etat islamique. Des bombardements ont également été menés dans les régions d'Al-Raqqah et de Deir al-Zor. En Irak, les frappes aériennes ont été concentrées dans les zones d'Erbil, Mossoul, Ramadi et Sinjar (Site Internet du Département américain de la Défense).
  • Dans un discours, Ashton Carter, le secrétaire américain à la Défense, a déclaré que la coalition internationale contre l'Etat islamique cherchait des occasions d'accroître ses activités et de faire pression sur l'organisation depuis le Sud de la Syrie. Selon lui, le fait d'agir depuis cette région créera une division des sphères d'activités de l'Etat islamique en Syrie et en Irak et mènera à l'amélioration de la sécurité de la Jordanie (Hurriyet, 27 juillet 2016).

Participation de la Russie dans les combats

  • Un hélicoptère M18 russequi rentrait à la base de Hmeymim a été abattu entre Alep et Idlib (Nord-Ouest de la Syrie). Selon le ministère russe de la Défense, trois membres d'équipage et deux officiers du centre de coordination russe ont été tués dans l'accident (RT, 1er août 2016). Selon Sergei Rudskoy, chef de la direction des opérations de l'état-major, l'appareil était un hélicoptère de transport militaire effectuant une mission humanitaire de fourniture de nourriture et de produits médicaux à Alep. Selon lui, l'hélicoptère a été abattu dans une zone où le Front Fateh al-Sham et d'autres organisations rebelles opèrent (Agence de presse TASS, 1er août 2016).

Principaux développements en Syrie

La campagne d'Alep
  • Le 27 juillet 2016, l'armée syrienne a publié une annonce officielle indiquant que les forces syriennes avaient achevé leur encerclement de la ville d'Alep après avoir repris le quartier de Bani Zeid, au Nord de la ville (Dimashq al-Aan, 27 juillet 2016). Le 31 juillet 2016, les organisations rebelles ont annoncé le début d'une campagne appelée le Raid Alep, qui vise à lever le siège imposé par les forces du régime syrien sur les quartiers de la ville qui sont détenus par les rebelles (référence aux quartiers à l'Est d'Alep). Le porte-parole de l'une des organisations (Ahrar al-Sham) a annoncé que la levée de le siège de la ville d'Alep était imminente (Al-Nashra, 2 août 2016). En même temps, les organisations rebelles ont continué à attaquer les forces syriennes et leurs alliés dans la région rurale du Sud d'Alep.
  • Selon Sergueï Rudskoy, chef de la direction des opérations de l'état-major de l'armée russe,l'armée syrienne avec le soutien aérien de la Russie a repoussé une attaque massive dirigée par le Front Fateh al-Sham visant à lever le siège d'Alep. Selon lui, l'attaque a été menée par quelque 5000 membres dirigés par le Front Fateh al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra) et d'autres organisations rebelles dans le Nord d'Alep. Il a ajouté que plus de 800 combattants ont été tués dans les combats et environ 14 chars et 10 véhicules blindés ont été détruits. La campagne est toujours en cours (bussinessinsider.com, 2 août 2016).
La campagne de la ville de Manbij
  • Dans la ville de Manbij, les combats entre l'Etat islamique et les FDS en cours depuis près de trois mois se poursuivent. Les FDS rencontrent apparemment une forte opposition de la part de l'Etat islamique. Bien que les FDS aient réussi à prendre une partie de la ville, elles éprouvent des difficultés à éliminer les membres de l'Etat islamique de leurs avant-postes. Selon l'observatoire syrien des droits de l'homme, les FDS ont pris le contrôle d'environ 40% de Manbij. Reuters a rapporté que les troupes des FDS avaient obligé l'Etat islamique à se retirer d'environ 70% de la ville (Al-Jadeed, 31 juillet 2016).
Autres incidents
  • Les combats ont continué dans d'autres régions en Syrie, bien qu'à une moindre  intensité. Ci-après les principaux exemples :
  • La ville de Qamishli: 44 personnes ont été tuées et 140 autres ont été blessées par un camion piégé actionné par un terroriste suicide dans la partie Ouest de la ville kurde de Qamishli. L'explosion a formé un cratère dans le sol, détruisant plusieurs appartements et causant d'importants dommages aux infrastructures dans la zone (SANA, 27 juillet 2016). Selon l'Etat islamique, un terroriste suicide a fait exploser un camion piégé contre le quartier général des forces kurdes à Qamishli (Haqq, 27 juillet 2016).
  • Sud de la Syrie: A l'Ouest de la ville de Daraa, des affrontements ont opposé des membres de l'armée de Khalid bin Walid proche de l'Etat islamique et les organisations rebelles. Le Front Fateh al-Sham a publié un communiqué annonçant que l'organisation réalise des attaques afin de lever le siège de ses membres assiégés dans le bassin du Yarmouk (ARA News, 1er août 2016).

Principaux développements en Irak

L'Etat islamique poursuit ses actes de terrorisme et de guérilla
  • L'Etat islamique poursuit ses actes de terrorisme et de guérilla contre les chiites, les forces de sécurité irakiennes, et le gouvernement irakien. Cette semaine, plusieurs attaques terroristes ont visé Bagdad et la province d'Al-Anbar, dont certaines avec des voitures piégées et des attentats suicide. Des dizaines de civils et des membres des forces de sécurité ont été tués dans ces attaques terroristes. Ci-après les principaux événements de la semaine :
  • Le 31 juillet 2016 : L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité d'un double attentat suicide avec des camions piégés contre une base de l'armée irakienne au nord-ouest de la ville de Rutba, près de la frontière avec la Syrie. Selon l'organisation, 20 soldats irakiens ont été tués dans l'attaque (Haqq, 31 juillet 2016).
  • Le 31 juillet 2016 : Une voiture piégée a explosé dans la zone d'Akashat, près de la frontière avec la Syrie, à quelque 80 km au Nord-Ouest de Rutba. 25 policiers ont été blessés (Al-Jazeera, 1er août 2016).
  • Le 27 juillet 2016, plusieurs attaques terroristes ont été effectuées dans et autour de la ville de Bagdad :Deux représentants du gouvernement ont été tués dans une fusillade sur le pont Al-Muthanna dans le Nord de Bagdad. Deux personnes ont été tuées et sept autres blessées dans l'explosion d'un engin piégé dans la région d'Al-Yusufiyah, à environ 15 km au Sud de Bagdad (Al-Jazeera, 27 juillet 2016). Un terroriste suicide de l'Etat islamique s'est fait exploser à un poste de contrôle de la police irakienne dans le quartier d'Al-Shaala au Nord-Ouest de Bagdad. Trois personnes ont été tuées et huit autres ont été blessées (Rusiya Al-Yaum,  27 juillet 2016).
La province de Kirkuk
  • Le 31 juillet 2016, des membres de l'Etat islamique ont tenté d'attaquer deux installations au champ de pétrole de Bai Hassan, à environ 40 km au Nord-Ouest de Kirkuk (CNN, 31 juillet 2016). Les deux tentatives ont été contrecarrées par l'armée irakienne. Les installations de pétrole ont été endommagées (Al-Jazeera, 1er août 2016). Ci-après la description des événements :
  • Des membres de l'Etat islamique ont attaqué l'une des installations du champ de pétrole de Bai Hassan. Ils ont lancé des grenades, ont utilisé des fusils et des engins explosifs improvisés. Au moins cinq personnes ont été tuées. L'unité anti-terroriste a pris d'assaut l'installation et restauré l'ordre (Reuters, 31 juillet 2016).
  • Quatre terroristes suicide portant des ceintures d'explosifs ont tenté de pénétrer dans une autre installation de pétrole. Les quatre ont été tués par les forces de sécurité irakiennes (Al-Sumaria, 31 juillet 2016).
Des responsables de l'Etat islamique tués dans des frappes aériennes
  • Selon une source sécuritaire irakienne, le responsable du bureau du pétrole de l'Etat islamique a été tué dans un raid aérien de la coalition au Sud-Ouest de Kirkuk. 14 autres membres de l'organisation ont été tués (Al-Sumaria, 1er août 2016).
  • Selon un rapport de l'armée irakienne, des dizaines de membres de l'Etat islamique, dont 13 responsables, ont été tués dans un raid aérien contre une zone de l'Etat islamique dans la région d'Al-Qaim, près de la frontière avec la Syrie. Les victimes incluraient l'un des députés du chef de l'organisation Abu Bakr al-Baghdadi, deux gouverneurs des provinces (Fallujah et Euphrate), et le vice-ministre de la Guerre. Des combattants étrangers originaires du Caucase et de Russie ont également été tués (Sky News, 29 juillet 2016).

La péninsule du Sinaï

  • Cette semaine, les forces de sécurité égyptiennes ont continué à mener de vastes activités militaires dans les zones d'Al-Arish, Rafah et Cheikh Zoweid, soutenues par des frappes aériennes. Dans le même temps, une opération visant à évacuer les résidents du Sud de Rafah et du Sud de Cheikh Zoweid et à les loger dans de nouveaux villages au Nord-Ouest du Sinaï a commencé. L'évacuation des habitants fait partie d'une vaste opération d'évacuation de grandes zones à la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza et de construction d'une barrière de sécurité le long de la frontière (Al-Akhbar, 24 juillet 2016).
Menaces contre Israël
  • Une vidéo publiée par la Province du Sinaï de l'Etat islamique critique vivement les régimes d'Egypte et des États du Golfe, qui coopèrent avec les États-Unis. L'organisation accuse ces régimes de servir les intérêts des Juifs et de faire de leurs soldats des victimes pour le bien des Juifs. L'orateur de la vidéo menace les Juifs, en notant : "Notre compte avec vous est lourd et dur et bientôt vous allez payer un lourd tribut." Plus tard dans la vidéo, un enregistrement audio du chef de l'Etat islamique est cité menaçant les Juifs (cf., Israël) et affirmant : "Nous n'avons pas oublié la Palestine, et bientôt vous entendrez le bruit des combattants du jihad […] Nous nous rapprochons de vous tous les jours et votre compte [avec nous] est difficile […] La Palestine sera votre tombe" (Youtube, 2 août 2016). 

La conduite de l'Etat islamique

  • Selon des documents saisis dans la ville de Manbij par l'armée américaine, la ville a servi de centre de réception et d'orientation pour les combattants étrangers de l'Etat islamique venus rejoindre ses rangs. Selon les documents, les combattants arrivés en Syrie ont été envoyés à Manbij, où ils ont été photographiés et ont donné leurs détails personnels. Ensuite, ils ont reçu leurs affectations et ont été envoyés vers diverses destinations (ABC News, 27 juillet 2016). Selon l'armée américaine, plus de 10.000 éléments d'information dans divers formats (USB, ordinateurs portables, livres, registres, etc.) ont été saisis dans la ville de Manbij, y compris des renseignements sur la conduite de l'Etat islamique (ABC News, 27 juillet 2016).

Le jihad mondial dans d'autres pays

Libye
La campagne de la ville de Syrte
  • La campagne pour reprendre la ville de Syrte, qui a commencé à la fin de Mai 2016, se poursuit. Les forces du gouvernement de consensus national continuent de se battre contre les membres de l'Etat islamique qui détiennent le centre-ville. Le 30 juillet 2016, les forces du gouvernement de consensus national ont annoncé l'achèvement de la reprise du quartier Al-Dular dans le centre-ville, à l'exception de quelques poches de résistance. Selon la salle d'opération des forces, la reprise du quartier des cliniques dans le centre de Syrte a été achevée. Les forces ont également saisi le siège de la direction de la sécurité nationale et des affaires étrangères (renseignements libyens), que l'Etat islamique avait transformé en centre d'étude du Coran (Portail Al-Wasat, 25 juillet 2016).
Soutien américain aux forces luttant contre l'Etat islamique à Syrte
  • Les États-Unis ont officiellement annoncé que leurs avions ont effectué des frappes aériennes contre des cibles de l'Etat islamique à Syrte. Selon le porte-parole du Département d'Etat américain Peter Cooke, le raid aérien a été approuvé par le Président américain Barack Obama sur la recommandation du secrétaire à la Défense et du chef d'état-major. Selon la porte-parole du Pentagone Michelle Baldanza, le raid aérien a été réalisé à la demande du gouvernement libyen (The New York Times, 2 août 2016). C'est la première fois que des avions américains soutiennent les forces du gouvernement de consensus national en attaquant des cibles de l'Etat islamique dans la campagne de Syrte. La demande libyenne et le consentement des États-Unis sont apparemment liés à la difficulté du gouvernement de consensus national de nettoyer Syrte de la présence de l'Etat islamique.
  • Selon les rapports des médias libyens, la frappe américaine a fait suite à un mémorandum adressé par la salle des opérations de lutte contre l'Etat islamique dans la zone Misrata-Syrte au gouvernement de consensus national. Le mémorandum appelait le gouvernement à examiner la nécessité d'un soutien américain dans les frappes aériennes contre des cibles à Syrte. L'explication donnée par la salle des opérations est que la nature des combats à Syrte a changé, passant de combats en terrain ouvert à des combats en zone urbaine et les cibles de l'Etat islamique dans la ville ne peuvent être attaquées qu'en utilisant des technologies militaires avancées qui ne sont pas à la disposition de la salle des opérations (Libye Al-Mustaqbal, 30 juillet 2016 ; compte Twitter du site ajwa.net, 30 juillet 2016).
  • Le général de brigade Mohammad al-Ghasri, porte-parole de la salle des opérations,a tenu des propos similaires dans une interview. Selon lui, les forces de défense à Syrte ont besoin d'un soutien aérien qui mènera des frappes précises afin de gagner la campagne de Syrte, en raison de la présence de larges fortifications dans la zone du centre de convention Ouagadougou (siège de l'Etat islamique à Syrte), que les forces du gouvernement de consensus national et la force aérienne libyenne ont des difficultés à franchir.
Benghazi
  • À Benghazi, les combats continuent entre les forces de Khalifa Haftar et diverses organisations jihadistes. Cette semaine, les combats étaient concentrés dans l'entrée occidentale de la ville (porte Al-Guwarsha). La Province de Barqa de l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité d'un attentat suicide contre les forces de Haftar par un terroriste suicide présenté comme étant Abu al-Rahman le Libyen, qui a fait exploser une voiture piégée qu'il conduisait. Le terroriste était Ziad Fawzi Qarqum, un résident de Benghazi rentré de Syrie après avoir combattu dans les rangs de l'Etat islamique (addpost.it, 29 juillet 2016; Bawabat Ifriqya al-Ikhbariya, 30 juillet 2016).
Yémen
  • Le 30 juillet 2016, un policier nommé Sameh al-Husni a été tué dans l'explosion de sa voiture dans le centre-ville de Khur Maksir, au Sud de l'aéroport international d'Aden. Sameh al-Husni servait dans la force de police de Cheikh Othman, au Nord d'Aden, et était l'un des officiers de police qui avait supervisé l'arrestation de personnes soupçonnées d'être impliquées dans des assassinats et des poses d'engins piégés à Aden (Al-Yamani al-Youm, 30 juillet 2016). La Province Aden-Abyan de l'Etat islamique au Yémen a revendiqué la responsabilité de l'attaque et a publié des photos montrant l'explosion d'un engin piégé attaché à la voiture du policier (Haqq, 31 juillet 2016).

Attaques inspirées par l'Etat islamique

L'assassinat du prêtre en Normandie (mise à jour)
  • Cette semaine, il a été signalé que les deux auteurs de l'attentat terroriste contre une église dans la ville de Saint-Étienne-du-Rouvray étaient Abdel Malik Petitjean (Ibn Omar) et Abu Jalil al-Hanafi. Tous deux étaient résidents de la ville. Le 28 juillet 2016, l'agence de presse Aamaq de l'Etat islamique a publié une vidéo en français avec des sous-titres arabes, filmée par Abdel Malik Petitjean, apparemment avec son téléphone portable. La vidéo est une sorte de "testament" précédant l'attaque.
  • Dans la vidéo, Petitjean appelle les musulmans à attaquer des cibles en France et dans les pays de la coalition internationale.Il s'adresse au Président français François Hollande et au Premier ministre Manuel Valls directement, en disant : "Nous sommes déterminés. Vous en verrez la preuve clairement devant vos yeux" (Aamaq, 28 juillet 2016). En même temps, une vidéo a été publiée montrant les deux hommes avant l'attaque, l'un d'eux tenant une feuille de papier portant l'insigne de l'Etat islamique et l'autre prêtant allégeance à Abu Bakr al-Baghdadi (Blog de l'Etat islamique qui a depuis été retiré, 28 juillet 2016; Al-Arabiya en anglais, 27 juillet 2016). 

Activités de propagande

L'Etat islamique appelle au jihad en Russie
  • La fondation Al-Furat de l'Etat islamique a publié une vidéo en russe montrant un russophone masqué appelant à commettre le jihad en Russie. L'orateur a également menacé le Président russe Vladimir Poutine, en disant que des membres de l'organisation arriveraient en Russie et porteraient atteinte aux civils (Youtube, 31 juillet 2016).
  • Le porte-parole de la Présidence russe Dmitry Peskova répondu en disant que les menaces de l'Etat islamique n'affecteront pas la politique de la Russie contre le terrorisme international. Selon Peskov, le Président russe est attentif à la vidéo menaçant la Russie, comme le sont les forces aériennes russes en Syrie, qui prennent les mesures appropriées (Spoutnik, 1er août 2016).

[1]Le terme Fateh indique la victoire ou la conquête, et est utilisé, entre autres, pour décrire les conquêtes du début de l'Islam à l'époque du prophète Mahomet et après sa mort. Le terme Al-Sham se réfère à la Syrie et la Grande Syrie.