Pleins feux sur le jihad mondial (24-30 décembre 2015)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Membres de l'Etat islamique affrontant l'armée syrienne dans la zone de la base aérienne militaire de Kuweyres (Aamaq, 26 décembre 2015)

Membres de l'Etat islamique affrontant l'armée syrienne dans la zone de la base aérienne militaire de Kuweyres (Aamaq, 26 décembre 2015)

Le colonel Talil Slaw, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (Youtube, 6 novembre 2015).

Le colonel Talil Slaw, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (Youtube, 6 novembre 2015).

commandant de Jaish al-Islam Zahran Alloush.

commandant de Jaish al-Islam Zahran Alloush.

Soldats irakiens brandissant le drapeau irakien et le drapeau de l'Etat islamique à l'envers, comme un symbole de la chute de l'organisation dans la ville.

Soldats irakiens brandissant le drapeau irakien et le drapeau de l'Etat islamique à l'envers, comme un symbole de la chute de l'organisation dans la ville.

Formation de membres de l'Etat islamique aux Philippines (us.archive.org, 20 décembre 2015)

Formation de membres de l'Etat islamique aux Philippines (us.archive.org, 20 décembre 2015)


Principaux points

  • Après environ sept jours de combats, l'armée irakienne a repris la plupart de la ville de Ramadi. Selon les rapports, la plupart des membres de l'Etat islamique ont été tués dans les combats et un petit nombre ont fui la ville. Les photos vues à la télévision irakienne le 28 décembre 2015 montrent le drapeau irakien flottant sur le bâtiment du gouvernement qui abritait le siège de l'Etat islamique. Selon un porte-parole de l'armée irakienne, bien que les forces de l'Etat islamique aient été vaincues, il y a encore quelques poches de résistance dans la ville (estimées à environ 20% à 25% de la superficie de la ville). Le Premier ministre irakien, qui s'est précipité à Ramadi pour une "visite de victoire", a déclaré que d'ici fin 2016, la suppression de l'Etat islamique de l'Irak sera complétée. Les États-Unis et d'autres pays occidentaux de la coalition ont félicité le  Premier ministre irakien pour l'accomplissement.
  • La ville de Ramadi est la capitale de la province sunnite d'Al-Anbar(la plus grande province d'Irak). Elle a été occupée par l'Etat islamique le 15 mai 2015, dans ce qui semble, rétrospectivement, le summum des réalisations territoriales de l'organisation.Sa libération par l'armée irakienne et les tribus sunnites qui la soutiennent, avec le soutien aérien de la coalition, marque la réalisation la plus importante de la campagne contre l'Etat islamique. Du point de vue de l'organisation, la perte de Ramadi est la dernière d'une série de revers subis en Irak (et en Syrie) au cours de l'année écoulée (la perte des villes de Tikrit et de Baiji au Nord de Bagdad, et de Sinjar, à l'Ouest de Mossoul).
  • Bien que la prochaine cible stratégique de l'armée irakienne, soutenue par la coalition, soit la ville de Mossoul, la base territoriale de l'Etat islamique en Irak, il est toujours nécessaire d'éradiquer Al-Ramadi et son environnement et l'ensemble de la province d'Al-Anbar de la présence de l'Etat islamique (qui se poursuit même après la conquête de Ramadi). Selon nous, la "cible" actuelle est la ville de Falloujah, le bastion des jihadistes en Irak pendant la période de la présence de l'armée américaine, qui a été coupé de ses lignes d'alimentation et du cœur de la zone sous le contrôle de l'organisation après la conquête de Ramadi. Cette semaine, cependant, il y a déjà eu des rapports sur des affrontements dans la ville et ses environs, qui auraient été entourées par l'armée irakienne.

 

La campagne internationale contre l'Etat islamique

Frappes des Etats-Unis et des pays de la coalition
  • Cette semaine, les forces américaines et les pays de la coalition ont poursuivi leurs frappes aériennes contre des objectifs de l'Etat islamique. Pendant la semaine, des dizaines de raids aériens ont été effectués au moyen d'avions de chasse, d'avions de combat et de drones. Ci-après les principales attaques :
  • Syrie– Les frappes aériennes ont été concentrées dans les zones de Hassaké, Al-Raqqah, Marea (au nord d'Alep) et Ain Issah. Les frappes aériennes ont notamment ciblé des membres de l'Etat islamique, des bâtiments, des positions de combats et des véhicules.
  • Irak – Les frappes aériennes ont été concentrées dans les zones de Ramadi, Falloujah, Kisik, Mossoul, Baiji, Habbaniyah et Sinjar.Les frappes aériennes ont notamment ciblé des combattants, des ateliers de fabrication d'engins piégés, des positions de tir, des bâtiments, des bunkers, des zones de rassemblement, un siège, des voitures piégées, de l'artillerie et des points de contrôle.
Activités des pays de la coalition
  • En Irak, les forces de la coalition ont attaqué des cibles de l'Etat islamique dans la ville de Ramadi, fournissant ainsi un appui aérien aux forces irakiennes qui ont conquis la ville. Steve Warren, le porte-parole de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a détaillé les activités et les opérations menées dans la ville de Ramadi en soutien à l'armée irakienne. Il a notamment déclaré que la coalition internationale travaillait dans le désert oriental de la Syrie et dans la région montagneuse au Nord de Baiji en soutien aux forces de sécurité irakiennes (Site Internet du Département d'Etat américain, 22 décembre 2015).
  • Selon un rapport publié dans le journal français Le Parisien, au cours de l'année écoulée, l'Etat islamique aurait perdu plus de 14% des zones qu'il contrôlait en 2014. Selon le rapport, suite aux attaques massives,une tendance de retrait des membres de l'Etat islamique a été signalée au Nord de la Syrie. Le rapport émet l'hypothèse que cela peut être dû à un changement de stratégie de l'organisation (Le Parisien, 24 décembre 2015).
  • En 2015, l'Etat islamique a effectivement perdu de vastes zones qu'il contrôlait, principalement en Irak, mais aussi en Syrie. En Irak, l'armée irakienne et les milices chiites ont repris les grandes villes de Tikrit et Baiji, au Nord de Bagdad, et les forces kurdes (peshmergas) ont repris la région de Sinjar. En Syrie, les forces kurdes (GPJ) ont réussi à reprendre les villes de Kobani et Tell Abyad et à créer une contiguïté territoriale le long de la frontière syro-turque. L'Etat islamique a également subi des défaites dans la région du camp de Yarmouk au Sud de Damas (d'où ses membres et leurs familles doivent être évacués); au Sud du Golan syrien (où les Brigades des martyrs d'Al-Yarmouk, affiliées à l'Etat islamique, se sont affaiblies); et à l'Est et au Sud d'Alep (où l'armée syrienne a réussi à briser le siège de la base aérienne militaire de Kuweyres).

Implication de la Russie dans la guerre civile en Syrie

  • Des avions militaires russes ont continué leurs attaques en Syrie, principalement dans les régions de Homs, Idlib, Lattaquié, Alep, Deir al-Zor, et Damas. Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense,au cours de la semaine écoulée, l'armée de l'air russe a effectué environ 300 sorties et plus de 1000 frappes aériennes en territoire syrien. Selon les  Russes, les frappes aériennes ont touché un camp d'entraînement à Idlib, où des instructeurs des pays voisins de la Syrie étaient hébergés, détruit un poste de commandement de l'organisation Ahrar Al-Sham à Alep, frappé des camions à Homs qui transportaient des armes pour l'Etat islamique, ainsi que trois plates-formes pétrolières, deux camions citernes et un grand nombre de camions près de Deir Al-Zor (TASS, 23 décembre 2015).
  • Selon le ministre russe de la Défense, depuis le début de l'opération, l'armée de l'air russe a effectué 5240 sorties, dont 145 à longue portée. Les réalisations mentionnées par le ministre de la Défense incluent la libération de la base aérienne militaire de Kuweyres au Nord de la Syrie et l'expansion de zones contrôlées par l'armée syrienne dans les environs. Il a également mentionné une réalisation supplémentaire, l'interruption des exportations de pétrole de l'Etat islamique. Selon le ministre, plus de 2.000 camions citernes ont été détruits et de nombreuses infrastructures ont été endommagées. Toutefois, il estime que, malgré les frappes aériennes, la contrebande de pétrole par l'Etat islamique n'a pas cessé et est actuellement menée en petits convois, de nuit, principalement près de la frontière irakienne (Reuters, 25 décembre 2015).
  • Amnesty International a publié un rapportsur les frappes aériennes menées par les Russes dans les régions de Homs, Idlib et Alep entre Septembre et Novembre 2015. Le rapport se concentre sur six incidents au cours desquels il prétend qu'au moins 200 civils ont été tués et des milliers d'autres ont été blessés. Le rapport donne des preuves prouvant que les autorités russes ont essayé de dissimuler des incidents au cours desquels des civils ont été atteints, dans une mosquée et un hôpital de campagne, et des tirs sans discernement ont visé des zones peuplées. Selon le rapport, les frappes aériennes russes en Syrie sont susceptibles d'être considérées comme des crimes de guerre. Le rapport note également qu'il existe des preuves que la Russie a utilisé des bombes à sous-munitions non guidées dans des zones civiles (Site Internet d'Amnesty International, 23 décembre 2015).
  • Les responsables russes ont été prompts à nier les conclusions du rapport :
  • Selon le porte-parole présidentiel russe Dmitri Peskov, les Russes n'ont aucune information sur les incidents mentionnés dans le rapport et par conséquent, ils ne savent pas si les allégations sont crédibles (TASS, 23 décembre 2015).
  • Le porte-parole du ministère russe de la DéfenseIgor Konashenkov a rejeté les allégations d'Amnesty International, en disant que les accusations de l'organisation sont fausses. Selon lui, le rapport ne fournit pas de preuves les corroborant (TASS, 23 décembre 2015).
  • Selon Viktor Bondarev, commandant de l'Air et de l'Espace des forces russes, en aucun cas les pilotes russes n'ont frappé des cibles civiles telles que des hôpitaux, des mosquées ou des écoles. Il a affirmé que ces accusations sont sans fondement, témoignent du manque de crédibilité du rapport et de l'absence de preuves de ses auteurs (TASS, 27 décembre 2015).
  • Selon le chef des opérations en Russie, la Russie est prête à partager avec ses partenaires, y compris les États-Unis, toute information qui pourrait aider dans la guerre contre l'Etat islamique. Selon lui, la Russie attend la réciprocité à cet égard des États-Unis et des autres pays de la coalition. En réponse, le porte-parole du ministère américain de la Défense a déclaré que les Etats-Unis n'ont pas l'intention de coopérer avec la Russie en ce qui concerne la Syrie tant que la Russie soutient l'administration Assad (Spoutnik, 25 décembre 2015; RT, 27 décembre 2015).

Principaux développements en Syrie

Aperçu général
  • Dans le Sud de Damas, la mise en œuvre de l'accord d'évacuation signé entre le régime syrien et l'Etat islamique et le Front Al-Nusra, sous les auspices des Nations Unies, devait commencer. Selon l'accord, des membres de l'Etat islamique et leurs familles devraient quitter la zone du camp de réfugiés de Yarmouk au Sud de Damas. Les combats se sont poursuivis près du village de Mheen, au Sud de la ville de Homs. Dans la province d'Alep, les combats ont continué entre les membres de l'Etat islamique et l'armée syrienne dans la zone de l'aéroport militaire de Kuweyres (Est d'Alep) et au Nord d'Alep. Dans le Sud d'Alep, l'armée syrienne a repris une ville importante située près de la route principale et continue d'établir son contrôle sur la région rurale. Des combattants des Gardiens de la Révolution iranienne sur la ligne de front des combats au Sud d'Alep continuent à subir de lourdes pertes. Dans la province d'Al-Raqqah, l'Etat islamique a perdu le contrôle du barrage de Tishreen sur l'Euphrate, qui fournit de l'électricité à la ville d'Alep.
Province de Homs
  • Les affrontements se poursuivent autour du village de Mheen, au Sud de Homs. L'armée syrienne affirme avoir repris une partie du territoire dominant la région du village de Mheen. Des affrontements ont également été signalés entre les membres de l'Etat islamique et les forces de sécurité dans deux villages près de Mheen (Page Facebook de Hossein Mortada, 26 décembre 2015).
  • Le 28 décembre 2015, deux voitures piégées ont explosé dans le quartier alaouite d'Al-Zahra de la ville de Homs. L'explosion a tué plus de 30 personnes et en a blessé 90. Aucune organisation n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque (Spoutnik, 28 décembre 2015). Elle a apparemment été réalisée par l'Etat islamique, qui a souvent fait exploser des voitures piégées dans ce quartier, dont la population est affiliée au régime syrien.
La province d'Alep
  • L'Etat islamique continue ses activités de guérilla contre l'armée syrienne à la base aérienne militaire de Kuweyres. Cette semaine, des membres de l'Etat islamique auraient fait exploser une voiture piégée près de la base aérienne (Page Facebook de Khaled Shaaban, 25 décembre 2015). Une vidéo publiée par l'Etat islamique montre ses membres tirant d'armes anti-aériennes sur un avion de chasse frappant des cibles (Aamaq, 26 décembre 2015). Il semble donc que malgré les communiqués de l'armée syrienne, la zone de la base aérienne n'a pas été évacuée des membres de l'Etat islamique qui mènent une guérilla pour essayer de l'empêcher de devenir pleinement opérationnelle.
  • Les affrontements se sont poursuivis cette semaine entre l'Etat islamique et les organisations rebelles au Nord d'Alep, près de la frontière turque. L'Etat islamique tente d'établir son emprise sur la zone tandis que les organisations rebelles tentent de garder l'organisation loin de la frontière et de perturber sa connexion logistique via la Turquie. Les affrontements se sont déroulés en trois endroits :
  • Le 24 décembre 2015, des membres de l'Etat islamique ont réussi à stopper une tentative des rebelles de prendre le contrôle du village de Kafra, à environ 41 km au Nord d'Alep. Les rebelles ont opéré avec le soutien aérien de la coalition internationale.
  • Le 28 décembre 2015, les forces rebelles ont repris le village de Doudyan des mains de l'Etat islamique. Doudyan est situé à environ 50 km au Nord d'Alep, près de la frontière turco-syrienne (Télévision Al-Arabiya, 28 décembre 2015).
  • Le 25 décembre 2015,des membres de l'Etat islamique ont fait exploser une voiture piégée dans le secteur du village de Sarin, près de la frontière entre la Syrie et la Turquie (Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 25 décembre 2015).
  • L'armée syrienne continue d'élargir sa zone de contrôle dans la zone rurale au Sud d'Alep. Le 20 décembre 2015, elle a repris le village de Khan Touman, un bastion de Jaish al-Fatah (le cadre général des organisations rebelles, dirigé par le Front al-Nusra) (Enab Baladi, 21 décembre 2015; arabic.rt.com, 20 décembre 2015). Le village de Khan Touman est situé à environ 8,5 km au Sud-Ouest d'Alep, près de la route principale entre Alep et Homs. Deux hauts commandants du Front al-Nusra ont été tués dans les combats : Abu al-Muthanna al-Madani et Abu Muhammad Rustum (Khatwa, 25 décembre 2015; page Facebook de Hossein Mortada, 26 décembre 2015).
  • Le 24 décembre 2015, la chaîne de télévision Al-Mayadeen du Hezbollah a diffusé une vidéo sur les progrès de l'armée syrienne près du village de Khan Touman. Selon la vidéo, les familles decombattants étrangers en provenance de Tchétchénie, d'Ouzbékistan et du Tadjikistan, qui vivaient à l'ouest du village, ont été vues quittant la zone (Youtube, 24 décembre 2015).
Les Gardiens de la révolution iranienne continuent de subir de lourdes pertes
  • Les Gardiens de la révolution iranienne continuent de subir de lourdes pertes. Au cours des dernières deux semaines, plus de 15 combattants des Gardiens de la révolution ont été tués dans le Sud d'Alep. Depuis le début de l'offensive syrienne terrestre en Octobre 2015, plus de 120 combattants des Gardiens de la révolution ont été tués en Syrie, y compris plusieurs dizaines d'officiers. Au cours du dernier mois, au moins 35 combattants iraniens ont été tués.
  • Le nombre de décès iraniens continue d'augmenter régulièrement, même si, selon les rapports des médias, le nombre de troupes iraniennes en Syrie a diminué au cours des dernières semaines (leur nombre a chuté de 1.500 à 2.000 combattants à moins de 1.000 combattants). Selon nous, le nombre élevé de décès indique que les combattants des Gardiens de la révolution iranienne continuent de combattre sur le front de l'offensive terrestre en cours de l'armée syrienne, qui fait encore du surplace sans réalisations dramatiques.
Deir al-Zor
  • Cette semaine, des affrontements ont eu lieu entre les membres de l'Etat islamique et l'armée syrienne, concentrés dans lazone industrielle de Deir al-Zor et dans la région de la base aérienne militaire. Le 23 décembre 2015, trois voitures piégées ont explosé dans la zone industrielle. L'explosion a causé la mort et les blessures de dizaines d'hommes armés (Fondation des médias de la résistance libanaise, 23 décembre 2015). Selon un autre rapport, les forces de sécurité syriennes ont pris le contrôle de plusieurs emplacements dans la zone industrielle, afin d'éradiquer la présence de l'Etat islamique (Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 26 décembre 2015).
  • Des membres de l'Etat islamique ont fait exploser une voiture piégée près de la base aérienne militaire de Deir al-Zor (Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 28 décembre 2015). Un compte Twitter affilié au régime syrien a publié des photos de membres de l'organisation tués dans les combats avec l'armée syrienne à la base aérienne (Ivan Sidorenko@IvanSidorenko1, 26-27 décembre 2015).
Province d'al-Raqqah
  • Cette semaine, l'Etat islamique aurait perdu le contrôle du barrage de Tishreen sur l'Euphrate et de plusieurs villages voisins. Le 26 décembre 2015, un compte Twitter probablement affilié à l'armée syrienne a publié une vidéo montrant le colonel Talil Slaw, porte-parole des Forces démocratiques syriennes, un cadre général de groupes kurdes et arabes qui soutient apparemment le régime syrien. Le porte-parole y félicitait les troupes pour la prise du barrage (Ivan Sidorenko@IvanSidorenko1; bbc.com/Arabic, 26 décembre 2015).
  • Le barrage de Tishreen, situé sur les rives de l'Euphrate, a été construit en 1999 afin de produire de l'électricité. Il existe une centrale électrique voisine, qui est une source majeure d'électricité pour la ville d'Alep. Si le rapport de sa prise des mains de l'Etat islamique est confirmé, ce sera un coup supplémentaire pour l'organisation.
Damas
Evacuation de membres de l'Etat islamique du Sud de Damas
  • Selon un rapport du 25 décembre 2015, des bus sont arrivés dans le quartier d'Al-Qadam,à l'Ouest du camp de réfugiés d'Al-Yarmouk au Sud de Damas, afin d'évacuer au moins 2.000 membres de l'Etat islamique et leurs familles. L'évacuation devrait être effectuée dans le cadre d'un accord conclu sous les auspices de l'ONU. Selon les rapports, l'armée syrienne est censée recevoir les armes laissées par les membres de l'Etat islamique qui quittent la zone (Al-Jazeera, 25 décembre 2015). Selon l'accord, les membres de l'organisation et leurs familles seront envoyés à Al-Raqqah (Télévision Al-Arabiya, 25 décembre 2015). Il a également été signalé que dans le cadre de l'accord, des membres du Front Al-Nusra seront également évacués et seront autorisés à prendre leurs armes personnelles (arabic.rt.com, 26 décembre 2015).
  • Selon un rapport du 26 décembre 2015, l'Armée de l'Islam et les membres du Front Al-Nusra perturbent la mise en œuvre de l'accord d'évacuation des membres et de leurs familles, et empêchent le passage des convois. Il s'agit apparemment d'une réponse à la mort du commandant de Jaish al-Islam Zahran Alloush (voir ci-dessous) (arabic.rt.com, 26 décembre 2015).
Meurtre d'un commandant de Jaysh al-Islam
  • Le commandant de Jaysh al-Islam Zahran Allousha été tué dans un raid aérien russe dans la zone rurale à l'Est de Damas. Plusieurs autres officiers de haut rang ont été tués avec lui (Al-Kufiya, 26 décembre 2015). Plus tard, les Syriens ont affirmé qu'il avait été tué par l'armée de l'air syrienne. Issam Buweidani, alias Abu Hammam, a été choisi pour le remplacer (Al-Durar al-Shamiya, 26 décembre 2015). Le Front Al-Nusra a présenté ses condoléances à Jaysh al-Islam et a souhaité bonne chance à son remplaçant (SNN, 25 décembre 2015).
  • Jaish al-Islamest un cadre d'organisations islamiques rebelles qui prennent part à la lutte contre le régime syrien, avec le soutien saoudien. Jaish al-Islam est l'une principales organisations rebelles, idéologiquement affiliée aux Frères Musulmans. L'organisation est membre d'un cadre politique connu sous le nom le Front islamique, conjointement à d'autres organisations affiliées aux Frères Musulmans et à un certain nombre d'organisations salafistes.

Principaux développements en Irak

  • L'armée irakienne a réussi à reprendre la plupart de la ville de Ramadi, la capitale de la province d'Al-Anbar, qui avait été conquise par l'Etat islamique en Mai 2015. La ville a été reprise après avoir été entourée par l'armée irakienne pendant plusieurs semaines. Le 28 décembre 2015, l'armée irakienne a réussi, après environ sept jours de combats, à reprendre les bâtiments du gouvernement dans le centre-ville. Selon un porte-parole de l'administration provinciale, il reste encore de faibles poches de résistance dans de vastes parties de la ville, mais elle sera bientôt complètement nettoyée. Selon le gouvernement irakien, après la prise de contrôle totale de la ville de Ramadi, l'armée irakienne concentrera ses efforts pour reprendre la ville de Mossoul.
La province d'Al-Anbar
Ramadi
  • Le 22 décembre 2015, les forces de sécurité irakiennes ont lancé une vaste campagne pour libérer la ville de Ramadi, avec l'appui aérien de la coalition sous commandement américain. Le 26 décembre 2015, l'armée irakienne a pris le contrôle du barrage de Ramadi, situé dans la banlieue Ouest de la ville, et ses environs (Al-Sumaria, 26 décembre 2015). Le 27 décembre 2015, l'armée irakienne a réussi à prendre le contrôle de la zone d'Al-Hawz, dans le centre de Ramadi, au Sud du complexe de bâtiments du gouvernement, qui avait été le principal bastion de l'Etat islamique dans le cœur de la ville (RT, 27 décembre 2015). Selon un rapport du 28 décembre 2015, le secteur des bâtiments du gouvernement du centre-ville est contrôlé par l'armée irakienne (Télévision Al-Jazeera, 28 décembre 2015). Selon le porte-parole de l'armée irakienne, les forces de l'Etat islamique dans la ville ont été vaincues et il ne reste qu'à nettoyer des poches de résistance. Les membres de l'organisation qui se sont retirés de la ville ont laissé une ville en ruine jonchée de bombes et de mines.
  • Selon les rapports de Ramadi, l'Etat islamique détient toujours environ 20% de la ville, et les affrontements avec l'organisation sont toujours en cours dans près de 25% de la superficie de la ville. Près de 250 membres de l'organisation auraient été tués dans les combats dans la ville (Al-Sumaria, 28 décembre 2015). Le haut responsable de l'organisation Ammar al-Issawi Badawi aurait été tué dans les combats (Compte Twitter de Hossein Mortada, 26 décembre 2015). Des dizaines de membres de l'organisation, y compris des officiers, auraient fui Ramadi vers la frontière syrienne (Sky News, 23 décembre 2015).
  • Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a félicité le gouvernement irakien pour la libération de Ramadi et a noté que les Etats-Unis et les pays de la coalition internationale soutenaient la lutte de l'Irak. Steve Warren, porte-parole de la coalition internationale, a félicité l'Irak au nom de la coalition, affirmant que la coalition aidera le gouvernement irakien à reconstruire la ville (Compte Twitter du porte-parole de la coalition, 28 décembre 2015).
Falloujah
  • Falloujah, contrôlée par l'Etat islamique, située entre Ramadi et la capitale Bagdad, est maintenant dans le collimateur de l'armée irakienne. Parallèlement à la prise de contrôle de la ville de Ramadi, l'armée irakienne a entouré la ville de Falloujah, afin d'empêcher le transfert de soutien aux membres de l'organisation dans la ville de Ramadi. Selon un rapport de l'armée irakienne, 44 membres de l'Etat islamique ont été tués et 12 maisons piégées ont explosé au Sud de Falloujah (Shafaq News, 27 décembre 2015). Selon un rapport du 27 décembre 2015, les forces de sécurité irakiennes ont fait irruption dans le quartier de Nuaimiya au Sud de la ville, tuant environ 300 membres de l'organisation (Télévision Al-Arabiya, 27 décembre 2015).
  • Steve Warren, le porte-parole de la coalition internationale contre l'Etat islamique, a déclaré que selon un document de l'organisation découvert à Falloujah, les dirigeants ont chargé leurs membres de se présenter comme des combattants irakiens et de commettre des crimes contre des civils avant de se retirer de Falloujah, de sorte que les forces irakiennes soient blâmées. Les membres de l'Etat islamique ont notamment reçu l'ordre defaire sauter des mosquées, de torturer et d'assassiner des civils et d'entrer par effraction dans les maisons (Site Internet du Département d'Etat américain, 22 décembre 2015).
La ville de Bagdad
  • L'Etat islamique continue de mener des attaques à Bagdad. Le 26 décembre 2015, six civils ont été tués et plus de 20 ont été blessés dans l'explosion de trois engins piégés dans divers emplacements dans la ville (Al-Hurra, 26 décembre 2015). Le 27 décembre 2015, un homme a été tué et cinq autres ont été blessés dans l'explosion d'un engin piégé au Sud de Bagdad (Sawt al-Irak, 27 décembre 2015).
La province de Kirkuk
  • Le 25 décembre 2015, les forces spéciales américaines et les forces kurdes ont lancé une attaque contre le siège de l'Etat islamique dans la région d'Al-Riyad (à environ 15 km au Sud-Est de Hawija et à environ 47 km au Sud de Kirkouk).Hossein al-Assafi, haut responsable de l'Etat islamique à Hawija, a été tué dans l'attaque, avec 12 autres membres. En outre, neuf autres activistes ont été arrêtés (Al-Jazeera, 27 décembre 2015). L'Etat islamique a nié les rapports à propos d'une opération menée à son encontre (Aamaq, 27 décembre 2015).

L'Egypte et la péninsule du Sinaï

  • Pendant la semaine, les forces de sécurité égyptiennes ont poursuivi leurs opérations militaires contre la branche de l'Etat islamique dans le Sinaï. Dans ce contexte, elles ont mené des activités sécuritaires intensives, principalement dans la région de Rafah, Cheikh Zoweid, et Al-Arish. Selon des sources égyptiennes, de nombreux terroristes ont été arrêtés, des infrastructures ont été détruites, et des voitures et des motos ont été confisquées (Al-Watan, Al-Masri Al-Youm, 26 décembre 2015).
  • Malgré l'activité de la sécurité égyptienne, l'Etat islamique a poursuivi ses attaques contre les forces de sécurité égyptiennes, dont certaines ont été contrecarrées :
  • Le 26 décembre 2015, les forces de sécurité égyptiennes ont déjoué une tentative de déposer un engin piégé sur la route principale d'Al-Arish, près de l'hôpital. Le terroriste a été tué (Al-Watan, 26 décembre 2015).
  • Le 26 décembre 2015, les forces de sécurité égyptiennes ont neutralisé un engin piégé sur un pont menant au quartier d'Al-Dahiya à Al-Arish (Al-Masry al-Youm, 26 décembre 2015).
  • Le 24 décembre 2015, un policier égyptien a été tué et deux soldats ont été blessés dans l'explosion d'un engin explosif improvisé près d'un véhicule blindé à l'Ouest d'Al-Arish (Al-Youm al-Sabea, 24 décembre 2015).
  • Le 23 décembre 2015, une jeune fille a été tuée et ses parents ont été blessés par des tirs de mortiers de membres de la Province du Sinaï de l'Etat islamique sur un convoi militaire. Les obus de mortier ont frappé une maison dans le village d'Al-Tiara, au sud de Rafah.

Palestiniens et arabes israéliens

Détention de deux jeunes de Nazareth qui avaient tenté de rejoindre l'Etat islamique
  • Le 22 novembre 2015, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté deux jeunes hommes de la région de Nazareth qui avaient tenté de rejoindre l'Etat islamique. Les deux sont des cousins : Omar Badr Hassan, 20 ans, résident de Reina, près de Nazareth, et Ahmad Talal Ahmad Saaida, 23 ans, d'Umm al-Ghanam. Leur interrogatoire a révélé qu'en Mai 2015, ils se sont tous deux rendus en Turquie pour entrer en Syrie et s'enrôler dans les rangs de l'Etat islamique. Avant leur départ, Ahmad Saaida est entré en contact avec des membres de l'organisation en Syrie et en Turquie, et a reçu des conseils sur la façon de passer de Turquie en Syrie.
  • Durant leur attente près de la frontière, les deux hommes ont rencontré des familles de réfugiés syriens fuyant l'Etat islamique. Après avoir entendu leurs histoires et avoir été suppliés par leurs propres familles, ils ont décidé de ne pas se rendre en Syrie et sont rentrés en Israël. A leur retour en Israël, ils ont continué à être exposés à l'incitation en ligne de l'Etat islamique et étaient en contact avec un membre de l'organisation en Irak. Ils ont envisagé d'aller combattre dans les rangs de l'Etat islamique et ont dans le même temps commencé à formuler un plan pour mener une attaque en Israël. Ils ont choisi le carrefour Golani (un carrefour important dans le Nord d'Israël) comme cible pour la réalisation de l'attaque prévue, en raison de la concentration de soldats israéliens sur place. En préparation de l'attaque, ils ont approché une tierce personne avec l'intention de lui acheter des armes (Services de sécurité générale, 24 décembre 2015).
Préoccupation de l'AP au sujet d'une opération de l'Etat islamique durant Noël
  • Selon des "sources de sécurité palestiniennes," la veille de Noël, les forces de sécurité de l'Autorité Palestinienne ont élevé l'état d'alerte et se sont déployées dans Bethléem, de crainte que des cellules de terroristes affiliées à l'Etat islamique commettent des attaques contre les chrétiens et les touristes en visite dans la ville. Selon le rapport, les forces de sécurité préventive ont reçu des informations selon lesquelles des cellules de l'Etat islamique s'apprêtaient à commettre des attaques à Bethléem pendant les fêtes de Noël. Dans le cadre de ces activités préventives, les services de sécurité de l'AP ont arrêté environ 12 Palestiniens qui soutenaient l'idéologie salafiste et l'Etat islamique (Qods News, 25 décembre 2015).

Le jihad mondial dans les autres pays

Libye
Derna
  • Dans la région montagneuse d'Al-Fataeh, au Sud de Derna, des combats intermittents continuent entre le Conseil de la Choura des combattants du jihad à Derna, affilié à Al-Qaïda, et l'Etat islamique. Faraj al-Ubaidi Kikban, haut responsable de l'Etat islamique à Derna et l'un des premiers à avoir prêté allégeance à l'Etat islamique, aurait été tué dans un raid aérien libyen dans la région d'Al-Fataeh. L'Etat islamique n'a pas annoncé officiellement sa mort. Les réseaux sociaux ont également signalé la mort de Yunes Laqnashi, un autre haut responsable de l'organisation. L'Etat islamique, pour sa part, a revendiqué la responsabilité de plusieurs attaques menées contre des membres du Conseil de la Choura des combattants du jihad à Derna (Portail Al-Wasat, 20-23 décembre 2015; compte Twitter de l'agence de presse Derna, 23 décembre 2015; Compte Twitter "un invité dans votre monde", qui se présente comme étant de Derna, 22 décembre 2015; agence de presse libyenne, 24 décembre 2015; Akhbar Dawlat al-Islam, 22, 23, 25 et 27 décembre, 2015).
  • À la lumière de l'accord en cours d'élaboration pour la mise en place d'un gouvernement unifié en Libye, le Conseil de la Choura des combattants du jihad à Derna a publié une déclaration exprimant son plein soutien à un dialogue ou à un gouvernement qui sera formé à condition que la loi islamique soit sa seule source de législation (Compte Twitter du centre d'information Al-Ahed du Conseil, 24 décembre 2015). L'organisation, qui est affiliée à Al-Qaïda, se différencie de l'Etat islamique, qui lutte contre les deux gouvernements, celui de Tripoli et celui de Tobrouk.
Syrte
  • Selon un résident qui a récemment quitté la ville, Syrte est coupée des médias et d'Internet, et les écoles et les banques sont fermées, ainsi que la plupart des magasins. Les hausses de prix ont également été rapportées (alarabiya.net, 24 décembre 2015). La branche information de l'Etat islamique dans la province de Tripoli a publié une vidéo intitulée "La police islamique dans la ville de Syrte", sur l'activité de la police de l'Etat islamique dans la ville (Akhbar al-Dawla al-Islamiyya, 21 décembre 2015).
Estimation du nombre de membres de l'Etat islamique en Libye
  • Le responsable de l'information au ministère tunisien de l'Intérieur estime que l'Etat islamique en Libye compte entre 4000 et 5000 combattants. Selon Radio Tunis, des civils tunisiens ont également été nommés à des postes de commandement dans la branche de l'Etat islamique en Libye (Akhbar Libya, 24, 25 décembre 2015). Selon l'estimation d'un expert du terrorisme français, l'Etat islamique en Libye compte environ 3.000 combattants (Le Figaro, 24 janvier 2015).
Tunisie
  • Selon le ministère tunisien de l'Intérieur, quelque 3.000 activistes tunisiens sont allés se battre en Syrie. Plus de 600 sont rentrés en Tunisie, tandis qu'environ 800 ont été tués en Syrie (il reste environ 1.400 activistes tunisiens en Syrie). Des accusations ont été portées contre certains des membres, et d'autres ont été interdits de quitter la Tunisie. Selon une étude de l'ONU de Juillet 2015, une importante partie des Tunisiens qui se sont rendus en Syrie ont rejoint l'Etat islamique et un petit nombre a rejoint le Front Al-Nusra. Plusieurs centaines de jihadistes tunisiens se trouvent également en Libye (aawsat.com, 25 décembre 2015).
Yémen
  • Dans la province du Yémen de l'Etat islamique, de graves conflits ont surgi entre les membres de son leadership. Les différends reposent sur le refus des membres, y compris de plusieurs dirigeants, d'obéir à leur chef et sur leur demande de quitter la province. Le 24 décembre 2015, trois hauts responsables de l'Etat islamique au Yémen et quelques membres ont publié une déclaration condamnant le leader de l'organisation ("Emir") au Yémen. On ignore toujours dans quelle mesure ce débat interne aura une incidence sur les activités de l'organisation au Yémen (Long War Journal, 28 décembre 2015).

L'Etat islamique aux Philippines

  • Un compte Twitter affilié à l'Etat islamique a publié une vidéo documentant les membres de l'organisation dans un camp d'entraînement aux Philippines. Les membres, armés de fusils, sont filmés en formation physique et s'entraînant aux tirs (moudjahid@57mujahid, 20 décembre 2015).

Conduite de l'Etat islamique

  • Plusieurs documents saisis par les forces spéciales de l'armée américaine lors d'un raid en Syrie donnent un aperçu sur la façon dont l'Etat islamique contrôle la population et la façon dont il gère ses revenus. Les documents fournissent également des informations sur les procédures hiérarchiques bureaucratiques, y compris les rivalités entre fonctionnaires, ainsi que sur les lois détaillées votées par l'organisation dans les endroits sous son contrôle, publiées comme des décisions religieuses (fatwas). Les documents montrent la précision méticuleuse de l'Etat islamique au sujet de la gestion des ressources du pétrole et du gaz sous son contrôle.
  • Les documents indiquent que l'Etat islamique a mis en place un département spécial pour gérer son butin de guerre, qui est responsable des esclaves, du pétrole et des antiquités. Les documents comprennent également un décret religieux publié par l'organisation permettant l'extraction organes des prisonniers afin de les transplanter aux membres de l'organisation. Selon la décision religieuse, la chose est permise, même si elle provoque la mort du prisonnier (Al-Arabiya, 25 décembre 2015).
  • De hauts responsables américains ont affirmé que les documents ont aidé à approfondir leur compréhension de l'organisation et la façon dont elle contrôle les territoires conquis. Les documents ont également aidé les pays de la coalition à mettre en évidence les points faibles qui ont contribué à attaquer les infrastructures pétrolières et de gaz de l'organisation. Les documents prouvent également que l'Etat islamique n'est pas à l'abri de conflits internes qui caractérisent tous les mécanismes bureaucratiques (Daily Mail, 28 décembre 2015).

Activités de contre-terrorisme

Etats-Unis
  • Un rapport du Center for Cyber and Homeland Security de l'Université George Washington indique l'étendue de la pénétration de l'Etat islamique aux États-Unis. Selon le rapport, des centaines de citoyens américains aux Etats-Unis suivent l'activité de l'Etat islamique sur les réseaux sociaux. L'organisation utilise les réseaux sociaux pour recruter des membres du monde entier, y compris aux États-Unis. Selon le rapport, pour de nombreux citoyens occidentaux, le processus de radicalisation commence devant l'ordinateur, où il n'est pas difficile de trouver des partisans de l'Etat islamique exhortant à adopter des idéologies radicales.
  • Selon le rapport, un petit groupe de personnes aux États-Unis a été influencé par l'idéologie de l'Etat islamique. Certains d'entre eux ont quitté leurs domiciles pour se rendre dans des pays contrôlés par l'organisation. De l'avis des auteurs du rapport, il est impossible de préciser le profil de ceux qui adoptent l'idéologie de l'Etat islamique. Ils sont très différents les uns des autres en termes de race, d'âge, de classe sociale, d'éducation et d'antécédents familiaux. Leurs motivations pour rejoindre l'organisation diffèrent également. Il convient de noter que quelques jours après la publication du rapport, l'attaque de San Bernardino a été menée par deux personnes influencées par l'idéologie de l'Etat islamique (businessinsider.com, 28 décembre 2015).

La guerre de propagande

Menaces contre les Juifs dans un discours d'Abu Abkr al-Baghdadi
  • Le responsable de l'Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi a publié un enregistrement audio sur les récents revers subis par l'organisation. Il y notait que malgré les difficultés, l'Etat islamique marque des succès dans les combats en Syrie et en Irak. Il y aattaqué la coalition établie par l'Arabie saoudite pour combattre le terrorisme et affirme que l'organisation "n'a pas oublié" Israël et va bientôt lui nuire. Ci-après les principaux points de son discours sur Israël et les Juifs (Dawlat al-Khilafah al-Islamiyya, 26 décembre 2015) :
  • Les Juifs sont derrière "les nations infidèles" qui ont peur de mener une guerre terrestre contre l'Etat islamique.
  • L'Etat islamique n'a jamais oublié la Palestineet ne l'oubliera jamais. Les Juifs entendront bientôt "les combattants de l'organisation s'approcher" et les comptes avec les Juifs seront rudes.
  • La Palestine ne sera jamais le pays des Juifs, mais leur cimetière.Allah a rassemblé les Juifs en Palestine seulement pour que les musulmans les tuent.
  • Si la coalition islamique menée par l'Arabie saoudite était vraiment islamique, elle combattrait du côté musulman contre les Russes et contre les "chrétiens" (cf., la coalition menée par les Etats-Unis) et aspirerait à tuer les Juifs et à libérer la Palestine.
  • Les propos d'Al-Baghdadi au sujet d'Israël et des Juifs sont inhabituels par leur portée, même s'ils ne représentent qu'une petite partie de son discours, qui a été consacré essentiellement à l'Arabie saoudite. Le dernier enregistrement d'Abu Bakr Al-Baghdadi remonte à Mai 2015. Il n'avait alors fait aucune mention d'Israël. Il  convient de noter que, à la lumière des récentes attaques terroristes en Israël, diverses provinces de l'Etat islamique ont publié desvidéos comportant des menaces envers Israël, et les remarques d'Al-Baghdadi en sont la continuation. Israël et les Juifs sont récemment l'objet de l'intérêt de l'Etat islamique, probablement en raison de la campagne d'attaques terroristes palestiniennes. Selon nous, ces menaces pourraient être traduites par des tentatives de mener des attaques contre Israël et des cibles juive en Israël et le long de ses frontières, ou à l'étranger.