Pleins feux sur le jihad mondial (10-16 décembre 2015)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Photo publiée par le ministère russe de la Défense du sous-marin Rostov-on-Don, situé dans la mer Méditerranée près des côtes syriennes (RT, 8 décembre 2015)

Photo publiée par le ministère russe de la Défense du sous-marin Rostov-on-Don, situé dans la mer Méditerranée près des côtes syriennes (RT, 8 décembre 2015)

Armes de l'armée syrienne saisies par l'Etat islamique à Mheen (dabiqnews.com, 10-11 décembre 2015)

Armes de l'armée syrienne saisies par l'Etat islamique à Mheen (dabiqnews.com, 10-11 décembre 2015)

Le terroriste suicide près du véhicule blindé explosif avant son explosion (Site Internet dabiqnews.com, 11 décembre 2015)

Le terroriste suicide près du véhicule blindé explosif avant son explosion (Site Internet dabiqnews.com, 11 décembre 2015)

Issa Abd al-Karim al-Laqta, alias Abu Aisha al-Ghazawi, au Centre (Al-Watan, 9 décembre 2015)

Issa Abd al-Karim al-Laqta, alias Abu Aisha al-Ghazawi, au Centre (Al-Watan, 9 décembre 2015)

Annonce de la conférence de presse imminente avec Al-Julani (The Long War Journal)

Annonce de la conférence de presse imminente avec Al-Julani (The Long War Journal)


Principaux points

  • La semaine écoulée n'a pas été marquée par des changements significatifs sur le terrain en Syrie et en Irak. L'Etat islamique a effectué une offensive de grande ampleur contre ses opposants dans différentes régions en Irak et en Syrieavec des terroristes suicide et des camions/voitures piégés et/ou des ceintures piégées. Dans ce cadre, l'Etat islamique a commis des attentats suicide contre le quartier alaouite de Homs, contre des organisations rebelles ennemies au Nord d'Alep, contre les forces kurdes dans la région de Hasakah, contre l'armée irakienne dans la région de Ramadi, contre le gouvernement irakien dans la région de la ville de Samara, contre des cibles chiites et gouvernementales à Bagdad et contre les forces des Peshmergas kurdes près de la frontière entre l'Irak et la Syrie.
  • Cette offensive terroriste, exceptionnelle par son ampleur, à laquelle ont participé selon nous des dizaines de terroristes suicide, témoigne des difficultés de l'Etat islamique dans diverses arènes de combat, notamment en Irak. Le Président américain a ainsi déclaré que l'Etat islamique avait perdu 40% des territoires qu'il contrôlait en Irak, et qu'il n'a pas marqué de victoire terrestre depuis l'été dernier. Les propos du Président américain font référence selon nous à la libération des régions de Tikrit et Baiji (Nord de Bagdad) et de la région de Sinjar (Nord-Ouest de l'Irak) par l'armée irakienne, les milices chiites qui la soutiennent et les forces kurdes, avec le soutien aérien et opérationnel des Etats-Unis et de la coalition.

 

La campagne internationale contre l'Etat islamique

Frappes des Etats-Unis et des pays de la coalition
  • Cette semaine, les forces américaines et les pays de la coalition ont poursuivi leurs frappes aériennes contre des objectifs de l'Etat islamique. Pendant la semaine, des dizaines de raids aériens ont été effectués au moyen d'avions de chasse, d'avions de combat et de drones. Selon le Département américain de la Défense (exact au 9 décembre 2015), les forces de la coalition dirigées par les Etats-Unis ont effectué 8783 frappes, dont 5765 en Irak et 3018 en Syrie. Ci-après les principales attaques (Site Internet du Département américain de la Défense) :
  • Syrie– Les frappes aériennes ont été concentrées dans les zones de Deir al-Zor, Marea (Nord d'Alep) et Al-Raqqah. Les frappes aériennes ont ciblé des équipements d'artillerie de l'Etat islamique, des véhicules et des puits de pétrole.
  • Irak – Les frappes aériennes ont été concentrées dans les zones de Kisik, Mosul, Ramadi, Tal Afar, Sinjar, Fallujah, Habbaniyah et Tikrit.Les frappes aériennes ont ciblé des combattants, des positions de combat, des bunkers, des routes utilisées par des membres de l'Etat islamique, des armes, des véhicules et un atelier de fabrication de voitures piégées.
  • A l'occasion d'un briefing au Pentagone, le colonel Steve Warren, porte-parole de la coalition américaine, a déclaré que durant les frappes des forces de la coalition, trois dirigeants de l'Etat islamique ont été tués. Selon les rapports, les morts sont Muwaffaq Mustafa Mohammed al-Karmoush, surnommé Abu Saleh, gestionnaire des fonds de l'Etat islamique, Abu Maryam, dirigeant de l'Etat islamique, et Abu Rahman le Tunisien, officier de haut rang de l'organisation, chargé du transfert d'information, de membres et d'armes. Selon lui, les trois ont été tués dans trois frappes différentes fin Novembre 2015 dans la région de Tal Afar, au Nord de l'Irak (Christian Today, 14 décembre 2015).
Déclarations américaines
  • Dans un discours vindicatif au Pentagone le 14 décembre 2015, le Président américain Barak Obama a déclaré que "jusqu'ici, l'Etat islamique a perdu environ 40% des régions habitées qu'il contrôlait en Irak, et qu'il devrait perdre d'autres territoires… L'Etat islamique a également perdu des milliers de kilomètres carrés des territoires qu'il contrôlait en Syrie, et il devrait en perdre d'autres". Obama a ajouté que sur ses ordres, les forces spéciales en Syrie ont commencé à venir en aide aux "forces locales" pour repousser l'Etat islamique au Sud (cf., les forces kurdes), afin de couper ses lignes d'approvisionnement et de renforcer la pression sur la ville d'Al-Raqqah (theguardian.com, 14 décembre 2015).
  • Les propos du Président américain témoignent des accomplissements des Etats-Unis et de leurs alliés locaux dans les combats contre l'Etat islamique, notamment en Irak. Depuis l'été dernier, l'Etat islamique a perdu les zones de Tikrit et Baiji (Nord de Bagdad) et de Sinjar (Nord-Ouest de l'Irak), à l'avantage de l'armée irakienne, des milices chiites et des forces kurdes. Dans la ville de Ramadi, "la capitale" de la province d'Al-Anbar, contrôlée par l'Etat islamique, l'organisation fait face à des pressions croissantes de l'armée irakienne et des milices chiites, avec le soutien aérien des Etats-Unis et de la coalition. Les forces kurdes en Syrie ont marqué des points sur le terrain le long de la frontière turque. Toutefois, l'Etat islamique contrôle toujours l'Ouest de l'Irak et de la Syrie, et les grandes villes de Mossoul et d'Al-Raqqah, et la situation sur le terrain est encore loin d'être décisive.
  • Durant une audition devant le comité des forces armées au Sénat, Ashton Carter, le secrétaire d'Etat américain, a déclaré que l'armée américaine et les forces locales "gagnaient de l'élan" dans les combats contre l'Etat islamique. Selon lui, les Etats-Unis devraient augmenter leurs efforts pour vaincre l'organisation. Carter a ajouté que les Etats-Unis utilisent des forces spéciales en Irak et en Syrie et accroîtront leurs efforts s'il le faut. Par ailleurs, ils sont prêts à accroître les efforts pour porter atteinte aux infrastructures de pétrole de l'Etat islamique, effectives selon lui. Carter a ajouté que récemment, il s'était adressé aux pays européens et leur avait demandé de multiplier leurs frappes contre l'Etat islamique. Le secrétaire d'Etat a pointé du doigt l'absence des pays arabo-sunnites, notamment des pays du Golfe, dans les combats contre l'Etat islamique et a déclaré que les Etats-Unis avaient soumis l'idée de la création d'une force arabe conjointe pour soutenir les combats (Newsweek, 12 décembre 2015).
La Grande-Bretagne et l'Allemagne rejoignent les frappes contre l'Etat islamique en Syrie
  • Durant une visite aux Etats-Unis, Michael Fallon, le secrétaire britannique à la Défense, a exprimé sa déception face à la lenteur des combats contre l'Etat islamique. Selon lui, aussitôt après la décision du Parlement, la Grande-Bretagne a multiplié le nombre d'avions basés dans une base aérienne à Chypre. Ces avions ont commencé à agir aussitôt et ont lancé une série de frappes réussies contre des cibles des infrastructures de l'Etat islamique, notamment dans la région de l'Est de la Syrie où se trouvent des champs de pétrole. Fallon a refusé de donner un calendrier sur la poursuite des combats (Guardian, 11 décembre 2015).
L'Allemagne rejoint les combats contre l'Etat islamique
  • Ashton Carter, le secrétaire d'Etat américain, a envoyé à l'Allemagne une missive demandant d'accroître l'intensité du soutien militaire dans les combats contre l'Etat islamique. Angela Merkel, la chancelière allemande, a rejeté la demande américaine, affirmant que l'Allemagne remplit son rôle dans les combats contre l'Etat islamique et ne voit pas l'intérêt d'un nouveau débat sur la question (Reuters, 14 décembre 2015).

Implication de la Russie dans la guerre civile en Syrie

  • Des avions russes continuent leurs frappes en Syrie, notamment dans la région de Latakieh, Al-Hasakah, Deir al-Zor, Hama, Idlib, Alep, et Damas. En parallèle, la Russie a envoyé un sous-marin armé de missiles de croisière à l'Est de la mer Méditerranée, près des côtes de la Syrie. Le sous-marin a tiré des missiles de croisière sur des cibles de l'Etat islamique à Al-Raqqah, à 1500 mètres des côtes.
  • Le ministre russe de la Défense Serguei Shoygua informé le Président Poutine des résultats des frappes russes en Syrie. Selon lui, des infrastructures de pétrole et un entrepôt d'armes de l'Etat islamique ont été frappés. Selon lui, Israël et les Etats-Unis ont été informés des frappes à l'avance. Par ailleurs, le ministre de la Défense a déclaré qu'au cours des derniers jours, des bombardiers stratégiques avaient été déployés (RT, 8 décembre 2015). Selon lui, depuis que la Russie a rejoint les combats en Syrie, les forces aériennes russes ont effectué plus de 8000 frappes sur des infrastructures militaires, dont plus de 4000 frappes (Tass, 11 décembre 2015).
  • Durant une réunion du forum annuel du ministère russe de la Défense (11 décembre 2015), le Président russe Vladimir Poutine a fait référence aux combats en Syrie. Il a déclaré qu'il avait donné l'ordre aux forces russes d'agir fermement pour détruire toute cible présentant un danger aux forces ou aux infrastructures russes sur le terrain. Poutine a souligné dans ses propos que le terrorisme en Syrie représente une menace directe pour la Russie et justifie l'activité de la Russie en Syrie.Poutine a affirmé que la Russie collabore également avec les forces de l'armée syrienne libre (organisation de rebelles soutenue par l'Occident) dans les combats contre l'Etat islamique par le biais d'un soutien aérien, en fournissant des armes légères et des munitions et en effectuant des activités conjointes avec les forces de l'armée d'Assad. Il a ajouté qu'il avait ordonné aux forces russes de coordonner leurs activités avec Israël et avec la coalition dirigée par les Etats-Unis (Express, 12 décembre 2015).
  • En réponse, John Kirby, porte-parole du Département américain, a déclaré qu'il ne pouvait pas confirmer les propos de Poutine selon lesquels la Russie soutient l'armée syrienne et lui fournit des armes et du soutien aérien (Reuters, 12 décembre 2015). D'autres porte-parole de l'armée syrienne libre ont également démenti les propos de Poutine : Ahmed Berri, le commandant de l'armée syrienne libre, a démenti les propos de Poutine, déclarant que la Russie frappe des positions de l'armée syrienne libre pratiquement chaque jour (Coalition nationale syrienne, 12 décembre 2015). Le responsable des renseignements de l'armée syrienne libre a déclaré qu'ils étaient prêts à fournir à la Russie des détails, des cartes et des documents montrant les positions de l'Etat islamique en Syrie (Spoutnik, 14 décembre 2015).Abd al-Razzaq Ahmed Farija, responsable du conseil militaire de l'armée syrienne dans la région de Hama, a déclaré que la Russie avait tenté d'entrer en contact avec des officiers de l'armée syrienne libre pour les inciter à modifier l'ordre des combats mais avait échoué (All4Syria, 15 décembre 2015).
  • Les propos de Poutine selon lesquels la Russie collabore avec l'armée syrienne libre visent selon nous àapprofondir la légitimité internationale des frappes aériennes effectuées par la Russie en Syrie. L'armée syrienne libre, soutenue par l'Occident, est composée d'organisations rebelles qui représentent une cible centrale de la majorité des frappes russes, qui visent à venir en aide au régime d'Assad.
  • Dans une rencontre avec son homologue italien, Serguei Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré qu'au cours des derniers mois, la coalition internationale a augmenté ses frappes, notamment contre les biens pétroliers de l'organisation. Lavrov a ajouté qu'il préfère que la campagne de la coalition contre l'Etat islamique soit basée sur les décisions du conseil de sécurité de l'ONU et sur les lois internationales qui requièrent l'autorisation du gouvernement syrien. Selon lui, la Russie est intéressée à coordonner ses efforts contre l'Etat islamique avec la coalition internationale mais pas à la rejoindre (Tass, 11 décembre 2015).
  • En attendant,les tensions entre la Russie et la Turquie persistent, après avoir débuté avec l'interception d'un appareil russe. Pendant la semaine, deux incidents ont été signalés : le premier incident est survenu suite à la publication de la photo d'un soldat russe transportant un lance-roquettes sur son épaule pendant le voyage d'un navire russe dans le détroit de Bosphore, qualifiée par le ministre turc des Affaires étrangères de "provocation" ; un autre incident a eu lieu le 13 décembre 2015, lorsqu'un navire de guerre russe naviguant dans la mer Egée a tiré des coups de semonce à l'intention d'un bateau de pêche turc. Après l'incident, le Premier ministre turc Davutoglu a déclaré que la Turquie examine les mesures possibles contre la Russie et est prête à imposer des sanctions le cas échéant. Il a ajouté, cependant, que la Turquie reste ouverte pour des négociations avec Moscou (RT, 13 décembre 2015).

Principaux développements en Syrie

Aperçu général
  • Cette semaineencore, il n'y a pas eu de changements significatifs sur le terrain. Plusieurs attentats ont été commis par des terroristes suicide et des voitures piégées de l'Etat islamique contre les forces rebelles au Nord d'Alep, contre les Kurdes dans la région d'Al-Hasakah et dans le quartier alaouite de Homs. Des dizaines de personnes ont été tuées dans ces attaques. Dans la Province de Homs, des membres de l'Etat islamique ont réussi à reprendre la ville de Mheen et deux villages voisins, au Sud-Est de Homs. Dans le Sud-Ouest d'Alep, l'armée syrienne a réussi à occuper plusieurs villages et à tuer des dizaines de membres de l'armée Al-Fatah (organisation islamique dirigée par le Front Al-Nusra).
  • L'explosion d'une voiture piégéea provoqué des réactions en Syrie et sur la scène internationale :
  • Wael al-Halqi, Premier ministre syrien et le ministère syrien des Affaires étrangères ont condamné l'attaque. Ils ont déclaré que de telles attaques n'intimideront pas le peuple syrien et ne feront qu'augmenter leur détermination à lutter contre le terrorisme (Agence de presse syrienne, 12 décembre 2015). Dans plusieurs quartiers, des manifestations ont eu lieu contre le gouverneur provincial de Homs en réponse à l'explosion de la voiture piégée (Khatwa, 12 décembre 2015).
  • Le ministère russe des Affaires étrangèresa envoyé des lettres au Conseil de sécurité de l'ONU et au bureau du Secrétaire général condamnant la série d'attaques qui ont eu lieu en Syrie. Les Russes ont exhorté la communauté internationale à répondre au terrorisme. Il est également indiqué dans les lettres que ces attaques ne pouvaient pas se faire sans l'aide de terroristes en dehors de la Syrie (RT, 14 décembre 2015). Le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté la proposition de dénoncer l'acte de terrorisme rédigée par la Russie avec le soutien de la Syrie (RT, 14 décembre 2015).
La province de Homs
Succès de l'Etat islamique au Sud-Est de Homs
  • Durant la semaine, l'Etat islamique a réalisé plusieurs accomplissements au Sud-Est de Homs (où se sont déroulés des heurts locaux également la semaine dernière). Selon lui, des membres de l'Etat islamique ont reconquis des mains de l'armée syrienne la localité de Mheen et deux villages à proximité. Par ailleurs, il a été annoncé que de nombreuses armes de l'armée syrienne ont été saisies (dabiqnews.com, 10-11 décembre 2015).
Offensive terroriste avec des camions et des voitures piégés
La ville de Homs
  • Une voiture piégée et un terroriste suicide ont explosé à proximité de l'hôpital d'Al-Ahali, dans le quartier d'Al-Zahra de la ville, où vit une majorité alaouite, proche du régime syrien. Les médias ont annoncé des dizaines de morts et des centaines de blessés (Al-Mayadeen, 12 décembre 2015). Après l'explosion d'une voiture piégée, des bouteilles de gaz ont également explosé, provoquant des morts et des blessés (Al-Nashra, 12 décembre 2015). L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attentat (Khatwa, 12 décembre 2015).
Région de Palmyre
  • Le 10 décembre 2015, l'armée syrienne a annoncé avoir localisé un camion piégé abandonné par l'Etat islamique dans la ville de Palmyre (Compte Twitter proche de l'organisation, 10 décembre 2015). Le site Al-Ahad libanais proche du Hezbollah a annoncé que des membres de l'Etat islamique avaient abandonné le camion piégé et s'étaient enfuis. La cible du camion était une position syrienne dans le secteur, à environ dix kilomètres à l'Ouest de la ville de Palmyre (Site Internet alahednews.com, 10 décembre 2015).
Province d'Alep
Explosion d'une voiture piégée au Nord d'Alep
  • Le 11 décembre 2015, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'explosion d'une voiture piégée dans une zone de regroupement des organisations rebelles dans le village de Jarez, à environ 40 kilomètres au Nord d'Alep (à proximité de la frontière avec la Turquie). Un terroriste suicide appelé Haydarah al-Badraniconduisait le véhicule. En résultat, des dizaines de personnes ont été tuées et blessées, dont Abu Al-Hassan, le commandant de la principale force d'Al-Jabha al-Shamiya, un cadre d'organisations rebelles œuvrant au Nord de la Syrie (dabiqnews.com, 11 décembre 2015).
La zone rurale du Sud et du Sud-Ouest d'Alep
  • Les confrontations locales dans la région rurale du Sud d'Alep se poursuivent. Le 12 décembre 2015, des soldats de l'armée syrienne ont réussi à conquérir six villages de larégion de Qurayhah, à proximité du village du Sud d'Alep (Compte Facebook الاعلام الحربي المركزي, 12 décembre 2015).
Région d'Al-Hasakah
  • Dans la province d'Al-Hasakah également, l'Etat islamique a effectué une série d'attaques contre les forces kurdes par des camions piégés : dans la ville de Tal-Tamar, au Nord-Ouest de Hasakah, trois camions piégés ont explosé (Al-Arabiya Al-Hadat, 12 décembre 2015). Les camions ont explosé devant un hôpital, dans un marché et dans un quartier résidentiel, contrôlé par les forces kurdes. Le porte-parole des forces kurdes (YPG) a déclaré qu'entre 50 et 60 kurdes avaient été tués et près de 80 blessés (Al-Arabiya, 11 décembre 2015). L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'explosion des camions piégés (Compte Twitter proche de l'organisation, 12 décembre 2015).
  • Une charge explosive a explosé au centre des forces kurdes dans la ville d'Al-Qahtaniya, provoquant la mort de trois kurdes. Une autre voiture piégée a explosé dans un village à l'Ouest d'Al-Hasakah (Comités de liaison locaux, 12 décembre 2015).
Damas
  • Un accord aurait été conclu entre l'Etat islamique et le Front Al-Nusradans lequel selon nous est également impliqué le régime syrien, au sujet du contrôle de portions du camp de réfugiés de Yarmuk et de quartiers à proximité (Sud de Damas). Il a été signalé qu'un accord avait été conclu par des intermédiaires au sujet du quartier d'Al-Hajar al-Aswad(province de l'Etat islamique), ducamp de réfugiés de Yarmuk, dans les quartiers d'Al-Tadamon. Selon l'accord, les hommes armés qui se retireront de ces régions seronttransférés à Idlib (foyer du Front al-Nusra) et à Al-Raqqah(foyer de l'Etat islamique). Environ 140 femmes et enfants des membres de l'Etat islamique seront transférés également à Al-Raqqah. Les lieux évacués reviendront au contrôle des autorités du pays. Il a également été décidé que le départ des hommes armés serait supervisé par l'ONU et plusieurs autres pays (Al-Watan, 9 décembre 2015). Il faut maintenant patienter et voir si et comment l'accord sera appliqué.

Principaux développements en Irak

Aperçu général
  • Aucun changement significatif n'a été signalé sur le terrain cette semaine. Dans la ville de Ramadi, dans ses environs et dans les villes de Bagdad et de Samara, l'Etat islamique a effectué plusieurs frappes par le biais de terroristes suicide, de voitures piégées et de pose d'engins piégés, comme la "vague" d'attaques commises par l'Etat islamique en Syrie.
La ville de Bagdad et ses environs
  • L'Etat islamique continue son offensive de terrorisme et de guérilla contre les civils et les soldats à Bagdad : le 13 décembre 2015, trois soldats irakiens ont été blessés dans l'explosion d'un engin piégé au Sud de Bagdad, alors qu'ils étaient en patrouille (Al-Sumaria, 13 décembre 2015). Le 12 décembre 2015, dix civils ont été blessés, d'autres ont été blessés dans le quartier d'Al-Wahda au Sud de Bagdad, par une charge qui a explosé près d'un stade de football (Al-Alam Al-Yom, 13 décembre 2015). Le 9 décembre 2015, neuf personnes ont été tuées à Bagdad et quatre autres ont été blessées dans l'explosion d'une voiture piégée conduite par un terroriste suicide, à l'entrée d'une mosquée chiite (BBC en arabe, 9 décembre 2015).
Province d'Al-Anbar
  • Dans la région de la ville de Ramadi, l'Etat islamique a tenté de réduire la pression dont il fait l'objet avec une série d'attentats suicide et d'attaques à la voiture piégée :
  • Le 12 décembre 2015,31 membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués dans l'explosion de trois voitures piégées dans le Sud-Est  de Ramadi (Aamaq, 12 décembre 2015 ; Al-Jazeera, 12 décembre 2015). L'attaque a apparemment été commise dans le quartier d'Al-Tamim, dont une partie a été prise par l'armée irakienne la semaine dernière.
  • Le 13 décembre 2015, une voiture piégée conduite par un terroriste suicide a explosé dans un lieu de regroupement des forces de sécurité irakiennes
  • au Sud-Est de la ville de Ramadi. L'explosion a tué 16 soldats irakiens et des membres des milices chiites qui soutiennent l'armée irakienne (Télévision Al-Jazeera, 13 décembre 2015).
  • Selon un rapport de l'armée irakienne, 11 membres de l'Etat islamique auraient été tués et trois voitures piégées détruites sur les routes menant au Sud et au Nord de la ville de Ramadi (Al-Sumaria, 13 décembre 2015).
  • Dans la région frontalière entre l'Irak et l'Arabie saoudite(dans la province d'Al-Anbar), six soldats de la police des frontières irakienne ont été tués et quatorze autres ont été blessés dans l'explosion d'une voiture piégée le 12 décembre 2015. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque (Télévision Al-Jazeera, 12 décembre 2015).
Province de Salah al-Din
  • L'Etat islamique a affirmé le 12 décembre 2015 avoir atteint trois hélicoptères irakiens par des tirs de roquettes sur un camp militaire au Nord de la ville de Tikrit. "Une source sécuritaire" irakienne a confirmé que des obus de mortier avaient été tirés sur la base et qu'un hélicoptère au sol avait effectivement été touché (Amak, Al-Jazeera, 12 décembre 2015). L'Etat islamique a publié des photos des tirs de roquettes sur le camp (Akhbar Al-Muslimeen, 12 décembre 2015).
La ville de Samara
  • Dans la région de la ville de Samarra, au Nord de Bagdad, des affrontements continuent d'opposer l'Etat islamique aux forces de sécurité irakiennes. L'organisation a rapporté cette semaine que le 10 décembre 2015, deux de ses membres portant des ceintures d'explosifs ont fait irruption dans un bâtiment du gouvernement irakien (dans le quartier d'Al-Ishaqi) au Sud de Samarra. Ils ont activé leurs ceintures d'explosifs, tuant 56 soldats de l'armée irakienne (Aamaq, 12 décembre 2015). De son côté, l'armée irakienne a rapporté que l'armée de l'air irakienne avait détruit une "salle des opérations" de l'Etat islamique à l'Ouest de la ville de Samarra, tuant sept membres de l'Etat islamique (Shafaq News, 13 décembre 2015).
La région d'Al-Jazeera (frontière irako-syrienne)
  • Selon le ministère irakien de l'Intérieur, un raid aérien de l'armée irakienne près de la frontière irako-syrienne a tué au moins 15 membres de l'Etat islamique et fait de nombreux blessés. Parmi les personnes tuées figurent Abu Amana al-Masri et Mohammad Hamid al-Alassafi, hauts responsables de l'organisation proches du responsable Abu Bakr al-Baghdadi. Parmi les blessés figureraient un des collaborateurs d'Abu Bakr al-Baghdadi, Abu Ali al-Anbari, qui a été transféré à hôpital d'Abu Kamal (Télévision Al-Arabiya, 12 décembre 2015).
  • Deux jours plus tôt, l'Etat islamique avait publié une vidéo des combats au Nord d'Al-Jazeera. La vidéo montrait des tirs d'obus de mortier et d'artillerie sur le siège des forces peshmergas kurdes, au Nord-Est de la ville de Mossoul (archive.org, 10 décembre 2015). Selon un rapport de l'Etat islamique, l'attaque a également inclus des terroristes suicide qui ont fait irruption dans le siège et tué 16 membres des peshmergas (Aamaq, 13 décembre 2015).

 La conduite de l'Etat islamique

Atteinte aux sources de financement de l'organisation
  • La chaîne Al-Jazeera a annoncé qu'elle avait obtenu des documents originaux témoignant de l'exploitation de 27 champs de pétrole sous le contrôle de l'organisation en Syrie. Selon les documents, environ la moitié de ces champs de pétrole sont situés dans la province de Deir al-Zor et le reste dans les provinces de Hassaké et d'Al-Raqqah. Selon les documents, les revenus mensuels des champs de pétrole de l'Etat islamique se montent à environ 60 millions de dollars, dont près de 34 millions de dollars provenant de 18 champs de pétrole dans la région de Deir al-Zor (Télévision Al-Jazeera, 13 décembre 2015).
  • Selon Adam Szubin, sous-secrétaire américain au Trésor pour le terrorisme et les crimes financiers, l'Etat islamique touche des profits élevés de la production et de la vente de pétrole et l'accent devrait être mis sur les atteintes à cette infrastructure. Szubin aussi a révélé que le régime d'Assad est l'un des principaux acheteurs de pétrole de l'Etat islamique et qu'une partie atteint également la Turquie et les régions kurdes. Selon Szubin, le volume du commerce du pétrole est d'environ 40 millions de dollars par mois (Reuters, 10 décembre 2015).
  • Dans le passé, les revenus des champs de pétrole en Irak et en Syrie étaient estimés à 100 millions de dollars par mois (Septembre 2014). Les documents obtenus par Al-Jazeera (en supposant qu'ils sont authentiques) indiquent que les revenus mensuels de l'Etat islamique ont baissé de dizaines de millions de dollars. Les frappes aériennes des États-Unis, de leurs alliés et de la Russie sont désormais axées sur l'infrastructure du pétrole et du marketing de l'Etat islamique, dans le but de réduire encore ses bénéfices provenant de la production de pétrole, ce qui devrait nuire à ses capacités militaires et gouvernementales. [1]

L'Egypte et la Péninsule du Sinaï

  • Pendant la semaine, les forces de sécurité égyptiennes ont continué leurs opérations militaires contre la branche du Sinaï de l'Etat islamique. Dans ce contexte, elles ont effectué une intense activité, principalement dans la région de Rafah, de Cheikh Zoweid et d'Al-Arish. De nombreux terroristes ont été arrêtés, des infrastructures ont été détruites, et des voitures et des motos sans plaques d'immatriculation ont été saisies. En outre, les forces de sécurité égyptiennes ont intensifié la surveillance aux points de contrôle et mis en place de nombreux barrages mobiles (Al-Youm al-Sabea, 14 décembre 2015).
  • Des sources de sécurité égyptiennes ont annoncé la découverte d'une cellule de femmes mariées à de hauts responsables de la Province du Sinaï de l'Etat islamique, collaborant avec des membres de l'organisation. Les forces de sécurité égyptiennes ont arrêté une femme portant un talkie-walkie et des puces pour téléphones mobiles destinés à l'un des membres. Des membres de l'organisation auraient eu recours à des femmes pour transférer des engins piégés et les déposer sur les routes utilisées par des véhicules militaires. Elles les auraient également aidés à suivre les activités des forces de sécurité égyptiennes (Al-Watan, 13 décembre 2015).
  • Malgré l'activité des forces de sécurité égyptiennes, l'Etat islamique a poursuivi ses attaques contre les forces de sécurité égyptiennes :
  • Le 13 décembre 2015, un policier a été tué par des tirs de snipers au barrage d'Al-Kharoubah au Sud de Cheikh Zoweid (Portail Veto, 13 décembre 2015).
  • Le 12 décembre 2015,un officier et neuf policiers ont été blessés au Sud d'Al-Arish après l'explosion d'un engin piégé contre un APC (Al-Watan, 12 décembre 2015). La Province du Sinaï de l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'explosion (Compte Twitter proche de l'Etat islamique, 12 décembre 2015).
  • Le 13 décembre 2015, le site Internet de l'Etat islamique a signalé que le 12 décembre 2015, ses membres avaient fait exploser un engin piégé contre un véhicule de déminage de l'armée égyptienne sur la route reliant Cheikh Zoweid à Rafah (dabiqnews.com, 11 décembre 2015).
  • Le 14 décembre 2015, un soldat égyptien a été abattu alors qu'il surveillait la région d'Al-Kharoubah, au Nord-Est d'Al-Arish (Al-Youm al-Sabea, 14 décembre 2015).
  • Le 14 décembre 2015, un soldat égyptien a été blessé par l'explosion d'un engin piégé près d'un APC à proximité du marché de poisson dans le Centre d'Al-Arish (Al-Youm al-Sabea, 14 décembre  2015).
Rapport égyptien sur le crash de l'avion russe
  • La commission égyptienne qui a enquêté sur les circonstances du crash d'un avion russe a rédigé un rapport préliminaire et l'a envoyé à l'organisation internationale du transport aérien (IATA). Le rapport indique qu'aucune preuve de l'implication des éléments terroristes ou toute autre activité illégale n'a été trouvée dans le crash de l'avion russe (Reuters, 14 décembre 2015). Selon Ayman al-Muqaddam, président de la commission d'enquête, les enquêteurs attendent maintenant les rapports de la Russie sur l'identification des corps et la détermination du statut des victimes (Al-Youm al-Sabea, 14 décembre 2015). Le porte-parole de la Présidence russe Dmitri Peskov a déclaré qu'il ne pouvait pas commenter l'annonce, mais a fait référence à l'enquête des experts russes qui a conclu que l'accident était dû à une attaque terroriste (Agence de presse TASS, 14 décembre 2015).

Palestiniens et arabes israéliens

Mort d'un Gazaouite à Al-Raqqah
  • L'Etat islamique a annoncé la mort d'Issa Abd al-Karim al-Laqta, alias Abu Aisha al-Ghazawi. Il a été tué le 7 décembre 2015, dans un raid aérien russe sur la ville d'Al-Raqqah en Syrie (Terror monitor, 9 décembre 2015).
  •  Selon les rapports des médias palestiniens, Issa Abd al-Karim al-Laqta, alias Abu Aisha al-Ghazawi, était originaire du quartier de Cheikh Radwan à Gaza. Selon les rapports, il était un ancien membre de la branche armée du Hamas qu'il a décidé de quitter en raison de divergences d'opinion. Il y a environ un an, il s'est rendu en Syrie, où il a rejoint l'Etat islamique. En Syrie, il s'est marié et était père d'un enfant. Il y a six mois, Al-Laqta a menacé le Hamas, disant que des attaques terroristes seraient menées dans la bande de Gaza et que celle-ci serait transformée en un "bain de sang" si le Hamas ne libérait pas les salafistes arrêtés (Al-Watan, 9 décembre 2015). Il existe différentes versions concernant les circonstances de sa mort. Selon une version, il aurait été tué dans la zone rurale d'Alep, et selon une autre version, il aurait trouvé la mort dans une frappe aérienne russe dans la région d'Al-Raqqah (Agence de presse islamique; Terror Monitor, 8 – 9 décembre 2015).
Nouvel enrôlement d'un arabe israélien dans les rangs de l'Etat islamique
  • Un citoyen israélien musulman qui avait servi en tant que combattant dans la brigade Givati de l'armée israélienne a récemment rejoint les rangs de l'Etat islamique. Il s'agit d'un résident de la ville arabe de Fureidis, dans la périphérie de Haïfa. Selon ses papiers, il a été libéré de l'armée israélienne en Janvier 2014. Il a quitté Israël pour la Turquie et s'est rendu en Syrie. Il a emporté sa plaque d'immatriculation militaire avec lui. La mère du jeune homme a affirmé que sa famille n'avait pas été en contact avec lui au cours des cinq dernières années, en raison d'une querelle de famille. Après avoir quitté la maison, il est enrôlé dans l'armée israélienne et depuis lors, il n'était pas en contact avec sa famille (Quotidien israélien Haaretz, 14 décembre 2015).

Le jihad mondial dans d'autres pays

Libye
  • Une série d'articles a récemment été publiée dans la presse égyptienne avertissant du danger pour la sécurité nationale de l'Egypte à la lumière du renforcement de l'Etat islamique en Libye. Selon les médias égyptiens, l'Etat islamique aspire à établir une province dans le désert occidental égyptien afin de connecter ses branches  en Libye et dans le Sinaï.
  • Un des journalistes a appelé les autorités égyptiennes à prendre des mesures préventives telles que des attaques contre les membres de l'Etat islamique à Derna et à Syrte plutôt que d'attendre que les membres de l'organisation atteignent la frontière égyptienne (Al-Watan, 11 décembre 2015). Un autre journaliste, Mohammed Jibril, a écrit que les forces égyptiennes avaient pratiquement éliminé des poches de terrorisme dans la péninsule du Sinaï, mais que l'activité de l'organisation à la frontière égypto-libyenne représentait maintenant un danger (Al-Masaa, 13 décembre 2015). Un autre journaliste, Makram Mohamed Ahmad, a exigé que l'Egypte prenne l'initiative et formule une nouvelle stratégie pour faire face au risque posé par l'Etat islamique en Libye (Al-Ahram, 6 décembre 2015).
La province de Syrte
  • A Syrte, l'Etat islamique a publié la "charte de la ville"(wathiqat al-Madina), qui régule la vie des résidents et leur interaction avec l'organisation, qui contrôle la ville et ses environs. Selon le document, il est interdit de vendre et de consommer de l'alcool, des drogues et des cigarettes; l'argent qui était en possession du gouvernement "infidèle" sera reversé aux musulmans, et le calife (chef Abu Bakr al-Baghdadi) va décider de la manière d'allouer les bénéfices aux musulmans; les résidents ont été avertis de ne pas entrer en contact avec les gouvernements "infidèles"; les soldats et policiers [du régime de Kadhafi] sont considérés comme des "infidèles" et sont appelés à se rendre dans des zones désignées afin de se "repentir", sinon ils seront exécutés; l'organisation continuera à détruire les éléments païens; l'organisation interdit les partis politiques et les associations de toute sorte; les femmes sont tenues de porter la longue robe traditionnelle (jilbab) et de rester à la maison; l'organisation souligne qu'elle continuera à imposer la charia aux habitants de la ville (Compte Twitter d'un journaliste libyen, 10 décembre 2015 ; Al-Sabah News, Tunisie, 11 décembre 2015). En échange de la conformité des résidents au strict code islamique de conduite, l'Etat islamique est censé leur fournir la sécurité et les services de la vie quotidienne, précédemment assurés par le gouvernement libyen.  
  • Selon nous, la "charte de la ville" symbolisel'établissement de l'Etat islamique à Syrte, sa base territoriale en Libye, et l'intensification de son contrôle sur les résidents de la ville. La charte de la ville est basée sur le modèle exprimé dans les mêmes documents qui ont été publiés par l'organisation à Mossoul, en Irak et à Al-Raqqah, en Syrie.
Sabratah
  • Selon des sources locales dans la ville, suite à la détention de trois membres de l'Etat islamique, deux Tunisiens et un Libyen, l'organisation a organisé une parade militaire dans la ville, dans laquelle plus de trente véhicules ont circulé autour de la ville. Les membres de l'organisation ont également mis en place des points de contrôle dans la région d'Al-Khatatba, à l'Est de la ville. Après la démonstration de force, l'armée tunisienne a envoyé des renforts à la frontière tuniso-libyenne (Al-Hadath, 10 décembre 2015; tunisie-telegraph, 10 décembre 2015; page Facebook dinar valley news agency, 10 décembre 2015; Daily Mail, 11 décembre 2015).
  • Sabratah est une importante ville libyenne située à l'Ouest de la capitale Tripoli, près de la frontière avec la Tunisie, et est coupée de la base territoriale de l'Etat islamique à Syrte. De violents combats se déroulent à Sabratah entre l'Etat islamique et les milices locales. L'Etat islamique n'a pas (encore?) le contrôle effectif de la ville, mais il y mène une activité intense. Il semble que, en raison de sa proximité avec Ras Jadir, la frontière avec la Tunisie (qui est une cible de prédilection pour les attaques terroristes de l'Etat islamique à partir du territoire libyen), les autorités tunisiennes suivent de près les développements dans la ville.

Activités de contre-terrorisme

Etats-Unis
  • Amin al-Baoudi, un citoyen américain d'origine syrienne accusé de contrebande d'armes pour le compte du Front Al-Nusra, a été poursuivi en justice aux États-Unis. Selon l'accusation, il aurait planifié de former des combattants en Syrie et la contrebande d'armes d'une valeur de 30.000 dollars (AP, 8 décembre 2015).
  • Lors d'une audition devant le Sénat américain, le directeur du FBI James Comey a déclaré que l'Etat islamique cherchait à introduire des terroristes aux États-Unis ou à persuader des individus, qui sont déjà aux États-Unis, de mener des attaques dans le pays. Il a également exprimé sa préoccupation que les membres de l'Etat islamique puissent délivrer des passeports qui ressemblent à des passeports syriens et se présenter comme réfugiés syriens afin d'entrer aux États-Unis (Tribune news service, 12 décembre 2015).
  • La Chambre des représentants américaine a voté massivement un projet de loi qui empêchera toute personne qui s'est rendue en Irak, en Iran, en Syrie ou au Soudan au cours des cinq dernières années d'entrer aux Etats-Unis sans visa. Le projet de loi devrait passer au Sénat et être voté avant la fin de l'année (The Guardian, 13 décembre 2015).
Europe

Selon des responsables en Europe, les pays européens rédigent une liste des passeports syriens et irakiens disparus risquant d'être utilisés par des terroristes afin de voyager en Europe et dans d'autres pays. La liste contient des milliers de numéros de série de passeports authentiques, qui étaient détenus dans les bureaux du gouvernement en Syrie et en Irak et qui ont été saisis par les organisations terroristes. La liste a été initialement établie cet été par un certain nombre de pays européens et les numéros de passeport supplémentaires ont été ajoutés (Reuters, 12 décembre 2015).

Activités de propagande

Conférence de presse du chef du Front Al-Nusra
  • Abu Mohammad al-Julani, commandant du Front Al-Nusra, a organisé une conférence de presse en Syrie, qui a été diffusée sur les chaînes d'information arabes. Ci-après certains des sujets abordés par Al-Julani (Orient, 12 décembre 2015) :
  • La participation de la Russie en Syrie : Selon Al-Julani, les attaques russes ne changent rien à la balance du pouvoir en Syrie. Selon lui, le Front Al-Nusra a passé la "phase de choc" suite à ces attaques, et les combats se poursuivent. Al-Julani estime que la Russie ne fait pas concurrence à l'Iran sur le territoire syrien, et qu'il y a une "division du travail" entre les deux entités. Selon lui, les Russes veulent un pied dans la région, tandis que les Iraniens sont également impliqués dans des activités populaires, diffusent le chiisme et cherche à prendre le contrôle de la Syrie d'un point de vue politique.
  • La participation de la Turquie : Selon Al-Julani, la Turquie vise d'abord à lutter contre les Kurdes, renforçant ainsi l'État islamique. D'après lui, en vertu de la charia, il est interdit au Front Al-Nusra de coopérer avec la Turquie et l'organisation a donc transféré ses bastions du Nord d'Alep à divers groupes rebelles.
  • La connexion à Al-Qaïda : Le Front Al-Nusra est la branche d'Al-Qaïda en Syrie et le restera. L'organisation n'a pas l'intention de rompre ses liens avec Al-Qaïda. Cependant, Al-Julani a noté que la mission de l'organisation est de lutter contre le régime d'Assad, le Hezbollah et ses alliés, et non contre les États-Unis ou l'Occident.
  • Appui à l'organisation: Selon Al-Julani, l'organisation ne reçoit d'armes ni de soutien extérieur d'aucun pays. Selon lui, le Front Al-Nusra possède des chars, des BMP et des armes anti-aériennes, saisis de l'armée syrienne ou achetés auprès d'autres organisations. Il a ajouté que le Front Al-Nusra était actif dans "plusieurs domaines commerciaux et économiques", afin de financer l'achat d'armes.
  • Le front Sud (cf., le sud des hauteurs du Golan syrien) : Le Front Al-Nusra est occupé dans cette région dans la lutte contre les Brigades des Martyrs d'Al-Yarmouk et d'autres organisations de la région qui reçoivent l'aide des États Unis. Le gouvernement syrien a essayé de profiter des combats entre les organisations afin de les attaquer en direction de Quneitra, mais sans succès.
Recrutement de combattants en Chine
  • L'Etat islamique a publié une chanson en mandarin appelée "Frères musulmans", dans une tentative d'inciter les Chinois à se joindre à l'organisation. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que la communauté internationale devait s'unir pour combattre le terrorisme (Spoutnik, 9 décembre 2015).
  • L'appel de l'Etat islamique aux musulmans de Chine en mandarin est inhabituel, et témoigne de l'intérêt de l'organisation à recruter de nouveaux membres en Chine, avec un accent sur les séparatistes musulmans. Des Ouïghours combattent déjà dans les rangs de l'Etat islamique en Syrie. Il s'agit de membres d'une minorité musulmane aux tendances séparatistes, résidant dans la région autonome du Xinjiang, au Nord-Ouest de la Chine. Selon un rapport d'experts en lutte contre le terrorisme en Chine, des séparatistes musulmans ouïghours se sont rendus en Syrie dès Mai 2012 pour rejoindre les combats aux côtés de jihadistes mondiaux. Selon le rapport, leurs voyages ont été organisés par des groupes d'opposition en Chine, qui financent leurs activités par le trafic de drogue, le trafic d'armes, les enlèvements et le vol (chinapost.com, 30 octobre 2012). Selon les premières estimations, il s'agit de plusieurs dizaines de combattants. Selon d'autres estimations (Décembre 2014) par des sources chinoises, ils sont environ 300.

[1]A ce sujet, voir notre article du 27 novembre 2014 intitulé "L'Etat islamique : Portrait d'une organisation terroriste", à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/fr/article/20733