Tag Archives: Hezbollah

Nouvelles du terrorisme et du conflit israélo-palestinien (10-16 août 2016)

Caricature du Hamas mettant en garde contre le

Caricature du Hamas mettant en garde contre le "danger israélien" à Al-Aqsa. En arabe on peut lire : "L'invasion continue des colons à la mosquée d'Al-Aqsa" (Compte Twitter Palinfo, 4 août 2016).

Musulmans affrontant la police israélienne sur le Mont du Temple après la montée de Juifs pour Tisha beAv (Youtube, 14 août 2016)

Musulmans affrontant la police israélienne sur le Mont du Temple après la montée de Juifs pour Tisha beAv (Youtube, 14 août 2016)

L'étage de la maison de Muhammad Tarayrah détruit par l'armée israélienne (Page Facebook Qudsn, 15 août 2016)

L'étage de la maison de Muhammad Tarayrah détruit par l'armée israélienne (Page Facebook Qudsn, 15 août 2016)

Couteaux commando saisis avant leur entrée en contrebande dans la bande de Gaza (Direction des terminaux du ministère de la Défense, 10 août 2016)

Couteaux commando saisis avant leur entrée en contrebande dans la bande de Gaza (Direction des terminaux du ministère de la Défense, 10 août 2016)

Formation des services de sécurité (Site Internet du ministère palestinien de l'Intérieur à Gaza, 14 août 2016)

Formation des services de sécurité (Site Internet du ministère palestinien de l'Intérieur à Gaza, 14 août 2016)

Bilal al-Kayed (Palinfo, 12 juillet 2016)

Bilal al-Kayed (Palinfo, 12 juillet 2016)

Rassemblement de soutien à al-Kayed devant les bureaux de la Croix-Rouge à Jérusalem, avec la participation du mufti de Jérusalem (Wafa, 12 août 2016)

Rassemblement de soutien à al-Kayed devant les bureaux de la Croix-Rouge à Jérusalem, avec la participation du mufti de Jérusalem (Wafa, 12 août 2016)

	 Gauche : La tente érigée par le JIP dans la ville de Gaza pour Bilal al-Kayed (Paltoday, 11 août 2016).

Gauche : La tente érigée par le JIP dans la ville de Gaza pour Bilal al-Kayed (Paltoday, 11 août 2016).

  • La semaine a été marquée par des attaques à l'arme blanche dans le quartier d'A-Tor à Jérusalem Est et deux tentatives d'attaques à un barrage routier près de la localité de Shaked (Nord de la Samarie) et à un barrage à Hébron. Un jeune civil israélien et une soldate israélienne ont été blessés. Des émeutes ont eu lieu sur le Mont du Temple suite à la montée de Juifs pendant le jeûne de Ticha beAv. Des porte-parole de l'Autorité Palestinienne (AP) et du Hamas ont profité de l'incident pour inciter à la violence.
  • Les forces de sécurité israéliennes ont récemment démantelé plusieurs cellules terroristes en Judée-Samarie ayant été recrutées par des membres du Hezbollah au Liban et dans la bande de Gaza. Les terroristes avaient reçu l'ordre d'attaquer des soldats de Tsahal et de réaliser un attentat suicide contre un autobus israélien. Le démantèlement des cellules a permis de déjouer les attaques. Dans le passé déjà, le Hezbollah avait recruté des membres de Judée-Samarie et de la bande de Gaza, et des Arabes israéliens, pour mener des attaques terroristes contre Israël. 
  • Le 14 août 2016- Une Palestinienne a tenté de commettre une attaque à l'arme blanche près de la localité de Shaked (Nord de la Samarie). Ses parents l'ont conduite au barrage et elle est sortie de la voiture au poste de contrôle armée d'un couteau. Elle a été arrêtée après avoir lutté avec les soldats. Les médias palestiniens ont annoncé que la terroriste était Amal Jamal Mahmoud Qabha, 15 ans, du village de Tura à l'Ouest de Jenin (Dunia al-Watan et Al-Ayam, 14 août 2016)
  • Le 11 août 2016- Un terroriste palestinien a effectué une attaque à l'aide d'un tournevis dans le quartier d'A-Tor à Jérusalem Est. Il a attaqué un jeune juif qui revenait du cimetière du Mont des Oliviers, le poignardant au cou et dans le dos. Le terroriste a réussi à s'enfuir.
  • Le 9 août 2016- Une Palestinienne de Hébron a tenté de poignarder des soldats à un barrage à Hébron. Elle a été arrêtée par les forces de sécurité israéliennes. Aucune victime n'a été signalée.
Répartition mensuelle des attaques en Judée-Samarie et en Israëldepuis le début de la campagne terroriste actuelle

Répartition mensuelle des attaques en Judée-Samarie et en Israël depuis le début de la campagne terroriste actuelle

Heurts sur le Mont du Temple pour Tisha beAv
  • Au cours de la semaine, des émeutes ont éclaté sur le Mont du Temple après la montée de juifs pour le jeûne de Tisha beAv (14 août 2016). Des musulmans ont insulté les juifs et la police israélienne a dispersé les émeutiers. Sept juifs ont été arrêtés pour avoir violé les règles concernant les visites juives sur le Mont du Temple. Les médias palestiniens ont fait état de plusieurs blessés.
  • L'Autorité Palestinienne (AP) et le Hamas ont profité des incidents pour souligner l'importance de la mosquée Al-Aqsa et inciter à la violence :
  • Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité Palestiniennea fermement condamné la politique d'Israël au sujet des lieux saints à Jérusalem, affirmant que les Palestiniens allaient tenter de convoquer une réunion d'urgence de la Ligue arabe et de l'Organisation de coopération islamique pour discuter de "l'escalade israélienne" sur le Mont du Temple (Quds.net, 14 août 2016).
  • Yusef al-Mahmoud, porte-parole du gouvernement palestinien de consensus national,a mis en garde contre les conséquences de "l'agression" des résidents des implantations sur le Mont du Temple et a demandé à la communauté internationale d'intervenir dès que possible pour "empêcher l'agression à Jérusalem et dans les lieux saints de l'Islam et du christianisme" (Safa, 14 août 2016).
  • Adnan al-Husseini, gouverneur de la province de Jérusalem et ministre des Affaires de Jérusalem,a appelé les habitants de Jérusalem-Est à défendre la Mosquée d'Al-Aqsa des "invasions israéliennes" quotidiennes. Il a affirmé qu'Israël agit selon ses désirs en ce qui concerne Al-Aqsa (Sawt Filastin, 15 août 2016).
  • Ismail Radwan, haut responsable du Hamas,a affirmé qu'il y avait une "grave escalade" des attaques continues des résidents israéliens des implantations sur Al-Aqsa. Cette escalade oblige selon lui la "résistance" [cf., les organisations terroristes] à utiliser tous les moyens à sa disposition (Qudspress.com, 14 août 2016).
Le Hezbollah recrute des Palestiniens pour des missions terroristes
  • Les forces de sécurité israéliennes ont récemment démantelé plusieurs cellules de Palestiniens de Judée-Samarie qui avaient été recrutés par le Hezbollah au Liban et dans la bande de Gaza. Leur recrutement a été effectué par l'intermédiaire de pages Facebook anti-israéliennes. Après leur recrutement, des comptes de messagerie électronique ont été ouverts et ils ont reçu un programme pour coder leurs messages. Ils ont été chargés de commettre des fusillades et des attentats suicide et ont également été appelés à recruter des membres supplémentaires. Les opérateurs du Hezbollah ont contacté des Arabes israéliens sur un même mode, mais leurs tentatives ont été révélées avant d'être mises en œuvre. Ce n'est pas la première fois que le Hezbollah recrute des terroristes en Judée-Samarie et en Israël pour commettre des attaques contre Israël.
  • Ci-après des informations sur les quatre cellules recrutées par le Hezbollah (Service d'information des services de sécurité générale, 16 août 2016):
  • Une cellule de la région de Qalqilya: La cellule était dirigée par Mustafa Kamal Hindi, 18 ans, recruté en 2015 sous le pseudonyme de "Bilal". Son opérateur l'a contacté via Facebook puis par une adresse e-mail codée qu'il a reçue l'ordre d'ouvrir. Il lui a été demandé de recruter d'autres agents et d'attaquer des cibles israéliennes, y compris une patrouille de Tsahal. Il a recruté plusieurs membres et la cellule a recueilli des informations sur les patrouilles de Tsahal dans la région de Qalqilya. Les membres se sont entraînés au maniement des armes et des engins piégés.Ils ont été arrêtés avant de pouvoir mener à bien leurs plans.
  • Une cellule en Judée-Samarie gérée à partir de la bande de Gaza : La cellule était dirigée par Faiz Abu Jadian, un membre du Hezbollah de la bande de Gaza, qui a recruté des membres de Judée-Samarie via Facebook. Ils étaient en contact avec des membres du Hezbollah au Liban et dans la bande de Gaza. Ils ont reçu de l'argent du Hezbollah et ont été chargés de recruter d'autres membres. Leur tâche était de commettre des fusillades et un attentat suicide contre un autobus israélien.
  • Une cellule de la région de Jénine: La cellule était dirigée par Ma'amun Issam Abd al-Rahman el-Nashrati, du camp de réfugiés de Jénine. Le Hezbollah l'a recruté via Facebook et l'a chargé d'acquérir un fusil et de l'utiliser pour attaquer les forces de Tsahal.
  • Une cellule de la région de Tamoun(Nord-Est de Naplouse): L'équipe était dirigée par Mustafa Ali Mahmoud Basharat, membre du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) autrefois emprisonné en Israël.
Destruction de la maison d'un terroriste
  • Conformément aux instructions de la direction politique, dans la nuit du 14 au 15 août 2016, les forces de sécurité israéliennes ont démoli un étage de la maison du terroriste palestinien Muhammad Nasr Tarayrah à Bani Na'im (près de Hébron). Le 30 juin 2016, Muhammad Tarayrah avait poignardé et tué Hallel Yaffa Ariel, âgée de 13 ans, à Kiryat Arba. Les Palestiniens ont tenté d'empêcher la démolition en lançant des pierres et des cocktails Molotov sur les forces israéliennes. Par la suite, des appels ont été lancés en vue d'une "opération populaire" pour recueillir de l'argent des habitants de Bani Na'im et des institutions de la ville pour reconstruire la maison (Compte Twitter Palinfo, 15 août 2016).
    Arrestation d'un terroriste palestinien responsable d'une attaque à l'arme blanche
  • Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté Muhammad Yunes Ali Abu Hanaq, 21 ans, du village d'al-Ubaydiya dans la région de Bethléem. Le 23 décembre 2013, il avait poignardé et grièvement blessé un policier israélien. Le jour de l'attaque, il a acheté un couteau et a pris un taxi de Ramallah à Bethléem pour choisir une cible aléatoire. Quand il a vu un policier, il a dit au chauffeur de taxi de s'arrêter. Il s'est approché du policier, l'a poignardé et s'est enfui (Service d'information des services de sécurité générale, 15 août 2016).
Tirs de roquettes sur Israël
  • Au cours de la semaine, aucun tir de roquette n'a été signalé dans le Néguev occidental.

Tirs de roquettes sur Israël

Saisie d'un convoi de couteaux commando
  • Les forces de sécurité israéliennes positionnées au terminal de Kerem Shalom ont empêché l'entrée en contrebande dans la bande de Gaza de couteaux commando. Les couteaux étaient cachés dans deux caisses de matériel de plomberie. Le transfert de graphite au Hamas, destiné à la compagnie d'électricité palestinienne dans la bande de Gaza, a également été empêché. Le graphite est un composant du carburant de roquettes.
Réactions du Hamas aux détournements de fonds des organisations de soutien international
  • L'arrestation par Israël d'employés des agences d'aide internationale qui avaient détourné des fonds destinés aux Gazaouites pour le Hamas et sa branche armée a été vivement critiquée par des personnalités du Hamas, qui ont vigoureusement nié les accusations d'Israël :
  • Le Hamas a publié une annonce officielle affirmant que les déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu selon lesquelles les fonds de plusieurs institutions internationales ont été détournés pour le compte du Hamas étaient mensongères et sans rapport avec la réalité. Selon l'annonce, l'objectif des déclarations de Netanyahu est d'induire en erreur l'opinion publique internationale et de la retourner contre le Hamas, et d'exercer la pression sur les agences d'aide internationale opérant dans la bande de Gaza (Site Internet du Hamas, 14 août 2016).
  • Le porte-parole du Hamas Sami Abu Zuhria affirmé que les déclarations de Netanyahu étaient sans fondement. Il a déclaré qu'il s'agissait d'une tentative israélienne de renforcer le siège de la bande de Gaza en surveillant les agences d'aide internationale opérant dans la bande de Gaza et en augmentant la pression sur elles. Il a averti Israël de ne pas poursuivre cette politique (Site Internet du Hamas, 9 août 2016). À une autre occasion, Sami Abu Zuhri a affirmé que l'ONU avait réfuté les accusations d'Israël, prouvant que les propos de Netanyahu sont sans fondement. Il a ajouté que les organismes internationaux n'avaient pas été dupés par les mensonges de Netanyahu (Site Internet du Hamas, 15 août 2016).
La direction de Facebook retire la page d'un responsable du Hamas
  • La direction de Facebook a retiré la page officielle de Salah al-Bardawil, haut responsable du Hamas. En réponse, Bardawil a déclaré qu'il n'avait rien publié depuis deux mois et a ajouté que la mesure avait été prise suite à l'influence israélienne sur Facebook (Qudspress, 13 août 2016). Abd al-Latif al-Qanua, porte-parole du Hamas, a critiqué les pressions israéliennes sur la direction des réseaux sociaux pour fermer les pages de membres du Hamas. Selon lui, le fait que ces sociétés se plient aux pressions de ce genre témoigne de leur coopération avec Israël (Al-Resalah.net, 15 août 2016).
Formation du Hamas
  • La branche armée du Hamas a publié une courte vidéo des entraînements de l'unité Nuhba, l'unité d'élite des Brigades Izz al-Din al-Qassam. La vidéo montre des membres en train de ramper, des prises d'assaut et des tirs, des activités de camouflage sur le terrain et des combats en terrain urbain (Site Internet des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 15 août 2016).

Photos de la vidéo de formation de l'unité Nukhba (Site Internet des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 15 août 2016)
Photos de la vidéo de formation de l'unité Nukhba (Site Internet des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 15 août 2016)

  • Le 14 août 2016, les services de sécurité du Hamas dans la bande de Gaza ont inauguré leur troisième formation de commandants de bataillons. La formation a lieu dans des installations militaires du Hamas à Rafah et Khan Younes et comprenait des entraînements militaires, dont la topographie, la lecture de cartes et la libération de prisonniers (Ministère palestinien de l'Intérieur à Gaza, 14 août 2016). Cette formation est une nouvelle preuve du caractère militaire des services de sécurité dans la bande de Gaza et de l'intention du Hamas de les utiliser en cas d'urgence comme force militaire à tout point de vue.
Un membre la branche armée du Hamas électrocuté durant la construction d'un tunnel
  • La branche armée du Hamas a officiellement annoncé la mort de Muhammad Khamis Eid Shalouf, 26 ans, de Rafah. Selon l'annonce, il a été tué en s'électrocutant durant des travaux de construction d'un tunnel de la branche armée du Hamas dans la région de Rafah (Site Internet de la branche armée du Hamas, 13 août 2016).

Muhammad Khamis Eid Shalouf, tué durant des travaux dans un tunnel dans le secteur de Rafah (Compte Twitter des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 13 août 2016)
Muhammad Khamis Eid Shalouf, tué durant des travaux dans un tunnel dans le secteur de Rafah (Compte Twitter des Brigades Izz al-Din al-Qassam, 13 août 2016)

Film à la mémoire d'un membre du jihad tué en Irak
  • Le Centre Ibn Taymiyya, la branche information du mouvement salafiste jihadiste dans la bande de Gaza, a publié une vidéo commémorant Khalil Atta al-Najar, tué en combattant dans les rangs de l'Etat islamique dans la province de Salah al-Din en Irak le 16 août 2016. Al-Najar était membre de l'unité d'élite Nukhba du Hamas dans la bande de Gaza. Il a quitté le Hamas et a rejoint les salafistes jihadistes dans la bande de Gaza. Il a été arrêté par le Hamas, avant d'être libéré et de rejoindre le Majlis Choura al-Mujahideen (un réseau de la bande de Gaza affilié à l'Etat islamique). Il est parti pour Irak pour combattre dans les rangs de l'organisation. Dans la vidéo, il a appelé les musulmans à  rejoindre l'État islamique (Haq, 13 août 2016).

Gauche : Khalil Atta al-Najar lit ses dernières volontés. Droite : Al-Najar dans la vidéo du Centre Ibn Taymiyya (Haq, 13 août 2016)
Gauche : Khalil Atta al-Najar lit ses dernières volontés. Droite : Al-Najar dans la vidéo du Centre Ibn Taymiyya (Haq, 13 août 2016)

Activité anti-israélienne de l'AP sur la scène internationale
  • Saleh Rafat, membre du Comité exécutif de l'OLP, a déclaré que fin Août, l'Autorité Palestinienne avait l'intention de soumettre une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant les implantations et appelant à un vote en Septembre. Il a affirmé que si les Etats-Unis opposaient leur veto à l'initiative, l'AP ferait appel à l'Assemblée générale de l'ONU. Riyad al-Maliki, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement palestinien de consensus national, a affirmé que la communauté arabe et internationale avait demandé aux Palestiniens de ne pas faire appel au Conseil de sécurité sur les implantations à ce stade. Il a affirmé que la France ne voulait pas que la question soit soumise au Conseil de sécurité avant la prochaine session de l'Assemblée générale parce qu'elle veut organiser une réunion des ministres préalablement afin de formuler des idées qui seront soumises au Conseil de sécurité et incluses dans la résolution palestinienne (Quds.net, 9 août 2016).
  • Dans l'intervalle, Saeb Erekat, secrétaire général du comité exécutif de l'OLP, a affirmé que le dossier des "crimes des implantations" avait été remis à la Cour pénale internationale (CPI). Il a dit qu'il espérait que la CPI décidera d'ouvrir une enquête immédiate (Wafa, 15 août 2016).
Grève de la faim d'un détenu administratif membre du FPLP
  • Le détenu administratif Bilal al-Kayed, terroriste du FPLP, est en grève de la faim depuis plus de 50 jours. Des dizaines de membres du FPLP dans les prisons israéliennes, dont le secrétaire général de l'organisation, ont rejoint son mouvement en solidarité.
  • Bilal al-Kayedest né en Syrie en 1981. En 1995, sa famille s'est installée dans le village d'Asira al-Shamaliah (Nord de Naplouse). Al-Kayed a servi dans la force de police palestinienne. En 2001, il était l'un des gardes du corps de Mahmoud Abu Hunoud (Abu Hunoud était un haut responsable du Hamas qui a dirigé sa branche armée en Judée-Samarie, et a été tué par Israël en 2001.) Al-Kayed a ensuite rejoint les rangs de la branche armée du FPLP. Le 14 décembre 2001, il a été arrêté par Tsahal pour son implication dans des attaques terroristes et a été condamné à 14,5 ans de prison en Israël. Le jour de sa libération, un ordre d'arrestation administrative a été délivré. Selon des sources de Tsahal, l'ordre a été délivré suite à des informations classifiées révélant qu'al-Kayed était un haut responsable du FPLP impliqué dans des activités organisationnelles et militaires mettant en danger la sécurité d'Israël. Il a rejeté la proposition d'Israël d'être expulsé vers la Jordanie pendant quatre ans et a débuté une grève de la faim (Haaretz, 15 juin 2016 ; Ma'an, 11 août 2016).
  • Des manifestations et des rassemblements ont eu lieu en soutien à Bilal al-Kayed à Jérusalem, en Judée-Samarie et dans la bande de Gaza. A Ramallah, un rassemblement a eu lieu place al-Manara. Les manifestants ont tenté de défiler jusqu'à la localité de Beit El, mais en ont été empêchés par les forces de sécurité de l'AP. Pendant le rassemblement, des appels ont été lancés pour intensifier les affrontements avec "l'occupation" [israélienne]. A Jérusalem, un rassemblement de soutien a eu lieu devant les bureaux de la Croix-Rouge avec la participation de Cheikh Muhammad Hussein, le mufti de Jérusalem (Wafa, 12 août 2016). A Naplouse, des chauffeurs de taxi ont défilé dans le centre-ville en soutien à al-Kayed (Palinfo, 13 août 2016). Des dizaines d'habitants de Gaza se sont rassemblés le long de la frontière avec Israël tenant des photos d'al-Kayed. Dans la ville de Gaza, le Jihad Islamique Palestinien (JIP) a érigé une tente de solidarité appelant à sa libération (Paltoday, 11 août 2016).

Cérémonie de clôture d'un camp d'été du Fatah dans le camp de réfugiés d'al-Fuwwar (Sud de Hébron). Les enfants jouent un jeu appelé "prison israélienne."
Cérémonie de clôture d'un camp d'été du Fatah dans le camp de réfugiés d'al-Fuwwar (Sud de Hébron). Les enfants jouent un jeu appelé "prison israélienne." Des enfants jouent le rôle de prisonniers palestiniens agenouillés devant des "gardes israéliens armés". Le camp a été nommé en mémoire de Muhammad al-Shubaki, qui a poignardé un soldat de Tsahal à l'entrée du camp de réfugiés d'al-Fuwwar le 25 novembre 2015. Le père d'Al-Shubaki a assisté à la cérémonie et a prononcé un discours (Dunia al-Watan, 12 août 2016)

[1]Exact à la date du 16 août 2016. Les statistiques ne comprennent pas les tirs d'obus de mortier ni les roquettes tirées qui se sont abattues dans la bande de Gaza.
[2]Ces données ne tiennent pas compte des tirs d'obus de mortier.

Pleins feux sur le jihad mondial (31 mars – 6 avril 2016)

Une rue d'Al-Qaryatayn (Agence de presse Sana, 3 avril 2016).

Une rue d'Al-Qaryatayn (Agence de presse Sana, 3 avril 2016).

Engins piégés posés à Al-Qaryatayn par des membres de l'Etat islamique (Télévision syrienne, 4 avril 2016)

Engins piégés posés à Al-Qaryatayn par des membres de l'Etat islamique (Télévision syrienne, 4 avril 2016)

Un autre journaliste de la télévision syrienne dans un secteur d'Al-Qaryatayn où la destruction est moins évidente.

Un autre journaliste de la télévision syrienne dans un secteur d'Al-Qaryatayn où la destruction est moins évidente.

Billet de banque trouvé à Al-Qaryatayn, émis par l'Etat islamique, montrant le portrait du chef de l'organisation Abu Bakr al-Bagdadi (Agence de presse Sana, 3 avril 2016)

Billet de banque trouvé à Al-Qaryatayn, émis par l'Etat islamique, montrant le portrait du chef de l'organisation Abu Bakr al-Bagdadi (Agence de presse Sana, 3 avril 2016)

Le gouverneur de la province de Homs Talal al-Barazi visite Palmyre.

Le gouverneur de la province de Homs Talal al-Barazi visite Palmyre.

le gouverneur de la province de Homs devant les cages utilisées pour détenir des prisonniers, construites par l'Etat islamique à Palmyre (Agence de presse Sana, 31 mars 2016)

le gouverneur de la province de Homs devant les cages utilisées pour détenir des prisonniers, construites par l'Etat islamique à Palmyre (Agence de presse Sana, 31 mars 2016)

Soldats irakiens près de la ville d'Hit affichant le drapeau de l'Etat islamique (Chaîne Al-Ghad, 3 avril 2016)

Soldats irakiens près de la ville d'Hit affichant le drapeau de l'Etat islamique (Chaîne Al-Ghad, 3 avril 2016)

Armes trouvées dans un atelier de l'Etat islamique (Al-Sumaria, 3-4 avril 2016)

Armes trouvées dans un atelier de l'Etat islamique (Al-Sumaria, 3-4 avril 2016)

Membres francophones de l'Etat islamique menaçant de commettre des attaques contre l'Occident et la Russie (Isdarat al-Dawla al-Islamiyya, 27 mars 2016)

Membres francophones de l'Etat islamique menaçant de commettre des attaques contre l'Occident et la Russie (Isdarat al-Dawla al-Islamiyya, 27 mars 2016)

Une affiche avec l'inscription

Une affiche avec l'inscription "L'Allemagne est un champ de bataille," avec le cabinet de la chancelière allemande en flammes en arrière-plan (Twitter, 30 mars 2016)

Une affiche appelant les musulmans d'Allemagne à commettre une attaque terroriste à l'aéroport de Cologne Bonn. Cette affiche montre l'aéroport avec la légende :

Une affiche appelant les musulmans d'Allemagne à commettre une attaque terroriste à l'aéroport de Cologne Bonn. Cette affiche montre l'aéroport avec la légende : "Ce que vos frères ont réussi à faire en Belgique, vous réussirez à le faire".

Aperçu général

  • La débâcle de l'Etat islamique en Syrie et en Irak continue, alors que l'armée syrienne a repris la ville d'Al-Qaryatayn, au Sud-Est de Homs. La reprise de la ville (qui a fait suite à la reprise de Palmyre) permet à l'armée syrienne d'ouvrir la route Homs-Damas et de créer une contiguïté territoriale à l'Est de Homs. L'armée syrienne et ses alliés s'apprêtent à terminer le nettoyage de la zone d'Alep et à reprendre la ville. En Irak, l'armée irakienne a repris la ville d'Hit, sur les rives de l'Euphrate, réalisant ainsi une autre étape vers le nettoyage de la province sunnite d'Al-Anbar.
  • L'Etat islamique, qui peine à mettre fin à ses échecs, mène des attaques terroristes et des actes de guérilla contre ses divers ennemis. Ainsi, cette semaine, l'organisation a commis des attentats suicide contre des cibles chiites dans la région de Bagdad. Dans le même temps, par le biais de ses médias et de membres lui étant affiliés, l'organisation a lancé une campagne de menaces contre les pays occidentaux (en particulier l'Allemagne), la Russie et Israël. Ces menaces visent à dissuader les ennemis de l'Etat islamique de poursuivre leurs attaques contre l'organisation, en profitant de l'anxiété causée par les attentats de Bruxelles. Selon nous, face à l'augmentation de la pression sur l'Etat islamique en Syrie et en Irak, sa motivation à mener 

 

L'accord de cessez-le-feu

  • Le cessez-le-feu est entré dans sa sixième semaine, avec des caractéristiques similaires à celles des semaines précédentes. Cette semaine, le centre de coordination russe de la base de Hmeymim a fait état d'une moyenne d'environ huit violations par jour (similaire à la semaine dernière). Dans le même temps, le centre de coordination a annoncé que le cessez-le-feu avait été élargi pour inclure deux autres villages, ce qui signifie qu'il comprend maintenant 53 villes et 44 organisations (Site Internet du ministère russe de la Défense, eng.mil.ru, 4 avril 2016)
  • Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrovs'est entretenu par téléphone avec son homologue américain John Kerry sur les mesures à prendre pour renforcer le cessez-le-feu en Syrie. Lavrov a souligné que la frontière syro-turque doit rester complètement fermée afin d'empêcher des terroristes de Turquie d'atteindre la Syrie (Al-Arabiya, 1er avril 2016; Spoutnik, 2 avril 2016). Selon le porte-parole du Département d'Etat américain, le régime d'Assad continue d'être le principal violateur du cessez-le-feu.

La campagne internationale contre l'Etat islamique

  • La coalition internationale menée par les Etats-Unis a continué à effectuer des attaques en Irak et en Syrie contre des cibles de l'Etat islamique et d'autres organisations terroristes qui ne sont pas incluses dans l'accord de cessez-le-feu. Pendant la semaine, les avions des pays de la coalition ont effectué plusieurs dizaines de frappes aériennes. La grande majorité des attaques aériennes ont été réalisées en Irak, en particulier dans les secteurs de Hit, Sinjar et Mossoul, et un petit nombre en Syrie, principalement à Al-Raqqah et dans la région d'Alep (Site Internet du Département d'Etat américain).
  • Le commandement central de l'armée américaine a annoncé que, à la lumière de la menace terroriste croissante en Turquie, il a été décidé d'évacuer les civils stationnés dans le Sud-Est du pays, y compris à la base aérienne d'Incirlik. Selon l'annonce, les soldats ne seront pas évacués et les opérations menées contre l'Etat islamique depuis la Turquie ne seront pas compromises. Selon le commandant du Commandement Central de l'armée américaine, la décision a été prise en coordination avec le gouvernement turc. Dans le même temps, le Département d'Etat américain a émis un avertissement de voyage pour le Sud-Est de la Turquie (World Tribune, 4 avril 2016). Selon nous, ces mesures ont été prises par les États-Unis à la lumière de l'augmentation de la menace terroriste en Turquie.
  • Joseph Dunford, chef d'état-major américain, a déclaré que l'efficacité des frappes aériennes de la coalition internationale contre l'Etat islamique avait augmenté, en raison de l'amélioration des capacités de renseignements et des capacités militaires des forces combattant en Syrie et en Irak, soutenues par les Etats-Unis. Selon Dunford, les frappes aériennes visent les commandants et les membres de l'Etat islamique, ainsi que l'infrastructure économique de l'organisation et ont pour objectif de soutenir les forces qui combattent en Syrie et en Irak (Defence News, 29 mars 2016). A une autre occasion, Dunford a déclaré que l'une des missions les plus difficiles est la construction d'une force militaire syro-arabe pour lutter contre l'Etat islamique. Selon Dunford, cette force sera mise en place en prenant en considération la Turquie, étant donné que celle-ci est opposée à l'implication des forces kurdes et d'éléments arabes dans la coalition internationale contre l'Etat islamique (Spoutnik, 29 mars 2016).

Implication de la Russie dans les combats en Syrie

  • Cette semaine, la Russie a transféré cinq tonnes d'aide humanitaire à la province de Homs, où les combats contre l'Etat islamique ont été concentrés au cours des dernières semaines (Spoutnik, 4 avril 2016). La Russie a également accueilli 2.000 réfugiés syriens résidents d'Alep qui avaient fui la Syrie. Les réfugiés ont été envoyés vers la ville de Noginsk, près de Moscou, et la Russie œuvre maintenant à régler leur statut de résidence, qui leur donne droit à l'assurance maladie et leur permet de fréquenter les écoles (Spoutnik, 3 avril 2016).

Principaux développements en Syrie

La reprise d'Al-Qaryatayn
  • Après la reprise de Palmyre, l'effort syrien a été détourné vers la ville d'Al-Qaryatayn, au Sud-Est de Homs. Le 3 avril 2016, l'armée syrienne a achevé sa reprise de la ville et des villages voisins. Après la reprise d'Al-Qaryatayn, l'autoroute Damas-Homs a été rouverte à la circulation (Dimashq al-Aan, 4 avril 2016). A Al-Qaryatayn, comme à Palmyre, l'armée syrienne a pris le contrôle d'une ville fantôme, désertée par la plupart des habitants. Les dommages étaient évidents dans plusieurs rues de la ville et de nombreux engins piégés y ont été posés.
  • La reprise de la ville d'Al-Qaryatayn et des villages environnants représente une réalisation supplémentaire (en termes militaires et en termes de relations publiques) pour l'armée syrienne et ses alliés, après la reprise de Palmyre. La reprise de la ville permet à l'armée syrienne de rouvrir la route Homs - Damas et de maintenir une contiguïté territoriale de Homs vers l'Est, vers le secteur de Palmyre. De plus, à l'avenir, la région de Palmyre pourrait servir de zone de lancement pour l'armée syrienne dans sa tentative de reprendre du territoire contrôlé par l'Etat islamique à l'Est de la Syrie. 
Retour à la vie normale à Palmyre
  • Après la reprise de la ville de Palmyre,l'armée syrienne a étendu ses activités à la ville d'As-Sukhnah, au Nord-Est de Palmyre, vers laquelle des membres de l'Etat islamique avaient fui. Des avions et des hélicoptères russes et syriens ont attaqué des cibles dans la ville (SOHR, 1er avril 2016). Des raids aériens ont également été effectués sur des cibles dans larégion du champ de pétrole d'Arak, situé à environ 26 km au Nord-Est de Palmyre, et sur des véhicules de l'Etat islamique sur la route Al-Sukhnah-Palmyre.
  • À l'issue de la reprise de Palmyre, le régime syrien a lancé les premières activités de réhabilitation. Le gouverneur de la province de Homs Talal al-Barazi s'est rendu dans la ville et a noté que le travail de réhabilitation des infrastructures détruites avait déjà commencé (Agence de presse Sana, 31 mars 2016). La plupart des habitants ont quitté la ville et attendent de retourner dans leurs foyers.
  • Selon le chef des opérations à l'état-major général russe, la reprise de Palmyre a marqué une réalisation importante dans la campagne en raison de sa valeur culturelle, de sa proximité des champs de pétrole et de gaz, et du fait qu'elle est un carrefour important. Il a ajouté que les militaires russes ont pris part à planification de la campagne et que la force aérienne russe avait effectué 500 frappes aériennes dans la région. La Russie a envoyé une unité de déminage spéciale, en raison du nombre important de mines et d'engins explosifs improvisés dans la ville laissés dans la ville par l'Etat islamique. Selon un rapport du centre de contrôle russe de la base de Hmeymim, jusqu'à présent, les forces russes ont désactivé 1.230 mines et engins explosifs improvisés à Palmyre (Spoutnik, 2 avril 2016).
Affrontements locaux dans d'autres provinces de Syrie
  • Dans les autres provinces de Syrie, y compris les provinces où le cessez-le-feu est appliqué et les zones où il ne l'est pas, les affrontements locaux ont continué entre les différentes forces :
  • La région d'Alep: Cette semaine, des affrontements ont opposé l'armée syrienne et ses forces de soutien aux organisations rebelles (principalement le Front Al-Nusra). Le 1er avril 2016, le Front Al-Nusra et d'autres organisations rebelles ont pris le contrôle de la ville de Tel al-Eis, au Sud d'Alep (Dimashq al-Aan; Khatwa, 2 avril 2016). En outre, un avion syrien aurait été intercepté par les organisations rebelles dans la région d'Alep, avec un missile sol-air (The Long War Journal, 5 avril 2016).
  • La zone de Deir al-Zor: L'armée syrienne a attaqué des cibles près de la base aérienne militaire, avec le soutien aérien russe (Comités locaux de coordination, 30 mars 2016). Les forces syriennes ont également fait sauter un tunnel long de 20 mètres situé sous les sites contrôlés par l'Etat islamique au Sud de la ville.
  • Idlib- Environ 25 membres du Front Al-Nusra ont été tués dans un raid aérien américain sur un lieu de rencontre des responsables de l'organisation dans la région d'Idlib. Les réseaux sociaux proches du jihad ont annoncé la mort d'Abu Firas al-Suri (cf., le Syrien), un haut responsable d'Al-Qaïda. Abu Firas le Syrien est le nom de code de Radwan Namus, un ancien officier de l'armée syrienne, qui servait autrefois de porte-parole du Front Al-Nusra. Plus récemment, il était en charge des instituts de la loi islamique (Sharia) du Front Al-Nusra. Abu al-Hammam, un haut responsable du Front Al-Nusra membre du réseau Khorasan, a également été tué dans l'attaque.
  • Al-Raqqah - Au cours de la semaine, plusieurs frappes aériennes ont été effectuées contre des cibles de l'Etat islamique à Al-Raqqah. Des avions de guerre syriens ont attaqué un lieu de réunion de responsables de l'Etat islamique à Al-Raqqah. Plusieurs dirigeants ont été tués. L'organisation se préparerait à une éventuelle confrontation dans la ville, interdisant aux Arméniens et aux chrétiens de fuir (Khatwa, 30 mars 2016).
Préparatifs pour la suite
  • Selon la chaîne Al-Mayadeen affiliée au Hezbollah, la mise en place d'une salle d'opérations pour la libération d'Alep et de ses zones rurales a été terminée. La Russie, l'Iran et le Hezbollah ont envoyé des forces pour soutenir l'armée syrienne dans le combat contre les organisations rebelles (Al-Mayadeen, 5 avril 2016).

Principaux développements en IrakLa province d'Al-Anbar

Hit
  • Cette semaine, l'armée irakienne a réussi à reprendre la majeure partie de la ville d'Hit, sur les rives de l'Euphrate, à environ 70 km au Nord-Ouest de Ramadi. Le 2 avril 2016, l'armée irakienne est entrée dans la ville après avoir repris ses environs. Le 3 avril 2016, l'armée irakienne a terminé la reprise de la ville. Selon le contre-terrorisme irakien,toutes les rues et les maisons de la ville ont été piégées par l'Etat islamique, après que les habitants ont quitté la ville (Al-Sumaria, 2-4 avril 2016; Sky News, 4 avril 2016). L'Etat islamique, pour sa part, a déployé des terroristes suicide contre l'armée irakienne dans la ville de Kabisa, à l'Est d'Hit (2 avril 2016).
Ramadi
  • Le 3 avril 2016, l'armée irakienne a annoncé l'assaut d'une maison dans la ville de Ramadi, qui servait d'atelier de fabrication d'explosifs et de ceintures explosives pour l'Etat islamique (Al-Sumaria, 3-4 avril 2016).
Province de Ninive
  • L'armée irakienne continue de faire état de l'activité réalisée dans le cadre du début de l'opération de reprise de la province de Ninive et de la ville de Mossoul. Cette semaine, les médias irakiens ont rapporté des frappes aériennes contre des cibles de l'Etat islamique dans la zone située au Sud de Mossoul. Des douzaines de membres de l'Etat islamique ont été tués dans ces attaques, dont deux responsables chargés de l'artillerie et de la police de la moralité (Shafaq News ; Al-Baghdadia, 2 avril 2016).
  • L'Etat islamique, de son côté, mène la guérilla contre ses ennemis. Cette semaine, l'organisation a revendiqué la responsabilité de cinq attaques suicide contre les forces kurdes (Peshmergas) dans la ville de Makhmur, au Sud de Mossoul, qui sert de base pour des attaques contre l'Etat islamique (Akhbar Dawlat al-Islam, 2 avril 2016). Selon un rapport sur Al-Jazeera, 15 combattants peshmergas ont été tués dans ces attaques (Télévision Al-Jazeera, 1er avril 2016).
La région de Bagdad
  • La ville de Bagdad et ses environs continuent d'être uncentre pour les attaques terroristes et les activités de guérilla menées par l'Etat islamique. Cette semaine, deux attentats suicide ont été signalés (4 avril 2016) : le premier a été réalisé par un terroriste qui s'est fait exploser dans le quartier chiite d'Al-Sadr. Cinq personnes ont été tuées et neuf autres ont été blessées. Une autre attaque a été menée par un terroriste au volant d'une voiture piégée, qui a explosé à un point de rencontre des milices chiites dans le Nord de Bagdad.

L'Egypte et la péninsule du Sinaï

  • Au cours de la semaine, les forces de sécurité égyptiennes ont poursuivi leurs activités intensives contre la Province du Sinaï de l'Etat islamique dans les secteurs de Cheikh Zoweid, Al-Arish et Rafah. Le 30 mars 2016, les forces de sécurité égyptiennes ont découvert deux tunnels sous la clôture frontalière et arrêté 24 personnes de nationalités différentes qui ont essayé d'entrer en Egypte illégalement. En outre, les forces de sécurité égyptiennes ont saisi des armes, y compris quatre barils d'explosifs, au cours une opération militaire dans le Sud de Rafah et dans le Sud de Cheikh Zoweid (Al-Masry al-Youm, 30 mars 2016). Dans le même temps, les membres de l'Etat islamique ont poursuivi leurs activités de guérilla contre les forces de sécurité égyptiennes, principalement en posant des engins explosifs improvisés.
  • La Province du Sinaï de l'Etat islamique a publié une vidéo de membres de l'organisation simulant deux attentats commis contre les forces de sécurité égyptiennes. Une attaque a été menée le 19 mars 2016, au poste de contrôle d'Al-Safa au Sud d'Al-Arish, tuant 18 policiers égyptiens. La deuxième attaque a été menée contre un poste de contrôle de la police égyptienne sur une place de la ville d'Al-Arish, tuant cinq policiers (21 janvier 2016).

Le jihad mondial dans d'autres pays

Libye
Attaques contre les champs de pétrole au Sud de Maradah
  • Selon une source de l'unité de garde des installations pétrolières, des membres de l'Etat islamique ont attaqué deux champs de pétrole au Sud de Maradah (voir la carte). Selon la source, les gardes ont réussi à repousser les assaillants sans endommager les champs de pétrole. La société Al-Khaleej Al-Arabi, dont l'un des champs de pétrole a été attaqué, a déclaré que le champ n'a pas été endommagé (Akhbar Libya 24, 3 avril 2016; Portail Al-Wasat, 2 avril 2016; compte Twitter du responsable de l'unité de planification du champ d'Al-Beda).Cette attaque fait suite à d'autres tentatives de l'Etat islamique d'attaquer les champs de pétrole, jusqu'à présent sans grand succès. 
Exploitation des migrants illégaux pour les besoins de l'Etat islamique
  • Selon des "sources libyennes," l'Etat islamique contrôle les routes du désert et de la mer utilisés pour la contrebande de migrants illégaux qui traversent la Libye en route vers l'Europe. L'organisation considère ces migrants comme un moyen d'augmenter ses revenus. Certains de ces migrants sont tentés de rejoindre les rangs de l'organisation pour un salaire mensuel de plus de 1.000 dollars américains (The Times, 28 mars 2016).
Menaces de commettre des attaques à Tripoli
  • Abu Abdullah al-Masri, chef du Tribunal de la charia de l'Etat islamique à Syrte, a menacé dans son sermon du vendredi  de "bientôt incendier Tripoli," et de la remplir de combattants du jihad et de terroristes suicide. Il également menacé de lancer une campagne contre le gouvernement libyen d'entente nationale. La menace a été apparemment exprimée après l'arrivée à Tripoli de membres du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d'entente nationale, dont la formation a été convenue dans les négociations organisées en Tunisie par les parties opposées (Portail Al-Wasat, 2 avril 2016).
Daghestan
  • La Province du Caucase de l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de deux attentats au Daghestan. L'annonce a été publiée par Aamaq, la branche information de l'organisation. Le 29 mars 2016, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'activation de deux engins piégés contre deux véhicules de l'armée russe dans l'Est du Daghestan. Selon l'annonce, l'explosion a tué 10 soldats russes et blessé trois autres. Le 30 mars 2016, l'organisation a rapporté une autre explosion, qui a eu lieu à un barrage de police au Daguestan. L'explosion a tué plusieurs policiers. Depuis l'annonce de la création de la Province du Caucase de l'Etat islamique, plus de cinq attaques ont été menées contre les forces de sécurité russes (The Long War Journal, 31 mars 2016).

Arabie saoudite

  • Selon un rapport publié par le ministère saoudien de l'Intérieur, un engin explosif improvisé a  explosé contre un véhicule de police à Al-Dilam, à environ 95 km au Sud-Est de Riyad. Une personne a été tuée et deux autres véhicules ont été endommagés (Al-Arabiya, 3 avril 2016). Le 3 avril 2016, l'Etat islamique a annoncé que ses membres avaient fait exploser deux engins explosifs improvisés contre un poste de police dans la ville d'Al-Dilam. Selon l'annonce, trois véhicules de police ont été incendiés dans l'attaque (Aamaq 3 Avril, 2016).

Activités de propagande

Article appelant à ouvrir un nouveau front contre Israël

  • L'agence de presse Al-Haqq affiliée à l'Etat islamique a publié l'article d'un activiste appelé Abdullah Mohammed Mahmoud, qui appelle l'organisation à ouvrir un front contre "l'ennemi juif" dans l'immédiat, en disant que ceci est un impératif. Selon l'auteur, il y a plusieurs raisons à cet appel : une réponse au fait qu'Israël lutte aux côtés de l'Egypte contre l'État islamique dans la Péninsule du Sinaï ; la vengeance de la participation dite juive à la campagne internationale contre l'Etat islamique ; une réponse à l'occupation prolongée d'Israël des territoires palestiniens. L'auteur souligne qu'Israël pourrait être attaqué par les hauteurs du Golan et la péninsule du Sinaï (Twitter, 31 mars 2016 ; agence de presse Al-Haqq, 31 mars 2016).
Autres menaces de l'Etat islamique contre l'Europe et les Etats-Unis
  • La Province de l'Euphrate de l'Etat islamique en Irak a publié une vidéo menaçant les Etats-Unis, l'Europe et la Russie d'autres attaques, qui se poursuivront aussi longtemps que durera la campagne contre l'Etat islamique. La vidéo montre trois hommes masqués, dont un s'exprimant en français. L'orateur note que tant que les pays de la coalition continuent de prendre des mesures contre l'Etat islamique, le fait d'attaquer des cibles dans les pays "croisés" est légitime dans la mesure où l'Etat islamique est concerné (Isdarat al-Dawla al-Islamiyya, 27 mars 2016).
L'Etat islamique appelle les musulmans d'Allemagne à commettre des attaques terroristes
  • L'Etat islamique a publié des affiches en langue allemande diffusées sur les réseaux sociaux,appelant les musulmans d'Allemagne à mener des attaques contre l'Allemagne. Le cabinet de la chancelière Angela Merkel et l'aéroport de Cologne Bonn ont été spécifiquement mentionnés. L'organisation a affirmé qu'il s'agissait d'une continuation des attaques menées à l'aéroport et au métro de Bruxelles (Reuters, selon des informations publiées sur le site Internet SITE, 31 mars 2016).
Appel à tuer le leader du Front Al-Nusra
  • Le 1er avril 2016, un compte Twitter affilié à l'Etat islamique a publié une affiche de l'organisation montrant une photo du chef du Front Al-Nusra Abu Muhammad al-Julani. L'affiche, qui détaille l'histoire de la vie d'Al-Julani, appelle à le tuer lui et un autre membre nommé Ahmed Zakour (Halabi), à ses côtés sur l'affiche. L'affiche qualifie les deux hommes de "Juifs du jihad", un terme qui suggère qu'ils ont "trahi" le vrai jihad (Twitter, 1er avril 2016). 

Pleins feux sur le jihad mondial (24-30 mars 2016)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

Abd al-Rahman Mustafa al-Qaduli, haut responsable de l'Etat islamique, tué dans un raid aérien américain (Al-Bawaba News, 25 mars 2016)

Abd al-Rahman Mustafa al-Qaduli, haut responsable de l'Etat islamique, tué dans un raid aérien américain (Al-Bawaba News, 25 mars 2016)

Hélicoptères syriens à l'aéroport à Palmyre

Hélicoptères syriens à l'aéroport à Palmyre

Destruction à Palmyre, après la reprise de la ville (Télévision syrienne, 28 mars 2016)

Destruction à Palmyre, après la reprise de la ville (Télévision syrienne, 28 mars 2016)

L'armée irakienne se prépare à avancer vers Mossoul (Al-Jazeera, 26 mars 2016).

L'armée irakienne se prépare à avancer vers Mossoul (Al-Jazeera, 26 mars 2016).

Distribution de l'hebdomadaire Al-Naba de l'Etat islamique dans la ville de Mossoul.

Distribution de l'hebdomadaire Al-Naba de l'Etat islamique dans la ville de Mossoul.

Artisans traditionnels sur le marché de Mossoul (Akhbar Dawlat al-Islam, 26 mars 2016)

Artisans traditionnels sur le marché de Mossoul (Akhbar Dawlat al-Islam, 26 mars 2016)

Véhicule de l'armée égyptienne juste avant l'explosion d'un engin piégé.

Véhicule de l'armée égyptienne juste avant l'explosion d'un engin piégé.

Le feu et la fumée noire montent depuis le côté gauche du véhicule égyptien après l'explosion (Akhbar Dawlat al-Khilafah, 24 mars 2016).

Le feu et la fumée noire montent depuis le côté gauche du véhicule égyptien après l'explosion (Akhbar Dawlat al-Khilafah, 24 mars 2016).

Abu Khalifa al-Baljiki

Abu Khalifa al-Baljiki

Le terroriste de l'Etat islamique Abu Moujahid al-Baljiki (Akhbar Dawlat al-Islam, 25 mars 2016)

Le terroriste de l'Etat islamique Abu Moujahid al-Baljiki (Akhbar Dawlat al-Islam, 25 mars 2016)

Aperçu général

  • nLe 27 mars 2016, la ville de Palmyre, située au cœur du désert de Syrie, a été reprise par l'armée syrienne et les forces qui la soutiennent. La reprise de Palmyre est une réussite politique pour l'armée syrienne et la Russie, quilui fournit un appui aérien. La reprise de Palmyre donne à l'armée syrienne un bon point de départ pour attaquer davantage les zones centrales de l'Etat islamique à Deir al-Zor et Al-Raqqah, tout en réduisant la zone sous le contrôle de l'organisation et empêchant sa communication avec ses membres à Damas, Homs et dans le Sud de la Syrie.
  • nLe gouvernement belge a effectué cette semaine une série d'arrestations de membres de l'Etat islamique, dont certains étaient impliqués dans l'attaque terroriste de Bruxelles. L'organisation, de son côté, a lancé une campagne de propagande avec la participation de membres belges, visant, notamment à effrayer et terrifier les Belges et les Européens en général ("Nous envahirons Londres, Paris et Berlin, comme nous l'avons fait à Paris avant. Les partisans du califat sont déterminés que cela arrive bientôt"). Selon nous, face à l'augmentation de la pression dont il fait l'objet, l'Etat islamique va continuer à renforcer le terrorisme en Occident et dans les pays arabes et musulmans (la Turquie est dans le collimateur), et va poursuivre ses tentatives de prendre pied en dehors de la Syrie et de l'Irak (la Libye est une destination clé). 

 

Implications de la reprise de Palmyre

  • Le 27 mars 2016, la reprise de la ville de Palmyre a été achevée après trois semaines d'opération (pour plus de détails, voir ci-après). La conquête de la ville est une réalisation militaire et politique pour le régime syrien et pour la Russie, qui ont été prompts à lancer une campagne de propagande afin de récolter les bénéfices liés à leur image. Suite à la reprise de Palmyre et de ses environs, l'armée syrienne a étendu son emprise dans l'Est de la Syrie et a repris un carrefour important entre Deir al-Zor et Al-Raqqah, d'une part, et entre Homs et Damas de l'autre. La zone de Palmyrefournit à l'armée syrienne un bon point de départ pour poursuivre la pression militaire sur les zones centrales de l'Etat islamique à Deir al-Zor et Al-Raqqah (comme les porte-parole syriens l'ont annoncé). À l'avenir, la proximité de Palmyre avec les champs de pétrole et de gaz permettra au régime syrien d'en reprendre le contrôle. En outre, la reprise de la région de Palmyre perturbe la communication logistique et opérationnelle de l'Etat islamique avec ses forces à Damas, Homs et dans le Sud de la Syrie.
  • Du point de vue de la campagne globale contre l'Etat islamique, la reprise de Palmyre est la dernière d'une série de défaites subies par l'organisation depuis début 2015 : en Syrie, l'armée syrienne a réussi à établir son contrôle dans la région d'Alep alors que les forces kurdes ont capturé des villes clés de l'Etat islamique et se sontétablies le long de la frontière avec la Turquie et dans le Nord de la Syrie. En Irak, l'armée irakienne a repris Ramadi. A présent, elle cherche à étendre son contrôle dans la province d'Al-Anbar et se prépare à conquérir Mossoul. En outre, l'armée irakienne a repris laville pétrolière de Baiji, tandis que les forces kurdes ont repris la ville de Sinjar et ses environs. L'Etat islamique, de son côté, compte tenu de la pression dont il fait l'objet, continue de maintenir unestratégie de défense ce qui concerne les principaux secteurs de son régime à Mossoul et Al-Raqqah, mais le territoire sous son contrôle se rétrécit progressivement.
  • La réponse de l'Etat islamique à cette série de défaites est d'augmenter ses activités terroristes dans les pays arabes et occidentaux. Les principaux exemples sont les attaques terroristes menées au cours des derniers mois à Paris, Istanbul, Bruxelles et Bagdad, et l'interception d'un avion russe dans la péninsule du Sinaï. Ces attaques sont accompagnées d'une campagne médiatique, dont le but est de susciter la terreur et la peur, surtout parmi les habitants d'Europe de l'Ouest, et de renforcer l'attractivité de l'État islamique parmi les communautés musulmanes. Selon nous, plus l'Etat islamique souffre des coups sévères marqués en Irak et en Syrie, plus cela est susceptibled'augmenter sa motivation pour mener des attaques terroristes à l'étranger dans le but de dissuader ses ennemis et d'essayer de préserver son image d''organisation victorieuse et de principale organisation jihadiste.

L'accord de cessez-le-feu

  • L'accord de cessez-le-feu est entré dans sa cinquième semaine. L'accord continue d'être maintenu avec ses caractéristiques familières, à savoir, une diminution significative de l'intensité des affrontements, des violations locales et insignifiantes, et la poursuite des frappes aériennes contre l'Etat islamique et d'autres organisations qui ne sont pas incluses dans l'accord de trêve. Pendant la trêve, l'armée syrienne a mené une attaque qui a conduit à la prise de contrôle de Palmyre, qui n'était pas concernée par l'accord.
  • Les porte-parole des États-Unis et de la Russie ont continué de faire l'éloge du respect du cessez-le-feu :
  • Selon le commandant du centre de coordination de la base de Hmeymim, aucune violation importante du cessez-le-feu n'a été signalée cette semaine. Trente-huit violations ont été signalées dans les rapports quotidiens publiés par le ministère russe de la Défense, la semaine dernière, soit une moyenne de 7-8 par jour. Le nombre d'accords locaux de cessez-le-feu signés avec diverses organisations est toujours de 43 (Site Internet du ministère russe de la Défense, 28 mars 2016).
  • Lors d'une réunion entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, Kerry a déclaré que l'accord de cessez-le-feu en Syrie a conduit à une réduction de la violence dans le pays, ajoutant qu'il aspire à une nouvelle réduction, ainsi qu'à une augmentation du transfert de l'aide humanitaire en Syrie. Kerry a exprimé l'espoir que les réunions en Russie conduiront à une solution qui mettra un terme à la crise en Syrie (Reuters, 23 mars 2016).

Activités de la Russie et des Etats-Unis

  • Cette semaine, les frappes aériennes russes ont été focalisées sur le soutien à l'armée syrienne dans les batailles en vue de la conquête de la ville de Palmyre. La plupart des frappes aériennes effectuées par les États-Unis et leurs alliés ont été axées sur le soutien à l'armée irakienne dans les différentes zones de combat à l'intérieur et à l'extérieur de la Province d'Al-Anbar, et seul un petit nombre ont été effectuées en Syrie.
  • Le 25 mars 2016, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé que plusieurs membres importants de l'Etat islamique ont été tués dans des frappes aériennes des États-Unis au cours de la semaine. Parmi les victimes figurent Imam Hajji, désigné par les Américains comme un des principaux commandants de l'Etat islamique, chargé du système économique de l'organisation terroriste ("ministre des finances"). Selon une source américaine, il a été tué par des tirs d'hélicoptère lors d'une opération des forces spéciales américaines, qui espéraient l'attraper vivant (Akhbar al-Aan, 25 mars 2016).
  • Selon d'autres rapports, le terroriste tué était Abd al-Rahman Mustafa al-Qaduli, d'origine turkmène, né en 1957 dans la région de Tal Afar, dans le Nord de l'Irak. Il était professeur de sciences physiques jusqu'à ce qu'il commence à prêcher dans les mosquées. En 1988, il s'est rendu en Afghanistan, où il a rencontré le leader d'Al-Qaïda Oussama ben Laden. Il est ensuite retourné en Irak et a combattu dans les rangs de l'organisation de Mus'ab al-Zarqawi après l'effondrement du régime de Saddam Hussein (France 24, Al-Bawaba News, 25 mars 2016). Sa mort est un autre coup porté au haut commandement de l'Etat islamique.

Principaux développements en Syrie

Reprise de Palmyre – Etat des lieux (exact au 30 mars 2016)
  • Le 25 mars 2016, suite à la conquête des secteurs clés dominant Palmyre, l'armée syrienne et les forces qui la soutiennent ont lancé une opération militaire visant à reprendre la ville. Après les combats, qui ont duré jusqu'au 27 mars 2016, l'armée syrienne a achevé sa reprise de la ville. Les images diffusées par la télévision syrienne montrent que la ville était déserte.[1] Suite à la reprise de la ville, l'armée syrienne a pris
  • le contrôle de l'aéroport au Sud-Est de Palmyre. Selon le Daily Telegraph, près de 80% des antiquités de Palmyre sont en bon état.Selon certains rapports, 400-450 membres de l'Etat islamique ont été tués pendant la bataille de Palmyre (RT; SOHR, 27 mars 2016). Les membres de l'organisation restants se sont retirés vers la ville du désert d'As-Sukhnah, située à environ 64 km à l'Est de Palmyre. La ville d'As-Sukhnah aurait été attaquée de l'air, entraînant la fuite de ses habitants (Syria Mubasher, 28 mars 2016). Au moins 180 soldats de l'armée syrienne ont été tués (SOHR, 27 mars 2016). Vingt membres du Hezbollah ont été tués, tous membres d'une unité d'élite qui a soutenu l'armée syrienne dans la bataille pour Palmyre (Okaz, 27 mars 2016).
  • À la fin de la reprise de Palmyre, les équipes d'ingénierie de l'armée syrienne ont désamorcé des mines et des engins explosifs improvisés posés par l'Etat islamique dans la ville et ses  environs. Les équipes d'ingénierie ont également désamorcé les mines et les engins explosifs improvisés laissés par l'organisation à l'aéroport, à l'Est de la ville. A l'aéroport, de grandes quantités d'armes ont été saisies et des tunnels utilisés par l'Etat islamique ont été découverts.Des ateliers de fabrication de roquettes, de mortiers et d'engins piégés ont été découverts dans les hangars de l'aéroport (Télévision syrienne, 27 mars 2016). Selon les rapports, dans les prochains jours, la Russie va envoyer à Palmyre des experts et du matériel pour le démantèlement des mines restantes (RT et télévision syrienne, 28 mars 2016).
Poursuite de la campagne de reprise d'Al-Qaryatayn
  • Avec la reprise de Palmyre, les forces de l'armée syrienne se sont dirigées vers la ville d'Al-Qaryatayn, au Sud-Ouest. Le 27 mars 2016, les forces de l'armée syrienne ont pris le contrôle de zones stratégiques à l'Ouest d'Al-Qaryatayn, après des affrontements avec les membres de l'Etat islamique. Les affrontements sont encore en cours dans la région d'Al-Qaryatayn et des avions russes ont attaqué des cibles de l'Etat islamique dans la ville. La reprise d'Al-Qaryatayn permettra à l'armée syrienne de maintenir une contiguïté territoriale entre la route Damas-Homs et la ville de Palmyre et d'établir son contrôle sur la région.
Premières réactions à la reprise de Palmyre
Syrie et Russie
  • Après la reprise de Palmyre, le régime syrien et la Russie ont été prompts à lancer une campagne de propagande dans le but de tirer parti de la réalisation militaire pour plébisciter des objectifs politiques. Ci-après quelques-unes des principales déclarations :
  • La reprise de Palmyre est la preuve de l'efficacité de la guerre du régime syrien contre le terrorisme.Elle contraste avec les maigres résultats et le "manque de sérieux" de la coalition internationale menée par les USA depuis sa création (Bashar Assad, parlant à une délégation française, agence de presse syrienne, 27 mars 2016). Bachar el-Assad a été cité par la télévision syrienne, disant que la reprise de Palmyre est une réalisation importante qui témoigne du succès de la stratégie de l'armée syrienne et de ses alliés dans la guerre contre le terrorisme.
  • Le chef d'état-major syriena publié une déclaration selon laquelle l'armée syrienne est la seule force qui peut lutter contre le terrorisme. Selon la déclaration, la reprise de Palmyre est un coup sérieux porté à l'Etat islamique et pourrait gravement nuire au moral de ses membres. L'armée syrienne, avec le soutien de l'armée de l'air russe, devrait poursuivre ses opérations contre l'Etat islamique et le Front Al-Nusra et élargir ses opérations militaires vers l'Est, vers Deir al-Zor et Al-Raqqah (Agence de presse syrienne, 27 mars 2016). Le ministre syrien de l'Information Omran al-Zoubi a déclaré que "la reprise de Palmyre ouvre la porte à une avancée vers des cibles supplémentaires, y compris Deir al-Zor et Al-Raqqah" (Télévision Al-Alam, 29 mars 2016).
  • Le porte-parole du Président Vladimir Poutinea cité l'appréciation de Bachar el-Assad du soutien aérien russe, sans laquelle la reprise de Palmyre n'aurait pas été possible (Spoutnik, 27 mars 2016). Selon le ministre russe de la Défense, à la veille de la reprise de Palmyre, l'armée de l'air russe a effectué 40 sorties, dont 158 ​​frappes aériennes dans et autour de la ville de Palmyre. En conséquence, selon le ministre de la Défense, plus de 100 membres de l'Etat islamique ont été tués et des armes et des munitions ont été détruites (RT, 26 mars 2016). Selon le ministère russe des Affaires étrangères, la Syrie considère la reprise de Palmyre comme une réelle opportunité de promouvoir le processus politique en Syrie.
L'Etat islamique
  • La machine de propagande de l'Etat islamique, qui ne se prononce généralement pas longuement sur les échecs de l'organisation, a tenté de compenser les dommages causés à son image suite à la reprise de Palmyre. Les canaux médiatiques de l'Etat islamique ont nié les rapports de la prise de contrôle de la ville, affirmant que les soldats du Califat ont réussi à bloquer l'armée syrienne. Ils ont souligné les nombreuses pertes subies par les forces syriennes et ont eu recours à la rhétorique véhémente contre les chiites, les infidèles et les "athées russes" participants à l'attaque.
Etats-Unis et Grande-Bretagne
  • Selon John Kirby, le porte-parole du ministère de la Défense des États-Unis, les États-Unis appuient la reprise de Palmyre, mais l'avenir du Président syrien est incertain. Le porte-parole du Foreign Office britannique a également salué la reprise de Palmyre, mais a ajouté que le régime syrien est responsable de la crise en Syrie.
Affrontements dans les autres provinces de Syrie
  • Dans les autres provinces de Syrie, y compris les provinces où le cessez-le-feu est appliqué et les zones où il ne l'est pas, les affrontements locaux ont continué entre les différentes forces, sans changement significatif sur le terrain :
  • La région d'Alep: Des affrontements ont eu lieu dans la ville entre l'armée syrienne et les forces rebelles dans la région de la base militaire de Hananu au Nord de la citadelle d'Alep, dans l'ancienne ville d'Alep. Dans la zone rurale au Nord d'Alep, les combats ont continué entre les membres de l'Etat islamique et les organisations rebelles. Dans la région de Jarabulus, des affrontements ont eu lieu entre des membres de l'Etat islamique et les Kurdes. L'armée turque aurait attaqué des cibles kurdes au Nord d'Alep.
  • La zone de Deir al-Zor: Dans le quartier d'Al-Sina'ah au Sud de Deir al Zor, des affrontements ont opposé des membres de l'Etat islamique à l'armée syrienne.
  • Le Sud du plateau du Golan syrien: Les affrontements ont continué entre les forces rebelles, y  compris le Front Al-Nusra, et des Brigades des Martyrs d'Al-Yarmouk, affiliées à l'Etat islamique. Les combats sont toujours en cours. Les Brigades des Martyrs d'Al-Yarmouk ont annoncé la mort d'Abu Hadi al-Nabulsi, un commandant militaire de la brigade, dans des affrontements avec le Front Al-Nusra (Khatwa; Suriyati, 24 mars 2016).

Principaux développements en Irak

La province d'Al-Anbar
Hit
  • L'opération pour la libération de la ville de Hit continue. La ville est située sur la rive Ouest de l'Euphrate, à environ 70 km au Nord-Ouest de Ramadi. L'armée irakienne, avec le soutien de tribus locales, encercle la ville, qui est contrôlée par l'Etat islamique. Le 26 mars 2016, l'armée irakienne a achevé la reprise de la ville de Kabisa, située à l'Est de la ville. L'armée irakienne a reçu le soutien aérien des États-Unis et des pays de la coalition (Fars News; Hamrin, 27 mars 2016).
Ramadi
  • Un membre important de la branche information de l'Etat islamique aurait été tué dans un raid aérien à l'Est de la ville de Ramadi (Sky News, 26 mars 2016). Le responsable des armes et des explosifs de l'organisation aurait également été tué dans le raid aérien (Télévision Al-Alam, 26 mars 2016).
La ville de Mossoul
  • Des avions de la coalition auraient attaqué l'Université de Mossoul, détruisant des entrepôts de l'Etat islamique situés à l'intérieur de tunnels dans les locaux de l'université. Après la frappe aérienne, l'Etat islamique a commencé à évacuer ses membres et de l'équipement entreposé sur place pour les transférer vers un autre emplacement (Al-Sabah, 23 mars 2016).
  • Le 24 mars 2016, l'armée irakienne a annoncé le lancement d'une opération de libération de la province de Ninive et de la ville de Mossoul des mains de l'Etat islamique. L'armée irakienne a agi avec le soutien de l'armée de l'air américaine et des peshmergas kurdes. Les batailles auraient lieu au Sud-Est de Mossoul. La ville de Makhmur, à environ 70 km au Sud-Est de la ville de Mossoul, sert de base aux forces irakiennes (Al-Jazeera, 24-27 mars 2016).
  • Selon les rapports des médias arabes, l'Etat islamique mènerait des exécutions de masse dans la ville de Mossoul, et des milliers de ses habitants fuient les champs de bataille de la Province de Ninive (Akhbar Alan, 28 mars 2016). En réponse, les canaux médiatiques de l'Etat islamique ont affirmé que la vie quotidienne dans la ville de Mossoul se déroulait normalement et ont publié des photos visant à renforcer ce message (Akhbar Dawlat al-Islam, 26 mars 2016).
La zone située au Sud de Bagdad
  • Le 25 mars 2016, un terroriste suicide de l'Etat islamique s'est fait exploser sur un stade de football dans la ville d'Al-Iskandariya, à environ 70 km au Sud de Bagdad. Au moins 29 personnes ont été tuées dans l'attaque et environ 60 autres ont été blessées. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque (BBC en arabe, agence de presse Aamaq, 25 mars 2016). La ville d'Al-Iskandariya a une population d'environ 320.000 habitants, principalement des tribus sunnites. L'attaque a apparemment été effectuée en raison de l'enrôlement de nombreux locaux dans les forces de sécurité irakiennes (Uruba, 28 mars 2016).

L'Egypte et la péninsule du Sinaï

  • Au cours de la semaine, les forces de sécurité égyptiennes ont poursuivi leurs activités intensives contre la Province du Sinaï de l'Etat islamique dans les régions de Cheikh Zoweid, Al-Arish et Rafah. Dans le même le temps, les membres de l'Etat islamique ont poursuivi leurs activités de guérilla contre les forces de sécurité égyptiennes, principalement en posant des engins explosifs improvisés. Ci-après les principaux incidents :
  • Selon un rapport du 26 mars 2016, l'armée égyptienne a tué sept terroristes dans un échange de tirs au Sud de Cheikh Zoweid. De plus, 10 terroristes ont été tués dans un raid aérien égyptien (Al-Masry al-Youm, 26 mars 2016).
  • Selon un rapport du 25 mars 2016, 60 terroristes de l'Etat islamique ont été tués et 40 autres ont été blessés dans des frappes aériennes dirigées contre plus de 50 cibles (maisons et cabanes) au Sud de Cheikh Zoweid et de Rafah (Al-Masry al-Youm, 25 mars 2016).
  • Le 24 mars 2016, la Province du Sinaï de l'Etat islamique a annoncé que ses membres avaient fait exploser un engin explosif improvisé contre un véhicule de déminage de l'armée égyptienne. L'explosion a eu lieu sur la route principale entre Al-Arish et Rafah (Akhbar Dawlat al-Khilafah, 24 mars 2016).
  • Le 27 mars 2016, les forces de sécurité égyptiennes ont effectué des patrouilles dans le Nord du Sinaï, au cours de laquelle 20 terroristes ont été arrêtés, plus de 100 personnes tuées et une grande quantité de matériel détruit (Al-Masry al-Youm, 27 mars 2016).

Le jihad mondial dans d'autres pays

Turquie
  • Suite à l'attaque d'Istanbul, les forces de sécurité turques ont arrêté des membres de l'Etat islamique. L'agence de presse Sky News a signalé (29 mars 2016) que six membres de l'organisation avaient été arrêtés il y a une semaine dans la ville de Gaziantep, en Turquie orientale. Leur interrogatoire a révélé que l'Etat islamique avait l'intention de mener des attaques dans des centres de jeunesse, des écoles et des jardins d'enfants de la communauté juive en Turquie. L'une des cibles possibles était le complexe de la synagogue de Buyoglu à Istanbul, qui comprend également un centre scolaire et communautaire. Selon des sources des services de renseignement, il s'agit d'une menace réelle et imminente, et les autorités turques ont intensifié leurs mesures de sécurité afin de la contrecarrer. La synagogue mentionnée dans le rapport est la principale synagogue d'Istanbul (Neve Shalom), qui a déjà été la cible d'attaques dans le passé.[2]
  • Le Bureau israélien contre le terrorisme a émis un avertissement de voyage pour la Turquie, déclarant que "la menace de nouvelles attaques par des éléments terroristes a augmenté, avec un accent sur l'État islamique, sur des cibles touristiques, y compris les touristes israéliens". La recommandation du Bureau contre le terrorisme est "de ne pas visiter le pays et [ceux qui y séjournent actuellement doivent le] quitter le plus tôt possible" (Site Internet du Bureau israélien de sécurité, 28 mars 2016).

Libye

Sabratah
  • La ville de Sabratah est située à l'Ouest de Tripoli. L'Etat islamique y est présent mais ne la contrôle pas. Dans le passé, des Tunisiens ayant commis des attaques terroristes en Tunisie ont été formés dans des camps de l'Etat islamique dans la ville. Selon un récent rapport du Conseil de sécurité des Nations unies réalisé par une équipe d'experts sur la Libye, en Décembre 2015, l'Etat islamique a conclu un accord avec la municipalité de Sabratah. Selon l'accord, les membres de l'organisation s'abstiennent de paraître en public dans la ville et, en retour, la municipalité ferme l'œil sur leur présence dans la ville. L'accord a été conclu après la publication de photos montrant une démonstration de force organisée par l'Etat islamique à Sabratah. Le maire de Sabratah n'a pas tardé à nier le rapport (Portail Al-Wasat, alarabiya.net, diwanfm, 26 décembre 2015).
Yémen
  • Cette semaine, trois voitures piégées ont explosé à un point de contrôle dans la ville d'Aden. L'attaque a tué 22 personnes, dont 10 civils (AFP, 25 mars 2016). L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque (Conflit News, 25 mars 2016).

Les activités de contrebande

Campagne de propagande de l'Etat islamique suite aux attaques terroristes de Bruxelles
  • Après les attentats terroristes de Bruxelles, l'Etat islamique a lancé une campagne de propagande destinée à susciter la terreur et la peur parmi les habitants de la  Belgique et les Européens en général, et à renforcer l'attractivité de l'État islamique. La campagne de propagande montre des membres de l'Etat islamique d'origine belge. Ci-après quelques exemples :
  • L'Institut d'information Al-Battaraffilié à l'Etat islamique a publié une vidéo glorifiant les attaques terroristes de Bruxelles. Dans un premier temps, la vidéo passe en revue les attaques, sur la base des médias occidentaux. L'organisation explique ensuite que les attaques ont été menées en raison du rôle de la Belgique dans les frappes aériennes de la coalition, qui ont coûté la vie à des musulmans en Irak et en Syrie et ont détruit des mosquées et des écoles. Dans la vidéo, l'Etat islamique invite son public à lutter contre les "croisés" (cf., les chrétiens), les infidèles de l'Islam (Isdarat, 24 mars 2016).
  • Le 27 mars 2016, la Province d'Al-Raqqah de l'Etat islamique en Syrie a publié une vidéo dans laquelle les habitants d'Al-Raqqah expriment leur satisfaction suite aux attaques terroristes de Bruxelles, notant que les attaques de Bruxelles sont le résultat des frappes aériennes de la coalition internationale contre les villes musulmanes. La vidéo présente notamment un membre de l'Etat islamique d'origine belge, appelé Abu Khalifa al-Baljiki (cf., le Belge), saluant la "bonne vie" à Al-Raqqah, au contraire de l'Europe, où les résidents vivent maintenant dans la peur (Akhbar Dawlat al-Islam, 27 mars 2016).
  • Le 25 mars 2016, la Province de Ninive de l'Etat islamique en Iraka publié une vidéo montrant deux ressortissants belges de l'organisation faisant référence aux attaques terroristes de Bruxelles. Le premier, présenté comme Abu Abdullah al-Baljiki, a exprimé sa sympathie pour les terroristes qui ont perpétré les attaques. Le second, appelé Abu Moujahid al-Baljiki, a menacé l'Occident, en disant "Vous êtes entrés dans l'ère de guerre, après quoi vous verrez le sang couler dans vos rues. [Les attaques de Bruxelles] ne sont que le début de votre cauchemar" (Akhbar Dawlat al-Islam, 25 mars 2016).
  • Après les attentats terroristes de Bruxelles, des comptes de médias sociaux ont publié des menaces destinées aux Belges et à l'Occident : "Bruxelles - nous sommes là. Ce qui est sur le point de se produire sera plus terrible, plus amer, pire, plus meurtrier et plus douloureux. O, esclaves de la croix..." (Masrawy, 22 mars 2016).
  • Le 25 mars 2016, l'Etat islamique a publié une vidéo en langue anglaise intitulée "Message des partisans du Califat à l'occident infidèle". La vidéo comprend une menace que la vengeance viendra. Elle présente la simulation d'un raid aérien sur Paris et une menace verbale contre les "croisés": "Nous allons envahir Londres, Bruxelles et Berlin, comme nous l'avons fait à Paris avant ". Le narrateur ajoute: "Nous allons venir vers vous et vous terrifier partout. Nous allons venir vers vous là où vous ne nous attendez pas et remplir vos rues de sang" (Akhbar Dawlat al-Islam, 25 mars 2016).

[1]Selon le site Al-Bawaba News, avant l'occupation de Palmyre par l'Etat islamique, la ville abritait environ 50 000 habitants. Pendant l'occupation par l'Etat islamique, ce nombre a chuté à 15 000.
[2]Le 6 septembre 1986, une attaque a été commise contre la synagogue Neve Shalom où 21 Juifs qui assistaient à l'office du shabbat ont été tués. Le 15 octobre 2003, des attaques terroristes ont été effectuées contre la synagogue Neve Shalom et une autre synagogue d'Istanbul (Beth Israel). Les deux attaques ont fait 18 morts, dont des fidèles et des passants. 

Attentat de masse de l’Etat islamique dans la banlieue chiite du Sud de Beyrouth

La scènede l'attaque dans le quartier de Burj al-Barajneh, dans la banlieue chiite du Sud de Beyrouth, contrôlée par le Hezbollah (Al-Manar, 12-13 novembre 2015)
La scènede l'attaque dans le quartier de Burj al-Barajneh, dans la banlieue chiite du Sud de Beyrouth, contrôlée par le Hezbollah (Al-Manar, 12-13 novembre 2015)

Aperçu général

1. Le 12 novembre 2015 en fin d'après-midi, l'Etat islamique a commis une attaque terroriste dans la banlieue chiite du Sud de Beyrouth, contrôlée par le Hezbollah. L'explosion a tué 43 personnes, la plupart d'entre eux des passants, et environ 240 personnes ont été blessées (Al-Jazeera, sur la base du rapport du ministère libanais de la Santé) et des dommages considérables ont été causés (le maire de Burj al-Barajneh a déclaré que dix bâtiments s'étaient effondrés et que des magasins ont été détruits). L'attaque a été réalisée par deux terroristes suicide qui se sont fait exploser presque simultanément, en utilisant des ceintures d'explosifs, près de l'hôpital Al-Rasoul al-Azam. Un troisième terroriste suicide, présent sur place, a été tué sans être en mesure de faire exploser la ceinture d'explosifs qu'il portait.

2. L'Etat islamique au Liban a revendiqué la responsabilité des attaques via ses médias sociaux. Selon l'annonce, les membres de l'organisation ont réussi à réaliser une attaque dans le bastion du Hezbollah à Burj al-Barajneh avec une moto piégée dans les zones surpeuplées de la banlieue Sud de Beyrouth (Muslims-News.net, 12 novembre 2015).

Gauche : Le quartier de Burj al-Barajneh, dans la banlieue Sud de Beyrouth (Google Maps). Droite : L'Etat islamique au Liban revendique la responsabilité de l'attaque de Beyrouth (Muslims-News.net, 12 novembre 2015)
Gauche : Le quartier de Burj al-Barajneh, dans la banlieue Sud de Beyrouth (Google Maps). Droite : L'Etat islamique au Liban revendique la responsabilité de l'attaque de Beyrouth (Muslims-News.net, 12 novembre 2015)

3.Il s'agit du premier attentat suicide perpétré dans le bastion du Hezbollah de Burj al-Barajneh depuis l'été 2014.[1] Il s'agit également de la plus grave attaque effectuée au Liban depuis le début de l'implication du Hezbollah dans les combats en Syrie. Pendant une relativement longue période, les réalisations de l'armée syrienne et du Hezbollah dans les montagnes de Qalamoun et les mesures de prévention du Hezbollah au Liban en général et à Beyrouth en particulier, ont entravé les capacités militaires de l'Etat islamique et des autres organisations jihadistes, et les ont empêchés de mener leurs attaques terroristes planifiées dans les quartiers chiites de Beyrouth. Cette fois, cependant, l'Etat islamique a réussi à mener à bien un attentat suicide complexe au cœur de la forteresse du Hezbollah, tuant et blessant plusieurs personnes.

4. L'Etat islamique considère l'attaque de Beyrouth comme uneréalisation opérationnelle et de propagande sans précédent, qui s'ajoute à deux autres "réussites" : les attaques simultanées commises à Pari par trois escadrons terroristes (au moins 132 victimes) ; et l'explosion d'un avion russe dans la péninsule du Sinaï, apparemment avec une charge explosive à bord (tuant 224 passagers et membres d'équipage). Ces trois attaques, menées dans un délai de deux semaines, visent à dissuader les divers ennemis de l'Etat islamique, la Russie, l'Egypte, le Hezbollah, l'Iran, la France et l'Occident en général. En ce qui concerne les capacités opérationnelles de l'organisation, les événements ont montré que l'Etat islamique peut continuer à mener des attaques terroristes loin de ses bases de pouvoir en Syrie et en Irak. Selon toute probabilité, l'Etat islamique devrait poursuivre les attaques contre ses ennemis, y compris Israël et le peuple juif.


Position du Hezbollah

5. La récente attaque de l'Etat islamique au Liban représente un défi sécuritaire, politique et médiatique pour le Hezbollah, et justifie son implication en Syrie au motif qu'il défend le Liban contre le terrorisme jihadiste. L'attaque illustre les limites de la puissance du Hezbollah et son incapacité à protéger ses propres bastions contre l'Etat islamique et d'autres organisations jihadistes sur de longues périodes de temps. Par conséquent, une fois les vents retombés, la critique interne libanaise de l'implication du Hezbollah dans les combats en Syrie pourrait augmenter, malgré la relative retenue des rivaux du Hezbollah au Liban. [2]

6. Le 14 novembre 2015, deux jours après l'attaque, Hassan Nasrallah a essayé de répondre au défi dans un discours dans lequel il relié l'attaque de Burj al-
Barajneh à l'attaque de Paris
. Il a affirmé que l'attaque de Burj al-Barajneh était clairement l'œuvre de l'Etat islamique. Il a ajouté qu'elle avait été menée par deux terroristes d'origine syrienne et que les forces de sécurité libanaises avaient arrêté des activistes qui ont avoué qu'ils avaient des liens avec l'organisation. Il a encore précisé que les arrestations menées après l'attaque avaient conduit au démantèlement d'un réseau qui avait recueilli des informations pour le compte de l'Etat islamique et loué des maisons d'hébergement pour ses membres à Beyrouth et Burj al-Barajneh (Al-Manar, 14 novembre 2015).

7. Le discours de Nasrallah était une réponse à l'Etat islamique et à ses propres rivaux au Liban. Il a affirmé que l'attaque avait deux objectifs : le premier d'inciter à une guerre civile au Liban (cf., par le biais des adversaires du Hezbollah) qui servirait les intérêts d'Israël et de l'Etat islamique. Il a appelé les Libanais à ne pas se laisser entraîner dans une guerre civile et à ne pas enflammer les émotions contre les réfugiés syriens et les Palestiniens (bien qu'il ait exigé des réfugiés syriens au Liban de ne pas permettre aux terroristes d'opérer en leur sein). Le deuxième objectif, selon Nasrallah, est de faire pression sur le Hezbollah pour qu'il se retire de la lutte contre l'Etat islamique en Syrie et "ailleurs" Cependant, a-t-il dit, l'attaque ne fera que renforcer la détermination du Hezbollah à continuer le combat en Syrie ("Ils ne font que renforcer notre détermination ... Après cette attaque, nous sommes engagés dans une guerre permanente avec l'Etat islamique  et combattrons plus résolument ...")

[1]Le 25 juin 2014, un attentat suicide a été tentéà l'hôtel Du Roy à Beyrouth, mais a échoué.Environ six moisplus tôt (2 janvier2014),un attentat suicide a été mené dans la banlieue Sud de Beyrouth à proximité de plusieurs institutions importantes du Hezbollah.
[2]Le Premier ministre libanais Tammam Salam a appelé à une plus grande coordination entre les forces de sécurité libanaises et à une augmentation de la sécurité. Les adversaires du Hezbollah (Samir Geagea, Saad Hariri) ont condamné l'attaque, mais n'ont pas [encore] attaqué le Hezbollah pour son implication dans les combats en Syrie.

Portrait de Qasem Soleimani, commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution iranienne, chargée des activités de subversion et de terrorisme de l’Iran au Moyen-Orient et dans le monde

 				Qasem Soleimani (Nasimonline, 20 octobre 2015)
Qasem Soleimani (Nasimonline, 20 octobre 2015)

Aperçu général

1. Le général Qasem Soleimani (Haj Qasem) a été nommé commandant de laForce Qods des Gardiens de la révolution iranienne fin 1997 ou début Mars 1998. La Force Qods est l'un des cinq bras des Gardiens de la révolution iranienne, le principal et plus puissant organe sécuritaire d'Iran et le principal soutien du régime. Il s'agit d'une unité d'élite apparemment composée de plusieurs milliers d'agents. La Force Qods a été créée en 1990 afin de mettre en place un cadre opérationnel organisé pour les vastes activités menées dans le cadre de l'exportation de la révolution islamique dans le monde. Au fil des ans, la Force Qods est devenue le fer de lance des efforts de l'Iran pour consolider sa puissance régionale et promouvoir ses objectifs stratégiques par le terrorisme et la subversion politique.

2. La Force Qods n'est pas une unité militaire organique mais une organisation-cadre composée d'un siège général, de commandements spéciaux chargés de diverses spécialisations secrètes et d'administrations régionales chargées de zones géographiques spécifiques. Elle jouit d'un grand prestige au sein de la direction iranienne et bénéficie d'un accès à de nombreuses ressources et des conseils du guide suprême Ali Khamenei. La Force Qods influence le processus de prise de décision stratégique et défensive à Téhéran, en particulier les décisions concernant les questions extérieures sensibles liées aux activités régionales de l'Iran. Pour lutter contre les divers ennemis de l'Iran au Moyen-Orient et dans le monde, la Force Qods utilise des mandataires et leur fournit un soutien militaire et financier.

3. Qasem Soleimani est le deuxième commandant de la Force Qods. Il a remplacéAhmad Vahidi, qui a occupé le poste de ministre de la Défense sous Mahmoud Ahmadinejad (2009-2013). Pendant de nombreuses années, Soleimani a adopté profil bas et était presque inconnu du public iranien (bien qu'il ait été mentionné dans le cadre des activités iraniennes de subversion et de terrorisme au-delà des frontières de l'Iran). Il a été inscrit sur la liste des terroristes étrangers des États-Unis après la tentative d'assassinat de l'ambassadeur saoudien à Washington en 2011.[1] Le rôle clé qu'il a joué dans le renforcement de l'influence iranienne au Moyen-Orient pendant les bouleversements régionaux (le "Printemps arabe") a significativement augmenté son exposition médiatique à la fois en Iran et à l'étranger. En conséquence, il a été mentionné comme un candidat possible de la direction politique iranienne.

4. Les changements politiques profonds dans le monde arabe au cours des dernières années ont créé de nouvelles opportunités pour l'Iran pour étendre son influence au Moyen-Orient. Lorsque les bouleversements régionaux ont débuté, l'Iran a présenté les changements dans le monde arabe comme une expression d'un réveil islamique inspiré par la révolution islamique et comme le début d'une transformation qui allait changer la face de la région. Depuis lors, afin de faire progresser l'hégémonie iranienne dans le monde arabe, la Force Qods sous le commandement de Qasem Soleimani est devenue le principal instrument utilisé pour exploiter les nouvelles opportunités offertes par l'effondrement des États nationaux et la faiblesse des Etats arabes sunnites opposés aux aspirations régionales de l'Iran.

5. Toutefois, en plus des nouvelles possibilités, les événements dramatiques au Moyen-Est ont présenté d'importants risques et défis pour l'Iran. Les dirigeants iraniens ont rapidement compris que la politique du monde arabe était plus complexe que prévu et qu'il n'était absolument pas certain que la République islamique puisse diriger les bouleversements régionaux ou servir de modèle au monde arabe. Le soulèvement chiite à Bahreïn en 2011 a accentué les inquiétudes arabes sur l'influence croissante de l'Iran, et a approfondi les soupçons des pays arabes sunnites. La guerre civile en Syrie (le plus important allié de l'Iran dans le monde arabe) a posé un autre défi de taille à l'Iran et a menacé de nuire à la cohérence du "front de résistance" mené par l'Iran. Les succès militaires de l'Etat islamique représentent un enjeu stratégique pour l'Iran et l'ont obligé à envoyer en Irak et en Syrie des armes et des conseillers, le plus important étant Soleimani. La campagne internationale menée par les Américains contre l'Etat islamique a rendu le défi plus redoutable et a compliqué la situation en Irak et la Syrie pour Iran.

6. Pour faire face à la tourmente régionale, l'Iran a fourni des ressources à la Force Qods dans un effort d'exploiter les opportunités et de minimiser les risques. Dans le nouveau Moyen-Orient qui a surgi, Qasem Soleimani a commencé en coulisses (et au cours de la dernière année sur la scène centrale) à tirer les ficelles des activités subversives, politiques et militaires de l'Iran. Il est ainsi devenu une des personnalités les plus influentes dans la formulation de la politique étrangère iranienne, et son influence devrait croître après l'accord sur le nucléaire iranien. Son rôle central dans la formulation de la politique étrangère régionale iranienne, qui surpasse celui du ministre iranien des Affaires étrangères, se retrouve dans ses liens étroits avec le leadership politique, qui le considère comme une autorité sur les développements dramatiques qui se déroulent au Moyen-Orient. Par exemple, à deux reprises au cours des deux dernières années (Septembre 2014 et Septembre 2015), Soleimani a été invité à l'Assemblée des experts (un puissant conseil, responsable de l'élection du guide suprême, qui supervise ses activités et qui a le pouvoir de décider s'il remplit son rôle correctement).

Qasem Soleimani serre la main d'Iraniens à Ispahan (www.598.ir, 18 janvier 2015)
Qasem Soleimani serre la main d'Iraniens à Ispahan (www.598.ir, 18 janvier 2015)

7. L'approche de Qasem Soleimani sur les développements dans l'arène régionale reflète le concept de base du régime iranien, qui considère l'Occident, en particulier les Etats-Unis, comme la source de tout le mal dans le monde et la principale menace pour la sécurité nationale et les intérêts vitaux de l'Iran. Cette hostilité envers les Etats-Unis et Israël ("le régime sioniste", considéré comme un mandataire américain) est toujours au cœur de l'idéologie iranienne, même après l'accord nucléaire. Selon Qasem Soleimani, dont les positions reflètent fidèlement celles du guide suprême Ali Khamenei,l'Iran est le fer de lance de la lutte contre les Etats-Unis et ses mandataires régionaux. Par conséquent, assurer la puissance de l'Iran, de la Force Qods et des alliés de l'Iran dans le "front de résistance" est nécessaire pour déjouer les efforts américains et faire de l'Iran une puissance régionale.

8. Selon Qasem Soleimani, l'Iran a marqué des points dans ses relations avec les Etats-Unis et ses alliés au Moyen-Orient. A l'occasion d'une conférence des commandants des Gardiens de la révolution récemment organisée à Téhéran, Soleimani a affirmé que le Moyen-Orient et l'Asie de l'Ouest avaient eu une influence considérable sur "l'effondrement" de la situation de l'Amérique comme puissance mondiale et que, pendant les vingt dernières années, l'Iran avait infligé d'importants dégâts à tout ce qui fait de l'Amérique une puissance. Il a fait référence à quatre façons par lesquelles les États-Unis essaient de réhabiliter leur statut au Moyen-Orient : l'utilisation de l'ONU et d'autres organismes, tels que les organisations des droits de l'homme ; le renforcement du "régime sioniste"; l'affaiblissement de l'Iran et la conservation des luttes dans le monde musulman afin d'accroître leur dépendance envers les États-Unis. Il a affirmé que la politique américaine concernant l'Etat islamique et d'autres organisations islamistes radicales consiste à les exploiter pour promouvoir leurs propres intérêts, mais pas à les anéantir. Selon lui, les États-Unis cherchent à préserver ces organisations afin d'accroître la dépendance des pays du Moyen-Orient (Agence de presse Mehr, 16 septembre 2015).

9. Avec Qasem Soleimani, l'Iran a renforcé son statut et son influence régionale durant les bouleversements régionaux. L'implication iranienne en Irak a freiné l'avancée de l'Etat islamique, son soutien à Assad a empêché l'effondrement du régime syrien, et son soutien aux rebelles Houthis au Yémen leur a donné un avantage sur le gouvernement yéménite. D'autre part, l'Iran en général, et Soleimani en particulier, ont également subi des échecs : en dépit du soutien iranien, ainsi que de celui du Hezbollah et de l'armée syrienne, le régime syrien s'est retrouvé dans une impasse, qui a nécessité une implication militaire russe directe. Les combats entre l'administration irakienne et les milices chiites opérant sous égide iranienne, d'une part, et l'Etat islamique de l'autre, sont dans une impasse, et les alliés Houthis de l'Iran au Yémen ont récemment subi de sérieux revers qui témoignent des limites de la puissance de l'Iran dans ces arènes et de la nature problématique d'une stratégie reposant sur l'utilisation de mandataires iraniens à travers le Moyen-Orient.

10. Compte tenu de la détresse du régime syrien au cours de l'année écoulée, qui se manifeste par la menace posée par les organisations rebelles sous l'égide du Front Al-Nusra à Lattaquié et dans d'autres bastions du régime syrien le long de la côte, à la mi-Septembre 2015, l'Iran a augmenté le nombre de ses forces en Syrie de plusieurs centaines à plusieurs milliers. Les renforts, composés de membres des Gardiens de la révolution et de leurs milices, ont été envoyés pour soutenir l'armée syrienne dans son offensive dans le Nord de la Syrie, qui a débuté le 7 octobre 2015. Le quotidien libanais affilié au Hezbollah Al-Akhbar a rapporté que le 11 octobre 2015, Qasem Soleimani est arrivé au Nord-Ouest de la Syrie pour diriger l'offensive de l'armée syrienne avec le soutien des Gardiens de la révolution (Al-Akhbar, 13 octobre 2015).

11.La participation des Gardiens de la Révolution dans les combats en Syrie a placé Qasem Soleimani sous le feu des projecteurs. Les réseaux sociaux ont publié une vidéo et des images de Soleimani (apparemment dans la région de Lattaquié) le montrant lors d'un briefing à des combattants du Hezbollah. Son arrivée en Syrie en même temps que les forces iraniennes semble indiquer que les efforts et l'attention de la Force Qods en général et de Soleimani en particulier sont détournés de l'Irak à la Syrie. La détresse stratégique du régime syrien oblige la Force Qods, sous le commandement de Soleimani, à concentrer ses efforts pour aider l'armée syrienne à repousser les rebelles dans le Nord-Ouest de la Syrie (dans les régions de Homs, Hama, Idlib et Alep), avec le soutien aérien russe. Jusqu'à présent, l'offensive syrienne a fait face à des difficultés et les membres des Gardiens de la révolution luttant au front ont subi des pertes importantes (plus de trente morts, dont trois officiers supérieurs avec le grade de colonel ou de général de brigade).

Briefing de Qasem Soleimani à des combattants du Hezbollah, apparemment dans la région de Lattaquié, après le début de l'offensive terrestre dans le Nord de la Syrie (Facebook, 13 octobre 2015)
Briefing de Qasem Soleimani à des combattants du Hezbollah, apparemment dans la région de Lattaquié, après le début de l'offensive terrestre dans le Nord de la Syrie (Facebook, 13 octobre 2015)

12. Au cours des dernières années, Qasem Soleimani est devenu très puissant dans l'arène politique iranienne interne. Son service continu au sein des Gardiens de la révolution, le soutien qu'il reçoit du guide suprême Ali Khamenei, ses relations étroites avec la direction politique iranienne, son engagement envers le régime islamique et l'idéologie de la révolution et son image publique de héros national renforcent sa position et pourraient lui être utiles dans l'avenir s'il opte pour une carrière politique. Cependant, ses liens, son expérience et son talent ne garantissent pas nécessairement son succès politique. Dans le passé déjà, de hauts commandants des Gardiens de la révolution ont tenté d'intégrer la politique nationale sans succès (par exemple, l'ancien commandant des Gardiens de la révolution Mohsen Rezaei et le maire de Téhéran Mohammad Ghalibaf).

Sources et structure de l'étude

13. Cette étude se concentre sur Qasem Soleimani et ses activités au cours des deux dernières années à l'égard de la politique iranienne globale et de la Force Qods. Elle est la suite de deux précédentes études du Centre Meir Amit intitulées : "Utilisation de la Force Qods des Gardiens de la révolution comme principal outil pour exporter la révolution au-delà des frontières de l'Iran", (en anglais), publiée le 2 avril 2007 et "La Force Qods, unité d'élite des Gardiens de la révolution islamique, fer de lance de la campagne terroriste mondiale iranienne", publiée le 7 août 2012, et d'autres documents du Centre sur les activités subversives et terroristes de la Force Qods au Moyen-Orient et dans le monde sous le commandement de Qasem Soleimani.

14. L'étude est basée sur une grande variété de sources publiées ces dernières années dans les médias iraniens, arabes et occidentaux, et sur les réseaux sociaux. Malgré l'importante quantité d'informations sur les activités de Qasem Soleimani et de la Force Qods, quelques lacunes ont été constatées.

15. L'étude est divisée en neuf sections :

1) Première partie : Courte biographie de Qasem Soleimani

2) Deuxième partie : Participation de Qasem Soleimani dans la guerre civile syrienne

3) Troisième partie : Implication de Qasem Soleimani en Irak

4) Quatrième partie : Participation de Qasem Soleimani dans l'arène palestinienne et en Israël

5) Cinquième partie : Implication de Qasem Soleimani au Liban

6) Sixième partie : Participation de Qasem Soleimani au Yémen et dans d'autres pays du Moyen-Orient

7) Septième partie : Participation de Qasem Soleimani dans la politique iranienne interne

8) Huitième partie : Image publique de Qasem Soleimani

9) Neuvième partie : Possible levée des sanctions internationales contre Qasem Soleimani suite à l'accord sur le nucléaire

 

[1]Cette étude de Qasem Soleimani a été réalisée pour le Centre Meir Amit par le Dr Raz Zimmt, chargé de recherche au Centre Alliance d'études iraniennes à l'Université de Tel-Aviv et chercheur au Forum de pensée régionale. Ses champs d'expertise incluent la politique, la société, la politique étrangère et les réseaux sociaux de la République islamique. L'étude a été coordonnée avec les chercheurs du Centre Amit et reprend des informations publiées par le Centre sur la Force Qods.
[2]A ce sujet, voir notre article du 3 novembre 2011 intitulé "Les États-Unis ont déjoué un complot iranien d'assassiner l'ambassadeur saoudien à Washington en utilisant la Force Quds, l'unité d'élite des Gardiens de la Révolution", à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/fr/article/17830

Pleins feux sur le jihad mondial (22-28 octobre 2015)

Pleins feux sur le jihad mondial

Pleins feux sur le jihad mondial

La rencontre du Président Poutine et du Président Bachar al-Assad (Télévision russe)

La rencontre du Président Poutine et du Président Bachar al-Assad (Télévision russe)

Membres du Front Al-Nusra durant la bataille de Tall al-Qarassi (Compte Twitter affilié au Front Al-Nusra, 23 octobre 2015)

Membres du Front Al-Nusra durant la bataille de Tall al-Qarassi (Compte Twitter affilié au Front Al-Nusra, 23 octobre 2015)

Farshad Hassounizadeh, ancien commandant de la Brigade spéciale Saberin, tué en Syrie (ABNA)

Farshad Hassounizadeh, ancien commandant de la Brigade spéciale Saberin, tué en Syrie (ABNA)

L'officier des Gardiens de la Révolution Moslem Khizab

L'officier des Gardiens de la Révolution Moslem Khizab

L'officier des Gardiens de la Révolution iranienne Sajjad Tahernia, tué dans les combats à Alep (Twitter, 25 octobre 2015)

L'officier des Gardiens de la Révolution iranienne Sajjad Tahernia, tué dans les combats à Alep (Twitter, 25 octobre 2015)

Le soldat Sayyed Roholla Emadi des Gardiens de la Révolution iranienne, tué dans les combats à Alep (Twitter, 25 octobre 2015).

Le soldat Sayyed Roholla Emadi des Gardiens de la Révolution iranienne, tué dans les combats à Alep (Twitter, 25 octobre 2015).

: Char de l'armée syrienne saisi par l'Etat islamique dans la province de Hama.

: Char de l'armée syrienne saisi par l'Etat islamique dans la province de Hama.

: Célébrations des milices chiites après la libération du centre-ville de Baiji,  au cours de laquelle le drapeau irakien a été érigé (Al-Sumaria, 20 octobre 2015)

: Célébrations des milices chiites après la libération du centre-ville de Baiji, au cours de laquelle le drapeau irakien a été érigé (Al-Sumaria, 20 octobre 2015)

Epave calcinée d'un tank M60 égyptien détruit par des membres de l'Etat islamique dans le Sinaï (Site justpaste.it, 24 octobre 2015)

Epave calcinée d'un tank M60 égyptien détruit par des membres de l'Etat islamique dans le Sinaï (Site justpaste.it, 24 octobre 2015)

Mustafa Abdel Rahman du Parti Al-Nour, qui a été abattu à Al-Arish (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, 24 octobre 2015)

Mustafa Abdel Rahman du Parti Al-Nour, qui a été abattu à Al-Arish (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, 24 octobre 2015)

Guide pour la réalisation d'attaques terroristes solitaires, publié par le Centre Ibn Taymiyya (Blog dawaahaq.com, 25 octobre 2015)

Guide pour la réalisation d'attaques terroristes solitaires, publié par le Centre Ibn Taymiyya (Blog dawaahaq.com, 25 octobre 2015)

Abu Saad al-Maqdisi, qui prétend être un Palestinien, appelant à l'assassinat de Juifs

Abu Saad al-Maqdisi, qui prétend être un Palestinien, appelant à l'assassinat de Juifs

Membre de l'Etat islamique affirmant en hébreu qu'il n'y aura bientôt plus un Juif en Palestine (Site Internet de partage de fichiers archive.org, 22 octobre 2015)

Membre de l'Etat islamique affirmant en hébreu qu'il n'y aura bientôt plus un Juif en Palestine (Site Internet de partage de fichiers archive.org, 22 octobre 2015)

Principaux points

  • Cette semaine encore, l'offensive terrestre de l'armée syrienne a été concentrée sur les zones rurales du Sud d'Alep. L'attaque a été dirigée contre les organisations rebelles, y compris l'Etat islamique et le Front Al-Nusra. À ce stade, l'armée syrienne semble faire face à des difficultés, en dépit de l'aide des Gardiens de la Révolution, du Hezbollah et du soutien aérien russe. L'Etat islamique et le Front al-Nusra ont apparemment réussi à prendre le contrôle de plusieurs villes et villages stratégiques, ainsi que d'une partie de la ville d'As-Safirah, au Sud d'Alep, où le régime syrien possède des installations de fabrication d'armes. Les Gardiens de la Révolution iranienne, qui se trouvent au front de l'offensive de l'armée syrienne, ont subi des pertes sévères dans ces batailles (plus de 20 décès depuis le début de l'attaque, dont trois officiers du rang de colonel à celui de général de brigade).
  • Il semble que l'armée irakienne, assistée par les milices chiites, achève progressivement son emprise de la ville pétrolière de Baiji, située au Nord de Bagdad, à mi-chemin vers Mossoul. Son contrôle représente une réalisation militaire majeure pour l'armée irakienne, et est une base pour une éventuelle avancée vers la ville de Mossoul. Il s'agit également d'une réalisation importante pour les Iraniens, qui dirigent les milices chiites qui aident l'armée irakienne.
  • Cette semaine, l'Etat islamique a continué de diffuser des vidéos appelant ses partisans à tuer des Juifs. "L'innovation" de la semaine est une vidéo montrant un orateur en hébreu affirmant qu'il n'y aura bientôt plus un Juif en Israël et dans le monde. Bien que la campagne s'appuie sur la vague de terrorisme palestinien, l'appel lancé par l'Etat islamique aux musulmans du monde entier à nuire aux intérêts des Juifs est digne de mention. Selon nous, la campagne de l'Etat islamique est passible d'encourager les djihadistes à traduire ces appels en meurtres de Juifs.

 

La campagne internationale contre l'Etat islamique

Frappes des Etats-Unis et des pays de la coalition
  • La semaine écoulée a été marquée par la poursuite des frappes aériennes des pays de la coalition sous la direction des Etats-Unis contredes cibles de l'Etat islamique. Pendant la semaine, des dizaines de frappes ont été effectuées en Syrie et en Irak avec des avions de combat, des avions d'attaque et des véhicules aériens sans pilote.
  • Ci-après les principales attaques (Site du Département d'Etat américain, 22-24 octobre 2015, CENTCOM, 22 octobre 2015) :
  • En Syrie- Les frappes aériennes ont été concentrées sur les secteurs d'Al-Raqqah, Marea, Hashiya (environ 15 km au Nord d'Alep) et Deir al-Zor. Les frappes ont notamment visé des unités tactiques, des véhicules, des machines lourdes, des bâtiments, des armes, des points de collecte de pétrole brut et un site de paiement de l'Etat islamique.
  • En Irak- Les frappes aériennes ont été concentrées sur les secteurs d'al-Bagdadi, Baiji, Mossoul, Ramadi, Tel Afar, Sinjar, Rutba (Ouest de Ramadi), Albu Hayat (Nord-Ouest de Rutba), Al-Qaim (près de la frontière syrienne), Falloujah, Kisik (Ouest de Mossoul) et Sultan Abdullah (Sud de Mossoul). Les frappes ont notamment visé des unités tactiques, des bâtiments, de l'artillerie, des positions de combat, des aires de repos, des véhicules, des voitures piégées, des armes, des engins piégés et une installation logistique de l'Etat islamique.
Assaut des forces spéciales américaines contre une prison de l'Etat islamique au Nord de l'Irak
  • nLe 23 octobre 2015, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a signalé que le 22 octobre 2015, les forces spéciales américaines avaient pris d'assaut une prison de l'Etat islamique dans la ville de Hawija, au Nord de l'Irak. Le raid a été réalisé en coopération avec les forces kurdes des Peshmergas. Environ 70 otages que l'Etat islamique avait prévu d'exécuter ce jour-là ont été sauvés dans l'opération. Un soldat américain a été tué dans l'attaque (Site Internet du Département américain de la Défense, 22-24 octobre 2015 ; CENTCOM, 22 octobre 2015). Selon le secrétaire à la Défense Carter, le raid témoigne de l'activité de la politique américaine en Irak et en Syrie et du soutien aux organisations locales opposées à l'Etat islamique (The Wall Street Journal, 24 octobre 2015).

Implication russe dans la guerre civile syrienne

Les frappes aériennes russes
  • Selon une déclaration du porte-parole du ministère russe de la Défense, les Russes ont effectué 165 sorties de combat pendant les trois jours ayant précédé la déclaration. Dans ces sorties, 285 objectifs de l'État islamique et du Front al-Nusra ont été visés. Les frappes aériennes ont été menées dans les régions de Hama, Idlib, Deir al-Zor, Lattaquié, Damas et Alep. Les frappes aériennes ont endommagé un entrepôt de munitions du Front al-Nusra dans la région de Damas et un siège de commandement de l'Etat islamique (RT, 26 octobre 2015).
  • Selon l'ONU, le nombre de réfugiés syriens qui ont fui depuis le début des frappes aériennes russes a considérablement augmenté.Selon un porte-parole de l'ONU, environ 35.000 Syriens de la région d'Alep ont pris la fuite. Selon les médias turcs, en raison de l'intensité des frappes aériennes russes à Alep, près de 100.000 réfugiés ont commencé à faire route vers la ville de Kilis. Ces réfugiés devraient atteindre la frontière syro-turque dans quelques jours (milliyet.com.tr, 24 octobre 2015). Selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), jusqu'ici, environ 340 personnes ont été tuées dans les frappes aériennes russes, la plupart des membres des organisations rebelles "modérées" (Reuters; The Guardian, 20 octobre 2015).
Rencontre du Président russe et du Président syrien
  • Le 20 octobre 2015, le Président russe Vladimir Poutine et le Président syrien Bachar al-Assad se sont rencontrés à Moscou. Dans leurs entretiens, les deux hommes ont discuté de l'offensive de l'armée syrienne au Nord de la Syrie et du soutien russe. Ils ont également discuté de la question d'une solution politique à la crise syrienne. La visite du Président Bachar al-Assad est un événement inhabituel, puisque c'est la première fois qu'il quitte le territoire syrien depuis le début de la guerre civile.
Accord russo-jordanien de coordination de l'activité militaire en Syrie
  • Le 24 octobre 2015, le porte-parole du gouvernement jordanien Mohammad al-Momani a annoncé qu'un accord de coordination militaire avait été conclu entre la Jordanie et la Russie au sujet de la situation dans le Sud de la Syrie et au Nord de la Jordanie. A cet effet, un mécanisme spécial sera mis en place à Amman pour coordonner les opérations militaires des deux pays. L'annonce a été faite lors d'une réunion qui a eu lieu à Vienne entre le ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh et son homologue russe Sergei Lavrov (Al-Jazeera, 24 octobre 2015).
  • Depuis le début de son implication militaire dans la guerre civile en Syrie, la Russie a mis en place des mécanismes de coordination et de coopération avec les gouvernements d'Irak, de Syrie, d'Iran et d'Israël. Ces mécanismes de coopération soutiennent l'intervention militaire russe en Syrie. La Russie va probablement poursuivre ses efforts pour renforcer les mécanismes de coordination et de collaboration avec les principaux acteurs dans l'arène syrienne et l'arène irakienne, en mettant l'accent sur l'approfondissement de ses liens avec les États-Unis.
La Russie envoie en Syrie des membres d'une unité d'élite ayant servi en Ukraine
  • Selon un rapport du 23 octobre 2015, au cours des dernières semaines, la Russie a envoyé en Syrie quelques dizaines de soldats des forces spéciales ayant servi en Ukraine. Un responsable russe du ministère de la Défense a confirmé l'envoi des soldats, précisant qu'il s'agit d'une unité d'élite antiterroriste. Selon les estimations américaines, l'envoi des forces n'est pas une indication de l'intention de la Russie de menerune opération terrestre en Syrie (The Wall Street Journal, 23 octobre 2015).
La Russie annonce son intention de fournir un soutien aérien aux forces rebelles qui luttent contre l'Etat islamique
  • Selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, la Russie est prête à fournir un appui aérien aux forces rebelles syriennes luttant contre l'Etat islamique, comme l'Armée syrienne libre. Lavrov a ajouté que Washington faisait une grave erreur en refusant de coordonner la campagne contre le terrorisme avec Moscou (RT.com ; Reuters, 24 octobre 2015).
  • Dans la pratique, la Russie soutient l'armée syrienne, qui se bat contre les organisations rebelles, dont le Front al-Nusra et d'autres organisations islamistes. L'Armée syrienne libre (à laquelle la Russie affirme être prête à fournir un appui aérien) fait partie des organisations rebelles ciblées par les frappes aériennes russes, mais n'est pas une force importante.

Principaux développements en Syrie

La province d'Alep
  • Cette semaine encore, l'offensive terrestre de l'armée syrienne a été concentrée au Sud et au Sud-Est d'Alep. Des membres de l'Etat islamique et du Front al-Nusra (qui coordonnent apparemment leurs opérations) ont réussi à prendre le contrôle de lieux stratégiques, de points de contrôle, de villes et de routes principales. Une partie de la ville d'As-Safirah, au Sud d'Alep, a été prise d'assaut par des membres de l'Etat islamique et d'autres organisations rebelles, qui ont coupé la ligne d'approvisionnement de l'armée syrienne d'As-Safirah à Alep. Les Gardiens de la Révolution iranienne, qui combattent au front de l'offensive terrestre, ont subi de lourdes pertes dans ces combats. Sur son site Internet, le Front Al-Nusra a annoncé la mort du commandant Mahmoud Muhammad Maghawiri dans les combats dans la région rurale du Sud d'Alep.
  • As-Safirahest située à environ 20 kilomètres au Sud d'Alep, et comptait environ 100.000 habitants avant la guerre civile. La ville abrite des installations de fabrication d'armes du régime syrien qui sont susceptibles d'être prises par l'Etat islamique et d'autres  organisations (Agence de presse syrienne ARA News ; RFS, 27 octobre 2015). L'Etat islamique a réussi à couper la ligne  d'approvisionnement de l'armée syrienne d'As-Safirah à Alep (wsj.com). Selon les rapports des médias,l'Etat islamique a également réussi à prendre le contrôle des quartiers Est de la ville. Les combats se poursuivent encore dans la ville.
  • Les 23-24 octobre, des membres de l'Etat islamique et du Front Al-Nusra ont réalisé des accomplissements locaux contre l'armée syrienne dans la région rurale du Sud d'Alep :
  • Des membres de l'Etat islamique ont signalé que dans la nuit du 23 octobre 2015, des membres de l'organisation ont pris d'assaut plusieurs positions de l'armée syrienne autour de la ville d'As-Safirah. L'opération a commencé avec un attentat suicide d'un membre de l'Etat islamique au volant d'un camion contre une usine d'huile utilisée par les forces syriennes comme ligne de défense. De nombreux soldats syriens ont été tués et blessés dans l'explosion (Aamaq, 24 octobre 2015).
  • Le 24 octobre 2015, des membres de l'Etat islamique ont contrôlé trois positions de l'armée syrienne dans les environs de la ville de Tell Arn, à environ 5,5 km au Nord-Ouest d'As-Safirah. Des membres de l'Etat islamique ont également pris d'assaut quatre barrages de l'armée syrienne au Sud d'As- Safirah. Selon un rapport du 23 octobre 2015, des postes de contrôle de l'armée syrienne ont été repris dans des batailles féroces qui ont tué au moins 40 soldats syriens (Compte Tumblr, A3maqagency.wordpress.com, 23-24 octobre 2015, site de partage de fichiers archive.org, 24 octobre 2015).
  • Le 23 octobre 2015, le Front Al-Nusra a publié une photo de ses membres après la  prise de contrôle de Tall al-Qarassi, à 9 km au Sud d'Alep. En outre, Tall al-Humayriyah et le village d'Al-Humayriyah ont été conquis après une bataille dans laquelle 10 soldats syriens ont été tués, dont deux officiers (Compte Twitter affilié au Front Al-Nusra, 23 octobre 2015).
Lourdes pertes iraniennes dans les combats dans la région d'Alep
  • Les Gardiens de la Révolution iranienne, qui soutiennent l'armée syrienne, ont récemment subi de lourdes pertes face aux forces rebelles dirigées par le Front Al-Nusra avec la participation de l'Etat islamique. La plupart des pertes iraniennes ont été signalées dans la zone rurale du Sud d'Alep, où les organisations rebelles, y compris l'Etat islamique et le Front Al-Nusra, ont réussi à prendre le contrôle de la majeure partie de la ville d'As-Safirah. La mort du général de brigade Hossein Hamedani, haut commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, conseiller militaire en Syrie, a été annoncée le 8 octobre 2015, le lendemain du début de l'offensive de l'armée syrienne. Depuis sa mort, plus de 20 autres officiers et combattants des Gardiens de la  Révolution ont été tués. Ci-après les détails :
  • Le 12 octobre, 2015, deux officiers avec le grade de général de brigade ont été tués : Farshad Hasounizadeh, officier des Gardiens de la Révolution, ancien  commandant de la Brigade spéciale Saberin des Gardiens de la Révolution[1] et Hamid Mokhtarband, ancien commandant de la Brigade des Gardiens de la Révolution à Ahvaz (Shahid News, 13 octobre 2015). Ils ont été enterrés dans la province du Khuzestan le 17 octobre 2015, (Shahid News, 17 octobre 2015).
  • Le 17 octobre 2015, l'officier des Gardiens de la Révolution Moslem Khizab, ancien commandant du Bataillon Ya Zahra de la Brigade 14 de l'Imam Hossein à Ispahan, a été tué en Syrie (ABNA, 18 octobre 2015). Il a été enterré à Ispahan le 20 octobre 2015. Abdollah Baqeri, ancien garde du corps du Président iranien Mohammad Ahmadinejad, Amin Karimi, et le brigadier général Reza Khavari, officier supérieur de la Brigade Fatemiyoun,[2] ont également été tués.
  • Voici les noms des autres Iraniens été tués au cours des derniers jours,la plupart d'entre eux à Alep : deux officiers subalternes de la Huitième Brigade blindée des Gardiens de la Révolution : Hassan Ahmadi et Komeil Ghorbani ; Rasoul Pour-Morad de la ville de Qazvin ; Mehdi Alidoust, de Qom ; Nader Hamidi du Khuzestan, qui a été tué dans la région de Quneitra, selon certains rapports, et à Alep selon d'autres rapports ; Reza Damroudi de Sabzevar, tué à Hassaké ; deux membres du Basij de Hamedan : Mojtaba Karami et Majid Sanei ; Mohammad Estehkami Jahromi desForces spéciales de la Brigade 33 des Gardiens de la Révolution ; Ruhollah Emadi de la province de Mazandaran ; Sajjad Tahernia, de la province de Gilan ; Mohammad Ali Hosseini, combattant de la Brigade afghane Fatemiyoun, tué dans la région d'Al-Ghab ; Mohammad Zahiri, de la province du Khuzestan ; Moslem Nasr, sous-lieutenant, tué dans la banlieue d'Alep ; Khanali Yosefi, Afghan tué à Alep.
  • Selon nous, le nombre relativement élevé d'Iraniens tués, et notamment la proportion d'officiers, indique que les Gardiens de la Révolution et les milices chiites se trouvent en première ligne de l'offensive terrestre de l'armée syrienne. Suite aux pertes iraniennes, et compte tenu de l'implication iranienne croissante en Syrie, les Iraniens ont été appelés à s'expliquer. Des responsables iraniens ont réitéré l'engagement de l'Iran à défendre le régime de Bachar Assad, malgré toutes les difficultés.[3] Hossein Salami, vice-commandant des Gardiens de la Révolution, a expliqué que les Gardiens de la Révolution avaient renforcé la "quantité et la qualité" de leurs forces consultatives en Syrie. Selon ses termes, cela pourrait conduire à une augmentation du nombre de "chahids", ces derniers ne pouvant "pas rester enfermés dans une pièce, ils doivent être présents sur le champ de bataille" (ISNA, 26 octobre 2015).
La province de Hama
  • L'Etat islamiquea affirmé que ses membres avaient tué des dizaines de soldats syriens et saisi de grandes quantités d'armes dans les combats qui se déroulent actuellement à Hama.Le 24 octobre 2015, un compte Twitter proche de l'Etat islamique a publié plusieurs photos montrant des corps de soldats syriens. Une des photos montrait aussi un char de l'armée syrienne tombé aux mains de l'Etat islamique (Compte Twitter, 24 octobre 2015).

Principaux développements en Irak

Aperçu général
  • L'armée irakienne semble avoir complété sa prise de contrôle de la ville pétrolière de Baiji, située au nord de Bagdad, sur la route principale menant à Mossoul.Le Premier ministre irakien a annoncé la libération de la ville après sept mois consécutifs de combats. L'armée irakienne a également annoncé la prise de contrôle de la ville. L'Etat islamique s'est abstenu à ce jour de faire des commentaires et pourrait être confronté à la défaite dans les batailles prolongées qui ont eu lieu dans cette ville importante.
La prise de contrôle de Baiji – Etat des lieux
  • L'armée irakienne semble apparemment compléter sa prise de contrôle de la ville pétrolière de Baiji. La chaîne irakienne Al-Sumaria a diffusé un rapport du centre-ville. Les images prouvent que les forces irakiennes ont pris le contrôle de la ville, qui n'est plus qu'un tas de ruines en raison des combats prolongés (Al-Sumaria, 20 octobre 2015). Suite à la prise de contrôle de la ville, l'armée irakienne tente apparemment d'étendre son contrôle sur la région : le 24 octobre 2015, l'armée irakienne a pris le contrôle d'un atelier de fabrication d'engins explosifs improvisés de l'Etat islamique dans la ville d'Al-Siniya, à environ 10 km à l'Ouest de Baiji (Shafaq News, 24 octobre 2015).
  • Le 24 octobre 2015, le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a officiellement annoncé la libération de Baiji des mains de l'Etat islamique après sept mois consécutifs de combats (Al-Arabi al-Jadeed, 24 octobre 2015). L'armée irakienne a également annoncé avoir repris la ville de Baiji (Spoutnik, 21 octobre 2015). Qais al-Khazali, le commandant de la milice chiite Assaeb Ahl al-Haqq, qui opère sous commandement iranien, a annoncé que la région des raffineries à la périphérie de Baiji était sous le contrôle total des milices chiites soutenant l'armée irakienne (Al-Afaq, 20 octobre 2015).
  • La reprise de Baiji est une réussite militaire importante pour l'armée irakienne et les Iraniens, qui dirigent les milices chiites qui aident l'armée irakienne. Selon les rapports, les préparatifs en vue de l'assaut de Baiji incluaient une salle d'opérations communes où les forces combattantes étaient représentées. La salle des opérations aurait été occupée par des commandants des milices chiites, des représentants de l'armée de l'air irakienne et de la police irakienne. Ils ont été rejoints par dix conseillers iraniens et trois conseillers libanais, apparemment du Hezbollah (Al-Hadath News, 25 octobre 2015).
La province d'Al-Anbar
  • Les combatsse poursuivent entre l'armée irakienne et l'Etat islamique autour de la ville de Ramadi, dans la province d'Al-Anbar. Dans les combats, l'Etat islamique emploie la tactique desvoitures piégées contre l'armée irakienne. Selon des sources de l'armée irakienne, cinq soldats irakiens ont été tués et 14 autres ont été blessés le 23 octobre 2015, au nord de Ramadi, dans l'explosion decinqvoitures piégées conduites par des terroristes suicide (Al-Jazeera, 24 octobre 2015). Le 24 octobre 2015, l'Etat islamique a annoncé que ce jour-là un terroriste suicide avait fait sauter un véhicule blindé dans une base de l'armée irakienne au Nord de Ramadi (Aamaq, 24 octobre 2015). Le 25 octobre 2015, l'Etat islamique a fait exploser une voiture piégée au Nord-Est de Ramadi. En conséquence, 15 membres des forces de sécurité irakiennes ont été tués (Télévision Al-Jazeera, 25 octobre 2015).

Le jihad mondial dans les autres pays

Libye
  • Le 25 octobre 2015, des membres de l'Etat islamique ont exécuté trois civils dans la ville de Syrte. Les trois ont été accusés d'espionnage et de divulgation d'informations sur l'Etat islamique à l'Aube de la Libye, un groupe islamique affilié au gouvernement de Tripoli. La veille, trois autres civils ont été exécutés sur les mêmes accusations. Des membres de l'Etat islamique ont repris la ville de Syrte il y a plusieurs mois, et les exécutions sont apparemment effectuées dans le cadre de la mise en place du contrôle de l'Etat islamique sur la ville (Al-Alam Al-Youm, 26 octobre 2015).
Bangladesh

Une des branches médiatiques de l'Etat islamique a indiqué que ses membres avaient fait exploser plusieurs engins improvisés à Huseiniyat Dalan, une mosquée chiite de Dhaka, la capitale du Bangladesh. Les explosions ont causé des dizaines de morts et de blessés (Compte Tumblr a3maqagency.wordpress.com, 24 octobre 2015). Le 24 octobre 2015, un compte Twitter affilié à l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de cette attaque. Selon l'annonce, près d'une centaine de personnes ont été tuées et blessées dans l'opération (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, 24 octobre 2015).

Selon le journal britannique The Guardian, l'attaque a été menée à l'aide
de trois engins explosifs improvisés qui ont été lancés hors de la mosquée, alors que  20.000 personnes étaient réunies pour la cérémonie de l'Achoura. L'attentat a tué un garçon de 14 ans et a blessé 80 personnes. Cette mosquée, située dans le quartier moghol, est le principal site de la petite communauté musulmane chiite de Dhaka, et il s'agit de la première attaque effectuée contre cette communauté au Bangladesh. L'attaque a eu lieu quelques semaines après l'assassinat d'un ressortissant italien et d'un ressortissant japonais par l'Etat islamique au Bangladesh (The Guardian, 24 octobre 2015).

L'Egypte et la péninsule du Sinaï

Poursuite de la campagne des forces de sécurité égyptiennes contre la branche de l'Etat islamique dans le Sinaï
  • Les forces de sécurité égyptiennes ont entamé la deuxième phase de leur opération de nettoyage de la péninsule du Sinaï de la présence de la branche du Sinaï de l'Etat islamique (Opération "Droit du martyr"). L'opération est effectuée dans les régions de Cheikh Zoweid, Rafah et Al-Arish. Les forces égyptiennes et les médias égyptiens ont annoncé la neutralisation d'engins explosifs improvisés, la destruction de grandes quantités d'armes, la démolition de bunkers et de dépôts d'explosifs, l'incendie de motos, la découverte de 12 ouvertures de tunnels à la frontière avec la bande de Gaza et l'arrestation de dizaines de personnes.
  • Cette opération ne fait pas obstacle à la poursuite de l'activité de guérilla de la branche du Sinaï de l'Etat islamique, qui continue à faire état d'accomplissements dans sa lutte contre les forces égyptiennes :
  • L'attaque terroriste la plus importante réalisée cette semaine a été l'explosion d'un véhicule blindé de la police avec un engin piégé sur la route de contournement d'Al-Arish. Le 24 octobre 2015, l'Etat islamique a publié un communiqué revendiquant la responsabilité de l'explosion du véhicule. Selon l'annonce, plus de trois personnes ont été tuées dans l'attaque, dont un officier, et huit autres ont été blessées (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, 24 octobre 2015). En outre, l'Etat islamique a publié des photos de l'explosion d'un tank égyptien M60 tombé aux mains de ses membres (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, site Internet justpaste.it, 24 octobre 2015).
  • La branche de l'Etat islamique dans le Sinaï a continué à utiliser des engins piégés contre les forces égyptiennes. Ainsi, selon des "sources sécuritaires" du Nord du Sinaï, sept soldats ont été tués dans la région de Karam al-Kawadis, au Sud de Cheikh Zoweid, le 19 octobre 2015. Les sept ont été tués par un engin explosif improvisé (Al-Rai, 21 octobre 2015). Dans un autre incident, la Province du Sinaï de l'Etat islamique a annoncé avoir fait exploser un engin piégé sous un blindé M-113 de transport de troupes (Compte Twitter affilié à l'Etat islamique, 21 octobre 2015).
Elimination d'un candidat du parti salafiste Al-Nour au parlement égyptien
  • Le 24 octobre 2015, le seul candidat du parti salafiste Al-Nour au Nord du Sinaï a été abattu. L'assassinat a été commis par des personnes non identifiées qui ont tiré sur Mustafa Abdel Rahman, le secrétaire du parti au Nord du Sinaï (Al-Masri Al-Youm, 24 octobre 2015). Jusqu'à présent, les auteurs de l'assassinat restent introuvables. L'assassinat a été commis dans une zone abritant des avant-postes de la Province du Sinaï de l'Etat islamique.
  • Selon "une source de sécurité égyptienne," l'assassinat a été commis par la Province du Sinaï de l'Etat islamique. Selon la source, l'assassinat vise à dissuader les résidents de la région de voter aux élections (Portail veto, 24 octobre 2015). A ce stade, ces dires ne peuvent être corroborés, même si l'assassinat a été commis dans une zone de la péninsule du Sinaï qui abrite des positions de l'Etat islamique.

Palestiniens et arabes israéliens

Un arabe israélien franchit la frontière syrienne en parapente
  • Le 24 octobre 2015 dans l'après-midi, un citoyen arabe israélien a traversé la frontière syrienne au Sud du plateau du Golan en utilisant un parapente. Il s'agit d'un résident de 23 ans de Jaljulia, une ville arabo-israélienne du centre d'Israël. L'oncle du jeune homme a déclaré que bien qu'il vienne d'une famille laïque, il est récemment devenu plus religieux (Quotidien israélien Haaretz, 26 octobre 2015). La famille du jeune homme prétend qu'il a franchi la frontière par inadvertance, en raison d'un disfonctionnement, et a demandé au gouvernement israélien de prendre des mesures pour le faire revenir. Selon nous, le jeune homme avait probablement prévu d'aller en Syrie pour rejoindre les rangs de l'Etat islamique dans le cadre du phénomène des Arabes israéliens qui rejoignent les rangs de l'organisation (jusqu'à présent, près de 50 Arabes israéliens ont rejoint l'Etat islamique).
  • Une organisation islamique rebelle appelée la Brigade des martyrs du Yarmouk (Liwa Shuhada al-Yarmouk), affiliée à l'Etat islamique, contrôle la zone dans le Sud du Golan où le jeune homme de Jaljulia a atterri. Selon les médias, le jeune homme a été fait prisonnier par des membres de la brigade après l'atterrissage et a été envoyé dans l'une de ses prisons.
Le gouvernement déclare plusieurs groupes jihadistes organisations terroristes
  • Le gouvernement israélien a déclaré l'Etat islamique, le Front Al-Nusra et les Bataillons Abdullah Azzam (une organisation jihadiste opérant au Liban et en Syrie) organisations terroristes. Lors de l'ouverture d'une réunion du cabinet, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a déclaré : "Nous nous battons tout le temps contre l'Etat islamique, le Front al-Nusra et des organisations terroristes. Hier, un civil israélien a franchi notre frontière sur le plateau du Golan en Syrie pour rejoindre les rangs de l'ennemi. Nous agirons pour annuler sa citoyenneté. C'est ce qui se fait dans un tel cas. Celui qui rejoint les rangs de l'ennemi pour combattre contre Israël ne sera pas un citoyen israélien" (Site Internet du Premier ministre israélien, 25 octobre 2015).
Le Centre Ibn Taymiyya de Gaza publie un document sur la façon de tuer des Juifs
  • Le 25 octobre, 2015, le Center Ibn Taymiyyah de Gaza (centre de propagande salafiste jihadiste) a publié un guide sur la façon de commettre des attaques terroristes solitaires efficaces contre des Juifs. Selon le document, les conseils qu'il contient rendront les attaques solitaires plus efficaces. Le document décrit les différentes façons de tuer des Juifs, y compris des attaques à l'arme blanche en frappant des points sensibles dans le corps et en améliorant le maniement du couteau. Selon nous, ce document s'inscrit dans le cadre de la campagne de l'Etat islamique visant à promouvoir une vague de terrorisme palestinien (voir ci-dessous).

La guerre de propagande de l'Etat islamique

Poursuite de la campagne d'incitation au meurtre de Juifs par l'Etat islamique
  • L'Etat islamique continue de publier des vidéos appelant ses partisans à tuer des Juifs.Le 22 octobre 2015, l'Etat islamique a publié une vidéo montrant un orateur en hébreu qui a menacé qu'il n'y aura bientôt plus un Juif en Israël et dans le monde. Le recours à l'hébreu - pour la toute première fois - vise à effrayer le public israélien (une méthode utilisée par l'Etat islamique, qui diffuse régulièrement des messages menaçants à différents publics cibles dans leur propre langue). L'appel lancé par un membre de l'Etat islamique aux musulmans appelant à nuire aux intérêts des Juifs du monde entier est également digne d'attention. Selon nous, cet appel et la campagne de l'Etat islamique dans son ensemble, sont susceptibles d'encourager les jihadistes inspirés par l'Etat islamique à traduire ces appels en actes.
  • La vidéo est intitulée "Briser les frontières et tuer des Juifs." L'orateur masqué, présenté comme étant Abu Saad al-Maqdisi, qui prétend être un  Palestinien, y déclare que l'Etat islamique fait route vers Jérusalem en vue de la libération de la mosquée Al-Aqsa, entremêlant ses déclarations de traditions musulmanes incitant au meurtre des Juifs. Plus tard dans la vidéo, il souligne que les Juifs sont les assassins des prophètes et ne respectent pas les accords, et affirme qu'ils ont essayé à plusieurs reprises de tuer le Prophète Mahomet. Il appelle tous les musulmans de Palestine àlancer le jihad contre les Juifs et à assassiner des Juifs afin d'atteindre le paradis, disant :"Tuez-les, écrasez-les, abattez-les et brûlez-les, de sorte que la parole d'Allah soit victorieuse." Il a également appelé les musulmans du monde entier à nuire aux intérêts juifs partout dans le monde (Site Internet de partage de fichiers archive.org, 22 octobre 2015).
  • Plus tard dans la vidéo, un membre de l'Etat islamique apparaît, s'adressant en hébreu à "tous les Juifs qui ont conquis la terre des musulmans." L'orateur déclare que "la vraie guerre n'a pas encore commencé, et tout ce qui a précédé était un jeu d'enfant par rapport à ce qui est sur le point de vous arriver dans un proche avenir [...] Nous allons vous trouver et vous faire payer dix fois pour les crimes que vous avez commis. Je vous promets que bientôt il n'y aura pas un seul Juif à Jérusalem et en Israël. Ensuite nous continuerons partout dans le monde jusqu'à ce que nous ayons éradiqué cette maladie à travers le monde [...]" Il poursuit : "Les frontières de Sykes-Picot qui vous protègent ne demeureront pas longtemps [...] Nous allons les supprimer entre la Syrie et la Jordanie et entre la Syrie et la Palestine [...] Nous avançons vers vous de partout : depuis le nord et le Sud, du Sinaï et de Damas. De partout dans le monde, nous allons arriver à vous afin de vous éliminer [...] Très prochainement" (Site Internet de partage de fichiers archive.org, 22 octobre 2015).

[1]La Brigade Saberindes Gardiens de la Révolution, qui était commandée par Hassounizadeh, est une unité de forces spéciales qui a été créée en 1998 pour fournir une réponse rapide aux menaces aux frontières de l'Iran.
[2]La Brigade Fatemiyounest composée de combattants afghans recrutés par les Gardiens de la Révolution parmi les réfugiés afghans séjournant en Iran.
[3]A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 11-25 octobre 2015 intitulé "Spotlight on Iran".