Pleins feux sur le jihad mondial (7-13 décembre 2017)

Le Président Vladimir Poutine à la base de Hmeymim (Kremlin, 11 décembre 2017)

Le Président Vladimir Poutine à la base de Hmeymim (Kremlin, 11 décembre 2017)

Rencontre entre Poutine et Bashar Assad à Hmeymim (Site Internet du Kremlin, 11 décembre 2017)

Rencontre entre Poutine et Bashar Assad à Hmeymim (Site Internet du Kremlin, 11 décembre 2017)

Sergey Rudskoy à la conférence de presse. En arrière-plan, on aperçoit des images des frappes aériennes russes (Site Internet du ministère russe de la Défense, 7 décembre 2017)

Sergey Rudskoy à la conférence de presse. En arrière-plan, on aperçoit des images des frappes aériennes russes (Site Internet du ministère russe de la Défense, 7 décembre 2017)

Réunion de hauts responsables de l'armée irakienne et des FDS dans le cadre des négociations qui ont conduit à la décision de créer un centre de coordination commun pour la défense de la frontière syro-irakienne (Site Internet des FDS, 10 décembre 2017)

Réunion de hauts responsables de l'armée irakienne et des FDS dans le cadre des négociations qui ont conduit à la décision de créer un centre de coordination commun pour la défense de la frontière syro-irakienne (Site Internet des FDS, 10 décembre 2017)

Principaux événements de la semaine
  • Cette semaine, le Président russe Vladimir Poutine a effectué une visite surprise en Syrie. Au cours de la visite, il a annoncé que la mission de lutte contre le terrorisme en Syrie « a été en grande partie achevée. » Par conséquent, « une part significative » des forces russes en Syrie va retourner en Russie, mais les forces russes vont continuer à opérer dans les bases de Hmeymim et Tartous. Selon nous, les forces russes qui restent en Syrie vont continuer à soutenir le régime syrien dans les combats contre les organisations rebelles, qui ne se sont pas encore terminés (la région d’Idlib est en ce moment dans la ligne de mire). De plus, la présence militaire russe devrait servir de levier à la Russie afin de maintenir son influence sur le régime syrien et de sauvegarder ses intérêts dans la nouvelle réalité syrienne de plus en plus complexe.
  • Les Syriens (et les Russes) ont annoncé que le nettoyage de la vallée de l’Euphrate dans la zone située entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal a été achevé (bien que des centaines de membres de l’Etat islamique se trouvent toujours dans les déserts des deux côtés de l’Euphrate et continuent à mener des attaques). Selon les rapports des médias arabes et russes, des préparatifs sont en cours pour le transfert de centaines de soldats de Deir ez-Zor à Hama, d’où l’attaque du siège des organisations terroristes dans la région d’Idlib sera lancée. L’armée syrienne, avec l’appui de milices soutenues par l’Iran et l’armée de l’air russe, a déjà commencé à attaquer les organisations rebelles dans la zone rurale au Nord-Est de Hama.
  • Au cœur de Manhattan, un engin piégé artisanal a explosé sur le corps d’un terroriste immigrant du Bangladesh. Le terroriste a été grièvement blessé et trois passants ont été légèrement blessés. Dans son interrogatoire, le terroriste a déclaré qu’il avait été inspiré par l’Etat islamique pour effectuer l’attaque en représailles aux attaques américaines en Syrie et ailleurs dans le monde. Le terroriste a fait l’objet d’un processus de radicalisation suite à la propagande de l’Etat islamique, dont les appels incitent les musulmans à commettre des attentats dans leur pays d’origine. Il s’agit de la deuxième attaque terroriste inspirée par l’organisation menée aux États-Unis ces dernières semaines. Ces attaques montrent que la machine de propagande de l’Etat islamique a toujours la possibilité (et la motivation) d’utiliser Internet pour faire appel à des membres des communautés musulmanes, principalement aux États-Unis et en Occident, en vue de mener des attaques. Selon nous, l’approche des fêtes chrétiennes est susceptible d’être perçue comme une date de choix pour mener des attaques.
Implication de la Russie en Syrie
Visite du Président russe en Syrie
  • Le 11 décembre 2017, le Président russe Vladimir Poutine a effectué une visite surprise en Syrie, la première depuis le début de l’intervention militaire russe dans le pays (30 septembre 2015). Le Président Poutine a atterri à la base de l’armée de l’air russe de Hmeymim. Il a été accueilli par le Président syrien, le ministre syrien de la Défense et le commandant des forces russes en Syrie. Le Président russe a passé en revue les forces militaires russes à la base avec le ministre russe de la Défense Sergueï Shoygu et le chef d’état-major syrien Ali Ayyoub.
  •  Dans son discours, Poutine a déclaré que la mission de la lutte contre le terrorisme en Syrie « a été en grande partie réalisée, et brillamment terminée, par les forces armées de la Russie. » Par conséquent, il a été décidé qu’une partie importante des forces russes en Syrie rentrerait en Russie et serait transférée dans des bases permanentes. Cependant, Poutine a ajouté que les bases russes de Hmeymim et Tartous en Syrie continueront à fonctionner sur une base permanente, précisant encore que « Si les terroristes relèvent la tête encore une fois, nous allons les frapper avec des coups sans précédent, comme ils n’en n’ont pas encore vus » (Site de la présidence russe, kremlin.ru, 11 décembre 2017).
  • Ci-après plusieurs déclarations officielles et non officielles sur le retrait des forces russes de la Syrie et l’étendue du retrait :
    • Sergey Surovikin, commandant des forces russes en Syrie, a annoncé qu’en conformité avec les instructions de Vladimir Poutine sur le retrait des forces russes de Syrie, 25 appareils (23 avions et deux hélicoptères K-52), une unité de la police militaire russe, un groupe de travail spécial, le personnel d’un hôpital de campagne et des forces du génie allaient quitter la Syrie. Il a noté que les forces russes restant en Syrie seront en mesure d’effectuer des missions à l’avenir aussi efficacement que par le passé.
    • Le ministre russe de la Défense Sergueï Shoygu a affirmé que le retrait des troupes russes de Syrie a déjà commencé, ajoutant que le temps qu’il faudra pour les forces russes pour quitter le pays dépendra de la situation sur le terrain (Zvezda TV, administrée par le ministère russe de la Défense, 11 décembre 2017).
    • Franz Klintsevich, chef adjoint de la Fédération de la défense et de la sécurité, a déclaré que le retrait du personnel militaire russe et de l’équipement de Syrie devrait prendre environ un mois (RBC, 11 décembre 2017 ; agence de presse TASS, 12 décembre 2017).
    • D’après une source de RBC, un site de presse proche du ministère russe des Affaires étrangères, le plan prévoit la suppression des deux tiers du personnel et de l’équipement russes en Syrie. L’expert militaire russe Victor Murakhovsky a noté que la Russie avait tenté de se retirer de Syrie en 2016, mais que la tentative a échoué en raison du manque de préparation de la part des forces syriennes. Il a affirmé que cette situation ne se reproduirait probablement pas (RBC, 11 décembre 2017 ; agence de presse TASS, 12 décembre 2017).
    • Les commentaires de Poutine sont l’expression formelle des déclarations faites au cours des dernières semaines, sur l’intention de la Russie de réduire sa présence militaire en Syrie, avec en toile de fond le sentiment de réalisation lié à la chute de l’État islamique. Cependant, les remarques de Poutine démontrent qu’une partie des forces (dont la taille est inconnue) resteront en Syrie pour soutenir le régime syrien dans les combats contre les organisations rebelles, qui n’ont pas encore pris fin (la région d’Idlib est encore sous le contrôle des organisations rebelles, la principale étant le Siège de Libération d’Al-Sham – anciennement le Front Al-Nusra). Selon nous, la présence militaire russe en Syrie devrait aussi servir de levier pour Poutine afin de maintenir son influence sur le régime syrien et de sauvegarder les intérêts de la Russie dans une réalité syrienne de plus en plus complexe.
Principaux développements en Syrie
Nettoyage de la vallée de l’Euphrate
  • Le 7 décembre 2017, les Syriens ont annoncé qu’ils avaient fini de nettoyer la vallée de l’Euphrate dans la zone située entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal. Les forces de l’armée syrienne sous le commandement de Suheil Hassan (« le Tigre ») ont avancé à partir de la ville d’Al-Mayadeen et ont uni leurs forces avec les troupes syriennes qui ont récemment repris Abu-Kamal. Selon l’annonce, de nombreux membres de l’Etat islamique ont été tués et de grandes quantités d’armes et munitions, y compris des dizaines de chars et des véhicules blindés, ont été découvertes et détruites (Butulat Al-Suri Al-Jaysh, blog affilié à l’armée syrienne, 7 décembre 2017).

Suheil Hassan ("le Tigre"), commandant des forces qui ont fini de nettoyer la vallée de l'Euphrate (Butulat Al-Suri Al-Jaysh, blog affilié à l'armée syrienne, 7 décembre 2017)
Suheil Hassan (« le Tigre »), commandant des forces qui ont fini de nettoyer la vallée de l’Euphrate (Butulat Al-Suri Al-Jaysh, blog affilié à l’armée syrienne, 7 décembre 2017)

  • Un représentant de la Coalition internationale a déclaré aux médias russes que, selon la Coalition, l’Etat islamique est toujours présent dans les zones situées au-delà des deux rives de l’Euphrate. Par conséquent, les frappes aériennes de la Coalition, qui visent à soutenir les FDS, se poursuivront sur la rive Est de l’Euphrate, tandis que les Syriens et l’aviation russe continueront d’attaquer des cibles sur la rive occidentale, entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal. La coalition internationale continue d’opérer en coordination avec les FDS afin de s’assurer que les civils sont en mesure de revenir dans les zones libérées (Spoutnik, 9 décembre 2017).
Armes saisies dans la province de Deir ez-Zor
  • Le 9 décembre 2017, l’agence de presse syrienne a publié une vidéo montrant de grandes quantités d’armes diverses qui appartenaient à l’Etat islamique et qui ont été saisies par l’armée syrienne dans la province de Deir ez-Zor. La vidéo montre des armes légères, des canons anti-aériens, des mortiers, des véhicules blindés, des canons, des armes à feu, des missiles, des drones, des pièces d’artillerie et des munitions d’armes légères (Compte Youtube Sana, 9 décembre 2017). Ci-après des exemples :
Canons anti-aériens montrés sur des véhicules tout terrain.    Fusils et mitrailleuses|
Gauche: Canons anti-aériens montrés sur des véhicules tout terrain. Droite: Fusils et mitrailleuses.
Drones    Missiles antichars.
Droite: Missiles antichars. Gauche: Drones
Activités de l’Etat islamique
  • L’Etat islamique a indiqué que ses membres ont continué d’attaquer des cibles syriennes dans la zone d’Abu-Kamal :
    • Le 11 décembre 2017, l’Etat islamique a annoncé que ses membres avaient procédé à une attaque de grande envergure contre des positions de l’armée syrienne au Nord-Ouest d’Abu-Kamal (Haqq, 11 décembre 2017).
    • Le 12 décembre 2017, l’Etat islamique a annoncé que plus de 41 soldats de l’armée syrienne et des milices chiites avaient été tués et trois capturés dans des affrontements dans le secteur rural (Nord et Nord-Ouest) d’Abu-Kamal. L’organisation a affirmé avoir pris le contrôle de quatre villages et de deux villes, y compris Al-Salihiyah (qui abrite une salle d’opérations conjointes de l’armée russe, des forces kurdes et des tribus arabes) (Haqq, 12 décembre 2017).
Début des activités du comité conjoint russo-kurde de gestion des régions à l’Est de l’Euphrate
  • Le 3 décembre 2017, la première réunion du comité de gestion des territoires de l’Est de l’Euphrate s’est déroulée en présence de représentants des forces russes en Syrie. La réunion a eu lieu dans le village d’Al-Salihiyah, au Sud d’Al-Mayadeen (où une salle d’opérations conjointes a été mise en place par l’armée russe, les forces kurdes et les tribus arabes locales de la province de Deir ez-Zor). La réunion a rassemblé 23 représentants de tous les groupes ethniques et religieux vivant à l’Est de l’Euphrate et un représentant des forces russes en Syrie, le général Evgeniy Poplavski.
  • Dans un discours, Poplavski a déclaré que les unités de la milice composées de forces kurdes (GPJ) et des tribus de l’Est de l’Euphrate s’apprêtent à mettre un terme à l’opération contre l’Etat islamique à l’Est de Deir ez-Zor. Selon lui, le commandement des forces russes en Syrie, situé à la base de Hmeymim, a coordonné les activités des unités à l’Est de l’Euphrate. Poplavski a précisé que le retour à la routine dans les territoires libérés est une priorité absolue. Par conséquent, des unités du Centre de réconciliation en Syrie ont été mises en place au siège central des opérations conjointes à Al-Salihiyah afin d’aider les dirigeants locaux à gérer le Comité de gouvernance des territoires de l’Est de l’Euphrate. En outre, des experts du Centre de réconciliation, ainsi que des représentants des autorités locales qui sont en cours de formation, aident à créer des conditions propices au retour des résidents et la fourniture de l’aide humanitaire à la région.
  • S’exprimant lors de la réunion, Hassan Yusuf, président du Comité de gestion des territoires à l’Est la Province de de Deir ez-Zor, a remercié les forces russes pour leur soutien à la lutte contre l’Etat islamique et la libération des villes et localités dans Deir ez-Zor. Il s’est dit convaincu que le comité devrait poursuivre ses activités avec le soutien du Centre de réconciliation. Mahmoud Nuri, Vice-président du comité, qui représente les forces kurdes (YPG), a remercié la Russie pour son aide dans le rétablissement de la paix dans les territoires syriens. Il a dit que les unités kurdes étaient prêtes à assurer la sécurité des unités de l’armée russe sur la rive orientale de l’Euphrate. Mahmoud Nuri a également noté que les forces des YPG ont lutté efficacement contre l’Etat islamique sous le commandement russe (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 4 décembre 2017).
Début de la campagne de reprise de la province d’Idlib
  • Selon des rapports dans les médias syriens et arabes, les préparatifs sont en cours pour le transfert de centaines de soldats, sous le commandement de Suheil Hassan (« le Tigre »), du secteur rural de Deir ez-Zor vers la zone rurale de Hama (Al-Quds Al-Arabi, 1er décembre 2017). En même temps, il a été signalé que la campagne contre le fief rebelle dans la province d’Idlib avait commencé. Selon nous, cela signifie le transfert de l’intérêt stratégique de la Syrie (et des Russes) de la vallée de l’Euphrate à la région d’Idlib. Ce domaine qui reste le fief de la rébellion en Syrie est principalement contrôlé par le Siège de Libération d’Al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra). Sa reprise devrait porter un coup dur aux organisations rebelles, y compris au Siège de Libération d’Al-Sham.
  • Le 11 décembre 2017, l’armée syrienne, appuyée par des milices affiliées à l’Iran et avec l’appui aérien de l’armée russe, aurait commencé la campagne contre les forces rebelles dans l’Est de la province de Hama, dans le cadre de la campagne de libération de la province d’Idlib. Le Siège de Libération d’Al-Sham (la principale organisation rebelle) et plusieurs factions de l’Armée syrienne libre ont envoyé des renforts pour reprendre des villages dans la zone rurale qui a été reprise par l’armée syrienne. Selon des rapports, l’aérodrome militaire d’Ad-Duhur au Sud-Est d’Idlib devrait être la première cible de l’armée syrienne (Reuters en arabe, 11 décembre 2017).
  • Le 12 décembre 2017, l’armée syrienne a annoncé avoir repris le village de Balil, dans la zone rurale au Nord-Est de Hama. Une vidéo diffusée par le bureau du porte-parole de l’armée syrienne montre des roquettes et des tirs d’artillerie par l’armée syrienne, avec un appui aérien, contre des cibles du Siège de Libération d’Al-Sham.
Cible du Siège de Libération d'Al-Sham dans le village de Balil, frappée par un char de l'armée syrienne (Al-Hadath Suriya, 12 décembre 2017)   Tank de l'armée syrienne attaquant des cibles du Siège de Libération d'Al-Sham dans la région du village de Balil.
Droite: Tank de l’armée syrienne attaquant des cibles du Siège de Libération d’Al-Sham dans la région du village de Balil.
Gauche: Cible du Siège de Libération d’Al-Sham dans le village de Balil, frappée par un char de l’armée syrienne (Al-Hadath Suriya, 12 décembre 2017)
Explosion d’un engin piégé dans un minibus à Homs
  • Le 5 décembre 2017, selon des sources syriennes officielles, un engin piégé a explosé dans un minibus dans la ville de Homs. L’engin explosif a été activé par télécommande. Selon les sources, huit civils syriens ont été tués et 18 autres blessés. En outre, des voitures et plusieurs magasins près de la scène de l’attaque ont été touchés (Sana, 5 décembre 2017). L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque, qui aurait ciblé un bus transportant des soldats syriens (Akhbar Al-Muslimeen, 5 décembre 2017).
Les débris du minibus (Sana, 5 décembre 2017)    Débris d'un autobus visé par un engin piégé de l'Etat islamique à Homs. Selon les débris, il semble que l'engin était puissant, puisque le véhicule a été presque totalement détruit.
Droite: Débris d’un autobus visé par un engin piégé de l’Etat islamique à Homs. Selon les débris, il semble que l’engin était puissant, puisque le véhicule a été presque totalement détruit.
Gauche: Les débris du minibus (Sana, 5 décembre 2017)
Principaux développements en Irak
Le Premier ministre irakien annonce la libération complète de l’Iran de l’Etat islamique
  • Le 9 décembre 2017, le Premier ministre irakien Haydar al-Abadi a prononcé un discours solennel dans lequel il a annoncé la libération complète de l’Irak de l’Etat islamique. Soixante-dix membres des forces de sécurité irakiennes étaient debout derrière lui. Il a noté que les forces irakiennes avait fini de nettoyer des bastions de l’Etat islamique à l’Ouest de la province Al-Anbar, qui était « le dernier territoire irakien qui a été volé. » Il a appelé les responsables politiques à assumer la responsabilité pour la sécurité et la stabilité dans le pays et à empêcher le retour du terrorisme (Al-Sumaria News, 9 décembre 2017 ; compte YouTube de la chaîne Al-Iraqiya International, 9 décembre 2017).

Le Premier ministre irakien Haydar al-Abadi dans son discours marquant la victoire sur l'Etat islamique en Irak (Compte Youtube de la chaîne Al-Iraqiya international, 9 décembre 2017)
Le Premier ministre irakien Haydar al-Abadi dans son discours marquant la victoire sur l’Etat islamique en Irak (Compte Youtube de la chaîne Al-Iraqiya international, 9 décembre 2017)

Nettoyage du secteur supérieur de l’Euphrate par la « Mobilisation populaire »
  • Le 8 décembre 2017, le siège de la Mobilisation populaire (groupe affilié aux milices chiites iraniennes) a annoncé le début d’une opération de reprise du désert d’Al-Jazeera (à l’Ouest de la province Al-Anbar) jusqu’à la frontière irako-syrienne, (Al-Sumaria News, 9 décembre 2017). Au cours de l’opération, les forces de la Mobilisation populaire ont nettoyé 35 villages et une zone de 4 300 kilomètres carrés de la présence de l’Etat islamique. Cette activité est toujours en cours (Al-Sumaria News, 8 décembre 2017).
Nettoyage du secteur à l’Ouest de Kirkouk
  • Le 9 décembre 2017, le quartier général des opérations de Kirkouk a annoncé le lancement d’une opération de grande envergure contre l’Etat islamique à l’Ouest de Kirkouk. Selon des rapports, cinq membres de l’organisation ont été tués au début de l’opération, et des tunnels et des engins piégés ont été détruits (Al-Sumaria News, 9 décembre 2017).
Activités de guérilla de l’Etat islamique
  •  Le 8 décembre 2017, une force de la police des frontières irakienne aurait déjoué une attaque de l’Etat islamique contre un de ses sièges au Nord du terminal d’Al-Waleed, à environ 15 km au Nord-Est de la frontière entre la Jordanie, l’Irak et la Syrie. Des membres de l’Etat islamique sont arrivés de Syrie. Deux gardes-frontières irakiens ont été blessés dans les affrontements. Les membres de l’Etat islamique ont subi des pertes et se sont retirés en territoire syrien (Al-Sumaria News, 8 décembre 2017).
  • Des membres de l’Etat islamique ont attaqué des véhicules de la Mobilisation populaire à 11 km au Sud d’Al-Hawija. L’Etat islamique a annoncé avoir détruit trois véhicules et tué quatre combattants. Une autre équipe de l’Etat islamique a frappé un véhicule de l’armée irakienne avec un engin piégé (Akhbar al-Muslimeen, 5 décembre 2017).
  • Le 9 décembre 2017, un garde de sécurité civile a été tué lorsqu’une voiture piégée a explosé dans le centre de Tikrit (Al-Sumaria News, 9 décembre 2017). ON ignore si l’Etat islamique est responsable de l’attaque. Ces derniers temps, l’organisation fait exploser des voitures piégées pas nécessairement par des terroristes suicide, mais aussi par commande à distance ou par téléphone portable.
Coordination entre les FDS et l’armée irakienne pour sécuriser la frontière syro-irakienne
  • Le 10 décembre 2017, les forces des FDS ont annoncé la création d’un centre conjoint avec l’armée irakienne afin de coordonner la défense et la sécurité à la frontière entre la Syrie et l’Irak dans le secteur de la province de Deir ez-Zor. La décision a été prise lors d’une réunion entre hauts responsables de l’armée irakienne et des FDS, dans laquelle ils ont examiné la question de la protection de la frontière et les méthodes d’élimination des terroristes de l’Etat islamique (Site Internet des FDS, 10 décembre, 2017 ; Al-Sumaria News, 11 décembre 2017).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Poursuite des attaques de l’Etat islamique contre les forces de sécurité égyptiennes
  • En dépit de la campagne égyptienne contre la Province du Sinaï de l’Etat islamique, l’organisation a indiqué qu’elle continue à mener des attaques

    contre les forces de sécurité égyptiennes. Selon un rapport du 10 décembre 2017, un bulldozer a été détruit et deux personnes ont été blessées lorsque huit engins piégés ont explosé près de la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza ciblant les soldats de l’armée égyptienne et leurs véhicules. En outre, un engin explosif a été activé à l’encontre d’une patrouille de l’armée égyptienne et un engin explosif a explosé dans le secteur de Rafah (Haqq, 11 décembre 2017).

  • Le 9 décembre 2017, la Province du Sinaï de l’Etat islamique a annoncé que le Palestinien Abu Abd al-Rahman al-Maqdisi avait été tué, précisant dans une annonce que « la Palestine continue de livrer ses meilleurs fils à la campagne pour l’établissement du califat islamique » (Haqq, 9 décembre 2017).

Le terroriste de l'Etat islamique Abu Abd al-Rahman al-Maqdisi, qui a été tué dans la péninsule du Sinaï. En haut à droite on peut lire : "Le convoi des Chahids" (Haqq, 9 décembre 2017)
Le terroriste de l’Etat islamique Abu Abd al-Rahman al-Maqdisi, qui a été tué dans la péninsule du Sinaï. En haut à droite on peut lire : « Le convoi des Chahids » (Haqq, 9 décembre 2017)

Activités de l’Etat islamique dans d’autres pays
Attaque inspirée par l’Etat islamique au cœur de New York[1]
  • Le 11 décembre 2017 (vers 7h10) une attaque a été effectuée dans un passage souterrain entre des stations de métro dans le centre de Manhattan. Un engin piégé artisanal préparé à partir de matériaux ménagers a explosé sur le corps du terroriste (probablement suite à un « accident de travail »). Le terroriste a été grièvement blessé et trois passants ont été légèrement blessés. Le terroriste a été arrêté. L’Etat islamique n’a jusqu’à présent pas revendiqué l’attaque. Il s’agissait d’une attaque inspirée par l’organisation mais il n’y a pas de signes indiquant un lien direct avec l’Etat islamique. Remarque : Un bulletin distinct a été publié en anglais sur le résumé et l’analyse de l’attaque à New York.

[1] L'évaluation de la situation initiale est exacte à la date du 13 décembre 2017. Elle est basée principalement sur le site Internet de la police de New York et sur les médias américains et des agences de presse.