Pleins feux sur le jihad mondial (30 novembre – 6 décembre 2017)

Combattants kurdes des YPG, composant la force dominante des FDS, au cours d'affrontements avec l'Etat islamique sur la rive orientale de l'Euphrate (Twitter, décembre 2017)

Combattants kurdes des YPG, composant la force dominante des FDS, au cours d'affrontements avec l'Etat islamique sur la rive orientale de l'Euphrate (Twitter, décembre 2017)

Centre : Le général russe Alexander (Aleksey) Kim au cours de la conférence de presse. Gauche : le porte-parole des YPG Noureddine (Nouri) Mahmoud (Twitter, 4 décembre 2017)

Centre : Le général russe Alexander (Aleksey) Kim au cours de la conférence de presse. Gauche : le porte-parole des YPG Noureddine (Nouri) Mahmoud (Twitter, 4 décembre 2017)

Photo de profil de la page Twitter de l'Union des tribus du Sinaï, montrant l'emblème de l'Union et l'insigne de l'armée égyptienne côte à côte (Compte Twitter de l'Union des tribus du Sinaï, 3 décembre 2017).

Photo de profil de la page Twitter de l'Union des tribus du Sinaï, montrant l'emblème de l'Union et l'insigne de l'armée égyptienne côte à côte (Compte Twitter de l'Union des tribus du Sinaï, 3 décembre 2017).

Le cheikh Issa al-Kharafin interviewé par une chaîne égyptienne à la suite de l'attaque terroriste à la mosquée Al-Rawdah (Chaîne eXtra News, Egypte, 25 novembre 2017)

Le cheikh Issa al-Kharafin interviewé par une chaîne égyptienne à la suite de l'attaque terroriste à la mosquée Al-Rawdah (Chaîne eXtra News, Egypte, 25 novembre 2017)

L'affiche de la vidéo intitulée

L'affiche de la vidéo intitulée "Flammes de la guerre" (Akhbar al-Muslimeen, 30 novembre 2017)

Principaux événements de la semaine
  • Des deux côtés de l’Euphrate, dans la région entre Deir ez-Zor et Abu-Kamal, les recherches de membres de l’Etat islamique ayant fui dans le désert continuent. Les forces syriennes opèrent sur la rive occidentale du fleuve et les forces kurdes (FDS) sur la rive orientale. Des bombardiers russes à long rayon d’action fournissent un soutien aérien aux recherches.
  • Cette semaine, une réunion a eu lieu entre de hauts officiers kurdes et russes dans le village d’Al-Salihiyah, situé à mi-chemin entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal. La réunion a rassemblé des représentants locaux de Deir ez-Zor. Il a été convenu, entre autres, de créer une salle d’opérations dans le village d’Al-Salihiyah pour l’armée russe, les forces kurdes et des représentants des tribus arabes de la région.
  • Récemment, des différends ont surgi entre Al-Qaida et le Siège de Libération d’Al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra). La racine du conflit repose sur la politique « syrienne » du Siège de Libération d’Al-Sham, qui a été exprimée dans un refus d’obéir au chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et sa conduite pragmatique visant à préserver sa survie. Selon nous, l’approche pragmatique de l’organisation découle principalement de la crainte que, suite à l’effondrement de l’État islamique, l’attention stratégique de la Syrie, de la Russie et de l’Iran se tourne désormais sur les rebelles de l’enclave de la région d’Idlib, où elle est la force dominante.
  • En Irak, les attentats de l’Etat islamique continuent, avec de vastes activités anti-terroristes de la part des forces irakiennes. Ailleurs, les provinces de l’organisation au Yémen et en Afghanistan ont réussi à réaliser une série d’attaques, certaines complexes, prouvant ainsi que la chute de l’État islamique n’influence pas leurs capacités (à Aden, au Yémen, une voiture piégée a explosé devant le ministère des Finances ; à Jalalabad, en Afghanistan, une voiture piégée a explosé à l’entrée d’un bâtiment de la télévision).
  • Même après l’effondrement de l’État islamique, l’organisation continue de menacer les pays d’Occident et d’appeler ses partisans à commettre des attentats contre les « infidèles ». Les médias de l’Etat islamique ont publié une vidéo menaçant les États-Unis et les pays occidentaux « infidèles » de la poursuite du jihad. En outre, des médias sociaux affiliés à l’organisation ont publié une affiche qui menace les pays occidentaux à l’approche de Noël.
Implication de la Russie en Syrie
Déclarations russes au sujet de l’intention de réduire le nombre de forces armées en Syrie
  • Nikolai Patrushev, le Secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie a déclaré que le retrait des forces russes de Syrie serait effectué en fonction de leur niveau de préparation, et que les préparatifs pour le retrait sont déjà en cours. Auparavant, le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a déclaré que la Russie pourrait commencer à réduire la taille de ses forces en Syrie d‘ici la fin de l’année. Selon le plan, les bases militaires russes de Hmeymim et Tartous resteront en Syrie, avec le Centre de coordination de la réconciliation entre les parties en guerre et diverses infrastructures nécessaires pour maintenir la stabilité dans le pays (tvzvezda.ru, site administré par le ministère de la défense russe, RIA, 30 novembre 2017).
La Russie appelle à imposer des sanctions sur le commerce des objets volés en Irak et en Syrie
  • La Russie aurait demandé instamment au Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer des sanctions sur les personnes et les organisations impliquées dans le commerce d’objets culturels en provenance d’Irak et de Syrie. L’ambassadeur permanent de la Russie auprès de l’Organisation des Nations Unies Vassily Nebenzia a soulevé la question lors d’une session du Conseil de sécurité concernant le trafic d’objets culturels. Selon lui, des membres de l’Etat islamique et des criminels qui leur sont associés utilisent tous les échappatoires existant pour transporter des objets culturels à l’étranger. Récemment, les forces de contrôle des frontières russes ont réussi à déjouer la contrebande d’objets culturels syriens de régions qui avaient été sous le contrôle de l’État islamique.
  • Selon l’ambassadeur de Russie, le commerce est effectué par des fournisseurs anonymes (y compris via Internet). Il a précisé qu’il était difficile de contrôler ces opérations, principalement en raison d’un problème d’identification des objets interdits. Il a exhorté les pays du monde entier à fournir au Comité des sanctions du Conseil de sécurité des informations sur l’Etat islamique et Al-Qaïda des informations sur les sources de financement des organisations impliquées dans ce commerce illégal (Agence de presse TASS, 30 novembre 2017).
Principaux développements en Syrie
L’armée syrienne fouille la région d’Al-Mayadeen – Abu-Kamal
  • Les forces syriennes fouillent le secteur situé entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal au Sud-Est de la province de Deir ez-Zor, ratissant la zone à la recherche de membres de l’Etat islamique qui ont fui vers les régions désertiques après la reprise de ces villes. De grandes quantités d’armes ont été découvertes, y compris des missiles antichars, des munitions et des engins explosifs improvisés (Agence de presse syrienne, 30 novembre 2017).
Soutien aérien russe à l’armée syrienne
  •  Les 1er et 3 décembre, 2017, six bombardiers russes Tu-22M3 à longue distance, qui ont décollé d’une base aérienne en Russie, ont attaqué des cibles de l’Etat islamique dans la province de Deir ez-Zor (principalement dans le Sud-Est de la province, où l’armée syrienne mène des recherches). Des appareils Su-30SM de la base aérienne de Hmeymim ont couvert les bombardiers. Des positions de l’Etat islamique, des dépôts de munitions et des équipements ont été détruits dans la frappe. Après l’attaque, le 3 décembre 2017, les bombers sont retournés à leur base en Russie (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 1er et 3 décembre 2017).
La région de Deir ez-Zor
Les FDS nettoient la rive orientale de l’Euphrate
  • Le 3 décembre 2017, les FDS ont annoncé que leurs combattants avaient nettoyé la zone rurale à l’Est de Deir ez-Zor, sur la rive orientale de l’Euphrate, avec l’aide de tribus locales, de la coalition internationale et l’appui de l’armée de l’air russe (Site Internet des YPG, 3 décembre 2017). Sihanouk Dibo, porte-parole des YPG (le Parti de l’Union Démocratique Kurde), a déclaré que les forces russes ont fourni aux Kurdes de l’appui logistique (RT, 4 décembre 2017).

Combattants kurdes des YPG, composant la force dominante des FDS, au cours d'affrontements avec l'Etat islamique sur la rive orientale de l'Euphrate (Twitter, décembre 2017)
Combattants kurdes des YPG, composant la force dominante des FDS, au cours d’affrontements avec l’Etat islamique sur la rive orientale de l’Euphrate (Twitter, décembre 2017)

  • Les forces des FDS ont repris les villages d’Abu Hamam et d’Al-Khan, au Sud-Est d’Al-Mayadeen, sur la rive orientale de l’Euphrate. Le 1er décembre 2017, les forces ont annoncé qu’au cours de l’Opération Tempête d’Al-Jazeera (nettoyage de la rive orientale de l’Euphrate), 17 membres de l’Etat islamique ont été tués (Site du Centre d’information des FDS).
Réunion entre des représentants kurdes et des officiers de l’armée russe
  • Le 3 décembre 2017, une réunion a eu lieu entre des officiers russes et des responsables kurdes des YPG (la force militaire kurde en Syrie qui compose la partie principale des FDS). La réunion s’est déroulée en présence du commandant adjoint des forces russes en Syrie, le général Alexander (Aleksey) Kim ; du porte-parole des YPG Noureddine (Nouri) Mahmoud et de Ghassan Al-Yusuf, le président d’un organisme local nommé « le conseil civil de Deir ez-Zor  » (Al-Akhbar, Liban, 4 décembre 2017). La réunion a eu lieu dans le village d’Al-Salihiyah sur la rive occidentale de l’Euphrate, à mi-chemin entre Al-Mayadeen et Abu-Kamal.
  • A la fin de la réunion, une conférence de presse a eu lieu, dans laquelle le porte-parole des YPG Nouri Mahmoud a salué le rôle actif joué par les forces de la Coalition et de la Russie dans la lutte contre l’Etat islamique (Site Internet des YPG, 3 décembre 2017). Il a souligné l’importance de la coopération pour la restauration de la sécurité et la reconstruction des infrastructures de la région (Al-Akhbar, 3 décembre 2017). Le général russe Alexander Kim a noté lors de la conférence de presse que l’opération pour éliminer les poches de résistance de l’Etat islamique à l’Est de Deir ez-Zor touche à sa fin. Il a précisé que dans le village d’Al-Salihiyah, où la réunion a eu lieu, une salle d’opérations conjointes sera créée, partagée par l’armée russe, les YPG et les représentants des tribus arabes (Twitter, 4 décembre 2017).
Les FDS démentent des informations sur un cessez-le-feu avec l’Etat islamique
  • Le 28 novembre 2017, des rapports ont été publiés sur les réseaux sociaux au sujet d’un accord de cessez-le-feu conclu entre les FDS et l’Etat islamique (Al-Mayadeen, 28 novembre 2017). Mostafa Bali, directeur du centre d’information des FDS a nié ces rapports et a souligné que les FDS continuent de lutter contre le terrorisme « de toutes leurs forces » jusqu’à sa fin en Syrie (Russia Today, 28 novembre 2017). Selon nous, ces rapports sont faux, car sur le terrain, les FDS continuent de nettoyer le secteur de la présence de membres de l’Etat islamique.
Affrontements entre l’Etat islamique et l’armée syrienne dans la banlieue Ouest d’Abu-Kamal
  • Le 1er décembre 2017, l’Etat islamique a publié plusieurs photos d’affrontements entre ses membres et l’armée syrienne dans la banlieue Ouest d’Abu-Kamal (Haqq, 1er décembre 2017). Il semble que la situation sécuritaire dans la ville d’Abu-Kamal, reprise par les forces syriennes et les milices chiites, n’a pas encore stabilisée.
Un membre de l'Etat islamique ouvre le feu (Haqq, 1er décembre 2017)   n membre de l'Etat islamique armé d'une arme légère et d'un dispositif de communication traverse un trou dans un mur au cours d'affrontements dans la banlieue Ouest d'Abu-Kamal.
Droite : Un membre de l’Etat islamique armé d’une arme légère et d’un dispositif de communication traverse un trou dans un mur au cours d’affrontements dans la banlieue Ouest d’Abu-Kamal.
Gauche : Un membre de l’Etat islamique ouvre le feu (Haqq, 1er décembre 2017)
Vive controverse entre le Siège de Libération d’Al-Sham et Al-Qaïda
  • Récemment, de vifs échanges ont été signalés entre le leader d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri et le Siège de Libération d’Al-Sham (anciennement le Front Al-Nusra), indiquant une aggravation de la fracture entre les deux organisations. Le conflit repose sur la nature de la relation entre le Siège de Libération d’Al-Sham et Al-Qaïda, son organisation mère : le Siège de Libération d’Al-Sham est-il autorisé à mener une politique syrienne indépendante, en prenant en compte des graves difficultés qu’il doit affronter, ou est-il sous réserve des instructions du chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri, dont les considérations sont totalement différentes ? Une série d’arrestations effectuées par Abu Mohammad Al-Julani, le chef du Siège de Libération d’Al-Sham, parmi les membres affiliées à Al-Qaida, et sa réponse aux accusations portées contre lui par le chef d’Al-Qaïda, sont, selon nous, une indication du fait qu’Al-Julani a choisi de suivre sa propre voie indépendante, afin d’essayer de surmonter les graves difficultés qu’il doit affronter, même s’il n’a pas encore complètement mis un terme à ses liens avec Al-Qaïda.
  • Remarque : une analyse détaillée de l’affaire, ses causes et conséquences, sera publiée dans un document distinct.
Principaux développements en Irak
Activités anti-terroristes de l’Irak dans les diverses provinces
  • Les forces de sécurité irakiennes ont poursuivi leurs activités anti-terroristes dans les différentes provinces :
    • Au sud de Bagdad : Les forces de sécurité irakiennes ont trouvé trois engins piégés et des explosifs à l’intérieur d’un appartement. Plusieurs suspects ont été arrêtés (Agence de presse irakienne, 4 décembre 2017).
    • La région de Hamrin, à l’Est de Baqubah : Une unité de lutte contre le terrorisme de la police de Diyala a tué un terroriste suicide et arrêté trois terroristes étrangers (Agence de presse irakienne, 4 décembre 2017).
    • Sud de Baqubah : La police de Diyala a arrêté cinq terroristes recherchés (Agence de presse irakienne, 4 décembre 2017).
    • Al-Ghabat, au Nord de Mossoul : L’armée iraquienne a trouvé une cache d’armes et de munitions qui comprenait des canons anti-aériens, des missiles, des pièces d’artillerie et des obus de mortier (Agence de presse irakienne, 3 décembre 2017).
    • Quartiers du Sud-Est de Mossoul : Les forces de sécurité irakiennes ont arrêté plusieurs membres de l’Etat islamique dans deux quartiers défavorisés du Sud-Est de Mossoul (Agence de presse irakienne, 3 décembre 2017).
Activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique
  • Les membres de l’Etat islamique ont poursuivi leurs activités de guérilla et de terrorisme dans diverses provinces de l’Irak, mais pas de manière coordonnée et sans direction centrale:
    • Les forces de la Mobilisation populaire ont déjoué une attaque des forces de l’Etat islamique à l’Ouest de la ville de Baiji. Les membres de l’Etat islamique ont utilisé trois véhicules (Agence de presse irakienne, 2 décembre 2017).
    • Un soldat de l’armée irakienne a été blessé à la suite de tirs de snipers de l’Etat islamique à environ 28 km au Nord-Est de Baqubah (Al-Sumaria News, 3 décembre 2017).
    • Cinq personnes, apparemment des civils, ont été blessées dans l’explosion d’un engin piégé dans la région d’Al-Hamamiyat, à environ 16 km au Nord de Bagdad (Agence de presse irakienne, 2 décembre 2017).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Mobilisation des tribus bédouines du Sinaï pour lutter contre le terrorisme
  • L’attaque massive dans une mosquée du village d’Al-Rawdah, fief de la tribu Sawarka, a conduit à une prise de conscience parmi les tribus bédouines du Sinaï, qui ont exprimé publiquement leur volonté d’aider les forces de sécurité égyptiennes dans la lutte contre le terrorisme. Selon les médias égyptiens, les forces de sécurité égyptiennes coordonnent leurs activités avec des responsables des tribus (Al-Masry Al-Youm, 1er décembre 2017).
  • Ci-après de récentes déclarations de responsables des tribus:
    • La tribu Sawarka dans le Nord du Sinaï, dont les membres ont été les victimes de l’attaque massive d’Al-Rawdah, a publié une déclaration proclamant sa participation à la guerre contre le terrorisme aux côtés des forces armées égyptiennes. La tribu a annoncé qu’elle était en train de placer ses hommes sous l’autorité des commandants des forces armées (Portail Veto, 2 décembre 2017).
    • L’Union des tribus du Sinaï a publié une déclaration sur sa page Facebook exprimant son soutien à l’armée égyptienne, à la police et au Président Abdel Fattah al-Sisi. La déclaration insiste sur les points suivants : il est permis de tuer toute personne qui apporte une aide à des éléments terroristes ; l’Union des tribus du Sinaï soutiendra toute personne qui transmettra des informations qui aideront à atteindre des terroristes ; tous les terroristes qui sont impliqués dans des opérations contre les citoyens égyptiens doivent se rendre et accepter la règle de droit, sinon, ils seront condamnés à mort ; l’Union des tribus du Sinaï a demandé à tous les combattants à être prêts à aller au combat (Page Facebook de l’Union des tribus du Sinaï, 30 novembre 2017).
    • Le 3 décembre 2017, l’Union des tribus du Sinaï a publié un commentaire sur Facebook s’adressant aux éléments terroristes [cf., les membres de la Province du Sinaï de l’Etat islamique] : « Où est le refuge ? Vous serez défaits […] Vous allez être rejetés […] La terre va bouillir sous vos pieds […] et le ciel sera mis à feu sur vous, et l’air du Sinaï va vous étouffer […] »
  • A ce stade, on ignore de quelle manière les tribus vont-elles aider les forces de sécurité égyptiennes. Dans ce contexte, la page Facebook de l’Union des tribus du Sinaï a indiqué que l’un des cheikhs, Issa al-Kharafin, a affirmé que les tribus coopéraient avec l’armée. Selon lui, elles fournissent à l’armée des guides et des pisteurs pour l’aider à chasser les terroristes en terrain irrégulier, ainsi que des informations sur ces secteurs. Le cheikh a ajouté que les tribus n’étaient pas prêtes à s’armer et à prendre part aux actes de tueries, parce que ce sont les fonctions de l’armée et de la police (Page Facebook de l’Union des tribus du Sinaï, 2 décembre 2017).
  • Le cheikh Issa al-Kharafin, 75 ans, vit du côté égyptien de Rafah. Il est le principal cheikh du Nord de la péninsule du Sinaï et le cheikh de la tribu Al-Rumeilat. En Juillet 2017, il a survécu à une tentative d’assassinat lorsque des hommes masqués ont tiré sept balles dans sa direction. Il est un ancien membre de l’Assemblée du peuple de l’Égypte (la Chambre basse du parlement). Il accorde fréquemment des entrevues aux médias égyptiens.

Le cheikh Issa al-Kharafin interviewé par une chaîne égyptienne à la suite de l'attaque terroriste à la mosquée Al-Rawdah (Chaîne eXtra News, Egypte, 25 novembre 2017)
Le cheikh Issa al-Kharafin interviewé par une chaîne égyptienne à la suite de l’attaque terroriste à la mosquée Al-Rawdah (Chaîne eXtra News, Egypte, 25 novembre 2017)

Activités de l’Etat dans d’autres pays
Poursuite des activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique à Aden
  • Le 29 novembre 2017, l’Etat islamique a indiqué qu’une de ses cellules avait fait exploser une voiture piégée (au milieu de la nuit) en face de l’immeuble du ministère des Finances dans la région de Khor Mkassar à Aden. En conséquence, le bâtiment a pris feu et certaines de ses parties ont été détruites (Haqq, 29 novembre 2017). Cinq personnes ont été tuées et 12 autres ont été blessées. Selon des témoins et des responsables de la sécurité, l’explosion a complètement détruit le bâtiment du ministère des Finances et également endommagé des maisons voisines (dailymail.co.uk, 29 novembre 2017).
La voiture piégée (Site Internet Novinite, qui a repris une photo de Twitter, 29 novembre 2017)    Bâtiment du ministère des Finances à Aden, endommagé par l'explosion d'une voiture piégée de l'Etat islamique (Haqq, 29 novembre 2017).
Droite: Bâtiment du ministère des Finances à Aden, endommagé par l’explosion d’une voiture piégée de l’Etat islamique (Haqq, 29 novembre 2017).
Gauche : La voiture piégée (Site Internet Novinite, qui a repris une photo de Twitter, 29 novembre 2017)
  • L’attaque du ministère des Finances s’inscrit dans le cadre d’une vague d’attaques menées à Aden en Novembre 2017. Cette vague comprend l’attaque combinée d’un terroriste suicide et d’une voiture piégée contre le centre des enquêtes criminelles ; l’explosion d’une voiture piégée contre le siège de la coalition arabe dans le centre Aden (14 novembre 2017) et l’assassinat d’un officier de police (25 novembre 2017). Ces attaques, qui ont été effectuées malgré le succès des activités de terrorisme des forces de sécurité locales, [1]révèlent que l’Etat islamique possède une infrastructure opérationnelle à Aden motivée et capable d’effectuer une série d’attaques de masse à court préavis.
Attaque complexe contre une chaîne de télévision dans la ville de Jalalabad, en Afghanistan
  • Le 2 décembre 2017, une attaque a été effectuée contre une chaîne de télévision privée appelée In’ikas (signifiant « réflexion » en arabe) dans la ville de Jalalabad, dans l’Est de l’Afghanistan (province de Nangarhar). Les attaquants ont garé une voiture piégée près de la porte du bâtiment de la gare, puis ont tiré un missile sur l’immeuble. Lorsque la police et les forces de sécurité sont arrivées sur les lieux, les assaillants ont fait exploser la voiture piégée et deux engins piégés. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque (Akhbar al-Muslimeen, 2 décembre 2017).
  • L’attentat a tué au moins deux agents de renseignements afghans et blessé 10 policiers, membres des renseignements et civils. Selon Attahullah Khogyani, porte-parole du gouverneur de la province de Nangarhar, l’une des victimes est le directeur du bureau des renseignements de Jalalabad [2] (Site Internet Radio Free Europe ; New York Times, 2 décembre 2017). Il convient de noter que ce n’est pas la première fois que l’Etat islamique cible les médias afghans. [3]
  • L’attaque de la chaîne de télévision de Jalalabad s’inscrit dans le cadre de la vague d’attaques menées par l’Etat islamique au cours des derniers mois en Afghanistan, notamment sur la capitale Kaboul. Cette vague a jusqu’à présent visé : un attentat suicide contre un minibus à l’entrée de l’académie militaire à l’Ouest de Kaboul (21 octobre 2017) ; un attentat suicide à la mosquée chiite de l’Imam Zaman (20 octobre 2017) et un attentat suicide à l’aéroport international (27 septembre 2017). Ces attaques montrent que l’organisation possède une infrastructure opérationnelle en Afghanistan (Province de Khorasan de l’État islamique) avec un niveau élevé de capacité et de motivation à effectuer des attaques complexes qui incluent l’utilisation de terroristes suicide.
Reprise de villages des mains des talibans
  • Le 30 novembre 2017, l’Etat islamique a signalé que, le 24 novembre 2017, ses membres ont repris plus de 18 villages des talibans dans la région de Khugyani. Cette zone est située dans la partie Ouest de la circonscription de Nangarhar dans l’Est de l’Afghanistan, près de la frontière avec le Pakistan (à environ 37 km au Sud-Ouest de Jalalabad). Le rapport de l’Etat islamique énumère les noms des 18 villages repris par ses membres (Akhbar al-Muslimeen et site Internet de partage de fichiers, 1er décembre 2017, citant le dernier numéro d’Al-Nabā’, 30 novembre 2017).
La guerre de propagande
  • Même après l’effondrement de l’État islamique, l’organisation continue de menacer les pays d’Occident et publie des vidéos et des affiches appelant ses partisans à continuer de mener le jihad contre les « infidèles ». Une affiche publiée sur les réseaux sociaux affiliés à l’organisation a menacé les pays d’Occident en prévision de Noël.
Vidéo de l’Etat islamique menaçant l’Occident
  • Le centre d’information Al-Hayat de l’Etat islamique a publié une vidéo intitulée « Flammes de la guerre » sur un site Internet affilié à l’organisation le 30 novembre 2017 (Akhbar al-Muslimeen, 30 novembre 2017). La vidéo dure 58 minutes et a été publiée en anglais et en arabe. Le but de la vidéo est d’encourager les derniers membres de l’Etat islamique et de recruter de nouveaux partisans en Occident chargés de continuer le jihad.
  • La vidéo critique l’administration Trump pour lutter contre les musulmans brutalement et les invite à se battre contre l’organisation. L’orateur note que les meilleurs des croyants n’arrêteront pas de se battre jusqu’à ce qu’ils obtiennent la victoire, même s’ils sont peu nombreux. Ces croyants continueront le jihad tant qu’il y aura des infidèles. Dans la vidéo, une membre de l’Etat islamique en Irak affirme que la disparition des États-Unis est imminente et que les membres de l’organisation lutteront dans les pays sous la protection de l’Amérique (cf., les pays d’Occident). À la fin de la vidéo, un membre de l’Etat islamique (probablement un Américain) déclare : « Ils [Trump et ses hommes] ont dit qu’ils allaient combattre le feu par le feu et donc le califat islamique. Ils ont échoué. Nous sommes les vainqueurs […] ».
Menaces au monde occidental chrétien à l’approche de Noël
  • Le 21 novembre 2017, BlackOps Cyber, une entreprise américaine qui surveille Internet, a identifié une affiche qui a été publiée sur les médias sociaux affiliés à l’Etat islamique. L’affiche profère des menaces contre le monde occidental chrétien en arabe, anglais, français et allemand, avec l’inscription « Bientôt pour vos fêtes. » L’affiche montre la silhouette de John Jihadi, le tristement célèbre bourreau britannique de l’Etat islamique et le Père Noël prostré devant lui sur fond d’une ville d’Europe décorée pour Noël. L’affiche a été trouvée dans le forum d’un groupe appelé « l’Armée des moudjahidin » (www.theepochtimes.com, 22 novembre 2017). L’affiche a depuis été supprimée des médias sociaux.

[1] En Novembre 2017, les forces de sécurité locales à Aden ont découvert une cellule terroriste de l'Etat islamique dans un quartier résidentiel du centre-ville. À la suite de l'attaque contre le siège de la coalition arabe, les forces de sécurité ont arrêté deux membres de l'Etat islamique en possession d'une ceinture d'explosifs, d'engins piégés et d'armes (Al-Ittihad, 13 novembre 2017).
[2] Selon une autre version, l'homme mort était un agent des NDS, la Direction nationale de la sécurité afghane.
[3] Le 17 mai 2017, l'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque du bâtiment de la radio et de la télévision nationale afghane, situé près du siège du gouvernement à Jalalabad. Le garde de sécurité du bâtiment a été tué et au moins 17 personnes ont été blessées. Trois membres de l'Etat islamique impliqués dans l'attaque ont également été tués (Reuters, 17 mai 2017).