Pleins feux sur le jihad mondial (28 décembre 2017 – 3 janvier 2018)

Entrée d'une grotte utilisée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans la région du village d'Atshan (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017).

Entrée d'une grotte utilisée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans la région du village d'Atshan (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017).

Avant-poste qui a servi de siège aux membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans le secteur du village d'Atshan. Des matériaux de construction, y compris des blocs de béton ont été placés sur la partie supérieure de l'avant-poste probablement pour compliquer son identification sur des photos aériennes.

Avant-poste qui a servi de siège aux membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans le secteur du village d'Atshan. Des matériaux de construction, y compris des blocs de béton ont été placés sur la partie supérieure de l'avant-poste probablement pour compliquer son identification sur des photos aériennes.

L'entrée de l'église de Mar Mina Helwan. L'attaque terroriste s'est produite à proximité (Al-Masry Al-Youm, 31 décembre 2017)

L'entrée de l'église de Mar Mina Helwan. L'attaque terroriste s'est produite à proximité (Al-Masry Al-Youm, 31 décembre 2017)

Abu Saleh et le dessin d'un couteau ensanglanté avec l'inscription

Abu Saleh et le dessin d'un couteau ensanglanté avec l'inscription "l'arme de choix" (Akhbar al-Muslimeen, 28 décembre 2017)

La diapositive se référant à la vidéo : Trump, Netanyahu, Poutine, Macron et Bachar El Assad avec l'inscription

La diapositive se référant à la vidéo : Trump, Netanyahu, Poutine, Macron et Bachar El Assad avec l'inscription "O, les infidèles du monde" (Al-Sawarim, 31 décembre 2017)

Principaux événements de la semaine
  • En Syrie, les affrontements ont continué dans la partie orientale de la Province d’Idlib entre les forces syriennes et le Siège de Libération d’Al-Sham. Dans le Nord du Golan, la mise en œuvre de l’accord d’évacuation des rebelles vers les régions d’Idlib et de Deraa a commencé, mais n’a pas encore été complétée (l’évacuation a été retardée en raison d’un différend entre les parties). En Irak, les forces de sécurité irakiennes ont mené des activités militaires contre des membres de l’Etat islamique, malgré une diminution de la portée des activités de l’organisation cette semaine.
  • Dans les provinces de l’Etat islamique à l’étranger, les attaques de membres de l’organisation ou d’individus qui s’y identifient ont continué. Ces attaques montrent clairement que même après la chute de l’État islamique, l’organisation et ses provinces (avec un accent sur l’Afghanistan et de la péninsule du Sinaï) possèdent des capacités opérationnelles de haut niveau et une grande motivation pour commettre des attentats. Les médias de l’Etat islamique continuent d’inciter les musulmans à travers le monde à commettre des attentats terroristes, y compris contre les Juifs.
  • Ci-après les attaques menées cette semaine :
    • En Afghanistan, un attentat suicide a été commis contre un centre culturel chiite à Kaboul (plus de 40 morts) ; il s’agit de la dernière d’une série d’attaques de la Province du Khorasan de l’Etat islamique.
    • Dans la péninsule du Sinaï, des membres de l’Etat islamique ont fait exploser une bombe artisanale sur l’autoroute entre al-Arish et Bir al-Abed. Sept membres de l’armée égyptienne ont été tués, dont deux officiers (un colonel et un lieutenant-colonel). Il s’agit de la dernière d’une série d’attaques de « qualité » effectuées par la Province du Sinaï de l’organisation.
    • En Égypte, l’Etat islamique a effectué une fusillade à proximité d’une église copte à Helwan au Sud du Caire, malgré les mesures de sécurité prises par les forces de sécurité égyptiennes à l’occasion des fêtes chrétiennes (10 morts, dont un policier).
    • À Saint-Pétersbourg, un engin piégé a explosé dans un supermarché dans un grand centre commercial (dix-huit blessés). L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’explosion, mais son lien avec l’attaque est encore peu clair.
La Russie et les Etats-Unis
Russie
  • Le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a déclaré dans une interview que la liquidation du Siège de Libération d’Al-Sham et des organisations similaires devrait être achevée en 2018. Selon lui, certains des membres du Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations se trouvent dans des zones de désescalade et d’autres à Idlib. Certaines de ces organisations respectent le cessez-le-feu, mais d’autres, y compris le Siège de Libération d’Al-Sham, s’y opposent. Par conséquent, selon Gerasimov, elles doivent être liquidées. Selon Gerasimov, ces organisations vont bientôt être anéanties, en partie parce que le cessez-le-feu règne dans les zones de désescalade, que l’aide humanitaire continue d’arriver et que les problèmes sociaux sont sur le point d’être résolus. Une autre tâche que Gerasimov envisage en Syrie en 2018 consiste à transformer la solution militaire en une solution politique. Il a indiqué que des préparatifs étaient en cours en vue de l’organisation d’une conférence à Sotchi sur cette question (Komsomolskaïa Pravda, 26 décembre 2017).
  • La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova a indiqué que des « militants » ont tiré des missiles sur l’aéroport international de Lattaquié et sur la base de l’armée de l’air russe de Hmeymim. Selon elle, deux des missiles ont été interceptés par un système de défense aérienne russe. Le troisième a été détourné de sa trajectoire et s’est abattu à la périphérie de la ville de Jableh (Agence de presse Tass, 28 décembre 2017). Elle a ajouté que l’attaque sur la base de Hmeymim et l’interception d’un avion syrien quelques jours plus tôt dans le Nord de la province de Hama indiquent que les organisations terroristes continuent d’être approvisionnées en armes. Selon elle, le soutien continu aux terroristes leur permet de continuer à mener de telles opérations (Site Internet du ministère russe des Affaires étrangères, 28 décembre 2017).
Etats-Unis
  • Le secrétaire américain à la Défense James Mattis a déclaré aux journalistes du Pentagone que la défaite de l’État islamique était en train de changer la façon dont les forces de la coalition dirigée par les États-Unis agissent contre l’organisation. Selon lui, les forces stationnées en Syrie devraient modifier leur mission de reprise du contrôle des territoires pour poursuivre les membres de l’Etat islamique qui ont fui dans la zone contrôlée par Assad et ses alliés. Elles serviront aussi à financer les efforts de reconstruction et à coopérer avec les « forces locales » pour empêcher le rétablissement de l’État islamique. Il a ajouté qu’après la défaite de l’État islamique, il y aura plus de citoyens américains et de diplomates en Syrie, chargés d’aider les autorités civiles dans la mise en place de systèmes d’eau et d’électricité et de rouvrir les écoles.
  • En ce qui concerne l’Irak, Mattis a déclaré que la Coalition continuera d’agir avec le gouvernement irakien pour former des soldats et des forces de police et développer les renseignements nécessaires pour trouver et éliminer les terroristes qui tentent de mener des attaques. En ce qui concerne l’avenir de l’Etat islamique, Mattis a affirmé que l’organisation peut encore exercer son influence par le biais d’attentats terroristes menés par des terroristes solitaires ou par des groupes. Cependant, à son avis, après la perte de ses territoires, la marque « Etat islamique » devrait perdre de son attrait (Site Internet du ministère américain de la Défense, 29 décembre 2017).
Principaux développements en Syrie
La région de Deir ez-Zor
  • Selon un rapport de l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’Etat islamique contrôle toujours cinq villes et villages de la région rurale du Nord d’Abu-Kamal. L’Observatoire syrien des droits de l’homme a également signalé que le 1er janvier 2018, des affrontements ont eu lieu entre l’Etat islamique et les forces des FDS. Les affrontements ont eu lieu autour de la ville de Hajin, au Nord d’Abu-Kamal, sur la rive Est de l’Euphrate. Les deux côtés ont fait état de victimes (Observatoire syrien des droits de l’homme, 1er janvier 2018).
  • L’Observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé que plus de 40 membres de l’Etat islamique se sont rendus aux forces des FDS à l’Est de Deir ez-Zor (sur la rive Est de l’Euphrate). Les membres ont été transférés par des véhicules des FDS vers Al-Hasakah, dans le Nord-Est de la Syrie (Observatoire syrien des droits de l’homme, 1er janvier 2018).
Poursuite de la campagne de reprise d’Idlib
  • L’armée syrienne et ses partisans, avec l’appui de l’armée de l’air russe, continuent d’opérer dans la partie orientale de la Province d’Idlib, dans la zone rurale au Nord de Hama. Les forces syriennes auraient repris le contrôle du village d’Atshan ainsi que de quatre villages à environ 30 km au Nord de Hama (Sana, 30 décembre 2017). Dans le même temps, l’armée syrienne a tiré des tirs d’artillerie sur la banlieue de la ville de Jisr Al-Shughur, au Sud-Ouest d’Idlib, et la banlieue de la ville de Khan Shaykhun au Sud d’Idlib.
  • Le bureau d’information de l’armée syrienne a publié une vidéo montrant des positions et des tunnels du Siège de Libération d’Al-Sham tombés aux mains des forces syriennes dans les affrontements dans la zone d’Atshan. Les équipes de démineurs de l’armée syrienne œuvrent à neutraliser les charges d’explosifs et les mines laissées par les membres du Siège de Libération d’Al-Sham (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017).
Position utilisée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017)   Entrée d'une grotte utilisée par des membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans la région du village d'Atshan (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017).
Droite : Entrée d’une grotte utilisée par des membres du Siège de Libération d’Al-Sham durant leur séjour dans la région du village d’Atshan (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017).
Gauche : Position utilisée par des membres du Siège de Libération d’Al-Sham (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017)
Tank du Siège de Libération d'Al-Sham détruit pendant les affrontements autour d'Atshan et dans la zone rurale au Nord de Hama (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017)   Avant-poste qui a servi de siège aux membres du Siège de Libération d'Al-Sham durant leur séjour dans le secteur du village d'Atshan. Des matériaux de construction, y compris des blocs de béton ont été placés sur la partie supérieure de l'avant-poste probablement pour compliquer son identification sur des photos aériennes.
Droite : Avant-poste qui a servi de siège aux membres du Siège de Libération d’Al-Sham durant leur séjour dans le secteur du village d’Atshan. Des matériaux de construction, y compris des blocs de béton ont été placés sur la partie supérieure de l’avant-poste probablement pour compliquer son identification sur des photos aériennes. Gauche : Tank du Siège de Libération d’Al-Sham détruit pendant les affrontements autour d’Atshan et dans la zone rurale au Nord de Hama (Chaîne Youtube Sana, 30 décembre 2017)
Evacuation des rebelles de Beit Jinn – Etat des lieux
  • L’accord conclu entre les forces rebelles et l’armée syrienne pour l’évacuation des rebelles assiégés dans le secteur de Mazraat Beit Djinn a débuté cette semaine. L’accord stipulait que les membres du Siège de Libération d’Al-Sham seraient évacués vers le secteur d’Idlib, dans le Nord de la Syrie, tandis que les membres de l’Armée syrienne libre seraient évacués vers le secteur de Deraa (voir notre bulletin de la semaine dernière).
  • Le 29 décembre 2017, des bus et des ambulances du Croissant-Rouge sont partis pour Mazraat Beit Djinn afin de procéder à l’évacuation des activistes et des membres de leur famille vers la région d’Idlib au Nord de la Syrie (Porte-parole de l’armée syrienne, 29 décembre 2017). Avant de quitter Mazraat Beit Djinn, les membres du Siège de Libération d’Al-Sham ont détruit leur siège (Porte-parole de l’armée syrienne, 29 décembre 2017). Environ trois cents combattants, dont 120 membres du Siège de Libération d’Al-Sham et leurs familles, ont été transférés à Idlib. Un autre convoi, y compris des combattants résidents de Deraa et Kouneïtra, est parti pour Deraa (Enab Baladi, 29 décembre 2017).
  • Le 1er janvier 2018, la mise en œuvre de l’accord a été interrompue en raison d’un différend. Selon des sources syriennes, les membres armés ont refusé de remettre à l’armée syrienne plusieurs avant-postes sur les collines d’Al-Ahmar, où se trouve le tombeau du cheikh Abdallah (un lieu saint pour les Druzes qui domine Mazraat Beit Djinn). Toutefois, compte tenu du refus du régime syrien, les collines d’Al-Ahmar ont finalement été remises à l’armée syrienne, conformément à l’accord entre les deux parties (Butulat Al-Jaysh Al-Suri, blog affilié à l’armée syrienne, 2 janvier 2018). Le 2 janvier 2018, l’armée syrienne a repris les positions des collines d’Al-Ahmar précédemment occupées par le Siège de Libération d’Al-Sham et d’autres organisations rebelles (Sana, 2 janvier 2018). Selon nous, ces mesures permettront de reprendre la mise en œuvre de l’accord.
Principaux développements en Irak

Activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique et opérations antiterroristes des forces irakiennes

  • Au cours de la semaine écoulée, les forces de sécurité irakiennes ont mené des activités militaires contre les membres de l’Etat islamique. Ci-après les principaux incidents :
  • La province de Ninive :
    • Dix-sept membres auraient été tués dans la région de Tartu Sayf, au Sud de Mossoul. Cinq ont été tués par une force spéciale de la police irakienne. Certaines des membres de l’Etat islamique se sont retirés de la région, mais 12 ont été tués dans un bombardement d’hélicoptères américains, qui ont fourni un appui aérien (Al-Sumaria News, 30 décembre 2017).
    • Le 30 décembre 2017, Arshad Ahmad Saleh, commandant militaire de l’Etat islamique dans la province de Ninive, a été tué dans une opération de police (Agence de presse irakienne, 31 décembre 2017).
    • La province de Diyala :
    • L’armée irakienne a détruit un atelier de fabrication de voitures piégées et d’engins piégés à Hawi Al-‘Azeem, environ 77 km au Nord d’Aqouba. Des avions de l’armée de l’air irakienne ont fourni un soutien aérien (Al-Sumaria News, 30 décembre 2017). La force aérienne irakienne aurait détruit une grande cache d’explosifs et d’engins piégés appartenant à l’Etat islamique autour du bassin Al-Mita, environ 77 km au nord d’Aqouba (Agence de presse irakienne, 29 décembre 2017).
    • L’armée irakienne avec le soutien aérien de l’armée de l’air irakienne a opéré dans la zone de Hamreen, au Nord-Est de la province de Diyala. L’armée aurait détruit sept sites terroristes de l’Etat islamique, deux motos, des engins piégés et du matériel (Agence de presse irakienne, 29 décembre 2017).
    • Trois membres de l’Etat islamique, y compris un haut commandant, ont été tués dans le bombardement d’un avion irakien contre une cible terroriste à Wadi al-Thullab, dans le Nord-Est de la province de Diyala (Agence de presse irakienne, 29 décembre 2017).
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
La péninsule du Sinaï
  • Huit membres des forces de sécurité ont été tués dans deux attaques terroristes de l’Etat islamique dans la zone d’Al-Arish. Le gouverneur militaire de Bir Al-Abed, un officier avec le grade de colonel, un autre officier avec le grade de lieutenant-colonel, et cinq autres soldats égyptiens ont été tués lorsqu’un engin explosif a été activé sur la route entre Al-Arish et Bir Al-Abed (Al-Watan, 28 décembre 2017). La Province du Sinaï de l’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque (Akhbar Al-Muslimeen, 29 décembre 2017). Les forces de sécurité égyptiennes ont arrêté plusieurs suspects et fermé les entrées d’Al-Arish (Al-Watan, 30 décembre 2017).
Armes saisies par l'Etat islamique, y compris des téléphones cellulaires et des cartes d'identité des soldats (Akhbar Al-Muslimeen, 30 décembre 2017)   Des membres de l'Etat islamique tirent sur les soldats qui ont survécu à l'explosion de l'engin piégé.
Droite : Des membres de l’Etat islamique tirent sur les soldats qui ont survécu à l’explosion de l’engin piégé.
Gauche : Armes saisies par l’Etat islamique, y compris des téléphones cellulaires et des cartes d’identité des soldats (Akhbar Al-Muslimeen, 30 décembre 2017)
L’Egypte
  • Le 29 décembre 2017, une fusillade a été effectuée à proximité de l’église copte de Helwan au Sud du Caire. Selon les médias égyptiens, un terroriste roulant à moto a tenté de pénétrer dans l’église de Mar Mina Helwan. Il a rencontré les forces de sécurité. Il a ouvert le feu sur des soldats et des civils ainsi qu’en direction d’une boutique tenue par des Chrétiens. Le terroriste a été tué dans l’échange de tirs. Un autre s’est enfui et a été arrêté. Une arme automatique et un engin piégé ont été trouvés en sa possession (Site Internet du centre d’information du ministère égyptien de l’Intérieur, 29 décembre 2017).
  • D’après le porte-parole du ministère de la Santé, 10 personnes ont été tuées dans l’attaque, y compris un policier. Cinq personnes ont été blessées. Selon certains rapports, deux terroristes ont pris part à l’attaque, et l’un d’eux a été tué par les forces de sécurité égyptiennes (Al-Sabea Al-Youm, 29 décembre 2017). Le secteur de l’église était protégé dans le cadre de l’état d’alerte élevé déclaré par les forces de sécurité égyptiennes pendant les fêtes chrétiennes.
  • La Province de l’Egypte de l’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attentat contre l’église. Selon la déclaration de l’Etat islamique, une unité de soldats du califat a attaqué un groupe d’Égyptiens dans une église à Helwan, tuant dix chrétiens et des policiers. Un membre de l’Etat islamique a également été tué (Akhbar al-Muslimeen, 30 décembre 2017). L’organisation a publié une vidéo montrant l’un des auteurs de l’attaque lisant son testament. L’individu, qui a prêté allégeance au chef de l’Etat islamique Abu Bakr al-Baghdadi, s’adressait aux membres de l’organisation dans le Sinaï afin de les encourager (Akhbar Al-Muslimeen, 30 décembre 2017).

Un des terroristes lit son testament avant de partir pour l'attaque (Akhbar Al-Muslimeen, 30 décembre 2017)
Un des terroristes lit son testament avant de partir pour
l’attaque (Akhbar Al-Muslimeen, 30 décembre 2017)

Résumé du terrorisme en Egypte en 2017
  • Selon les données publiées par l‘Institut Tahrir de politique au Moyen-Orient à Washington, pendant les onze premiers mois de 2017, il y a eu une diminution du nombre d’attaques terroristes menées en Égypte. Un total de 332 attaques terroristes ont été effectuées, contre 807 attaques en 2016. Cependant, les attaques ont été des attaques de qualité, et donc il y a eu une augmentation significative du nombre de civils tués. Cependant, la plupart des attaques terroristes sont toujours menées contre les forces de sécurité (Al-Masry al Youm, 1er janvier 2018).
  • Khaled Okacha, directeur du Centre national d’études de sécurité et membre du Conseil national de lutte contre le terrorisme en Egypte, a déclaré dans une interview qu’au cours de 2017, il y a eu une diminution du nombre d’attaques. Pourtant, il a souligné plusieurs caractéristiques nouvelles des attentats au cours de cette année, y compris une augmentation de la qualité des attaques ; plusieurs attaques ont été dirigées contre la population civile ; il y avait moins d’attaques contre des institutions gouvernementales et plus contre les lieux de culte. Okacha Khaled a prédit que 2018 verra une augmentation de la portée des attaques, principalement en raison de la perspective d’un retour des terroristes venant de Syrie et d’Irak. Il a précisé s’inquiéter de situation sécuritaire en Libye et des tentatives d’infiltration de terroristes en Égypte à partir de la Libye par la frontière Ouest (Al-Masry Al-Youm, 1er janvier 2018).
  • L’hebdomadaire Al-Nabde de l’Etat islamique (numéro 112, page 2) a publié une infographie résumant l’activité de la Province du Sinaï de l’organisation entre le 21 septembre 2017 et le 18 décembre 2017. Selon l’infographie, au cours de cette période, l’organisation a effectué plus de 47 attaques terroristes, tuant et blessant 186 personnes. Ces attaques ont inclus l’explosion de 18 engins piégés, neufs tirs de snipers, sept assassinats, et cinq attaques suicide (Akhbar al-Muslimeen et site Internet de partage de fichiers, 29 décembre 2017). Les attaques terroristes énumérées n’incluent pas l’attaque de masse perpétrée le 24 novembre 2017, dans la mosquée soufie d’Al-Rawdah dans le Nord du Sinaï, où 309 personnes ont été tuées (L’Etat islamique, qui a effectué l’attaque, n’en a pas revendiqué la responsabilité. [1]
Activités de l’Etat islamique dans d’autres pays
Afghanistan : Attentat suicide à Kaboul
  • Le 28 décembre 2017, un attentat suicide a été effectué à Kaboul, la capitale de l’Afghanistan. Un terroristes suicide s’est fait exploser dans un bâtiment où le centre culturel chiite Tabyan et une agence de presse afghane sont situés. Le centre est situé dans un quartier habité principalement par des chiites. Plus de 40 personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, et plus de 84 ont été blessés. Dans la première phase de l’attaque, un terroriste s’est fait exploser parmi un groupe d’élèves durant une conférence au centre culturel. Puis une bombe a explosé entre les membres des services d’urgence qui sont arrivés sur les lieux pour traiter les victimes de la première explosion (Afghanistan Times, 28 décembre 2017, Washington Post, 28 décembre 2017).
  • L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. La Province de Khorasan de l’Etat islamique a publié une déclaration disant que le centre culturel chiite était soutenu par l’Iran. Selon la déclaration, le site était un important centre de recrutement pour la brigade Fatemiyoun, qui est composée de chiites afghans dirigés par l’Iran dans la campagne contre l’Etat islamique en Syrie.
Russie : Explosion d’un engin piégé improvisé dans un supermarché de Saint Pétersbourg
  • Le 27 décembre 2017, un engin piégé improvisé (d’un poids estimé à environ 200 grammes de TNT) a explosé dans un supermarché situé dans un grand centre commercial de Saint-Pétersbourg. Un total de 18 personnes ont été blessées dans l’explosion, dont huit sont encore hospitalisées (RT, 28 décembre 2017 ; compte Twitter du vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg Anna Mityanina, 30 décembre 2017 ; site Internet de la Commission d’enquête de Russie, 27 décembre 2017 ; site Internet de la Commission de lutte contre le terrorisme national russe, 27 décembre 2017). Le Président russe Vladimir Poutine et le Comité d’enquête de Russie ont décrit l’incident comme une « attaque terroriste » (Site Internet du Kremlin, 28 décembre, 2017 ; site Internet de l’unité d’investigation de Russie, 31 décembre 2017).
  • Deux jours après l’explosion, l’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque. Selon une déclaration publiée par l’organisation, ses membres ont déposé des explosifs dans un centre commercial de la ville, et au moins 14 blessés ont été signalés (Aamaq, 30 décembre 2017). Deux semaines plus tôt, le 15 décembre 2017, le Service fédéral russe de sécurité (FSB), agissant sur les informations des services de renseignements américains, avait déjoué un attentat suicide planifié par les partisans de l’Etat islamique dans une église à Saint-Pétersbourg.
  • Le 30 décembre 2017, le Service fédéral russe de sécurité a arrêté Dmitry Loukyanenko sur suspicion d’exécution de l’attaque (Site Internet du service fédéral russe de sécurité, 30 décembre 2017). Son interrogatoire a révélé qu’il avait fabriqué l’engin et l’avait déposé sur les lieux de l’explosion. Selon les autorités russes, le suspect a des problèmes psychiatriques et a été traité à l’hôpital psychiatrique depuis l’âge de 19 ans (Site Internet de l’unité d’investigation de la Russie ; agence de presse TASS, 31 décembre 2017).
Iran : Explosion d’un oléoduc dans la province de Khuzestan
  • Le 28 décembre 2017, une organisation islamiste-salafiste appelée Ansar Al-Furqan, opérant dans le Sud-Est de l’Iran, fait exploser un oléoduc près de la ville d’Omidiyeh dans la province du Khuzestan (un secteur dans le Sud-Ouest de l’Iran, dont la plupart des résidents sont des Arabes musulmans sunnites). L’organisation a publié une vidéo revendiquant la responsabilité de l’attentat qui, selon elle, a été réalisé en collaboration avec la Brigade des martyrs d’Ahvaz (Ahvaz est une ville dans le Khuzestan située au Nord-Ouest d’Omidiyeh). Selon la revendication de responsabilité en arabe, le pipeline a été dynamité afin de « causer des dommages à l’occupant iranien. »
  • Ansar al-Furqan, [2]désignée par les Iraniens comme une organisation terroriste, est une organisation islamiste-salafiste de résidents de la province du Baloutchistan en Iran (sunnites), créée en 2013. L’organisation exerce ses activités contre le régime iranien dans la province de Sistan-Baluchistan dans le Sud-Est de l’Iran, près de la frontière avec le Pakistan. L’explosion de l’oléoduc dans le Khuzestan est une opération inhabituelle par Ansar al-Furqan, qui opère généralement au Baloutchistan.
Activités de contreterrorisme
Turquie : Arrestation de membres de l’Etat islamique
  • Dans une vaste opération menée par les forces de sécurité turques contre les membres de l’Etat islamique à la veille du Nouvel An, 29 individus ont été arrêtés à Ankara et 38 dans la région de Bursa (Nord-Ouest de la Turquie). Certaines des personnes arrêtées sont syriennes. Il se pourrait que certaines des personnes arrêtées aient prévu de mener des attaques au cours des célébrations du nouvel an (The Washington Post, 29 décembre 2017). À Istanbul, la police turque a arrêté plus de 20 personnes, dont 15 étrangers, sur présomption d’appartenance à l’Etat islamique (Agence de presse Anatolia, 31 décembre 2017).
  • Il y a un an, le 1er janvier 2017, une attaque a été réalisée à la Discothèque Reina, au cœur d’Istanbul. Un terroriste a ouvert le feu et tué un policier et un civil à l’entrée du club. Il est ensuite entré dans le club, où environ 600 personnes faisaient la fête, et a ouvert le feu dans toutes les directions. 39 personnes ont été tuées, principalement des ressortissants étrangers, et 40 ont été blessées.
Résolution du Conseil de sécurité de l’ONU au sujet de la lutte contre la menace des terroristes étrangers de retour dans leur pays
  • Le 21 décembre 2017, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté la Résolution 2396, qui a pour but d’aider à contrer la menace des combattants étrangers de retour dans leurs pays d’origine, en particulier ceux de retour de la guerre en Irak et en Syrie. En référence à la précédente résolution 2178 du Conseil de sécurité, qui a été adopté en 2014 et qui oblige tous les pays à traiter toute activité des combattants étrangers comme une activité criminelle, le Conseil de sécurité a ordonné à ses États membres de prendre des mesures supplémentaires. La résolution exige que tous les États membres des Nations Unies maintiennent une base de données des passagers. Elle exige également de recueillir des renseignements biométriques et de dresser des listes de terroristes connus et présumés, y compris des combattants étrangers. La résolution demande également aux États membres des Nations Unies de partager l’information et d’améliorer les mesures qu’ils utilisent pour empêcher les terroristes de se déplacer (Site Internet de l’ONU, 21 décembre 2017).
Campagne d’incitation de l’Etat islamique à mener des attaques dans le monde entier
Incitation à commettre des attaques aux Etats-Unis
  • Le 28 décembre 2017, l’Etat islamique a publié la vidéo de l’un de ses membres appelé Abu Saleh Al-Amriki [cf., l’Américain]. Dans la vidéo, Abu Saleh déclare que le drapeau de l’organisation sera hissé sur la Maison Blanche, notant que les États-Unis sont plus vulnérables aujourd’hui à l’ère du président Trump, qui lutte contre les musulmans. Il se termine par un appel aux musulmans aux Etats-Unis à attaquer les Américains avec des couteaux et des armes à feu, tirant parti de leur disponibilité aux États-Unis (Akhbar al-Muslimeen, 28 décembre 2017).
Abu Saleh et le dessin d'un couteau ensanglanté avec l'inscription "l'arme de choix" (Akhbar al-Muslimeen, 28 décembre 2017)   Abu Saleh et le dessin d'une carabine avec l'inscription "l'arme de choix."
Droite : Abu Saleh et le dessin d’une carabine avec l’inscription « l’arme de choix. »
Gauche : Abu Saleh et le dessin d’un couteau ensanglanté avec l’inscription « l’arme de choix » (Akhbar al-Muslimeen, 28 décembre 2017)
Menaces contre les « infidèles » dans divers pays, notamment les juifs
  • Le 31 décembre 2017, le Centre des médias Al-Hayat de l’Etat islamique a publié une vidéo en trois langues – arabe, anglais et français – intitulée « O, les infidèles du monde. » Dans la vidéo, l’organisation menace, entre autres, de mener des attaques contre les juifs. La vidéo débute avec un discours du porte-parole de l’organisation Abu Mohammad al-Adnani, qui dit : « Ô juifs, O croisés infidèles, [cf., dissidents chiites] O vous qui avez renoncé à l’Islam, O ennemis d’Allah, vous mourrez dans votre colère ! » Des photos de décapitations apparaissent en arrière-plan. Plus tard, un morceau est joué sur fond de photos d’attaques terroristes à travers le monde, y compris une photo de juifs ultra-orthodoxes. La dernière image précise : « La guerre entre nous et vous est pour l’éternité » (Al-Sawarim, 31 décembre 2017).

La diapositive se référant à la vidéo : Trump, Netanyahu, Poutine, Macron et Bachar El Assad avec l'inscription "O, les infidèles du monde" (Al-Sawarim, 31 décembre 2017)
La diapositive se référant à la vidéo : Trump, Netanyahu, Poutine, Macron et Bachar El Assad avec l’inscription « O, les infidèles du monde » (Al-Sawarim, 31 décembre 2017)

La dernière diapositive : "La guerre entre nous et vous est pour l'éternité" (Al-Sawarim, 31 décembre 2017)   Juifs ultra-orthodoxes.
Droite : Juifs ultra-orthodoxes. Gauche : La dernière diapositive : « La guerre entre nous et vous est pour l’éternité » (Al-Sawarim, 31 décembre 2017)

[1] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 30 novembre 2017 intitulé "Mass-Killing Attack at a Sufi Mosque in the Sinai Peninsula: Overview and Assessment", à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/en/mass-killing-attack-sufi-mosque-sinai-peninsula-overview-assessment/
[2] Le nom Ansar Al-Furqan signifie les "partisans du Coran". En arabe, Al-Furqan est un nom du Coran, ainsi qu'une distinction entre la vérité et le mensonge.