Pleins feux sur le jihad mondial (26 octobre – 1er novembre 2017)

Le ministre russe de la Défense (deuxième à droite) aux côtés des ministres de la Défense participant à la conférence aux Philippines (Compte Twitter du ministère russe de la Défense, 24 octobre 2017)

Le ministre russe de la Défense (deuxième à droite) aux côtés des ministres de la Défense participant à la conférence aux Philippines (Compte Twitter du ministère russe de la Défense, 24 octobre 2017)

Le terroriste suicide de l'Etat islamique Abd al-Wahhab al-Turkestani avant l'attaque.

Le terroriste suicide de l'Etat islamique Abd al-Wahhab al-Turkestani avant l'attaque.

Trousse de secours trouvée dans un véhicule du Siège de Libération d'Al-Sham touché par des tirs de l'armée syrienne dans la zone rurale au Nord-Est de Hama. Le kit porte le logo de la Ummah Welfare Trust et de l'organisation IHH (Source : Bureau du porte-parole de l'armée syrienne ; la photo a été publiée sur le compte Twitter du porte-parole militaire du Hezbollah, 29 octobre 2017)

Trousse de secours trouvée dans un véhicule du Siège de Libération d'Al-Sham touché par des tirs de l'armée syrienne dans la zone rurale au Nord-Est de Hama. Le kit porte le logo de la Ummah Welfare Trust et de l'organisation IHH (Source : Bureau du porte-parole de l'armée syrienne ; la photo a été publiée sur le compte Twitter du porte-parole militaire du Hezbollah, 29 octobre 2017)

La camionnette utilisée pour effectuer l'attaque. L'avant du véhicule est en partie détruit après la collision avec le bus (Gulf Eyes, 1er novembre 2017)

La camionnette utilisée pour effectuer l'attaque. L'avant du véhicule est en partie détruit après la collision avec le bus (Gulf Eyes, 1er novembre 2017)

Sayfullo Saïpov, l'homme soupçonné de l'attaque de Manhattan (Twitter, 1er novembre 2017)

Sayfullo Saïpov, l'homme soupçonné de l'attaque de Manhattan (Twitter, 1er novembre 2017)

Principaux événements de la semaine
  • A New York (Manhattan), une attaque à la voiture bélier a été réalisée sur une piste cyclable, au moyen d'une camionnette de location. Huit personnes ont été tuées et 11 autres ont été blessées. Selon les premiers rapports, l'auteur de l'attaque était un immigrant ouzbek âgé de 29 ans. Les forces de sécurité qui enquêtent sur l'incident auraient trouvé une note manuscrite dans le camion, promettant allégeance au chef de l'Etat islamique. À ce stade, aucune revendication de responsabilité de l'attaque n'a été publiée par l'Etat islamique.
  • En Syrie et en Irak, les forces syriennes et irakiennes progressent dans la vallée de l'Euphrate afin de reprendre les derniers "grands domaines" le long de l'Euphrate encore sous contrôle de l'Etat islamique, la zone entre Rawa et Al-Qaim (Irak) et Abu Kamal (Syrie). Cette semaine, l'armée irakienne et les milices chiites affiliées à l'Iran (la Mobilisation populaire) ont lancé une opération de reprise de Rawa et d'Al-Qaim. Selon des rapports basés sur des sources arabes et irakiennes, des membres de l'Etat islamique fuiraient le quartier d'Al-Qaim vers la zone d'Abu Kamal en Syrie. L'avancée des forces syriennes à Abu Kamal s'est heurtée à la résistance des membres de l'Etat islamique.
  • Avec l'effondrement de l'État islamique et la reprise des principales places fortes de l'organisation, la question du retour des combattants étrangers dans leur pays d'origine est à l'ordre du jour. Un institut de recherche américain (le Groupe Soufan) a signalé que 5 600 combattants de l'Etat islamique sont déjà retournés dans leur pays d'origine. En outre, plusieurs milliers de combattants étrangers qui ont fui les zones de combat sont maintenant près de la frontière syrienne avec la Turquie, la Jordanie et l'Irak, en attente d'une opportunité de quitter le pays et de revenir dans leur pays d'origine.
  • Selon nous, le retour des combattants étrangers dans leur pays d'origine devrait poser un grave problème de sécurité, étant donné qu'il s'agit d'habiles combattants qui ont acquis une vaste expérience militaire et ont absorbé l'idéologie salafiste jihadiste en luttant dans les rangs de l'Etat islamique. Ces membres sont susceptibles de rejoindre les réseaux jihadistes salafistes dans leur pays d'origine et de devenir un élément favorisant la radicalisation islamique et le terrorisme, même après l'effondrement de l'État islamique. Un autre problème est que certains des combattants étrangers sont susceptibles de retourner dans leur pays avec leurs femmes et enfants et de créer une infrastructure pour une nouvelle génération de partisans de l'Etat islamique.
L'implication de la Russie en Syrie
  • A l'occasion de la quatrième réunion des ministres de la Défense des pays du Sud-Est de l'Asie, qui s'est tenue aux Philippines, le ministre russe de la Défense Sergueï Shoygu a énuméré les réalisations de la lutte contre l'Etat islamique et de la réhabilitation de la vie en Syrie, rendues possibles selon lui grâce à la participation de la Russie dans le pays. Ci-après les principaux sujets abordés (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 24 octobre 2017) :
    • La libération des territoires de l'Etat islamique : Selon lui, l'Etat islamique contrôle maintenant moins de 5 % du territoire de la Syrie. Avant le début de l'ingérence russe, l'organisation contrôlait plus de 70 % du territoire du pays. Au total, 998 villes et communes ont été libérées, soit une superficie totale de 503 223 kilomètres carrés. Les frappes aériennes russes ont détruit 948 camps d'entraînement, 666 usines et ateliers de fabrication de munitions, et 1 500 unités d'équipement militaire. En outre, la plupart des membres de l'Etat islamique ont été tués.
    • Perturbations des sources de revenus de l'Etat islamique : Jusqu'en 2015 (avant le début de l'implication russe), l'organisation gagnait environ 3 milliards de dollars par an des revenus du pétrole, parfois même 10 millions de dollars par jour. En raison des combats, ces sources de revenus sont devenues pratiquement inutilisables. Par ailleurs, plus de 200 sites de production de pétrole et de gaz, 184 raffineries, 126 stations d'essence et environ 4 000 camions citernes ont été détruits.
Identité et nombre de victimes russes en Syrie
  • Le 27 octobre 2017, Reuters a publié le certificat de décès d'un citoyen russe nommé Sergei Poddubniy, qui a été publié le 4 octobre 2017 par le Consulat russe de Damas. Le nombre officiel de soldats russes tués en Syrie est de 16. Cependant, selon l'article, le numéro de série du certificat de décès de Serge Poddubniy était 131, la procédure consistant à débuter de 1 au début de chaque année et à émettre des certificats avec des numéros consécutifs. Cela indique que le nombre de morts russes en Syrie est plus élevé que celui mentionné dans les rapports officiels.
  • Selon le certificat de décès de Poddubniy, il a été brûlé à mort dans la province de Homs. Des entrevues avec des parents de citoyens russes tués en Syrie indiquent que certains d'entre eux se trouvaient en Syrie en tant qu'employés de sociétés contractantes travaillant pour l'armée russe. Le ministère de la Défense et le Consulat Russe de Damas n'ont pas fait de commentaires sur le rapport. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a publié une déclaration indiquant que la Russie n'a pas d'information sur les citoyens russes se rendant en Syrie (Reuters, 27 octobre 2017).
  • En plus des soldats russes opérant en Syrie, des citoyens russes sont envoyés en Syrie pour travailler pour les entreprises contractantes. Certains d'entre eux sont d'anciens membres des forces de sécurité russes. Le fondateur du Centre Conflict Intelligence Investigation Group, un groupe de chercheurs indépendants russes, a qualifié ces civils de mercenaires. Selon lui, le ministère russe de la Défense les envoie dans de dangereuses zones de combat en Syrie afin d'éviter des pertes "officielles" parmi les soldats russes, offrant ainsi l'image d'une campagne réussie. Le ministère russe de la Défense publie rarement les annonces officielles de décès parmi ces civils, niant tout lien avec ces personnes, mais des organisations indépendantes parviennent à collecter des informations à leur sujet dans les médias sociaux et les sites d'informations locales (Daily Mail, 6 octobre 2017 ; site Internet de l'IRS, 16 octobre 2017 ; Open Russia, 16 octobre 2017 ; The Moscow Times, 22 mars 2017 ; Russia Beyond, 31 août 2016).
Principaux développements en Syrie
Le secteur de Deir ez-Zor-al-Mayadeen
  • Au Sud d'Al-Mayadeen, des combats ont été signalés entre des membres de l'Etat islamique et les forces syriennes avançant vers Abu Kamal. Dans la région entre Deir Ez Zor et Al-Mayadeen, les forces syriennes ont continué à nettoyer la région de la présence de membres de l'Etat islamique, tout en subissant de nombreuses pertes. Les troupes syriennes ont repris d'autres quartiers de Deir ez-Zor, dans l'objectif d'achever sa reprise.
  • Les forces syriennes dirigées par Suheil Hassan ont repris des avant-postes de l'Etat islamique dans le secteur de Huwaijat Saqr (environ 2 km au Sud-Est de Deir ez-Zor). L'organisation aurait subi de nombreuses pertes, et ses avant-postes ont été détruits par l'armée syrienne (Télévision syrienne, 26 octobre 2017). Le long de l'Euphrate, les troupes syriennes sont arrivées à la ville de Mahkan, à environ 4 km au Sud d'Al-Mayadeen. Des affrontements ont eu lieu avec les membres de l'Etat islamique. Les troupes syriennes ont également repris plusieurs quartiers dans le Sud-Ouest et le Sud-Est de Deir Ez-zor (Bureau du porte-parole de l'armée syrienne, 26 octobre 2017).
  • L'armée syrienne avec le soutien de la Russie a neutralisé des mines et des engins explosifs artisanaux dans la ville de Deir Ez-zor (Télévision syrienne, 29 octobre 2017). Selon un rapport russe, dans la ville et sa banlieue, près de 1 hectare, 6 km de routes, et 35 bâtiments ont été évacués. Un total de 963 engins piégés ont été découverts et détruits (Tass, Spoutnik, 28 octobre 2017).
La réponse de l'Etat islamique
  • Au cours du ratissage de la région de Deir ez-Zor, les troupes syriennes ont subi de nombreuses pertes, dont Issam Zaher al-Din, commandant de la 104ème Brigade. Des dizaines de soldats de l'armée syrienne ont été tués et blessés à Huwaijat Saqr, au Sud-Est de Deir ez-Zor, dans les confrontations et à la suite de l'explosion d'une voiture piégée par un terroriste suicide (Khotwa, 26 octobre 2017). L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Dans son annonce, l'organisation a déclaré qu'un terroriste suicide appelé Abd al-Wahhab al-Turkestani a fait exploser un véhicule au centre de la zone de rassemblement de l'armée syrienne dans la région de Deir Ez-zor (Haqq, 28 octobre 2017).
  • Le 30 octobre 2017, l'Etat islamique a signalé qu'un dépôt de munitions de l'armée syrienne situé dans le stade de Deir Ez-zor a été complètement détruit par deux bombes larguées d'un drone. Une vidéo diffusée par l'organisation montre que les bombes ont bien été larguées d'un drone (Haqq ; site Internet de partage de fichiers). Apparemment, c'est la plus importante réalisation de l'organisation impliquant un drone.
 Attaque sur le stade municipal de Deir ez-Zor, qui servait de dépôt de munitions de l'armée syrienne (Haqq ; site Internet de partage de fichiers, 30 octobre 2017)   Attaque sur le stade municipal de Deir ez-Zor, qui servait de dépôt de munitions de l'armée syrienne (Haqq ; site Internet de partage de fichiers, 30 octobre 2017)
Attaque sur le stade municipal de Deir ez-Zor, qui servait de dépôt de munitions de l'armée syrienne (Haqq ; site Internet de partage de fichiers, 30 octobre 2017)
Avancée des forces des FDS sur la rive orientale de l'Euphrate
  • Dans le même temps, les FDS ont poursuivi leur avancée sur la rive Est de l'Euphrate. Les forces ont subi de nombreuses pertes. Selon un communiqué de l'Etat islamique, un total de 32 combattants des FDS ont été tués et 13 véhicules ont été détruits par deux voitures piégées dans le secteur du champ de pétrole de Jafra, à 24 km à l'Est de Deir Ez-zor (Al-Sawarim, 28 octobre 2017). L'organisation a également signalé que, dans la région du village de Jadid Akidat sur la route à l'Est de l'Euphrate, neuf combattants des FDS ont été tués dans des affrontements avec les membres de l'Etat islamique (Al-Sawarim, 28 octobre 2017). Les forces des FDS ont réussi à reprendre le champ de pétrole d'Omar au Nord d'Al-Mayadeen, mais l'Etat islamique l'a de nouveau reconquis.
Membres de l'Etat islamique attaquant les forces des FDS au champ de pétrole d'Omar avec un canon anti-aérien (Haqq, 30 octobre 2017)    Membres de l'Etat islamique se préparant à attaquer les forces des FDS au champ de pétrole d'Omar, au Nord-Est de Deir ez-Zor.
Droite : Membres de l'Etat islamique se préparant à attaquer les forces des FDS au champ de pétrole d'Omar, au Nord-Est de Deir ez-Zor. Gauche : Membres de l'Etat islamique attaquant les forces des FDS au champ de pétrole d'Omar avec un canon anti-aérien (Haqq, 30 octobre 2017)
Avancée des forces syriennes vers Abu Kamal
  • Les forces syriennes ont poursuivi leur avancée vers la ville d'Abu Kamal, le dernier bastion de l'Etat islamique en Syrie. Parmi les assaillants se trouvent également le Hezbollah et des membres de la brigade iranienne des Fatemiyoun, qui est principalement composée de soldats afghans (Tasnim, 29 octobre 2017). L'Observatoire syrien des droits de l'homme a annoncé que depuis le 23 octobre 2017, date du début de la campagne de reprise d'Abu Kamal, un total de 98 soldats de l'armée syrienne et des forces d'appui ont été tués. 124 membres de l'Etat islamique ont été tués (Observatoire syrien des droits de l'homme, 31 octobre 2017).
  • Le 31 octobre 2017, le sous-marin russe Veliki Novgorod a lancé trois missiles de croisière Kalibr sur des cibles de l'Etat islamique dans la zone de la ville d'Abu Kamal, visant des centres de commandement de l'Etat islamique, des fortifications, des véhicules blindés et des dépôts d'armes (Agence de presse Sana, ministère russe de la Défense, 31 octobre 2017).

Tir d'un missile de croisière Kalibr à partir d'un sous-marin russe (SANA, 31 octobre 2017)
Tir d'un missile de croisière Kalibr à partir d'un sous-marin russe (SANA, 31 octobre 2017)

Activité de l'armée syrienne contre le Siège de Libération d'Al-Sham au Nord-Est de Hama
  • Le 26 octobre 2017, l'armée syrienne a lancé une attaque contre des avant-postes du Siège de Libération d'Al-Sham dans la zone rurale au Nord-Est de Hama. L'armée syrienne a avancé d'environ 15 km et a repris trois villages et plusieurs avant-postes. Selon les médias syriens, le Siège de Libération d'Al-Sham a annoncé la mort de trois hauts responsables (Butulat Al-Suri Al-Jaysh, site Internet affilié à l'armée syrienne, 28 octobre 2017).
 Véhicule du Siège de Libération d'Al-Sham visé par des tirs de l'armée syrienne (Compte Twitter du porte-parole militaire du Hezbollah, 29 octobre 2017)   Soldats de l'armée syrienne agitant des drapeaux syriens dans l'un des villages (apparemment, Al-Shahatiya) repris au Siège de Libération d'Al-Sham (NBN, 25 octobre 2017).
Droite : Soldats de l'armée syrienne agitant des drapeaux syriens dans l'un des villages (apparemment, Al-Shahatiya) repris au Siège de Libération d'Al-Sham (NBN, 25 octobre 2017). Gauche : Véhicule du Siège de Libération d'Al-Sham visé par des tirs de l'armée syrienne (Compte Twitter du porte-parole militaire du Hezbollah, 29 octobre 2017)
  • Des sources syriennes officielles ont publié la photo d'une trousse de secours trouvée dans un véhicule du Siège de Libération d'Al-Sham (dirigé par l'ancien Front Al-Nusra), touché par des tirs de l'armée syrienne dans les batailles dans la zone rurale au Nord-Est de Hama. Il y a deux logos sur le kit, proches l'un de l'autre : l'un (en haut) est celui de l'Ummah Welfare Trust, basée en Grande-Bretagne, et l'autre (en bas) est celui de l'IHH, une organisation turque à l'idéologie islamique radicale (qui a organisé la flottille du Mavi Marmara). Selon le site Internet de l'Ummah Welfare Trust, depuis 2012, l'organisation a versé près de 30 millions de GBP aux résidents syriens. Il est difficile de savoir comment ces trousses de secours se sont retrouvées aux mains de membres du Siège de Libération d'Al-Sham.
Principaux développements en Irak
La Province d'Al-Anbar
  • Le 26 octobre 2017, le Premier ministre irakien Haidar al-Abadi a annoncé le début de la campagne de reprise des villes de Rawa et d'Al-Qaim, complétant ainsi la reprise des derniers bastions de l'Etat islamique en Irak (Compte Twitter d'Al-Jaysh Al-Arabi Al-Watani). Une force irakienne a commencé à progresser vers ces villes. Selon des sources irakiennes, des membres de l'Etat islamique ont fui le secteur d'Al-Qaim vers Abu Kamal, du côté syrien de la frontière. Les membres de l'Etat islamique ont signalé qu'ils avaient fait exploser des voitures piégées sur la route menant d'Al-Rutba à Al-Qaim. Avant l'attaque, une réunion a eu lieu entre les représentants de l'armée irakienne et de l'armée syrienne pour la coordination en matière de sécurité
  •  Les forces de la Mobilisation populaire (affiliées aux milices chiites iraniennes) ont indiqué avoir fini leur mission sur la route Akashat-Al-Qaim après avoir repris un segment de 43 km et nettoyé une zone de 301 kilomètres carrés dans la région (Compte Twitter de l'agence de presse de la Mobilisation populaire, 27 octobre 2017). Les forces ont également commencé à mettre en place des berges le long de la frontière entre l'Irak et la Syrie pour empêcher l'infiltration de membres de l'Etat islamique en Irak (Agence de presse irakienne, 29 octobre 2017).

Force blindée de la Mobilisation populaire au cours de la reprise d'un segment de la route Akashat-Al-Qaim (Compte Twitter de l'agence de presse de la Mobilisation populaire, 27 octobre 2017)

Machines lourdes à la frontière entre l'Irak et la Syrie durant des travaux visant à empêcher l'infiltration de membres de l'Etat islamique de Syrie vers l'Irak (Agence de presse irakienne, 29 octobre 2017)    Machines lourdes à la frontière entre l'Irak et la Syrie durant des travaux visant à empêcher l'infiltration de membres de l'Etat islamique de Syrie vers l'Irak (Agence de presse irakienne, 29 octobre 2017)
Machines lourdes à la frontière entre l'Irak et la Syrie durant des travaux visant à empêcher l'infiltration de membres de l'Etat islamique de Syrie vers l'Irak (Agence de presse irakienne, 29 octobre 2017)
La riposte de l'Etat islamique
  • Des membres de l'Etat islamique ont fait état de tentatives de porter atteinte aux forces irakiennes avançant vers Al-Qaim. Le 26 octobre 2017, l'organisation a indiqué que les forces de l'armée irakienne ont été durement touchées lorsque deux voitures piégées ont explosé sur la route entre Al-Rutba et Al-Qaim, près de la frontière entre l'Irak et la Syrie (Haqq, 26 octobre 2017). Le 27 octobre 2017, l'organisation a annoncé avoir détruit des appareils lourds de l'armée irakienne dans le secteur d'Al-Jibab, à environ 37 km à l'Est d'Al-Qaim (Al-Sawarim, 27 octobre 2017).
  • Le 29 octobre 2017, les Irakiens ont déclaré que des membres de l'Etat islamique fuyaient le secteur d'Al-Qaim vers la zone d'Abu Kamal en Syrie, après que la plupart de leurs commandants ont été tués ou ont fui, et peut-être également en raison des frappes de l'armée de l'air irakienne et de la coalition internationale. L'un des commandants tués est Raed al-Atouri, responsable militaire de l'Etat islamique pour la province d'Al-Qaim, éliminé avec six de ses hommes dans une frappe aérienne (Al-Hayat, 29 octobre 2017). L'Etat islamique aurait utilisé des haut-parleurs dans les mosquées d'Al-Qaim pour appeler ses partisans à ne pas fuir. Il a menacé que toute personne prenant la fuite serait considérée comme un traître ayant rompu la promesse (à Abu Bakr al-Baghdadi) et serait sévèrement punie (Al-Sumaria News, 29 octobre 2017).
  • Des avions de l'armée de l'air irakienne ont distribué des tracts tout au long de la partie Ouest de la province d'Al-Anbar, indiquant que l'armée irakienne avance en vue de la libération d'Al-Qaim et de Rawa. Dans les tracts, les membres de l'Etat islamique ont été appelés à cesser les combats et à rendre leurs armes (Al-Sumaria News, 29 octobre 2017).

Libellé des tracts distribués par l'armée de l'air irakienne tout au long de la partie Ouest de la province d'Al-Anbar (Al-Sumaria News, 29 octobre 2017)
Libellé des tracts distribués par l'armée de l'air irakienne tout au long de la partie Ouest de la province d'Al-Anbar (Al-Sumaria News, 29 octobre 2017)

Activités de l'Etat islamique dans d'autres régions
  • En parallèle à la campagne de reprise d'Al-Qaim, des membres de l'Etat islamique ont continué à signaler des actes de terrorisme et de guérilla menés dans différents secteurs d'Irak, même si moins intensivement cette semaine :
  • La province de Diyala : Des membres de la Force de mobilisation tribale sunnite ont déjoué une tentative d'attaque de l'Etat islamique contre un avant-poste dans l'Est de la province de Diyala (Al-Sumaria News, 29 octobre 2017).
  • Bagdad : Un garde de sécurité et trois civils ont été tués dans la mosquée de l'Émir Ali au Nord de Bagdad lorsqu'un terroriste suicide a activé sa ceinture d'explosifs (Al-Sumaria News, 28 octobre 2017). Cinq civils ont été blessés dans l'explosion d'un engin piégé au Sud de Bagdad (Al-Sumaria News, 30 octobre 2017).
Attaque à la voiture bélier à New York (Aperçu)
  • Le 31 octobre 2017, une attaque à la voiture bélier a été commise contre une piste cyclable dans le Lower Manhattan, à New York City. Huit personnes ont été tuées et 11 autres blessées. L'attaque a été réalisée avec un camion loué. Cinq des morts sont des citoyens argentins qui étaient en visite à New York, et une autre est un ressortissant belge. Des témoins oculaires ont déclaré que le conducteur a accéléré vers la piste cyclable, percutant les passants et les cyclistes. Le camion a ensuite roulé vers une rue où il a percuté un autobus scolaire. Après la collision, le conducteur est sorti de la camionnette armé de "fusils" (qui plus tard se sont avérés être un fusil à pompe et un fusil de paintball), et a été visé par des tirs de la police. Il a été blessé et emmené à l'hôpital.

La camionnette utilisée pour effectuer l'attaque. L'avant du véhicule est en partie détruit après la collision avec le bus (Gulf Eyes, 1er novembre 2017)
La camionnette utilisée pour effectuer l'attaque. L'avant du véhicule est en partie détruit après la collision avec le bus (Gulf Eyes, 1er novembre 2017)

  • Selon les médias, l'auteur de l'attaque est Sayfullo Habibullahevic Saïpov, un immigrant d'Ouzbékistan âgé de 29 ans. Arrivé aux États-Unis en 2010, il vivait à Tampa, en Floride. Selon des témoins oculaires, Saipov a crié "Allah Akbar" pendant l'attaque. Les forces de sécurité enquêtant sur l'incident auraient été trouvé une note manuscrite de Saipov dans le camion, promettant allégeance au chef de l'Etat islamique. Jusqu'ici, aucune réclamation de responsabilité de l'attaque n'a été publiée par l'organisation.

Sayfullo Saïpov, l'homme soupçonné de l'attaque de Manhattan (Twitter, 1er novembre 2017)
Sayfullo Saïpov, l'homme soupçonné de l'attaque de Manhattan (Twitter, 1er novembre 2017)

L'Egypte et la Péninsule du Sinaï
L'Egypte
  • L'armée égyptienne a annoncé que ses forces avaient arrêté trois membres de l'Etat islamique dans le Centre du Sinaï. Au moment de l'arrestation, un véhicule caché dans une grotte a été trouvé, avec des explosifs utilisés pour fabriquer les engins piégés, quatre motos utilisées par des terroristes et un camion contenant un grand nombre de pièces de rechange pour les motos (Page Facebook du porte-parole de l'armée égyptienne, 28 octobre 2017).
 L'activité de l'Etat islamique dans d'autres pays
Nigéria
  • Le 26 octobre 2017, la Province d'Afrique de l'Ouest de l'Etat islamique a annoncé que plusieurs de ses membres avaient attaqué des positions de l'armée nigériane dans la ville de Sasu, dans le Nord-Est du pays. Dans les affrontements, huit soldats de l'armée nigériane ont été tués et d'autres soldats ont été blessés. Des membres de l'Etat islamique ont saisi des armes et des véhicules de l'armée nigériane (Haqq, 26 octobre 2017). Selon Kayode Ogunsanya, porte-parole de la 3ème Division de l'armée nigériane, l'attaque de l'Etat islamique a été déjouée par les forces sur le terrain (Daily Post [Nigeria], 27 octobre 2017).
Activités de contrebande
Retour de combattants étrangers ayant combattu dans les rangs de l'Etat islamique
  • Suite à la défaite de l'Etat islamique en Syrie et en Irak, de nombreux pays ont exprimé leur crainte que les combattants qui sont allés se battre dans les rangs de l'Etat islamique en Syrie et en Irak perpètrent des attentats dans leur pays d'origine. Selon une étude de Richard Barrett du Groupe Soufan, près de 5 600 combattants de 33 pays sont déjà retournés dans leurs foyers. Des milliers d'autres combattants qui ont fui les combats sont maintenant aux frontières de la Turquie, de la Jordanie et de l'Irak, attendant l'occasion de retourner dans leur pays d'origine. [1]Un autre groupe de combattants étrangers, qui ont été obligés de quitter l'État islamique et ne peuvent pas ou ne veulent pas retourner dans leur pays d'origine sont maintenant à la recherche de nouveaux champs de bataille ou d'un refuge dans les pays musulmans. Il est raisonnable de supposer que l'influence et l'implication dans le terrorisme de ceux qui retournent dans leur pays d'origine vont augmenter à mesure que leur nombre va grandir (Groupe Soufan, 24 octobre 2017).
  • L'étude indique également que près de 3 500 citoyens russes ont rejoint les rangs de l'Etat islamique en Syrie, la plupart d'entre eux à partir de l'ancienne Union soviétique. Environ 400 d'entre eux sont déjà retournés en Russie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a mis en doute la véracité des chiffres présentés, disant que "le Kremlin a tendance à douter de la crédibilité de cette revendication." Selon lui, les citoyens russes qui ont rejoint l'Etat islamique ont été "éliminés" (Agence de presse TASS, 26 octobre 2017). Plus tôt cette année, le Président Vladimir Poutine a admis que 10% des 9 000 combattants étrangers de la Russie et de la CEI qui s'étaient rendus en Syrie ou en Irak étaient retournés chez eux (Groupe Soufan, 24 octobre 2017). Les médias syriens ont également signalé que 450 britanniques qui avaient combattu dans les rangs de l'Etat islamique étaient retournés chez eux (Al-Aan Dimashq, 25 octobre 2017).
  • Des sources officielles américaines ont affirmé que la chute d'Al-Raqqah réduit la capacité de l'organisation à planifier et coordonner des attaques à l'étranger. Selon elles, l'Etat islamique a perdu plus de 120 de ses dirigeants, et l'organisation lutte maintenant pour sa survie. La plupart des combattants qui sont encore actifs, dont le nombre est estimé à entre 6 000 et 10 000, ont fui vers les déserts dans la vallée de l'Euphrate (The New Yorker, 23 octobre 2017).
Turquie
  • L'unité de lutte contre le terrorisme de la police a effectué un raid dans les cachettes de terroristes présumés à Ankara et Istanbul. Les policiers ont arrêté 63 ressortissants étrangers soupçonnés d'appartenir à l'Etat islamique. Certains de ces détenus avaient prévu de mener des attaques au cours de la célébration de la Journée de l'indépendance turque le 29 octobre 2017. Un certain nombre de détenus ont combattu dans les rangs de l'Etat islamique en Syrie et en Irak (Daily Sabah, 28 octobre 2017).

[1] Selon le quotidien jordanien Ad-Dustour, plus de 3 000 Jordaniens se sont battus dans les rangs de l'Etat islamique en Syrie, en Irak, en Libye et ailleurs. Ils représentent désormais un problème majeur pour la Jordanie, qu'ils restent à l'étranger ou qu'ils tentent de rentrer chez eux (Ad-Dustour, 26 octobre 2017).