Pleins feux sur le jihad mondial (23-29 novembre 2017)

Réunions Poutine - Assad.

Réunions Poutine - Assad.

Poutine et Assad avec de hauts fonctionnaires du ministère russe de la Défense et de l'état-major général (Site Internet du Kremlin, 21 novembre 2017)

Poutine et Assad avec de hauts fonctionnaires du ministère russe de la Défense et de l'état-major général (Site Internet du Kremlin, 21 novembre 2017)

Réunion des chefs d'état-major de la Russie, d'Iran et de la Turquie à Sotchi (ISNA, 21 novembre 2017)

Réunion des chefs d'état-major de la Russie, d'Iran et de la Turquie à Sotchi (ISNA, 21 novembre 2017)

Véhicule blindés de type Humvees et APC dans la région désertique au cours de l'opération de nettoyage (Al-Baghdadia, 26 novembre 2017).

Véhicule blindés de type Humvees et APC dans la région désertique au cours de l'opération de nettoyage (Al-Baghdadia, 26 novembre 2017).

L'entrée du siège de la chaîne de télévision turkmène Türkmeneli TV, qui a été attaquée par des hommes armés et masqués (Al-Sumaria News, 28 novembre 2017)

L'entrée du siège de la chaîne de télévision turkmène Türkmeneli TV, qui a été attaquée par des hommes armés et masqués (Al-Sumaria News, 28 novembre 2017)

La mosquée du village d'al-Rawda dans le Nord de la péninsule du Sinaï.

La mosquée du village d'al-Rawda dans le Nord de la péninsule du Sinaï.

Les corps de certaines des victimes (Haq, 25 novembre 2017)

Les corps de certaines des victimes (Haq, 25 novembre 2017)

Akid (Col.) Hamud Mohammed Al-Hamidi allongé sur le sol après avoir reçu une balle dans la tête (Twitter, 26 novembre 2017)

Akid (Col.) Hamud Mohammed Al-Hamidi allongé sur le sol après avoir reçu une balle dans la tête (Twitter, 26 novembre 2017)

Principaux événements de la semaine
  • La semaine a été marquée par une attaque combinée de l’Etat islamique contre une mosquée soufie dans le village d’Al-Rawdah, à quelque 45 km à l’Ouest d’Al-Arish. 309 personnes ont été tuées et 124 autres blessées, pour la plupart des civils participant à la prière du vendredi à la mosquée. Il s’agit de la pire attaque terroriste de l’histoire de l’Égypte. Selon nous, selon son modus operandi, l’attaque a été réalisée par la Province du Sinaï de l’Etat islamique, bien que l’organisation a démenti tout lien avec l’attaque.
  • Selon nous, la Province du Sinaï de l’Etat islamique et ses autres provinces à l’étranger sont très motivées pour procéder à des attaques de masse, afin de transmettre le message qu’elles sont toujours une force avec laquelle il faut compter, même après la chute de l’État islamique. L’attaque meurtrière est la dernière d’une série d’attentats (certains avec de nombreuses victimes) récemment menés dans d’autres provinces de l’organisation à l’étranger (y compris en Afghanistan et en Yémen, où un officier a été tué cette semaine à Aden après avoir été tué à bout portant). Ces attaques ont clairement démontré que les capacités opérationnelles de l’Etat islamique dans les diverses provinces de l’étranger, en particulier la péninsule du Sinaï, sont solides, même après l’effondrement de l’organisation en Syrie et en Irak.
  • L’armée irakienne et les milices chiites, avec l’appui de l’armée de l’air américaine, ont lancé une opération de nettoyage des régions désertiques le long de l’Euphrate, près de la frontière irako-syrienne. Des terroristes ont été tués et blessés, et de grandes quantités d’armes ont été saisies dans l’opération. Selon nous, cela pourrait compliquer la réorganisation de l’organisation sans l’en empêcher, notamment face aux problèmes de gouvernance en vigueur dans ces secteurs.
  • En Irak, l’Etat islamique intensifie ses activités de terrorisme et de guérilla : Cette semaine, l’organisation a mené une attaque suicide de masse (17 civils tués) à l’Est de Bagdad, avec deux terroristes suicide (dont un seul s’est fait exploser). En outre, « des tireurs masqués » ont attaqué le siège de la chaîne de télévision turkmène au Nord de Kirkouk. Ces attaques témoignent de l’existence de réseaux terroristes avec des capacités opérationnelles de haut niveau dans diverses provinces d’Irak.
L’implication russe et américaine en Syrie
Réactions de la Russie à la chute de l’Etat islamique
  • Le Président russe Vladimir Poutine, lors de réunions avec le Président syrien Bashar Assad à Sotchi, a déclaré que le terrorisme est un problème mondial et que la lutte contre ce fléau est loin d’être terminée, précisant que l’opération militaire contre le terrorisme en Syrie touche à sa fin. Poutine a exprimé l’espoir que la tâche principale de l’opération conjointe de l’armée russe et de l’armée syrienne s’achève dans un avenir très proche. Il a souligné que, même après la fin des combats, il y aura toujours des poches de « terrorisme » qui peuvent parfois devenir actives. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a noté que ces « poches de terrorisme » n’auront plus d’effet sur la lutte contre le terrorisme en Syrie menée par l’armée syrienne avec l’appui de l’armée de l’air russe (Site Internet du Kremlin ; RIA, 21 novembre 2017).
  • Lors de la réunion à Sotchi des chefs d’état-major de la Russie, d’Iran et de la Turquie, le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a déclaré que bien que certains problèmes demeurent, la phase active de l’opération militaire en Syrie touche à sa fin. À cette réunion, les chefs d’état-major ont discuté de mesures pratiques pour éliminer l’Etat islamique et le Front Fateh al-Sham en Syrie, ainsi que de mesures pour améliorer la coopération dans la zone de désescalade à Idlib. Gerasimov a également noté que, grâce aux efforts communs de l’Iran et de la Russie, l’opération contre les organisations terroristes dans l’Est de la Syrie près d’Abu Kamal est presque terminée. Il a souligné que les résultats de l’armée obtenus en Syrie doivent être renforcés et que la possibilité d’un retour de terroristes dans le pays devrait être évitée avant le retour des habitants dans leurs foyers (Site Internet du ministère russe de la Défense, 21 novembre 2017).
Autres déclarations russes au sujet de la réduction de l’ordre de bataille en Syrie
  • Le chef d’état-major russe Valery Gerasimov a affirmé que la taille de la force militaire en Syrie pourrait être réduite. Il a noté que le 22 novembre, lors d’une visite de Bachar el-Assad en Russie, le Président russe Vladimir Poutine a déclaré que l’opération contre les organisations terroristes en Syrie était sur le point de prendre fin. Selon lui, il reste encore beaucoup à faire pour parvenir à une victoire sur le terrorisme, mais en ce qui concerne la coopération de la Russie dans la guerre contre des organisations terroristes, « l’opération militaire touche à sa fin » (Agence de presse TASS, 23 novembre 2017).
Déclarations américaines au sujet de la réduction de l’aide militaire aux Kurdes
  • Selon un rapport de Reuters, le Président Trump a annoncé le 24 novembre 2017 qu’il avait donné des instructions pour arrêter de fournir des armes aux combattants kurdes en Syrie (Reuters, 27 novembre 2017). À la lumière de ce rapport, les médias américains ont publié des déclarations du porte-parole du ministère de la Défense en ce qui concerne la question de l’élimination ou de la réduction des effectifs de l’armée américaine en Syrie et en Irak :
  • Le porte-parole du ministère de la Défense le Colonel Rob Manning a noté que des « ajustements » concernant l’aide militaire aux « partenaires kurdes » des États-Unis étaient en cours d’examen, en tenant compte des obligations découlant de la nécessité de vaincre l’Etat islamique et des efforts pour stabiliser la situation et empêcher le retour de l’organisation. Le porte-parole a souligné que les États-Unis continueront d’attaquer l’organisation, mais en même temps, ils sont déterminés à défendre la Turquie, leur allié dans l’OTAN (Site Internet du ministère de la Défense, 27 novembre 2017).
  • La secrétaire de presse de la Maison Blanche Sarah Sanders a noté que depuis le début, l’objectif des États-Unis est de défaire l’Etat islamique. Maintenant, après avoir écrasé le Califat (de l’Etat islamique), ils peuvent cesser de fournir des équipements militaires à « certains groupes. » Cependant, elle a ajouté, cela ne signifie pas la cessation de toutes les aides à ces groupes (réponse du secrétaire de presse lors d’une conférence de presse, site Internet du ministère de la Défense, 27 novembre 2017).
Principaux développements en Syrie
Reprise d’Abu Kamal, le dernier bastion de l’Etat islamique[1]
  • Le 19 novembre 2017, l’armée syrienne et les forces chiites qui l’appuient, avec le soutien de l’armée de l’air russe, ont repris la ville d’Abu Kamal de l’Etat islamique. Abu Kamal était la dernière ville aux mains de l’organisation en Syrie. Sa chute symbolise la fin de l’ère de l’État islamique en Syrie et sa transformation en une organisation de terrorisme et de guérilla qui n’a pas à défendre un cadre territorial.
  • Ci-après une vidéo montrant la reprise d’Abu Kamal, basée sur des vidéos prises durant sa reprise. Les vidéos ont été publiées par la télévision syrienne, le Hezbollah libanais, et une chaîne de télévision qui lui est affiliée, du 18 au 20 novembre 2017, et portent sur les questions suivantes : l’appui aérien de l’aviation russe avant l’opération terrestre dans Abu Kamal ; les combats dans une zone urbaine par l’armée syrienne et ses milices chiites ; le tir de missiles antichars et d’armes légères ; l’activité de la force Qods de Qassem Soleimani, notamment sa rencontre avec les milices chiites et la photo de victoire des forces armées à la place de l’horloge d’Abu Kamal. [2]
Les forces des FDS annoncent qu’elles n’avanceront pas vers Abu Kamal
  • Le 25 novembre 2017, les FDS soutenues par les Etats-Unis ont annoncé qu’elles n’avanceraient pas vers la ville d’Abu Kamal afin de ne pas se retrouver face à l’armée syrienne et ses alliés. Les FDS ont annoncé sur leur site Internet qu’elles avaient conquis un territoire de 40km à l’Est de Deir ez-Zor dans le cadre de l’opération « Tempête al-Jazeera ». Selon leur annonce, elles se trouvent actuellement à une distance de neuf km de la frontière syro-irakienne, et à une même distance d’Abu Kamal (Al-Alam, 26 novembre 2017).
Frappes aériennes russes sur Deir ez-Zor
  • Les 23 et 26 novembre 2017, l’armée de l’air russe a effectué des frappes aériennes contre des cibles de l’Etat islamique dans la région de Deir ez-Zor. Selon nous, il s’agit de membres de l’organisation qui avaient fui Deir ez-Zor et d’autres villes tombées entre les mains du régime syrien, qui sont maintenant dispersés dans les zones désertiques. Les frappes aériennes ont été effectuées par des bombardiers de type Tu-22M3 qui ont décollé d’une base de l’armée de l’air russe, avec six appareils prenant part à chaque frappe (TASS, 23-26 novembre 2017). Selon les Russes, toutes les cibles ont été détruites. Les résultats de la frappe ont été photographiés par des drones (TASS, 26 novembre 2017).
Frappes de l'aviation russe le 26 novembre 2017 dans la province de Deir ez-Zor (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 21 novembre 2017)    Frappes de l'aviation russe le 26 novembre 2017 dans la province de Deir ez-Zor (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 21 novembre 2017)
Frappes de l’aviation russe le 26 novembre 2017 dans la province de Deir ez-Zor (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 21 novembre 2017)
  • L’observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé qu’au moins 53 civils (dont 21 enfants et 13 femmes) ont été tués dans le village d’Al-Sha’fa, au Nord d’Abu Kamal (Observatoire syrien des droits de l’homme, 27 novembre 2017). Le ministère russe de la Défense a nié le rapport, affirmant que les avions russes n’ont pas attaqué dans le secteur du village (TASS, 27 novembre 2017).
Civils tués à Al-Raqqah dans l’explosion d’engins piégés
  • L’observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé qu’au moins 18 résidents ont été tués en l’espace de quatre jours à la suite de l’explosion de mines et d’engins explosifs improvisés déposés par des membres de l’Etat islamique dans la ville. Les forces des FDS fouillent la ville à la recherche des mines et d’engins piégés dans le but de les neutraliser (Observatoire syrien des droits de l’homme, 26 novembre 2017). L’Etat islamique a signalé l’explosion mais a passé sous silence la mort des civils. Selon l’agence de presse Moata (affiliée à l’Etat islamique), au moins quatre combattants des FDS ont été tués dans l’explosion d’engins piégés à Al-Raqqah (Haqq, 26 novembre 2017).
Raid de membres de l’Etat islamique dans la zone rurale au Nord-Est de Hama
  •  Le 21 novembre 2017, des centaines de membres de l’Etat islamique sont arrivés dans des véhicules blindés du désert de Syrie vers la zone rurale du Nord-Est de Hama, équipés d’armes légères et lourdes. Dans un délai de cinq jours seulement, l’organisation aurait repris des mains du Siège de Libération d’Al-Sham (affilié à Al-Qaïda) plus de 20 villes et villages de la région (Observatoire syrien des droits de l’homme).
Principaux développements en Irak
Nettoyage des régions désertiques de la province d’al-Anbar

Après la chute de l’État islamique, l’effort militaire irakien s’est déplacé vers les régions désertiques de la partie supérieure de l’Euphrate, près de la frontière irako-syrienne (ces secteurs portent également le nom de secteur d’Al-Jazeera et de Désert occidental). Les membres de l’Etat islamique se sont enfuis vers ces régions désertiques, transportant de grandes quantités d’armes. Le nettoyage de ces zones complique les efforts de réorganisation de l’Etat islamique. Cependant, selon nous, il ne peut en empêcher le processus en raison de l’immensité de ces régions désertiques et de la difficulté à les régir. Les nombreuses forces affectées par le régime irakien pour nettoyer ces secteurs ne devraient pas y rester pour toujours, et, par conséquent, on peut s’attendre à ce que les difficultés de gouvernance persistent, agissant comme un terrain fertile pour la réorganisation des membres de l’Etat islamique.

  • Selon des sources irakiennes, l’opération de nettoyage avec la participation des unités de l’armée irakienne, de la police fédérale et de la Mobilisation populaire (milices affiliées à l’Iran), appuyées par l’armée de l’air irakienne, a débuté dans la région au Nord de Rawa et au Sud du village d’Al-Khader. Les forces ont nettoyé 175 villages et repris plus de cinq ponts et passages ainsi que l’aérodrome de Jineef (Al-Sumaria News, 26 novembre 2017).
  • Le 26 novembre 2017, l’armée irakienne a publié une vidéo montrant les armes de l’Etat islamique saisies par les forces irakiennes qui ont participé à l’opération de nettoyage. Un des combattants a indiqué qu’il appartenait à la Division Al-Abbas de la Mobilisation populaire. [3]Il a précisé que les armes ont été trouvées à l’Est de l’aérodrome de Jineef, au Sud d’Al-Khader. Il a noté que les forces irakiennes avaient avancé de 50 km par jour et, par conséquent, l’Etat islamique n’a pas eu suffisamment de temps pour déplacer son arsenal dans un autre endroit (Compte Youtube du bureau du porte-parole de l’armée irakienne, 26 novembre 2017).
 Armes et drapeau de l'Etat islamique trouvés par la Division Al-Abbas à l'Est de l'aérodrome de Jineef (Compte Youtube du bureau du porte-parole de l'armée irakienne, 26 novembre 2017)   Interview d'un membre de la Division Al-Abbas de la Mobilisation populaire. Des armes trouvées à l'Est de l'aérodrome de Jineef se trouvent en arrière-plan.
Droite : Interview d’un membre de la Division Al-Abbas de la Mobilisation populaire. Des armes trouvées à l’Est de l’aérodrome de Jineef se trouvent en arrière-plan. Gauche : Armes et drapeau de l’Etat islamique trouvés par la Division Al-Abbas à l’Est de l’aérodrome de Jineef (Compte Youtube du bureau du porte-parole de l’armée irakienne, 26 novembre 2017)
 Caisses de munitions de petit calibre de l'Etat islamique trouvées par la Division Al-Abbas (Compte Youtube du porte-parole de l'armée irakienne, 26 novembre 2017)   Dizaines d'obus de mortier de l'Etat islamique trouvés par la Division Al-Abbas à l'Est de l'aérodrome de Jineef.
Droite : Dizaines d’obus de mortier de l’Etat islamique trouvés par la Division Al-Abbas à l’Est de l’aérodrome de Jineef. Gauche : Caisses de munitions de petit calibre de l’Etat islamique trouvées par la Division Al-Abbas (Compte Youtube du porte-parole de l’armée irakienne, 26 novembre 2017)
Soutien aérien des Etats-Unis et de la coalition
  • Des avions de la coalition internationale ont fourni un soutien aérien aux forces irakiennes dans l’opération de nettoyage et ont attaqué des cibles dans les secteurs des villes déjà reprises à l’Etat islamique. Les Américains ont déclaré que les avions de la coalition ont attaqué des cibles de l’organisation à Abu Kamal (Syrie) et dans les zones des villes d’Al-Qaim, Qayyarah et Rawa (Irak). Les frappes aériennes ont détruit des sièges, un atelier de fabrication d’engins explosifs, des véhicules, des tunnels, et des caches d’armes. D’autres secteurs (Baiji, Mossoul) ont également été attaqués (Site Internet du Pentagone, 24 novembre 2017 ; site Internet de l’Opération Inherent Resolve, 27 novembre 2017).
  • La chaîne Al-Jazeera a rapporté que dans des frappes américaines dans la région d’Al-Qaim, Iyad Hamed al-Jumaili Khalaf (Abu Yahya), considéré comme le numéro deux de l’Etat islamique, le second d’Abu Bakr Al-Baghdadi, a été tué. Ses deux épouses et ses fils, et plus de 40 commandants et membres de l’organisation ont été tués avec lui (Al-Jazeera, 26 novembre 2017 ; Enferaad, 27 novembre 2017). Iyad al-Jumaili était officier du renseignement dans l’armée irakienne sous Saddam Hussein et a rejoint immédiatement Al-Qaeda après la prise de contrôle de l’Irak par les États-Unis. Il opérait dans la région d’Al-Fallujah et avait été arrêté par les forces de la coalition dirigée par les États-Unis. Après sa libération, il a rejoint la direction d’Al-Qaïda en Irak. Le 6 juillet 2017, il a été signalé qu’Al-Jumaili avait été tué dans la vieille ville de Mossoul, mais le rapport s’est avéré être sans fondement.

Iyad Hamed Khalaf al-Jumaili, considéré comme le numéro 2 de l'Etat islamique (Al-Mayadeen, 6 juillet 2017)
Iyad Hamed Khalaf al-Jumaili, considéré comme le numéro 2 de l’Etat islamique (Al-Mayadeen, 6 juillet 2017)

Activités antiterroristes irakiennes dans les diverses provinces
  • Le général Ali Fadel Amran, commandant supérieur de l’armée irakienne de Kirkouk, a annoncé qu’une chasse à l’homme a été lancée après des membres de l’Etat islamique qui ont fui le Nord du district de Hawija (environ 58 km à l’Ouest de Kirkouk). Selon Amran, deux membres de l’organisation ont été tués et huit autres ont été capturés (Al-Sumaria News, 27 novembre 2017).
  • Dans la province de Diyala, la police a arrêté 15 personnes recherchées pour activité terroriste et activité criminelle. En outre, il a été signalé qu’à 55 km à l’Est de Diyala, une force conjointe de l’armée irakienne, de la police et de la Mobilisation populaire a découvert une vaste cache d’armes, y compris des explosifs C-4 et des systèmes de détonation d’engins piégés. La cache incluait également des systèmes de détonation de ceintures explosives (Al-Sumaria News, 27 novembre 2017).
Activités terroristes et de guérilla de l’Etat islamique
  • L’Etat islamique a poursuivi cette semaine ses activités de terrorisme et de guérilla dans l’ensemble de l’Irak :
    • Le 27 novembre 2017, deux terroristes ont effectué une attaque dans le secteur d’Al-Nahrawan (environ 20 km de Bagdad). Les deux terroristes ont ouvert le feu sur des civils l’un après l’autre. L’un d’eux a été tué, et l’autre s’est fait sauter avec une ceinture d’explosifs. Au moins deux personnes ont été tuées et sept ont été blessées. L’Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l’attaque via l’agence de presse Aamaq. Les médias irakiens ont rapporté que 17 personnes avaient été tuées dans l’attaque et huit blessées (Al-Sumaria News, 27 novembre 2017).
    • L’Etat islamique a signalé que, le 23 novembre 2017, six attaques suicide ont été réalisées par des terroristes au volant de voitures piégées. Les attaques ont visé des convois des forces irakiennes et des zones de concentration de l’armée irakienne et de la Mobilisation populaire au Nord-Ouest de la ville de Baiji. Selon l’organisation, des dizaines de combattants de l’armée irakienne ont été tués dans ces attaques, et de nombreux véhicules blindés et des véhicules tout-terrain ont été détruits (Haqq, 25 novembre 2017).
    • Le 27 novembre 2017, la province de Diyala de l’Etat islamique a annoncé qu’une cellule de l’organisation armée d’armes légères et lourdes, a attaqué un poste de la Mobilisation populaire dans la région d’Al-Nada (environ 57 km à l’Est d’Al-Kuba, près de la frontière irako-iranienne). Plusieurs combattants de la Mobilisation populaire ont été tués ainsi que plusieurs civils chiites. Un certain nombre de véhicules militaires ont été détruits par des engins piégés (Haqq, 27 novembre 2017).
  • Attaque contre le siège d’une chaîne de télévision turkmène au Nord de Kirkouk : le 28 novembre 2017, les médias ont signalé que « des hommes armés et masqués ont attaqué le siège » de la chaîne de télévision turkmène (Türkmeneli TV), à environ 39 km au Nord de Kirkouk (Al-Sumaria News, 28 novembre 2017). Note : Le 21 novembre 2017, l’organisation a fait exploser une voiture piégée dans un marché de fruits et légumes dans la ville turkmène chiite de Tuz Khurmatu, environ 69 km au Sud de Kirkouk.
L’Egypte et la péninsule du Sinaï
Aperçu général
  • Le 24 novembre 2017, une attaque combinée a visé une mosquée dans le village d’al-Rawda, près de la ville de Bir al-Abd (environ 45 kilomètres à l’Ouest d’El-Arish). Il s’agit de la plus meurtrière attaque terroriste dans l’histoire de l’Egypte, avec 309 personnes tuées, dont 27 enfants, et 124 blessés (pour la plupart des civils, qui se trouvaient à la mosquée pour la prière du vendredi). Les villageois, dont la plupart appartiennent à la tribu al-Sawarka, sont des musulmans soufis, considérés comme « infidèles » par l’Etat islamique et donc une cible d’attaque. Selon le modus operandi de l’attaque, l’opération a selon nous été réalisée par l’Etat islamique, même si l’organisation dément toute implication.
  • Selon les médias égyptiens et le communiqué du procureur général égyptien Nabil Sadek, entre 25 et 30 terroristes ont mené l’attaque. Ils sont arrivés au volant de cinq véhicules arborant des drapeaux de l’Etat islamique. Certains d’entre eux portaient des masques. Ils ont encerclé la mosquée pendant la prière du vendredi et se sont postés à la porte et aux douze fenêtres du bâtiment. Ils ont ensuite lancé deux engins piégés dans la mosquée et ont ouvert le feu depuis les portes et les fenêtres à l’intérieur. Ils ont ensuite mis le feu à sept véhicules appartenant aux fidèles et se sont enfuis. L’incendie des véhicules visait selon nous à compliquer l’évacuation des victimes et la poursuite des terroristes.
 Deux véhicules appartenant à des résidents locaux incendiés par des terroristes de l'Etat islamique (al-Masry al-Youm, 25 novembre 2017)    Les corps de certaines des victimes de l'attaque dans la mosquée d'al-Rawda (Haq, 25 novembre 2017).
Droite : Les corps de certaines des victimes de l’attaque dans la mosquée d’al-Rawda (Haq, 25 novembre 2017). Gauche : Deux véhicules appartenant à des résidents locaux incendiés par des terroristes de l’Etat islamique (al-Masry al-Youm, 25 novembre 2017)
Activités de l’Etat islamique dans d’autres pays
Poursuite des activités de terrorisme et de guérilla de l’Etat islamique au Yémen
  • Le 25 novembre 2017, l’Etat islamique a annoncé avoir éliminé Akid (Col.) Hamud Mohammed al-Hamidi, un haut responsable des enquêtes criminelles à Aden. L’organisation a annoncé qu’il a été abattu à bout portant avec un pistolet équipé d’un silencieux (Twitter, 26 novembre 2017).

La direction générale de l’Etat islamique au Yémen s’est récemment concentrée sur les attaques terroristes à Aden. Le système d’enquêtes criminelles est apparemment dans la ligne de mire de l’organisation. Le 5 novembre 2017, des membres de l’organisation ont procédé à une attaque combinée contre un bâtiment des enquêtes criminelles à Aden au moyen d’une voiture piégée par un terroriste suicide, après quoi le bâtiment a été pris d’assaut par des terroristes (un modus operandi de l’Etat islamique).

[1] Mise à jour du bulletin "Pleins feux sur le jihad" du 16-22 novembre 2017.
[2] La vidéo est basée sur les sources suivantes : compte Youtube du porte-parole militaire du Hezbollah, 18 au 20 novembre 2017 ; chaîne affiliée au Hezbollah Al-Mayadeen News, 20 novembre 2017 ; Télévision syrienne, 20 novembre 2017.
[3] Ce rapport ainsi que d'autres publiés dans les médias irakiens indiquent que les milices chiites, y compris la Mobilisation populaire, sont organisées en divisions et brigades.