Pleins feux sur le jihad mondial (14-18 septembre 2017)

Les pourparlers d'Astana entre les représentants de la Russie, de la Turquie et de l'Iran (Page Facebook de l'ambassade russe au Kazakhstan, 15 septembre 2017)

Les pourparlers d'Astana entre les représentants de la Russie, de la Turquie et de l'Iran (Page Facebook de l'ambassade russe au Kazakhstan, 15 septembre 2017)

Combattants des FDS près de femmes, d'enfants et de blessés utilisés comme

Combattants des FDS près de femmes, d'enfants et de blessés utilisés comme "bouclier humain" par l'Etat islamique (Twitter, 14 septembre 2017)

Deux missiles anti-char de l'armée syrienne, saisis par l'Etat islamique dans le village d'Abu-Tababir.

Deux missiles anti-char de l'armée syrienne, saisis par l'Etat islamique dans le village d'Abu-Tababir.

es cinq membres de l'Etat islamique qui ont participé à l'assaut de Makhmour (Google Plus, 17 septembre 2017. Source : Agence de presse Aamaq de l'Etat islamique)

es cinq membres de l'Etat islamique qui ont participé à l'assaut de Makhmour (Google Plus, 17 septembre 2017. Source : Agence de presse Aamaq de l'Etat islamique)

La revendication de responsabilité de l'Etat islamique après l'explosion d'une charge dans le métro de Londres (Akhbar al-Muslimeen, 15 septembre 2017)

La revendication de responsabilité de l'Etat islamique après l'explosion d'une charge dans le métro de Londres (Akhbar al-Muslimeen, 15 septembre 2017)

Membres de l'Etat islamique derrière deux individus dont la tête a été tranchée à Kunar en Afghanistan (Akhbar al-Muslimeen, 13 septembre 2017).

Membres de l'Etat islamique derrière deux individus dont la tête a été tranchée à Kunar en Afghanistan (Akhbar al-Muslimeen, 13 septembre 2017).

Principaux événements de la semaine
  • Ci-après les principaux développements de la semaine sur la scène syrienne :
  • Les forces syriennes gagnent du terrain dans la région de Deir ez-Zor en vue d'encercler les membres de l'Etat islamique positionnés dans la ville et ses environs et de couper leurs chaînes logistiques. En parallèle, les forces syriennes s'apprêtent à rouvrir l'aéroport de Deir ez-Zor, récemment repris. L'activité de l'armée syrienne s'effectue avec le soutien de la Russie, avec notamment sept tirs de missiles de croisière de sous-marins ancrés en Méditerranée contre des cibles de l'Etat islamique dans la région de Deir ez-Zor.
  • Dans des entretiens à Astana entre la Russie, la Turquie et l'Iran, un nouvel accord de désescalade a été conclu au sujet de la région d'Idlib. L'intention est d'envoyer des forces de surveillance russes, iraniennes et turques à Idlib. La mise en œuvre de l'accord est susceptible de faire face à de nombreux obstacles, puisque le Front al-Sham (Jabat al-Nusra) est la force dominante dans le secteur d'Idlib. Selon nous, les membres du Front al-Sham devraient s'opposer avec violence à toute tentative de rendre leurs armes ou de porter atteinte à leur contrôle de la population locale.
  • Sur la scène irakienne, l'Etat islamique a commis cette semaine une série d'actes de terrorisme et de guérilla contre des civils chiites et les forces de sécurité irakiennes. La principale attaque a été commise dans la région de la ville d'Al-Naseira, dans le secteur chiite du Sud de l'Irak. 59 personnes ont été tuées et 96 blessées.
  • Cette semaine, un engin piégé a explosé dans le métro à l'Ouest de Londres. 29 personnes ont été blessées, légèrement pour la plupart. L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque (même si rien ne le prouve pour l'instant). Les forces de sécurité britanniques ont arrêté deux suspects.
Nouvel accord de désescalade entre la Russie, la Turquie et l'Iran
  • Cette semaine, les pourparlers se sont poursuivis entre l'Iran, la Russie et la Turquie dans le cadre des accords de désescalade en Syrie. Des représentants irakiens, russes et turcs se sont rencontrés le 14 septembre 2017 à Astana à une sixième reprise pour des discussions. En parallèle, le ministère iranien des Affaires étrangères Muhammad Jawad Zarif, a rencontré à Sochi en Russie le Président Poutine et les deux hommes ont discuté de la situation en Syrie.
  • Le 15 septembre 2017, la Russie, la Turquie et l'Iran ont annoncé que durant les pourparlers d'Astana, un accord a été conclu au sujet de la désescalade dans la région d'Idlib. Ainsi les accords de désescalade concernent maintenant quatre régions de Syrie : le Sud de la Syrie, al-Ghouta à l'Est, Homs et Idlib. Il a été décidé de mettre un place un centre de coordination russo-syro-turc chargé de contrôler la mise en œuvre de l'accord dans les quatre régions. Dans un communiqué final conjoint, publié à la fin des discussions, il a été souligné que la date d'expiration de l'accord est de six mois, avec la possibilité de le rallonger avec l'accord des trois pays impliqués.
  • L'envoyé spécial du Président russe pour l'accord en Syrie a souligné qu'il a été décidé d'envoyer des forces de surveillance russes, iraniennes et turques à Idlib (500 de chaque pays), mais le lieu exact de déploiement sera décidé par la suite. Le ministère turc des Affaires étrangères a déclaré que la Russie, l'Iran et la Turquie ont décidé de déployer des observateurs à des points de contrôle dans la région d'Idlib. Il a été précisé que la force turque sera chargée d'éviter les combats entre le régime syrien et les "forces de l'opposition", et de faire appliquer les accords de cessez-le-feu (Reuters, 15 septembre 2017).

Selon nous, la mise en œuvre du nouvel accord concernant la région d'Idlib devrait faire face à de nombreux obstacles, puisque le Front al-Sham (anciennement Jabat-al-Nusra) proche d'Al-Qaïda est la force militaire dominante dans la région d'Idlib. L'accord conclu (comme ses précédents) ne reconnaît pas le Front Fatah al-Sham et son organisation militaire (le Siège de Libération d'al-Sham). Ainsi, le Front Fatah al-Sham, qui devrait être rejoint par des membres de l'Etat islamique et d'autres organisations, devrait s'opposer avec violence à toute tentative de désarmement ou d'atteinte à son contrôle de la population locale. Ainsi, la province d'Idlib servira à tester les chances de mise en œuvre des accords de désescalade conclus aux pourparlers d'Astana.

Principaux développements en Syrie
La campagne d'Al-Raqqah
  •  La campagne de reprise d'Al-Raqqah par les forces des FDS se poursuit sans changement significatif sur le terrain. Les membres de l'Etat islamique contrôlent toujours plusieurs quartiers, au centre-ville et dans le Nord (voir carte). Les autres quartiers sont contrôlés par les FDS (Qasion, 13 septembre 2017). Les forces de l'Etat islamique continuent de combattre avec vigueur tout en faisant des victimes au sein des FDS (Al-Tsavaham, 16 septembre 2017).
Destruction dans l'une des rues de la vieille ville (Twitter, 18 septembre 2017)    Combattant des FDS près d'un bulldozer utilisé par les forces dans l'une des rues de la vieille ville d'al-Raqqah.
Droite : Combattant des FDS près d'un bulldozer utilisé par les forces dans l'une des rues de la vieille ville d'al-Raqqah. Gauche : Destruction dans l'une des rues de la vieille ville (Twitter, 18 septembre 2017)
  • Le 14 septembre 2017, une vidéo a été publiée montrant des combattants des FDS près de femmes, d'enfants et de blessés affamés, utilisés par l'Etat islamique comme "bouclier humain" à proximité de l'hôpital national d'Al-Raqqah. Les combattants des FDS leur ont distribué de la nourriture (Twitter, 14 septembre 2017).
La campagne de Deir Ez-Zor
  • Les forces syriennes et leurs alliés ont commencé à agir en vue de la réouverture de l'aéroport militaire de Deir ez-Zor, repris par les forces syriennes. Dans ce cadre, plusieurs villages et terrains situés à proximité de l'aéroport ont été repris afin de former une "zone de sécurité" dans les environs. Par ailleurs, les forces syriennes ont annoncé qu'elles sécurisaient les routes d'envol et d'atterrissage de l'aéroport afin de permettre le mouvement des avions (Télévision syrienne, 16 septembre 2017). En parallèle, les forces syriennes continuent d'asseoir leur contrôle dans la région de Deir ez-Zor, afin d'encercler les membres de l'Etat islamique et de couper leurs routes d'approvisionnement.
  • Dans le cadre de ses tentatives de se baser dans le secteur de Deir ez-Zor, l'armée syrienne a pris le contrôle cette semaine de plusieurs villages et terrains : le village de Huyjat al-Mri'iyah, à proximité de l'aéroport, le village d'al-Mri'iyah, au Sud-Est de l'aéroport, le village d'al-Bageleyyah au Nord-Ouest de Deir ez-Zor (Télévision syrienne, 16 septembre 2017), et la région de Jaffrah à six km au Sud-Est de Deir ez-Zor, près de l'Euphrate (Spoutnik, 17 septembre 2017).

Carte des zones de contrôle dans le secteur de Deir ez-Zor : En vert, la zone contrôlée par les FDS, en rouge la zone contrôlée par l'armée syrienne, avec des carrés jaunes signalant les terrains récemment repris par l'armée syrienne, en noir la zone contrôlée par l'Etat islamique le long de l'Euphrate (Compte Twitter de la branche information militaire de l'armée syrienne, 16 septembre 2017)

  • Ci-après quelques-uns des développements dans la zone de Deir ez-Zor :
    • Une force de l'armée syrienne aurait traversé la rive Est de l'Euphrate dans la zone de Deir ez-Zor. Le 15 septembre 2017, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a annoncé qu'une force de l'armée syrienne avait traversé l'Euphrate de la rive Ouest à l'Est et repris plusieurs positions dans le secteur. Cette opération met en danger la situation des FDS soutenues par les Etats-Unis, car l'Euphrate est une "ligne rouge" et elles ne permettront pas aux forces syriennes de franchir le fleuve (Syria Victory, 16 septembre 2017).
    • L'Etat islamique a appelé les résidents des quartiers sous son contrôle à Deir ez-Zor à évacuer la ville et l'a déclarée zone militaire fermée (Al-Nashra, 14 septembre 2017). Les forces syriennes, auparavant encerclées, ont renforcé leur emprise sur l'Etat islamique et les habitants comme les terroristes ne peuvent quitter la ville. La presse syrienne a annoncé qu'après la levée du siège de Deir ez-Zor, des soldats russes, des milices chiites d'Iran, des membres d'Irak, du Liban, d'Afghanistan et du Yémen, rejoints par les milices sunnites et des tribus d'al-Raqqah, de Deir ez-Zor et d'Al-Khasana sont entrés dans la ville (Khatwa, 15 septembre 2017).
    • Un communiqué d'un groupe appelé le "Conseil de Deir ez-Zor" a prévenu du contrôle des milices iraniennes avec les forces syriennes dans le secteur. Selon le texte, les résidents de Deir ez-Zor sont sunnites et le contrôle provoquera des conflits politiques et ethniques et chamboulera l'équilibre à long terme (Al-Arabiya Al-Hadath, 13 septembre 2017).
    • Deux sous-marins russes ancrés dans l'Est de Méditerranée ont tiré sur des cibles de l'Etat islamique au Sud-Est de Deir ez-Zor. Le ministère russe de la Défense a annoncé que le "14 septembre, deux sous-marins Veliki Novgorod et Kolpino ont tiré des missiles Kalibr sur des cibles importantes de l'Etat islamique : des centres de commandement, des centres de communication, des arsenaux d'armes et de munitions. Sept missiles de croisière ont été tirés sur les cibles" (Tass, 14 septembre 2017).
 Frappe de missiles sur des cibles de l'Etat islamique à Deir ez-Zor (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 14 septembre 2017)   Tirs de missiles de croisière "Kalibr" sur des cibles de l'Etat islamique à Deir ez-Zor par les forces russes.
Droite : Tirs de missiles de croisière "Kalibr" sur des cibles de l'Etat islamique à Deir ez-Zor par les forces russes. Gauche : Frappe de missiles sur des cibles de l'Etat islamique à Deir ez-Zor (Page Facebook du ministère russe de la Défense, 14 septembre 2017)
  • Ryan Dillon, le porte-parole des forces de la coalition, a déclaré que les milices soutenues par les Etats-Unis en Syrie n'ont pas l'intention d'entrer dans Deir ez-Zor. Selon lui, cela réduira les chances de collision entre les forces du régime syrien et les forces de la coalition. Dillon a ajouté que le champ de bataille de Deir ez-Zor est déjà chargé et a ajouté que les forces des FDS doivent avancer vers le Centre de la vallée de l'Euphrate (Reuters, 14 septembre 2017).
Nettoyage des secteurs ruraux de l'Est de Homs et de Hama
  • Les forces syriennes ont été occupées cette semaine à des activités de nettoyage dans le secteur rural à l'Est de Homs et de Hama. Le but de cette activité est de compléter l'évacuation des membres de l'Etat islamique de plusieurs territoires qu'ils contrôlent toujours. Il semble que les forces syriennes aient rempli leurs obligations, en dépit de quelques poches de résistance de l'Etat islamique. Ainsi, l'organisation a réussi à reprendre le contrôle du village d'Abu al-Tabatir, à l'Est de Homs, tout en provoquant des pertes à l'armée syrienne, notamment avec l'explosion d'une voiture piégée par un terroriste suicide. L'Etat islamique a affirmé que 22 membres de l'armée syrienne ont été tués dans l'attaque, et que de nombreuses armes ont été saisies.
Principaux développements en Irak
  • L'Etat islamique a réalisé cette semaine une série d'actes de terrorisme et de guérilla contre des civils chiites et les forces de sécurité irakiennes dans tout l'Irak. Le sommet de cet assaut terroriste était un attentat dans la zone de la ville d'al-Nuseira, dans le secteur chiite du Sud de l'Irak. Selon des sources syriennes, 59 personnes ont été tuées dans l'attaque. Cette attaque montre que l'organisation possède toujours des des capacités opérationnelles en Irak, même après la chute de Mossoul, de Tel-Afar et d'autres secteurs de l'Ouest du pays.
  • Le 14 septembre 2017, des membres armés de l'Etat islamique sont arrivés dans deux véhicules dans un restaurant de la ville d'al-Nuseri et ont ouvert le feu sur les personnes présentes. De là, ils se sont rendus vers un barrage des forces de sécurité irakiennes. Un des conducteurs a activé une charge, apparemment un gilet piégé, qu'il portait. Plusieurs autres personnes ont été tuées. Selon des sources irakiennes, 59 personnes ont été tuées, dont au moins 7 civils iraniens. 96 personnes ont été blessées (Al-Sumaria, al-Arabiya, 14 septembre 2017).
Victimes évacuées de la scène de l'attaque (Youtube, 14 septembre 2017)   Scène de l'attaque au barrage (Al-Alam, 14 septembre 2017).
Droite : Scène de l'attaque au barrage (Al-Alam, 14 septembre 2017). Gauche : Victimes évacuées de la scène de l'attaque (Youtube, 14 septembre 2017)
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque. Dans un communiqué, l'organisation a souligné que trois groupes de terroristes équipés de gilets piégés avaient attaqué trois cibles chiites dans la ville d'al-Nuseri et ses environs. Par ailleurs, le texte précise que la veille, des membres de l'organisation ont pris en embuscade des membres de la "Mobilisation populaire" (groupe de milices chiites œuvrant sous l'égide de l'Iran) près de la ville d'al-Masib, dans le secteur chiite du Sud de l'Irak. Selon le texte, plus de 200 chiites ont été blessés ou tués dans ces attaques (Akhbar al-Muslimeen, 14 septembre 2017).
  • Par ailleurs, l'Etat islamique a commis une série d'actes de terrorisme et de guérilla dans tout le pays :
    • La zone de Tel Afar : L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité d'une attaque contre une position de la "Mobilisation populaire" dans le secteur de la localité de Tel Afar, à 50 km environ au Sud-Est de la ville. Des membres de la "Mobilisation populaire" se sont enfuis des lieux et les positions étaient vides au moment de l'assaut (Akhbar al-Muslimeen, 12 septembre 2017).
    • La province de Diala : L'Etat islamique a annoncé que cinq policiers ont été tués dans la région d'al-Saadia, à 120 km au Nord-Est de Bagdad, après l'explosion d'une charge contre un convoi où se trouvait un haut officier de la police irakienne (Agence Maata de l'Etat islamique, 17 septembre 2017).
    • Attaque dans la ville d'Al- Muqdadiyah : Le 17 septembre, l'Etat islamique a annoncé que 28 chiites avaient té tués dans une attaque perpétrée par deux membres de l'organisation équipés d'armes, de grenades et de gilets explosifs dans la ville d'Al-Muqdadiyah, à 85 km au Nord-Est de Bagdad (Aamaq, 17 septembre 2017). Des sources irakiennes officielles ont souligné que dix personnes avaient été blessées ou tuées dans l'attaque de l'organisation, qui aurait pu être beaucoup plus grave (Al-Samaria, 18 septembre 2017).
    • La région d'Al-Anbar : L'armée irakienne a annoncé le 17 septembre 2017 avoir déjoué une attaque de l'Etat islamique contre un poste de commandement de l'armée irakienne au Sud-Est de la ville d'al-Rutba (Al-Sumaria, 17 septembre 2017).
    • Mahmour : L'Etat islamique a annoncé le 17 septembre 2017 que quatre de ses membres équipés de gilets piégés ont attaqué une base de l'armée américaine au Sud-Ouest de la ville de Mahmour, détruisant plusieurs canons et tuants plusieurs Américains. Dans un communiqué, l'organisation a annoncé qu'au moins quarante Américains ont été tués dans l'attaque (Akhbar al-Muslimeen, 17 septembre 2017).
    • Le secteur de Hawijja : Ryan Dillon, porte-parole de la coalition internationale, a déclaré que quatre terroristes suicide de l'Etat islamique ont été tués dans la région de la localité de Hawijja, à 130 km au Sud-Est de Mossoul. Selon l'annonce, il n'y a pas eu de victimes dans les rangs des forces irakiennes ni de la coalition internationale (Washington Post, 17 septembre 2017).
L'Egypte et la Péninsule du Sinaï
  • Le 13 septembre 2017, des membres de l'Etat islamique ont attaqué un barrage des forces de police égyptiennes à l'entrée de Rafah (al-Bawaba News, 13 septembre 2017). L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque, déclarant dans une annonce que le terroriste a fait exploser son gilet explosif à un barrage de l'armée égyptienne au Sud de Rafah, contre un rassemblement de soldats (Akhbar al-Muslimeen, citant Aamaq, 13 septembre 2017).
Le jihad dans d'autres pays

Explosion d'un engin piégé dans le métro de Londres

  •  Le 15 septembre 2017 dans la matinée, un engin piégé a explosé dans le métro à l'arrêt de Parsons Green, à l'Ouest de Londres. 29 personnes ont été blessées, certaines souffrant de brulures et d'autres ayant été blessées durant l'évacuation. Selon le service britannique de santé nationale, aucune personne n'a été gravement blessée. Selon les premiers éléments de l'enquête, il semble que la charge n'a pas totalement explosé, apparemment en raison d'un dysfonctionnement, ce qui a permis d'éviter un nombre plus important de victimes.
  • Le 16 septembre 2017, le lendemain de l'attaque, la police britannique a arrêté un jeune homme de 18 ans dans la ville de Douvres, apparemment impliqué dans l'attaque. Son nom n'a pas été révélé. Par ailleurs, un autre suspect a été arrêté à Surey, au Sud-Est de Londres. Une vidéo récupérée par ITV News montre un homme portant un grand sac le jour de l'attaque, filmé près de la maison d'un des suspects à Surey, 90 minutes avant l'attaque (Independant, 17 septembre 2017).
  • L'Etat islamique a revendiqué la responsabilité de l'attaque dans un communiqué, affirmant que l'engin qui a explosé est l'un d'une série d'engins déposés dans toute la ville. Selon l'annonce, près de trente personnes (des "croisés) ont été blessées dans l'attaque. L'annonce se termine par une menace : "Ce qui va arriver par la suite causera une plus grande catastrophe" (Akhbar al-Muslimeen, 15 septembre 2017).


La revendication de responsabilité de l'Etat islamique après l'explosion d'une charge dans le métro de Londres (Akhbar al-Muslimeen, 15 septembre 2017)

  • La courte annonce caractérise les annonces de l'Etat islamique qui font suite aux "attaques d'inspiration".[1] Toutefois, pour l'instant, nous ne possédons pas d'informations solides prouvant que l'Etat islamique ou un individu agissant en son nom a perpétré l'attaque. L'annonce selon laquelle l'engin est l'un d'une série d'engins déposés dans la ville de Londres est mensongère et vise à accroître la peur et la panique au sein de la population et des forces de sécurité britanniques (qui craignent d'autres attaques et ont augmenté le niveau d'alerte à son maximum).
  • Il y a plusieurs semaine, l'organisation al-Qaïda dans la péninsule arabe a publié dans son bulletin INSPIRE (numéro 17) un appel à commettre des attaques aux Etats-Unis et en Europe, notamment dans les trains, puisque selon l'article, ces attaques sont un "moyen simple mais d'une grande influence". L'article détaillait même les méthodes d'action : l'attaque directe contre un train, de l'extérieur ou de l'intérieur, l'attaque de rails et de stations bondées, ce qui garantirait de nombreuses victimes. Pour le moment, nous ignorons si l'appel a servi d'inspiration aux auteurs de l'attaque de Londres.
Attaque suicide de l'Etat islamique et exécution "d'agents" en Afghanistan
  • Le 13 septembre 2017, un terroriste suicide s'est fait exploser à un poste de contrôle à proximité du stade international de cricket de Kaboul. Au moins trois personnes, dont un policier, ont été tuées, et cinq autres ont été blessées (Afghanistan Times, 13 septembre 2017). L'Etat islamique a annoncé que quarante membres des forces de sécurité afghanes ont été tués ou blessés en résultat de l'explosion d'un gilet piégé par un terroriste appelé Abbas Haharsani.
  • Le 13 septembre 2017, l'Etat islamique a publié les photos de deux "agents" de la coalition internationale dont la tête a été tranchée. Leur exécution a été réalisée dans la région de Kunar, à la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan.
La gestion de l'Etat islamique
Signes de dislocation de l'Etat islamique
  • Les médias britanniques et russes ont récemment fait état de symptômes de dislocation de l'Etat islamique suite aux défaites de l'organisation :
    • Le Guardian britannique a annoncé que des centaines de membres de l'Etat islamique qui se sont enfuis des zones de contrôle de l'organisation sont arrivés dans la province d'Idlib dans le but de franchir la frontière avec la Turquie et de rentrer dans leur pays d'origine (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Europe). Il a été signalé que plusieurs dizaines de combattants ont déjà réussi à franchir la frontière. Quatre Saoudiens sont arrivés en Arabie saoudite début Septembre 2017 après avoir payé chacun 2000 dollars aux passeurs. "Abu Saïd", un membre de l'Etat islamique d'origine saoudienne qui a quitté la Syrie fin Août, a raconté qu'à Idlib, 300 membres de l'organisation tentent de s'échapper, la plupart des Saoudiens (Guardian, 12 septembre 2017).
    • Dimitri Feoktistov, vice responsable du département des nouveaux défis et menaces au ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré au cours d'une conférence de presse à Rome que l'Etat islamique avait commencé à transférer ses fonds de ses zones de contrôle en Syrie et en Irak vers des pays étrangers, dont des pays d'Europe. Feoktistov a souligné que c'est la première fois que l'itinéraire de transfert de fonds est inversé (dans le passé, les fonds étaient transférés aux territoires sous le contrôle de l'Etat islamique et non l'inverse). Il a ajouté que la raison est apparemment liée à la perte de contrôle de territoires de l'Etat islamique et aux nombreuses défaites. Ces fonds devraient selon lui soutenir les cellules de l'organisation en dehors de la Syrie et de l'Irak et être utilisés à des fins terroristes.
    • Selon Feokistov, suite à la perte des bénéfices de l'Etat islamique de la vente du pétrole en Syrie, l'organisation tente de trouver de nouvelles sources de revenus, notamment en prélevant des frais sur le change d'argent dans les régions sous son contrôle, en transférant des trésors culturels et en les revendant, en tentant de prendre le contrôle du trafic de drogue au Nord de l'Afghanistan et en trafiquant les produits dérivés du pétrole, bien que l'organisation ait perdu 90% de ses puits de pétrole (RIA, 12 septembre 2017).
Les propos de Hamza Ben Laden témoignent de la détresse du Front al-Sham en Syrie
  • Hamza Ben Laden a récemment prononcé un discours intitulé "La détresse d'al-Sham – La détresse de l'Islam", dans lequel il a salué le jihad à al-Sham (la Syrie ou la Grande Syrie) tout en exprimant son soutien aux combattants et en s'identifiant à leur souffrance. Par la suite, il a averti les combattants du jihad de différends et de scission entre eux et a expliqué qu'il s'agit d'un "complot" de l'ennemi. Il a également averti les combattants de ne pas accepter de "demie-solution" proposée par les pays du monde et a appelé les musulmans d'Indonésie, d'Afrique du Nord et des autres pays en disant que la détresse d'al-Sham est la détresse de tout l'Islam, et qu'il faut les aider avant qu'il ne soit trop tard. Selon lui, les combattants du jihad d'al-Sham ont besoin désespérément du soutien des musulmans "comme de l'air frais" (Institut as-Sahab, 15 septembre 2017).
  • Ces propos reflètent selon nous la détresse du Front al-Sham, la branche d'al-Qaïda en Syrie. Les réussites militaires des forces syriennes et les accords d'Astana dont le dernier traite de la zone d'Idlib ("demie-solution", selon Hamza Ben Laden) sont un challenge pour le Front al-Sham, dont la plupart des forces militaires sont concentrées dans le secteur d'Idlib. Il semble également que la dernière bataille a provoqué des différends internes, qui sont à la base de l'avertissement de Hamza Ben Laden face à des "divergences et une dissociation".

[1] A ce sujet, voir notre article (en anglais) du 28 août 2017 intitulé "Analysis of ISIS’s Claims of Responsibility for Terrorist Attacks Carried Out Abroad", à l'adresse http://www.terrorism-info.org.il/en/analysis-isiss-claims-responsibility-terrorist-attacks-carried-abroad/